I. DESCRIPTION GÉNÉRALE
Situation générale des Açores; dénommerions diverses.
Les A cor es forment, au milieu de l'océan Atlantique, un archipel qui s'étend sur une longueur de plus de cent lieues marines de Touest-nord-ouest à Test-sud-est, entre les 36° 59' et 39° 44* de latitude nord, et les 22° 50/ et »• 47* de longitude à l'occident du merid:en de Paris.
Elles ont été divisées par la nature en trois groupes distincts, placés à ose distance assez considérable les uns des autres; le premier, situé à l'extrémité orientale de l'archipel, ne comprend que les deux îles de Sainte- Marie et Saint-Michel , précédées et eu quelque sorte annoncées par cet amas de roches pointues que 1 on appelle les Fourmis; le second, ou le croupe central, comprend Tercère, Saint-George, le Pic, le Fayal, et Grai; le troisième, formant l'extré-
mité occidentale, comprend les deux lies de Flores et Corvo.
Dépendance politique du Portugal, les Açores ont été rattachées par quelques géographes à l'Europe, dont elles sont en effet plus voisines que de l'Afrique continentale; mais cette attribution irréfléchie, à bon droit répudiée par Malte-Brun, est contraire à toutes les indications de ta géographie physique, de la géologie et de l'histoire : même au point de vue de la proximité relative, la distance des Açores à l'égard de Madère , dépendance immédiate de l'Afrique, est moins considérable que celle qui les sépare de l'Europe.
Nous nous garderons bien d'oublier, nous, que les Açores constituent un archipel analogue de situa-
(*) Cette description des Açores est due en majeure partie à la collaboration de M. Oscar Mac Carthy, secrétaire de la Société orientale de Paris, en prenant pour guides principaux le père Cordeiro (1717), le docteur Webster (iSai), le capitaine Boid (x835), el le docteur fiullar (1841).
LTJWÏVERS.
tion, d'aspect, d'origine, avec les archipels de Madère, des Canaries et du cap Vert; que la tradition antique de l'Atlantide les rattache à ces autres fractions éparses d'un même continent effondré, et qu'enfin l'histoire des découvertes modernes les encadre dans un même réseau d'explorations maritimes entreprises autour de l'Afrique, Elles reçurent, des colons portugais
3 ni s'y établirent les premiers, le nom 'lies des Açores % c'est-à-dire, q>s autours ou des milans, à raison du nombre immense de ces loiseaux de proje^qu'jk y rencontrèrent s et cette dénomination a été. consacrée parle temps. Elles ont aussi été appelées fies Flamandes, soit parce qu'un navigateur flamand les • aurait le premier aperçues, soit plutôt k cause des familles flamandes auxquelles il en fut concédé.une partie, pour les coloniser; ce nom, qui ne pouvait strictement convenir qu'à Tercère,au Fayal, au Pic et à Saint-George, fut appliqué non-seulement au groupe central dans lequel sont comprises ces quatre lies, majs à l'archipel même tout entier. On en peut tye au&nf de la dénomination générale d'îles Tércères, qui, de la seule ferière, s'étendit a tout le groupe central dont elle est la plus •considérable, et à l'archipel entier, qui ,1a reconnaît pour sa capitale. Les Anglais les ont appelées et les appellent encore quelquefois Western ou Occidentales, ce qui e$t suffisamment juStitié par leur position à l'extrême occident de l'ancien monde.
Constitution géologique.
Toutes ces fies doivent être considérées comme le produit d'une action volcanique sous-marine; le géologue en Recouvre à chaque pas des traces manifestes empreintes dans le sol; Sainte-jîorié seuîe, bien qu'émergée sous l'influence des mêmes causes, n'offre point à sa surface l'indice de l'effort des feux souterrains.
' Ces grands mouvements de la nature impriment aux régions qui fes ont su- , bu), un cachet particulier que nulle part
on n'observe avec plus d'intérêt qu'aux Açores. L'aspect général en est pittoresque e.t hardi, les formes saillantes et fortement prononcées. La surface de la plupart d entre elles présente une succession irrégulière de montagnes isolées de forme conique ou pointue , et (Je plateaux dont Ja hauteur varie entre six cents et quinze cents mètres , celles-là séparées par de riantes vallées , ceux-ci entrecoupes d'affreux ravins et de profondes déchirures causées par l'action des pluies sur des matériaux volcaniques peu consistants; de toutes parts les reliefs se terminent abrupternent à la mer par des rocs perpendiculaires, semblables à de hautes murailles, fréquemment rendues inaci&sçjbles par la facile désagrégation 4p* laves et la friabilité du tuf dont «lies sont formées.
Bien que , suivant toute apparence , la formation des Açores appartienne à un âge récent, on n'a pu encore constater, dans l'ensemble de leurs éléments constitutifs , un ordre général 4e superposition ou de stratification assez nettement indiaué pour permettre au géologue de Jjxer, avec quelque degré de probabilité, l'époque à laquelle les diverses parties qui les composent maintenant se sont élevées du tond de l'Océan. La succession des couches stratifiées est tellement irrégulière , que les caractères observés sur un point sont presque toujours diamétralement opposés et entièremeut contradictoires avec les phénomènes qui *e manifestent sur un autre point. La disposition abrupte des rochers de ceinture a du moins l'avantage de faciliter l'étude de la position relative et de la nature des couches dont ils sont composés. Il résulte de l'examen de ces coupes naturelles, tant sur la côte que dans les ravins de Tintérieur, que les strates sont formées de masses de basalte compacte renfermant des cristaux dé hornblende et d'olivine incrustés dans une sorte de pâte grenue rude et friable, entièrement feidspathique, à odeur <f argile.
l»e même basalte se reconnaît aussi dans presque tous les rocs e$ les Ilots
disséminés autour des grandes Nés, et qri en tint évtâenidieht^eté séparés par l'érosion et la destruction totale Aes matériaux rndins résistants qui les unissaient fadf s aux terres voisines.
Ce basalte affecte rarement une cristallisation régulière. On en trouve cependant quelques prismes très* courts en certains endroits, comme a la Poiftte 41 Afuda , sur la côte nord de Saint-Miehel , où il forme un petit parapet edlonnaire, et à Nie Saint- George, on peu à l'ouest du port de Ve!)as,cèfl forme une sorte tf arcade d'an effet très-pittoresque à l'entrée d'une petite oîque digne du pinceau f on artiste.
Aocune de ces masses basaltiques ne paraft alterner nulle part avee les terrains superposés, que ce soient des lares poreuses o» leuettiques , ou des eonriomérats; d'où il semble raisonnablement permis de conclure que ces basaltes doivent être rapportés à un âge fort antérieur att reste du sol émergé.
Les divers éléments géologiques superposés aux basaltes dont il vient d'être question , sont si irrégulièrement distribués, qu'on rencontre fréquemment ainsi des conglomérats exdusivement formés de substances volcaniques contenant de gros fragments de basalte, délave leucitique, de pierre ponce et d'obsidienne. Quelparfois le grain en est grossier, et forme une sorte de poudingue; d'autres fois, H est extrêmement fin , les fragments sont pkis tendres et plus homogènes, et leur pâte assez ductile pour devenir propre à la fabrication «la poterie. •
Ces conglomérats se montrent dans toutes les positions, depuis le niveau de la mer jusqu'au sommet des plus toutes montagnes , ce qui tend à prou- *f qui l'époque de leur formation «Heier se trouvaient soos les flots de Wtaao. €e* mêmes conglomérats ser* vent souvent aussi de base à des collines entières de scories et de pierre ponce, mêlées à des coulées d'obsidienne, comme au pic de Bagacina *» die Tercère, et dans toutes les ttwttçaesqui s'élèvent entre la beHe
vallée de Fumas et la mer, en llîe Safof-Mehel ; êtres dernier endroit, fe pierre ponce est en telle/quantité, qu'elle
Sourrait devenir un objet de commerce es plus profitables, si l'esprit d'entreprise et l'industrie s'en occupaient
On trouve fréquemment dans ces masses de scories et de pierre ponce, de grands billots de bois et des troncs d'arbre bien conservés, avant subi très-peu d'altération : on fait généralement remonter leur origine jusqu'au déluge; mais c'est, en réalité, le produit d'une action beaucoup plus moderne, d'un phénomène particulier encore commun dans déférentes parties des Açores, savoir, l'écoulement de montagnes entières surplombantes qui tombent de toute leur hauteur sur les plaines inférieures, en causant do grands désastres , ensevelissant tlans leur chute maisons, arbres , hommes et animaux. Ces ébovlements parais?
sent dus au concours de diverses causes, réunies, mais principalement à l'action, des vapeurs sulfuriques sur les scories tendres et les pierres ponces qui composent ces montagnes ç on à celle des torrents dont l'érosion continue mine sourdement et finit par détruire la base sur laquelle elles sont assises.
Le sol de presque toute* ces tles a revêtu, sous rinfluence des agents vol* caniques et des éruptions successives , un aspect et des caractères géologiques des plus curieux; partout se laisse apercevoir l'empreinte du feu , et d'éi normes fragments de Jeve ont été lancés dans toutes les directions, à de telles distances qu'il est souvent diftir elle de se rendre compte de la position isolée où on les rencontre.
Les. Açores sont toutes plus ou moins remarquables par le nombre de leurs grottes , dont l'aspect intérieur est aussi étrange que romantique; elles ont fréquemment 260 à 300 me* très de profondeur , une-hauteur proportionnée, et quelquefois % . tout au rond , une source d'eau KmpjcUu Elles ont évidemment été formées par U submersion, dans la lave incandescente* d'amas de scories friables ,ejk tendres qui sa. sont ultérieurement affaissées* »
on qui ont été détrempées et entraînées par les eaux , laissant vide désormais la voûte qui s'était moulée sur elles , et que des infiltrations subséquentes sont venues ça et là orner de stalactites. Les élévations coniques que Pou voit surgir partout, ne sont bien souvent
3ue des cratères de volcans éteints , 'une profondeur qui varie de 15 à 600 mètres , et agréablement parés de bruyères et d'arbrisseaux verdoyants , offrant quelques-uns des paysages les plus gracieux et les plus pittoresques
3 ni se puissent trouver en ces îles ou ans toute autre contrée. Les crevasses, les déchirures , les profondes ravines 'dont les eaux sauvages et les pluies torrentielles ont labouré le flanc des mon* tagnes, sont elles-mêmes, grâce aux efforts bienfaisants de la nature durant une période de plusieurs siècles , tapissées aujourd'hui de bosquets touffus et d'épais buissons , dont la riche verdure a fait de ces vallons de charmantes retraites , souvent choisies comme les lieux d'habitation les plus agréables et les plus féconds de ces îles.
La constitution géologique des Açores indique assez qu'il doit s'y rencontrer des sources minérales en abondance; elles sont en effet trèsnombreuses , offrant une grande variété de températures et de propriétés.
Ces eaux privilégiées pourraient devenir pour les Açoréens une source de richesses , si l'état du pays et les commodités de la vie étaient de nature à y attirer ceux qui peuvent avoir besoin de recourir à leur influence. Les plus remarquables sont celles du Val das Furnas et de Ribeira Grande , à Saint-Michel ; celles d'Euxofra près d'Angra , à Tercère; celles de Pico et de Flores. Leur température s'élève jusqu'à cinq degrés au-dessus de la chaleur de l'eau bouillante, ce qui peut donner une idée de l'activité permanente des feux souterrains dans ce coin du globe. On suppose avec raison que toutes ces sources contribuent soit à prévenir les tremblements de terre , soit du moins à en diminuer la funeste puissance, eu donnant issue aux vapeurs brûlantes dont il s'échappe sans cesse des quan-
tités incalculables par ces nombreux soupiraux.
Les éruptions volcaniques qui ont eu lieu aux Açores depuis leur découverte, ont été aussi importantes que multipliées; la topographie particulière de chacjue île nous donnera occasion de les signaler. Nous dirons seulement ici que la première et la dernière dont il soit fait mention dans l'histoire, ont eu lieu à Saint-Michel : Tune, en 1445» qui forma le lac des Sept Cités ; l'autre, en 181 1 , qui donna naissance à l'île Sabrina , ensevelie plus tard dans les flots d'où elle était sortie.
Les tremblements de terre, bien que fréquents aux Açores, sont loin de présenter le caractère d'effrayante puissance destructive de ceux de l'Amérique méridionale et de quelques autres points. A l'exception des grandes catastrophes de 1531 et de 1765, on ne raconte rien de grave ; et à Gorvo et Flores , le phénomène est même inconnu. Celles des Iles qui y sont le plus sujettes et qui en ressentent encore aujourd'hui les effets, sont Tercère, Saint-George et le Fnyal; de longues sécheresses suivies de pluies abondantes en sont invariablement les signes précurseurs.
Les Açores présentent à l'observateur, dans leurs phénomènes volcaniques , un sujet inépuisable de profonde méditation. Le spectacle affreux d'une ancienne dévastation, de vastes plaines de laves rejetées des entrailles de la terre en torrents enflammés, des masses compactes et rugueuses , d'un aspect sombre et triste , vomies dans les siècles passés , et formant aujourd'hui d'énormes montagnes dures et rocheuses ; tout cela pénètre l'homme du sentiment de sa faiblesse , et l'oblige , en dépit de lui-même , à reconnaître et adorer le pouvoir mystérieux, incompréhensible , pour lequel ces prodiges ne sont qu'un jeu.
Climat.
Il y a peu de climats aussi beaux que celui des Açores, et la nature semble avoir été réellement prodigue
es leur donnant cette douce atmosphère et cet air pur, si favorable à toutes les fonctions animales et végétales. La température y est délicieuse, et conserve durant toute Tannée cotte exquise douceur prin tanière que l'on ressent toujours quand tes variations extrêmes du thermomètre ne dépassent pas 14 à 15 degrés de Pèche Ile centésimale. De janvier à décembre le chiffre moyen des indications thermométriques varie de 10 à 24 degrés seulement. Le voisinage de la mer, le caractère montagneux de ces îles, l'absorption continuelle de l'humidité par un sol volcanique et spongieux, tendent à adoucir et à tempérer l'ardeur du soleil en ces parages. Le froid de l'hiver et les chaleurs de Tété n'y sont jamais intenses , et le pauvre ne songe nullement à s'y mettre en garde contre les rigueurs des mois les moins chauds. Rien n'est, du reste, plus enchanteur, plus délicieux que le printemps ; la végétation s'y déploie avec une rapidité et une vigueur oui ont quelque chose de surprenant ; les
i gazons et les prairies y ont alors une fraîcheur, les fleurs une grâce, une beauté et un parfum qui ajoutent éminemment à la richesse du paysage qu'elles embellissent.
Mais rien en ce monde n'est parfait. Cette atmosphère toujours si douce est d'une grande inconstance, et la longue expérience des habitants leur a appris que l'on ne peut vraiment compter sur la Gxité du temps que du solstice d'été à l'équinoxe d'automne , de juin à septembre , durant trois mois à peine. De plus il tombe à Fimproviste dans toutes les saisons des averses , qui en hiver deviennent assez fortes pour causer de fréquents changements à la surface du sol; car elles charrient d'énormes masses de pierre ponce, arrachées au liane des montagnes ; elles minent et déplacent des monceaux de matières volcaniques peu consistantes, et dénudent en beaucoup d'endroits les rochers et les sommités des montagnes, de manière à n'y laisser qu'une surface aride vouée désormais a une stérilité
éternelle. Toutefois il ne se passe guère de jour que le soleil ne resplendisse au ciel , et que des éclaircies ne se forment au sein des nuages. Le nombre total des jours parfaitement beaux peut être évalué en moyenne à deux cents, et celui des jours pluvieux à environ soixante.
Cette inconstance du temps est surtout rendue sensible par les coups de vent et les grains auxquels les Açores sont incessamment exposées d'un bout de l'année à l'autre : et comme il n'existe sur leurs côtes aucun port qui puisse offrir un refuge et un abri aux marins, ces fies sont ainsi devenues pour eux un sujet de crainte etd'éloignement. Le capitaine Boid croit trouver la cause de ces brusques phénomènes dans la constitution volcanique de cet archipel , où l'expansion intermittente de la chaleur souterraine aurait pour résultat de produire dans l'atmosphère de soudaines raréfactions, qu'un air frais et dense viendrait combler avec une violente rapidité.
Quoi qu'il en soit, le climat des Açores est en général très-sain, comme le démontrent victorieusement la force , la vigueur et la longévité de leurs habitants. Il y a cependant une différence très-marquée dans le degré de salubrité de certaines expositions; ainsi les versants du nord-est sont partout beaucoup plus favorables à la santé que ceux du sud-ouest , ce que Ton peut attribuer à l'influence du vent qui souffle de ce point de l'horizon avec plus de force, et arrive toujours saturé d'humidité.
L'humidité est, au surplus, un des plus grands désagrémeuts du climat des Açores , où elle règne constamment, par suite du travail d'évaporation et d'absorption auquel elles sont continuellement sujettes. Elle n'a du reste, généralement parlant, d'autre inconvénient que de g A ter les étoffes d'habillement et d'ameublement , ainsi que les ustensiles et objets métalliques susceptibles d'oxydation, à moins qu'on ne prenne grand soin dç les en préserver.
L'UNIVERS
Productions végétales; état de VAgriculiure.
Les terrains les plus fertiles sont en général ceux des régions volcaniques,
Suand If s laves, sont arrivées à un état e désagrégation fisses avancé. CVsft le cas où se trouvent les Açores* <t*nt k sol est couvert de déjections plu* Ioniennes que l'action d'une atmosphère souvent humide et même pluvieuse a de bonne heure réduites au degré de. décomposition le plus favorable au développement de la végétation : aussi y a-t«il peu de contrées qui aient un soi plus riche que cet archipel. On y. trouve réuni et que la na-r Jure a disséminé ailleurs à de grandes distances; mai» d'homme n'a point tiré parti de ces éléments favorables de prospérité. :.. l'agriculture est encore clans l'enfance,- et ce&Jles nourrissent à peine la vingtième partie de la population qui pourrait y vivre.
S'il en faui croire le capitaine an-
5 lais Boid, fui a publié, en 1834, une escription détaillée des Açores , la misérable politique du gouvernement, l'influence funeste du clergé, le système des majorât*, le manque de voies intérieures de communication, concourent à produire cet état de inaras* me. « Le clergé* dit-il, en chargeant la conscience du peuple d'exigences outrées , l'a maintenu dans un état d'abaissement moral, arrêtant ledévelop* pement de son intelligence, et exerçant sur ses propriétés d'avides exactions»
L'État, de sojtqdtés a établi une sorte de dégradation physique par son despotisme milltaj*e et par des lois qui .
au lien, de protéger, les personnes et les pnOpriétésv au lieu d'encourager l'industrie et les talents „ ne tendent çu'à laisser les unes sans garanties, et à contenir l'^or des autres. Il résulte 4e 4à qu'une grande partie de la population est tombée dans cette apathie et cette insouciance qui caractérisent tous les peuples opprimés et mal gouvernés. , ,.
« Le système des majorats a eu des résultats non moins déplorables, d'autant plus que les trois quarts des ter-
res cultivables sont substituées ; or, tant que cette législation existera, ce sera un obstacle insurmontable à la civilisation et à la prospérité du pays. En effet, les biens qui constituent ces majorats sont tellement vastes, qu'en aucun pays leurs propriétaires ne pourraient tenter de les mettre directement en rapport , ici encore moins qu'ailleurs, à cause du manque de capitaux et de l'absence de tout esprit de spéculation. Ils se sont donc vus pbligés de* les donner à bail. par petites
f)ortions à d'ignorants fermiers, sur esquels ils exercent la plus criante tyrannie. Ceux-ci, d'un autre côté, n'ayant que des baux à court terme , loin d'améliorer le sol, en tirent tout ce qu'il peut donner, afin de faire le marché le moins mauvais possible , et le rendent à son maître dans un état d'épuisement à peu près complet. Les grands propriétaires de ces domaines substitués sont appelés morgados (ce qui signifie littéralement majorats, le titre de la terre passant ainsi à celui qui la possède). Plusieurs d'entre eux retirent de leurs biens un revenu an* nuel de plus de 40,000 conioê de reis (240.000 fr.), tout en résidant en Portugal , où les produits leur sont transmis en nature. Mais la conséquence S eut être la plus fâcheuse de cet état 'inaliénabilité de la propriété, est de ^'opposer à rétablissement aux Açores d'étrangers entreprenants, qui sans cela pourraient s'y Cxer, y achèteraient des terres , et y apporteraient , avec leurs capitaux, leur intelligence, leur activité et leur industrie.
« Enfin, le manque de voies de communication , et par conséquent de débouchés, a laissé l'intérieur de ces lies, c'est-à-dire plus des deux tiers de
teur surface, couvert de taillis, de broussailles à l'état inculte , de cèdres rabougris et totalement improductifs; les habitations, les cultures, la vie active, demeurant concentrées sur la zone littorale. »
L'agriculture des Açores a eu différentes phases de prospérité et de décadence. Lorsqu'elles furent colonisées par les soins de la cour de Portugal ,
eUes étaient entièrement «ouverte êë bois qui, sur le* pointe occupés, firent place à des plantations de czfnftfel à soere, importées de Candie et de ChjM pre; et le gouvernement de la mère patrie encourageait virement alors* cette culture : ce fut l'époque la plus prospère de l'archipel. Mars la même culture s'étant développée au Brésil et dans les possessions portugaises dé llnde, la production des Açores s'en1 ressentit et déclina. La canne à sucre fut remplacée par le pastel , dont les* produits dédommagèrent les piton teurs de ce qu'ils perdaient: Jean III, eri frappant les produits de droits d'ex* portai ion énormes , tuà cette Industrie, à laquelle succéda la culture des céréales , qui , se développant bar là franchise du commerce auquel elle donnait lien avec le Portugal , devint une nouvelle source de richesses. Urte mesure impolitique, semblable à celle qui avait mis fin à la culture du pastel , arrêta eelle>ci dans son essor, et obligea les colons açoréens à cherche* anx céréales des auxîtiarires, qu'ils ne tardèrent pas à trouver dans l'oranger et la vigne. La suite a prouvé que ron a?ait créé 13 on revenu aussi important que profitable, et aujourd'hui encore ces trots produits, les grains, les ifns, et les oranges, fbrment la hase de la richesse agricole des Açores. La ctiltnre des grains n'offre nett * de particulier; mais celle de la vigne et des orangers a ici des allures à eue J nous entrerons donc à ce sujet dans quelques détails.
Pour cultiver la vigne , on écarte , sur un sot choisi , les fragments de lare dont il est couvert: on les amoncelle de manière à ce qu'ils entourent en troo de cinq pieds de profondeur, et de six à huit de largeur ; puis on remplit ce trou de quatre pieds de terre. Cest ià qu'on plante la vigne qui, dès qu'elle s'élève, étend ses pampres et accroche ses vrilles sur la lave qui l'environne : ainsi, tandis que le sot conserve de l'humidité, l'arbuste profite de la chaleur du soleil et de cdle que réfléchissent les quartiers de lave. La terre qui remplit les, cavités
dû croit la vigne est h la longue entraînée par les eaux ; mais on la remplace chaque fois que cela est nécessaire. Au Pic on est obligé de t'appor» fer du dehors; c'est le Fayal qui la fournit.
' Le temps des vendanges est Ifr fin de septembre. On presse le raisin éornme à Madère, en le foulant avec lés pieds. Saint-Michel. produit plusieurs milliers de pipés de vin, qui suffisent à peine à la consommation intérieure. L'île du Pie donne un vin fameux , connu aussi sous le nom de tin du Fâyat, ou on le travaille, et d'où il s'en exporte4 annuellement 55,000 pipes. Celui de tercère est bon , Quoique inférieur à ceux des Canaries et de Mtftièrej mais celui de Ûraciosa est presque tout converti en eau-de-vie. " Les plantations ou quintas d'ordn-
Sers sont ordinairement la propriété es morgfldos ; elles sont presque tou* tours d'une vaste étendue, toujours environnées d'une muraille de quinze à Vingt pieds, ce qui est la hauteur Ordinaire des arbres ; les plus vastes sont en outre divisées par des murs d'une hauteur moindre ; toutes sont garnies d'arbres verts très-élevés, de Hêtres , de cèdres , de bruyères , de bouleaux , tout cela dans le but de les
S réserver de la violence des vents et e l'action des brises de mer-, mars cette précaution, souvent* encore inefficace ; a l'inconvénient de les ombrât ger excessivement*, et! de nuire à la qualité des fruits , en entretenant sur le sol une humidité constante.
•Les plantations se font et serenbu* vel lent au moyen de marcottes, ou de rejetons dont on courbe l'extrémité vers le sol pour la recouvrir de terre
Jusqu'à ce que les racines commencent t se montrer; la marcotte est alors séparée de la branche mère et transplantée dans une cavité d'environ trois pieds de profondeur, entoarée de lave, et ombragée de lauriers, de hêtres, de genêts, jusqu'à ce que le jeune plant soit assez fort : quand ce moment est arrivé, on enlève les arbres- qui te protégeaient, et l'oranger commence
L'UNIVERS
dès lors à croître et à s'éten ire à sa guise. On ne s'en occupe plus , on ne te taille même pas, et la seule précaution que Ton prenne est d'enduire légèrement la tige de goudron pour la {^réserver des insectes; il acquiert avec e temps les dimensions d'un majestueux châtaignier. Les orangers etJes citronniers fleurissent ordinairement aux mois de février et de mars. Il ne faut pas ici plus de sept ans pour qu'une plantation d'orangers soit en plein rapport, et chaque arbre, arrivé a son entier développement peu d'années après, donne alors annuellement une moyenne de dix à quinze mille oranges. Un morgado assurait au capitaine Boid qu'il en avait recueilli une fois vingt-six mille sur un pied ; un seul arbre même avait produit dans une année d'abondanc(j jusqu'à vingtneuf mille oranges.
Ce sont presque toujours des marchands anglais ou américains , et maintenant quelques russes, qui traitent avec les morgndos du produit des plantations. Ordinairement, on achète les fruits sur pied, ou en l'air9 comme disent 1rs Açoréens , et avant qu'ils soient parvenus à maturité.
L'estimation d'une plantation est faite contradictoire ment par les agents du propriétaire et par ceux du marchand.
Ces hommes ne font pas d'autre métier, et leur habileté est telle, qu'il leur suffit de parcourir la plantation, de jeter un coup d'oeil sur les arbres, pour déterminer avec une précision étonnante le nombre de caisses sur lequel le marchand peut compter.
L'acheteur court des risques graves , car une récoite d'orangers est une propriété très-incertaine, et exposée à bien des éventualités entre le moment où on l'a estimée et celui où on la re~ cueille. Outre les, voleurs, les rats et les insectes, il y a à redouter les vents froids du nord et du nord-est, ou les ouragans qui souvent jettent tous les fruits à terre dans une seule nuit. On n'embarque jamais les oranges ramassées ; on les vend au marché, où elles n'ont presque aucune valeur : aussi le prix d'une plantation g'élève-t-ii à
mesure que l'on approche du moment de la récolte. Il serait moins hasardeux d'acheter à cet instant même les oranges au millier; mais la concurrence le permet rarement, chaque marchand s'efforçant, longtemps à l'avance, de s'assurer de plusieurs jardins.
Rien ne surpasse l'aspect de richesse et de magnificence de ces jardins des Hespérides, à l'époque des récoltes, c'est-à-dire de novembre à mars, quand les tons jaunissants des fruits encore verts et la couleur d'or des fruits mûrs se mêlent à la verdure intense et sombre du feuillage, embaumant l'atmosphère de leur suave parfum. Un grand nombre de navires arrivent alors aux Açores ; il n'est pas rare d'en voir sur la côte de Saint-Michel cinqwnr;-, soixante et jusqu'à quatre-vingts, a> tendant à la fois leur cargaison , et avant beaucoup à souffrir du défaut absolu d'un bon port.
La cueillette des fruits se fait avec assez d'adresse et de promptitude pour que, chaque jour, dans uneseule quinta, on remplisse plusieurs centaines de caisses , et qu'une cargaison entière puisse être complétée en trois jours.
Les oranges , détachées avec soin de l'arbre, sont enveloppées chacune dans une feuille de maïs soigneusement desséchée, puis placées dans la caisse. Les caisses pleines sont sur-le-champ fermées, puis portées sur des ânes jusqu'au magasin, où on les prend pour les embarquer.
Quarante mille caisses d'oranges environ sont annuellement consommées dans l'île, ou détruites par les oura-
§ans ; on en exporte , dans les années e prospérité, plus de cent vingt mille caisses ; il y a vingt-cinq ans, la moyenne des bonnes années ne dépassait guère la moitié de ce chiffre. L exportation des citrons n'excède pas trois mille caisses.
Dans quelques jardins de Saint- Michel, on cultive l'orange amère, et il s'en expédie quelques caisses en Angleterre et en Russie; mais la plus grande partie pourrit chaque année au pied des arbres*
Les habitants de Saint-Michel consomment une grande quantité de citrons doux, qu on obtient en greffant If citronnier a fruits acides sur l'oranger; mais ce fruit est d'un goût médiocre, bien qu'on l'estime dans le pays comme salutaire et rafraîchissant ; on n'en recueille pas assez pour qu'il puisse fonner un article de commei ce.
Du reste, les hautes classes affectent une délicatesse extrême dans le chois des oranges servies sur les tables, et ne mangent que le côté qui a été le mieux exposé au soleil , ce qu'il tan» est facile de reconnaître à la couleur quand les oranges sont fraîchement cueillies. Nous ne pourrions suivre leur exemple en Europe , où les fruits ne nous arrivent qu'après avoir pris une teinte uniforme en achevant leur maturation dans les caisses.
Les céréales le plus généralement cultivées aux Açores sont le froment, le mats et l'orge. On y recueille beaucoup de lupin , de gesse, de pois , de haricots, de calebasses douces, et quelques autres légumes.
Le lupin est une plante précieuse pour ces îles; aussi y est-elle cultivée très en grand. Ses graines, après avoir été trempées dans l'eau salée ou l'eau de mer, afin de leur enlever leur àcreté, forment pour les classes nécessiteuses on aliment très-nutritif. La plante elle-même offre un excellent herbage pour le bétail, bien qu'à raison de ses Tertus enivrantes elle ne doive lui être donnée qu'en petite quantité à la fois. Elle sert aussi à fumer les champs ; oa la laisse pousser jusqu'à un mètre de haut, et on l'enterre alors- par un labour à la charrue; ses propriétés sont si énergiques, que la terre ainsi préparée ne manque jamais de produire une abondante moisson.
Presque tous les végétaux culinaires communs en Europe réussissent aux Açores. Les oignons y acquièrent une douceur et une grosseur remarquables.
Les pastèques, les melons, les girau- ■tons, les calebasses sucrées, y croissent pour ainsi dire sans culture ; la patate commune et la patate douce y «ont abondantes, et le manioc vient
naturellement à Saint-Michel ; les indigènes n'en font point de cas; quelques étrangers le recueillent pour leur consommation ; mais la préparation qu'il faut faire subir à cette racine pour en retirer la fécule est pénible, et contribue à en limiter l'usage. L'igname se plaît dans les terrains bas et humides ; c'est une ressource importante pour les paysans. Les récoltes de chanvre et de lin sont seulement proportionnées aux besoins des basses classes, qui en font différents tissus. Les rochers de Corvo et les flancs du Pie donnent une grande quantité d'orseille.
On trouve aux Açores tous les arbres fruitiers de I Europe, excepté le pécher et le prunier. Les fruits pourraient, avec un peu de soins, grâce à la bonté du climat , devenir supérieurs à ceux de quelque contrée que ce fût; mais cela exigerait de la part des habitants une activité et dts connaissances qu'ils n'ont pas. Cependant les abricots du Fa} al sont excellents. Le bananier vient marier pitloresquement ses larges feuilles et ses grands frifits h ces arbres venus du Nord, et prêter au paysage une grâce qui ne peut être décrite, et au'il fauadmirer sur les lieux. Les fraises abont dent à Saint-Michel et dans les autres îles, ainsi que les mûres et une sorte de baie qu'on appelle raisin de montagne: mais on n'a pu acclimater la groseille ni le raisin de Corinthe.
Le noyer, le châtaignier, le peuplier blanc, s'élèvent majestueusement dans toutes les positions favorables; mais on remarque surtout une sorte d'arbousier, que les Portugais, à leur arrivée, prirent pour un hêtre , ce qui valut son nom à l'île du Fayal. C'est Flores qui a les plus beaux bois de tout l'archipel : les essences les plus communes sont le cèdre, l'arbousier-hétre dont nous venons de parler, l'if blanc, le myrte; celui-ci est tellement commun que c'est avec le suc exprimé de ses branches que les paysans tannent leurs cuirs.
Graciosa , Saint-Michel et le Fayal doivent être regardées, à raison de la
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fertilité de leur sol, comme tes plus florissantes des Açores sous le rapport agricole; le Pic, Tercère et Sainte- Marie viennent ensuite.
Dans l'état actuel des choses, on exporte de ces tles plus de trois cent mille boisseaux de blé, et elles approvisionnent de temps à autre les marchés de Lisbonne, de Porto et de Madère, en froment, orge, et légumes de toute espèce.
Si les Açoréens avaient le moindre goût pourVhorticulture, ils trouveraient dans les seules plantes indigènes de quoi suffire à l'ornement de leurs jardins; car des fleurs sans nombre parfument leurs campagnes; le thym, la lavande, la sauge, le romarin, le basilic y foisonnent; l'œillet, la giroflée, la balsamine, le jasmin, le balisier, les asphodèles, les narcisses, la tubéreuse, £ étalent leurs corolles variées. Les fleurs exotiques que la naturalisation a introduites dans quelques rares parterres, y ont pris un développement inaccoutumé ; le fuchsia y est devenu un grand arbuste, et le camélia du Japon s'y est élevé comme tfn puissant arbre des forêts.
Zoologie.
Les Açores n'ont guère d'autres quadrupèdes que ceux qui y ont été transportés par l'homme, et qui appartiennent ainsi aux espèces domestiques.
Les chevaux y sont rares, petits, et en généra) de race médiocre. Mais les ânes y sont très-nombreux , et ils partagent avec les bœufs tous les travaux que Ton a coutume d'exiger des bêtes de somme. Ils remplacent presque partout les chevaux; leur marche est très-sûre , et on les voit rarement broncher, même dans les plus mauvais pas; les plus longs voyages ne les fatiguent point, quoiqu'ils soient grossièrement nourris et toujours pesamment chargés. Chaque famille en possède au moins un. Les ânesses donnent beaucoup de lait, qui se vend assez cher, pour les malades.
On fait très -aisément à âne un
voyage de plusieurs lieues. L'usage des brides est presque inconnu. Le voyageur est suivi d'un ânier, armé d'un aiguillon dont il fait usage pour hâter le pas de l'animal. Si celui-ci va trop vite, l'ânier lui saisit la queue et la tire de toute sa force, moyen assez étrange qu'il emploie aussi toutes les fois que l'animal descend des pentes trop rapides.
On élève aux Açores beaucoup de gros bétail ; les plus belles races sont celles de Saint-George et de Saint-Michel. Le nombre des moutons est encore plus considérable, bien qu'on n'attache de valeur qu'à leur laine, qui sert à la fabrication d'étoffes grossières à l'usage des habitants. Les chèvres errent par milliers partout où elles trouvent un brin d'herbe à brouter. Les porcs et les chiens pullulent ici comme dans la mère patrie , et leurs troupes obstruent souvent les rues des villes et des villages, au grand déplaisir des passants. Malgré la chaleur du climat, on n'y entend jamais parler de chiens enragés.
Les oiseaux domestiques sont les mêmes aux Açores qu'en Europe; toutefois les oies et les dindons y sont moins nombreux. Parmi les oiseaux sauvages, on remarque plusieurs espèces du genre faucon , une immense quantité de pigeons , de perdrix rouges, de bécasses, de bécassines, de cailles , et beaucoup d'autres oiseaux communs à ces tles et au Portugal ; en outre, une grande variété d'oiseaux chanteurs que les Açoréens paraissent n'avoir jamais troublés dans leurs retraites, car leur nombre est incroyable, et l'harmonie de leurs gazouillements divers produit le plus charmant effet à la naissance et à la fin du jour. Nous citerons, entre autres, le merle, la grive , le serin des Canaries, et le serin indigène au plumage jaune brun, et deux autres oiseaux appelés en portugais totonegro et avenigreira trèsestimes des habitants pour leur chant mélodieux, surtout le premier. Le merle des Açores n'est pas moins estimé comme gibier que comme diantre des forêts.
Salle part peut-être on ne trouverait à la fois la même abondance et la même variété de poissons. Au voisinage immédiat des côtes pullulent les thons, les bonites, les sardines, les dorades, les ombres, les perches , les barbeaux, et bien d'autres; eu un mot, les espèces les plus communes et les {dus délicates, de manière à satisfaire avec une égale facilité aux humbles besoins du pauvre et aux goûts raffines du riche.
Quelques mollusques viennent s'ajouter à ce menu; on cite particulièrement ceux qu'on appelle dans le pays lapa et craca ; il y faut joindre des tortues marines de petite taille. Les côtes de ces îles offrent encore des éponges dont on ne tire aucun parti ; et tes mers voisines pourraient offrir à ia grande pêche un aliment important dans les baleines, ou plutôt les cachalots, qui reviennent fréquenter ces parages , où ils avaient été jadis pour les insulaires une source de profits considérables.
Quant aux insectes, l'homme n'arrête guère son attention que sur ceux qui lui sont utiles ou nuisibles : IV beiiîe, lèvera soie et h cochenille veulent à ce titre être mentionnés ici les premiers; cependant le miel est d'une qualité inférieure, ce que l'on attribue à l'extrême facilité qu'ont les abeilles de trouver en toute saison une nourriture abondante. Quant aux vers à soie et à la cochenille, ils ne pourraient devenir une source dé richesse qu'autant que l'industrie en saurait tirer parti. Les insectes les plus nuisibles sont les mouches, les cousins, les punaises et les puces qui , dans la saison chaude, infestent les maisons d'une façon désespérante. Les deux dernières espèces surtout se sont multipliées d'une mauière désolante, pat suite de h malpropreté et de la négligence des' habitants.
Les Açores ne nourrissent aucun reptile venimeux , et il parait même qoe les espèces les plus innocentes n'y peuvent vivre quand elles y sont transportées. Quelques années avant le séjour qu'y fit, en 1821, l'Américain
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John Webster, un vaisseau des États- Unis ayant apporté des grenouilles à Saint-Michel, et ia personne qui avait demandé ce singulier envoi les ayant mises dans un bassin disposé pour elles, toutes étaient mortes au bout de quelques mois.