PAR M. D'AVEZAC
Vue générale de la mer des Indes, avait tracées suivant les plages où elle
étalait ses ondes.
L'Iode, terre des prodiges et des Au centre, depuis l'extrémité orienmerveiUes , dont les riches produits taie de l'Arabie jusqu'aux approches faisaient les délices et Fenvie de l'Eu- de la Taprobane , elle conservait son rope, dont les voyageurs avaient po- nom d'océan Indique; au delà, elle polarisé le renom par leurs magnifia s'enfonçait dans les terres sous la <ntes récits, et dont les navigateurs dénomination de golfe Gangétique; et néo- latins cherchaient aventureuse- tout au bout du monde connu, elle ment la route maritime, par l'orient formait encore le Grand golfe. Dans et par l'occident à la fois : l'Inde devait l'ouest , autour de l'Arabie, et le long naturellement donner son nom à là des côtes africaines jusqu'à Mie loinmer où les vaisseaux portugais, après taine de Menouthias , elle s'appelait là avoir doublé le cap de Bonne-Espé- mer Erythrée (c'est-à-dire la merRourance , n'avaient plus qu'à voguer en ge), avec ses deux longs appendices , le droiture vers ces rivages tant désirés, golfe Persique et le çolie Arabique-:
L'antiquité classique avait de même sans parler des subdivisions seeondaf*
«poêlé mer des Indes , ou plutôt océan res auxquelles s'attachaient les noms
Indien (Iw&kon pelagos), cette grande de golfe Sakhalf te , de golfe Adulique,
mer qui, baignant les côtes des deux de golfe AvalKe , en deçà du cap des
Indes , s'étendait au loin vers le sud, Aromates; puis de mer d'Hippale,
à des distances inconnues , partagée de golfe Barbarique , de mer Péril»
en diverses subdivisions que rasage y leuse , se succédant au delà du cap
des Aromates iuAu'au c#p Praion ajh f inprseclfoifde J'ééuateur et du mé- Vert. De là, iSeltgne tirée vers Test rîdien de 60° à rest de jusqu'aux derniers rivages du Gran4 golfe , en passant par la Taprobane , tpeait ja. HfHte^ la graiule me? prafodsou Verte, Qili «tendait an sud jusqu'à l'immense terre inconnue formant l'imaginaire prplpngenient prient tal de r Afrique, vis-a-vis des plages de l'Asie,
Ainsi, l'océan Indique, tel que se le figuraient les anciens, équivalait à peine, dans son ensemble, à la moitié septentrionale de ce que nous appelons aujourd'hui mer des Indes ; et, dans cette étendue même , la limite derrière laquelle la mer Pra§og*e se, déroulait au fond de l'horizon, était le dernier terme des notions réelles.
Tout ce qui est au sud de eejte limite, appartient donc exclusivement à l'histou» des découvertes modernes. Il était dès lors naturel que, dans notre étude des mers et des îles de l'Afrique orientale , nous fissions deux sections distinctes : l'une consacrée aux parages connus de l'antiquité , et célèbres surtout par ces vieux soutenir* ou sont consignés tour à tour les réeUs mer»
veilleux d'Évhémère, et la fameuse découverte nautique d'Hippale, et les périples des anciens nautoniers; l'autre, au contraire, bornée aux parages destitués de traditions antiques, et dont l'histoire ne commence qu'avec [es explorations et Igs conquêtes de Yasco da Çajpa, avant lesquelles on n'entrevoit que de fausses lueurs aans les confuse^ description* des géograr puai arabes.
Cette dernière partie de la mer des Indes est précisément ^lle dont nou$ coulons nous occuper exclusivement ici (revoyant à une section ultérieure ce
Ei concerne l'ancienne mer Erythrée), iis dans cette grande moitié australe de fréta* Indien, l'Afrique n'a droit de iH^ejraineté que su/ un tiers : l'Inde et l'Australie réclanrçni chacune leur peart, et nous avons a axer la démarv cation 09 doivent s'arrêter les pré^nttma mutuelles def tiraU continents f^rconnroiiifjs. Une tan* forée du norqr nord-ouest au sud-sua-est, par le point
Paris , nous semble résoudre toutes les difficultés du problème de la manière la. plus eynplÉ. et ^ plus heureuse; car die cfupe iusternept l'équateiy * égale dis* tance de Magadoschou et du cap Go-
Îorin, et le parallèle de 30° sud , à ;afe distance du cap dos Corrientes et du cap Ljeeuwen .laissant d'ailleurs à déterminer, entre Vlnde et l'Australie , une délimitation dont nous n'avons maintenant aucun besoin de prendre souci.
Nomenclature des iiesde cette mer.
Les Arabes , chez qui les ouvrages de Ptolémée étaient en honneur, et oui calquaient leurs cartes grossières 'fur les eienpes , avaient reçu de lui la fausse notion du prolongement des parties australe* 4e )'Afrij|ut, dans une direction parallèle aux rivages de l'Inde ; des Arabes , cette géographie de convention passa aux Européens, et se perpétua chez eux, jusqu'au moment OÙ l'expédition de Gama eut ouvert la voie aux explorations directes.
Celles-ci eurent bientôt peuplé les mers de l'Afrique orientale d'un nombre considérable d'Iles et d'archipels :
mais la négligence des hydrographes et l'incurie des copistes se sont conjurées pour effacer, déplacer, ou rendre méconnaissables les dénominations que les anciens navigateurs portugais avaient imposées à ces lies a mesure qu'il les rencontraient sur Jeux route vers l'Inde.
Une telle confusion est tfvenue dans la nomenclature historique de toutes ces fies , que ce serait aujourd'hui un travail pénible et difficile nue de rétablir complètement , sous leur forme correcte, à leur place exacte,. en donnant la date et le motif précis de leur application, tant de nom défigurés, nïiconnus, dont l'origine est oubliée; tjans l'état actuel des choses, quelque* rectifications clair-semées sont tout ce que nous pouvons entreprendre, et noue nous nornnron* à les indiquer.
En nartant du cap Pekado nour aller à Test , on rencontre crabora une
ILES M IMBRIQUE.
De appelée ^ttifaa , Aibodra, et wr ta grande mappemonde de Cabot Ai> kadmra : évidemment c'est le nom arabe ALKkadhrà ou la Verte , apr partenant à Ifle de Penne; il y a ici corrantion ei déplacement d'une dénomination certaine.
Quant à la petite lie à laquelle ce nom avait été transporté à l'étourdie, quel est celui qui lui appartient an réalité? Diverseecartee du dix-septième siècle disent Adamo, celles d'Ort^r Nos ajoutent alHs /. Darea; et la carte espagnole de Diego Ribero , de 1629, confirme cette dernière leçon en écrivant /. de Arena; cette fie, on ce massif dites, formé en grande partie , «non en totalité, de sable blanc, méV rite bien , en effet , qu'on lui applique ta dénomination d'/Ma da Aréa.
Phis à t'est, est le groupe des tles Qu'on appelle communément aujourd'hui Amirautés, et qu'on devrait nommer plus exactement Iles de l'Amiral, en portugais Iihas do Almirante : c'est en effet en 1609, à son second voyage dans Ilnde, avec le titre d'amiral, que Vaseo da Gama , dans sa traversée de Mélinde à Cananor, fit la rencontre de ces fies.
En continuant d'avancer à Test , nous trouvons sur les cartes anciennes deux groupes successifs avec les noms de Maeearenhos et de Sete irmàae ; mais au milieu du dix-huitième siècle le nom des Séchelies remplaça celui de Hasearenhas , et les Sete Irthâae continuèrent de figurer au voisinage : un peu d'attention eut dd faire reconnaître que les fies de Hasearenhas répondaient seulement au groupe sud-ouest des Séchelies, tandis que les Sete /mdo*. on les Sept ffeeurs, étaient représentées par le groupe nord-est.
Le non* de Mqscarenhas se reproduisait, comme chacun sait, sur un point assez éloigné , et désignait l'Ile qu'on appelle aujourd'hui Bourbon :
il provenait , là çoinme Ici, du, célèbre Perç ou Pierre de Mascarenhas, l'un des compagnons de Vasco da Gama.
Le nom étalement célèbre du Galicien Juan de Nova figurait pareilleà deux places distinctes, à
l'ouest et au nord-est de Madagascar; en ce dernier point , il a donné lieu 4 une confusion que nous devons signa* 1er* On s'ancorde à reconnaître que ce navigateur découvrit, en l&ûl , la petit* Ile appelée aujourd'hui A Galega oi| la Galicienne par sllujionà la natioqaT lité du découvreur; cependant le noiij même de Juan de Nova est appliqué % un massif de doux* petites tles, situé plus à l'ouest, et qui sur les caries anciennes était appelé A» dote Uhas \ et plus à l'ouest encore, au sud de l'île de Gosmo Ledo, est la petits Ile * laquelle on donne maintenant le nom corrompu d'Astwe : sans rappeler ici tous les doublée emplois et les déplacer monts de noms dont oea lies ont été l'objet, il nous semble constant que I9 Galega est, entre les trois, k seule et véritable île de Juan de Nova, que oc nom a été transporté par erreur sur As do** ilhas, et que cette dernière désignation a été transportée à son tour, mais tronquée et corrompue* sur l'île voisine, Astove.
Cosmo Ledûy que nous venons de mentionner, parait conserver le nom d'un navigateur portugais. Peut-être en fouMl dire autant d'O Orne (nom d'une famille portugaise connue), au*
ri les Hollandais ont préféré celui Mawrttius , les Français celui d'Ile de Francey et qui lu>meme avait remplacé jadis le nom primitif de Santa* Apollonia, inscrit sur la mappemonde de Ribero. L'Ile voisine, qu'on appelle aujourd'hui Jiodrigues (plus exactement Dio&o Modrigues, et sous la fprme abreviative Dioao Roy s), porte sur cette même carte le nom ûc Domingos Fernande*, remplacé, dans «elles d'Ortélius et de Mereator, parla ferme barbare Don Galopes, sous laquelle semble masqué Diogo Lopes de Sequcira, l'un des premiers geuver-, portuga'
neors de l'Inde [
Peur en finir avec les noms propres d'hommes, nous n'avons plus à rappeler que celui de Pmro (ou Pierre) dos Bènkoêi mal à propos corrompu en Feros JteftAes, et fui désigne deux basses, l'une au voisinage immédiat des fies de l'Amirante, l'autre près
IV LUMTEHS.
du petit archipel das Cbagas , en de* hors de nos limites, près des Maldives; et celui de Roque Pires (Roch fils de Pierre), transformé en Roouepix par eaux qui ne savaient pas lire les abrëvifctiàns usuelles de l'écriture du temps ; ce qui a produit aussi la transformation en AntongilAw nom d'Jntâo Conçoives , appliqué à une baie tien connue de Madagascar.
Enfin, nous terminerons cette fastidieuse récapitulation des bévues onomastiques des cartographes , en restituant sa dénomination véritable au Srand banc que Ton appelle aujour- 'huj n4\tto\mHiftCarq*doê- Carafes, et quelquefois , plus ridiculement encore , simplement Cargados : le garajâo est un oiseau de mer très-commun dans ces parages, et le banc sur lequel il pullule, a dû être appelé naturellement Coroa (c'est-à-dire Banc de sable) do*€arajàos. Au nord de ce banc, en est un autre qu'on est tout surpns de trouver exactement nommé Saia de Malha, ou Cotte de mailles.
Distribution de ces lies en trois subdivisions.
Il nous reste à indiquer le classement le plus naturel de tous ces groupes insulaires. Au premier aspect des cartes du seizième siècle, aussi bien que des Neptune* les plus nouveaux, 1 œil est frappé , avant tout, de la preV dominante de Madagascar au milieu d'une foule de petites fies qui ne figurent à son égard que comme d'humbles satellites; l'usage en a même réuni le plus grand nombre sous l'appellation commune d'archipel nord' est de Madagascar, ne laissant à mentionner que les îles du nord-ouest pour compléter un recensement général. Il y aurait donc toute raison a désigner par le nom de mer de Madagascar l'ensemble de ce domaine maritime; et il est naturel de faire de la grande lie dé Madagascar, avec les îlots qui lui sont immédiatement contigus, la première subdivision de notre cadre.
L'archipel , ou plutôt l'ensemble des
archipels et des lies au nord-est de Madagascar, forme une seconde subdivision, non moins bien déterminée par les découvreurs portugais que par nos explorateurs modernes: au temps des premiers, elles étaient toutes uniformément désertes; elles sont toutes aujourd'hui considérées comme des colonies ou des possessions européennes. La France, jadis, en disposait seule; réduite maintenant à 111e unique de Bourbon , elle a laissé tout le reste aux Anglais, maîtres de Maurice.
Enfin, les fies du nord-ouest constituent la troisième et dernière subdivision, très-bien déterminée aussi, dans l'histoire des expéditions portugaises tout comme de nos jours, étant alors directement au pouvoir des Arabes, et conservant aujourd'hui une population indigène où l'élément arabe s'est infiltre dans une proportion notable.
Ainsi, des considérations d'origine et de nationalité concourent , avec les motifs de grandeur et de situation relatives, pour recommander la classification tripartite que nous venons d'exposer, et qui, dans cet ensemble des Iles africaines de la mer des Indes australe , désigne successivement à notre étude Madagascar, les colonies européennes , et les fies arabes.
Des convenances de rédaction ont fait apporter à ce classement une légère modification : Bourbon, chef-lieu des établissements français, et Maurice, cheflieu des établissements anglais, ont été réunis à Madagascar dans une même section, qui comprend ainsi les trois ilei principales, et qui a été rédigée pari M. Charlier, né lui-même dans I une de ces îles ; la seconde section s'est trouvée, de cette manière, réduite aux dépendances de Me Maurice : la rédaction en est due à M. Eugène de Froberville , lequel a tout nouvelle ment visité ces parages, qui lui étaient déjà si bien connus ; la troisième section, comprenant les îles arabes, i été rédigée par M. Oscar Mac Carthyj dont les travaux géographiques jouis sent d'une estime générale.
OU
HISTOIRE ET DESCRIPTION
DE TOUS LES PEUPLES
DE LEURS RELIGIONS, MOEURS, COUTUMES, btc.
ILES MADAGASCAR, BOURBON ET MAURICE