‹ Il y a une volupté dans la douleur--Chapitre 2 sur 3 · IL Y A UNE VOLU P T É · texte numérisé non relu

IL Y A UNE VOLU P T É

ce parfait ménage était son chef-d'œuvre.

— « Plus l'œuvre est belle, se disait-il à lui-même, plus l'artiste s'efface, plus la collaboration des éléments paraît grande... Un jour, je finirai par croire que je ne fus que l'occasion. Mais y a-t-il des hasards dans le monde ? Tout ce qui est beau est chose difficile et rare... »

Et pour achever son poëme, il avait mis entre les mains des beaux jeunes gens la presque totalité de sa fortune, s'appliquant à ne les gêner que le moins possible, prenant une innocente joie à venir de temps en temps les surprendre, passer quelques jours auprès d'eux, — et il écoutait, une nuit entière, Pierre improvisant à l'orgue ou développant, dans l'ombre, les fenêtres ouvertes, à travers l'angélique silence des grandes lunaisons d'été, les insatisfactions sublimes de Schuman, les dures extases de Bach ou les héroïques certitudes conquises par les violences de Beethoven.

Thérèse écoutait alors, à demi sommeillante dans les coussins, sur un divan,

près des croisées ouvertes, et c'était dans l'émoi de ces heures nocturnes, submergée par les torrents de tout ce monde harmonieux, encore exalté par le frissonnement des deux hommes et le lointain témoignage que leur apportaient les étoiles, c'était dans ces heures nocturnes que parfois elle avait essayé d'ouvrir en elle les sources de quelque ironique enthousiasme, vaguement pressenti, qu'elle avait tenté de connaître le profond de la vie, tenté, l'imprudente ! d'arracher de l'ombre l'inflexible raison, privilège des hommes.

Voilà par où peut entrer la maladie dans une plante humaine si sainement épanouie. Celle-ci n'avait pas besoin d'art, ni de remèdes, ni d'excitants. Elle jouissait naturellement de son équilibre. Mais, dans ces minutes de curiosité dominatrice, elle en venait, faut-il dire physiquement, à préférer la pensée à la santé. A sa manière elle se mettait à réfléchir obscurément sur le monde, elle s'efforçait de comprendre. Le malheur est multiple, une de

ses plus menaçantes formes est l'intelligence. A toute intelligence, même chez les plus solides, une perversité se mêle. Il est toujours pervers, au fond, de penser au lieu d'agir. La raison ne reprend ses droits que sur un être déjà détourné de ses voies et qui veut surmonter sa nature. Thérèse était encore toute intuitivement plongée dans la sienne. Et l'idée la plus large, la plus haute, qu'elle ait pu atteindre, durant ces fiévreux instants où elle échappait à sa loi, c'était qu'elle aimait les arbres comme des frères, qu'elle était la sœur des plantes, de même sève qu'elles, et si c'était alors quelque orage de Rohozinski qui passait en rafale sur le piano ou quelque thème de wagnérienne délivrance qui s'éveillait dans les racines frémissantes de l'orgue, elle se comparait aux roses que font défaillir de renaissantes caresses, elle eût voulu rouler nue dans les mains rougissantes des vents, se sentir ouverte, pénétrée avec délices, déchirée feuille à feuille par les mille bouches par qui la nature nourrit son cœur errant de parfums,

de pétales, de chair, de larmes et d'amour. Elle rêvait longtemps.

Elle avait pris ainsi, insensiblement, Thabitude de chérir les arbres, de les regarder comme des êtres vivants, elle les douait d'une existence analogue à la nôtre, elle leur prêtait des sentiments, des chagrins, des espoirs, elle tâchait d'imaginer la façon dont ils se nourrissent, dont ils aiment, dont l'amitié circule en eux ; il y en avait parmi ceux qui entouraient la maison auxquels elle avait donné un nom, et à l'époque où, chaque mois, les langueurs qui s'étaient emparées d'elle l'abandonnaient, elle avait la même appréhension confuse, une autre qu'elle eût voulu recevoir, en quelque étreinte mystérieuse, de la sève brûlante des pins, de la sève large des chênes, qu'elle imaginait rugueuse et féconde, de celle empourprée des roses délicate et frémissante. Ces désirs rôdaient en elle indistincts et délicieux, ils ne se levaient en l'ombre de sa chair que dans une musique imprécise, elle s'en amusait. Mais si peu que ce fût, elle rejoignait par

là ce panthéisme solaire dont Pierre avait la pleine conscience. Daphné rêveuse !

Rarement ses rêveries prenaient forme. Elle avait bu, certains matins d'amour, et en riant, mais le cœur étrangement battant, sous les yeux de son maître, de la rosée dans les calices, et par un saignant crépuscule où elle attendait Pierre absent par hasard depuis deux jours, elle avait écrasé des raisins à pleines grappes sur ses seins, mordu des fruits avec passion, et toute honteuse sous le jus glacé des pulpes païennes qui lui barbouillaient la poitrine, elle s'était, en fuyant vers le bain, détournée de la haute psyché qui refléta son désordre, en passant.

— « Oui, tu- es bien pareille aux plus charmantes fleurs, lui disait Pierre lorsqu'elle lui faisait des aveux mêlés de rires, mais plus qu'elles, tu es pleine de souriante volupté. Ta bouche rend les baisers qu'on lui donne, les plantes n'ont pas de cœur, n'ayant pas de lèvres. Et toi, une brûlante nuit, loin de te flétrir, te rajeunit. Tes yeux refleurissent sous mon regard, et

ce n'est, ô mon liseron, qu'une lassitude fervente qui peut désenlacer nos tiges lorsqu'elles s'embrassent. Tu as l'âme des fleurs, ma douce aimée, mais les fleurs n'ont pas ton âme. »

Mais plus que les fleurs, plus que les arbres, autant que Pierre peut-être, plus que tout, elle avait chéri Claire. Elle s'en rendait bien compte aujourd'hui. Alors qu'elle n'avait jamais songé à admirer de son mari les toiles et la musique, ou de Jean les poëmes, comme si ces cimes la dépassaient trop et que le domaine de l'art lui fût interdit, elle avait voué à son amie une sorte de culte idolâtre, la trouvant supérieure à tous. Elle ne l'avait jamais discutée, et maintenant encore mille traits se joignaient d'eux-mêmes pour lui en apporter une image parfaite. Disparue, Claire s'intensifiait dans sa mémoire, plus belle. Elle revoyait ce sourire avec lequel la charitable saluait les pauvres, ces regards avec lesquels l'enthousiaste paraissait prier la mer. Elle l'avait toujours respectée, d'une race plus haute, d'un corps

plus simple, et comme d'une âme mieux achevée, mais depuis qu'elle l'avait vue couchée entre les flambeaux funèbres, les doigts joints par les dentelles, le front lumineux, elle conservait de cette heure une angoisse, un souvenir mystiques, elle en prolongeait la contemplation religieuse. Pour elle, Claire était la femme idéale, la compagne d'un saint ou d'un dieu. Etrangement elle avait réalisé une véritable transposition métaphysique de son amie.

Cette instinctive s'était livrée sur cette âme proche à une sorte d'élaboration analogue, si je puis dire, à celle que, dans un tout autre domaine, accomplit Edgar Poë sur les figures de Bérénice ou de Morella, ou plutôt de Virginie Clemm et d'Hélène Whitman. Dès leur première rencontre, elle l'avait énigmatiquement désirée pour amie, et Claire était venue à elle sans attendre. Aujourd'hui, malgré les cierges autour du lit, les chants autour du cercueil, elle ne pouvait croire à la mort de cette intelligence, inaccessible et bonne, qu'elle adorait. Elle, pourquoi eut-

elle été intelligente ? Elle s'en souvenait, le silence de Claire lui expliquait si bien ce qu'elle ignorait. Le monde entier avait un sens lorsque Claire était là. Un sourire fait, lorsqu'il le veut, tant de lumière autour de lui. Lorsque son amie souriait, Thérèse comprenait presque ce que disaient les deux hommes, les poëmes chantaient, le bruit des discussions prenait un vague but. L'univers de la pensée s'entrouvrait devant elle ; elle y serait entrée un jour, Claire la tenant par la main. Rien alors n'en défendait le seuil. Claire partie, tout tombait au néant, il ne demeurait plus aux yeux de Thérèse que Pierre et sa fille, au milieu du paysage, de la scintillation des arbres, des prés bleus de la mer. Ces deux seuls êtres l'intéressaient, eux seuls émouvaient sa nonchalante animalité d'amante et de mère. Elle était heureuse. Nuls efforts, nul vestige, la fidélité d'un instinct à sa norme, la vie sans trouble, un sang païen. Pourtant elle se souviendrait toujours d'un soir où toutes deux, Claire et elle, assises parmi

les dalles du petit cimetière rustique, làbas, sur la colline, au milieu des cyprès et des roses, avaient vu mourir le soleil et naître au delà des rivages les splendeurs blanchissantes d'un taciturne été. La soirée marine, de tombe en tombe, lentement, les avait enveloppées. Elles se crurent deux fantômes. Une lourde gerbe exhalait son encens à leurs pieds. Volontés inconscientes, tourbillonnaient les lucioles. C'était la fin d'une de ces journées accablantes, dont le crépuscule respire on ne sait quel secret révélé. La chair translucide des choses nimbe et mêle les apparences. D'entre leurs racines, l'idée des arbres s'évapore. Comme un soleil plus chaste, la lune illumine la mer. Claire portait une robe violette, simple, montante et chaste ; elle, un tissu arachnéen lui découvrait et lui moulait la gorge, lui drapait mollement les hanches. Elle revoyait ces détails.

Claire, dans une effusion de tendresse, lui avait pris les mains, qu'elle garda entre les siennes, elle l'avait baisée au front. Une longue conversation les avait unies où,

plus attentive qu'une mère, l'amie avait tout tenté pour faire dans l'âme de l'amie jaillir et monter l'indestructible ; et les vagues, couleur de perle, semblaient comprendre et s'émouvoir. Elle lui avait, depuis son enfance, d'étapes en étapes, raconté sa vie entière, lui ouvrant les replis et les trésors de son être moral, et par l'exemple offert de cette ascension d'amour volontaire et conscient, donnant d'elle à l'enfant amoureuse des plantes une sublime idée. Thérèse, dans le soir qui tombait, était véritablement en extase devant Claire, assise sur une tombe, nimbée entre deux cyprès noirs par le ciel incrusté du crépuscule d'or.

— « Vois-tu lui avait dit l'Elue, comme cette heure est belle... Ma vie est comme elle ! Un rossignol chante, exalté par les premières étoiles, et le nom de Jean jaillit au dessus de toute mon heureuse existence comme ce chant ébloui d'oiseau sur la plus haute branche des cyprès. »

Elles étaient revenues au village, lais-

sant derrière elles le cimetière endormi sous ce chant.

Le cimetière...

— « Jean, vois-tu, avait redit Claire au moment d'entrer dans la maison, Jean, c'est ma volonté. »

Et voilà que Jean, sans qu'elle sache pourquoi, l'avait hier embrassée sur la bouche avec l'éblouissante haleine qu'auraient les arbres s'ils avaient des lèvres.

— « Claire, Claire, explique-moi ce mystère, suppliait la pauvre âme affolée. Est-ce toi, parmi les nuages, qui veux ce qui arrive ? Faut-il que je te chérisse en lui ? Suis-je la sœur qui remplace l'épouse morte ? Parle-moi. Eclaire-moi. Jean, que je n'avais jamais vu, Jean, que je n'avais jamais vu ainsi, avait hier dans l'ombre des lèvres plus dévorantes que la bouche de Pierre. Ses lèvres, c'est de la musique. C'est toi qui me l'envoies. Ses lèvres, c'est de la mort. Comme il brûle ! Il souffre, et il nous aime. Il voudrait tenir mes hanches dans ses mains, ses mains et ses yeux me le disent. Il faut qu'il voie ma gorge. Pour-

tant tu ne veux pas, tu ne peux pas vouloir qu'il souffre, quoi qu'il arrive, quoi qu'il arrive. S'il me voyait tendre et nue, il aurait une courte joie, et devant eux, j'ai honte. Claire, Claire, que faut-il que je fasse ? )>

La nuit entière, Thérèse était restée, les yeux ouverts, en proie à d'amères délices, détestant Jean et l'appelant, pensant à Claire, méprisant les hommes, pantelante, suffoquée, attendant le jour avec une anxiété mêlée de ravissement, s 'endormant aux premières lueurs de l'aube avec l'image confuse du puits flottant sous ses paupières, écrasée par une inconnue, une noirâtre volupté.

Le matin n'avait pas calmé sa fièvre.

Elle était allée au puits, elle avait puisé un seau d'eau et, comme pour calmer cette soif nouvelle qui montait de son cœur à sa bouche, elle avait longuement bu, les yeux fermés, en sentant le soleil, comme quelqu'un penché derrière elle, palper sa nuque et mettre sur sa nudité, sous la robe, une chaude caresse, tandis que l'eau

délicieuse, l'eau du péché, aspirée à longs traits, inondait de fraîcheur son être défaillant. Puis, poussée par son instinct, elle était allée avec sa fille à la rencontre des deux hommes. Elle aussi, à coups sourds, entendait son cœur appeler. La sauvegarde du mari, sa présence ou celle de l'autre ? Elle tenait Hélène par la main...

Et maintenant : « Claire vit dans cette lumière qui nous entoure, disait Pierre... Et elle vivra tant que nous ne serons pas avec elle fondus dans la même pensée... »

Elle avait tressailli et porté la main à son front. Et Pierre s'était levé. Il avait repris son chevalet, il était retourné au bord de la mer, sans doute, elle ne savait plus. Ils étaient restés là, et le monde coulait, ténèbres et soleil, menaçant et radieux. Hélène dormait. C'était un jour d'été entre les jours d'été. Pourquoi ce honteux, ce délicieux silence ? Ils étaient devant la maison, dans l'odeur des lauriers, ayant à leurs pieds tout le cadavre enflammé du dur paysage disséqué par

la lumière. Et l'ombre du cyprès était sur eux.

Une respiration chaude semblait sortir des larges pierres de la terrasse ; surchauffées par l'astre, on eût dit les dalles d'un four. Les figuiers sous ses feuilles cachait ses larmes d'or. Les collines bleues argentées, nichées, et comme grises à force d'éclat, défaillaient, toutes molles. Elles étaient toutes proches, dans cette brume inquiète, on aurait cru pouvoir les toucher de la main, mais toute la plaine, étendue vers elles, cuisait dans le crissement des cigales. Un éclair d'acier casquait par brusques rayons le front des oliviers, et devant ses paupières lasses, Thérèse, accablée sur sa chaise longue, les mains pendantes, voyait, gonflées d'odeurs et d'amertume les roses peser au bout des tiges en laissant de loin en loin une feuille séchée tomber languissamment à travers le balcon de bois. Comme la chaleur les roses, un dur silence la tarissait.

— « Voulez- vous encor du café, Jean ?» L'appel de la voix le fit tressaillir, l'ar-

racha à la contemplation du ciel implacable d'où, n'osant point épier Thérèse, il regardait comme stupide ruisseler, devant ses yeux meurtris, les larges nappes d'argent endeuillé. Il se le défendit, mais il ne put s'empêcher de tourner les yeux vers elle. Ainsi allongée, les bras nus, la gorge nue, le crépon de sa jupe moulant les cuisses et laissant voir le bas des jambes où la chair transparaissait à travers la luisante soie blanche, les pieds crispés dans les cothurnes, la jeune femme coulait vers lui un regard noyé sous les pesantes paupières ; à la racine des cheveux, de la grande touffe rousse dont les mèches mordaient les tempes et le front et s'embroussaillaient jusqu'aux joues, d'un geste las, mais excitant, avec un sourire alangui et comme souffrant, du revers de la main scintillante de bagues, à la racine des cheveux, elle essuya quelques gouttes moites qui perlaient ; l'émeraude, le rubis s'éteignirent, mais les yeux égarés le buvaient, hallucinés, grands ouverts ; elle le regardait, elle se livrait toute ; il y

avait plus de feu sous cette chair, dans cette déesse, cette chienne en attente, que dans tout l'espace brûlé et la sécheresse infinie de la terre et des arbres.

— « Entrons, entrons, lui cria-t-il. »

Il se jeta dans la maison. D'un bond, elle fut droite. Un moment elle hésita debout devant la porte ouverte, dans le plein soleil, avec un tremblement de toute sa mâchoire, image de la sensualité au seuil de la blanche demeure ; et retenant ses vêtements qui lui semblaient crouler, poussée par toutes les mains de feu du forcené paysage, elle entra.

Tout était silencieux, sauf qu'un noir vol de mouches bourdonna un instant dans le brusque rayon qui trouait l'ombre du vestibule ! Thérèse, sans rien voir, ne sentait même plus le vertige de ses actes, elle était prête à mourir, s'il le fallait, pour mieux se donner à Jean, enfin...

Le petit salon, les fenêtres closes, ne possédait que des meubles bas, un fouillis de bibliothèques, de divans, de coussins, de statues et de plantes. Les plus belles

toiles de Pierre étaient accrochées aux murs. Thérèse, dans cet endroit qu'elle préférait, éparpillait partout, dans de hauts vases, de frêles cornets, de larges coupes, des fleurs à profusion, des roses, des jasmins, des bruyères, quelques tournesols. C'était, dans la fraîcheur, comme une grotte de parfums. Au milieu, la face livide, Jean se dressait, dans son vêtement noir. Elle ferma la porte derrière elle, et les mains tendues, elle marcha vers lui, mais dès qu'ils furent là, l'un devant l'autre, au bord du mince gouffre qu'un pas allait franchir, une horreur les figea, le nom de Claire leur jaillit de la bouche. Ils s'éveillaient. Monté des profondeurs de leur oubli, le nom de Claire leur fit un mal purifiant.

— « Claire, dit Thérèse comme une folle.

— « Claire, Claire, répéta Jean. »

Ils s'éveillaient vraiment. Les choses reprenaient leur aspect naturel. Ils s'aperçurent. De grosses larmes coulaient sur leurs joues.

Dans l'ombre, les fleurs dormaient. Elle alla redresser un lys.

— « Vous étiez sa sœur, Thérèse. Elle me parlait de vous...

— « Pauvre, pauvre Claire... »

Mais elle songeait : « Pauvre, pauvre de moi... »

— « Elle vous aimait. Vous rappelezvous comme elle eut les yeux pleins de larmes, le jour où une abeille vous avait piquée au front ?

— « C'était une sainte... »

Mais elle pensait : «Il ne m'aimeraplus...»

— « Elle m'a souvent répété qu'une de ses belles heures, elle l'avait passée avec vous, au milieu du cimetière que l'on aperçoit de votre terrasse. Elle s'était vue grandie, ce soir-là, par l'affection que vous lui donniez. Les grandes âmes sont ainsi, toujours elles rapportent tout, et leur noblesse, aux autres.

— « Oui. »

Et il lui fit, à voix plus basse, une étrange question, sans lui laisser le temps de répondre :

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