‹ Iles de l'AfriqueChapitre 5 sur 82 · DISTRIBUTION DES ILES DE LA MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES ILES DE LA MÉDITERRANÉE

Aucune des grandes lies de la Méditerranée n'appartient à ? Afrique.

' Depuis l'Egypte jusqu'au détroit de Gibraltar, les grandes îles échelonnées dans la Méditerranée semblent ne pouvoir être disputées à l'Europe.

Celle de Candie, il est vrai , naguère encore soumise à l'Egypte , était aussi comprise par les Romains dans une de leurs provinces libyennes, alors que, réunie à la Cyrénaïque sous l'autorité d'un même préteur, elle comptait parmi les domaines du sénat et du peuple; mais elle n'en était pas moins grecque d'origine, et sa réunion avec la Cyrénaïque ne fut que momentanée. N'est-ce même pas plutôt la grecque Cyrène qui fut un instant détachée du corps de la Libye pour être annexée à la province prétorienne de Crète , antérieurement constituée ? Et de nos jours, si l'autorité, naguère encore subsistante , du pacha d'Egypte , et les préoccupations politiques qui s'y rattachent, pouvaient faire oublier un instant les traditions et l'histoire de tant de siècles pendant lesquels la Crète fut exclusivement grecque, la nature ne viendrait-elle pas démentir cet arrangement arbitraire , en nous montrant cette grande tle étendue d'ouest en est , a l'entrée de la mer Egée, comme une digue jadis continue entre le Péloponese et la Grèce asiatique, puis rompue à ses extrémités , mais laissant d'une part Égilie et Cythère, de l'autre Carpathos et Rhodes comme des débris? Par sa position et sa constitution physique, aussi bien que par son histoire , candie ne peut donc être séparée de l'archipel grec.

Quant à la Sicile, annexe aujourd'hui de la couronne de Naples, comme elle l'était anciennement de la grande Grèce, pourrait-elle être contestée à l'Europe, sous le prétexte que Carthage en avait entrepris la conquête, et que les Aghlabytes de

Qayrouân en firent une province de leur empire africain? Mais Carthage n'y sut trouver qu'un champ de bataille pour ses premières luttes contre Rome, et ce champ de bataille, elle le perdit. Et les entants d'EI-Aghlab, conquérants éphémères , furent chassés à leur tour par les guerriers de Normandie (*). Quelle trace d'ailleurs est restée en Sicile de ces dominateurs puniques et mauresques qui ont passé sur elle? A peu près rien. La Sicile n'a guère que des monuments grecs ou romains, qu'une langue romane , que des habitants italiens.

Pourrions- nous enlever à l'Europe, pour l'attribuer à l'Afrique, la Sardaigne, domaine de la maison de Savoie, a qui elle constitue un royaume par sa réunion avec le Piémont et ses annexes? A la vérité, comme le rapportent les traditions antiques , les premiers habitants de cette fie furent Libyens; puis, quand elle eut reçu les colonies grecques d'Aristée et d'tolas, et encore quelques Troyens séparés

§ar la tempête de la /lotte d'Enée, e nouvelles immigrations libyennes vinrent exterminer les Grecs et refouler les Troyens dans les montagnes, où ils subirent même l'influence des vainqueurs, à tel point qu'au temps de Pausanias, ils avaient l'armure, le costume, les mœurs et tout l'aspect des Africains. Les Carthaginois, à leur

(*) S'il dous est permis, tout en excluant la Sicile de notre cadre africain , de signaler ici un ouvrage où il est traité de la Sicile dans ses rapports avec l'Afrique, nous citerons avec empressement te beau volume que vient de publier M. Noël Desvergers, sous ce titre : «Histoire de l'Afrique sous la domination des Aghlabytes, et de la Sicile sous la domina lion musulmane ; texte arabe d'Ebn-Khaldoun, accompagné d'une traduction française et de notes. Paris, Didot, 1841. » Pour nous , descripteur et historien de l'Afrique, cette publication est une bonne fortune que nous ne manquerons pas de mettre à profit dans notre travail.

tour, portèrent leur domination dans la Safdaigne ; plus tard , les Arabes (f.i/rique en devinrent les maîtres.

Mais tout cela est effacé aujourd'hui : i« Romains avaient remplacé les Carthaginois , comme les Génois , aidés te Pians, expulsèrent les Maures et tuèrent leurs quatre rois , dont les têtes se voient encore dessinées en coir sur l'écu de Sardaigne , aux quatre cantons de la croix de gueules des cooqoéranu génois. La domination romaine fut longue , plus longue encore fct celle des Génois, et la population sarde, au langage roman, ira plus, depuis bien des siècles, rien d'africain as 1b costume , l'aspect, ni les

, Poor les Baléares , elles ont aussi & possédées par les Carthaginois et sir les Maures; mais c'étaient plutôt k Carthaginois et les Maures d'Espsnemie ceux d'Afrique; et les vi- •i^tudes politiques que ces fies ont soies n'ont jamais rompu l'étroite kioo où la nature elle-même les a ?*ées à regard de la péninsule hispnijiue.

Ainsi, la ligne de partage que nous £i'E à tracer entre l'Europe et l'A- "fie, à travers le bassin de la Médikranéf, doit laisser au nord, comme toesd'Europe, Candie, et la Sicile, et BStringne, et les Baléares. Ce sont f arme des caps jalonnant une limite ^nble, le long de laquelle serait **«* le chenal des courants. Entre Me et Barqah , entre les Baléares t l'Algérie, la voie est large et la dé- ^nation facile à distance égale des •:arifagcs.

Wla îles de la Méditerranée apjnrtienent à F Afrique par leur

itvatom.

M* entre la Sardaigne et l'ancien tetion de France, la Galite avec ses

' Oa ne peut parler de la Sardaigne ;'»;ïoir à signaler aussitôt le magnifique

TV m Sardaigne du major général ' •'« Albert de la Marmora , véritable -"^nphie, écrite avec autant de goût <' k avoir et de consciencieuse fidélité.

appendices , jetée au milieu des flots comme une sentinelle avancée de l'Afrique , semble refouler vers le nord le chenal des profondes eaux, et les sondages multipliés de Smyth , traduisant en chiffres de hrassfage les formes onduleuses de cette grande vallée sous-marine, en portent le thalweg plus près encore de la Sardaigne que de la Galite.

Au contraire, entre la Sicile et la côte africaine qui lui fait face depuis Bizerte jusqu'à Messratah , la loi des distances relatives , d'accord avec la plus grande profondeur des sondage?, tout en adjugeant à l'Afrique Pautellaria, ainsi que le petit groupe mal uni de Lampedouse, Linose et le Lampion, semblerait attribuer à la Sicile Malte et ses annexes.

Les Mes maltaises doivent être attrU buées à V Afrique,

Mais , toute voisine qu'elle paraisse de la Sicile, toute chrétienne qu elle soit comme elle, Malte n'est point sicilienne; sans doute elle a subi plus d'une fois les vicissitudes politiques de la Sicile , soit quand les Grecs et les Carthaginois s'en disputaient la possession , soit lorsque, devenue romaine, elle avait un procurateur soumis au préteur de Sicile, soit enfin lorsqu'elle était conquise par les princes normands pour être annexée à leur nouveau royaume. Mais d'autre part Malte avait appartenu aux Phéniciens fondateurs de Carthage, les Carthaginois l'avaient annexée à leur royaume d'Afrique, les Maures à leur tour s'en étaient emparés; enfin, détachée de l'empire de Charles -Qui'nt pour constituer aux chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem un domaine indépendant en compensation de la perte de Rhodes , elle devint , pendant les guerres de la révolution française, la proie de l'Angleterre, qui, après s'v être maintenue contre la foi des traités, a su faire ratifier en sa faveur, par les puissances de l'Europe, la possession de cet autre Gibraltar.

Ainsi, aujourd'hui sentinelle perdue de la puissance anglaise , naguère le

io L'UNIVERS.

boulevard delà chrétienté pendant une glorieuse indépendance de près de trois Siècles, Malte avait précédemment, sur la limite commune de l'Europe et de l'Afrique , flotté entre la domination africaine et celle de divers États européens. A travers toutes ces vicissitudes, Malte est toujours restée africaine : les conquérants étrangers ont disparu tour à tour, et les maîtres anglais qui se sont établis au sommet du rocher n'ont pu y étendre que des* rameaux exotiques; le Maltais indigène , qui pullule si prodigieusement sur ce coin de terre, le véritable Maltais est africain : son aspect , ses mœurs, son langage, le proclament hautement. En vain Ton invoquera comme indices d'une autre origine quelques-uns de ces monuments qu'on est convenu d'appeler cyclopéens et pélasgiques : la disposition des uns révèle des constructions phéniciennes, d'autres portent un nom arabe. La première population connue de l'île était phénicienne, soit qu'elle vînt directement d'Orient ou des colonies phéniciennes d'Afrique; et dans tous les cas , les Carthaginois se l'assimilèrent complètement. Sous les dominateurs romains qui se substituèrent aux Carthaginois, tout comme aujourd'hui sous les dominateurs anglais, le fond de la population conserva sa physionomie native, ses habitudes propres, son patois national , et l'apôtre saint Paul , que la tempête poussa sur leurs côtes (*), ou plutôt saint Luc, histo-

(*) Celui de nos collaborateurs dont la

{)lume élégante et facile a tracé l'histoire et a description de Malte, a cru avoir de bonnes raisons pour considérer comme fondée \ sur une méprise l'opinion vulgaire sur le naufrage de saint Paul à Malte, préférant, comme Constantin Porphyrogénète, le conduire à Méléda du golfe Adriatique. Comme nons ne pouvons partager cette détermination , qu il nous soit permis d'indiquer ici les principaux faits qui s'opposent à ce qu'elle soit admise sérieusement.

Analysons d'abord cette partie du récit de saint Luc : Saint Paul f arrivé à la pointe orientale de Crète, au eau de Salmone, continua sa route le long de la côte méridionale,

rien de ce naufrage, les appelle en conséquence barbares, c'est-à-dire,

jusqu'à Assos , dont la rade parut peu convenable pour hiverner ; malgré les représentations de l'apôtre, qui prédisait une tempête prochaine, on fut d'avis de gagner le port de Phœnix , ouvert au sud-ouest et au nord-ouest, où l'hivernage serait plus commode ; Phœnix étant vers le nord-ouest d' Assos, un léger vent de sud , qui s'élevait, sembla an capitaine du navire très-favorable pour son projet; mais à peine à la voile, le bâtiment fut assailli par un vent Pjrplionien, c'est-à-dire tourbillonnant, connu en ces parages sont le nom iïeuroclfdom , &vt|ioç tvxpwvixoç sxotXoupevoç fôpoxÀu$uv j au lieu de gagner Phœnix , comme on l'avait espéré, on fut poussé au sud yen la petite île Klauda, et continuant d'être emporté par la tempête, on craignît d'être entraîné vers la grande Syrte; il fallut jeter à la mei marchandises et agrès; enfin après treize jours de tourmente sur la mer Adriatique , tv t$ 'Afytqc , on se trouva au voisinage d« la terre , et l'on vint échouer sut une pointe que la mer Joignait de deux côtés; ot gagna comme on put le rivage, ou l'on fu accueilli avec beaucoup d'hospitalité par le. barbares, et l'on apprit alors que l'on étai dans 111e de Malte, près des domaines d< Publius, le premier de l'île, xpaVcoc tt> vfaov. On y passa l'hivernage, et reprenan la mer au bout de trois mois, sur un nou veau bâtiment appelé Castor etPoltux, 01 toucha à Syracuse, & Reggio, à Pouzzoles et l'on arriva enfin à Rome.

Les trois mots euroclydon^ Adriatique e barbares , ont servi d'argument en taveu de l'hypothèse que nous devons repousser on a prétendu que le vent euroclyaon étai un vent du sud-est, alléguant à ce sujet 1 quadruple autorité de Pline , de Vitra ve d'Aristote et de Strabon ; en second lîei que la mer Adriatique n'avait jamais et autre que le golfe connu aujourd'hui soi ce nom ; enfin que les habitants de Ma1t< alors sous la domination romaine, n'auraiei pu avec justesse être appelés barbares. I point que la tradition désigne à Malte coma: celui du naufrage de saint Paul n'est d'ai leurs pas le premier port maltais qui s'offi à un navire venant de Crète; et l'on ajou encore que le mouvement maritime et cou merciat de Malte était trop actif pour qu*< eût à attendre pendant trois mois le depa d'un autre bâtiment.

ILES 1)E 1/ÀFhlQUE.

, éfrïjwn 1 la langue des Grecs et à ceSedes Latins. Quand les Arabes de- Tinrent à leur tour maîtres de Malte , 3s o'eoreot aucune peine à façonner au iinçge mauresque les indigènes, fo parlaient déjà un idiome de la œâne famille ; tandis que , depuis J'apdsion des Maures, sept siècles et M se sont écoulés sans altérer la

A fcw «s arguments la réponse est fati. les trob mois de séjour pendant l'hiwagea'oot rien que de très-uaturel. L'atkriueaentàcequel'on appelle aujourd'hui le port de Saint-Paul, plutôt que sur un pan pfas oriental de Pile, n'a rien de surpwiat « l'on veut bien se rappeler que le Bwre était baDotté sur les flots au gré de a taaète, et que c?est au milieu de la nuit ^refripage pressentit le voisinage de la te». Quant à l'épithète de barbares ou •irnprs appliquée aux Maltais , il suffit '«iaeître que le commun du peuple parlât -î {*atque (chose tout à fait probable à ojm).pour que cette épilhète soit commuât justifiée. Pour ce qui est de la : "'«nation de mer Adriatique, donnée à *■*■ portion de la Méditerranée com- :n» entre la Syrie et le détroit de Libye, *- * we question résolue incontestablement [•ton ks géographes instruits; et sans «aJeriei les citations, qu'il nous suffise

* «noyer an mémoire spécial de M. Le- 'f-a «a"çe sujet Enfin, venant au pre- '-* et principal argument, il faut nous ■se de dedarer que , bien loin de trouver «* Mae, Yiirave, Aristote et Strabon , •'i/Seatioa du vent eurocfydon, on n'a '"'"J* rencontré cette dénomination que ■ * le récit Btème de la navigation de saint •* par l auteur des Actes des apôtres; la

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* Mérite «ers Klaoda et la crainte d'élre F&- dans la Syrte excluent évidemment -: 'sQtnire cette direction du sud-est.

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^aat de Malte, tandis qu'on n'avait ■* aire de toucher à Syracuse si l'on fût .* deMéléda.

physionomie arabe de ce parler maltais, comme auparavant dix siècles de domination romaine n'avaient pu naturaliser sur ce sol rebelle le moindre germe latin auquel pût venir ensuite s'enter le roman de la Sicile ou des autres populations néo-latines de l'Europe méridionale.

La nomenclature géographique du groupe des fies maltaises est elle-même toute mauresque, depuis le Marsa Scirocco, c'est-à-dire le port d'Orient, qui se voit à l'extrémité est de Malte, jusqu'au Casai Garbo, c'est-à-dire le hameau du Couchant, dernier village à l'ouest de l'île de Goze; sans oublier, au sud, ce rocher de Fol/ola Îju'une moqueuse plaisanterie transormait en principauté pour en inféoder ironiquement le titre aux chevaliers trop entichés d'une importance que leur^ ordre n'avait plus.

Scylax attribuait Malte à l'Afrique; et Ptolémée la compte aussi expressément parmi les îles africaines; Pomponius Mêla et Pline le naturaliste se bornent à la dire placée vers l'Afrique; Ovide la montre battue par les flots dans le détroit de Libye (*), et le

E rince des orateurs romains, dans ses rillantes plaidoiries contre Verres, ayant à parler de Malte , se plaît à faire remarquer qu'un bras de mer assez large, et surtout périlleux, la tient séparée de la Sicile (**). Les descripteurs modernes de l'Afrique, tels qu'Olivier Dapper et Delacroix, ont compris Malte et ses annexes dans leurs compilations historico- géographiques. Ce n'est donc point une innovation que nous faisons en prenant le parti de les encadrer aussi dans notre travail.

Classement des îles africaines de la Méditerranée en diverses catégories.

Et maintenant que nous avons dé-

O « FcrtilU est M élite slerili ▼iciiu Cosyr» « lusula, quam Libyci rerberat unda freti.» (Fast. m. 567.)

(**} « Insala est Melita satis lato ab Sicilia mari, « pericoloaoqae «UajuncU. •

( In Verr. it, iê.)

io

L'UNIVERS

boulevard de la chrétienté pendant une glorieuse indépendance de près de trois siècles, Malte avait précédemment, sur la limite commune de l'Europe et de l'Afrique , flotté entre la domination africaine et celle de divers États européens. A travers toutes ces vicissitudes, Malte est toujours restée africaine : les conquérants étrangers ont disparu tour à tour, et les maîtres anglais qui se sont établis au sommet du rocher n'ont pu y étendre que des rameaux exotiques; le Maltais indigène , qui pullule si prodigieusement sur ce coin de terre, le véritable Maltais est africain : son aspect , ses mœurs, son langage, le proclament hautement. En vain Ton invoquera comme indices d'une autre origine quelques-uns de ces monuments qu'on est convenu d'appeler cyclopéens et pélasgiques : la disposition des uns révèle des constructions phéniciennes, d'autres portent un nom arabe. La première population connue de l'île était phénicienne, soit qu'elle vînt directement d'Orient ou des colonies phéniciennes d'Afrique; et dans tous les cas , les Carthaginois se l'assimilèrent complètement. Sous les dominateurs romains qui se substituèrent aux Carthaginois, tout comme aujourd'hui sous les dominateurs anglais, le fond de la population conserva sa physionomie native, ses habitudes propres, son patois national , et l'apôtre saint Paul , que la tempête poussa sur leurs côtes (*), ou plutôt saint Luc, histo-

(*) Celui de nos collaborateurs dont la plume élégante et facile a tracé l'histoire et la description de Malte, a cru avoir de bonnes raisons pour considérer comme fondée \ sur une méprise l'opinion vulgaire sur le naufrage de saint Paul & Malte, préférant, comme Constantin Porphyrogénète, le conduire à Méléda du golfe Adriatique. Comme nous ne pouvons partager cette détermination , qu il nous soit permis d'indiquer ici les principaux fai ts qui s'opposent à ce qu'elle soit admise sérieusement.

Analysons d'abord cette partie du récit de saint Luc : Saint Paul , arrivé à la pointe orientale de Crète, au cap de Salmone, continua sa route le long de la côte méridionale,

rien de ce naufrage, les appelle e conséquence barbares, c'est-à-dire

jusqu'à JLssos , dont la rade parut peu coi veuable pour hiverner ; malgré les repré scotations de l'apôtre, qui prédisait un tempête prochaine, on fut d'avis de gagne le port de Phœnix , ouvert au sod-ouest i au nord-ouest, où l'hivernage serait pli commode ; Phœnix étant vers le nord-oue d'Assos, un léger vent de sud , qui s'élevai sembla an capitaine du navire très-favorabl pour son projet ; mais à peine à la voile le bâtiment fut assailli par un vent tyrpfu nien, c'est-à-dire tourbillonnant, conn en ces parages sous le nom iïeuroclydon dcveuAç TUftmxoc sxatXoO|A£voç rfpaxtôouv au lieu de gagner Phœnix , comme on l'ava espéré, on fut poussé au sud icn U petit île Klauda, et continuant d'être emport par la tempête, on craignit d'être entrain vers la grande Syrte; il fallut jeter a la me marchandises et agrès; enfin après treii jours de tourmente sur la mer Adriatique èv t$ 'Aâptqt , on se trouva au voisinage d la terre , et l'on vint échouer sut une point que la mer baignait de deux côtés; o gagna comme on put le rivage , on Ton fii accueilli avec beaucoup d'hospitalité par U barbares, et l'on apprit alors que l'on étai dans 111e de Malte, près des domaines d Publius, le premier de l'île, xpaVtoç tf v^oou. On y passa l'hivernage, et reprenan la mer au bout de trois mois, sur un noi veau bâtiment appelé Castor etPoUux, o toucha à Syracuse, à Reggio, à Pouxzolei et l'on arriva enfin à Rome.

Les trois mots euroctyaon, Adriatique t barbares , ont servi d'argument en taven de l'hypothèse que nous devons repousser on a prétendu que le vent euroclydon étal un vent du sud-est, alléguant à ce sujet I quadruple autorité de Pline, de Vitruve d'Aristote et de Strabon ; en second liei que la mer Adriatique n'avait jamais él autre que le golfe connu aujourd'hui soi ce nom ; enfin que les habitants de Malte alors sous la domination romaine, n'auraiei pu avec justesse être appelés barbares. I point mie la tradition désigne à Malte comm celui du naufrage de saint Paul n'est d'ail leurs pas le premier port maltais qui s'oflr à un navire venant de Crète; et l'on ajout encore que le mouvement maritime et cou merciat de Malte était trop actif pour qu'oi eût à attendre pendant trois mois le dépai d'un autre bâtiment.

ILES DE t'ÀFtUQUE.

ètrmm i la langue des Grecs et à «fedes Latins. Quand les Arabes démirent à leur tour maîtres de Malte , ils n'eurent aucune peine à façonner a langage mauresque les indigènes, p parlaient déjà un idiome de la fflfae famille; tandis que , depuis fapalsion des Blaures, sept siècles et feni se sont écoulés sans altérer la

A lois ce arguments la réponse est fata Les trots mois de séjour pendant l'hiwagen'ooi riea que de très-naturel. L'atarâwBentècequeron appelle aujourd'hui «part de Saint-Paul, plutôt que sur un paa pas oriental de File, n'a rien de surpaal si l'on veut bien se rappeler que le a»w était ballotté sur les flots au gré de 2 tapfce, et que c'est au milieu de la nuit t*r«rôp pressentit le voisinage de la teit Quant à l'épithète de barbares ou ■iragen appliquée aux Maltais, il suffit ;tâ*ttre que le commun du peuple parlât îjwaiqœ (chose tout à fait probable à ■;J*a),jwur que cette épithète soit comsrtffleat justifiée. Pour ce qui est de la ^nation de mer Adriatique, donnée à ' * b portioo de la Méditerranée com- :« entre la Syrie et le détroit de Libye, <*»« question résolue incontestablement f«toK les géographes instruits; et sans «■■1er ia les citations, qu'il nous suffise «îwweran mémoire spécial de M. Ler« iw ce sujet Enfin, venant au pre- «« « principftl argument, il faut nous -^* déclarer que, bien loin de trouver *]!*?' Vitrovci Àristote et Strabon , ^jfcatH» du vent euroclydon, on n'a "w7 l^0110* cette dénomination que

■ ï * râit même de la navigation de saint

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P^^ément celle qu'on devait prendre

■ *aiat de Malte, tandis qu'on n'avait ?- ®n de toucher i Syracuse si l'on fût ^«liéiéda.

physionomie arabe de ce parler maltais, comme auparavant dix siècles de domination romaine n'avaient pu naturaliser sur ce sol rebelle le moindre germe latin auquel pût venir ensuite s'enter le roman de la Sicile ou des autres populations néo-latines de l'Europe méridionale.

La nomenclature géographique du groupe des fies maltaises est elle-même toute mauresque, depuis le Marsa Scirocco, c'est-à-dire le port d'Orient, qui se voit à l'extrémité est de Malte, jusqu'au Casai Garbo, c'est-à-dire le hameau du Couchant, dernier village à l'ouest de l'île de Goze; sans oublier, au sud, ce rocher de Folfola qu'une moqueuse plaisanterie transformait en principauté pour en inféoder ironiquement le titre aux chevaliers trop entichés d'une importance que leuj; ordre n'avait plus.

Scylax attribuait Malte à l'Afrique; et Ptolémée la compte aussi expressément parmi les îles africaines; Pomponius Mêla et Pline le naturaliste se bornent à la dire placée vers l'Afrique; Ovide la montre battue par les flots dans le détroit de Libye (*), et Je

E rince des orateurs romains, dans ses rillantes plaidoiries contre Verres, ayant à parler de Malte , se plaît à faire remarquer qu'un bras de mer assez large, et surtout périlleux, la tient séparée de la Sicile (**). Les descripteurs modernes de l'Afrique, tels qu'Olivier Dapper et Delacroix, ont compris Malte et ses annexes dans leurs compilations historico -géographiques. Ce n'est donc point une innovation que nous faisons en prenant le parti de les encadrer aussi dans notre travail.

Classement des îles africaines de la Méditerranée en diverses catégories.

Et maintenant que nous avons dé-

(*) « Fcrtilii est M élite slerili ricina Cosyr» « lusala, qaain Libyci rerberat unda freti.» (Fast. m. 567.)

(**) « Insala est Melita satis lato ab Sicilia mari, « ptricutosoqae disjuncta. ■

( In Verr. xv. 4*0

L'UNIVERS

terminé la limite mitoyenne des dépendances insulaires de l'Europe et de ' l'Afrique dans la Méditerranée, cherchons, à celles que nous retenons dans notre lot, un classement commode qui nous permette de les énumérer ou de les décrire sans confusion. Il semble assez naturel de les distribuer en quatre divisions successives : la première, consacrée à ces Ilots du littoral libyen, si nombreux, si insignifiants par eux-mêmes aujourd'hui, mars qui ont obtenu une place dans la géographie ancienne; la seconde division, formée par les fies syrtiques de

Gerbeh, Qerqéneh, et quelques autres ; la troisième , comprenant les tles que leur position plus éloignée du rivage a fait appeler Pélagiennes, et parmi lesquelles nous aurons à compter le petit îlot d'Alboran , le plus écarté à l'ouest, la Gaiite, les ujouimer, le groupe de Lampedouse, et enfin la Pan tellerie, réservant pour la dernière division le groupe maltais, composé de Malte , Gozzo , ou, comme rappellent les indigènes, Gavdesch (reproduction mauresque de l'ancien nom de Gaudos), Cumino, Cuminetto, et Folfola.

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