SAINT-GEORGE
Saint-George, colonisée par les Flamands de Ten ère , fut naturellement considérée comme une dépendance de cette lie, et c'est ainsi qu'elle se trouve comprise dans le département d'Angra, quoiqu'elle soit plus voisine encore du Hic et du Fayal , qui appartiennent a une autre division politique.
C'e>t une tle longue et étroite, dont Taxe se dirige de I ouest- nord-ouest à l'esl-sud est ; elle, a environ 30 milles de long sur 5 de large. Une chaîne de montagnes la traverse dans sa plus grande étendue , escarpée comme un mur du côté du nord , et couronnée par un plateau , dont la hauteur audessus de la mer voisine e*t de plus de 600 mètres. A chacune des extrémités s'élève un petit Ilot volcanique ; celui qui est à l'orient , vis-a-vis de la pointe du Topo, où débarquèrent, diton, les premiers colons, se trouve placé par 38° 16' de latitude nord, et 36° 30/ de longitude à l'ouest de Paris,
à 31 milles ouest quart sud-ouest du mont Brazil de Tercère.
Saint-George paraît être d'une origine volcanique plus récente que Tercère, et elle est encore sujette à des mouvements convulsifs qui, chaque année , jettent l'alarme dans la population. Les éruptions y ont été extrêmement violentes . et généralement concentrées sur les côtes méridionales , où elles ont causé de grands ravages. La plus ancienne dont il soit fait mention est celle de 1580, qui eut lieu à une demi -lieue de la ville de Vellas ; elle dura plusieurs jours et vomit des torrents de lave qui allèrent se coaguler en masses rugueuses le long de la mer. En 1691, une autre convulsion sous-marine fit surgir en vue des côtes plusieurs Ilots que les flots recouvrirent bientôt après ; un semblable phénomène , accompagné de tremblemeut de terre , se reproduisit en 1720 et encore en 1757 : une éruption encore plus violente souleva , à trois cents pas du rivage, non moins de dix-huit petits liots, qui ne tardèrent pas à disparaître comme ceux qui les avaient précédés. La dernière éruption , et à ce qu'il paraît la plus destructive, eut lieu en mai 1808, près de la petite ville d'Urzelina ; elle jeta la terreur jusque parmi les habitants du Pic et du Fayal : elle fut annoncée par des bruits souterrains graves et effrayants, par une sorte de fermentation' sourde et d'agitation qui dura plusieurs jours, jusqu'à ce qu'enfin s'ouvrit d'abord un vaste cratère, et ensuite douze à quinze autres plus petits. Durant vingt-cinq jours consécutifs, on vit s'échapper de leurs bouches enflammées des torrents de lave incandescente qui ravagea la plus fertile partie de l'île , envahit ses pâturages, ses vignobles, ses champs , détruisit ses troupeaux, et menaçait d'envelopper dans sa course une portion de ta ville d'Urzelina , quand le fleuve destructeur se détourna miraculeusement, épargnant ainsi la vie de plusieurs milliers d'hommes. Depuis ce désastre, aucune autre éruption n'a eu lieu à Saint George; mais 111e
est chaque innée épouvantée par des tremblements de terre qui se ront généralement sentir vers la fin de l'automne. Le canton qui a éprouvé cette funeste atteinte , ne présente partout aux regards qu'une masse uniforme de lares, de scories et de cendres noirâtres, qui lui donne un aspect triste et sombre que des siècles de travail pourront à peine effacer.
Les terres environnantes sont encore aujourd'hui , comme autrefois , célèbres par la qualité supérieure des Tira qu'elles produisent, et qui sont sans contredit les vins les plus généreux des Açores ; celui de Castelnetes est surtout renommé. Ils sont tous transportés au Fayal , et vendus avec reni du Pic, sous le nom de vins du Fayal. Les habitants de Saint-George font aussi un peu de vin doux , lequel, à cause de son délicieux bouquet , est appelé Ançelica : la préparation n'en est pas différente de celle des autres passados ou vins de liqueur. Les vignobles de Saint-George sont généralement placés sur le flanc des collines , au milieu des plus vieilles laves.
La ville de Vellas est le chef-lieu de nie; on y compte environ 4 000 âmes. Elle est assise au fond d'uner baie spacieuse , entre la Ponta Queimada et le Morro Grande; on y trouve un bon ancrage et un excellent quai , le long duquel peuvent venir se placer les bâtiments de moyenne grandeur, pour charger ou décharger leurs cargaisons. La ville est protégée par une muraille du côté de la mer , dominée du côté opposé par de hautes montagnes , et défendue par trois forts sans canons. La population semble jouir d'une condition meilleure que celle de Tercère ; elle a certainement plus d'activité et d'industrie et un air de plus grande indépendance. Presque toute la population de nie, montant à 20 000 âmes environ, est concentrée sur la côte méridionale, la côte opposée étant rocheuse et moins productive. Le plateau supérieur est couvert de riches pâturages, où Ton élève des troupeaux nom-
breux de beau bétail, qui donne du beurre et du fromage renommé, qus Ton envoie en grande quantité pou * l'approvisionnement de Horta. Saint- George produit aussi en abondance la pomme de terre commune, la patate douce, et l'igname ; cette dernière est supérieure à toutes celles des Açores , et presque égale . par la grosseur et le goût , à celle aes Antilles. Les habitants cultivent aujourd'hui plus de fruits qu'autrefois , surtout plus d'oranges et de citrons, dont le développement est favorisé par une position excellente. Ils exportent à Madère et à Lisbonne beaucoup de bétail ; bien que le bœuf ne soit pas aussi gras , la viande ne le cède point en qualité à celle des belles races anglaises.
Non loin de Vellas est un bassin de l'aspect le plus romantique , enceint de murs de lave , et où Ton entre, en venant de la mer, par une arcade naturelle de basalte prismatique , s'appuvant sur une masse compacte de la même roche ; des massifs touffus de plantes verdoyantes, de bruyères et d'arbustes sont venus en parer les bords , et offrent de charmants abris aux citadins qui viennent ici en partie de plaisir , manger des huîtres fraîches péchées aux bancs dont la côte voisine est garnie. La petite ville de Calheta en est éloignée de deux lieues à Test: elle est assise au pied de collines rocheuses qui l'entourent du côté de la terre : elle présente du côté de la mer, la petite cale ou calheta qui lui a valu son nom.
Entre Urzelina et Vellas est la Ribeira do Nabo* où débarqua, en 1831, le comte de VillaOor, quand il vint enlever Saint- George aux Miguélistes.
Arrondissement de r Ouest.