SCENE
Les Mêmes, M. LANCEL
Pauline. — Bonsoir, père.
Lancel. — Bonsoir, ma chérie... Bonsoir Jean... (Baisers, mains.)
Mme Lancel, à son mari. — Eh bien ! as-tu vu Marlier ?
Lancel. — Oui. Il a fini par me promettre qu'il verrait le ministre demain... [Geste de doute.) Ah ! les lâcheurs !...
Jean. — Avez-vous pensé à Rajinondet ?... Il n'est pas sans influence.
Lancel. — Je vais le voir demain matin. Ah ! c'est vraiment honteux, d'en être réduit, malgré des titres incontestables...
Je.\n. — L'ordre de la Légion d'honneur est devenu un ordre de mendiants.
Lancel, naïvement. — C'est vrai ! (Un temps.)
Pauline, chantant. — Je sais bien quelque chose, mais... je ne le dirai pas... (Geste de fureter de Jean.)
Lancel. — Qu'est-ce que tu sais ?...
Pauline. — T^ien.
I ANCEL - Ouoi, rien :> Si 1 Tu sais qiu-Uiue chose ! Pauline, —le t'assure que non.
T ANCEL — Voyons, ne m'énerve pas. qu y a-t-ii . Paltline, désignant son mari. - Demande-le a monsieur ! Lancel, à son gendre. -Qu'est-ce que c est :>
heureux.
i^J!Ti!tl^l fsa le.nn,e. «An. réfl.»o„. - Voyons. s'U ne peu, pas le dire, laissez-le...
fôu.I - Crifs-t; piri^un ,x.,n.in pa.-e„ peu. traverser une cervelle sans rime m raison ?
LwcEL, timidement. — bn ettet...
Tt^ax: Quelle patience il faut a un gendre! - u ^^
Ite LANci - C^ refram. c'est un geste malheureux qu, vous a échappe
^* '?e''x ^- E?' an^donc ! En vér.té, c'est à se tordre... ou a tout casser! ^' '^P:?Sr'-E^^rra;skT'enras^S..:i'ena,asse, de.an««ue S^: cr^^;^ea-Srî- on ^un^t.f Te lî^'t'rrenTarpL.s.r. ir„u.7 -^"crn,e"un ';^:ni?™etub:iterne. .ndt^ne de part.c.per à la vje de^on cerv-eat... ^^^ ^^^^^^^ , ,
iteLANCEL. - Faites-lui grâce de votre espnt !
Jean. - Qu'elle ™e .^sse grâce de sa be, se ! attentionnée.
Pauline — C'est vrai, le vis comme une escla\c. ^ouInJ.c.
^"lÏlK^-^UntuJXrtrieqSil se passe quelque chose 1...
Mme Lancel. — Oh ! . v^r^ie '
Pauline, pleimml dans son woi/c/îoir — Nargue .
Jean, qui a entendu un vxlam mot. — lu ûis .
Pauline, scandant. — Xar-gue !
Jean. — Ah! j'ai eu peur! ,^^^ honnête
pas.) ^ . TTffAt mil I
Jean, moqueur, a sa jemmv. — -l-^et nvu
Pauline, conr/ à Im, pousse un cri de rage et te ^ifte.
. ' -^iMftSit '^V^tU^ ™e^pa- sur le corps! Jean, reculant avec répulsion. — Moireur . Mme Lancel. — Lâche ! i^i^c^r l'histoire tourner au drame.
J,T■"'w^r7utIrMl:cimePetk^^^^^^^^^^ VOUS ! Imposez-leur d autorité le came époque,
MME Lancel. - M'imposer ^'^^^^^ l^^!^ -^^^""iX^J On ne la fait plus mon pauvre monsieur ! La femme n est plus une esciaxe ....
marcher sous le bâton !... féminisme '
ÊcEEr. L°/rr--Voyons"u,!Tu'p"--ae sang-tro,d, que d.ahle !
Pauline, rouvrant Ici porte. — C'est pour vos persiflages, votre manque de respect à m'imposer la fréquentation de cette Laure, votre ancienne maîtresse...
{Lancel va refermer l.i porte entrouverte par sa fille.)
Jean. — Pardonne-lui, Seigneur, car elle ne sait ce qu'elle dit !
Mme Lancel. — Faites-la donc passer pour folle, pendant que vous y êtes !
Jean, à sa belle-mère. — Vous, vous faites là une bien \'ilaine besogne ! Si vous cro3'ez agir en mère avisée et vigilante, vous vous mettez le doigt dans le plus précieux — à l'heure actuelle — de vos organes.
Mme Lancel. — Impertinent !
Jean. — Votre devoir était...
^Ime Lancel. — Je ne suis pas une femme qu'on a besoin de rappeler à ses devoirs, monsieur...
Lancel, essayant de faire sortir sa femme. — Allons, va-t-en, voyons, vat-en ! '
|ean. — ... d'apaiser votre fille... Et, que j'eusse tort ou raison de lui prêcher la résignation...
Mme Lancel. — La résignation ! Ah 1 ah ! Voilà ce qui est nécessaire aux femmes des maris de votre espèce. Le voilà, votre moyen d'oppression. {A son mari qui essaie de la calmer.) Fichez-moi la paix. vous. {Elle le repousse si violemment qu'il tombe sur un siège.) La résignation! Il n'en faut plus, monsieur! L'humanité est en marche ! Nous savons nos droits !
Pauline, rouvrant la porte. — ^laman, maman ! Ne discute donc pas ! \^iens !
Lancel. — ()ui, laisse-nous, laisse-nous !
Jean. — Oh ! oui ! Allez-vous-en ! [Elle sort.)