‹ Iles de la GrèceChapitre 21 sur 31 · ILES DU NORD DE L'EUBEE · texte numérisé non relu

ILES DU NORD DE L'EUBEE

entre les mains. Cimon y alla , 8*enipara de nie , en chassa les Dolopes , et rendit libre la mer Egée (1). »

Scyros fut enlevée aux Athéniens à la suite de la guerre du Péloponnèse ; mais elle leur fut rendue par le traité d* Antalddas (387). Après la mort d'Alexandre le Grand, Athènes, excitée parDémosthène , souleva la Grèce contre la Macédoine ; mais elle succomba dans la guerre Lamiaque, et Antipater la j^riva de ses dernières possessions maritimes , entre autres de Scyros, qui dès lors appartint aux Macédoniens. Après la bataille de Cynoscéphale, Quintius Flamininus la rendit aux Athéniens (2).

11 n*est pas nécessaire de dire que cette Ile fut ensuite soumise à l'empire romain, puis à celui des Grecs. André et Jérôme Ghizi se rendirent les maîtres de Scyros après la prise de Constantinople par les Fnmçais et par les Vénitiens.

Elle passa sous la domination des ducs de Naxos. Guillaume Carcerio en fit la conquête, et la laissa à ses descendants. Son petit-fils Nicolas Carcerio, neuvième duc de FArchipel, en fit fortifier le château avec beaucoup de soin, sur Tavis que les Turcs, qui commençaient à passer des côtes cTAsie en Grèce, avaient dessein de s'en emparer, pour avoir une retraite dans l'Archipel (1345). Les Turcs vinrent, en effet; mais ils furent si vigoureusement repoussés, qu'il n'en resta pas un seul. On voit encore les ruines de ces fortifications, que les Turcs,

(i) Plut., C/m., vin, 4 ;Thuc., 1, 98 ; Diod., Sicul., XI, 60, 2.

(a) Tit.-Liv., XXXUI» 3o.

qui en furent maîtres depuis la destruction du duché de Naxos, ont laissées périr (1). Scyros n'a qu'un seul village; il est situé sur un rocher escarpé, à dix milles du port Saint-Georges. Outre ce port , qui est spacieux et d'un très-bon mouillage, il y a encore dans cette île le port flfef TroU'Bovches, où l'on pénètre

SBr trois passages, que forment deux ots placés à son entrée. Le monastère deSamt-Geoiges, situé près du villaee, possède une image d'argent, en feuille très-mince, sur laquelle on a ciselé grossièrement saint Georges et représenté ses miracles : cette feuille, qui a près de quatre pieds de hauteur, sur environ deux pieds de largeur, est clouée sur une pièce de bois qui a un manche comme une croix et que l'on porte comme une bannière. C'est cette image, échappée, dit-on, à la fureur des iconoclastes, qui opère tant de miracles et qui châtie surtout ceux qui n'accomplissent pas les vœux

Su'ils ont faits à saint Georges (3). L'île e Scyros produit assez de blé et d'orge pour la suDsistance de ses habitants; le vin forme sa principale richesse; elle est abondamment pourvue de bois, lentisques, myrtes, chênes verts, lauriersroses, pins. On y trouve de nombreux troupisaux de moutons, beaucoup de gibier, des perdrix surtout, et toutes les roches donnent des fontaines d'une eau exGfil 1 ente

Aujourd'hui elle appartient à la Grèce, et fait partie de l'éparchie de FEubée.

(i) Tournefort, Voy, du Levant, I, 447. (a) Id., 1. 1, P. 449 ; Saugcr, MUtoire now çeÙe des Dues de f Archipel, p. 177.

ILE D'EUBEÉ.

DESCRIPTION ET HISTOIBS DE l1lB

d'eubbb pendant les temps anciens (1).

GÉOGRAPHIE générale; POPULA- TION. — La plus grande des iles de la mer Egée, l'Ëubée, se prolonge du nordouest au sud-ouest, parallèlement à toute rétendue actuelle des côtes orientales de la Grèce du nord, depuis le golfe de Lamia iusqu*à la |)ointe du Sunium , ou peu s en faut. Très- voisine du continent, elle en suit à peu près les contours , et semble, au delà de Tétroit canal qui l'en sépare, en continuer le développement,

(i) Tout ce travail sur la géographie et Vhistoire de Vile d'Eubée pendant les temps anciens n^est que la reproduction abrégée d'un mémoire de M. Girard , membre de TÉcole Francise d'Athènes. Ce mémoire a été publié intégralement dans le deuxième volume des Ârchiçes des Missions scientifiques; c'est là que je renvoie pour les citalious et certains développements. Chargé par TAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres d'explorer tàe dEubée et de la décrire exactement, M. Girard l'a parcourue en tous sens dans trois voyages successifs, et nous en a donné ainsi la description la plus exacte et la plus complète

3 ne nous avons. Je suis heureux d*avoir pu isposer, grâce à l'obligeance de mon confrère, de cette intéressante étude, qui ajoutera tant d'intérêt à mon livre, et qui fera connaître à ses lecteurs toute l'importance des travaux d'exploration entrepris sur le sol de la Grèce par les membres de l'École Française d*Athènes. Voyez encore sur l'île d'Eubée : Pelugk , Renan Euboicarum Spécimen, iSag, in- 4°. — Dans la collection de Walpole, Travels in vanous Countries ofthe East, a vol. in-4'*, 18 1 8, la relation du docteur Sihthorp , t. II, p. 34, et la Description des Ruines du mont Ocka, par Hawkins, t. H, p. a85. — Une Dissertation d'Ulrichssur le temple de Junon du mont Ocha, insérée dans les Annali delt Instituto di Correspondenza Archeologiea, 184a, p. 5. — Dans les Kleine Schriflen de F. G. Welcker, t. m, p. 376, se trouve un article qui résume tous les travaux des archéologues sur les ruines du mont Ocha.

en même temps qu'elle entenBloenastamment Thorizon par laligoelieiect variée de ses h<iuts sommets. Elle fit considérée par les géolosncs fomi prolongement méridioDai de la duii de roiympe ; elle se dirige dansleoèt sens. Sa longueur, mesarée parles»

ciens, atteint le chiffre de dooKCtiti stades, c'est-à-dire environ qoanU^ huit lieues; sa largeur, fortio^ s'élève au plus à celiiide ceotoo^uafité stades (six lieues), et descadsfo^ beaucoup au-dessous. Sa cooSiitiâKA^ montagneuse, comme celle detnifi »

îles grecques : dans les boolerer^^ ou les modifications du globe, e'est^ les montagnes qu'elles se sootfofjtf au milieu de la mer, ou ont réaste j»

envahissements. Maisdaos zm^sa^ peut-être il n'est plus fecile de ^ d'une manière générale le traTail && fentement de la nature, et de retssnaître jusqu'à quel point, en fonusî une nouvelle terre, elle a pu marqafl d'avance aux hommes où et (sam ils devaient y vivre et s'y déreiopper.

Au centre de l'Eubée, m^^^ ^ «^ se rapproche le plus d«coodDeot,«eflh ble avoir porté surtout reôortdecciu création : là s'est élantée entoe « pic la plus haute montagne, le ueip actuel (1,743 mètres );. et en œe^ temps, comme pour h» *'^'L^ base suffisante, illc s'est mw dans sa plus grande ^"f^^?^^ dant vers la Béotie les plaines desûa»

à former les territoires de Cbalos»"'' rétrie. , .*

A ce système central du IJ^^P; ^ tache, pour ainsi dire, ^^ff^^ reste de l'île. Vers le sud desww «^ chaîne secondaire, dont ItflF^'^

§uliers sont étroitement w^-^ eux côtés par la mer, JOS<I"iVf(> aient joint la masse dessomj^Tjjjt cha , qui terminent lUe «" *^«, de nouveau. Au pied àt ^^^^^3^ et au fond d'une baie "voff^ tournée vers l'Attique et les tj"^ devait s'élever Garystos.

ILE D'EUBÉE

Du cdté du nord le rétrécissement de TEubée est beaucoup moins sensible.

La haute chaîne du KatuUli longe la côte occidentale, et presque partout s'élève à pic de la mer; son dernier prolongement ya former à Touest , au delà du golfe de Lipso, lapresquMledeLi^Aada ; dans la direction opposée, elle étend ses ramifications jusqu au promontoire d'Artémisium, ouvrant ainsi sur le canal de Trikéri une belle plaine et de riches vallées. Cette partie était naturellement désignée au développement d'Oréos, la quatrième ville de TEubée qui ait un nom dans Thistoire.

Ainsi une disposition de la nature

{)aratt avoir déterminé au centre de lie et à ses deux extrémités les trois points qui devaient acquérir de Fimportance. On serait même tenté d'attribuer à un soin providentiel ce fait , que ces positions sont marquées dans le voisi* nage et en regard du contin^t En général , les côtes orientales sont inhabitables, ou toutau moins désavantageuses à rhabitation. Le Delphi plonge dans la mer Egée, dont il est plus voisin, les pentes abruptes de ses grands contreforts. Entre, cette montagne et TOcha , à peine dans une pareille étendue se présente-t-il une rade mal abritée auprès de vallées d'une importance secondaire; celles de Koumi ; et de même , en remontant versPArtéroisium, on ne trouve guère de place que pour le petit port d'une ville obscure , 1 antique Cérinthe. Au contraire, c'est sur les rivages de l'ouest et du nord, près du canal d'Eubée ou de celui de Trikéri, aue se développent les plus grandes plaines , de même que s'y élèvent |les villes historiques ; en mieme temps les ports et les abris sûrs s'y multiplient. Onoirait même que ces rivages ont modifié leur nature suivant l'importance des pays continentaux qu'ils regardent : ainsi, tandis qu'en tace de la Locride et des parties les plus obscuies de la côte béotienne, les falaises escarpées du Randili s'interrompent à peine un instant entre la plaine de Ghalcis et la baie de Lipso, Chaleis , Ërétrie , Carystos et d'autres villes intermédiaires sont situées vis-à-ns de l'Attique ou à la hauteur de Thèbes et des points prindpaux de la Béotie.

Telle est, d'une manière générale , la

contexture de l'Eubée. Cest un des pays les plus heureusement dotés par la nature; il offre une étonnante variété de productions et de richesses : les céréales de toutes sortes, qui dans le nord et dans le midi sont magnifiques; la soie, le coton, la garance; le vin, dont le centre fait un commerce considérable; les produits des troupeaux, célèbres dès rantiquité, n'en eût-on pour preuve que le bœuf type ordinaire des monnaies anciennes de toute Ttle ; les bois de construction, fournis par les grandes forêts du nord ; des mines de cuivre et de fer , fameuses chez les anciens; des li^nites, exploités par les modernes ; l'amiante et d'autres minéraux précieux; enfin, des sources chaudes, d'une efficacité reconnue.

Aussi l'Eubée fut-elle habitée dès les époques les plus reculées. Cest d'abord la mythologie qui se charge de la peupler. Dans les traditions obscures, dont il ne nous est parvenu que des lambeaux , on distingue deux catégories.

Les unes se rattachent à la formation volcanique de Ttle. L'Eubée se ressent des luttes des Titans etdesCentimanes, dont les montagnes voisines, l'Othrys, le Pélion et l'Ossa en Thessalie, et les champs de Phlégra , dans la presqu'île dePallène, furent le théâtre. Elle semble particulièrement consacrée à un Centimane vainqueur , Briarée, dont le culte se conserva sous ce nom à Carystos , et sous celui d'OEgéon à Chaleis. Elle recouvre les demeures profondes du monstre, dans lesquelles elle le sent encore s'agiter. Elle est également le séjour du géant Tityos , qui y reçoit la visite de Rbadamante, conduit par les Phéaciens. Tityos était honore dans l'Ile , où un héroum lui était consacré; et on y montrait un antre appelé Élarium , du nom de sa mère. Le ms du titan Phaéton fonde Ërétrie. Enfin Orion , fils de la Terre, fut élevé en Eubée, ou s'y rendit en venant de Sicile. La ville d'Oréos, d'après ime étymologie, lui doit son nom. Située entre les bois, des montagnes et la mer, elle méritait d'être choisie par ce héros, amant de Diane et protégé de Neptune. Ces deux divinités, auxquelles le mythe d'Orion se rattache, furent en Eubée l'objet d'un culte particulier.

LUNIVERS.

Ces légendes sur les géants sont justifiées par ce que nous savons des révolutions physiques de TEnbée. Cest sans doute, comme le croyaient les anciens, Tune de ces révolutions qui la sépara du continent béotien , et forma ce canal , le plus étroit que Ton connaisse. Cette explication est plus vraisemblable que la tradition rapportée par Lucien, d après laquelle Tidée de percer Tisthme de Corinthe aurait été inspirée à Néron par le souvenir d*un roi des Achéens qui creusa TEuripe. Pline prétend qu*un tremblement de terre arracha de TEubée rtle de Céos, qui fut presque entièrement dévorée par les flots. Nous trou- Tons dans Tantiquité d'autres témoignaces , dont plusieurs appartiennent déjà a rhistoire. Des villes furent submergées ou détruites en partie, des rivages déchiréi, comme les falaises du Kandili ou les ravins de TOcha l'attestent aujourd'hui par leur aspect aussi certainement que les écrits des anciens. Maintenant encore des secousses fréquentes se font sentir à Chalds.

Les secondes traditions mythologi-

2ues semblent avoir été apportées en lubée , principalement par les Curetés de rtle de Crète. Elles ont d*abord rap-

Sort aux premières années de Jupiter et e Junon ; ces deux divinités s'unissent sur le mont Ocfaa. Les Curetés viennent avec Jupiter , qui les laisse pour garder rile et le temple de Junon ; puis TEubée devient le théâtre des jalousies de la déesse, parce gu'elle recde les fruits des amours du roi des dieux. Dans une caverne située du côté de la mer Egée (1), et appelée tétable de la vache ^ Bob; a&Xi{, lo, métamorphosée, enfante Épaphus. Son gardien , Argus le Panoptes, est tué par Mercure dans un lieu qui emprunte a ce souvenir le nom d^jérgaura.

Aristée re^it en Eubée, des mains des femmes thebaines fugitives, la ciste mystique qui renferme le jeune Bacchus , et le fait élever par sa fille Macris. Cette njrmphe; ^attire ainsi le courroux de Junon , qui la chasse de File.

Ici, dans le mythe d* Aristée, est le lien des traditions Cretoises, avec d'autres , qui sont communes à toutes les

(i) Peat-étre sur le mont Dirphis, le Delphi actuel , où Junon était honorée.

Cyclades et font de Diane et é*ÂM Ion les plus antiques divinités de eaue. On vient de voir que dans le mytedt) rion le culte des Enfants de la "forte de la mer se rapprochait é^jÊiemmà celui de Diane.

Aristée, fils d'Apollon ddelanjspk chasseresse Cyrène, partage ploM^ des attributions de son pèie^etestiKiquefois confondu avec lui dans les mneurs religieux dont il est l'objet Cs Apollon, bienfaiteur des homms s la terre, et se mêlant à leor vie de p^

Eres qu'il ne convient ao plus baM abitant du dd. Aristée organîK h n pastorale, enseigne aux homsMs ksgà des troupeaux , Part d'élever leiaàaflei et d'extraire l'huile du fruit ëe Foivier ; il protège chez eux TenCanee de Baechus; comme sa mère, qui doofteks lions , il chasse et extermine les mmaux malfaisants ; comme son pèrt. i connaît les vertus des herbes salslss^

Tous ces attributs conviennent fsfaitement à FEubée, pajrs de pâtsiss et de chasse, riche en vignes et es cfeviers, où le nord et le midi proAûnt un miel célèbre, et dont une moDtagK i Tantique Téléthrion, était fameost pti ses plantes médicinak». Une ville d^ Nisa, complètement Inconooe do reste, avait conservé, comme soirvour du séjour de Bacchus, une ^ropnélé merveil* leuse : un jour suffisait à la vkoe pour fleuriret porter des grappes m&cs.

Au milieu de cette mytholoçe eoafuse , que les Grecs eux-mêmes se swciaient peu de mettre en ordre, si Vm en juge d'après rincohérence de less témoignages , rhistoire a d^à comaKS* ce. Les Curetés sont one cofooie créiaise. Dans un temps qui n*est plat fî^ demi fabuleux , Bfinos passe poor atv dominé sur les mers et conquis os p»

plé le plus grand nomlnrecMsÇfci»

L*Eubee fut évidemment eomoaatém ce grand mouvement de oolonoaliia^ct en garda des traces plus durables fs^ cune autre tle. * K- --«^

A une date contestée, soit mÊÉâmt àMinos, soit postérieure au lègtf^^

S rince et même à la guerre de es Cariens et des Phénideus rent les lies. Il s'établit des en Eubée, dit Strabon, qui founit tim un argument à la première c^iM*-^

ILE D'EUBÊE.

Toisinage de Thèbes donne de la valeur à la tradition qu*îl rapporte. La colonie des Curetés a dû être la dernière ou la

Srincipale. Ils prirent plus tard le nom 'Abantes> d*Abas, petit-fils du second Érechthée et prince ionien, qui régna sur nie; et il semble que même sous des maîtres étrangers ils aient formé la plus grande partie de la population , car Homère nous montre au si^e de Troie les Abantes d'Élépbénor fidèles à la coutome dont les Curetés tiraient leur nom, tf}ci6sv xopi6ii>vxcç.

Mais la population oui finit par dominer en Eub^ est celle des Ioniens venus de TAttique. lis s'établirent dans nie en plusieurs fois : d'abord sous «le règne du premier Érechthée , dont le fils, Pandorus, passe pour le fondateur de Chalds. Vers la même époque, iEdus et Cothus , fils de Xuthus, dont Strabon fait à tort des chefs de colonies postérieures à la guerre de Troie, s'établissent dans Érétrie, et fondent Cérinthe dans le nord. Ellops , leur frère ou fils d*Ion, fonde Eliopie à Textrémité septentrionale, et possède toute cette partie. Des établissements subséquents confirmèrent la prédominance de la race ionienne, particulièrement dans le centre et dans le nord.

Les deux principales villes du sud, Carystoset Styra, fondée par des Dryopes de Thessafie, gardèrent toujours leur population primitive. La première tirait son nom d'un fils de Chiron, venu probablement de la Phthiotide. Il était naturel que TEubée reçût des habitants du nord ae la Grèœ, dentelle était voisine. C'est de la Phthiotide que lui vinrent les Éoliens, à une époque reculée; plus tard ils s*y arrêtèrent aussi, lors de leur émigration générale, sous la conduite de Penthilus, soixante ans après la guerre de Troie, ils occupèrent même^ à une date incertaine, une grande partie de nie. Les Perrhèbes contribuèrent à la fondation d'Histiée, ancien nom d'Oréos.

Le Péloponnèse fournit aussi son contingent à la population de l'Eubée. Une tradition veut que le héros Eurytus , roi d'OEchalie en Aiessénie, soit venu mourir dans cette Ile, après que son royaume eut été ravagé par Hercule. Le premier nom d'Érétrie Mélanéis viendrait de Méianéos, père d'Ëurytus, et celui-ci

35* Livraison, (Ilb de l'Eubbe.)

serait mort dans une autre OEchalie, qu'il aurait fondée sur le territoire de cette ville. Des Doriens d'Élide et des Triphyliens de Maciste s'établirent à Erétrie.

Enfin, en même temps que les Doriens, les Éoliens et les Ioniens, il semble que la quatrième branche hellénique ait eu aussi ses représentants en Eubée. Une ville y portait le nom d'^Egée , comme celle d'Achaîe , et était, comme son homonyme , consacrée à Neptune. Cette double communauté de noms et de traditions religieuses est au moins une présomption. Lucien parle d'un roi des Acheens en Eubée.

De toutes ces traditions sur les origi* nés de la population de l'Eubée sont venus la plu|Mirt des différents noms de nie : Juacris, nom aue lk>n explique aussi par sa forme allongée ; Eubêsa, que les étymologies mythologiaues font venir ou de la grotte dlo (Bo6{ o&Xij), origine bizarre, ou de la nymphe Eubée, fille d'Asopus, le principal fleuve de la Béotie, et que les explications naturelles attribuent a ses pâtura^ et à ses cultures: Asopis^ dénommation fréquente chez les poètes; Abantèsi Ocha, nom qu'elle emprunte à sa montagne la plus poétique; Chalcis, qu'elle doit à un autre nom de la nymphe Eubée, ou à ses mines de cuivre.

La forme longue et la position géographique de l'Eubée la divisent naturellement en trois parties : le centre, le nord et le sud; divisions que l'histoire a consacrées, comme jqous I avons indiqué plus haut.

PRBMIÊBE PARTIE.

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