LES JUMELLES DE PLINTHINB
Notre barque, voguant tout prè$ du rivage, ne tarde point à dépasser ou petit Ilot jeté en avant d'un promontoire qui forme une presqu'île abritant un port, et désignée par les anciens sous le nom de Chersonèse :
sans doute alors l'Ilot adhérait au promontoire; mais le travail séculaire des flots, qui dans cet endroit pèse do nord -est au sud-ouest, aura dé* tesé le rocher vers sa base , et ouvert la séparation qui existe aujourd'hui. Cest le point maintenant appelé bToorduMarabouth.
Doublons le cap : les sables détachés de la Chersonèse ont cheminé vers rcoet, et (a sonde nous révèle les contours du banc qu'ils ont formé autour de deux îlots que nous atteindrons après une marche de cinq nulles. Notre oeil découvre, en arrièrepian, la Tour des Arabes et les ruines d'Abousrr, restes de Piinthine et de Taprçiris, occupant le fond du golfe, 1"i prenait jadis son nom de celui de Piinthine, comme il reçoit aujourd'hui tftoi de golfe des Arab'es.
Vais que nous importe cette perspective muette de la tour à double teeque les Grecs, sans doute, avaient eleyée pour servir de signal aux mariniers? que nous importe la vue éloi- *** du Taph-Ourtrei , de la colline umscrée à Qsiris, que de joyeux ttfflpagnoQg venaient animer autrefois fleurs parties de plaisir et de leurs tetins? ces lieux ne nous offrent plus qae des rochers silencieux, ornés à ^ùe de quelques touffes de figuiers
4 Un grave problème d'érudition clas- *?ue nous arrête devant les deux petite* î/es où nous venons d'arriver :
fcusbtkah est le nom moderne de cet adroit; quelle dénomination avait-il TOedes navigateurs anciens? Scylax, Versant d'une seule traite tout le ^fedePtinthine, ne nous fournit au- ^e lumière à cet égard; mais le Staline de la Méditerranée, faisant le
tour du golfe d'escale en escale, marque une station entre la Chersonèse Sue nous venons de quitter, et Pliniine que nous apercevons à l'horizon au delà dé1 nos dedx flots ; cette station intermédiaire, c'est bien, comme on voit , celle où nous sommes ; et le Stadiasme lui donne le nom pluriel de Dysmai. Si nous consultons Ptolémée, nous trouverons dans ses Tables deux îles marquées près de la Chersonèse et de Piinthine, sous le nom de Didymai, c'est-à-dire les Jumelles: voilà bien encore le même point, sous une dénomination qui a quelque ressemblance avec la précédente, mais qui ne lui est point tout à fait identique, en sorte qu'il en faut conclure que Tune ou l'autre est corrompue. Laquelle choisirons-nous? Vraiment le Stadiasme nous est parvenu dans un tel état de mutilations orthographiques, que nous ne ferons point difficulté de condamner le nom de Dysmai comme une faute d'écriture , et de lui préférer celui de Didymes du géographe alexandrin.