‹ Iles de la GrèceChapitre 20 sur 31 · ILES DU NORD DE L'EUBÉE · texte numérisé non relu

ILES DU NORD DE L'EUBÉE

sud, par 22« !(/ de longitude et 39* S(f de latitude, sur une longueur de ciuq à six lieues. Ses cdtes sont extrêmement découpées, et les yaisseaux y trouvent fiidiement un abri. Cette île est fort éle- Tée; elle a deux sommets qui la dominent à ses deux extrémités, le mont Co* cbila au sud et le mont Saint-Élie au nord. Elle est terminée au sud par le cap Rena. Son principal cours d*eau est le Géphise, qui se jette dans une baie, sur la côte occidentale de Ftle. Sur cette baie, dont quelques tlots défendent l*en trée, et qui forme un grand port, était Fancienne ville de Scyros (t). La principale richesse de Scyros consistait dans ses carrières de marbre de diverses couleurs. Elle avait des mines d'argent, où Ton trouvait le sil foncé , matière colorante employée dans la peinture. Les eaux qui coulent dans ses mines et ses carrières ont la propriété de pétrifier tous les arbres qu'elles arrosent. Les anciens s'étonnaient beaucoup de la pro* priété singulière d*une pierre de Scyros qui flottait sur Teau sous un grand vo* Inme, et qui tombait au fond quand elle était réduite en fragments (2).

Les chèvres de Scyros, selon Strabon, donnaient un excellent lait ; mais elles avaient le défaut de renverser souvent les vases où on venait de les traire. Aussi appelait-on chèvres de Scj^ros les gens qm ne savaient pas soutenir leur bonne conduite et chez qui de grands défauts venaient se mêler a de bonnes qualités. £n somme, Scyros était une tle pauvre et chétive; et quand on voulait donner l'idée de quelque chose de misérable on disait proverbialement : Cest le royaume de Scyros.

Vue de Scyros fut primitivement habitée par des Pélasges et des Cariens ; mais elle n*a pas d'histoire avant le rèffne du roi Lycomède, qui doit toute sa célébrité aux souvenirs de Thésée et d'Achille. Thésée, devenu odieux aux Athéniens , « s'embarqua pour Scyros : » il pensait^ dit Plutarque , y avoir des amis, et il possédait dans Ttle quelques biens paternels. Lycomède était alors roi de

(i) Ptol.,III, i3, 47. Voy. Forbiger, m, p. XI 38.

(a) Plin., n, io6, x3; XXXI, ao, i; XXXIII 56, I ; XXXVI, a6.

Scyros. Thésée alla le trouver, et le pria de lui rendre ses terres , disant que son intention était d'y faire son séjour; il lui demanda, suivant d'autres, du secours contre les Athéniens. Lycomède , soit pour la crainte que lui inspirait la renommée d'un tel homme, soit dans le but de complaire à Ménesthée , le conduisit sur les montagnes de l'Ile, soi-disant pour lui montrer de là ses terres , et le précipita du haut des rochers. Thésée périt dans la chute. Quelques-uns disent qu'il tomba en faisant un faux pas, comme il se promenait après souper , selon son usage. Personne dans le temps ne tint compte de sa mort. Après les guerres Médiques, Phédon étant archonte, la Pythie ordonna aux Athéniens, qui l'avaient consultée, de recueillir les ossements de Thésée, de leur donner une sépulture honorable , et de les garder avec soin. Mais il n'était pas facile de s'en saisir, ni même de reconnaître le tombeau, à cause de la férocité des barbares de l'île, qui n'avaient aucun commerce avec les autres peuples.

Cependant Cimon, s'étant rendu maître de Scyros, s'occupait activement de cette recherche, lorsqu'il aperçut, dit-on, un aigle qui frappait à ^coups de bec sur une sorte de tertre, et^ touillait avec ses serres. Cimon, saisi tout à coup comme d'une inspiration divine, fit creuser en cet endroit, et on y trouva la bière d'un homme d'une grande taille, et à côté un fer de pique et une épée. Qmon fit charger ces restes sur la trirème. Les Athéniens , ravis de joie , les accueillirent avec des processions et des sacrifices ; c'était comme si Thésée luimême fût revenu dans la ville. » Le temple qu'ils élevèrent alors en l'honneur de Thésée se voit encore au pied de l'Acropole, et c'est le mieux conservé de tous les anciens monuments de la Grèce.

Lycomède régnait encore au temps delaffuerre de Troie (1184). Achille avait rait alliance avec lui, en épousant sa fille Déidamie, dont il eut un fils, Néoptolème ou Pyrrhus , gui fut élevé dans l'île de Scyros. Des poètes bien postérieurs à Homère supposèrent qu'Achille avait été caché à Scyros par sa mère Thétis , qui voulait le dérober aux dangers de la guerre de Troie. Cest la

LUNIVERS.

légende chantée par Stace dans VAchilr léide. « Sur les rochers qui bordent la mer, et où les vagues retentissent, Thélis, inquiète, délibère en elle-même pendant la nuit, et chercb-^ ians sa pensée le pays où elle doit cadier Achille. La Tliraoe est très-rapprochée sans doute , mais trop belliqueuse ; la Macédoine , trop sauvage; Athènes, trop amie de la gloire ; Sestos et les ports d^bydos sont trop accessibles aux vaisseaux. Restent les Cyclades. Mycone et Sériphe lui déplaisent, ainsi que Lemnos, injuste envers le sexe masculin, et Délos, visitée de tous les peuples du monde. La cour du paisible Lycomède, les nombreuses jeunes filles et les bruits joyeux

du rivage de Scyros Voilà Tabri qui

plaît pour son enfant à la craintive mère(l). »

A u lieu de cette fade et fausse légende, voyez la vigoureuse tradition des temps homériques. Achille, soit auMl ait épousé ou non Déidamie, fille ae Lycomède, vient assiéger Scyros , où régnait alors le roi Enyée. Il prend cette ville, à laquelle Homère donne si justement Fépithète d*a{;cera ; il la pille , et parmi le butin se trouve la belle Iphis , quUI donne à son ami Patrocle. Sur le point de marcher contre Troie, il y laisse son filsP^éoptolème (2). « Hélas, s*écrie-t-il, quand Patrocle n*est plus, je n'aurais pas été plus sensible à la perte de mon fils qu'on élève à Scyros, si tant est que mon cher Néoptolème vive encore : Tavais toujours espéré que je périrais seul sur ce rivage, que tu me survivrais, mon cher Patrocle, que tu t'en retournerais à Phthie , que tu prendrais mon fils à Scyros, que tu le mènerais dans mon palais, et que tu le mettrais en possession de 'mon royaume. » Ce fut Ulysse qui alla chercher Néoptolème à Scvros pour le mener contre Troie, où if avait son père à venger. Le jeune homme partit emmenant une troupe de belliqueux habitants de Scyros (3).

b'apré le scoliaste d'Homère, cet Enyée, dépouillé par Achille, était le chef d'une colonie de Cretois. Cette émigration, dit M. Raoul Rochette n'était sans

^i^Slace, JchUL, I, sio.

(a) Hom., IL, IX, 668 ; XIX, 3a6.

(3) Id., Odfss., XI, 509.

doute qu'undétacbeinaitdelacoloiit qui , sous les ordres de Staphylus , s>fr blit dans les îles de Péparafaeetélcss, au témoignage de Scynanus de Chn.1 est certain, d'après de Dombreuss»

dieations, que les Cretois, umsanO riens, dominèrent dans ces parage anst

la guerre de Troie. Peut-être aiaie^ renversé Lycomède à S<rps : ce qui»

rait attiré les armes a Achilk aato cette île. Au r^ur de là goem^ Troie, Néoptolème trouva ses Etals fe réditaires envahis par AnlipbiKfiii Doriens. Le vieux Pelée, ^tif.êbl allé périr misérablemeat daos me à Cos. Dépouillé de ses Êtats^I^^f^ décida à en conquérir d'autre. H 3îat des droits, du chef de sa mère,nrrSede Scyros ; mais cette île était al«soaiy« par des rebelles ou des étrangsn'û* put s'en emparer, et il passa en £pife[i Au huitième siècle, seloo SeyœD», Scyros et les îles voisines dcPepaift»

et de Sciathos étant recoiuiuesdeseri& les Chalcidiens les repeuplèrent t«tes (2). Plus tard Scyros fat oecni* par les Dolopes. Ce futauxDolopesjl* les Athéniens renlevèreot, la t«»s«« année de la 77« olympiade (469 an^^ J.-C.). Voici commentPlutarguerMûW cette conquête, qui fulopéféepartim a^ « Scyros,diHl, était hahitéepardaDû»; pes, gens peu entendusdansbauiureûe

terres, etqui infestaient de twltoȣ^

mer par leurs pirateries. 11sb»«?S jusqu'à dépouiller ceuxqvuM^

chez eux pour y trafiqua- ï?*,^ chauds thessaliens, qui ctaf^aUn^ dans le port de Ctésium, ^^.^ par eux et jetés en prison; iMisi^'r peut leurs chaînes, s'éfadenl, « ^ dénoncer cette violation du dwrt»

Sens aux amphictyons. La viUe lui amnéc à dédommager IJS.dmJ®^

l'indemnité devait être payw rqui avaient pillé les mardands.^"^ saires , qui craignaient «^Jj^ payer, écrivirent à Cimon , ^JJ^lJ^ r^t de venir avec sa flotte pi«w^^ session de la vUle, qu'ils loi rcffl^»^

(0 Raoul RodieUe, M Ortc^x57, 379.

(a) Id., ihid., nr, p. ao3.

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