‹ Il y a du libéralisme et du gallicanisme en Canada [microforme]Chapitre 2 sur 4 · AT · texte numérisé non relu

AT

‘T1 est important que l’Archévêque sache à quoi s’en tenir sur la disposition à son égard d’une institution chargée d'élever la jeunesse, et surtout les élèves du sanctuaire, et dont par conséquent le devoir est de leur inculquer le respect et la sourission à l'autorité du premier pasteur.

‘ J'ai l'honneur d’être. ets,

” C.F. Cazeau V.G. administrateur. ‘*

Etudions un peu cette pièce ; elle mérite attention. Quoiqu’elle puisse former matière à d’amples commentaires, je serai le plus bref possible.

Dès les premiers mots, M. le G.-V. Cazeau avoue lui-même qu’il n’est qu’un masque et un instrument : on m'a fait remarquer, dit-il. Il parle, il agit, non de son propre mouvement, mais parce que des personnages, qui tiennent à demeurer dans l’ombre pour le quart-d’heure, le poussent à parler et à agir. Et pourauoi élève-t-1l la voix ? Est-ce pour venger l’honneur de la vérité outragée? pour stigmatiser une. erreur qui lève insolemment la tête ? Pas le moins du monde. Que la saine doctrine devienne ce qu’elle pourra, il n’en a nul souci. S'il parle, c’est pour prendre contre le rédacteur de la Gaztte des Campaanes la défense d'une brochure qui a le tort, il est vrai, de r’être pas recommandable par son orthodoxie, mais qu'il faut tout de même respecter infiniment parce qu’elle 8 le glorieux privilége de circuler dans le diocése de Guébec, à titre d’étrennes données aux prêtres de ce diocèse par Mgr. Buillargeon.

En voilà une raison, par exemple. Il faut plaindre ce pauvre M. Cazeau qui fait fi de la doctrine pour respecter des étrennes. Quel enfantillage ! pour ne pas dire plus. Le voilà bien, ce creux et ce funeste libéralisme catholique, dans

ten- ’amible.

voue strue, il arce urer nt à Dix ?

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faut le la l'enien, dans

toute sa hideuse laideur. Il s'accroche aux plus misérables prétextes, à des niaiseries mêmes, qu'on me pardonne le mot, pour favoriser l'erreur aux dépens de la vérité. Des étrennes ne sont que desétrennes, après ; tout. Quand même elles viendraient d’un patriarche, si elles se promènent, grosses d'erreurs, sur les places publiques, nous devons les traiter avec la sévérité ct le souverain mépris qu'elles méritent. Saint Paul ne nous enseignet-il pas que, quand même ce serait un ange qui viendrait nousprêcher l'erreur, il faudrait lui dire anathème ? Tous les libéraux du monde auront beau s’ingénier à faire des démonstrations pour nous convaincre que les enseignements du grand apôtre ne. sont plus opportuns, ils se fatigueront en pure perte.

M. le G. V. Cazeau est exorbitant lorsque, non content de blâmer ce qui est une bonne ation, il raet tout en œuvre pour amener les prêtres d’une institution respectable à condamner avec lui, pour l’amour de lui et publiquement un écrit qui froisse, il est vrai, sa manière personnelle de voir,

mais qui, hors cela, rend hommage à la vérité et dissipe les nuages dont on travaille à l’obscureir. Rendre hommage à la vérité, la débarrasser de tout alliage impur, lorsque des pervers ou des insensés la défigurent, la combattent ou la nient, n'est-ce pas accomplir un rigoureux et pressant devoir ? Assurément oui. Comment donc M.

Cazeau a-t-1l pu l’oublier et donner par suite dans des abus de pouvoir extrêmement regrettables ? Ah! c’est qu'il est catholique libéral et qu'un parfait catholique libéral pousse la générosité envers l'erreur jusqu’à persécuter la vérité qui ose Ja signaler et la contredire. Qu'il est triste d’a-

voir à s'occuper de pareils faits, mais aussi, hélas ! qu’ils sont communs de nos jours !

Le ridicule, —qu’on veuille bien m’excuser si je suis forcé de parler français et d'appeler les choses par leur vrai nom,—le ridicule, ou, pour mieux dire encore, l’odieux s'ajoute à l’exorbitant, quand M. le Grand-Vicaire Cazeau fait dépendre les bonnes dispositions des prêtres d’une institution envers l’autorité, de même que leur aptitude à former des élèves pour le sanctuaire, de l'acte de lâcheté qu’ils commettront en répudiant la vérité pour laisser l’erreur poursuivre tranquillement son chemin. Hélas ! Hélas ! Le Saint-Esprit, qui est la force par excellence, n’aime pas les lâches pourtant. M. le G.-V. Cazeau devrait le savoir, car on lit dans l’Ecclésiastique que ce n’est pas avec des pierres qu’il faut les lapider, mais evce de la fiente de bœuf: De stercore boum lapidatus est piger.

Et cette respectueuse soumission à l'autorité, qui exige qu’on honore les étrennes du premier pasteur jusqu'au point de sacrifier la vérité dont Jésus-Christ dit qu’il ne faut pas laisser perdre un iota, est-elle bien chrétienne ? Si semblable théorie sur la soumission dûe au premier pasteur avait prévalu aux temps de Dioscore et de Nestorius, tous deux patriarches, qu’en eût-il été de la vraie foi chez les fidèles confiés à leur soin ? Si elle avait prévalu en ces derniers temps mêmes, les ouailles de Mgr. d'Orléans et de certains autres prélats gallicans et libéraux, r’auraient dorc pu, sans crime, élever la voix pour proclamer avec le Pape et l'Eglise universelle des vérités que ces prélats combattaient ? Poser de semblables questions, c’est les résoudre. Elles montrent qu’une

des ruses de la grande erreur moderne, c’est d’outrer certaines vérités pour en anéantir d’autres. Un des malheurs de ceux qui ne sont pas dans

le vrai, c'est de se contredire perpétuellement, soit dans leurs paroles, soit dans leurs actes. Aussi, M. le G.-V. Cazeau, au moment même où il employait des moyens quelque peu violents pour

enculquer le respert ei la soumission à l'autorité du premier pasteur, Mgr. Baillargeon, laissait-il complaisamment publier par une feuille de Québec le

snanifeste du Correspondant, où l'autorité du Pape

est plus que malmenée. Quelques semaines après,

il encourageait la publication des Observations de

Mzr. d'Orléans et de sa Lettre à M. Ls. Veuillot,

deux pièces qui fourmillent d'erreurs doctrinales

et historiques. Tout un monde d’intrigants, de

libéraux et de gallicans s’agitait autour de lui en

ces temps-là. N'omettons pas de rappeler que cer-

tains messieurs du Séminaire de Québec, parti-

sans dévoués du Correspondant, du Journal des

Villes et des Campagnes, du petit Français, et de

quelques autres publications de même couleur et

Valeur, passaient dévotement aux journaux de

Québec toutes les pièces libérales à reproduire.

C'était un vrai sabbat.

Par un recours à Rome, le rédacteur és la *Ga-

zette des Campagnes avait déjoué les plans dressés

contre lui et il continuait à défendre toutes les

vérités attaquées. Que fit alors M. Cazeau dans

l'espoir de le réduire au silence ? 1! encouragea,

au moins par une approbation tacite l’homme du

Journal de Québec à le salir, quatre mois durant,

de toutes les injures et les calomnies imaginables. Pour s’autoriser à tout dire et à tout faire, cet | homme prétendait venger Montalembert, Mgr.

d'Orléans et le grand Bossuet : il soutenait qu’on tait libre de croire où de ne pas croire à linfail- Übilité pontificale. C'était au sortir d’une de ses

fréquentes visites à l’archevêché de Québec qu'il lançait dans le public un de ses écrits les plus in-

jurieux à la figure du rédacteur de la Gazette des

Campagnes.

Enfin, cave guerre n’ayant pas amené de meilleurs résultats que les manœuvres exécutées auparavant, on eut recours à la farce ouverte. Elle vint se briser contre un appel à Rome et il fallut rester là.

Je le demande maintenant, cette histoire esquissée à grands traits, mais très-véridique néan-

moins, ne-démontre-t-elle nas uvec la dernière

évidence le règne du libéralisme catholique parmi nous ? : Certainement oui; il n’y a pas moyen de le nier, puisque le libéralisine catholique consiste à empêcher lu vérité d’être proclamée dans le but de ménager l'erreur qu'elle tue par son aflirmation.

M. Cazeau, M. Martel et M. Routhier.— Lettre de Mgr. de Birtha.

Le rédacteur de la Gazette des Ciimpagnes n’était pas le seul, à la fin de 1869 et’ a comméncement de 1870, à combattre en faveur de la doctrine et des droits de l'Eglise: M l’abbé Jos, S. Martel, alors curé de Ste, Julie de Sommerset, et M. l’avorat Routhier, de Kamouraska, étaient aussi sur la brêche, et ils luttaient contre l'erreur avec un talent, une vigueur et une persévérance qu’on ne se lassait pas d'admirer.

M. l'abbé Martel gémissait depuis longtemps, ainsi qu'un grand nombre d’autres curés de

bond be bed jet :,

et, et aient rreur rance

emps, 8 de

Québec et d'ailleurs, sur le déplorable état de choses que notre loi d'éducation avait introduit parmi nous, Se sentunt assez de force au cœur pour affronter les plus terribles tempêtes sans faiblir, il résolut d'exécuter ce que lui inspirait un zèle ardent et éclairé. Il prit donc la plume, au milieu des mille occupations d’un ministère très-laborieux, et consacra ses veilles à signaler les vices de notre législation sur les écoles et les dangers qu’elle créait.

Voici ce que Bouix, canomiste -minent et qui jouit d’une autorité que nul ne songe à contester, dit des droits que l’Eglise a la divine mission d'exercer, même à l'égard des écoles publiques et purement séculières :

‘“ Le choix des mr°ires et des livres, l’adoption d’une méthode d'enseignement sont des questions qui intéressent souverainement la religion, et qui ont un rapport intime avec elle. Or, l’instruction de la jeunesse doit être sous le contrôle du pouvoir ecclésiastique dans tout ce qui touche aux intérêts religieux. Donc, à l’autorité ecclésiestique incombe le devoir de faire en sorte et d'exiger qu’on choisisse pour instituteurs et qu’on installe comme tels des hommes bien qualifiés et profondément catholiques. Il lui appartient de veiller à ce qu'ils s’acquittent catholiquement de leurs fonctions, d'approuver les livres qu’on met aux mains des élèves ou de les rejeter, d'examiner la règle qu’on leur prescrit de suivre et de la corriger, s’il s’y trouve quelque chose de contraire à la religion.

‘“ Aïnsi, dans l’organisation des écoles publiques, le pouvoir civil est tenu, quant à tout ce qui vient d’être énuméré, d'obtenir l’assentiment

du pouvoir ecclésiastique, et il doit, en pareille matière, lui laisser pleine Tiberté d'exercer la quyreliapee, de prescrire ce qu'il jugera convenable et de le faire exécuter.

Or, c'était en s'appuyant rigoureusement sur cette doctrine, que M. l’abbé Martel démontrait que notre loi d'éducation a besoin d’être réformée en plusieurs points, et qu'il sollicitait cette réforme.

Mais demander la réforme d’une semblable loi, c'était affirmer implicitement que ceux qui en étaient les auteurs avaient erré, par ignorance ou autrement ; c'était affirmer surtout que certains ministres exerçaient un pouvoir exorbitant et qu’il fallait les resireindre dans de justes limites. De là, bien des mécontentements en liaut lieu. M. Chauvesu, en particulier, était bien marri de la malencontreuse idée qu'avait eue M. Martel d'aborder la questiou de l'instruction publique,

M. le G.-V. Cazeau, qui se distingue par une grande tendresse de: cœur envers tous les hommes du pouvoir, ressentit vivement le coup qui blessait au vif celui qu’il appelle avec emphase : mon ami M. Chauveau, mon cher Premier ! Il fut alors décidément admis que M. Martel n’était qu’un impertinent, un insolent, un grossier, comme le rédacteur de la Gazette des Campagnes n'avait été qu’un polisson pour s'être attaqué à Montalembert, à Mgr. Dupanloup, au grand Bossuet. M. le G.-V. ‘ Cazeau ne se gênait point: il cinglait ces deux . prêtres d’épithètes aussi peu charitables en présence de qui voulait l'entendre. Quoi! solliciter une restriction des pouvoirs que s'était arrogés ce cher Premier, l’ami Chauveau ! Mais rien ne pouvait. excuser, encore moins justifier pareille au-

dace, pas même le zèle pour la défense des droits de |’ Eglise, des intérêts de Dieu ! À bas donc l’impertinent et le grossier M. Martel !

L’écho répercuta ce cri jusque dans les basfonds de la presse canadienne. Comme j'ai déjà eu occasion de le dire ailleurs, toute une meute d'écrivains ignares et ineptes, de l’agrément de M. Cazeau ou avec son approbation tacite, se jeta sur M. l’abbé Martel et s’égosilla à aboyer afin d'empêcher sa voix d’être entendue. On prétendit que ce prêtre, au zèle vraiment apostolique, troublait l’ordre et la paix, parcequ’il rappelait des vérités oubliées ou méconnues ; qu'il était trèsinopportnn de demander que ces vérités fussent nises en pratique; que les prêcher enfin, c'était insulter l’épiscoput et le gouvernement. Lref, la tempête soulevée contre lui fut des mieux conditionnées, mais ne l’émut aucunement, si bien qu’il disait en plaisantant qu’il fallait bien s'attendre à un déluge, tant il y avait d’eau dans l’atmosphère : Juneau, Rousseau, Mousseau, Dansereau; Cazeau, etc.

La chose est d'elle-même si évidente, qu'il n’est guère besoin de la signaler : le libéralismecatholique causait tout ce tapage, Et lui, qui s’annonce au nom de la paix, de la modération, de la tranquillité publique, ne craignaiït pas cependant de faire un vacarme d’enfer pour étouffer des vérités qui protestaient contre un ordre de choses où l’erreur, sa gentille protégée, trouvait largement son profit. Quelle honteuse contradiction !

Pendant que tout cela se passait, M. l’avocat Routhier ne demeuraït pas oisif. Les libéraux et les gallicans du Canada avaient pris occasion de

la sortie furibonde de Mgr. d'Orléans contre M. Ls. Veuillot, pour attaquer ce dernier à leur tour, et le représenter comme un fanatique qui mettait l'Eglise en péril. Ils ajoutaient que les partisans, qu'il avait au Canada, constituaient un véritable danger pour notre jeune société. L'homme du Journal de Québec, toujours empêtré dans sa grosse et lourde nature, se dépensait à formuler et à prouver ces thèses, et, pour atteindre le but qu’il se proposait, il ravageait tout: grammaire, syntaxe, style, histoire, sens commun et petit cathéchisme, Le triste s’alliait, dans ses écrits, au comique et au burlesque, M. Fabre de l’ Evénement, qui d'ordinaire ne voit partout que matière à plaisanter et à rire, avait jugé le cas grave cette fois, et s'était sérieusement mis en frais de démolir le grand catholique français. Plusieurs autres, mais moins illustres, suivaient ces deux coryphées.

. Comme, 5n définitive, on ne s’attaquait à M. Veuillot que dans le but de ruiner la sainte cause qu’il représente et qu’il défend si bien depuis plus de trente ans, M. Routhier crut, et avec raison, qu’il importait de prendre sa défense. Il le fit avec dignité, science, logique et talent. Il pulvérisa tous les sophismes, les mensonges et les calomnies qu’avaient accumulées nos libéraux et nos gallicans. Il arriva ainsi, que plus on avait fait d'efforts pour obscurcir la vérité, plus elle brilla et devint éclatante.

M. le G.-V. Çazeau avait entrevu ce résultat et s’en était alarmé. Un épisode, dans la lutte qui était engagée et qui se poursuivait chaudement, vint le mettre tout-à-fait de mauvaise humeur. Mgr. de Birtha était alors à Montréal où il faisait

Les onetrons épiscopales à la place de POrdinaire qui était absent. Le vénérable prélat, voyant quel acharnement on mettait à poursuivre la vérité et combien peu nombreux, quoique pleins de vaillance, étaient ceux qui combattaient pour elle, crut devoir les féliciter et en même temps les encourager. IL écrivit donc une lettre à M. l'abbé Martel et une autre à M. Routhier, Ces deux lettres furent publiées dans les journaux, et conséquemment M. Cazeau put en prendre connaissance, Qui le croirait ? Il se montra catholique libéral au point d'écrire à Mgr. de Birtha pour lui reprocher sa démarche comme intempestive et lui enjoindre, autant que cela lui était possible, de se tenir tranquille.

Comme on l’imagine bien, Mgr de Births ne se sentait nullement disposé à suivre les injonctions de M. Cagzeau, qui, tout administrateur du diocèse de Québec et vicaire général qu’il était, n'avait point à régenter les évêques étrangers. Sa Grandeur lui répondit par une lettre, qui est, en même temps un chef d'œuvre littéraire et un très-solide exposé de doctrine.

Un ami m’a communiqué cette lettre et je la reproduis, sans penser qu’il soit nécessaire de demander l’autorisation du vénérable prélat, car elle traite des scules questions publiquement débattues d&ns le temps. D'ailleurs, comme on le verra dans le post scriptum qui la termine, permission est donnée de la rendre publique. Je crois devoir en user. Toutefois, si en agissant ainsi, je blessais en quelque chose Mgr. de Birtha, je le prierais de me le pardonner, eu égard à la bonne ceuse que sa lettre est de nature à servir trèsefficacement dans les circonstances présentes, En

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la fisant, on verra que Mgr. de Birtha est pleinement de mon avis, c’est-à-dire qu’il regarde la conduite de M, le G. V. Cazeau comme dictée par ce que Ÿ Apôtre Saint Paui appelle prudence de la chaire, et que nous appelons, nous, dans not e manière moderne de dire : libéralisme-catholigue. Voici cette lettre :

Sauïit-aux-Récollets, 5 mars, 1870.

# Mon cher Grand Vicaire,

« Soyez bign persuadé que je suis bien innocent de ce que vous me reprochez dans votre lettre du 27 ult. Absit a me hoc peccatum ! J'espère que vous ne trouverez pas mauvais que je fasse mon petit commentaire sur ce qu'il vous a-plu de m'écrire pour vous ‘ décharger le cœur. ”’ Donc, vous avez deux griefs contre moi.

# Premier grief ; ma lettre à M. le curé Martel.

“ Vous avez consacré la seconde page de votre lettre à l’accuser Ce “ grossièreté, d'isapatience, J'outre-cuisance, etc.;” vuis vous ajoutez : ‘ J'ai regretté de voir un Evêque venir donner sa sanction à tout cela, et je n'ai pu m'empêcher de trouver sa démarche intempestive. ”’ Eh bien! mon cher Grand Vicaire, permettez que je dise que vous avez beauco“p trop vu dans ma pauvre petite lettre, en y voyant ‘‘ tout cela.”

“ Veuillez retire ma lettre et surtout ayez soin d’en remarquer ls date, et vous n’y verrez cette fois qu'une seule chose fort iégitime et nullement ‘ intempestive ” à savoir, un encouragement au brave curé qui est digne d'estime pour avoir combattu contre l’empiètement du laïcisme dans l'éducation ; c’est-à-dire que j'ai fait précisément ce que désirent nos conciles provinciaux et le Pape dans ses diverses encycliques. Montrez-moi que j'ai fait seulement une petite partie de ce que veus me reprochez en bloc, et je ferai mon mea culpa bien humblement, car je rougirais d’être réellement tombé dans votre ‘‘ tout cela."

‘“ Second grief : ma lettre à M. Routhier.

« Je citerai vos paroles, car elles sont énergiques et font image. ‘J'ai regretté que V.G. qui pouvait si bien rester tranquille, sit venue nous donner le crec-en-jambe par une nouvelle démarche intempestive.”

# Toi encore j'ai beau m'examiner, je ne trouve pas “atière au plus petit mea culpa, et j'en conclus que si œa lettre vous a donné un “ croc-en-jambe,"’ c'est qu'apparemment votre jambe se trouvait là où elle n'aurait pas dû se trouver. Je regrette assurément beaucoup de vous avoir donné un croc-en-jambe, sans m'en douter a ucunement, mais je regrette bien davantage que votre Très-Révérende jambe se soit ainsi trouvée en travers du bon chemin sur lequel j'avais assurément le droit de passer, au temps où j'ai jugé convenable de le faire.

‘ En effet, je lis dans le Courrier un excellent article sur Veuillot, je félicite l’auteur d'ètre venu grossir jie petit nombre de laïques qui voient la Sainte Eglise Ro: maine ayant tout, et l'aiment pa essus tout. Est-ce là une démarche intempestive ’est-ce pas ce qu'ont fait les plus illustres Evêqueés et même Pie 1X, en bénissant eb protégeant Veuillot et sa vaillante école ? Que de crocs-en-jambe vous avez dû recevoir depuis le règne glorieux de Pie IX, qui a souvent encouragé le journulisme catholique et les écrivains cathoiiques combattant pour l'Eglise ?

6 Mais je voulais, dites-vous, empêcher toute discussion dans lesjournaux, et M. Routhier a paru dans l'arène, macgré l'autorité ecclésiastique. ‘’ À quoi je n’hésite pas à répondre, avec tout le respect passible, que vous vouliez une chose impossible et assuréraent très 4 intempestive ”” car elle dépassait de beaucoup los l'mites de votre autorité.

«“ M. Routhier n’avait pas âe permission à vous des mander, et vous n'avez pas de défense à lui faire. Puisque vous avez cru avoir une si grande autorité, que n’en faisiez-vous usage contre les journaux qui ont arboré le drapeau du catholicisme-libéral à Québec ? Pourquoi tant de ménagements en faveur de l’agresseur, et tant de sévérité contre le défenseur ? Quant l'évêque d'Or. léans, par lui-même et par ses amis, attaque avec la plus extrême injustice le premier journal catholique &u monde, parcequ’il soutient des doctrines proclamées par le Saint Siége, vous, Grand Vicaire et administrateur, vous voulez imposer silence à ceux qui se rangent à côté du grand écrivain que Pie IX encourage et bénit! Et vous vous fâchez contre un Evêque qui ne fait qu'obéir aux désirs du Paye, exhortant les Evêques à encourager

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