‹ Iles de l'AfriqueChapitre 65 sur 82 · SILHOUETTE · texte numérisé non relu

SILHOUETTE

Cette île, la plus haute des Séch elles, a environ quatre lieues de circonférence.

Elle fut ainsi nommée en l'honneur de M. de Silhouette, contrôleur général des finances en 1759. Le lieutenant Oser en prit possession le 28 janvier 1771, au nom du roi de France. « Le sol de cette île »,dit cet officier dans un rapport que nous avons sous les yeux, «. est très-bon, et même meilleur que celui de Séclielles (Mahé). On a creusé la terre en plusieurs endroits ; on a trouvé le roc à huit pouces de profondeur. Elle est plus abondante en tortues de terre et de mer que les autres lies ; les caïmans et les requins y sont en nombre prodigieux : ces derniers animaux sont si voraces, qu'ils empêchaient les matelots de la chaloupe de ramer, par l'avidité avec laquelle ils mordaient les avirons. L'eau de Silhouette a meilleur godt que celle de Séchelles; les bois y sont les mêmes, mais inférieurs. Nous y vtmes quantité de grosses chenilles brunes, de mouches et de fourmis. »

Cette île était, il y a quelques années, habitée par six propriétaires, qui cultivaient,avec 150 noirs, l 500 arpents de terre qui leur ont été concédés; elle est aujourd'hui inculte, faute de bras. Le débarquement y est diflîcile à cause des brisants.

Vile du Nord , à une petite distance de Silhouette, est plus petite, mais presque aussi haute que cette île. On n'y voit qu'un amoncellement désordonné de rocs granitiques, parmi lesquels plusieurs sont placés de telle façon , qu'on les peut remuer en lès poussant du doigt.

PBA9UN.

Ainsi nommée en l'honneur du duc de Praslin (*), ministre de la marine de

(*) Elle avait été uommée, en i 756, VSe Muras, eu. l'honneur du ministre de ce 'uom, par Moruhey, qui se pion osait de la visiter, mais qui ne put effectuer ce projet

1706 à 1760, cette tteest, après Mahé, la plus grande des Séchelles : elle a de 15 a 18 lieues de circuit. Les deux tiers de sa surface sont couverts At montagnes escarpées , sur lesquelles croissent presque exclusivement des forêts de cocotiers de mer, le seul arbre que Ton ne retrouve pas dans les autres tles ; la terre cultivable est d'une bonne qualité , et semblable à telle de l'anse Royale à Mahé. Les oiseaux sont rares à Praslin, le poisson très-abondant, et les crocodiles très-gros et très -voraces. Les rivières sont en plus grand nombre qu'à Maillé; mats elles n'ont pas leur cours libre jusqu'à la mer; leur embouchure est généralement obstruée par une barre de sable que les débordements ouvrent, mais qui se referme bientôt après. —La population de Praslin est d'environ 500 habitants; en 1808, il y existait cinq ou six familles, et en 1819, 260

ftersonnes. L'administration et la peice de Pile sont confiées à «n commandant de quartier choisi, parmi les colons , par rasent du gouvernement résidant à Mahé. Le mouillage de Praslin, abrité par Pîle de la Curieuse, est excellent.

La Curieuse, ainsi appelée du nom de la goélette que commandait en 1766 le lieutenant Lampérière, n'est séparée de Praslin que par un canal d'environ une demi-fieue de largeur, où l'on peut mouiller en sûreté par tous les temps. Elle renferme environ 500 arpents de bonne terre prof re à la culture du coton ; sa longueur est d'à peu près une lieue , et sa largeur d'environ une demi - lieue ; eHe a été concédée à un habitant de Maurice, par acte du 39 octobre 1817. On y trouve, comme à Praslin, des bois de cocotiers de mer. Le gouvernement de rtle Maurice y entretient un lazaret dé lépreux , dirigé par un médecin et un inspecteur.

La Digue est le nom de la «erwtte que commandait le capitaine Dtrehe-

faute de vivres pour ses équipages. Le premier nom de cette île est celui de la Palme % que nous voyons figurer sur la carte manuscrite de Lazare Pkanlf,

min en 1768. Cette île, d'environ deux lieues de circuit, a près de 2 000 arpents de terre cultivafile, dont 1 500 ont été concédés à une vingtaine de colons qui occupent 300 noirs. L'acte de prise de possession est du 12 février 1771 : le sieur Oger, officier à bord de l Heure du Berger, y ayant été envoyé, flt élever une petite pyramide en pierres sèches, dans laquelle fut placée une bouteille bien scellée, renfermant le procès- verbal. L'île était alors pleine d'oiseau», de tortues et de crocodiles : Oger y lit mesurer un de ces derniers animaux, qui avait 13 pieds de long et 8 pieds de tour; il y vit aussi une grosse couleuvre capelle. — La partie orientale de cette île est entièrement couverte de blocs de rocher énormes , au milieu desquels il est impossible de s'avancer. La partie occidentale est arrosée par un étang long et sinueux, aux bords duquel s'élèvent les habitations- On ne trouve aucun mouillage près des côtes de la Digue ; l'abord de cette île est difficile même en pirogue. Marianne, Vile Ronde, Vile Aride, la Balehie, les Cousins, les Cousines* les Mamelles, situées autour de Prastin, sont des îlots inhabités et sans valeur; les TYois-Sœurs sont trois petites îles rocailleuses, et couvertes de broussailles, habitées par 15 individus. — Félicité » un peu plus grande que les précédentes, a 34 arpents de terre cultivés par 50 noirs.

Page 1