SCÈNE VI
Les précédents , LE MAIRE , le secrétaire du maire.
(L* nuire ne fort* point d'èabarpe.)
le maire, l'iémini d'*bord * Aaoii*. Madame, j’ai le plus vif regret d'apporter un instant de trouble au milieu d'une fêle d'hymen; mais vous daignerez excuser la rigueur de inon de- I voir, quand vous saurez de quelle importance est l'entretien j que je sollicite de vous.
I amélie. De moi?
de clairville. Votre visite, Monsieur, nous honore, mais | ne peut nous inquiéter... Dé>iivz-vous qu’on prie de s’éloigner les personnes étrangères à notre famille?
le maire. Je ne le crois pas nécessaire : vous en décidera I vous-même quand vous m’aurez entendu.
de clairville. Kxpliqucz-vous.
le maire. Lu attentat horrible, un de ces crimes qui depuis une certaine époque jettent la terreur et le désespoir dans nucam pagnes, un inceudie a dévoré, la nuit dernière, la ferme aux Genêt?.
amêiie. Est-il possible!
I SaINT-vaL. Encore!
dr clairvillb. Les malheureux incendiés réclament des secours : c’est la, sans doute, l’objet de votre honorable mission, monsieur le maire. Je vous remercie d’avoir songé ù ma maison; il l'instant même...
lk maire. i**rrJi*ni. J'accepte avec reconnaissance, pour des malheureux, ce nue vous inspire votre générosité; réparer leur désastre est le devoir do chacun ; mais celui du magistrat vu plus loin ; la société tout entière tut demande secours et protection contre les criminels qui la menacent. saint-val. Cela est juste.
de clairville. Kspere*-vom enfin découvrir la source d'un tel lléau ?
lk maire. J'en cherche la trace. Tout altiste que l'incendie de la ferme aux Genêts n'a point été le produit d'une imprudence ou d'un accident. Les indices d'un complot tramé, exécuté, accompli, se présentent en foule, et dans l’obscurité qui I enveloppe encore, il semblerait qu'un pouvoir caché a commis le crime par la main d'un enfant...
Amélie, *<>• père «i *oo *pou. toMibl*. Dun enfant! la maire. Victime ou coupable... cY*t là que sc trouve le mystère, et je vais sans doute exciter ici une étrange surprise en ajô tant que des circonstances singulières, sans exemple, je le crois, ont fait présumer que madame la baronne pourrait peut-être donner à la justice des éclaircissements importants...
AMELIE. Moi!
lk maire. Sur le jeune accusé, qui parait être l'agent de quelques misérables.
DÉ clairville. Ma fille!
Joséphine. Madame!
Christophe. Tertciflle!
saint-val. Y songez vous, Monsieur?
amélie. Je ne puis comprendre...
le mairb. Je n'exige rien. Madame ; je ne réclame que votre complaisance; mais c’cst au nom du malheur, de la justice, L't de la sûreté publique, ill *• tourna «m ton «ttmaire ijiii Ul le met le* obj«t* «aiiit «ur Ftlli.)
Joséphine. Voilà qui me passe!
Christophe. C’êlre moniame qui savre ?...
Joséphine. Fi donc!
SAINT-VAL, au «omble de l'eiono.meni. Amélie?...
amélie. Je crois lèrer.
de clairville. C’est quelque méprise.
LE MAIRE, au aacHUita. Allez, VOUS COtllprOlltt. (U aotrèui.l SAINT-VAL. Ecoulons.
le mairb. Madame... et permettez que j’en appelle à votre conscience : reconnaissez-vous celle bourbe , cette boite et ce*
diamants? (l* maire n,i -oui lia jrm d Amélie le* objet* <|u il • ma-
**é«.) Rcgardez-les, Madame.
ADÉLIE. Ciel !... (Eli* tieutmrc eomm# frappf* de la faudr*.)
DE CLAIRVILLB. Qu’cSl-CC donc?
saint-val. Amélie!...
JOSÉPHINE, a’appioebant ai prenant lt« objet* de* Bail)* du maire. Madame !.. que vois-je!., c’est à vous, Madame ! saint-val. A vous ?
de clairville. A ma fille?
lé mairé, trêu-autuiif. Vous les reconnai-ssii?
Joséphine. Je le crois bien! c'est Madame elle-même qui a brodé cette bourse... et quant à ces diamants...
ADELIE, rra-no* » «llr. Joséphine !.. (jo»*pbia* <‘i(vtMÜittfil!li.—
redouble. — Pjn* *« mummi fa arerHaira raaire fi lail «« ligne m maire. — Ap»F» «voir parlé ion moueboir «nr »•« jt»i «mm(
P«ar raprendr» **» irfén >) Oui, Monsieur... oui... je reconnais ce* objets. Au nom du ciel ! comment se trouvent-ils dans vos mains?
lk maire. Je suis moi-même bien surpris de votre trouble, Madame ; cet or, ce* bijou* ont dû vous être volés.
amei.ie. Volés ! Ah ' pauvre enfant! Mais qui vous les a donc remis?
le maire. Personne.- AMELIE, •frayé*. Dieil !
le maire. C'est moi-même qui les ai trouvés sur le jeune homme, qui avoue, qui déclare les avoir volés.
amei.ik. Volés!., mais non, mais non, Monsieur ; mais non, c'est Félix.
DK CLAIR VILLE ET JOSEPHINE Félix!
SAINT-VAL, A fin •»•« tonpçnu. FéllX ! (A m Sri répété. Amélie tr*e- .tille M r«d««faat mente et tremblent*.)
LE MAIRE, regardent tout I* monde. VOUS le COimoiSsOZ tOUS? de clairville. Sans doute, e’cfl un jeune orplu lin. Il y a... nnlorzr ans, je crois, ma Hile le reçut, par charité, des mains une pauvre femme, l'éleva sous mes y. ux, le combla d'amitié, de bienfait^ et. hier encore, die l'envoyait à Paiis pour y achever son éducation, s’y placer, se pourvoir; je l avais approuvée... Se pourrait-il que cet enfant, que ce jeune homme eût déjà souillé la vie dans laquelle il cuire à peine , par un vol & sa bienfaitrice?
AMELIE, tnt Uriunaiion. Ail !
josiu'uine Lui, monsieur le comte, notre Félix! ah! je répondrais du contraire sur ma vie !.. Ce sera tout simplement un cadeau qu’en le renvoyant Madame lui aura fait ; elle était si bonne pour lui !
le maire. Des diamants d'un tel prix...
AMELIE, «n baietsnt Ire y«w«, •« t'»(T'irç*nl dr paraître calme. Oui
Monsieur, c’était un don : j’avais chargé l'honnête et bon vieillard qui conduisait Félix de les vendre à Paris. Ce vieillard a dû vous le dire.
le maire. Ce vieillard ? je n’ai pu le voir, il avait péri. AMÉLIE, «‘oublient. Il est mort ! Mais, mon Dieu, mon Dieu, qu’est devenu Félix?
SAINT-VAL, étonné d* ena dràordrc eabit. Amélie!..
JOSEPHINE, d* m*».. Madame!..
le maire. Calmex-vous, Madame; ce Félix est entre mes mains.
amelie. Ah! je vous remercie; Monsieur.
saint-val, t un. Quelle émotion !
le maire. L’intérêt, l'affection que vous porte* tous à ce jeune homme redoublent ma surprise.
Joséphine. Nous l'avons élevé.
le maire. Je comprends; je vous plains... je voudrais adopter la justification que *ous m’offres. Madame, et peut-être, malgré mon devoir, fermer les veux ; mais ce n’est pas seulement ce vol que je poursuis, il n'esl ici que l'indice d'un autre crime qui ne permet nas d'indulgence : toute la France nous regarde... La main de cet enfant se montre avec la même évidence dans l’incendie de la ferme ; il a mis le feu. de clairville. Lui !
amelie. Le feu! quelle horreur I Joséphine. C'est faux.
amp.lie. Vous ne Pavez donc pas regardé, cet enfant? le maire, •»*« émeiion. J’ai fait plus; touché de ses pleurs, de •sa grâce, de son air d'innocence, je n'ai pu croire aux apparente» ; j’ai voulu le défendre, j’ai senti mon cœur sous le charme de l’intérêt qu'il vous inspire. Eh bien! savez-vous ce qu'il m'a répondu? J'ai volé les diamants, j'ai mis le fett h la terme. El ces aveux réitérés, il les a faits dans la peur que je l'a menasse devant vous.
amelie, <»m prenant. Ah!., oui, oui !.. Oh 1 mon Dieu!.. Mais ou est il? qu'en avez-vous donc Lut?.. Monsieur, rendez-lenioi.
Le maire. Il est ici ; j’ai dû l'amener... vous allez le voir et l'entendre, (n fan ,ig n « N MétteiK.)
AMELIE. 11 est ici. (Tout If nordc k retourne.) Ah!., (l.e ircrluin a Iranemle l'ordr* du maire et Fétli parait euetiidt talrl do de*x h«mmte «an» uniforme.)