FÉLIX, GÉROME
Félix. Vois-tu comme clic est contente? On a raison de le dire, une bonne action console et donne du courage; je sens mon cœur un peu soulagé.
gérüms. On dit aussi que cela porte bonheur. Continuons notre voyage; voilà le chemin que nous devons suivre.
Félix. Bon ami, il n’y a plus loin, et il fait si beau dans ce bois!., tout à l’heure tu étais fatigue.
géromk. Veux-tu le reposer?
Félix. Vois-tu, Gérômc, quand nous serons à la ferme, il y aura du monde autour de nous, nous ne serons plus seuls* nous ne pourrons plus parler de maman. Ici, sous ces arbre*, la nuit, mon cœur est plus à l'aise, je pense mieux à elle; et j’ai tant de choses à te dire!
cérome. Eh bien! mon ami, il est encore de bonne heure.
l'ien UC nOUS commande. (Regardent et mon tint U b*n« de guoe.)
Tiens, nous pouvons nous asseoir là ; tu épancheras ton cœur dans le mien.
Félix. Je te remercie, hou Gérômc : nous serons bien ici.
(il veut l'wtMir *ur le tertre.)
géromk. Attends; j'ai aussi quelque chose i te proposer. Mon cher petit, j’ai remarqué que depuis ce matin tu n’as rien mangé.
péi.ix, ■«•• un eoupir. Oh! je n’ai plus faim. géromk. J'ai mis, pour toi, quelques fruits dans ma carnassière. Il faut être raisonnable; liens, mange celui-ci.
Félix. Pour te faire plaisir.
géromk. Oui, tout en causant.
Félix. D'abord, dis-moi, bon ami, Paris est-il bien loin? céromk. Quatre-vingts lieues.
Félix. Oh! mon Dieu! si loin de maman! il faudra donc bien longtemps pour y arriver?
géromk. Deux jours.
Félix. Que cela? et pourrais-je en revenir aussi vite, si maman me rappelait?
céromk. La même chose.
Félix. Oh! alors il me semble que j'en serai moins loin ; écoute, mou bon ami, je vais te dire mes projets. géromk. Voyons tes projets.
Félix. Maman nous a donné beaucoup d'argent, et dans cette petite boite... (il U tire d» •• p«br.| tu dis toi-même qu’il y a des diamants pour plus de trois mille francs.
gkromb. Je le pense; car je ne sais pas au juste, le prix de pareilles choses. Mais tu regardes souvent cette botte, prends garde de l’égarer.
Félix . Oli ! n'aie pas peur ; je t'ai demandé à la garder parce que c'est un souvenir de maman. Avec tout cela, bon ami, nous sommes riches.
géromk. Et ta mcrc ne laissera pas tarir cette petite fortune.
Félix. Ecoute, bon ami, comme c’est toi qui disposeras de tout, parce que tu es mon gouverneur, il faudra que nous soyons bien économes. On dit que l'on dépense beaucoup à Paris; qu'il y a partout des spectacles, des bal», des fêtes. Ce n'est pas à cela que nous emploierons notre argent. Mon bon Gérùmo, tu l’emploieras à me donner les maîtres les plus savants, tu m’enverras au meilleur collège, je suivrai tous les cours, je travaillerai sans relâche; on acquiert vite de la science a Paris, il y en a tant là! je veux devenir tout de suite un homme, et me faire avocat.
géromk. Tu veux être avocat? Et pourquoi cela plutôt qu'autre chose?
Félix Je vais te le dire : c'est, vois-tu, parce aue, quand on est avocat, on plaide au Palais, on défend de belles causes; cela se met dans les journaux, et maman les reçoit, tu comprends. Maman verra mon nom dans les journaux, elle apprendra que son Félix devient un homme célèbre, qu’il est digne de son amitié, et elle en sera contente.
géromk, l'rabrAMant. Cher enfant !.. eh bien! tu as aussi deviné sou désir : cela est écrit dans scs instructions. feux. Y a-t-elle mis aussi que tu ne me quitteras jamais ? géromk. Oui; mais c'était Inutile.
Félix. Tu resteras toujours avec moi; eh bien' alors, mon bon ami, il faut que tu m'appelles ton fils, et je t'appellerai
mon père.
géromk. Oui, mon Félix ! mon fils! je l'espérais; et je de mande ii Dieu de m’accorder encore assez de jours pour te ser
vlr de père et voir se réaliser tes projets et les vœux de tu mère... Mais l'heure s’avance, (n •« »*«. rsifo te »«n.) Il ne faut pas trop nous attarder; au village, on ferme de bonne heure; nous n'avons plus, heureusement, qu’une demi-lieue à faire : remettons-nous en chemin, mon fils.
Félix. Oui, mon père.
géromk, >hUu pr-Ur* i* petit paquci. A mon tour, donne-ntoi cela.
Félix. Non, tu es fatigué.
gérons. Mais...
f&lix. Du tout. Par où allons-nous?
g S no mc, montrant la poat. Par ce chemin ; il faut passer le pont. Tu prendras garde, il est fort étroit.
Félix. Je te donnerai ia main.
GftRUNE- Allons, mon fils.
FÉLIX. Allons, mon père, (il* meuteui I* fbemio tournent et »'» rrétent «an la axillta.)
gérons Vois, quel gouffre profond!
Félix Cela fait peur!
r , r noua Quand tu seras sur le pont, ne regarde pas en bas; la tête te tournerait.
féux Mon père, laisse-moi passer le premier.
Cérome. Non, j'aime mieux que tu me suives, u* irbéveui de
maalar ; «tant aal iaiiant, Loup; at Borab, tans la petite al t'eafanl, nvlrnn*nt pr««ipit*mm*iu.)