‹ Iles de l'AfriqueChapitre 9 sur 82 · L'ILOT BU GAP BLANC · texte numérisé non relu

L'ILOT BU GAP BLANC

Derrière les Fuqueuses, on voit s'élever les collines tfel"Aqabah-elssoglieyr ou la petite Pente , dont le nom actuel est une simple traduction, faite par les Arabes, de l'ancienne dénomination grecque de Katabathmos mikros; la hauteur de ces monticules est d'environ cinq cents pieds au-dessus du niveau de ta mer, et leur chaîne se prolonge vers le nord, où elle forme un promontoire dont les anciens avaient consacré à Mercure les extrémités qui regardent l'orient, appelées en conséquence Hermaia Akra.

Nous cinglons donc au nord pour doubler cette pointe d'Hermès et recueil qui l'avoisine; puis, tournant à l'ouest, nous venons atterrir à une petite tle laissée anonyme sur nos cartes modernes, et qui n'est pas éloignée de la terre de plus de deu* stades; elle est comme jetée en avant du principal

f>romontoire, appelé aujourd'hui par es Arabes Râs-el-Kenâys ou cap des Eglises , mais que les mariniers de la Méditerranée ont, en leur langue franque, dénommé capo Bianco ou le cap Blanc, conservant ainsi , probablement à leur insu, la tradition de l'antique appellation grecque, Leukè Aktè ou le Blanc Rivage : c'est que la blancheur de cette terre les a frappés aussi , comme Strabon nous dit qu'elle avait frappé les navigateurs grecs.

Le Vénitien Livio Sanuto, qui a consacré un volume in-folio et une série de douze cartes à la géographie de

TAfirique, n'a point oublié de mentionner cette Isola Rive-bianehe à laquelle nous venons de nous arrêter.

Mais il noog faut remonter jusqu'au portnbardu florentin Jean d'Uzzano, au quinzième siècle, pour retrouver le oom imposé à cette lie par les Arabes : die est appelée Fadala, nous dit-il, et die a import(*).

L'ILOT ÉVONTME.

Remettons en mer, et, serrant la côte en courant à l'ouest-sud-ouest , nous oe devons point tarder à atteindre un nouvel flot placé à l'entrée (fan port, que Ptolémée appelle Gy- 'm ou Zyçis, et dont le nom est écrit Zygris dans le Stadiasme anonyme :

cette dernière énonciation paraît la meilleure, car on trouve encore dans ce canton deux croupes de ruines auxqodles les Arabes ont coifservé la dé* Domination de Zarghah, qui se rapproche beaucoup de Z y gris.

Quant à la petite fie , on rappelait Êvmyme, peut-être parce qu'on l'avait à sa gaoche en venant au mouillage.

Notre œil en cherche vainement quelque trace sur les cartes des hydrographes modernes; mais Livio Sanuto ni point oublié de l'indiquer en ses cartes, où toutefois elle est restée anonyme, désignée qu'elle v est seulcn*nt par ïappellatif latin Instda.

ÉNESIPTE.

Continuant de voguer à l'ouest, w<b gagnons bientôt Laodamantia, abritée par une fie commode, assez rade, qu'on laisse à droite en entrant dans le port, tandis qu'on a sur b poche l'ancien promontoire de Kalikm. Ce port est celui que les Arabes désignent aujourd'hui sous le nom de Mahaddah. L'île elle-même, ^ïtt Ainesipta dans les Tables de Ptolémée, ou Ainesipasta dans la géographie de Strabon, figure dès Je quatorzième siècle, dans les portuto» de la Méditerranée , sous le nom

0 Une transcription plus rigoureuse de iortliographe arabe de ce nom se produisit «m h forme fadhdlah i)Lo9.

T livraison. (Iles db l'Afrique.

de CaUca} qui se retrouve sur les car-r tes de Livio Sanuto au milieu du seizième, et qui s'est conservé jus-

Su'aux derniers relèvements, où toute énomination a disparu. Cette lie, aujourd'hui, se rattache à l'ouest, par des hauts-fonds , à la pointe de Bouschaif , qui représente probablement l'ancien promontoire Kalamaion. A la droite de ce dernier on aperçoit un rocher, sous lequel les barques surprises par l'orage peuvent aller chercher un abri.

A un mille au delà s'avance le promontoire que les anciens désignaient par le nom singulier de Graias Gony, le Genou de la Vieille :. à l'extrémité était un rocher, à terre un arbre au pied duquel on trouvait de l'eau douce. Douze milles plus loin, nous avons à doubler un autre promontoire, que Ptolémée nomme Pythis;\t Stadiasme anonyme l'appelle Arton^ et ajoute qu'il est terminé par deux rochers semblables à des fies, et présentant la ligure de deux taureaux fantasti-

2ues. C'est le point où les cartes moernes inscrivent le nom de Râs-el- Harzeit, mot défiguré sans doute, comme tous ceux de cette cote, par les hydrographes anglais, et dans lequel il faut peut-être retrouver le Geb-el- 'Aousegj de l'Édrysy, le Lagosejo de Sanuto.

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