‹ Iles de la GrèceChapitre 15 sur 31 · HI8T01EB DB L'ÎLE DB LBSBOS PENDAST LES TEMPS K0DEBNE · texte numérisé non relu

HI8T01EB DB L'ÎLE DB LBSBOS PENDAST LES TEMPS K0DEBNE

ÉTAT DE LeSBOS SOUS !.▲ DOMISA- TION DES EMPEEEUBS BTZAJfTlIIS. —

Lesbos , comprise après Théodose dm l'empire d'Onent , vécut paisible ^ oobliée tant que la domination byzantiiie fut solide et bien affermie (1). Hais dèi que les barbares commencèrent à s'aventurer sur les mers de l'Archipel , ebague guerre nouvelle lui apporta des maffiaos nouveaux. Placée sur le chemiadescooreurs de mer, qu'elle abritait derrièR ses côtes immenses, elle ressentait cbai^ secousse donnée à rem{rire. Sa sitoatm»

aux portes des Dardandles , en £we de l'Asie, en faisait le but du premier amMtieux qui visait au trône de Byzanœ, as de Tavide étranger qui ne cfaerehait qm le pillage. Les premiers siècles du moyet ftge ne présentent qu'une succession eoDfuse dinvasions et de tremblements de terre , qui semblent également se pfth duire à des intervalles réguliers. Leàos eut à souffrir surtout des S^thes es S76, des Esdavons en 7(19, des Sarraaûtt d'Espagne et d'Afrique enSSi,88l , /03S, des Russes en 864 , 1037. Quelques ûits épars dans les Byzantins viennent de temps en temps interrompre la monotonie de cette aésastreuse hisUHre.

On lit dans Proeope que Bâisaire avait fait transporter à Byzance les pn* sonniers vandales , et qu'on les envoya dans l'Orient pour combattre les Ferseï En 588, quatre cents dTentre eux, es arrivant à Lesbos , se révoltent, foreoe les matelots à se détourner de leur roate, et, se dirigeant d'abord vers le Pâopoih nèse , parviennent à @gner FAfriqBe.

leur terre natale (2). En 741 les pn-

(x) Constantin Porphyrocénète la fktt dans le dix-septième thème de tEn^^n /9^ rient, IC Olfia, xb xaXoCuLtvov Alymfvv^ XoYoç^ t. m, p. 4i, édit. Nieb. Ble «ak deux evéchés , & Mitylène, et à Méthyav , rdevant de la province de Rhodes; LeqvcB, 1. 1, ool. 953,961. rojT' plus haut, p. i33.

(a) Proeope, Guerre des remdtUes, 1. 0» c. x4, t. I, p. 471, édit Bonn.

ILE DE LESBOS

zn

diges du temps d'Orphée se renouvellent : les reliques de Sainte-£u(>hémie, jetées à la mer par le fanatisme iconoclaste de Constantin Copronyme, sont portées doucement par les flots jusqu'aux riva* ces d^Érésus , où la piété des habitants les recueille avec honneur (1). — Le commencement du neuvième siècle vit se terminer à Lesbos une grande infortune. Après s'être élevée de la pauvreté au trône de Constantinople et avoir un moment songé à la main de Cbarlemagne, Timpératrice Irène est détrônée par rbjpocrite Nicépbore et reléguée à Prinkipo, puis à Lesbos ( 802). La, prisonnière et gardée à vue, elle manquait da nécessaire , réduite à filer pour gagner sa vie. Elle mourut raunée suivante, et fut enterrée à Lesbos même, dans un monastère qu'elle avaitfondé. Les Grecs, oubliant les tristes exemples qu'elle avait donnés au temps de sa puissance, et toucha par le délaissement, la misère et le repentir de ses derniers jours, l'ont mise au rang des saintes, et célèbrent sa fête le 15 août (2).

La septième année du règne de Michel (849), le patriarche Ignace, qui re- Erochait sans cesse au César Bardas ses onteuses amours avec Eudoxie, sa bru, ayant osé lui refuser les sacrements , est arraché de l'autel , et, après d'affreuses tortures , relégué à Mitylène. Mais, plus heureux qu'Irène, il ne termina passes jours dans cet exil (8). En 945 la discorde et les crimes de la famille impériale rejettent à Lesbos une nouvelle race de proscrits. Etienne et Constantin, fils de Romain Lécapène, s'étaient h peine emparés du trône en jetant leur père dans un cloître, qu'à leur tour .'Is sont renversés par leur beau-frère Constantin Vil Porphyrogénète. Saisis tous deux à table, tous deux sont tondus e^ faits nK>ines. Etienne, reléffué dansTlle de Proconèse , puis à Rhodes , est enfin déporté à Mitylène. 11 y vécut dix-neuf

(i) Michel Glycas, Annales ^ pari. lY, p. Sao, in-S**. Zoaaras dit qu'elles furent poussées vers les rivages de Lemuos et noo de L^bos. AjctueUemenl eUes sont k Constantinople. Yoir une note de Banduri , /mverium Orientale, i. II, p. 67a.

(a) Voir la rie d'Irène, par l'abbé Millot.

(3) Siméon Magisler, p. 667, in 8".

ans , sans impatience , sans regrets. En* fin , un samedi saint , au retoiur de la messe, où il avait communié, il tomba mort , empoisonné par ordre de Fimpératrice , à qui il faisait ombrage (1). — Quelques années plus tard , tandis que l'empereur Jean Zimiscès était occupé à repousser les Russes , éclate la révolte de Bardas Phocas (971). L1le de Lesbos était le principal foyer de Tagitation.

I^n Curopalate, père du général rebelle , exilé par l'empereur à Mitylène , était parvenu à entretenir de là des rapports avec Etienne, évêque d'AbydoSt et par son entremise il promettait aux Macédoniens honneurs et argent pour les soulever contre Zimiscès. Celui-ci , averti à temps, ordonna qu*on lui crevât les yeux (3). Mais le soldat chargé de son supplice, soit qu'il se fût senti saisi de pitié pour une si grande infortune, soit que Tempereur, se repentant de cet ordre sévère, Teût lui-même secrètement adouci, épargna sa victime.

Les paupières de Léon étaient restées saines, et sa vue intacte. Aussi Tannée suivante il parvint à corrompre ses gardes et à s enfijur. Arrêté tout d'abord à Constantinople, avant de pouvoir donner suite à ses projets ambitieux , il fut cette fois livré à des agents sûrs, qui Taveuglèrent sans miséricorde , et de là il fut relégué à Calonimi Besbicus) (3).

Au siècle suivant , Lesbos vit encore d'autre;s illustres victimes des caprices de la fortune. Constantin Monomaque ét§it depuis sept ans gardé à vue à Mitylène , quand un ordre arrivé de Constantinople vint changer sa fortime. Sa passion pour rimpératrice Zoé avait causé sa perte. Zoé, débarrassée de son époux par la violence , rappelait son ^vori, le nommait gouverneur de la Grèce, et bientôt après s'unissait à lui (11 juin 1042). A son tour, Constantin Monomaque put se venger de ses ennemis. L'eunuque Jean , frère de Tempereur Michel le Paphiagonien , vivait au delà du Bos» phore, dans un monastère. Monomaque, qui lui impu^it son exil , le fit transporter à Mitylène, avec ordre de lui cre-

(i) Théophrastes Contiouatus, Yl, p. 439 ; Lebeau , t. XIY , 74, c. a, édit. Saint-Martin^ (a) Léon Diacre , TIII , z , a.

(3) Id., IX , 3 , p. z45.

%iê

LUHIVERS.

ver les yeux. Jean mounit douze jours après (I) (12 mai 1048).

INCUBSIONS DBS TuECS. — Au milieu des guerres qui agitèrent Teropire à la fin du onzième siècle, un aventurier turc, nommé Tsachas, rassemblant quarante barques et des matelots expénmentës, se prit à courir l'Archipel et à en ravager toutes les côtes. Pboeée, Clazomènes tombent entre ses mains.

Fier de ses succès, il mande alors officieusement au gouverneur de Lesbos , Alopus , qu'il va se présenter avec toutes ses forces. Il lui conseillait, s'il était sage, de lui laisser la place libre, ou sinon qu'il le ferait pendre. Alopus ne se le fit pas dire deux fois, et partit de nuit pour Gonstantinople. Tsachas vint à Lesbos, et 111e tout entière fut à lui. Il ne trouva de résistance ^u'à Méthymne, qui soutint un siège. Mais Tsachas, ne la jugeant pas digne du temps qu'elle lui ferait perdre , se rejeta sur Chio, ou'il conquit sans peine (2). A ces nouvelles , l'empereur Alexis Comnène (1089) arme une flotte, et la confie à Nicétas Castamonite. A la première rencontre, Nicétas est vaincu, et laisse une partie de ses vaisseaux au pouvoir de Tsachas.

Une seconde flotte impériale, commandée par Constantin Dalassène, va reprendre Chio, et retourne en tou te hâte à Constantinople pour porter secours à Tempereur contre les Scythes. Alexis, enfin libre de ce côté, se retourna vers Tsachas, qui déjà se faisait nommer empereur et prenait Smyrne pour capitale de son empire (3). Cette fois il eut pour adversaire Jean Ducas, le vainqueur des Scythes.

Ducas commandait en personne l'armée de terre , et Dalassène oui , sous sa direction , conduisait la flotte , avait ordre de longer le rivage en modérant la marche des vaisseaux , de telle sorte c[ue l'armée et la flotte pussent aborder a la fois à Mitylène. Dès (jue Jean Ducas fut dâ)arqué, on se mit aux travaux du siège. Galabaze, frère de Tsachas, défendit la ville. Tsachas lui-même accou-

(i) Zonare, t. n, p. a5x , 1. XYII , c. la, édit. de Paris, in-fol.

(a) Anne Comnèoe , YII , p. ao5 et suivantes; édit. de Paris, in-folio, i65x. Yoyez plus haut , p. 276.

(3) Id.yiX,p. a45.

rut bientôt. Pendant trois mois on si battit presque tous les jours. Tsadm se décida pourtant à parler de ^ Il ne demandait qu*à se retirer librement à Smyrne , promettant de respee* ter les Mityléniens et de n'en eamew aucun avec lui. Il y eut suspeosÎQO lfa^ mes ; un traité fut juré de part et (f^ tre, on échangea des otages. Mais da incidents inattendus ranimèrent blmnes et les défiances : la paix fiit ?ioiâ: et Tamiral grec, malgré Jean Dueae, f voulait respecter les serments dooDS, se mit à la poursuite de Tsachas, fat' teignit , détruisit la flotte turque et es massacra les équi pages. TsaàMseatpeim à s'échapper, déguisé en matefot iprès cet exploit, Dalassène vint rqoiiidK Docas , et tous deux , avant re^fesonmission de Samos et des îles r«9Dcs, retournèrent à Constantinople (1093)>

Lncursions des Vbnitiws, pB Catalans , des Génois. — Lesbosé»

à peine remise de cette gnerre, qae ^ rupture de Venise avec Tempire gw attira sur cette fie de nouveau eo»

mis. Les Vénitiens s'irritanl d'une àsuite faite à leur doge, se répandent dass TArchipel. En 1128 Dominique Michirà met à feu et à sang Scio et lA5bos,et r^ lève l'ancre qu'en emmenant une meltitude d'enfants des deux seies, pour ks vendre comme esclavis.

Les historiens font mention, tckc^^^ époque, d'un intrigant Icsbiett, qui, par son esprit rusé et persévérant, avait a s'élever d'un rang infime à la hautw d'une grande fortune. L'eunuque Twmas , né à Mitylène, d'une famille m»

rable , fut élevé sans soin, et cwnœe»

convenait au sort qui lui semblait n; serve. Son ardente ambition le poosa* Byzance. Il y vécut quelque temps* métier de chirurgien, ne pratiquantdîfr leurs que la saignée. Mais son adie^ sa complaisance , son esprit plw^ malades. On le recommanda; il «^ duisit au palais; admis auprès de rr pératrice , il entra bientôt cbei l*r

ilort(ll'«>

dans les afmires, les n^<><^*VîSl,ambassades. Les honneurs vim*»' foule, les richesses avec les honneois-^ content d'être riche, Thomas «^

ILE DE LESBOS

être noble; mais l'intrigue, par laquelle il espérait arriver à ce terme suprême de son ambition, ayant échoué, il tomba en disgrftce, et fut enfermé dans la prison du palais, où il resta jusqu'à sa mort. — G est là le seul nom qu'ait à nous présenter dans tout le moyen âge la patrie d'Alcée et de Pittacus , de Tbéopbraste et de Potamon (1).

Lors du partage des terres de Tempire grec entre les Français et les Vénitiens, plusieurs tles de l'Arcbipel, Lesbos entre autres, échurent aux Français (1204). Mais après la bataille de Pémanène, où Robert de Courtenay fut vaincu, Jean Ducas Vatace, le vainqueur, s'empare des côtes de TAsie , et en plein hiver passe à Lesbos , qu'il reprend sans résistance. Une paix conclue la même année restitue cette possession importante à l'empire latin de Constantînople (1224). Mais. la guerre ayant repris , après maintes alternatives de succès et de revers , Vatace assure définitivement à l'empire grec de Nicée la possession de Chio , Samos et Lesbos (1247). Douze ans plus tard, le fils de Vatace, Théodore Ducas Lascaris, meurt dans les bras de l'évéque de Mitylène , son confesseur (1259) (2).

En 1305, des aventuriers, connus sous le nom de Catalans ou Almogavares, viennent, sous la conduite de Roger de Flor, se mettre au service de l'empire grec. Mais, presque aussi cruels que les Turcs qu'ils allaient combattre , ils rançonnent chemin faisant les provinces de leurs nouveaux alliés. Partout où ilssentaient de Tor (8) , qu'il appartint à un moine, à un prêtre ou à un officier impérial, ils Tarrachaient par des menaces de mort et des tortures. Qui n'avait point de richesses à livrer payait de sa vie le malheur d'être indigent. C*est ce qui arriva à rinfortuné Machrama, à Mitylène.

(i) Jean Gboame, Vil, p. 297, in-8<>; Nicétas, VI, c. i, etc. Lesbos a fourni encore à Gonstantinople deux patriarches , Pacbomius Batistas, qui s'éuint emparé par la violence du patriarcat hit à son tour expulsé et exilé i Rhodes , sous le règne du sultan Sélim , et Raphaël de Mélhymne (x6o5).

(a) Ephroemiusy V, 92 57 ; Gregor. AcropoL, Chronocompend,y n. 74.

(3) George Pacbymère , V, p. 4^7 ; in-8*.

C'était un des principaux officiers impériaux , tout-puissant dans la &veur du prince, il avait sa demeure habituelle près du Scamandre; dans la terreur causée par les invasions des barbares , les populations, pleines de confiance, s*étaient réfugiées spontanément sous sa protection, et il était resté dépositaire des richesses de ceux qui émigraient Mais\ forcé de fuir à son tour, il était passé a Mitylène , avec le reste des habitants de la cote. ATarrivée des Cïatalans, il fut le premier désigné à leur avidité. Il est pris, enchaîné; on lui impose pour rançon cinq mille pièces d'or. £n vain proteste-t-11 qu'il ne peut les payer ; après mUie tortures , il est décapité.

En 1336, sous le règne d'Andronic III, le (jénois Dominique, fils d* André Catanes, qui tenait de la faveur de Tempereur le gouvernement de la nouvelle Phocée , se voyant maître d'immenses richesses, que lui apportait la succession de son père , songea à s'emparer de Lesbos et à s*y faire une principauté. Les chevaliers de Rhodes et le prince des Cyclades , Nicolas Sanudo , se joignirent à lui. Mitylène, dans la terreur et la surprise d'une attaque inattendue, livrée peut-être par la trahison, fut emportée sans oeine. On se préparait à s'en partager les richesses et à conquérir le reste de 111e , quand Catanes introduisit par ruse une garnison dans Mitylène \ et devenu seul maître de la ville, il refusa d'^ recevoir ses alliés. A lui seul il avait fourni dix trirèmes à la confédération, les chevaliers quatre, les Cyclades sept.

Catanes se sentait donc aussi fort que Sanudo uni aux Rhodiens. Outrés de ce manque de foi , les alliés repartirent sans vouloir entendre aucuneproposition. Catanes commença par chasser de Mitylène les anciens habitants, et faisant venir sa femme et ^1^ enfuits, qu'il avait lai^^ à Phocée , il prit le parti de s'établir dans sa nouvelle conquête. Toutes les autres bourgades et tous les châteaux de nie se rendirent sans résistance.

Ërésus seule et Méthymne repoussèrent victorieusement toutes les attaques (1).

A ces nouvelles, l'empereur, qui se trouvait alors à Constantinople, entra dans une violente colère, et reprocha vi-

(i) Nicéphore Grégoras, I. XI, 1. 1, p. 5a5.

L'UNIVEIS.

vement aux Génois leur fourberie et leur parjure. Puis il fit ses préparatifîB de guerre. En vingt jours une flotte de quatre-TÎngt-quatorze vaisseaux, dont vingt-quatre étaient à deux et trois ran^js de rames , se trouva prête à partir. Suivaient d*autres navires , portant les soldats de terre , les vivres et les machines de guerre (1). A Tépoque de la canicule, dans la saison où les vents du septentrion se précipitent sur la mer inférieure, Tempereur mit à la voile avec toutes ses for* ces, et se dirigea sur Mitylène (2) (1387). A la hauteur de Gallipofi, des éclaireurs découvrirent la flotte impériale, et l'annoncèrent aux vaisseaux génois. On n'é* tait pas en force pour combattre. Cinq trirèmes furent cnargées de porter des renforts et des vivres à Calloni, ville (8) alors très-opulente de Lesbos. Le reste de la flotte alla couvrir Mitylène. L'empereur, abordant à Érésus, félicita les habitants de leur fidélité, qu'il promit de récompenser , et se dirigea sur Chio. Le long de la côte, une de ces vigies

I placées sur les hauteurs pour dénoncer 'approche des vaisseaux , héla la flotte au passage : A qui la flotte? — On répondit que c'était celle de l'empereur, montée par Tempereur lui-même. — Mais les trirèmes de Calloni , à qui donc sont-elles? repartit le veilleur. — L'em-

Sereur crut comprendre que toute la otte ennemie qu'il savait a Mitylène, s'était transporta à Calloni, et il fit virer le bord pour l'atteindre. Il n'y trouva que les cinq trirèmes échouées à terre , vides et sans maîtres. 11 fit donner la chasse aux matelots, réfugiés dans les bois, et repartit emmenantses prises. Son oncle, Alexis Philanthropène, resta à Lesbos avec un nombre suffisant de cavaliers et de soldats. Toutes les villes de l'île, proie facile du premier venu, se rendirent à lui. Il lui fallut feire cinq mois le siège de Mitylène, à qui on avait laissé le temps de se pourvoir et de se fortifier. Enfin, ffr&ce à son esprit conciliant et aux nonioreuses largesses faites aux mercenaires de la garnison ennemie, Philanthropène parvint à remettre les choses dans leur premier état et à faire

^x) Cantacuzène, II , c. 29, p. 477 ; in-8®. (i) Die. Grégoras , XI , c. 3 , p. 533. (3) Chakondyle, X , p. 519 , in*8<^.

sous rob»

rentrer llle tout sance de l'empire grec. Lbsbos socs ls eoDTEmNEiicn

DB LÀ FAMILLE DSS GâTBLUZI. -

En 1356 I^esbos changea de mùtt Jean Paléologoe I'', pour réeompeisa François Gateluzio, qui l'avait aiiki

f^urser l'Archipel des pirates eataks, ui donna en mariage la prioeetae )bK, sa sœur , et pour dot fîle de Lesbot Aussitôt après la noce, les deux épm

i>artirent pour Mitylène (1). Penàpa es possessions du prince gâaois s'aeair rent de la ville d'Aînos, des Iles disbros , Thasos, Lemnos, Samoduve^ei il eut peine à protéger tout sm fiastt domaine contre les incursioQf eootinuelles des Turcs. Sous Orkafi,OoBfin^ beg, émir des côtes d'ionie, ringBlisbos(3). Sous Amuratl^', Touo)s,offi(ùr des janissaires, assiège, oiaissamsacàs, Méthymne (3). Bajazets'y pritavtrcoetf pour réduire les insulaires, ses eDDeoê: il leur coupa les vivres ; à Mineest-ilmt' tre de la cote asiatique, quil intenfittnle exportation de blé du continent dauks îles , spécialement dans les Iles de Lwnos, Rhodes, Chio et Lesbos (ISMS On en était là lorsque se livra la batâile de Nicopolis, où le due de NeiersH tant d'autres restèrent prisonnieB m mains de Bajazet. Jacques, fils de François Gateluzio, lui afaltsooeédésarta souveraineté de l'île. Ce rnouA voUàsHi baron , qui était asse% m la grdce tt amour ae rAmorah^ intervint aveek sire d'Abydos en faveur des captifs; i resta môme en gage pour le sirede Coocy . un sien cousin , qui malade ei ^ faible pour suivre l'émir, était àmm à Brousse, où il mourut peu aprèif^ Quand le prix de la rançon eut étéao^ aun commun aecord à 300,000 d«A les siresde Mételin et d'Abydos eo W leur dette, et en rendirent à réaûr (% et quand les prisonniers eurent 1^ congé et délivrance, Jacques Gaiek* vint les chercher à Brousse, « et tôt**

'i) Ducts , C, xu , p. 4Ô, in-8*.

(a) Pachymère, IV , c 19 ; Tr «• **»

Ducti, TTII , p. 37, va-V*,

(3) Cbalcoadvle , X , prindpio.

(4) Froissard, édition BticboDr t XIII y p. 498-430.

(5) Oucas, Xni, p. Sa, iù'9f*.

ILE DE LESBOS

pioitièreDt par merlesgalléesdeMételio, qu'elles vinrent à port. Si furent le comte ae Nerers et tous les seigneurs de France reçus à grand loie. La dame de Méte- Hn, femme au dit seigneur, étoît moult révérente.... si se tint la bonne dame à bien parée et honorée quand elle vit venir en son hdtet le comte de Nevers, messire Henry de Bar , messire Gui de la Trémouille et tous les autres , et en fut moult réjouie; et les recueillit joyeusement et doucement, et se ordonna de tous les points à leur faire plaisir. Et premièrement elle revêtit tous les seigneurs de France, et rafraîchit et renouvela de nouveaux draps, linges, et de robes et vétures de fins draps de Damas, selon l'ordonnance et coutume de Grèce, et après tous les serviteurs des seigneurs, chacun selon son état de degré en degré ; et le fit la dame pleinement bonnement sans rien épargner. De quoi les seigneurs lui sçurent b^n gré, et dirent ffrand bien d'elle en recommandant son état et ordonnance , et aussi du bon seigneur de Mételin et du seigneur d'Ab^de, qui les honoroient tant qu'Us pouvorent et leur administroienttous leurs nécessités. » Quand on sut que les seigneurs français se tenaient à Mételin, Jacquesde Braquemont, maréchal de Rhodes, équipa deux galères, et vint au-devant d'eux.

« Et depuis qu'il fut venu, il se rafraîchit quatre Jours , et an cinquième les gallées furent toutes prêtes et chargées de l'ordonnance et M>urvéance nouvelles des seigneurs de France, dont elles furent ra&aîchies. Le comte de ïïevers et les seigneurs de France, qui avec lui étoient prirent congé de la dame de Mételin, et la remercièrent grandement, et aussi firent-ils les seigneurs de leurs bienfaits et courtoisies à desservir au temps à venir ; et par spécial le comte de devers, qui chef étoit de tous , se disoit et dbligeoit de bonne volonté à être

frandementtenn. La dameà tous comme ien pourvue répondit sèment, et ainsi se firent les départies. Si entrèrent les seigneurs de France es gallées au port de Mételin, et jusques a tant qu'ils furent dedans la mer, le sire de Mételin les convoya de paroles et de vue, et puis retourna en arrière... (1). »

(i) Froissard, t. XTV , p. 5a et siiiv.

Il est à croire que ces prévenances et ces égards étaient peu du goût de Ba* Jazet; aussi les sdgneurs génois ne le faisaient-ils que pour complaire au rai de France, car sanscemoven ils n'en eussent rien fait (1). Mais l'aUié qu'ils recherchaient était loin, et le barbare n'avait qu'un pas à faùre pour s'emparer de ces richesses, qu'il convoitait. Les seigneurs génois pour conjurer le dan-

§er de ce terrible voisinage redoublèrent e zèle et de servilité. Quand Tamerlan , vainqueur de Bajazet, se fut emparé de Smyrne ( 1 402 ), les seigneurs de Lesbos^ épouvantés» vinrent se reconnaître tributaires du Tartare, et se firent honneur de recevoir de Mohammet-Mirzaf son petit-fils, un riche sceptre d'or, en échange des somptueux présents qu'Us lui apportaient (2). Quand Mahomet P' vint à son tour soumettre Smyrne, révoltée ( 1414 ), les seigneurs de Lesbos étaient dans cette foule de vassaux empressés qui vinrent la chercher sur le continent, pour lui apporter leur tribut, et renouveler leur hommaee. En 1435 ils étaient encore à Éphese , où Amorat n avait convoqué tous ses vassaux d'Europe et d'Asie. Mais s'ils retardèrent ainsi leur ruine, ce ne fut pas pour longtemps.

Le métropolitain de Mételin assista au concile de Bâle ( 1488), et prit place après ceux de Trébizonde» de Cyzique , de Nicée et de Nicomédie.

Le 3 décembre ( 1441 ) Mételin était en fêtes ; Georges Phrantza , l'historien, venait de débarquer avec mission d'accomplir les fiançailles du César Constantin (8) et d'Ecatérina, fille de Notaras Paléologue Gateluzi, prince de l'île; et le 27 juillet suivant Constantin lui-même venait sur les galères impériales célébrer le mariage. Il repartit bientôt, laissant dans le palais de son beau-père sa jeune épouse; U la revint chercher l'année suivante, pour la conduire à Lemnos , où elle devait mo irir (4). Eu 1444 l'É-

h) Ducas, XVn, p. 75i in-®**-

(3) Plus tard Tempereur Constantin XII Dragasès, avec qui nuit Vempire grec de Constantinople.

(4) Georg. Phrantza', .^ , c. 19 , p. 19a ; in.8«

LDIflVERS.

Î;lis6 de MiWlèn6 étant sans pasteur, par a mort de Dorothée, le pape Eugène IV nomma à sa place Léonard de Cbio. Deux ans plus tard le même pontife lui donna pour mission d'aller auprès de Tempereur Constantin, que des liens de famille rattachaient, comme nous l'avons dit, au prince de Lesbos, renouveler et confirmer ralliance des deux Églises Grecque et Latine , conclue au concile de Florence. Il était trop tard. Cette réunion, opérée le 1 2 décembre 1452, n'arrivait plus h temps pour empêcher Mahomet II d'anéantir l'empire de Constantinople , qui avait refusé jusque là les secours de l'Occident. Après la prise de la capitale de l'empire, Léonard se réfugia à Cnio, d'où il envoya au pape le récit authentique des événements auxquels il avait assisté. 11 revint à Lesbos, et y resta jusqu'à la prise de nie par les Turcs. Il n'attendit pas longtemps.

A l'avènement de Mahomet II ( 1451 ) les ambassadeurs de Mételin, comme ceux de Rhodes et de Cbio, étaient venus le féliciter à Andrinople (1). Le 80 juin 1465, Doria Gateluzio, prince de Lesbos, mourut. Le 1^' août suivant l'historien Ducas , qui tenait un rang considérable à la cour de Mételin , partit pour porter au sultan et les tributs de Tannée pour les lies de Lesbos et de Lemnos, et les hommases du nouveau prince. Admis tout d'abord à l'audience, il obtint la faveur de baiser la main du sultan et de s'asseoir en face de lui jusqu'à ce qu'il eût achevé de dîner. Les vizirs comptèrent l'argent qu'il apportait, puis, feignant d'ignorer la mort du vieux prince da Mételin , ils s'informèrent de sa santé. — « £lle est bonne, répondit Ducas, et il vous salue. — Nous parlons, dirent les Tizirs, du vieillard. — Mais, repartit Ducas f il 3^ a quarante jours qu il est mort. Le prince actuel est depuis six ans reconnu. Son père, épuisé par la maladie, lui avait dès lors et spontanément confié les affaires: et il a eu déjà l'honneur deux fois d'apporter à Constantinople ses adorations au grand sultan. » — Et les vizirs : « Laissons cela. Aujourd'hui il n'y a ^*un moyen de se dire prince de Métehn, c'est de venir et de recevoir ce titre du très-sublime sultan. Va donc

(i) Ducas , XXXm, p. a33, iD-8^

à ton maître, et reviens a?eelid. Sinon, il sait ce qu'il doit attendre. » 11 fallut qua Dacas repartît et amenât le nouveau prince à la cour du sultan, qu'il eut grand peine à atteindre près d'izlati chez les Bulgares. La réception du premier jonr fut des plus gracieuses. Mais le lendemain tout changea. Les vizirs, parlant au nom de Mahomet , exigèrent la cession de Thasos ; ii fallut l'accorder ; puis un double tribut : « Hélas I disait le jeûna « prince , Lesbos tout entière est à vous ; « mais ne me demandez pas Timpos- « sible. » On se contenta d'augmenter le tribut d'un tiers; au lieu de trois mille écus (1), il en fallut payer quatre mille. Le sultan rappela de plus au Génois qu'il avait à sa charge la surveillance de TArchipel et des côtes Asiatiques depuis Balram ( Assos ; jusqu'au Krimakh ( le Caîcus ), le rendant responsable de toutes les pertes éprouvées par les vaisseaux turcs dans ces parages. Ces conditions acceptées, bon gré mal gré, il offrit à son vassal et aux principaux officiers des vêtements d'honneur. Gateluzio re-

?artit enfin pour Mételin, content d'en tre quitte à si bon marché et remerciant le Dieu qui l'arrachait aux mains du barbare (2). A peine était*il de retour, que la flotte ottomane jeta l'ancre en vue de Mételin. Elle revenait de faire une tentative impuissante sur Rhodes , et était montée parle capitan-pacha , Hamza.

Ducas, par ordre du prince, fit servir à Tamiral turc un magnifique repas à bord. Déjà, lors, de son passage, Hamza s'était arrêté dans les eaux de Mételin, s'étant fait cependant un scrupule d'entrer dans le port , de peur d'exciter des troubles dans la ville. Ducas s'était lié alors avec lui d'une étroite amitié el lui avait remis les dons de chaque année. Cétaient huit habits de soie et de laine, 6,000 florins d'argent, vinfft bceufÎB, cinquante nuHitons, plus oe huit cents mesures de vin , du pain, du biscuit, dix quintaux de froment et des l^umes à foison. La flotte n'avait pris le large qu'après un séjour de quarante huit neures. Ces prévenances ne pu-

(i) Selon Ducas Sebn Ghalooudyk il étaii annuellement de deux milie statèrci d*or. X , p. 5a o , in-8».

(a) Ducas, XLIY , p. 3aS-33i , in-S\

ILE DE LESBOS

zn

rtnt nen contre les desseins arrêtés du sultan (1).

Conquête de l'Ile de Lbsbos PAR LES Turcs. — Mahomet avait consenti à s*arréter dans ses exi|;ences, et à ne pas s*eniparer deLesbos pour Theure.

Mais il enleva de force au jeune prince la nouvelle Pbocée d'abord , puis Leronos , mie de ses principales dépendances , et dès Tannée suivante les prétextes ne manquèrent pas de s'attaquer directement à lui. En 1457, onze trirèmes, envoyées par le pape Callixte III, arrivèrent dansTArcbipeU montées par de hardis pirates, et s'emparèrent deLemnos, deSamothrace, de Thasos. Il est à croire aussi que les Gateluzi ne devaient pas mettre grand zèle à réprimer les brigandages des pirates ; le commerce des esclaves qui en résultait leur rapportait d'assez cros bénéfices. Partant de Lesbos pour piller les mers, les corsaires y revenaient à leur aise chargés de butin, conduisant de nombreuses prises; ils faisaient alors les parts, et celle du ducde I^esbos n'était pas la plus mince (3). Mahomet, irrité de la conduite équivoque du prince de Mételin, envoya contre lui une flotte considérable, commandée par Ismael. Encouragés par les iKiroles et Fexemple d'une jeune nlle inspirée, les Lesbiens attendirent de

}»ied ferme, et anéantirent complètement 'armée musulmane. La victoire fut telle , que le pape la fit annoncer dans toutes les cours chrétiennes , pour y réveiller le zèle endormi. Le sultan, occupé ailleurs, laissa pendant cinq ans reposer son ress^itiment ; mais vers la fin de l'été 146!^ , à son retour de Valachie , il songea au vassal qui recevait ainsi ses armées,

Mételin était alors gouvernée par Nicolas Gateluzio, qui pour s'emparer du pouvoir avait étranglé son frère Dominique (S). Mahomet , pour se faire un parti dans 111e même, s'annonça

(ï) Ducas, c. XLIII,p. 3ai ;]3. 3a6, in-8^ M ChalcoDdjle , X, p. 5x9, in'8^ (3) Dominique avait épousé Marie Justîirîani, fille d un riche habitant de Chio. Marie ayant été atteinte de la lèpre, il refusa constamment de se sénarer d*eUe , garda le même lit, la même table, et fut tué dans ses bras. AnnaiL*. di Genoa ptr,„ Giustimano; Genoa, i537, in-4% folio ao6| 5.

comme le vengeur du prince assassiné.

Soixante galères et sept navires , cbar-

Sés d'un grand nombre de canons, e mortiers, et de plus de deux mille boulets de pierre , arrivèrent sous les mursdeMételin, conduits par Mahmoud- Pacha. En même temps Mahomet amenait par terre plusieurs milliers de janissaires. Il donna ses instructions a son lieutenant, surveilla les travaux commencés, et, confiant dans Tactivité éprouvée de Mahmoud , il repassa sur le continent La ville assiép;ée était en état complet de défense. Nioolas Gateluzio commandait dans la citadelle, son cousin Lucio dans la ville proprement dite. Cinq mille soldats, vingt mille habitants, déterminés à se défendre, se tenaimt derrière les murailles. Après un bombardement de vingt-sept jours ; la partie de la cité nommée Melanudion {i)j se trouva ruinée; mais le courage de ses défenseurs repoussa tous les assauts. Mahmoud, impuissante vaincre, eut recours à Tintrigue. Des offres furent faites à Ludo, qui défendait la ville. La promesse de la souveraineté de l'tle le tenta. La ville fut livrée aux Turcs. Nicolas , pressé dans la citadelle consent à partir , si on lui assure une existence honorable. Mahmoud promet tout; mais il exige que Nicolas installe lui-même les troupes ottomanes dans les différoits postes de 111e.

Cependant Mahomet lui épargna cette humiliation ; il fit grâce aux deux Génois, qui vinrent l'implorer à Ck)nstantinople. Il installa dans l'Ile deux cents Janissaires et trois cents soldats, et ayant saisi à Mételin trois cents corsaires, auxiliaires des Génois, il les fit scier en deux. l\ fit ensuite trois catégories des habitants de l'île : 1^ la classe pauvre, qui resta dans la ville; 2® la classe moyenne, qu'il donna en propriété aux janissaires; 3<» la classe des riches, qu'il envoya à Gonstantinople (2). Pour luimême, il se réserva dans les familles nobles huit cents filles et garçons choisis. La population de l'île fut ainsi à peu près renouvelée. Une partie même des an- Ci) Ducas, p. 346, in-8°.

(a) Chalcondjle, Ducas , etc.; De Hammer^ Hist, de t Empire Ottoman, t. m » p. 96 et suiv.

tu

ciens habitants qui avaient obtenu d*y rester, fut bientôt après transportée par Kilidj-Ali-Pacèa k Samos, qu'il s'agissait dfe repeupler (1). En revanche, une foule d'étrangers vinrent s'établir à Mételin. Parmi ces derniers se trouvait le spahis roumiliote Tacoub dTénidjéwardar, qui vint se fixer dans la capitale de rtle avec ses quatre fils Ishak, Ouroudj , Khizr ou Khaïreddin et Elias.

Le premier se fit commerçant, les trois autres corsaires; Elias périt dans un combat contre les chevaliers de Saint- Jean ; les deux autres devinrent les corsaires si fameux sous le nom de Barberousse (3).

Quant aux Gateluzi , ils ne jouirait pas longtemps de la bienveillance du vainqùeur.Ludo, qui était resté à Lesbos, fut mandé bientôt a Constantinople sous l'inculpation d'avoir converti un jeune enfant k la religion chrétienne. Il y répondit en se faisant circoncire , et son cousin rimita. La réponse parut bonne, et Mahomet eut l'air de s'apaiser; mais bientôt, sous le plus léger prétexte, il leur fit à tous deux trancher la tête ( 1463 ).

EfFOBTS DBS CBnaÉTIBIlS POUB BB-

coNQUÉBiB Lbsbos. — La conquête de rue fut complète et définitive; mais c'était une place trop importante pour que la possession n'en fût pas longtemps encore contestée par les armes chrétiennes. Le jour de Pâques 1464, Orsato Giustiniano, successeur de Tamiral vénitien Loredano, fait une descente à Mételin , dont il assiège la capitale pendant six semaines. Le 15 mai un der* nir assaut est repoussé, et l'approche d'une flotte considérable, conduite par Mahmoud-Pacha, forceFamiral vénitien à lever le siège (3). Il se rembarqua, emmenant avec lui tous les Grecs qu'il put recueillir. Il alla les déposer à Nègrepont, et revint le 10 juiUet jeter l'ancre au port San-Théodoro , où rattendaient encore de nombreux proscrits.

En 1500 l'amiral français Ravestein , nommé gouverneur de Gènes par

(i) Nouvelles Annales des Foyares , première série, t XXT : Géographie de Samos.

(a) De Hammer, t. Y , p. aS?.

(3) Historia Veneta di Alessandro Maria Vianoli, nobile Yeneto; in-i*, Yeneiia, x6So, t. II , p. 66a.

Louis XII, équipeune flotte et va croîa«r dans les mers de l'Orient. Ses dix-huit vaisseaux se réunissent à trente-quatre trirèmes vénitiennes qu'ils rencontrent, et d'un commun concert on fait voile sur Mételin. La ville soutenait le siège depuis vingt jours, quand Korkoud, gouverneur de Magnésie, accourt avec de nombreux renforts. A son approche, Ravestein repart, sansattendre l'arrivée de vingt-neut voiles que lui amenait le grand-mattre de Rhodes. A la hauteur de Gérigo , la flotte française , surprise par un ouragan, périt presque tout entière (1).

ËTAT DB Lbsbos sous la domih a- TiON DBS TuBGS. — Dès lors Mételin fotà Tabri de toute agreisionde ce genre. Respectée par les galères européennes, elle n'eut plus guère à souffrir que de ces corsaires asiatiques qu'elle avait si longtemps protégés. La popidation de l'île, presque entièrement renouvelée, s'attacha à ses derniers maîtres , et prit parti pour eux au besoin. En 1660 la flotte du san^jak de Mételin , commandée par Mustaifa-Beg , prend part à la conquête de Ttle de Djerbé (rancienne Méninx , ou tle des lotophages). Mustafii-Beg fut même un instant gàiéralissime de la flotte turque tout entière. En 1565 cinq cents spahis et deux galères de Mételin se trouvaient dans l'armée qui tenta inutilement de prendre Malte. Enfin à la bataille de Lépante (1571) peu s'en fallut que Mahmoud, sandjaJL de Mételin, ne décidât la dâfaite des chrétiens. Survenant à propos avec cinq vaisseauxauseeoursde l'amiral turc, il fut sur le point de âiire prisonniers les trois chefs de la flotte aUiee. L'arrivée en toute hâte de l'arrière-garde, comman* dée par Santa-<}roce, vint changer la fortune. Mahmoud périt dans l'actioB.

En 1632, au commencement de la dé»

cadence ottomane, profitant de toutes les tentatives d'usurpation et de l'anarchie militaire qui agitaient Constantinople^ Elias -Pacha, gouverneur de Karasi, s'était proclame en pleine révolte contre la Porte. Deux de ses lieutenants, Kara-MahmoudetSari-Osman,

(i) Bizanis, Senatus populùfue Gtnmenm Rerum domi /brisaae gesUarmk Bistorimf Anvert , 1759 , in-iolio , p. 404.

ILE DE LESBOS

à la tête de lorces coasidérables, se diri-

grent par son ordre sur Mételin. Mais » habitants résistèrent à Tusurpation, «t les deux chefs furent exterminés avec tous leurs soldats.

C'est à la hauteur de Mételin que se rencontrèrent en 1698 la flotte vénitienne et la flotte turque, commandées celle-là par Dolfîno, celle-ci par Mezzo- Morto. La bataille n*eut qu'un résultat douteux, et les deux amiraux s'attribuèrent la victoire.

Le dix-huitième siècle ne nous offre aucun fait remarquable à recueillir. Les corsaires qui s'abritent derrière les Musconisi, ou dans les profondeurs du golfe d'Adramitti , s'enhardissent et ravagent fréquemment les côtes de Ttle. Ils passent de l'Asie sur de petits bateaux , s'embusquent derrière les rochers et dans les bois , pillent et s'en retournent impunément (1). En 1755 la ville de Métehn, quedeviolentstremblements de terre avaientréduite depuis longtemps à n'être plus qu'une chétive bourgade en comparaison de sa grandeur passée (3), manque d'être anéantie par une dernière secousse qui ébranle llle dans toute son étendue. Au commencement du dix-neuvième siècle c'est le feu qui la détruit tout entière; on relève chaque fois les ruines , on rebâtit h la place où l'on habitait la veille, mais sans ordre , sans précautions ; sans que le désastre du jour serve de leçon pour le kmde»

main.

Lesbos au temps de la ouebbb DE l'Indépendance. — Quand éclata l'insurrection grecque , les raias de Mételin étaient de beaucoup inférieurs en nombre aux Turcs. Ils furent tous désarmés sans résistance. Les plus riches, soupçonnés d'être en secret favorables à la cause de l'indépendance, furent

{>ris et décapités. Llle , considérée dès ors comme un poste sûr, devint l'entrepôt général et le rendez-vous de la marine ottomane. Cependant l'un des premiers exploits des Hydriotes se passa sur les côtes de Mételin. La flotte turque s'y était donné rendez-vous ; elle n'y ar-

(nPococke,t. IV,p. 383.

(a) Benedetto Bordonne, Libro nel quaU ^e ragiona de (ut te t Isole del Monde ^ overo i*Isolario,., in-folio, i547 , fol. 5x.

riva que poursuivie par toixante-dix bricks des insurgés , et eut le temps à peine de se réfugier dansle port Olivetti. Dix-huit brûlots grecs s'apprêtent à l'y aller chercher. Sur l'ordre de l'amiral ottoman, un ionseilde guerre s'assemble en toute bâte. Il s'agit de sortir de ce mauvais pas. La flotte turque, comptant cinq vaisseaux de ligne, quatre frégates, guatre corvettes ne se croit pas de force à livrer bataille; et tandis que l'amiral grec, changeant de dessein, se retire vers Samos, pour engager les ennemis à prendre le large, un vaisseau turc, portant soixante-quatorze canons , fait force de voiles pour aller chercher du secours à Gonstantinople. U avait traversé le golfe d'Adramitti, et touchait déjà au cap Baba , quand quatre bricks , envoyés en éclaireurs, l'atteignent et lui barrent le passage. Le vaisseau turc veut rebrousser chemin, et se lance à

Seines voiles dans le port Sigri ; l'eau i manque; il s'échoue. Les Grées s'a* vancent sur lui, d'avant et d'arrière, par brigades de deux bricks , portant chacun douze canons et 150 nommes d'équipage; et tandis que le vaisseau ennemi, immobile, fait feu de toutes pièces, ils rabordentdirt^ par un vieux marin.

Papa Nicolas , qui avait assisté à l'inceur die de Tchesmé; ils s'y cramponnent^ clouent dans son immense carène des chemises de soufre et de ^dron , et y mettent le feu. Quelques instants après le vaisseau turc éclate et saute avec ses neuf cent-cinquante matelots. A peine unebarque montée par quelques hommes parvint-elle à gagner la terre. A cette nouvelle l'amiral ottoman, qui manquait de résolution pour combattre, en trouve pour fuir et oonne l'ordre de regagner Gonstantinople ( mai 1821 ) (1).

Par ce brillant début les Grecs préludaient aux triomphes qui les attendaient à Ténédos. Mais ils ne tentèrent pas de descentes à Mételin ; ils se contentaient de croiser le long des côtes, bien défendues, bien surveillées , et ne se hasardaient que sur le continent, où le butin était abondant et facile et les villes

(i) Pouqueville , Hist. de la Régénérât, de la Grèce , t. III , p. i3; Jucherault de Saint- Denis, Hist, de f Empire Ottoman ^ I. m, p. X47.

LUNIVEï^

mal protégées. En janvier 1823 les noateiots d'ipsara , pénétrant dans le golfe d'Adramiti, enlèvent de riches magasins turcs déposés aux Mosconisi, et parviennent à débarquer à Sigri. Mais la garnison , aidée des musulmans des campagnes, intercepte toute communication avec les chrétiens. Dans Timpossibilité de s'établira terre, force est de se rembarquer. Une trentaine de Grecs restent morts sur la plage. A peine les as- ^llants partis, un massacre général des jmias sommenoe à Sigri et à Molivo. Les chrétiens , co jons pour la plupart , et ré« oandus dans leschamps , se réfugient sur les montagnes. L*01ympe surtout se peuple de fugitifs. Mais les marins d^Ipsara en partant avaient promis au vizir, campé alors àMételin, de revenir lui faire visite. Une grande expédition grecque est résolue. On comptait sur des mtelligenoes dans rtle , sur les proscrits des montagnes, sur le courage des opprimés, sur & fortune de la bonne cause. Au commencement d'octobre, deux escadres abordent à Mételin , Tune au port Sien, l'autre à Coloni. 4,000 soldats se précipitent à terre; tout ce qui est musulman tombe sous leurs coups. La petite armée grecque est bientôt plus que doublée par les auxiliaires gui lui arrivent de toutes parts. EUese divise : la moitié marche sur Molivo; le reste ravqge la campagne. En peu de jours le nord de l'tle est aux chrétiens; c'est pour eux le moment de la venceanct. Les vainqueurs font partout place nette sur leur passage : d'abominables représailles ensanglantent tout le pays.

Cependant l'aga de l'Ile rassemble des troupes, et, sans plus attendre , marche au-devant des Grecs. 1 2,000 hommes sont bientôt réunis sous ses ordres ; chaque jour grossit cette armée des fuyards de Sigri et de Coloni. Les chrétiens, atteints deux fois, sont deux fois battus ; ils sont contraints délaisser la plage et de reprendre le large. Avec eux partent tous les {proscrits qui peuvent les suivre. Ceux que eur malheureux sort condamne à rester regagnent leurs montagnes; mais là, soutenus par l'espérance de secours prochains , ils ne déposent pas les armes, et entretiennent une guerre de partisans contre les Turcs de la plaine. Ce fut là le seul avantage que retira la cause grec-

que d'une expéctïtion si heureusement (1) commencée. De temps en temps les hardis insulaires d'Ipsara tentaient bien quelque course nouvelle, pillant la côte, rançonnant les villages ; mais les Turcs étaient maîtres du pays. Dans la seule année 1824 leur flotte vient s^y rallier deux fois. Lors de l'expédition de Samos, les bâtiments de transport et une division de guerre y restèrent en permanence. I/amiral ottoman ne sortait jamais qu'à regret de cette bonne rade de Métekn , où il était à l'abri des brûlots des Grecs. A la paix définitive, Mételin resta à l'empire ottoman, comme toutes les autres lies grecques de l'Asie Mineure. Situation actuelle de l'île de Lesbos. — S'il est une terre qui porte la trace des funestes effets de la conquête ottomane, c'est Mételin. Ses campagnes, autrefois si fertiles, sont devenues des marais ou des déserts, et l'on ne voit plus que des ruines sur l'emplacement de ses antiques cités. De ces treize cents châteaux, qu'y laissait, dit-on, la domination génoise , de cette prospérité qui la désignait encore à un auteur du dix* septième siècle (2) pour y placer l'idéal de sa république aristocratique, il ne reste plus que d'informes débris. Cest une possession oubliée, dont on ne parle au divan que lorsqu'il s'agit d'y nommer un gouverneur ou de lever un impôt.

La population générale de l'tle monte à peine a 60,000 nabitants, dont les Turcs forment la majorité. Les Grecs disséminés dans nie , rares dans les villes , plus nombreux dans les campagnes , vivent dans un grand dénûment. Mais , comme tous les paysans grecs, ils se sont faits des mœurs simples , et savent supporter

Satiemment la misère. Leur plus grand éau était la fiscalité des Turcs ; il n'y a ps longtemps encore que l'aga comptait les gerbes de la moisson; que les gerbes battues il mesurait le blé ; que le muzelim de l'île venait ensuite [prendre la dîme, lever la capitation, puis fixer le

(i) Raffenel, RécU des derniers Êvéntjnents de la Grèce, t II, p. aôS; Pouqud^ ville , t. m , p. 3o5.

(3) Repubiica di Lesbo , overo délia Ragione di Stato in un Dominio Àrïstocratico^ lÂhri X, deir abbate D. Vicenzo Sgualdi Ca sinense ; Bologne, 164^, in-ia.

ILE DE LESBOS

prix des denrées et, bon gré mal gré, les acheter au taux qu'il lui plaisait d'indiquer. Ainsi faisait-on de toutes les récoltes. Les dernières réformes, en assignant aux officiers un traitement fixe , ont à pdne arrêté ces abus.

Au milieu d*une telle oppression , le caractère national des habitants s*était dépravé. De commerçants qu'ils étaient jadis , ils s'étaient faits pirates ou voleurs de mer. Aimables , hospitaliers au temps de leur liberté antique , ils étaient devenus farouches, et leur visage même, type de la beauté grecque, s^est empreint d'une expression smistre, qui etfraye et surprend les voyageurs. « Sei^eurs Pères, disait l'évêque erec aux missionnaires jésuites , prêcnez mes peuples tantqu^l vous plaira, vous ne ferez pas peu si vous les faites gens de bien ; car Tai bien de la peine à en venir àbout ( n. » Enfin le proverbe Grec dit : «Les Athém'ens , les Chyprleos ne sont pas bons ; mais les Mityléniens, non plus (3). » Les femmes y sont toujours belles ; mais, diton, elles ne sont guère moins sobres que ne les dépeignait autrefois la malignité athénienne (3). La coquetterie a eu plus de puissance ici que le patriotisme ; et tandis que rien dans le costume actuel des hommes ne reproduit celui des temps antiques, il est tel village de Ttle, à Erisso, à Calloni , à Molivo même, où les vêtements des femmes rappellent au voyageur, parleur grâceet leur élégance, qu'il est dans le pays de Sapho et d'Érinna. A Pétra le costume est plus sévère, et se borne à une ample robe, assez semblable à celle descaloyers. En général la coiffure est d'une forme peu gracieuse ; ^est une espèce de cdue renversé que les femmes ajustent avec art sur leur tête et qu'elles recouvrent de voiles précieux (4).

(i) Nouveaux Ménoires des Missions de la Société de Jésus dans le Levant ^ p. 86, I7i5, in-S".

(a) Didot, Noies d'un Voyage dans le lepaiU, p. 369.

(3) Pocoeke, t. IV, 389.

(4) William WiUmann, Travelsin Turkey, Asia Minor^ Srria, and acrass the Désert into Egypt, auring the Y^ars l^gg f 1800, and tSot;.,, London, i8o3, in-4**,p. 455. Cf. Dido^ Notes d'un Voyaee au Levant , p. 370; Michaud et Poujoulat, Correspondance, t. ni.

22* Uvraison, (Ile de Lesbos.)

Le sol de Ttle est totijours puissant et fertile , et ne demande qu'à être cultivé

Sour produire. On trouve encore abonamment dans les montagnes le pin, l'arbousier, l'andrachné.le lentisque, le térébinthe . le laurier, le myrte , l'agnuscastus, l'orme, le platane, le hêtre, le cyprès. Dans les jarains , les statices sinu& , aux larges feuilles , à la tige ailée, les scabieuses, les fleurs purpurines des lavatères , la fleur gracieuse (Tune espèce de safran , fort recherché pour le fard des dames (car//uzmt/« corymôo^t») s'étalent derrière des haies de phyllirea , arbuste toujours vert , que l'on cultive en palissades et en bosquets (1). Les oliviers , principale richesse de Itle , s'y élèvent jusqu'à quinze toises de hauteur. Les forets sont pleines de cerfs , de gazelles, et de chevaux sauvages, bas et trapes , comme dit Bélon (2) , « qui « sont néanmoins si fermes des pieds « et des jambes , qu'i4 est surprenant de « les voir grimper et courir avec un « homme sur le dos par les montagnes « et les rochers et vers des lieux si ru- « des et si raboteux qu'à peine les chè- « vres y pourroient monter. On en trans- « porte une fort grande quantité à Cons- « tantinople (8). « M. Arnoul, intendant des ealères à Marseille « en envoya six « à Monseigneur le Dauphin, pour ser- « vir d'attelage à sa calèche. On n*avoit « point encore vu en France de chevaux « si petits et en même temps si forts « pour leur taille. » Du reste, les bœufs et les moutons , le gros et le menu hétail abondent partout à Lesbos.

Le blé y est toujours excellent et fort recherché des Turcs. Les raisins sont délicieux ; les Turcs en font un raisiné Qu'ils affectionnent, et les Grecs, de 1 eau-de-vie. Les insulaires exposent les

(i) Enumeratio Plantarum auasin insuUs jérchipeiagi detexit ac coUegit Durnoot d*Urville; Paru, i8aa,in-8^

(2) Lês Observations de plusieurs singularitex ei choses mémoralies, trouvées en Grèce , Asie , Judée, Egypte, Arabie et autrès pays estranges, rédigées en troi.«t livres par Pierre Belon; du Mans, in-ia. Eo Anvers, de rimprimerie de Christophe Plantin, z555y l.I, fol. 147 verso, c. VII, livre raremeut cilé, plus souvent copié : Pococke , Dapper entre autres, y puisent sans cesse.

(3) Dapper, p. a 3 5.

L'UNIVERS

ffnppes qu'ils réiervent au soleil pendant plusieurs jours de suite, pour donner au yin plus de force et de douceur. Us savent encore lui faire prendre de la couleur avec des baies de sureau ou d^hièble; mais préparé, conservé sans soin et sans art, le vin de Lesbos, quoique payé fort cher à Constantinople, n'a point soutenu son antique réputation.

Les richesses du sol, si ladles, si abondantes ont détourné les habitants du commerce. La navigation est à peu près abandonnée. Mételin seule n est pas absolument sans industrie; elle contient une douzaine de manufactures de savon , dont les plus belles sont celles du padia , un chantier qui tous les dix ans donne un vaisseau, et plusieurs bazars 9 assez bien fournis, et très-fré- Quentés. Mais c'est tout , et le reste de nie se borne à exporter d'immenses cargaisons d'huile Œolive, d'une qualité médiocre , des sardines ^ du tabac , des pipes. Les figues deMohvo, enfilées en colliers , se vendent par tout l'Archipel, et sont fort recherchées.

Unecoutume locale, qui date doteni où les habitants se livraient toos au marine, accordait en dot à h fille àk rhéritase de la famille aveela maiw paternelle. Le clergé de ConstistiBoè.

aidé du clergé et de Févéque deMét», est parvenu, a grand'peioe, à la modÉr de fa manière suivante : ralnéepmâ le tiers de l'héritage ; le secondetûsU tiers des biens qui restent aprèila p de rainée; le troisième, le tiers de s

Î|ue lui ont laissé les autres, ùik^ orme date à peine du eommeoeaDeit de ce siècle.

Mételin ou Midilli est un d« si fivas que comprend le gouTeneoeBtde Djézaîr (c'est-à-dire, éestakïàîchipel). Un gouverneur, sooskBM&de Nasir y représente le sultan. Hj^^ Méteiiu un juge de premier raBS^<i^ les appointements mensuels, (Tafiè Tordonnance de Mahmoud n, sool^ 400 aspres; et un des dix-sept iwRiB de santé institués spéciaiemist pc* combattre la lèpre dans tout Feuf»

ottoman.

ILE DE TÉNÉDOS

Dbscbiption de l'îlb de TÉNi- Dos. (1) — Ténédos, appelée encore aujourd'hui Ténédo par les Grecs, et Boghaz-Adassi, ou île du détroit, par les Turcs, est située en face de la côte de l'ancienne Troade , dont elle est séparée par un détroit, qui a selon Stimbon quarante stades de laideur (2). Le même auteur ne donne à cette tle que quatre-vingts stades de circonférence , mais elle en a bien le double. Selon Pline (8), Ténédos est située à cinquante-six nulles au nord de

(i) Voyez sur cette lie dans l'antiquité la noQoerapbie de Lad. de Hemmer, Respuhtica Tenediorum^ Liigd. Bata^., i735.Gf. Dapper, Descr,, p. aS6; Pococke, Voyage^ t. IV,

S. SS3 ; Tournefort, I , p. 39a ; Dallaway , [, p. 904 ; Chandler, I, p; 34 ; Michaud et Poujoulat , m , p. 96C, etc.

(a) Slpab., Xin. éd. Tauchn., IH, 1x6.

(1) Pline , EUl Nat, V , 39.

Lesbos, et à douze milVisaQ^^ promontoireSigée, qui formeVentite* détroit de l'Hellespont, appelé pto t^ détroit de Gallipoli et enfin des Daf»

nelles. Ténédos serait assez arroDâf si elle n'avait une pointe qui s'a»»?

vers le sud-ouest; ses rivages soot^ de rochers qui la rendent presque par»

inabordable; son territoire est J»*^ gneux et pierreux , peu fertile en p^ et en légumes; mais la vigne y i^ parfaitement

Tous les voyageurs modernes'^ cordent à faire l'éloge du nw^ Ténédos. « Je ne pardonnerai/^» aux anciens, dit Tournefort,*'!' voir pas feit le panéjmique •«^ liqueur , eux qui ont affecté dewj^ les vins de Sdo et de Lesbos. Oo ^

saurait les excuser en disant , cultivait pas la vigne à Ténédos dis^'^ temps-là; il est aSé de proaîerie<^

ILE DE TÉNÊDOS.

traire par la médaille de Ténédos où l*on voit à côté de la hache à deux tranchants une branche de vigne chai|;ée d*une belle grappe de raisin. » Le vin ordinaire de Ténédos ressemble un peu au vin de Bordeaux; mais il ne supporte pas la mer et ne se conserve pas longtemps dans lés caves. Du haut du promontoire le plus élevé de Ffle , on en aperçoit toute la surface sillonnée de coteaux couverts de petites vignes basses et cultivées à peu près comme dans nos vignobles de la Bourgogne, avec cet avantage que ni la grèie ni la gelée ne Tiennent jamais détruire la récolte. De ce pointde vue , le spectacle de la mer et des terres environnantes est grandiose et varié ; « à Touest, dit Dallaway, Lemnos et son volcan épuisé forment un cAne immense, dont la pointe perce les cieux; au nord-ouest sont les lies dlmbros et de Samothrace; et au delà, des sommets de montagnes plus élevées qui les dominent, rentrée de THellespont, et un peu plus loin le cap Sigée et toute la foret an long de laquelle Alexandrie est située, et la chaîne de noontagnes de rida. On ne distingue le mont Athos qu'au soleil couchant à Touest. »

Outre ses vins, Ténédos produit d'excellents melons. On n'y voit guère d'autres arbres que des figuiers et des amandiers. Elle est remplie de perdrix rouges, beaucoup plus grasses que les nôtres, mais moms délicates ; et dans le temps du passage des cailles toutle territoire est cou vert de ces oiseaux voyageurs. L'eau de Ténédos est excellente. Dans toutes les parties de Itle il v a des sources; mais on n'y retrouve plus cette fontaine, dont parle Pline (1), qui au solstice d'été débordait toujours de trois heures à six heures de nuit.

Dans l'antiquité , Ténédos avait une ville appelée Éolis ou Éolica, deux ports, un temple d'Apollon Sminthien , comme l'atteste, dans Homère (2), l'in* vocation du prêtre Chrysès. On sait l'origine de ce surnom, tout local, donné au dieu de Delphes. Des mulots, que les Cretois, les Troyens, les Éoliens appellent o{i(vOoi , faisaient de grands ravages dans la plaine de Troie. On con-

(x) Pline, n, xo6, 9.

(2) Cf. Strab.y ioc. eit,; Hom,

snlta l'oracle de Delphes , qui ordonna de sacrifier à Apollon Sminthien. Nous avons deux médailles sur lesquelles sont représentés des mulots avec la télé radiée d'Apollon. Pococke croit que ce temple d Apollon Sminthien était sur la belle esplanade qui est au pied du château, qui domine encore la Wlle actuelle, et où il a vu éparses sur le sol Plusieurs colonnes cannelées de marbre lanc d'environ deux pieds et demi de diamètre. Du reste on ne retrouve pres-

3ue aucun vestige de l'ancienne Eolica, ont la prospérité datait du temps de la guerre de Troie , et dont la décaoenoe et la ruine sont antérieures à l'ère chrétienne. Un sarcophage, quelques mseriptions, des monnaies, des tronçons de colonnes cannelées, des fragments de piliers, des morceaux de pavé de marbre, tels sont les seuls débris que l'on ait retrouvés sur le sol de Ténédos. Et encore, que de villes antiques n'ont pas laissé autant de souvemrs 1

La ville actuelle de Ténédos est petite et mal bAtie; elle n'a pas trois mille habitants, avec la garnison du fort.

C'est là toute la population de Ténédos; car dans toutes les autres parties de rtle il n'est pas un seul lieu qui soit habité. La ville compte à peu près autant de Grecs que de Turcs ; aussi a-t-elle une mosquée et une église. Ténédos est adossée a un coteau que domine une forteresse de forme triangulaire , bAtie par les Turcs. £lle est environnée de fortes murailles de pierre de taille, et garnies de quelques tours. Autrefois le château était la seule partie de la ville habitée par les Turcs. . Le port de Ténédos était formé par un môle qui est aujourd'hui entièrement couvert par les eaux ; mais on a entassé de grosses pierres sur ses fondations, et elles servent à amortir les vagues. Une chaîne de montagnes entoure le bassin. Au midi on voit une rangée de moulins à vent et un petit fort.

On a parlé très -diversement da port de Ténédos. Virgile le traite f(Ht sévèrement, et déclare que les vaisseaux n'y trouvent qu'un méchant abri, statio mal^da carinis (1). Mais voici Dapper qui dit que Ténédos a un fort

. //., 1 , 38. (i) Virg., iEfî,, II , a4.

LUNIVERS.

bon port pour des saîques et d*autres barques turques de moyeuDe grandeur, de même que pour d'autres bâtiments légers. Seulement les grands Da?ires n'y peuvent mouiller; mais les ▼aisseaux des anciens , et surtout ceux du temps de la guerre de Troie, pouvaient s'y trouver fort k Taise. Chand- 1er est encore plus favorable. Le port de Ténédos, dit-il, offre un abri commode aux vaisseaux destinés pour Gonstantinople, et ils trouvent dans la rade un mouillage sûr pendant les vents étésiens ou vents contraires , ainsi que dans le ^ros temps. D'un autre côté, Pouqueville affirme que l'Ile de Ténédos n'a qu'un mauvais port (1); Pococke était aussi de cet avis. Il est certain que l'ou fréquente peu le port de Ténédos; la plupart des vaisseaux que les vents retiennent à l'entrée des Dardanelles vont mouiller dans la rade oui est près du continent. Voilà donc des témoignages qui peuvent rétablir l'autorité de Virgile,. et je conseille d*y regarder à deux fois avant de contredire son assertion à cet égard.

HlSTOIBB ANCIENNE DE TéNEDOS ;

SA FONDATION. — On lit daus Diodore de Sicile (2). « L'tle de Ténédos fut peuplée de la manière que nous allons exposer. Tenès, fils de Cycnus, roi de Colone, dans la Troade, était un homme distingué par son courage. Ayant rassemblé un certain nombre de colons , il partit du continent, et vint occuper l'île appelée Leucophrys , qui était située en face et déserte. Il en distribua le territoire à ses sujets; ily fonda une ville et l'appela de son nom Ténédos. Il gouverna sagement , et , comblant les nabiunts de bienfaits, il s'acquit pendant sa vie une grande réputation , et mérita après sa mort les honneurs divins. On lui éleva un temple , et on institua en son honneur des sacrifices dont l'usage a subsisté jusqu'à ces derniers temps. » Voilà le fait dépouillé de tous ses ornements; mais les Ténédiens avaient une légende au sujet de leur Tenès (8). Cycnus, disaientils, était fils de Neptune; il épousa

(i) Foyage de la Grèce , VI , 3oi.

(a)Diod.SicuI.,V,83;Cic,

ni, i5.

(3)PauMiii., X, 14, I.

l^at, Deor.,

Proclée, sœur de Calétor, qui fot tné par Ajax dans le temps qu*ii vookt brûler les vaisseaux de Protésilas. De ce mariase étaient nés un fils et ue fille , Tenes et Hémithée. Après U moft de Proclée, Cycnus épousa Philonome, fille de Cragasus. Devenue beHe-mère de Tenès, Philonome oonçot pour a jeune homme une passioii criminelk; repoussée par Tenes, conune Pbèdic par Hippoiyte, elle paœa de ramoarà la fureur, et se plaignit à son épov

2ue son fils avait voulu rootra^.

tienne de Bvzance ajoute qu'elle produisit pour témoin un joueur de Oêu de sa cour. Cycnus, confiant, comme Thésée, dans la vertu de a fieoune, ordonna le supplice de Teoès. U te fit enfermer dans un cofi&e et jcicc %la mer, avec sa soeur Hémithée, ^ voulut partager sou sort. Le corne flottant sur la mer, fut poussé par ks vagues sur la côte de Tlle de Leocophcfi. Tenès en devint roi , et Fappeu Ténédos. Bientôt Cycnus est déUompé; i reconnaît l'innocence de son fils, ^a rend à Ténédos pour se réconcilkr avec lui. Mais Tenes ne veut point pardonner; et bien loin de recevoir son pèR repentant, il va au port et coope avec une hache le câble qui tenait attadié le vaisseau de Cycnus. Plus lard, cette hache fut consacrée dans le temple de Delphes par le Ténédien Pândyùts ^ et les Ténédiens en consacrèrent deux dîans le temple de leur ville.

Ces aventures firent du bruit, etdonnèrentlieu à deux proverbes. Qnaiid on voclait parier d'un faux témoin, on dsaitqBf c'était un joueur de flûte de Téoédss, Tcvfôioc oc&AiJTT);; et l'on citait la hacbeà Ténédos lorsqu'il était question d'une iffahre qu'il fallait décider sur-le-cfaafli?i ou quand il s'agissait de rendre uk iustice prompte et rigoureuse. Du reste, le proverbe de la hache de Ténédos afst encore une autre origine. Le roi T»^ était un sévère justicier ; il avait oitoff^ ^ue la hache et le bourreau fosMitliBjours près du juge pour exéeilBr le coupable. Aristote, cité par ÉtieHK de Byzaitce, donne encore une autre oq^ cation. Il dit qu'un roi de TénâQi ayant porté une loi qui condamnait ki adultères à être décapités avec la badie« le premier qui encourut ee chfttiiBeat

ILE DE TÉNÉDOS

fut 80D propre fils. Le géographe ajoute qu'on représenta sur les médailles de Tlle les têtes des deux coupables adossées, et au rêver» la hache , instrument de leur supplice. Goltzius a donné le type d*une semblable médaille , dont Finterprécation a fort occupé des savants oui n*ont pas voulu se contenter de celle (TÉtienne deByzance.

Une autre question , plus importante dans le sujet qui nous occupe , serait de savoir quelle était la situation politique de Ténédos avant Tépoque^de Tenès, <pii fut contemporain de la guerre de Troie, et que Ton ne peut raisonnablement reganler comme le premier fondateur de la ville de Ténédos, ainsi que le fait Diodore de Sicile. Comment supposer, en effet , gue Ténédos se soit tout à coup élevée de Fétat d*île déserte à la condition de cité riche et célèbre , ainsi que Tatteste Virgile quand il fait dire à £nee i

Est In contpeeta Tenedot. notlsslnia fana Intala, dlYea opom, Prlaml dom re^a manebant f

Cette prospérité ne peut s'expliquer

Sue par Texistence d'une population inustriense et commerçante , antérieure à l'émigration de Tenes. D'ailleurs , la légende relative à ce héros nous le montre accueilli par les habitants de l'île, qui, charmés de sa beauté et de ses vertus, le proclament leur roi. Cette population primitive de Ténédos devait être en communauté d'origine avec celle des c^tes et des ties voisines. De plus , si l'on remarque que parmi les noms anciens de cette fie, qui s'est appelée tour à tour Calydna, Lyrnessus, Leucopbrys, on trouve aussi celui de Phéniœ, on en pourra conclure qu'elle reçut un établissement de Phéniciens. Son heureuse situation à l'entrée de l'Hellespont dut la faire rechercher de ces hardis navigateurs, qui furent autrefois les maîtres du commerce de toute la Méditerranée; et il y a lieu de croire qu'ils ne négligèrent pas cette importante position.

Bochart va jusqu'à donner une origine

Ehénicienne au nom de Ténédos, qu'il dt dériver de Ten-edan, qui signifie dans la langue des Phéniciens argile ou terrerouge, dont il prétend que Ton fiiisait dans cette tle une excellente poterie, semblable à celle de Samos. Je

n'admets pas cette étymologie, qui sup* prime l'histoire de Tenès , parce qu'une légende, même une légende grecque, a plus d'autorité à mes veux qu'une conjecture d'érudit systématique. Mais Je ne renonce pas à croire a l'établissement dans Ténédos d'un comptoir Ehénieien, par lequel s'expliquent très* ien la célébrité et l'opulence de cette tle au temps de la ^erre de Troie (1). La granae expédition des Grecs contre la cité de Priam vint arrêter le cours de cette prospérité; ils ravagèrent Ténédos, lorsque Tenès y régnait encore; ce prince périt de la main d'Achille, et les insulaires portèrent une loi qui défendait de prononcer le nom d'Achille dans le temple de celui qu'ils regardaient comme leur fondateur.

Cest de Ténédos que Virgile fait partir les deux prodigieux serpents qui traversent la mer pour venir dévorer Laoooon et ses fils :

Eece antem femlnt a Tenedo tranqnina p«r alla ( Horreaco referens ) Inmends orbibm angoea locnmbuiil pelago, parUerqne ad Uttora tendnoL

Cest aussi derrière les hauteurs de Ténédos que la flotte grecque alla se cacher, pour faire croire aux Trorens 2u'elle avait regagné les rivages de la rrèce et préparer le succès de la ruse d'Ulysse ;

Hue te proreetl deserto lo DUore eondnnt

Le souvenir de ces poétiques aventures , rendu impérissable par les beaux vers de Virgile, s'empare aussitôt de l'esprit du voyageur qui s'arrête un instant a Ténédos , pendant l'aller ou le retour du chemin deConstantinople. Impatient de vérifier les détails de ces fictions, oui l'ont charmé auMfois, par l'étude des contrées qui en furent le théâtre , il demamde s'il n'y a pas dans l'tle quelques serpents dont la forme et la vue puissent rappeler les traditions de l'épopée.

(i) M. Baoul-Rocbette, ffisi. de VÉtabtU- • sèment des Colonies Grecques , II, 148, i5o, donne à Ténédos une ori^ne Cretoise, « Les villes de Cilla, de Ghrysé, de Ténédos, célèbres dans Phistoire poétique par le culte qu'elles consacraient exclusivement à ApolloD, paraissent appartenir i Témigration Cretoise qui s'établit en Troade. » Mais la Crète ellemôme n'était-elle pas une ile à moitié phénicienne ?

L'UMIVERS.

On lui répond qu*il n*y a pas de reptiles à Ténédos. Que s*il veut savoir où la flotte des Grecs se cacha la veille du sac d*liion , on lui montre une petite anse «ntre deux rochers nus qui s'élèvent sur le rivage, mais où douze petites barques pourraient à peine trouver place (1). Si Ton s'avise d'entretenir les Ténédiens des souvenirs héroïques de Priam et d'Hector , d'Agamemnon et d*Âchille et de la catastrophe d'Ilion, dont la plaine s'étend sous leurs yeux, on n'en obtient pas de réponse. Tout ce qu'ils savent en fait d'histoire des temps passés, c'est que les Russes , à la fln du siècle dernier , ont fait une descente dans l'tle , alors assez florissante, et devenue misérable depuis les ravages de cette invasion. Le peuple grec a presque entièrement oublié ses an* uquités, à la connaissance desquelles on est si familiarisé dans notre Occident. En Grèce il n'y a qu'un petit nombre de lettrés qui s'en souviennent et qui puissent en parler raisonnablement; dans ce pays tout est ruiné, tout est détruit, dans la mémoire des hommes comme sur la surface du sol. Quant à ces petits mécomptes du touriste qui ▼eut retrouver dans la réalité tous les décors du théâtre de la poésie antique, c^est une juste punition d'une curiosité indiscrète. En voyage, il ne faut pas 3^ regarder de trop près avec les poètes, ni leur demander ce qu'on n'est en droit d'attendre que des historiens et des géographes. Qu'on lise leurs fictions dans le même esprit avec lequel elles ont été composées, sans trop s embarrasser de ces vérifications exigeantes qui souvent prénarent au voyageur lettré de fâcheuses déceptions.

Établissement des Êolibns jl Ténédos (1210). — Détruite par les Grecs, Ténédos fut plus tard repeuplée et relevée car eux. Vingt ans avant le retour des Héraclides dans le Péloponnèse , Fan 1210 avant l'ère chrétienne selon la chronologie de Larcher, commença rémi^ation éolienne. La première expédition fut conduite par Pisandre , un des principaux citoyens de Lacédémone, et même par Oresie, que Pindare lui associe , et qui aurait conduit « sur les

(i) Michftud et Poujoulat , IIT, 267 ; Dapper. Description, etc.» p. a 3 3.

rives de Ténédos une troupe éotieme aux armes d'airain (1). • Blab il oi certain qu'Oreste mourot en Arcadîe^ dans un âge très-avancé , et paâd)k possesseur du trône de ses pères. Resti Pisandre, qui seul edonisa Ténédos et en fit une cité éolienne. * HeUaskai, dans le premier livre de ses ÉoËçaUt parlait de l'émigration de Pisandre, »

laquelle il ne nous reste plos d'autres documents que ceux que je viens de ola d'après Pindare et son sooliaste. O pendant Ténédos fut toujonrs, dès ofie époque, eomptée au nombre des éblouies éoliennes : les frasineiits pafafiè Î^arHudson lui aannent répttfaéteifâoienne; Denys le Périég^ appifue spécialement à cette tie aussi Vnnqii^à celle de Lesbos le titre d*tles des t»- Uens; et son commentateur dit <ne Ténédos renfermait une TÎUe éoufOR, témoignage quMI avait taé d'Hô»

dote (2). »

L'émigration éolienne continua à k porter du cdté où elle avait pris sa pr^ mière direction. Pendant unsiècfeeie versa une nombreuse popolatioB ErenH sur les cAtes de la Mjsie et <&ns w lies voisines. Ainsi se lorma ^ampi]i^ tfonie éolienne, qui ae eomposait âc Ténédos, la plus ancienne de toutes, te cinq villes de Lesbos, de la eapîtaledei Héciaitonèses , de TenMios, Cula^ No" tium, i£giroessa, Pitana,0£ge8, Myrine et Gryneum sur le continent. \Jt& assemblées générales de ces villes qu'Hérodote appelle AîoXJuv xdXnç ipj^âu, le* anciennes villes des Ëoliens , se tenaieii dans le temple d'Apollon Gcynéen [IX Les autres cités éoliennes posiérieara à la fondation de cette aaiphict3roBieB'; furent jamais admises.

État db Ténédos befuis u

SIXIÈME siècle jusqu'à L*àBB CHBI-

TiENNE. — Après l'époque deFét^bsement des Éoliens, Ténédos ne icyni dans l'histoire qu'au sixiènie sièàt, « temps où la domination des ¥etstB>,f^ tablit sur les Grecs d'Asie Minoii» ^ des Iles. Les Éoliens avalent pêift^ à la révolte d*Ionie; les habttaHfi des

(i) PÎDd., yém., XI, 44; et le ScoL (i) Raoul-aochette, CoL Groe^., U, i^l Hérodote, ï, x5i.

(3) Rftoul-Eochctte, Col, Grecf,, m, 44»

ILE DE TËlfÉDOS.

Om avaient soutenu riosurreetion des ▼illes du eoDtinent, auxquelles les uoissaîent les liens de leurs amphictyonies. Les Iles échappèrent à la conque de Cyms, qui ne possédait point de manne ; mais leur litote succomba après la bataille de Lada , où les Perses furent vainqueurs. Darius avait à sa disposition les forces de la marine phàiieienne. Il existait une antique rivalité entre les Phéniciens et lesGrecs, qui se disputaient depuis tant de siècles le commerce de la Méditerranée. Grâce à ces divisions, les Perses , nation purement continentale , purent assujettir, et contenir l'un pur rautre ces dfeux peuples conunerçants.

Quand la révolte de rionie eut été comprimée (498), la flotte des Perses se répandit sur les cdtes d'Asie , et enveloj^pa toutes les Sporades. T^édos fut prise <bns ce grand coup de filet (1). Elle suivit Xenès dans son expédition contre les Grecs et fournit son contingent dans les quarante navires que lui envoyèrent les Éoliens asiatiques (3).

Après les batailles de Salamine et de Myeale, i4le fit partie de l'empire maritime fondé par les Athéniens, qui bientôt comprit mille dtés de l'Europe, de l'Asie et des Ues. Ces villes étalent de trois sortes : 1^ les villes sujettes, 2^ les villes alliées . 8'' lescolonies. Ténédos était delà première classe, et fut assujettie à un tribut (S). C'est sans doute à cette époque que se rapporte la médaille de Ténédos où l'on voit l'empreinte d'une chouette. Le» Ténédiens restèrent fidèles aux Athéniens pendant toute la guerre du Péloponnèse; ils leur dâionârent la révolte deLesbos , iisfourmrent des contingents pour l'expédition de Syracuse. Soumise aux Lacédémomens après la chute d'Athènes, Tén^ios r^tra dans la confédération athénienne en 878. Sparte, qui avait alors sur les bras à la fois Thèbes du côté de la terre et Athènes du côté de la mer, perdit son double empire continental et maritime. Dans ce conflit, Ténédos fut ravagée par JNicoloque, lieutenant du Spartiate Antalddas, qui tira de cette lie une srosse contribution. Les généraux athéniens

fi) Hérodote, YI, 3x.

[a)Diod. SicuhyXI, 3.

(3) Thucydide , YII » S7.

accoururent de Thasos et de Samothrace pour la secourir (1); mais ils ne purent arriver à temps : Nicoloque avait regagné Abydos, après avoir fiiit aux insula&es tout le mal au'il avait pu. .

Déjà affaiblie par la guerre sociale (868) (3), la dommation d'Athènes sur les îles d'Asie fut tout à fait renversée par les proerès de la Macédoine et l'expédition d'Alexandre en Asie. Les Ténédiens se donnèrent à ce prince, et consaorèrent des stèles en son honneur.

Pendant la diversion que le Rhodien Memnon fit dans la mer Egée, pour la rM>lacer sous l'autorité du grand roi, Ténédos fut reprise par les Perses (8). La mort de Memnon fit échouer cette tentative , si habilement conçue , et Alexandre apprit en Egypte que Ténédos , qui n^avait cédé aux Perses qu'à contre-cœur, s'était replacée sous sa domination (4).

Il est difficile de dire précisément queUe fut la condition de Ténédos peu* dant les conflits suscités par l'ambition et les rivalités des successeurs d'Alexandre. Comme la plupart des ties de la côte d'Asie , elle parvint sans doute à conserver sa liberté civile et intérieure, tout en subissant le patronage des rois qui s'emparèrent successivement de la domination des contrées occidentales de l'Asie Mineure, les Sélencides d'abord, et ensuite ta dynastie de Pergame. Au temps où les Romains commencent à se mêler des affiaires des Grecs asiatioues , Ténédos paraît entraînée dans le mouvement général qui portait ceux-d vers un peuple dont ils attendaient leur délivrance. Il est plus d'une fois fait mention decette île dans les guerres maritimes par lesquelles se prépara la chute des dynasties de Macédoine et de Svrie (5). Sa position y attirait souvent les escadres des puissances belligérantes, et son port recevait continuellement les navires des Romains, des Rhodiens et des rois de Perffame.

Après la formation de la province

^x) Xénoph., HeUem, Y, z.

(a) Tojez plus haut, p. iio.

(3) Arrieo , £sp. d'AL^ U, a , a.

(4}Id., 7^tt/.^m,ay3.

(5) Polybe, XYI, 34 , x ; XXYH , 6 , x5 1 Tite-LÎTe, XXXI, 16; XLIV, aS.

LUNIVERS.

d'Asie (1 29), TéDédos fut à la ditpoation des Romains, qui ne lui laissèrent qu'une ombre de iioerté. Verres, qui dévasta tout Farchipel, comme un pirate, extorqua aux Ténédiens des sommes d'argent considérables, et leur enleva, malgré leurs supplications et leur désespoir, la statue de Ténès, héros fondateur de leur cité , qui était un chef-d'œuvre de sculpture (1). Cest près de Ténédos

Îue peu de temjps après, en 78 avant .-C., Lucullus détruisit une (jartie de la flotte que Mithridate envoyait en Italie au secours de Spartacus (2), et dont il acheva le reste auprès de Lemnos ; exploit que Cicéron célèbre en termes magnifiques. On sait encore par Cicéron que les Ténédiens adressèrent des réclamations à Rome pour obtenir le maintien de leurs immunités, souvent violées sans doute par les gouverneurs romains, comme le prouve la conduite de Verres.

« La liberté des Ténédiens, dit-il dans une lettre à Quintus , a donc été tranchée à la ténédienne, par la hache!

Excepté Bibulus et moi, Calidius et Fa- Tonius, personne n'a dit un mot pour eux (8). » Cetteallusion, suffisante pour le frère de Cicéron, qui était au courant des affaires de Ténédos, est incomplète pour nous, et nous laisse incertains sur la décision prise par le sénat au sujet des réclamations de cette cité. Mais îjeu importe notre ignorance sur ce point : la sujétion de Ténédos nous apparaît ici tout «ntière, et bien longtemps avant •l'être déclarée, avec les autres Iles , sous Vespasien, province de l'empire, Ténédos était, comme elles, à la discrétion du peuple romain, devenu par sa politique et ses armesle protecteur et le maître de tous les Grecs du continent et des lies.

TÉNÉDOS APBBS L'ÈEE CHBÉTIENIfS.

— Le premier évèque connu de Ténédos est Diodore ou Dioscore, qui assista au concile de Sardique (847), assemblé sous la protection de l'empereur Constant, et où Ton condamna l'arianisme. Au siècle suivant Anastase • évéque de Ténédos, se signale par son zèle à combattre l'hérésie de r}estorius,qui distinguait en Jésus- Christ deux personnes comme deux na-

(iJCic, rerr., I, 19.

i%) Id., Pro Mur,, \b\pro jirch,, 9.

3) Id., ad Quint, ^ II , z i.

ture8,et niait runion substantidledefa divinité et de l'humanité dans leSaam Au concile deChalcédoioe(4âi,}qaic(i damna Eutycfaès, auteur de Fbéréskds monophysites , parait Tévéque Fia»

tius, dont la juridiction s'étendaitàlafeis sur Ténédos, Lesbos, et d'autres Egliis voisines (1). Ce diocèse dépeadait kï province ecclésiastique de Rhodes.

Au sixièmesiècle, l'emperearJostiia fit construire à Ténédos un maosiiijMC y déposer les blés apportés d'AleQD«> lorsque les vaisseaux qui en èxsA\ chargés seraient arrêtés par les ^Ttô contraires à rentrée de THellespoetO magasin était un vaste bâtinieBi^^ cent quatre-vingts pieds de loogor^ tre-vingt-dix de large. Parceiwîw'** cargaisons faites dans les poits dl#Ç risquaient moins de se p^;^;!

grain se conservait sans >^ )f^.* ce qu'il pût être tnnsporté m > capitale

Dans la suite, Ténédcw ^P"J"^ férentes vicissitudes peiidaot les titiOB du Bas-Empire. Elle ftitsauTestsacege par les pirates qui infestèrent »m temps l'Archipel ; les Arabes m W' gnèrent pasdans leursoourses;ies>^ tiens s'en emparèrent ap'^^^ïjï croisade ; Vatace la leur n^l- '^ ensuite exposée aux inciirs»«»(to 1^ qui sous le règne d'Otta»"»»^?^ commencèrent a dévaster toat^H»»»

de la Méditerranée, depuis teBospno" jusqu'au détroit de Gibraltar lî).,

Néanmoins Ténédos resta m^ quinzième siècle au poo^<>^,"^ «r tiens. En 1858 , Jean W^^Ï^ù^ chassé de Constantinople P^-'^^ tacuzène, se réfugia dansj>i«j.j nédos avec son second fils» Manoei,, ^

femme, Hélène. CantacoxèncaTai»^ de dépouiller les Paléologaçeid^ le trône à sa maison. U fit ^^Z, empereur son fils Matthieu ; rm^ lait qu'il fût couronné par le P»^ de Constantinople, et l'on.^^^K.

l'attachement de Calliste au je«»^ logue. Néanmoins, Cantacu^^ de le gagner ; il lui envoya ojj^i tion, dont faisait partie JWD^TJj de Ténédos. Mais rien ne pot ^

( i) Lequien , Or, Clirisi.f *• * ' ,1 P-S*" (a) Hammer, Hisi. des Otm-^^' '^

ILE DE TÉNÊDOS.

Calliste. « Puisque vous êtes si opiniâtre, lui dit révéque d'Aiûos, il ne reste plus qu'à nommer un autre patriarche. — C'est tout ce que je souhaite , répliqua avec vivacité rinllexibie prélat. » Calliste fiit déposé par une assemblée d'évéques dévoués à Cantacuzène ; car cette Église grecque, çui ne voulait pas se reunir au saint-siége, était à la merci du pouvoir temporel. Le patriarche déposé se retira à Ténédos, aujprès du prince pour lequel il s'était sacrioé.

Deux ans après, Jean Paléologue rentrait triomphant à Constantinople, et Cantacuzène s'enfermait volontairement dans un monastère (1365). En quittant Ténédos , Paléologue eu avait confié le gouvernement à un Italien appelé Martin. Or, les Grecs voyaient avec jalousie les Latins s'établir dans leur Ue et y devenir plus riches et plus puissants qu'eux.

L'un des principaux Grecs de Ténédos , Pergamène , engagea ses compatriotes à se révolter contre l'empereur pour se débarrasser des Latins, i Au premier bruit de cette conspiration, Jean Paléologue équipa plusieurs galères, et fit voile vers Ténédos. Dès qu il parut , tout rentra dans l'ordre; les habitants se soumirent, et livrèrent Pergamène, que l'empereur envoya à Thessalooique pour y être renfermé dans une étroite prison. Jean Paléologue resta dans l'Ile pendant quel-

âue temps, pour y éteindre Jusqu'aux emières étincelles de la rébellion (1).

Cependant ces dissensions des princes grecs avaient favorisé les progrès des Turcs. Captacuzène les avait appelés en Europe : ils dominaient sur les deux rives de i'Hellespont; le commerce des Italiens était menacé de perdre ses voies de communication. Les Vénitiens voulaient au moins s'assurer Ténédos, qui était à la fois un rempart contre les Turcs et un établissement très-propre à protéger leur commerce dans l'Archipel etdans lamerl^ïoire. Ils chargèrent Nicolo Faliero, leur bayle ou consul à Constantinople, de proposer à l'empereur de leur céder Ténédos. Mais Jean Paléologue ne voulut point consentir à cette cession, quelque avantageuses ^ue fussent les ofûes qui lui furent fsdtes

(i) Lebeau, Hût, du BaS'Empire, 1. CXIV, t XX., p. 3a6.

(1364); mais peu de temps après il se vit forcé d'abandonner cette Ile, sans compensation. Renversé du trône par une révolte de son fils Andronic, et jeté en prison, Jean Paléologue s'était adressé pour trouver les moyens de recouvrer sa liberté au Vénitien Carlo Zeno. Venise était particulièrement intéwssèt à cette délivrance ; car la rébellion du jeune Andronic était soutenue par les Génois , dont elle favorisait les intérêt» commerciaux (1877). Pour stimuler le xèle de Carlo Zeno, l'empereur captif lui envova un diplôme signé de sa main ,

Sar lequel il cédait aux Vénitiens cette e de Ténédos, dont ils convoitaient la possession depuis si longtemps, et qu'il avait refusé de leur vendre à des conditions avantageuses. Il y avait alors à Constantinople une escadre de dix sa- 1ères, chargée d'escorter le convoi des mardiandl^ de la mer Noire et commandée par Marc Justiniani. Dès (]ue Carlo Zeno lui eût remis la concession impériale, Justiniani se hâta de cingler vers Ténédos. L'officier grec qui commandait dans nie ne fit aucune difficulté de la livrer, en voyant la si^ture de l'empereur son maître. Justiniani établit dans la capitale de file une forte garnison; puis il remit à la voile pour Venise. Le sénat vénitien fit équiper des renforts, et décida que Carlo Zeno et Antonio Venieri seraient chargés du gouvernement et de la défense de cette importante acquisition.

Cependant les Génois de Galata, apprenant ce qui venait de se passer , en conçurent de vives inquiétudes. Us sentaient que les Vénitiens, devenus maîtres de Ténédos, pourraient profiter de la position de cette île pour leur intercepter toute communication, non-seulement avec Gènes, leur métropole, mais encore avec presque toutes les nations de l'Eu* rope, et que leur commerce en souffrirait un préjudice inappréciable. Ils se concertèrent avec Andronic, qui avait aussi de vife ressentiments contre les Vénitiens. On équipa une flotte de vingt-deux galères; Andronic en prit le commandement, et vint mettre le siège devant Ténédos (novembre 1377). Mais la bravoure de Carlo Zeno et de ses soldats lui fit éprouver dételles pertes, qu'il fut bientôt obligé de se rembarquer honteuse-

L'UNIVERS

meot avee ses alliés les Génois (1). Mais ceux-ci ne se tinrent pas pour battus; la ffuerre continua entre G ènes et Venise, et devint générale. Gènes se dédommagea de son écnee sur Ténédos par la prise de Famagouste; elle pressa si vigoureusement les hostilités, que Venise se vît à deux doigts de sa perte. Mais Victor Pisani sauva sa patrie par la victoire de Chiozza (1580), qui détermina les Génois à consentir à la paix. Elle fut conclue à Turin, au mois d'août 1881, sous la médiation du comte de Savoie. Par ce traité Venise gardait Ténédos ; mais elle était obligée d*en démolir les fortifications.

Ce ne fut que deux ans après que cette convention de la paixl de Turin reçut une entière exécution (2).

Ténédos fut enlevée aux Vénitiens par Mahomet II. Ils ne désespérèrent pas de la recouvrer. Pendant la guerre de Candie, la flotte vénitienne reparut dans TArchipel, et s'empara en 1666 de Ténédos, après un siège de quatorze jours. L'Hellespont fut bloqué : le pnx des vivres renchérit subitement à Gonstantinople; Toque de riz monta à cent cin-

3uante aspres , et le prix de toutes les enrées suivit une progression pro- Sortionnée (8). Les Tun» équipèrent une otte de trente-deux galères pour débloquer les Dardanelles et reprendre Ténédos ; mais à deux reprises différentes un furieux vent du Nord les empêcha de prendre terre , et ils ne purent rien faire

(x) Lebeau, i7û/. du Bas-Empire, 1. LXY, t. XX, p. 4i5, 448.

(i^ On trouve dans le sixième volume des ÎÀbrt dei Patti sept pièces relatives à la démolition des fortifications de Ténédos. Le traité de Turin sert de base à tous ces documents , qui sont publiés dans le dixième volume de V Histoire des Ottomans de M. de Uammer, comme pièces justificatives. Le recueil des Libri Pactorum ou Libri comme' moralium, désignés plus communément sous les noms de Patti ou Commemoriali, se trouve à Venise , dans les archives qui occupent les dépendances de l'ancien couvent de Saaia Maria ^riosa de' Prari, Il se compose de neuf volumes in-fol. dont M. de Mas- Latrie vient de publier récemment le catalogue. Voyez Archives des Missiotu scientifiques , juin x85i.

(3) Hammer, Hist, des Ottom,, X , SqS ; Dapper, p. tSg.

de toute Tannée. Ce ne fut qu'en 1657 ou'ils purent forcer le Vénitien Loredano , qui défendait la place avee une garnison de sept cents hommes, à se rendre à composition. Depuis ce temps Ténédos ne sortit plus des mains des Ottomans. Les Grecs de cette tie ne prirent pas part à la guerre de Tindépendance : Ténédos resta la principale station navale des Turcs pendant cette guerre ; mais le 9 novembre 1823 leur flotte y fut incendiée par Canaris.

« I^ous étions deux brûlots pour Texpédition de Ténédos, disait Canaris à un capitaine anglais qui Tinterrogeait sur cet exploit, tm Hvdrioteet moi. Les gardecôtes de Ténédos nous voient sans dé- Gance doubler un des caps de Ttle. Nous portions pavillon turc, et paraissions fuir la poursuite de quelques bâtiments grecs. Oblige de passer entre la terrs et les vaisseaux turcs , il me fut impossible de m*accrocher comme la première fois au bossoir de l'amiral. Je profitai donc du mouvement de la vague pour faire entrer mon beaupré dans un des sabords du navire turc, et dès qu'il fut ainsi engagé, j'y mis le feu en criant aux Ottomans : Cornus, vous voilà brûlés comme à Chics t La terreur se répandit aussitôt parmi eux; fort heureusement , car mon brûlot ne s'étant pas bien enflammé , je remontai à bord pour y mettre une seconde fois le feu , et je pus me retirer dans mon canot sans aucun danger, car ils ne tirèrent pas même un coup de fusil. » Le vaisseau amiral s'embrasa avec une tdie rapidité, que de plus de deux mille hommes qui le montaient, le capitanpacha et une trentaine des siens parvinrent seuls à se dérober à la mort.

Cependant, le second brûlot, commandé

{)ar THydriote Cyriaque, mettait le feu à *un des plus gros navires de la flotte turque; les canons, qui s'échauffent, tirent successivement ou par bordées, et quelques-uns, chargés de boulets et d'obus , propagent l'incendie. Les soldats de la lorteresse, croyant les Grecs entrés dans le port de Ténédos, canonnent les vaisseaux musulmans. Ceux-ci sortent oonfosément de la rade, se brisant, s'incendiant les uns les autres. Dans le canal de Ténédos , ils sont assaillis par une violente tempête. Pendant que les

ILES DE LA niOPONTlDE.

I^rcs se débattaient au milieu des flammes et des flots, les équipages des brûlots , formant un total de dix^sept hommes, assistaient à la destruction de ta flotte du sultan. Les deux vaisseaux incendiés par les brûlots sautèrent avec un épouvantable fracas; deux frégates et une corvette, abandonnées de lenrs équipages, furent emportées par les courants jusqu'aux atterrages de Paros; d'autres périrent, corps et biens; deux autres frégates et douze bricks firent cûte sur les plages de la Troade. • 0 TénédosI Ténédos! s'écrie Pouqueville(l), s'exaltant par le récit de cette oeuvre de destruction, ton nom rendu célèbre par la lyre d'Homère et de Virgile, ne peut plus être oublié quand on parlera de la gloire des enfants aes Grecs. » Quant aux Grecs de Ténédos, ils restèrent entièrement étrangers à cet enthousiasme, et ne bou-

§èrent pas plus qu'auparavant. Leur Ile emeura sous la domination des Turcs.

(x) Hist. de la Régénération de la Grècêf I. IX, c. I, t. lY, p. aar.

Lorsque MM. Mîchaud et Poujoulat visitèrent l'Orient, en 1830, ils trouvèrent ]»s Ténédiens très-sattsfaits de leur con* dition. « Les Grecs de Ténédos ne ressemblent point à ceux aue nous avions vus sur les côtes d'Asie; la révolution de Morée ne les occupe point ; ils paraissent plus tranquilles et plus heureux. Il v a quelques mois que la Porte a mande à Stamboul quatre primats de Ténédos, pour savoir si les Grecs avaient des plaintes à former; les primats ont répondu que la population grecque de Tlle était contente du gouvernement (1). »

Ces gens-là, du reste, sont tort pauvres* Ils n'ont aucun genre d'industrie; ils Tivent du commerce de leurs vins, et quand leurs vendantes sont finies, ils n'ont plus rien à faire, et ils passent leur temps au café. Mais enfin si chétive que soit leur existence, ils ont le bon esprit de s'en contenter^ et cela vaut mieux pour leur bonheur que toutes les richesses qu'ils n'ont pas.

(i) Corresp. et Orientât, III, a6S.

ILES DE LA PROPONTIDE

Après Ténédos, si l'on se dirige vers le Nord, en longeaot la Troade, on aperçoit sur la gauche un petit groupe dlles basses, que les anciens appelaient les Calydnes ou les Laguses, et que les vieilles cartes marines dési|;naientsonsle nom d'tles Mavarea, Mauna, ou Maures.

Elles sont nommées dans des cartes

S lus récentes Taouchan-Adassi ou îles es Lapins, traduction du nom de Laguses, que les anciens leur avaient donné pour désigner les seuls habitants qu^on y trouve (1). « Puis l'Hellespont prend son essor ; la mer presse la terre , battant de son flot tourbillonnant la barrière qui l'arrête , et arrachant l'Europe de l'Asie « (2). L'Hellespont est ce détroit qui met en communication la

(i) Dapper, Description de F Archipel, p. aSg.

(a) Plin., Hiât, Nat., V, 4o, i.

mer Egée et la Propontlde, autrement dites rArchipel et la mer de Marmara.

On l'appelait encore détroit de Gailipoli, ou bras de Saint-Georges ; mais aujourd'hui on le désigne communément par le nom de détroit des Dardanelles. A l'entrée du détroit sont les caps Sigée en Asie, et Mastusia en l^bersonèse de Tbrace, aujourd'hui cap Janissari et cap Grego. Plus loin , le détroit se resserre et la côte d'Asie projette vers TEurope le cap Trapeza, aujourd'hui cap Berbier, sur le(}uel était située la ville d'Abydos, vis-à-vis de Sestos , qui occupe la côte de Thrace. En cet endroit l'Heliespont n'a que sept stades de large ( 1288 nôtres) (1). C'était là que s'dSéctuait ordi* nairement du temps des anciens le passage d'Europe en Asie; c'est là que Xerxës établit ce pont de bateaux sur le*

(i)V\in,^aist.Nat.^lV, iS, ii.

L'UNIVERS

quel son immense armée franchit ce bras de mer qu'il a appelé si justement une rivière salée. Les anciennes Dardanelles occupent remplacement de Sestos et d*Abydos. Plus tard à l'entrée du détroit, BOUS Mahomet IV, au milieu du dixseptième siècle, les Turcs construisirent les nouvelles-Darda Délies , ou château d*Enrope et château d'Asie, afin de compléter la défense de ce détroit qui ouvre aux flottes ennemies le chemin de Gonstantinople. En 1717 Alexis Orloff, qui venait de brdier la flotte des Turcs à Tchesmé et de détruire le château de Ténédos, voulut forcer les Dardanelles.

Elles furent défendues par un Français, le baron de Tott, qui nt élever de nouvelles fortifications sur les deux rives du détroit. Néanmoins tous ses travaux de défense sont réputés peu formidables; et c'est dans le droit des gens et dans la politique du système européen, qui interdit le détroit aux navires decuerre , ?ue réside la vraie garantie de nnviolailité des Dardanelles.

Les rives de l'Hellespont présentent une suite d'admirables points de vue.

« Rien n'est au-dessus oe l'aspect que nous avions le soir, dit Dallaway , du lieu où notre vaisseau était à l'ancre , et d'où nous voyions les deux châteaux opposés. L'air était doux comme dans le printemps , et les feuilles des arbres commençaient à revêtir leur couleur d'automne. Environ une lieue au-dessus des diâteaux, le canal tourne si considérablement et sa direction est tellement dissimulée, qu'on croit voir un lac immense dont les bords sont garnis de villes et de villages avec leurs tours et leurs minarets; des vignobles et des troupeaux de chèvres sont répandus sur les pentes des montagnes; enfin l'on aperçoit tous les accidents de la scène la plus pittoresque. Dans le centre est une belle baie, dont les eaux semblent enfermées par le promontoire, de sorte

au'on n'aperçoit pas qu'elles débouchent ans la mer de Marmara. En cet endroit Tépithète de large Hellespont, qu'Homère donne au détroit, peut n'être pas considérée comme une licence poétique, surtout si on l'entend d'une largeur relative et comparée.... A mesure que Le vent nous favorisait, nous avancions dans notre voyage. Nous observions que

la c6te d'Asie était la mieoxeQMel la plus agréable pour la nriété de II verdure et la beauté de ses eoiM formés en Quelque sorte par les radtf du mont laa se prolongeant josquàlr mer (1). »

Voici, selon Pline, quelles soit l9 îles de la Projpontide. « Eo 6ff Ir Gyzique , Élapnonnesas , d'où éA I marbre de Gyzique, appelée aosii M et Proconnesus ; puis Ophiuse, Ae»

thus, Pbœbé, Scopelos, Porplpeci Halone avec une ville; DelphiMia.P^ lydora, Astaoseon, avec une ville;en face deNicomédie, Deioooaéw;s delà d'Héraclée, en face de )i ' Thynias, que les barbares Bitnynia ; Antiochia en face de rk éi Rhyndacus, Besbicns, dedii-bvlv^ pas de tour; Élaea, les deux Des B»

dussa, Érébinthodes, N^alé, ù^ Pityodes (2). »

Ile de PEOCOifintsB.

De toutes ces îles, doot plosie aujourd'hui inhabitées, oobliéeietsaM nom, la plus considérable est ranaes* Proconnese, que l'on appelle roaintamt Marmora ou Marmara. Scylai distmg»

Proconnese d'Elaphonèse, tk fO«fle, plus petite et plus rapproche de a côte. Strabon signale deux ProoooDtfes.

l'ancienne et la noiwelle, im« «>°* sait pas bien s'il entend pritf de m villes ou de deux îles diércotts (5,.

Quoi qu'il en soit, 111e ictoelle delUf mara est située à l'entrée de •« Ç^ tide, à qui elle a donné aojoord'WBS" nom , et se présente sur te^^'^jjyjjr vigateur qui débouche de» ^^"JJÎ^S comme une masse de rochers «stMp Cette île est assez fertile, mas P habitée. Elle était renommée (Wr* tiquité pour ses abondantes carners

marbre^ qui foumirentà laeoBs«^ de tant d'édifices (4), etd'oùontat»

le marbre qui fut employé daosw'^ numents de ConstanUnopl^* ^ Au septième siècle araot mj^ tienne, Proconnese reçut aae«"^

(i) Dallaway, Constantînopte, etc^^"'*"

(a)Plin., V.U. ^ ^„

(3) Slrab., XHI; 'ftuchn., I^9«-

(4) PUn„ XXXVI, 6; tt^^ ^

ILES DE LA PROPONTIDE

milésienne, comme toutes les ailles des côtes Toisines , Cyzique , Priapns , Abydos, Percote, etc. Plus tard elle fut occupée par une colonie athénienne, dont rétablissement nous est attesté par le ^and Rtvmologue (1). Après la répression de la révolte des Ioniens, Pro- Gonnèse fut prise et brdlée par les Phéniciens de la flotte de Darius (!t). Après la guerre roédique , elle fit partie de Tempire maritime des Athéniens ; mais son histoire se perd au milieu des événements généraux de Thistoire grecque.

Proconnèse est la patrie d*Anstée, poète épique qui avait voyagé chez les Scythes et qui avait composé un poème en trois livres sur la guerre des Arimaspes avec les Gryphons, peuples du Nord de r Europe au sujet desquels Aristée débita et accrédita beaucoup de fables.

« Aristée de Proconnèse, nls de Caystrobius, dit Hérodote (3), écrit, dans son poème épique , qu'inspiré par Phébus , il alla jusque chez les Issédons ; qu'audessus de ces peuples on trouve les Arimaspes, qui n'ont qu'un œil ; qu'au delà sont les Gryphons qui gardent l'or, etc.. On a vu de quel pays était Aristée, ajoute l'éminent conteur, mais je ne dois pas passer sous silence ce que j'ai ouï raconter de lui à Proconnèse et à Cyzique. Aristée était d'une des meilleures familles de son pays; on raconte qu'il mourut à Proconnèse, dans la boutique d'un foulon où il était entré par hasard; que le foulon ayant ferme sa' boutique, alla sur-le-champ avertir les parents du mort ; que ce bruit s'étant bientôt répandu par toute la ville , un Cyzicénien, qui venait d'Artacé, contesta cette nouvelle, et assura qu'il avait rencontré Aristée allant à Cyzique et qu'il lui avait parlé ; que pencfant qu'il soutenait son dire avec force, les parents du mort se rendirent à la boutique du foulon avec tout ce qui était nécessaire pour porter le défunt au lieu de la sépulture ; mais que lorsqu'on eut ouvert la maison, on ne trouva Aristée ni mort ni vif; que sept ans après il reparut à Proconnèse , il y fit ce poëme épique que les Grecs appellent mamtenant Arimaspies,

(i) Raoul Rochette, Col. Grec., III, a 54.

(a) Hérodote, VI, 33.

(3) Id., IV, x3, suir.; Plul., Rom., aS.

et qu'il disparut pour la seconde fois. » Ce n'est pas tout, trois cent quarante ans après cette seconde disparition, Aristée vivait encore, et Hérodote retrouva la trace de son passage chez les Grecs d'Italie. « Les Métapontins content, dit-il, qu'Aristée leur ayant apparu leur commanda d'ériger un autel à Apollon, et d'élever près de cet autel une statue à laquelle on donnerait le nom d'Aristée de Proconnèse; qu'il leur dit qu'ils étaient le seul peuple des Italiotes qu'Apollon eût visité ; ^ue lui-même, qui était maintenant Aristée, accompagnait alors le Dieu sous la forme d'un corbeau, et qu'après ce discours il disparut. Les Métapontins ajoutent qu'ayant envoyé à Delphes demander au Dieu quel pouvait être ce spectre, la Pythie leur avait ordonné d'exécuter ce qu'il leur avait prescrit, et qu'ils s'en trouveraient mieux; et gue sur cette réponse, ils s'étaient conrormés aux ordres qui leur avaient été donnés. On voit encore maintenant sur la place publique de Métaponte, près de la statue d'Apollon, une autre statue qui porte le nom d'Aristée, et des lauriers qui les environnent. Mais en voilà assez sur Aristée. »

Ce fut pendant le moyen âge que Proconnèse prit le nom de Marmara ou Marmora, qu'elle donna aussi à la Propontide. On a pensé qu'elle fut ainsi appelée à cause de ses carrières de marbre. Selon d'autres, ce nom lui vint de Georges Marmora, prince de la famille des Comnènes, à qui la souveraineté de Proconnèse fut concédée en 1 224 par Emmanuel Comnène, despote et duc de la Morée. Les lettres patentes contenant cette investiture méritent d'être rapportées. En voici la traduction telle qu'on la trouve dans le livre de Dapper (1).

Emmanuel Comnène^ par la grâce du Dieu touC'puissant duc au Péloponnèse, deS' pote de Romanie et défenseur de Vempire des Grecs :

Sadiaot qu'il n*y a rien de si juste que de

S rendre soin que ceux oui exécutent avec délité et avec zèle les ordres des Princes et 4es Rois, et les servent suivant les désirs de leur cœur, en soient récompensés par toutes sortes d'honneurs et de présents ; et principalement ceux qui, s'ex posant à toutes sortes

(ï) Descrtptf des lies, p. 49 t.

L'UIVIVERS.

de dangers diinot le coars d'une eraelle guerre, n'ont point épargné leur vie , et ont passé leur jeunesse au serrice de leur empereur dans la guerre qu'il avait à soutenir contre des ennemis barbares et infidèles : c'est aussi ce que nous faisons, honorant de

Krésents ceux qui nous ont assisté de tout mr pouvoir, dans la guerre qu'on avait entrepnse contre nous , partout oii la nécessité de nos affoires Ta demandé.

Ayant donc reconnu que le principal instrument dont Dieu s'est servi pour notre défense a été le très- noble et très-magnanime seigneur George Marmora, le plus illustre rejeton de noble race; ce seigneur généreux, honorable , vertueux et célèbre par son courage, qui est rempli de prudence, de sagesse et de la connaissance des belles choses, qui a souvent méprisé la mort en s'exposant volontairement à divers |)érils pour le bien de notre empire, et principalement lorsque, étant accouru en toute diligence à notre secours, nous obtînmes sur les Français cette célèbre victoire par laquelle nous les chassâmes de notre ville capitale et de toutes les terres de notre empire: nous lui cédons pour jamais l'Ile de Proconnèse, avec toutes ses places et contrées; en outre, une autorité absolue, et puissance de vie et de mort sur tous ceux qui y habitent, et inspection sur toutes choses selon son bon plaisir, sans aucun empêchement, et sans qu'aucun des habitants ry puisse jamais opposer, ou demander compte ou exiger de pension. Mais nous la lui donnons, afin qu'il en jouisse en propre, et ses descendants après lui, comme s'il en était le premier fondateur. Mous avons même d'autres raisons de lui faire ce présent ; en ce ^que le très-dément empereur Emmanuel de glorieuse mémoire donna cette fie à très- noble et très-magnanime seigneur Jean Comnène, grand-père de George sus?

nommé ; ce qu'il fit graver sur une médaille d'or, avec certaines réserves et obligation de le secourir dans tous ses besoins et dans toutes les guerres quil aurait à soutenir. Cest pourquoi nous voulons aussi à présent faire la même chose, savoir qu'en temps de guerre quatre vaisseaux, que nous aurons fait bAlir, soient pourvus comme il faut de rameurs, de soldats et d'armes de 111e même , pour défendre l'empire et empêcher qu'il ne puisse élre envahi par aucun ennemi.

Donné et ssellé, comme de coutume, dans notre cour royale , et ratifié par une bulle d'or, délivrée au susdit George, le douzième du mois de juillet la septième indiction de l'année 6782, suivant les Grecs, et de la naissance de Notre-Sauveur 1224.

EhNANUBL COBfNÈME, duC

Aujourd'hui Marmara n'est qu'un assez £Tos bourg, avec un bon port. U y a

dans 111e d*aatres Tillages : Fahtiatt Gamiato, environnés d*an paysage asn agréable et d*un aspeet pittoresqiK;Elâiaaki , autre village de iile, dont les bÉr tants; tous Grecs, voulant se soBStiÉ!

à la capitation, dédarèreat an aède dernier qu'ils étaient préu à se to »

solmans. Mais la Porte, nevoalaBtpi encourager les progrès de rislaoi»

aux dépens du revenu pablic, et cr»

ffnant les suites decet exemple, adooià four imposition; décision, ly'oateM laway (1), à quij'empnmtecefait,^ montre la connaissance que les Ton ont du caractère des Grecs moderoes.

Ceux des Grecs qui sonten^^iaiH les carrières de marbre joiiisiCit<icfi^ ques exemptions , d'après la labM foutique qui est pratiquée dans ffledeOiio pour la population empbjéeàlaadtSR de l'arbre a mastic.

Selon Dapper , il y avait daas rHe à Marmara plusieurs couvents ^o^ tages qui pourraient bien passer ea Earope pour des abbayes et des pria»

Ces couvents et ces ennita/fes àw habités, par des caloven qm y ois»

vaient une disdpline fort rigooifose,

tLBS YOISmBS DS HilKAlA.

Marmara est la plus consiAàai^'e d*© petit groupe d'îles situées en fecctfo nvage de la Mysie et au nord-ouest de /a presqu'île de Cyziquc. Ces îles sont :

Avésia , qui est la plus grande awo Marmara. Elle a un bowg P™ôP*[fî même nom , et deux autres bourgs, dosa l'un s'appelle Aloni et Fautre Arabiffl, c'est-à-dire le bourg des Arabesjpa»

qu'il n'est habité que par des ^ï®^ leurs descendants. Avésia doit étrelw Halone de Pline; elle est située àroj»

de la presqu'île de Qrziquc, «n «* d'ArtokL Elle est désignée sur p^ cartes sous le nom dlle Liman-Pac»

Coutalli, à Touest de la précéi*^ est d'une médiocre grandeur; dfc»^ village du même nom.

Gadaro, qui est la plus petite»*""^ a plusieurs nourgs et lieux baWM^J quelques couvents de caloyers./»^ trouve en abondance du blé, dû^'T; fruits, du wton, du bétail etdesp»»-

(i) ConsiantinopUj etc., t. Di >^*-

ILES DB LA PROPONTIDE

rages ; la péohe y est aussi fort abondante. Cette mer entretient une grande quantité de poissons, dit Dapper (1) ; ce qui est un grand avantage pour les Turcs et pour les Grecs, qui se nourrissent beaucoup plus de poisson que de chair. On voit en été une grande quantité de ces

Soissons , et surtout de marsouins et de auphins, nager par troupes au travers de la mer de Marmara pour se rendre dans la mer Ivoire , d'où ils reriennenl pour passer Thiver dans la mer de Marmara et l'Arcbipel.

Plus loin, vers l'est. Ton trouve Ftie anciennement aopelée Besbicus, aujourd'hui Kalolimm ou Galonimi. Plme la filace à Tembouchure du Rbvndacus, et ui donne du-huit mille pas de tour. Elle est vis-à-vis le cap Bouz-Bouroun , au* trefois Posidium , qui sépare les deux golfes de Moudania etd'Ismid, autrefois golfe de Gia et golfe de J^icomédie. La mer jette sur les rivages de cette lie et sur les côtes voisines une matière légère comme deréeume, qu'on vend fort cher à Venise et en plusieurs autres endroits.

On trouve aussi cette écume de mer dans les lies voisines de THeU^pont , et les habitants d'Imbros et de Lemnos l'appellent en langue vulgaire arkeii (2).

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