‹ Il y a seize ans drame en trois actesChapitre 16 sur 50 · AMÉLIE, SAINT-VAL · texte numérisé non relu

AMÉLIE, SAINT-VAL

SAINT-VAL, aprA* un lüeaee cl mit ta Lrmer le» parle». On IIOUS

laisse, Mademoiselle... c'était mon désir... j'étais impatient de me trouver seul avec vous.

AMÉLIE, «a ui troublée. Seul ?

saint-tal. Rien d’indueret ni d’oirensanl ne me dicte ces paroles; gardez-vous de mal juger mes sentiments et mon cœur. J'ai besoin, au contraire, de vous donner des preuves de mon respect, de ma profonde estime ; et dans la position délicate et peu commune où nous nous trouvons, la meilleure et la plus sure, selon moi, est une extrême franchise... Est-ce aussi votre avis?

AMÉLIE, iroablAr. &U1S dOIltf.

saint-val. Tant mieux; car ce n'est pas seulement un tort, eu mariage, c'est une folie de se tromper.

AMÉLIE, A pin. Ciel!

saint-val. Votre trouble, chaque fois que je vous ai vue... surtout dans ce moment... et, si je ne me trompe, des traces de larmes que j’ai surprises à mon arrivée... je ne suis indiscret que par délicatesse... ine confirment dans l'opinion que cet entretien est indispensable; que notre bonheur ou nos regrets à tous deux en dépendent , et j'espère que vous m’approuverez quand vous aurez daigné m'entendre.

AMÉLIE, «lAbui A pria» *oo iroablt. Je nVll doute pas, MoUsicur.

saint-val. Vous êtes émue, Mademoiselle... hélas! puissé-je n'en pas deviner la cause!

ambijb, atmuba dilata plat fi». Monsieur!..

SAINT-VAL. ATiOfantua frtuaJI. De grâce, assCyeZ->0U5. (il proad la aaia d A«AUt p«ar u f.ira M-Alr.) Votre main tremble... je ne suis pas non plus saus quelque efiroi. (abkiîa .•»»»i«d. Saiat-Val IttMi aa tecoad fAuleuil «I i't»»ird prit 4 'tUa.) Veuillez llt’éCOUlCr

avec confiance, et me répondre... avec siucérilé.

Amélie, irAt-iaquiAia. Mais, Mon>icur .. de quel droit...

saint val. Vous interroger, n est-ce pas? la ré|>onse est facile. Du droit qu'un honnête homme a toujours de sacrifier ses désirs, ses espérances, son bonheur, à une femme qui

mérite autant que vous son respect et son estime... avant de parler de son amour.

AMÉLIE, aprA» l'arolr regardé ATM inqaiétad*. Je ne VOUS comprends pas.

saint-val. Cela se peut, je vais m expliquer; et, s’il le faut, n’hésitez pas à détruire sans scrupule le seul plan de bonheur que je me sois tracé depuis seize ans. (arai.a irotuiin.) Ne me trompez pas.

amelié, atm Mime. Seize ans?

saint-val. Ne vous arrêtez point à ce mot, ce terme de seize ans se rapporte à un souvenir... étranger à ce qui vous regarde.

AMÉLIE, ATAC dAfiiaot al troc aà toarira forcé. Ah ! ..

saint-val. Venons au fait, line afiaire d'argent, c'est le root, nous a fortuitement rapprochés. Nous nous î-orntnes vus trois fois : celle-ci est la quatrième; et chaque fois tout au plus quelques minutes. Nos entretiens se sont bornés à quelques phrases polies, banales... comment vous portez-vous ? la pluie ou le beau temps... et mes regards n’en ont pu dire beaucoup plus, car les vôtres étaient toujours baissés. Ce n'est pas la faire connaissance, se comprendre, lire son sort dans une autre âme; et se marier sans autre garantie, unir sans retour deux cœurs, deux existences, sur un si fugitif aperçu, c'est bien hardi!., pardon...

amélih. Cela est vrai.

saint-val. Je serai franc. Dès la première fois, de* le premier instant où je vous vis, c’était chez monsieur votre père, dans son cabinet... je ne vous exprimerai jamais bien l'émotion que je ressentis... vous êtes belle, bien d'autres femmes le sont... mais ce n'était pas cela; réprouvai... un plaisir, une peine, un trouble, qui venaient u un autre charme... c'était comme un bonheur qui ressemblait à la réalité d’un souhait ou d'un rêve accompli; enfin, vous me parûtes colle... (a«r«. B»at a lui h c limitant d* tan. i Pardon, Mademoiselle, ce n’est pas encore de cela qu’il s’agit; je vous en reparlerai peut-être plus tard, si mou étoile le permet... Quant a moi, i ignore encore de quelle espèce est l’impression que j'ai produite sur votre cœur, et, dans tous les cas, mon amour-propre n’a pas h s’en flatter beaucoup, car vous parûtes toujours impatiente d'éviter mes regards et d’abréger nos entrevues.

AMÉLIE, atm sa p«a d'Aoprotromtau Ce n’était pas mon intention... mais j'avais à peine l'honneur de vous connaître, et mon embarras...

saint-tal. J'y ai songé, je me le suis dit. Mais je n’ai point reçu depuis un accueilplus encourageant... excepté aujourd'hui, à notre* arrivée; Il faut être juste; au moins vous m'avez salué sans détourner la tête. (a»*ü. »aarii aa pr.» mali ré <iu.) C'est peut-être un commencement; je ne demande pas mieux que de l’espérer. Mais tout cela, Mail i noise lie, ce n'est pas de l’amour, pas même de l’amitié; et cependant nous allons nous marier.

amélik, a.«« douceur. Je ne sais, Monsieur, comment répondre à de pareils reproches.

saint-val. Des reproches!

Amélie. a«T« (îrAce Jene m'en plaindrais paa.

saint-val. Ils iraient injustes! quand vous ne m’aimeriez pas , êtes-vous forcé** de ni 'adorer?.. Mais, moi, moi. Mademoiselle, j’en mériterais d'amers, d'éternels, de mu conscience et de vos larme», si j’abusais d'un malheur... et peutêtre de votre soumission, pour vous imposer la plus cruelle dre chaînes, celle qui vous lierait pour jamais à un homme que votre cœur repousserait.

amelie, atm TÎTMitA. Vous ne le pouvez croire.

saint-val. Mais... si je l'avais deviné?

AMÉLIE, ta ATABfui aa pm «lia U atia. VOUS VOUS Seriez

trompé.

saint-val, pr«n»m ,a Mit.Ci«l! Amélie... ce regard, roc permeltrez-vous de l'interpréter?

AMÉL1B, i< lavim at«c aa pro 4>mb»rra». Sans doilte.

saint-val. L’ai-je entendu! Mademoiselle, vous venez de combler mon cœur.

amélik. irda-AïuadrU. Vous accablez le mien. Monsieur... plus ou vous connaît, plus on vous entend... Ah! vous méritez mieux!

raint-val. Si vous pouvez seulement me soufirir... Je ne suis pas exigeant, je n'ai pas le droit de l'être. (a»*üc fait <■« ■ouTTmtnt naa« pour l« dAmraiir.} Eh non ! que diable ! non ! je ne suis pas généreux... puisque je vous aune .• et puis, vous lie savez pas... (Am un air 4» roafldtner.i il m'a semble, d aluni, que nous étions faits l'un pour l’autre.

Amélie. Comment ?

saint-val. Oui, car nous avons eu la même pensée; nous avions fait le même vœu... vous ne vouliez pas vous maiiar... ui moi non plus; je me l'étais promis.

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