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les écrivains catholiques qui prennent [a défense des doctrines romaines ! Et vous appelez cela vous donner intempestivement un ‘ eroc-er-jambe ! ”’ Et, dans de telles circonstances, vous croyez devoir user de votre autorité pour imposer silence et lzisser par là le libéralisme, condamné par le Pape, s'infiltrer librement dans Ja métropole !
4 En Janvier dernier, ans an bref adressC à un rédacteur d’un journal cathoïique de Rio-J'aneiro, le Pape dit: # Criez, criez ; sonnez de la trompette... le journalisme eatholiaue est un des moyens les plus efficaces pour dissiper l’er. our, etc. “ Et vous, mon cher Grand Vicaire, vous dites au journalisme catholique de Québec : Silenve, silence ; pas de discussions, etc., et cela par prudence !
# Saint Paul n'a-t-il pas dit : Oportet sapere ad sobrie tatem ! Prenez garde que votre prudence ne soit de l'espèce de celle dont il est écrit : prudentia carnis, "nors est.
‘ Mais, ajoutez-vous, Veuillot a péché en proclamant que le concile DEVAIT, pour premier acte, donner une définition de l'infaillibilité.
‘ Je réponds, 1o Vous seriez bien en peine de montrer où et quand Veuillot a dit ou écrit une pareille impertinence. C’est tout simplement une fausseté que quelque catholique-libéral vous aura débitée, en vous donnant «ette fois un ‘“ croc-en-jambe ‘’ pour vous faire crier contre Venillot. 20 Veuillot a admirablement combattu en faveur des droits du Pape et a exprimé convenablement comme mille autres : évêques, prêtres, laïques, le désir de voir is congil” définir cette vérité catholique. Mais je défie tous vos ‘atholico-libéraux de Québec de prouver qu'il ait fuit plus que cela. 30. C'est ainsi, et uniquement ainsi, que Veuillot “ a péché’ en compagnie des évêques Deschamps, Pie, Manning et cent autres. Si donc à Quéñec on lui refuse l’absblution, Veuillot pourra s'en «onsoler et ne pas trop trembler pour son salut.
‘ En conclusion, je ne peux avoir fait aucune ‘“ démarhe intempestive,” quoique j'aie pu vous contrarier, sans le savoir ni le vouloir. Donc,jusqu’à plus amples preuves du contraire, je ne vois pas que j'aie rien à rétracter, mi aucune apologie à faire. pas même à votre Très-Révérende jambe.
“ Sur ce, je prie Dieu qu’it vous ait en sa sainte garde, comme dit l'Empereur, et veuillez me croire etc.,
(+ AD. Ev. DE BrRTHA.
‘ P.S. Vous avez la permission de vous venger de mes deux lettres intempestives,en faisant imprimer celleci qui ne l’est pas.
# T AD. Ev. DE BIRTHA. ‘’
zette lettre n’a pas besoin de commentaires : elle nous donne la juste valeur des idées, de la doctrine et des procédés de M. Cazeuu. Elle était de nature à les redresser infailliblement, s'ils en eussent été susceptibles ; puisqu'elle est demeurée
sans effet, il faut renoncer à tenter d’autres opé-
rations.
Je crois bon d’insister un peu sur ces paroles de M. Cazeau : “ M. Routhier a paru dans l'arène malgré l'autorité ecclésiastique.” Cela signifie surtout que M. Routhier professe des idées que l’autorité ecclésiastique de Québec déteste et combat. Or, comme M. Routhier ne professe que des idées très-orthodoxes, et qui ont de plus le mérite de pouvoir être qualifiées d’ultramontaines, par opposition à celles qui sont dites gallicanes et libérales, on a donc, de la main même de M. le G.-V. Cazeau, un document authentique attestant qu’à Québec on fait profession de gallicanisme et de libéralisme.
Je me permettrai enfi de faire remarquer que, dans le style gallico-catholico-libéral, style dont M. Cazeau possède tous les secrets, les qualificatifs impertinent, insolent, grossier, outrecuidant, révolté, polisson, doivent s'appliquer à tous ceux qui énoncent, quoiqu'en termes excessivement modérés,
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une vérité ou des vérités que certains personna- El ges n’aiment pas à entendre. C’est en vertu de Lil cette règle que tant d’épithètes malsonnantes sont | tombées dru comme grêle sur le sermon du P. | Braun. Pour les éviter, il ne restera plus-bientôt | aux écrivains, comme aux prédicateurs catholiques, que de se rabattre sur le. judaïsme, le mahométisme, le boudhisme, le fétichisme ; et encore ne le pourront-ils pas toujours, car quelques-unes de ces erreurs finiront peut-être par plaire et alors il faudra les ménager.
Conduite libérale de M. le Grand Vicaire Cazeau à l’égar d
de certains hommes et de certaines feuilles.
J'ai dit de quel œil M. le G. V. Cazeau voyais la Gazette des Campagnes et ce qu'il entreprit contre elle, sans réussir comme il le désirait ; l'épisode, qui termina cette singulière campagne, mérite d’être rapporté, car il met bien en lumière ce que peut oser le libéralisme, mêlé d’un peu de gallicanisme, selon qu'il arrive presque toujours. Je dirai donc le dernier effcrt que tenta l’archevêché de Québec pour tuer la Gazette des Campagnes. et surtout les doctrines qu'il faisait profession de soutenir.
Comme la presuüe totalité des MM. du Collége | de Ste. Anne était fortement en faveur de ces
doctrines, on se dit à l’archevêché qu’ils formaient un centre extrêmement dangereux où l’on venait s'inspirer contre l'autorité ; qu’ils constituaient une force pour la Gazette des Campagnes, et que conséquemment 1l importait de les disperser aux quatre vents. M. Cauchon qui, à cette époque somme aujourd hui encore, avait voix au chapitre,
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s’en ailait publiant partout qu’eu égard à ses observations, l’archevêché viderait le Collége de Ste. Anne, à cause du mauvais esprit qui y régnait. Le comique M. Cauchor ! Comme s’il savait ce que c’est que l’esprit, quelle que soit son espèce !
Au mois d'août donc de l’année 1870, la plupart des MM. de Ste. Anne reçurent une lettre de Mgr. l’Archevêque qui, pour une raison qui évidemment n’en était pas une, leur demandait une démission en bloc et en bonne et due forme. Ils exposèrent les motifs qui leur interdissaient d’accéder à une semblable demande, puis finirent par en appeler à Rome.
Pour vaincre leur résistance on osa leur écrire que leur appel n’était qu'une fanfaronnade ridicule, qui ne les mettrait pas à l'abri des peines ecclésiastiques (on a bien changé d'opinion depuis sur les effeis de l'appel, effets” qu’ on à exagérés dans le sens contraire, quand il s’est agi de faire cause commune avec MM. les Sulpiciens contre Mgr. de Montréal}, et qu'on RUINERAIT même le Collége de Ste. Anne, s’il n’y avait pas d’autre moyen de les déloger.
Pas besoin de faire remarquer que M. le G. V. Cazeau était seul capable äe pousser ainsi les choses à l’extrême. Il finit cependant par voir que ce qu'il appelle 13 bon sens ne saurait tenir lieu du véritable savoir, et il fut obligé de perdre de ses airs de sultan, après une étude du droit canon forcément faite. Il ne parla plus de ruiner le Collége de Ste. Anne, maïs, poussé au piel du mur, il finit par déclarer nettement ce qu’il voulait :
‘ un désaveu par écrit des articles de la Gazette des
Campagnes. Ainsi donc, lui, M. Cazeau, l’homme modéré, l’homme conciliant par excellence, l’hom-
me qui craint tant le bruit de la discussion, ne craignait pas de bouleverser toute une maison, tout un diocèse même, pour punir la Gazette des Campagnes d’avoir parlé conformément à la raison et à la vérité. Voilà ce que c’est que d’être libéral-catholique !
Les MM. de Ste. Anne formulèrent la pièce, qu’on leur arrachait, de manière à ne blesser ni l'honneur ni la conscience. “ Nous regrettens. écrivèrent-ils, tout ce qui, dans la Gazette des Campagnes, à raisonnablement pu contrister Mgr. l’archevêque.”
Lorsqu'on eut cetis déclaration signée, on voulut donner le change sur la portée de sa signification. Bien que les MM. de Ste. Anne eussent exigé, pour srrêter les cancans que la malveillance ne manquerait pas de mettre en circulation, que leur démarche fut tenue secrète et qu'on le leur eut promis, dés le lendemain, M. Cauchon rendait compte de tout dans son journal, en le défigurant dans l'intérêt de la passion qui l’animait. Il criait de toutes ses forces que les MM. de Ste. Anne avaient enfin répudié les doctrines de la Gazette des Campagnes, et que le rédacteur de cette feuille devait être effrayé de l'isolement qui se faisait autour de lui.
Depuis que ces publiques et solennelles manifestations libérales ont eu lieu, M. le G. V. Cazeau ne s’est pas lassé de dépenser son énergie au triomphe de la cause funeste à laquelle il semble avoir voué son existence.
Il n’a cessé de harceler la presse franchement catholique, laissant à la mauvaise presse toute liberté d'action. C’est ainsi qu’il pratique la bienveillance, que Pie IX reccrimande dans l’ency-
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clique Znter multiples, à l'égard de ceux qui consacrent leurs travaux et leurs veilles à la défense des bons principes. Qua-d il a pu baillonner les quelques journaux qui défendaient hardiment la vérité, il l’a fait de grand cœur, s'en applaudissant comme d’une bonne action ; ceux qu'ils n’a pas réussi à baillonner, il s'efforce de les disréditer pour qu’ils meurent d’inanition.
Pourquoi, par exemple, le Courrier du Canada journal fondé dans l'unique but de promouvoir les véritables intérêts catholiques, n’élève-t-il plus la voix depuis longtemps, quand de grandes et importantes questions sont débattues dans la presse ? Pourquoi, s’il se hasarde alors à glisser un mot, ne le fait-il qu'avec crainte et tremblement, en s’entourant de mille précautions ? La réponse est facile : c’est parceque M. le G, V. Cazeau l’a menacé de tout le poids de ses colères s’il ose contrarier, en quoi que ce soit, ses manières de voir, à lui M. Cazeau, De temps à autre, par des moyens indirects, il signifie aux propriétaires de ce journal qu’ils auront à subir des torts graves, s'ils permettent que telle ou telle question soit “’aitée ou discutée dans leurs colonnes. L’histoire détaillée du Courrier du Canada, dans ses rapports directs et indirects avec M. Cazeau et l’archevêclé, révélerait tout un monde de choses aussi tristes que curieuses.
Et le Nouveau-Momde done ! Ah! en voilà un jourral qui en cause des soucis à M. Cazeau, qui lui en crée de la besogne ! Il l’a fait vieillir d’au moins dix ans depuis le printemps dernier. Contre le Nouveau-Monde, la croisade est perpétuellement organisée, et c’est M. (azeau qui, en qualité de généralissime, en dirige toutes les opérations.
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A l'heure qu'il est, il travaille encore sans relâche, comme s’il n'avait que cela à faire ici-bus pour opérer son salut, à persuader à ses amis et à ceux que le désir d'obtenir certaines faveurs assouplit à ses volontés, qu'il faut d’abord cesser soi-même de recevoir le VNuveau-Monde.et ensuite empêcher qu’il ne soit reçu.
Au zèle qu’il y met, si ce zèle avait été éclairé et bien dirigé, il eut complètement assaini la presse québecquoise qui est présentement fort malsaine, si on la considère dans son ensemble.
Je pourrais nommer ici des prêtres que M. Île G.-V. Cazeau a obsédés, taquinés et tourmentés perdant des mois et des mois afin de les amener à discontinuer leur abonnement au Wouveau- Monde. Il y a de ces prêtres qui, après avoir longtemps et courageusement lutté contre les assauts qu’il ne cessait de leur livrer, ont enfin cédé, las qu’ils étaient de soutenir une lutte aussi dégoutante, !
Ces procédés ne sont pas loyaux, encore moins honnêtes. De deux choses l’une ; ou le Nouveau- Monde est un mauvais journal, ou il ne l’est pas. S'il est mauvais, que M. le G.-V. Cazeau ou Mgr. l’Archevêque de Québec signale dans un document officiel les erreurs qu’il enseigne et met en circulation, de même que le mal qu’il affectionne et encourage ; en conscience ils le doivent. S'il n’est pas mauvais, qu'ils le laissent donc poursuivre tranquillement sa route et vivre en paix : le bon sens, la justice et la religion l’exigent. En vérité, c'est odieux et révoltant de voir un journal, contre lequel on n’ose formuler tout haut aucune plainte sérieuse, en butte à une persécution aussi sournoise, et conduite avec autant d’acharnement, :
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Mais voici qui touche à l’affreux, Dans le diocèse de Québec, à l'époque de la nomiration aux cures Ou aux divers offices ecclésiastiques, on tient surtout compte du plus ou moins de zèle que les candidats ont mis et mettent à faire prévaloir les idées et opinions de M. le G.-V. Cazeau. Si un prêtre, qui est dans toutes les idées ultramontaines, se trouve peu avantageusement placé, au point de vue temporel, M. Cazeau s’en réjouit et laisse échapper cette parole : Il pourrira là. Un autre, au contraire, se donne-t-il, soit feinte ou Con viction, comme embrassant toutes les manières de voir de M. Cazeau, de suite on le qualifie d'homme supérieur, et fut-il en réalité le plus triste personnage possible, sous tous les rapports, on lui confie, aussitôt que l’occasion s’en présente, l’un des postes les plus importants et les plus lucratifs. ‘ Il faut, dit M. Cazcau, bien placer nos amis, CeUX qui pensent comme nous, qui nous soutiennent, ” J’hésiterais, en vérité, à enrégistrer ces indignités si elles n’était pas partout connues dans le diocèse de Québec, même chez les laïques.
Qui aurait jamais pu imaginer que la nomination aux cures et à n'importe quel office ou bénéfice ecclésiastique deviendrait ai nsi, contrairement à toutes les prescriptions du droit canonique, un moyen d'exercer une espèce d’apostolat en faveur : des idées gallicanes et libérales ? Et pourtant c'est bien Je cas, comme je viens de le dire, si bien le cas que ues indignes, reconnus publiquement pour tels, comme l’abbé Chand:nnet, par exemple, ont été maintenus dans les plus hautes positions par M. Cazeau, pour la raison qu’ils pensaient comme lui et défendaient ses idées : tandis
que des prêtres d’un très-grand mérite ont été forcés de s’expatrie: parceque, tombés en disgrâce à cause de leurs idées ultramontaines, ils n’avaient d’autre perspective que de pourrir dans des positiuns qui deviennent intolérables quand elles durent toujours.
A ce propos, je rappellerai le nom d’un homme extrêmement vénérable par ses talents, son savoir ei ses vertus, l’une de nos gloires nationales en un mot, et qui fut la triste victime de l’odieuse ligne de conduite que M. le G. V. Cazeau s’est fait un devoir de tenir à l'égard de ceux qui ne partagent pas ses manières de voir. Cet homme est M. Louis Proulx, mort l’an dernier, curé de Ste. Marie de la Beauce et vicaire général du diocèse de Québec.
Ce prêtre éminent, que la voix publique appelait à l’épiscopat, fut obligé de quitter l’archevéché de Québec d’abord, puis ensuite la cure de Québec à cause de M. Cazeau. On le relégua dans la Beauce. Le souvenir des déboires, que M. Cazeau lui avait fait éprouver, était toujours si présent à son esprit qu’au commencement de 1870, il écrivait à l’un de ses confrères, à propos du rédacteur de la Gazette des Campagnes : “ Dites donc à “ ce jeune Monsieur que je lui conseille de cesser, ‘ au moins pour un temps, de défendre la vérité,
°“ 8’il tient à se conserver. Si, malgré mon con- ” seil, il continue dans la voie où il est entré, je ‘“ louerai son courage comme héroïque, car il doit ‘ savoir que la Beauce est une colontè pénale. ”
M. le G. V. Proulx ne se trompait pas : ce fut justement dans la Beauce qu’on voulut reléguer le dit rédacteur, en l’arrachant au Collége de Ste. Anne dans la même année 1870.
Et le R. P. Braun, pourquoi at-il laissé le diocèse de Québec, juste au moment où prêtres et laïques, de plus en plus émerveillés de son étonnant sa. voir, de plus en plus charmés de l’aménité de so caractère et de la facilité de son commerce, tenaient énormément à le conserver au milieu d'eux? Parce que M. le G. V. Cazeau, dont les idées ne cadraient pas avec celles du Révérend Père, le trouvait insupportable à cause de cela même. A force d’intrigues, il parvint à le faire éloigner. Il espérait que le bon Père Braun, partant de Québec, filerait tout droit en Europe pour y demeurer, mais il fut bien désappointé, et d’autres avec lui, lorsqu'il le vit ne pas aller plus loin que Montréal. Ah ! Montréal ! à ses ycux, c’est le refuge des pécheurs.
Le Père Braun avait été chargé à Québec de rédiger des constitutions pour des communautés de filles, et il les avait rédigées conformément aux lois canoniques. Comme on s’ y attendait un peu, M. Cazeau ne les trouva pas conformes au bon sens : de là, l’origine de toutes les amertumes que le saint et savant jésuite a eu À dévorer pendant les dernières années qu'il a passées À Québec. Des sermons, qui battaient trop en brèche le libéralisme et le gallicanisme, vinrent ajouter à la somme de ses torts : puis enfin l'influence dont il jouissait à titre si légitime, et qu'on regardait comme pernicieuse, finit par combler la mesure. C’est ainsi que parle et que parlera la véridique histoire.
Comme on le voit, M. le G. V. Cazeau sait au parfait son métier de catholique libéral. Tous les divers modes de persécution dont on peut user contre la vérité au profit de l'erreur, il les accepte et les emploie.
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Mais là où il s'est en quelque sorte surpassé, c’est dans la question des régistres dont lc parlement local a eu à s'occuper pendant la dernière session. Cette question allait être résolue de facon à rendre à l'Eglise du Canada, sur un point au moins, le libre exercice de sa juridiction. M. Cazeau s’en émut ; et,'lui, prêtre ; lui, grand vicaire ; lui, administrateur d’un archidiocèse, usa de sun innuence en cette occasion, non pour encourager les bonnes dispositions que montraient nos hommes politiques, pour les engager, les forcer même à donner à la question proposée une solution qui restreindrait les droits de l'Eglise. Le fait est indéniable ; il a été recueilli, juridiquement certifié, puis transmis à Rome.
Il y a de l'incroyable, de l’inconcevable même, là dedans ; une conduite semblable accuse un gallicanisme tellement outré qu’on l'aurait généralement désavoué dans les temps et les lieux où le gallicanisme cxerçait autrefois le plus d’empire. On conçoit que des séculiers tentent d’usurper les droits de l'Eglise et de limiter sa juridiction ; mais ce qu'on ne conçoit guère, c’est que des prêtres, des dignitaires de l’Eglise poussent des séculiers à commettre ces excès.
Et en face de faits aussi nombreux que significatifs, M. le G.-V. Raymond de St, Hyacinthe viendra nous dire d’un front serein que nous nous inquiétons grandement à tort, à propos de libéralisme et de gali ‘anisme ; qu’il n’y en a nulle trace au Canada : Pour le sûr, c’est trop fort. Ou nous rêvons avoir entendu M. Raymond émettre cette singulière proposition, ou il rêvait lui-même quand il l’a émise.
Rappelons-nous que le libéralisme soit-disant
1886, arleière fa- Joint
1 vi-
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enient for- “une lise.
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catholique dénature, amoïndrit purfois la vérité, sous prétexte qu'il est trop dur de la porter telle qu’elle est, durus est hic se:mo, et quis potest eum audire ; qu'il la tient le plus souvent captive, au profit de l'erreur ; qu’une de ses maximes, c’est qu’on peut, lorsqu' on est constitué en autorité, poursuivre dans la voie fausse où l’on s’est engagé, afin de ne pas compromettre son influence et ses intérêts ; rappelons-nous cela et disons ensuite s’il est possible de nier sa présence et son action dans un seul des faits que j'ai rapportés.
Qu'on ne soit ni surpris, ni scandalisé, de me voir réunir en un seul faisceau tant d’intrizues, de violences, de honteuses manœuvres. Je le fais uniquement pour servir la cause du bien, et j'ai l’intime conviction de lui rendre par là, un trèsgrand service On a voulu, non-seulement tenir certaines vérités captives, mais même les faire passer pour des erreurs condamnables et condamnées. Je dois donc, par amour de ces vérités, dont la société à grand besoin pour vivre, faire eonnaître, jusque dans leurs plus menus détails, les intrigues, les manœuvres, les violences employées dans ce coupable dessein, afin que l’on sache bien distinguer l’or pur de la doctrine du fumier de l'erreur.
Tant pis pour les hommes qui se sentent cruellement blessés par une réintégration de la vérité dans ses droits. Mon but n’est pas de les tourmenter, mais de remettre en honneur ce qu’ils ont malheureusement foulé aux pieds. S’ils avaient suivi le précepte du Seigneur, qui nous ordonne d'aimer la vérité plus que nous-mêmes, ils n’auraient rien à souffrir aujourd'hui. Puisque, vu leur position, ils ont plus efficacement servi l’er-
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reur que nombre d’autres moins importants, il est nécessaire qu'ils soient connus et appréciés à leur juste valeur.
En haine de la vérité, on a aussi atrocement calomnié ceux qui combattaient l'erreur, puis exalté outre mesure ceux qui la fuvorisaient. Dans l’intérêt des principes vraiment catholiques, il faut détruire cette œuvre d’iniquité, et par conséquent rendre à chacun ce qui lui est strictement dû. D'ailleurs, comme le présent sera bientôt le passé et qu’il aura son histoire, il importe de prorester contre le inensonge et la calomnie afin qu’ils ne la burinent point à leur guise.
J'ai, je perse, suffisamment démontré qu’il y a du libéralisme catholique en Canada. J'ai même fait voir qu'il y est puissant et qu'il tend à s’y rortifier chaque jour davantage.
Cette démonstration m’a forcé à remettre en lumière et à grouper certains actes dont j'aurais infinimeut mieux aimé ne pas évoquer le souvenir, si la grandeur du mal, qu'a produit dans tous les rangs de notre société à peu près la funeste erreur que je combats, avait pu être autrement bien comprise. Mais j'ai la preuve depuis longtemps que parler à demi-mot ne suffit plus. Je me suis donc décidé à parler franc et net.
De nombreux et solennels avertissements ont été donnés de toutes parts ; d’incessants cris d’alarme ont été poussés : tout a été inutile. On n’a tenu compte de rien ; on a même semblé s’opiniâtrer dsvantage à poursuivre dans une vcie fausse et mauvaise, Comme l’abîme, où conduit le libéralisme-catholique est sans fond et ne rend jamais ses victimes ; comme nous sommes, au jugement des plus clairvoyants, sur le bord de cet
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abîme, j'ai cru qu'il était très-opportun de crier le plus fort possible, jusqu'à abasourdir même : “ Holà ! il est temps de s'arrêter. Considérez et voyez combien triste eat la voie parcourue. Ni rebrousser chemin ne vous agrée Pas,au moins n’allez point plus loin.”
J'ai qualifié de détestables. d'odieux, d’affreux même les actes libéraux que j'ai passés en revue et je ne pense pas avoir eu tort. Je ne le regrette point. Quant aux personnes de qui ont procédé ces actes, Je les regarde comme illusionnées. mais de bonne foi, au moins jusqu'à un certain point, dans leur illusion.
Mon ‘désir le plus ardent serait de les voir ouvrir enfin les yeux à la lumière, reconnaître qu'elles sont dans l’illusion et réparer le passé par un dévouement sans bornes à la sainte cause de la vérité. Grand Dieu ! quelle noble défaite l’on Subit, lorsqu'on se laisse vaincre par la vérité! Mais que ce mot défaite est impropre ici ! Pareille défaite n'est-elle pas en réalité le plus beau et le plus glorieux de tous les triomphes ? Il n’est honteux de se laissez vaincre que par le mal ou l'erreur.
Outre les faits que J'ai rapportés, je pourrais en citer nombre d’autres qui mêneraient à la même conclusion. J’en remplirais même des volumes : mais, à quoi bon ? puisque la preuve que Je m’étais engagé à fournir est dès à présent irréfutablement faite,
Il ne me reste plus à établir que, en dépit des dénégations de M. le G. V. Raymond, il y a aussi du gallicanisme parmi nous. 1] y en a tant, il est si Saillant qu’il nous crève les yeux. Je n’ai vraiment qu'à lever la main et à dire : Regardez bien ; tenez, le gallicanisme est ici, il est là, il se montre quasi partout,
din: 39
Afin qu’on le reconnaisse de suite en le fixant et qu'on ne +e jette point dans des discussions inutiles relativement à son existence, je rappellera quel est son caractère essentiel.
Le gallicanisme refuse de reconnaître l'Eglise comme société indépendante et parfaite, ayant ses droits propres et imprescriptibles, et il vent l’asservir à l'Etat. I” accorde en conséquence à la puissance civile le droit de s’ingérer dans les affaires ecclésiastiques, d'examiner, de juger les causes qui sont du seul ressort de la puissance spi-
rituelle, et de se prononcer sur ses causes,
Cela étant rappelé et par là même admis, j’attirerai l’atiention sur ce fait capital et patent qu’en Canada l’enseignement du droit civil s’est constamment donné par le passé, etse donne encore actuellement par l'intermédiaire de livres ‘al, cans, au moyen surtout des œuvres très-gallicunes de Pothier que l’on continue de regarder comme le prince de la science du droit civil.
Or, force nous est d'admettre le principe suivant : à moins d’une dérogation sux lois de la nature, la moisson est nécessairement de même espèce que la semence. Si vous semez du blé, vous récolterez du blé ; si vous semez du sigle, vous récolterez du seigle ; si vous semez de l’ivraie, vous récolterez de l’ivraie. L'enseignement n’étant qu’une semence déposée dans l'esprit, il faut donc absolument admettre, sans qu’il soit besoin de pousser plus loin les investigations, que, puisqu’en Canada l’on a régulièrement semé, depuis près de deux siècles, du gallicanisme dans l’enseignement du droit civil, on a récolté du gallicanisme ex abondance et qu’il domine dans nos lois.
Ce raisounement est fort clair, maïs il est aussi d’une force qui défie tous les arguments du monde
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sui< » la ême blé, gle, aie, n’éfaut soin Uis- Duis Se1nis-
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de pouvoir l’ébranler. L'honorable juge J. H. Baudry, à la page 2 de son Code des Curés, n’a pu s’empêcher de s’incliner devant lui et de reconnaître que les faits le confirment avec une telle rigueur et une telle précision «u’on pour: rait les dire mathématicues,
Parlant des matières Qui sont du ressort des deux autorités, (ecclésiastique et civile), il dit : « La “ plupart des auteurs qui, en France, sous le régi- ‘me qui s’appliquerait au Canada, ont traité ces “ matières, étaient plus où moins J añsénistes, ‘ parlementaires ou gallicans, et plusieurs de leurs “ ouvrages ont été mis à l'Index ; Néanmoins ces “écrivains, À défaut d’autres, ont fait autorité “ dans mos cours de Justice, et ont, Jusqu'à un “ certain point, fixé notre Jurisprudence, en sorte “ qu'il ne faudrait rien moins qu'une législation ‘ spéciale pour la changer.”
Ainsi, de l’aveu même de l'hon. juge Baudry dont on ne saurait assurément récuser le témo;grage Comme suspect à propos de la question que Je traite, nous sommes pour un grand nombre, J'entends, des gallicans de vieille roche, des gallians munis du meilleur des brevets.
Et ce bon M. Baudry, qui affecte un moment de regretter que notre législation soit trop entachée de gallicanisme, fait de son mieux pour nous convaincre dans le cours de son Code; que nous serions bien difficiles si nous en rêvions une autre plus parfaite, 11 déclare de son propre meuvement que des ouvrages mis à ? /ndex font ici autorité en matière de Jurisprudence, et malgré cela, il dépense son temps, son encre et son papier à la défense des doctrines que renferment ces ouvrages. Il ne se contente Pas d'autant ; ilen vient
aie 0) me
jusqu’à exprimer le désir que notre législation devienne plus gailtcane qu elle n’est. En effet, à propos de certains articles qu'une disposition de la loi déclare devoir être appliqués aux paroisses canoniques non érigées civilement ainsi qu'aux missions, il fait la remarque suivante :
‘ Cette disposition pouvait être utile dans le ‘ commencement ; aujourd'hui elle ne l’est plus également et «evrait être rampelée.... En refu- “ santaux missions et aux paroisses simplement ca- “ moniques la cotisation compulsoire sur les fidè- “ les, on les obligera de se faire reconnaître civile- “ ment, et on mettra fin à des diflicultés sans ‘ nombre qui surgissent de l’absenee de la recon- “{ +nceciviie. {faudrait donc rappeler cette dus, sition et ne donner effet qu'aux autres arti- “ cles rédig/s pour le3 paroisses reconnues civile- ‘ ment. ”
Et quel moyen M. le juge Baudry suggère-t-il' pour mettre fin aux difficultés sans nombre qu'il plaira à nos hommes de loi de soulever pour empêcher la :econnaissance civile ? Il serait bon de l'indiquer. Je pense que le meilleur serait de décréter que toute paroisse canoniquement érigée devient par la même, paroisse civile ; le pouvoir séculier mettrait œinsi fin à des difficultés sans nombre, que des légistes mal disposés et tracassiers, opposent au libre exercice de la juridiction ecclésiasti”ue.
Quoiqu'il soit bien établi, de par l'autorité de M. le juge Baudry, que notre législation, prise in globo, soit gallicane d’une façon pas mal alarmante, je prierai ceux qui seraient encore incrédules sur ce point, ou qui feindraient de l'être, de passer en revue quelques unes de nos lois et
tion et, à |, de 1sses aux
s le plus refu- It Cafidèvilesans concette artivile-