POSSESSIONS PORTUGAISES
Les lies du Prince et de Saint-Thomas , qui n'ont ensemble , comme on l'a déjà vu, qu'une superficie totale de 342 milles carrés ou 118 200 hectares, avec une population de 12 000 à 13 000 habitants, constituent cependant, en* tre les provinces portugaises d'outremer, un gouvernement particulier, duquel dépend le fort de Saint-Jean- Baptiste da Juda (appelé Juida par les Français , Whydab par les Anglais , et Vida par les Hollandais aussi bien que par les indigènes), sur la côte des Esclaves.
Coupd'œil général sur la population dès Mes portugaises de t archipel de Guinée.
Ainsi réunies sous une même autorité politique et une même administration, ces deux lies , d'ailleurs voisines et placées sous les mêmes influences climatériques , se trouvent nécessairement, à beaucoup d'égards, dans des conditions similaires, et doivent, sous ce rapport, demeurer confondues dans une description commune. Et, en ef*
3*e Livraison. (Iles db l'Afbiqur.)
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fet, peuplées l'Ùnè et l'uiitre d'habitante venus d'une même patrie, et qui par conséquent ont le même caractère, les mêmes mœurs , la même religion , elles ont dû , sous une impulsion et des influences uniformes, présente* des phases semblables de développement et de décadence.
Dans l'une et l'autre, l'organisation sociale est la même ; la population y est partagée en trois classes distinctes , savoir, les blancs et mulâtres, les noirs libres, et les esclaves ; lés premiers, malgré le sang africain qui s'y est infiltré , forment une aristocratie très-peu nombreuse, qu'un recensement de 1844 n'évalue en total qu'à 185 personnes pour les deux îles ; les deux autres classes comptent chacune environ 7 000 âmes , et il est remarquable que l'élément féminin y prédomine.
Cette population est catholique ou censée telle ; comme toutes les populations ignorantes et grossières , elle n'attaehe quelque importance qu'aux cérémonies extérieures du culte, et elle n'a pas manqué d'y entremêler de superstitieuses pratiques, que la tolérance intéressée d'un clergé corrompu a laissées se perpétuer, et qui sont considérées aujourd'hui comme partie essentielle de la liturgie. Ces abus avaient pris naissance avec la colonie elle-même, au milieu du ramas de juifs baptisés, de musulmans et de païens convertis , associés au rebut de ta société portugaise pour la fondation d'un établissement qui emprunta ses femmes aux races sauvages , naguère cannibales, de la côte d'Angola.
Trop longtemps privée de toute instruction, bercée dans l'indolence et la sensualité des contrées intertropicales, spectatrice des intrigues scandaleuses, dés dissensions, des bassesses, des crimes de ceux dont elle devait recevoir l'exemple, faut-il s'étonner qu'elle soit restée plongée dans un abrutissement dont on ne peut espérer la voir sortir qu'au moyen d'une éducation morale, religieuse, intellectuelle, donnée avec discernement par un clergé instruit et de bonnes moeurs , très-
différent, par feonséqUèrit, de celui qui, jusqu'à ces derniers temps, Ta dirigée. Le budget de la colonie avait alloué le traitement de deux instituteurs primaires; il n'en existait néanmoins naguère encore qu'un seul, résidant au chef-lieu : on conçoit aisément , d'après ce seul fait , à quoi se réduit l'éducation générale des habitants.
Industrie agricole et manufacturière des îles portugaises de l'archipel de Guinée,
La première culture qui ait été entreprise aux tles de Saint-Thomas et du Prince, est celle de la canne à sucre ; au seizième siècle, il y avait déjà plus de quatre-vingts sucreries; la production seule de Saint-Thomas dé-
Sassait 150 000 arrobes ou 2 000 000 e kilogrammes. La canne avait été apportée de Madère , qui avait fourni en outre de nombreux chefs d'ateliers pour la fabrication des sucres les plus blancs et les plus durs, ce que l'on n'obtint pas sans beaucoup de difficultés, à cause de la grande humidité du climat pendant la majeure partie de l'année, et parce qu'aussi la terre était beaucoup trop grasse. Apre* un déplorable abandon et un long oubli, il a été fait, en dernier lieu , quelques essais dans le but de rétablir dans les fies portugaises la culture de la canne à sucre ; mais il n'est guère possible de réussir dans une telle entreprise sans y consacrer des bras et des capitaux ; à cette condition seulement on pourra recueillir des profits assurés, tant de la production du sucre que de celle des rhums et tafias, qui s'écouleraient si bien sur toute la côte de Guinée depuis Juida jusqu'à Bençuéla. Le café et le cacao sont aujourd'hui les deux seuls articles de grande culture.
Le café commença à être planté à Saint-Thomas vers"l8b0, et bientôt après à l'île du Prince. Le sol lui était si favorable, qu'en peu d'années cette culture se développa admirablement.
En 1832, les deux tles en exportaient déjàplusde200 000livres(91 780 kil.),
ILES DE I/ÀFîtfQUE.
tîT
et l'exportation de 1849 peut être évaluée de 11 000 à 13 000 arrobes (160 à 176000 kil.). A en croire les écrivains portugais , ce café est aussi recherché sur les marchés d'Europe que le café de Moka, auquel il ne le cède ni pour la force ni pour Parome.
La plantation du cacao a suivi de près celle du café; elle date de 1832, et la manière dont ette s'est développée prouve que le sol et le climat lui conviennent parfaitement; le fruit s'est en rien inférieur à celui des Antilles. Cette culture prend néanmoins pen d'extension, parce que le cacao est beaucoup moins demandé : à peine en est-il parvenu en Europe quelques échantillons , et l'exportation ne dépasse guère actuellement un millier d'arrobes (16 800 kilog.).
Nombre d'autres productions preneuses croissent encore dans ces fies, soit au sein des forêts, soit en des lieux découverts; mais c'est en vain, ear l'homme n'en tire aucun profit.
Quelques-unes y ont été apportées à grands frais du continent asiatique, et d'exotiques qu'elles étaient sont devenues indigènes : telles sont la cannelle de Cevlan, qui croît sans culture daas tous les lieux sauvages , et oui , « elle était cultivée, serait aussi fine* aussi aromatique que celle de Né* gambo;le curcuma , égal en tout à celui que l'on apporte de l'Inde; le rocou; le poivre noir; le chanvre, introduit ici en 1836 ; et autres articles de moindre importance.
A partir du jour où les îles de Saint-Thomas et du Prince furent sérieusement colonisées, elles devinrent bientôt des colonies agricoles d'une haute importance ; alors même qu'elles étaient tombées au dernier terme de la décadence, leur population trouvait dans l'exploitation du sol ses principales ressources. Vers la fin du rôde dernier et au commencement de celui-ci, elle retrouva, dans le commerce des vivres avec les nombreux navires étrangers qui fréquentaient ses ports, Uta peu de cette prospérité dont il ne lui restait plus que des ftwenirs.
La culture se fait avec esses de régularité et de soin. Les semis n'ayant nullement besoin , en des terres aussi riches , d'être enfouis dans un sillon profond , la houe est le seul instrument aratoire usité pour la petite culture : le maïs, les légumes, le manioc, l'igname , la patate et les herbes potagères , offrent ainsi, à peu de frais, d'abondantes récoltes.
Toute l'industrie manufacturière des deux lies se borne à la fabrication d'un peu de poterie de terre , surtout de tuiles et de briques, à l'Ile du Prince, qui en approvisionne Saint-Thomas; et, dans cette dernière , à l'extraction du sel et à la confection d'un savon mou à l'huile de palme , dont il va quelque peu jusqu'au Brésil.
Commerce des îles portugaises de l'archipel de Guinée.
Le commerce des possessions portugaises de l'archipel de Guinée fut* au seizième siècle, fort important : il était alimenté par les produits de ses nombreuses sucreries, et par l'or, l'ivoire , les esclaves et la malaguette « que les Portugais allaient chercher sur les côtes voisines, et dont Saint-Thomas était devenu l'entrepôt.
Le dix-septième siècle vit la Ifln de cette opulence ; les factoreries portugaises passèrent dans des mains étrangères, et Saint-Thomas perdit à jamais son importance commerciale. Vers la fin du même siècle , 111e du Prince sembla vouloir prendre la place de sa sœur : la Compagnie de Cachéo et du Cap-Vert en fit l'entrepôt de son grand trafic d'esclaves avec le Gabon et les contrées voisines ; mais cette Compagnie se vit bientôt obligée de cesser ses affaires, par suite des pertes que lui firent éprouver les Hollandais dans les Indes occidentales, et les Français lorsqu'ils s'emparèrent de l'île.
Depuis cette époque, jusqu'au commencement du dix-neuvième siècle, les deux îles ne tirent plus qu'uncommeroe de cabotage avec les côtes voisines et les ports d'Angola , en même temps qu'elles bébergeaient les négriers ou
L'UNIVERS
golfe dû Guinée , parmi lesquels on comptait quelques navires portugais des plages brésiliennes , presque tous de Bahia : les droits qu'ils étaient obligés de payer emplissaient les caisses publiques, et leur présence entretenait un reste de mouvement commercial.
Mais quand la traite fut abolie, et que le Brésil se fut déclaré indépendant , le pavillon portugais ne flotta plus que rarement dans ces mers, où jadis il avait voulu régner exclusivement. Les habitants de Saint-Thomas et de l'île du Prince ne voient guère plus que des navires étrangers, auxquels ils vendent des vivres et de l'eau, mieux encore que leur café et leur cacao.
Il résulte d'un tableau des mouvements maritimes, publié à Lisbonne , qu'en 1842 les îles du Prince et de Saint-Thomas ont vu entrer dans leurs ports 20 navires anglais, 18 américains, 13 français, 2 hambourgeois , 2 brémois , 2 brésiliens , 1 hollandais et 1 portugais ; en tout 59 bâtiments. Le cabotage des deux fies , soit entre elles, soit avec la côte adjacente et les ports d'Angola, n'emploie que des patacbes, des chaloupes et des balandres, dont le nombre et le tonnage sont d'ailleurs réduits à des chiffres infimes depuis la suppression de la traite des noirs.
Les principaux articles d'importation sont Thuile de palme, les eaux-devie, le bois rouge , les toiles de fil et de coton , les madras , le charbon de terre, le fer en barres, le sucre, le vin de France, le tabac , le savon , les farines, etc. Les articles d'exportation sont presque exclusivement , comme on doit s'y attendre , les vivres , le café, et un peu de cacao , sans parler des articles importés en vue de réexportation , comme l'huile de palme , l'ivoire, le bois rouge, etc.
Le montant total des exportations représente une valeur de 32 contos de reis ou 192 000 francs , dont plus des neuf dixièmes sont afférents à l'île de Saint-Thomas ; la valeur des importations peut être évaluée à 26 contos de reis ou 156 000 francs, dont près des deux tiers pour Saint-Thomas, qui re-
çoit en outre ;de l'île du Prince une partie des denrées que celle-ci a importées. La grandeur relative des deux îles explique suffisamment ces différences. Les économistes les plus intelligents sont d'avis que, pour relever ce commerce déchu, il faudrait, par une immigration successive de travailleurs , rendre à Saint-Thomas son ancienne importance agricole, et fonder à l'île du Prince une factorerie mercantile ou entrepôt, qui devînt le centre de tout le trafic portugais en Guinée.
La seule monnaie particulière à la province est de cuivre, et fabriquée partie au Brésil, partie à Lisbonne; elle a remplacé , il y a trente-cinq ans environ, des pièces informes d'un métal de bas aloi appelé oracrâ, qui servaient de petite monnaie. Les pièces maintenant en circulation sont de 80, de 40 et de 20 reis, c'est-à-dire, à peu près d'un sou, deux liards et un liard de notre ancienne monnaie tournois ; cependant la pièce de 80 reis ne répond qu'à celle de 10 reis de cuivre de Portugal , et les autres suivent la même proportion : différence énorme comparativement au change de l'or et de l'argent, puisque la portugaise d'or de 7 500 reis, ou environ 45 francs, a cours dansla colonie pour 10 000 reis seulement , ou 60 francs ; et que la piastre brésilienne d'argent de 960 reis, ou un peu moins de 6 francs, ne dépasse pas , même dans les transactions commerciales, un cours de 1 200 reis, ou un peu plus de 7 francs.
Quelques payements se faisaient autrefois en poudre d'or. Il circulait aussi, comme monnaie provinciale, de petits morceaux d'argent de formes variées , et dont un long usage avait effacé toute empreinte : on ne saurait mieux la comparer qu'aux anciens mocos démonétisés de nos Antilles ; le gouverneur Joaquim Bento da Fonseca, sous le règne de don» Miguel , il y a une quinzaine d'années, en fit disparaître la majeure partie, et il ne s'en rencontre presque plus.
Les poids et mesures sont les mêmes que ceux de la métropole.
Gouvernement et administration civile et judiciaire des fies portugaises de V archipel de Guinée.
Un décret du 7 décembre 1836 a organisé le gouvernement de cette province, on plutôt lui a conservé , sous des titres nouveaux , l'organisation depuis longtemps établie dans ces îles. Le chef supérieur de la colonie , toujours résidant (depuis 1753) à Santo* Antonio, dans nie du Prince , n'est plus un capitaine général, ni même un gouverneur général , mais simplement un gouverneur particulier^ aux appointements de deux conta, ou millions de reis, c'est-à-dire de 12 000 francs; et l'officier qui sous ses ordres commande dans l'Ile de Saint-Thomas n'est plus un capitanmôr ou commandant, mais bien un gouverneur subalterne.
Le gouverneur, réunissant en sa main tous les pouvoirs civils et militaires, a sous ses ordres , pour l'expédition des affaires, un secrétaire et un premier commis, sans plus. Il prend les avis, suivant l'occurrenoe, d'un conseil de gouvernement et d'un comité de finances. Le service financier est remisa un trésorier-percepteur, assisté d'un commis. Un comité d'agriculture, créé en 1811 , après avoir borné ses travaux à une enquête sommaire sur les terres domaniales en friche, s'est dissous de fait et ne s'est plus réuni. Le conseil général de la province n'a jamais été convoqué.
Au second degré, l'administration civile appartient à des conseils municipaux , un seul pour chacune des lies, ainsi constituées respectivement en une seule commune, bien que dans celle de Saint-Thomas la population se trouve répartie entre une ville et six bourgades ou hameaux. Chacune des deux îles a aussi sa douane distincte.
Il n'y a dans toute la province qu'un seul établissement de bienfaisance, l'hospice de la Miséricorde à Saint- Thomas, sans médecin, sans pharmacie, et tellement pauvre, qu'il ne rend, pour ainsi dire, aucun service.
L'administration de la justice est
confiée, en [première instance, dans chaque lie, à un juge ordinaire, c'est* à-dire à un simple citoyen appelé à remplir les fonctions judiciaires à peu près comme nos juges de paix; le de* pré supérieur est rempli par un seul juge gradué, appelé autrefois auditeur général, aujourd'hui Juiz de Direito , lequel a un traitement annuel de 6 000 francs. Le parquet est occupé, à l'Ile du Prince , par un substitut de procureur du roi , et à Saint-Thomas par un sous-substitut.
Forces militaires des îles portugaises de Varchipel de Guinée.
lies forces militaires de la province, dont l'effectif n'atteint même pas la moitié du complet, se composent, en première ligne, de 80 canonniers, commandés par 4 sous-lieutenants et un nombre double de sous-officiers : ils sont répartis entre les deux îles , savoir, deux tiers à Santo- Antonio pour le service de 14 bouches à feu, seules en bon état sur 50 qui garnissaient en 1844 les forts et redoutes de l'île du Prince ; et le tiers restant à Saint- Thomas, avec seulement 6 pièces mon* tées, sur 40 garnissant les divers forts de cette tle. La métropole, vivement sollicitée parle dernier gouverneur, de porter remède à un pareil état de choses, a expédié 18 pièces de gros calibre, avec des munitions , et l'ordre de pourvoir à la restauration de l'ancien matériel. Mais le personnel n'aurait pas moins grand besoin d'être restauré : ce n'est qu'un ramas de pauvres diables , soldés par trimestre en poudre d'or, sur laquelle ils perdent, au change, plus de 25 pour cent, ne recevant d'ailleurs de l'Etat ni équipement, ni vivres, ni soins d'hôpital en cas de maladie , et passant leur temps à errer presque nus dans les bois, sans travailler pour leur compte ni pour celui d'autrui , vivant d'un peu de pain , de vin de palme , de fruits sauvages , ou de provisions dérobées dans les habitations ; leur service se bornant à huit jours de garde contre quinze jours de repos, c'est-à-dire, de crapuleuse oisiveté.
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Pour compléter cette organisation un administrateur temporel , et la camilitaire, la province présente, en se* thédrale est desservie par tin curé et eonde ligne, deux régiments de mili- un prêtre auxiliaire. ces ayant ensemble un millier d'hom* Il y a, dans toute la colonie, dix pâmes d'effectif , et quels hommes !... roisses, y compris celle de Saint-Jean- En voici le portrait tracé par un gou- Baptiste de Juida , où un prêtre a été verneur, dans une dépêche au secré- envoyé en 1844. L'île du Prince n'en taire d'État : « Je vais dire à Votre compte qu'une seule, laquelle est con- « Excellence ce que c'est qu'un soldat fiée à un vicaire et un desservant; « milicien des fies de Saint-Thomas et mais il y a en outre quatre petites égli- «du Prince: figurez-vous un auto- ses et une dizaine de chapelles. Saint- « mate noir, la tête couverte d'un cha- Thomas compte huit paroisses, y « peau de paille, pieds et jambes nus, compris la cathédrale, et entretient en « sans chemise, quand il a une veste ; somme, sept curés, un vicaire et trois « beaucoup conservent à peine un fond desservants auxiliaires; on y trouve « de culotte. Le nombre n'est pas pe- d'ailleurs beaucoup de chapelles appar- « tit de ceux qui n'ont que des frag- tenant à des confréries ou à des parti- « raents de gilet et de caleçon , sans culiers. « chemise , portant le baudrier et la Depuis 1800, le diocèse est privé de
« giberne à nu sur le corps , dévo- premier pasteur, et l'on admet volon-
« rés !par la faim , et cependant tou- tiers que la population est bien petite
« jours prêts à faire le service. » Pour pour un évéque ; mais un clergé assez
commander à cette troupe, le cadre nombreux est cependant nécessaire,
de l'état-major ne compte pas moins L'insalubrité du climat détourne beau-
de 2 colonels , 4 lieutenants-colonels , coup d'ecclésiastiques portugais de
4 porte-drapeaux, 14 capitaines, 16 l'idée d'adopter une telle résidence ,
lieutenants , 30 enseignes et le malgré le casuel assez considérable
reste. Saint-Thomas possède en outre qu'ils y trouveraient, et qui, dans cer-
un bataillon de milices urbaines de taines paroisses, dépasse 2 000 francs.
**Le ftTrtde Saint- Jean-Baptiste de Finances ** des portugaises de Par-
Juida a bien quelques canons, et Ton chl*el de Gmnée-
y a envoyé en 1844 un commandant , La somme des revenus de la pro-
qui y a retrouvé, pour toute garni- vinoe, qui s'élevait encore en 1812 à
son, un ancien caporal d'artillerie. plus de 30 contos ou millions de reis,
~ ... ,, . .. » „ c'est-à-dire, à plus de 180 000 francs.
Organisation ecclésiastique des îles n'atteint guère aujourd'hui que le tiers
portugaises de l archipel de Guinée. de ^ chfcre^ etJ,e bud^ loca| se
Sous le rapport ecclésiastique, cette solde par un déficit annuel d'une cen-
petite province , érigée en évéché par taine oe mille francs , qui tombe à la
une bulle du 3 novembre 1534 , avait charge de la métropole. Le petit ta-
pour cathédrale l'église paroissiale de Weau suivant, qui se rapporte à Pexer-
Notre-Daœe-de-Grâce , à Saint-Tho- cice 1843 , résumera mieux que de
mas; le diocèse comprenait d'abord les longues pages, l'ensemble des res-
établissements portugais du Congo , sources et des besoins de l'adminis-
gui en furent détachés en 1597; suf- tration locale :
tragant, dans le principe, de l'archevê- Recettes
^éphémère du Funchai , il passa , Rapport des terres doma-
des 1550, sous 1 obédience du patnar- niales . . . 6 109*
che de Lisbonne. Il y a un chapitre Impôts directs.' .\\\\\\'.\' 21 072
composé nominalement de cinq digm- impats indirects 29 170
taires et douze chanoines ; mais il n'y Diverg produits 5 579
a plus de tait, depuis quinze ans, qu'un . -— —
seul chanoine ; le diocèse est régi par *olaI • • • • 6t . .
ILES DE L'AFAIQUE.
Dépenses.
Administration civile
— — militaire.
— — religieuse.
Dépenses extraordinaires.
Total
68 952fras 770 8 370 10 984
162 070 Déficit IÔ0 146