‹ Iles de la GrèceChapitre 19 sur 31 · ILES I>U NORD DE L'EUBÉE · texte numérisé non relu

ILES I>U NORD DE L'EUBÉE

Aa nord de llle d'Eabée et à Test de la Thessalie on rencontre un groupe d'iles, qui semble être comme un prolongement interrompu de la chaîne du Pélion. Ces tles, qui sont au nombre de ceuf , à ne compter que les plus considérables et celles à qui on peut assigner des noms , étaient , en commençant par le nord, Irrhésia, Gérontia, Polyaigos ou Solymnia, Péparèthe, Ikos, Scandîle, Halonese Sdathos et Scyros.

Les trois premières n'ont ni géographie ni histoire ; elles correspondent auiourd*hui aux trois îles d* Arsoura-Nisi, ou Ile Plane, de JouraNisi, ou lie du Diable, et de Pélérisse ou Pelagnisi.

PÉPABÀTHS. — Péparèthe est plus connue dans Fantiquité ; elle était renommée pour ses vins et son huile. Pline (1) dit qu'elle était surnommée Evœnus, £2o'.voç. Elle avait une ville, située sur son rivage oriental , et qui s'appelle aujourd'hui li Dromiy ou Chéliaromia. Cependant la concordance de la gét^raphie ancienne et de la moderne est fort difficile à établir pour ces petites Iles obscures , qui se confondent les unes avec les autres et auxquelles les cartes assignent des positions différentes. Selon les unes Péparèthe serait llle actuelle de Lanio , dans d'autres elle est appelée Se^ lidromi, ou Pi péri. Ailleurs on trouve le nom de Pipéri donné à un petit tlot situé à l'est ae Joura-Nisi, et qui ne peut être l'ancienne Péparèthe. Forbiger lui donne actuellement le nom de Skopelo (2) , tandis aue pour d'autres Scopelo représenterait Tancienne Halonese. Il y en a, au contraire, qui mettent Halonese à l'endroit où nous plaçons Péparèthe.

Mais sur tous ces points il n'y a qu'incertitude, et je ne sais si l'on pourra jamais parvenir à quelque résultat défimtif sur ces questions, oui du reste ne valent guère liionneur aune discussion (8).

(i) Handbuch devait, G€og^,,X, m, p. loaa.

(3) On ne peut rien inférer de précis dei

▼•gueiénumératioiisqiie Su*abon et Pline fonl

Cette tle dut appartenir aux Athéniens dans le temps qu ils eurent la domination de la mer Egée ; elle leur fut enlevée par la Macédoine. On voit dans Polvbe (1) qu'Attale, roi de Pergame et allié des Romains, y fit une descente, et que Philippe ni le repoussa. Ce prince avait fait étaolir à Péparèthe des signaux de feu qui l'avertissaient de tous les mouvements des flottes ennemies. Ces signaux de feu. télégraphes des anciens, existaient dès le temps de la guerre de Troie, comme on Je voit dans V Aqamemnon d'Eschyle , où la sentinelle placée sur le toit de 1 maison du roi d'Argos « épie sans cesse le signal enflammé, ce feu, éclatant qui doit annoncer que Troie est prise ».

Halonese. — Halonese, dont la position est souvent confondue avec celle de Péparèthe, doit être phse au sud de la précédente. Telle est du moins la place que lui donne Kieppert, dont le grand Atlas hellénique me sert de guide. Forbiger lui donne le nom de Khiliodromia.

Mais Khiliodromia ou Sélidromi nous parait être plutôt Péparèthe; et Halonese doit correspondre à l'île appelée aujourd'hui Scopelo. Quoi qu'il en soit de sa position, Halonese a sur toutes ses voisines l'avantage d'être le sujet principal d'un discours qui se trouve dans la collection des harangues de Démosthène (2). Il est vrai (Hie Libanius prétend quMl n'est pas de Démosthène , mais dUé^ésippe , un autre orateur du temps. Ce discours était une réponse à une lettre que Philippe avait adressée aux Athéniens , au sujet d'Halonèse. Halonese appartenait aepuis des siècles aux Athéniens ; elle avait été récemment occupée par des pirates. Philippe , plus pmssant et plus actif qu'Athènes, où l'on parlait plus qu'on n^agissait, les en chassa, et garda l'Ile pendant quelque temps; puis, sur les rédama-

decesilei. Cf. Plin., loc. c; Sb'ab., IX, p. 436.

^i) Polyb., X, 4a ; M. de Maréellus , Épisodes, II, p. 75.

(a) Dem., deHalon, p. 75, ooU.Didot, p. 40.

L'UNIVERS

tioDS du peuple athénien , il écrivit une lettre où il se prétendait l4;itime possesseur d*Halonèse , ajoutant qu'il était orét à en faire présent au gouvernement aAtbènes. Cest à cette offre insultante que répondait le discours de Démosthène ou d'Hégésippe; Torateur y soutient que Ton ne oevait pas recevoir Halonèse des mains de Philippe comme un don, mais comme ime restitution. Mais , selon Tusage , on discourut beaucoup sur r Agora, et Halonèse resta au roi de Macédoine.

Aujourd'hui Scopelo et tout le groupe voisin aDpartiennent au royaume de Grèce. £lle est le chef-lieu de Téparchie de ce nom , oui fait partie de la monarchie de r£ui)ée.

SciATHOS. — Llle de Sciathos, dit Dapper , est encore appelée Sciatho et Sciathi par les Italiens , et Scietta dans les cartes marines. Elle est située à deux lieues à Fextrémité septentrionale de Scopelo ou Halonèse et à la même distance du cap Saint-George ou Sépias, qui termine la chaîne du mont Pélion, aujourd'hui Zagora. Elle a vingt-deux ou trente milles d'Italie de circuit. Cest une tie rocailleuse et stérile. Dans le temps de l'invasion de Xerxès, les Grecs avaient établi à Sciathos trois vaisseaux d^observation et des signaux de feu. Aussi en est-il souvent question dans Hérodote (1), pendant tout le récit des combats de TArtémisium.

Sciathos fut possédée successivement par les Athéniens et les Macédoniens; quand la Macédoine succomba sous les coups des Romains et de leurs alliés , Sciathos fut , comme toutes les îles de ce groupe , en butte aux attaques d'Attale, des Rhodiens et des Romains confédérés. Alors Philippe HI prit ses précautions. « Sciathos et Péparèthe , dit lite-Live (2) , villes qui n^étaient pas sans importance et pouvaient offrir a la flotte ennemie une conquête utile et fructueuse, furent détruites par ordre du roi. » Après que les Romains eurent conquis la Macédoine, ils négligèrent beaucoup toutes ces petites îles, qui devinrent le repaire des pirates. Pendant la guerre contre Mithridate (87) , Bruttius Siura

<x) Hérodote, Vn, 179, i8<, x8a;yiIL 7. (a>Tite-UTc,XXX,a8.

leur reprit Sciathos (1), et fitcoops ks mains a tous ses prisonoien. Mais aioR la piraterie infestait toute la Méditem* née, et pour un pomt où elle Hàttprimée, elle jouissait de runfwûté dam cent autres. Pompée dâ)arrassa Jes on de ce fléau, 66 avant Jésos-Chnst ^> Pendant la guerre de TiodépeiKiiBS Sciathos servit de refuge aoi Gras <^ l*île d'Eubée (3); aujourd'hui eik M partie, comme les îles voisioes, de f«*

parchie de Scopelo.

Icos ; Se ANDiiB. — Cesdeoxtesocî

situées à l'est de Péparètbe , dans b £rection de Scyros. La première /app^* aujourd'hui Sarakino ou Wm, d l'autre Scangero ou Scantawi.M»* core Scanda , selon Dapper. D» «s trois noms on reconnaît da rate f»cienne dénomination, plusooiuoiiisatérée. Dans Scylai, on foitqw H?

d'Icos, toute petite qu'elleest, renfa«« deux villes, ce qui l'avait fut snrDO»mer Dipolis. Toutes ces tics wot^ rées de rochers et d'écueils, qoi «ateit la navigation Irès-diffîciie dans «ttc partie de l'Archipel. Les VénitifiB o^ cupèrent ces îles avant les Turcs, et » commerce italien, qui te fr«fl°^ beaucoup alors, les a depuis itontonées. On peut voir dans ftpfjer <"«.«• tails assez circonstanciés sar m flar^* tion de ces parages (4).

ILBDBSCT106.

Scyros doit son nom à son »^^J*^ et rocailleux. Au moyen âgettlew«^^ pelée par les Italiens San-Geof«w« Sdroou simplement ScjTO,Dom<P^

porte encore aujourd'hui. Elw.^lfrr au nord de l'île d'Eubée, M àjw»

groupe dont nous ^eaonsé'ts^^^ principales îles. Elle s'étend du ww»

(i) App., Bell. Mitir.» »9- '^.^ 2^.}/.^;.TV,7.1agéoéro«téd'A^^^

gard des Athéniens, auxquoi « w^'^^

(a) Eckhet donne ^^V^^l^^y^ des monnaies de Halonèse, dlirbo^ ^ uatèthe et de Soialhos. Voyer J^^ Bosckh, Corp. Inser,, t U, p- ^rZn, cription en Thonneur de SepUnit*^ trouvée à Sdathot. «« ^

(3) Pouquefille, ffti/. </» ^ <>^' ^^

(4) Dapper, Description, ^^:\ty^ SUIT. Voir aussi BuondelnKoU, i^ ntm, p. i3o.

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