‹ Iles de la GrèceChapitre 9 sur 31 · PETITES ÎLES DE LA MEH IGAEIENNE · texte numérisé non relu

PETITES ÎLES DE LA MEH IGAEIENNE

La mer Icarienne renferme un certain nombre de petites îles, qui de tout temps ont servi de refuge aux pirates.

Les environs de Samos, de Nicaria, dos fies Fourni en étaient surtout infestés jusqu'à ces derniers tem ps, et , quoiqu*on leur fasse aujourd'hui bonne «masse, ils n'ont point encore entièrement disparu.

« Les marins ne traversent pas ces détroits sans être saisis de crainte, dit un voyageur moderne (1); car c'est là que les corsaires attendent leur proie ; tous les rivages que nous voyons sont bordés de criques , de petites anses , de ports formés par des écueils; les corsaires sortent de là pour tomber sur les navires marchands, comme les bétes fouves sortent de leurs antres sauvages pour attaquer les troupeaux et les pasteurs. »

Ces îles sont, en suivant la direction le l'ouest à l'est , à partir de Nicaria :

Iles Cohàssies ou îles Fouenn —

(i) Midiaud et Poujoulat , t III , p. 45i.

Ces îles sont situées dans le boghai qui est entre Nicaria et Samos, atniessous du vent, par conséquent un pnao sud du passage ; elles ont Nicaria à rouat et Samos au nord-est. Les anciens Rappelaient les îles Corsies ou Corassies, (K6âaiai, Kopdmiai) (I). « Leumomxtuel dlles Fourni vient, dit TourDéit de ce que les Grecs se sont im^ aue leurs ports, qui sont fortbofis, étaient creusés en manière de four (3]' Ces îles sont au nombre de dix-buitn vingt; mais il n*y en a aucune qui soit habitée. Les plus proches du grandi»ghaz sont le Grand-Fourni, SaiotHh nas ou le Petit-Fourni , et Fimeoa; ifi autres sont : Alacho, Petro, Prasonisi, Coucounes, Atropofages, Agnidro,$tnn* gylo, Daxalo et plusieurs autres, qvn'oot pas de nom.

« Celle de Saint-Minas, ajoute Toornefort, qui a herborisé dans ces iks,&i que cinq ou six milles de tour; elle est laite en dos d'âne, composée poor aflts dire de deux pièces, dont celle qui regarde Patmos est de pierre ordinaini couverte de terrain et de brousailte; Fautre moitié, qui semble lui avoir été collée, est du marbre le plus rareoBoa puisse voir, et c'est dans les feotesde ee marbre que naissent les plus belles plûtes de rîle, entre autres le liseron sii^ seau, à feuilles argentées, assez seiui)iablés à celles de l'olivier. La plupart (W autres îles sont longues, étioiies et traversées d'une chaîne de montagnes. Cas die, Samos, Nicarie, Patmos, Macrorua.

sont de cette forme. Il semble que la otf ait emporté peu à peu le pays plat, dont le fond était mobile, et qu'il n'y aif^J que les raines des montagnes qui ^ résisté à ses vagues. »

Ile de Tragia. — Cette île était»

tuée au sud de Samos, au-dessous du ci^ Ampelos, à moitié chemin eutre Saaos et Milet. Pline en fait mentioii. Piuï2^

Sue , Thucydide en parlent à Tooca^ e la guerre des Athéniens contre * mos (3). ei Un terrible combat s'eii^ près de l'île de Tragia, dit Plutarqoe,» Périclès y remporta une brillante ^ toire; car avec quarante-quatre w*^

(^i) Forbiger, Handb^ etc., II , p. «oJ.

(a) Tourner., I, p. 443.

(3) Plut, eér.^ a5 ; Tbucyd., I, n«-

LES SPORADES

seaux i] en d^fit soixante-dix, dont vingt portaient des troapes de débarquement. » voilà le seul souvenir légué par l'antiquité au sujet de cette lie. Aujourd'hui elle est inhabitée et sans nom.

ILB Phabmacusa. — Cette île s'appelle encore aujourd'hui Farmaco ; elle est située à la pointe de la Carie, où se trouvait le temple d'Apollon Didyme, que desservaient les Branchides, famille sacerdotale deMilet.Son histoire n'a qu'un fait ; le voici tel qu*il est raconté dans Plutarque (1). César, obligé de quitter Kome sous la dictature de Sylla, s'était retiré en Bithynie , auprès du roi Nioomède. « Après y avoir séjourné peu de temps, il se remit en mer, et fut pris auprès de l'Ile de Pharmacusa par des pirates, qui dès cette époque infestaient déjà la mer avec des flottes considéra* blés et un nombre infini d'embarcatioos légères. Les pirates lui demandèrent vingt talents pour sa rançon : il se moqua d'eux de ne pas savoir quel était leur prisonnier, et il leur en promit cinquante. Il envoya ensuite ceux oui l'accompagnaient dans différentes villes pour y ramasser la somme, et demeura avec un seul de ses amis et deux domestiques, au milieu de ces Ciliciens , les plus sanguinaires des hommes. Il les traitait avec tant de mépris que lorsqu'il voulait dormir, il leur envoyait commander de faire sQence. H passa trente-huit jours avec eux, moins comme un prisonnier que comme un prince entouré de ses gardes.

Plein d'une sécurité profonde , il jouait et faisait avec eux ses exercices, composait des poèmes et des harangues, qu'il leur Usait, et ceux qui n'en étaient pas touchés, il les traitait en face d'ignorants et de barbares ; souvent il les menaça, en riant, de les faire pendre. Ils aimaient cette franchise, qu'ils prenaient pour une simplicité et une gaieté naturelles. Dès Qu'il eut reçu de Milet sa rançon, et qvfi\ la leur eut payée, le premier usage qu'il fit de sa liberté , ce tut d'équiper des vaisseaux du port de Milet , pour tomber sur les brigands ; il les surprit à Fancre dans la rade même de Ttle; il les fit presque tous prisonniers, et s'empara de tout leur butin. Il les remit en dépôt dans la prison de Pergame, et alla trouver Junius, à qui il appartenait,

(i) Plut. Cas., I; Suet., t</., 4*

comme préteur d'Asie, de les punir. Ju* nius jeta un oeil de cupidité sur l'argent, qui était considérable, et dit qu'il examinerait à loisir ce qu'il ferait des prisonniers. César , laissant là le préteur, retourna à Pergame, et fit mettre en croix tous les pirates, comme il le leur avait souvent annoncé dans l'tle avec un air de plaisanterie. » Ainsi ce fut à Pharmacusa et sur des pirates que César, tout jeune encore , commença à montrer la supériorité de son génie , et à pratiquer le grand art de maîtriser la fortune et de dominer les hommes.

Ilks Lbpsia BT DB Lade. — Lepsia est à huit milles à t'est de Patmos et à dnq milles au nordiieL^éros. Elle s'appelle au-

ëurd'hui Lipso. Elle a au nord l'flot de yétussa, au sud celui de Parthénion.

Pline est le seul géographe oui en fasse mention (1). C'est encore a Pline que nous devons de connaître les noms des

Setites lies du çolfe du méandre au fond uquel était située Milet, et qui sont : « Ladé, appelée auparavant Laté ; parmi quelques tles sans nom les deux Qimé« lides, voisines de Milet; les trois Trogylies, voisines de Mycale, qui sont Psilos, Agennos, Sandalios (2). » Cest auprès de Ladé , qui était située en face de Milet, que se rassembla la flotte confédérée des Grecs d'Asie et des tles pour combattre contre les Perses. C'était pendant la révolted'Ionie, à l'instigation d' Arîstagoras et d'Histiée de Milet, que les Grecs avaient pris les armes pour s'affranchir de la domination des Perses (504 avant J.-C.) Mais Darius avait envoyé des troupes de terre, qui soumirent les prorinces rebelles du continent, et qui vinrent assiéger Milet. Quant aux Iles grecques d'Asie, elles n'étaient point en<^re soumises au grand roi. Cependant, elles prirent fait et cause pour Milet , et marchèrent pour la défendre. Les insulaires et leurs alliés furent vaincus à la bataille navale de Ladé (498) (3). Cette défaite replaça la Grèce d'Asie sous le joug des Perses, et prépara l'asservissement des tles que Datis et Artapherne réunirent quelques années plus tard à l'empire persan.

(i) PUn., H'tst. Nat„ V, ^^.

(a) Id., V, 36, a.

(3) Toir le rédt de celte bataille dam Hérodote, 1. YI, e. 7 et soiv.

ILE DE SAMOS

GBOGBAFHIB BT DBSCBIPTION DB L*!lB DB SAMOS.

Samos (Samo, Sousam-Adassi) ùlt

Sartie du groupe d'îles situées le long es côtes d'Asie Mineure et appelées Sporades orientales. Le sommet du mont Rerkl, point culminant de 111e dans la partie occidentale , s^étend par 57» 43' 48" de lat. nord et 24« 18' 6" de longitude est. Samos ferme au sud le golfe de Scala-Nova. A Test le détroit, nommé petit Boghaz, large de moins de deux kilomètres, le sépare de TAnatolie; à Touest le grand ooghaz. large de sept kilomètres et demi, s*étena entre €lle et les lies Fourni. La distance jusqu'à Nicaria est de vingt kilomètres, de soixante-cinq jusqu'à Cnios, et de trentesix jusqu'à Patino (Patmos ).

Autour de Tîle principale s'élèvent Quelques Ilots et quelques rochers de sa dépendance; ce sont : dans le petit bo* gbaz les îles Narthex ou Narthéds, refuges des pirates, qui de tout temps ont rendu ce détroit redoutable aux navipteurs; Samo Poulo, à l'extrémité de la pointe la plus méridionale de llle <cap Colonni); plus au nord, vers Scala- ISova, les îles Prasonisi ( îles de Boue), «nfin celles de Koth, près du port Vathi. Le nom de Samos, sous lequel l'Ile s'est illustrée , et qui la désigne encore aujourd'hui , n'est pas le seul qu'elle ait porté autrefois. Dans l'antiquité la plus reculée , elle avait dû à l'aspect boisé de ses montagnes , aux fleurs de ses plaines ou même à la tradition religieuse, d'autres dénominations; c'était Dryusa et quelquefois Cyparissia, Meiampbyilos, Anthémis et Stéphane , et aussi Parthenia (1), parce que les agnuscastusem-

(i) Strabon, X, p. 457; Pline, d'après

baumes de l'Imbrasus, son fleuve princt pal, avaient vu les premiers pas et les jeux enfantins de la cléesse Junon. A une époque que l'on ne peut déterminer, nie

Erit le nom de Samos, soit d'un de ses éros , soit , disait la fable , de la belle Samia, fille du fleuve Méandre, soit plus tôt d'un vieux mot grec ou phénicien

3ui signifie élevée et qui servait aussi à ésigner deux autres îles très-escarpées et une ville de l'Ëlide, construite aa sommet d'un rocher (1). L'aspect extérieur des rivages de Samos justifie cette supposition. « £n mer, dit M. de Chateaubriand (2), nous voyons des îles et des terres autour de nous, les unes rondes et élevées comme Samos, les autres longues et basses comme les caps du golfe d'Éphèse. » La côte occidentale est la plus abrupte; « une montagne nue et affreuse s'y présente au voyageur ; on l'appelle Catabacte, ou la montagne des précipices et des orages (3) »

Cette île élevée et montagneuse de Samos a de nombreux caps : au pied du Catabacte ou Kerki, s'allonge le promontoire de Samos ou Saint-Dominiçiue ; du rivage nord se détachent les pointes Saint-Nicolas, des Yourliotes, Ambelaki, le cap Tio, et à l'extrémité nordest, au-dessus des îles Prasonisi, le cap Praso; au sud-est, vers l'île Narthécis, le cap Posidium , où s'élevait jadis un temple de Neptune ; à l'extrémité méridionale le cap Blanc ou Colonni appelé autrefois Ampélos ; enfin , vers le grand Boghaz, le cap Fourni, vis-à^vis les Hes du même nom. L'étendue de Samos , évaluée par Pline à trente-sept milles de circuit (4) et par Strabon à six cents sta-

(^i) Dapper, Description' des lies de VArm dùpel, p. 190.

(a) Itinéraire de Paris k Jérusaiem, s* partie.

(3) Michaud et Poujoulat, Corresponda d^Orient, t. III, p. U«.

(4) PUne, Hist. Hfat.^ V, 37.

ILE DE SAMOS

des (1), pendant que Seylax plaçait cette fie au dixième rang entre Cnios et Corcfre, est, d'après desdocumeDts positifis et récents (cartes du dépôt de la marine), de quarante-six kilomètres du cap Saint- Dominique au cap Praso, et de vingt de la pointe Ambelaki au cap Blanc.

Le Kerki commence à Vouest une chaîne de montagnes , qui se prolonge dans-toute la largeur oe llle et jusqu'au cap Blanc dans la partie méridiODale ; elle était autrefois appelée TAmpélos.

Outre le Kerki (ancien Cercétius), les poiots culminants portent les noms d'Ambelona au centre de l'Ile, et de Tio à l'est. Quatre cours d'eaux et deux sources découlent de ces hauteurs ; ce sont : TAmphylissus , Flbettes, le Cbésius et rimOTasus , primitivement appelé Partbénius pour le même motif qui avait fait donner ce nom à Hle entière; les fontaines GigarUio et Leucothoé sont également mentionnées par Pline (2): oe sont peut-être leurs eaux fraîches et limpides qui forment aujourd'hui le ruisseau de Mytilène.

Autrefois, si nous en croyons les anciens auteurs (3) , nui ciel n'était plus clément que celui de Samos, nui air n'était plus pu^ que celui qu'on respirait parmi ses Jardins de grenadiers et de ôtronniers, qui fleurissaientdeux fois Tan. Selon les voyageurs modernes il n'en serait plus do même : un vent impétueux du nord , qui n'est interrompu oue par le calme de la nuit , règne pendant tout l'été. Cest la terrible tramontane; ses effets sont désastrueux : ce vent fait sentir les froids les plus vifis au milieu de la canicule, et « obscurcit tellement l'horizon ^'à peine peut-on voir à quelques centaines de pas (4). » A son souffle, tout se dessèche : les prairies, ^ui au printemps s'étaient couvertes de mille fleurs, se flétrissent et sont frappées de stérilité ; les arbres et les arbrisseaux du côté où vient l'ouragan languissent d^Mmillés de feuilles, et leurs tiges s'inclinent vers le sud ; à cette époque beaucoup de gens souffrent de douleurs de tète aiguës. En hiver il gèle peu, mais

x)Strabon, XIT, ch. ui, 169.

s) Pline, Hist. N^., T, 37 , x.

3) Hérodote, I» x4a ; Diod. de Sic, Y, Si.

4) Bartholdy, rof.tfn Grèce, x8o3-x8o4.

les pluies de février et de mars entretiennent une humidité malfaisante. Puis c'est le tour du sirocco, vent violent du sud, qui ébranle et quelquefois même renverse les maisons. Alors la mer semble en feu ; il tonne d'une manière effroyable; les ruisseaux se eonflent, et tombent comme un déluge du haut des montagnes, qui six mois plus tôt semblaient calcinées. Ces eaux , dont aucun travail n'a depuis des siècles facilité l'écoulement vers la mer, se sont accumulées dans une grande plaine à l'est de la ville capitale, Megalè-Chora , et y ont formé un vaste marais, dont les émanations pernicieuses répandent la mort.

« Plusieurs lies de l'Archipel, dît M. Bartholdy, sont malsaines et empestées, surtout Samos et Milo (1). » On voit combien les récits actuels diffèrent des assertions des anciens. Ce n'est pas que ceux-ci nous aient exagéré les mérites d'une tie illustre, ou que son climat se soit réellement modifie : le changement est venu de l'incurie des habitants. Us ont laissé se dégarnir les bois touffus qui protégeaient leurs montagnes contre les vents étésiens, et ils ont permis aux eaux du ciel de chaneer en un marais insalubre la plaine la plus fertile de l'Ile. Les productions du sol ont été appréciées diversement dans l'antiquité.

Selon Didore, sa fertilité lui avait mérité le nom d'Ile des Bienheureux(2). Le poète Ménandre lui avait appliqué ce proverbe grec : les oiseaux même y donnent au lait (3) ; i£thlius , cité par Athénée (4), assure que ses figuiers, ses vignes, ses rosiers se couvraient deux fois l'an de fleurs et de fruits. Mais Strabon lui refuse d'avoir jamais produit du bon vin , quoi qu'on puisse mférer du nom du mont Ampélos. Le dernier éditeur du livre de Buondelmonti (5) a pensé que l'Ampélos ne s'é-

(x) Yoir pour ces détails Touraefort , Voyage au Levant^ 1. 1, p. 4o4 et suiv., et Bartholdy, Voyage en Grèce, I. I, p. 139.

(a) Diod., y, 81.

(3) ^ipti 6py(6(i>v yéXa, Strtb., XIT, 9.

(4) Athénée, XIY, 635.

(2») M. L. de Sinner, dans son édition dn Uier insulamm Arehipelagi de Christophe Buondelmonti y de Florence; Lips. et Be« roi., XS94. Toy. p. ai z.

L'UNIVERS

tait ainsi appelé gue par antiplirase ; et voici comment, a Tepoque ae Trajan, Apulée s'exprimait au sujet deSamos :

« C'est one petite tle de la mer d'Icare, dont le sol, peu fertile en blé, rebelle à la charrue, ne produit ni vignes ni lé-

Sûmes ; la culture consiste tout entière ans la taille et la plantation des oliviers, dont le produit est plus fructueux que toutes les autres récoltes (1). » Il en est à peu nrès de même aujourd'hui de Samos; elle n'a plus cette fécondité qu'exagérait autrefois i£thlius; elle a perdu quelques-unes de ses richesses naturelles, et peut-être n'y retrouve-t-on plus ce fameux laurier aux feuilles noires dont parle Méléagre, dans le petit poème qu'il envoie à un ami sous le titre de la Couronne (2) ; mais elle donne du maïs et du blé, auquel les pauvres mêlent de l'orge et du millet ; avec les olives on y trouve des orangers, des citronniers, des flguiers dont le fruit est d'une grosseur remarquable, et ces grenadiers qui, semblables à ceux de TÉ^pte, avaient au dire de Pline des fruits rouges et blancs (3). La vigne constitue maintenant un des meilleurs rapports de l'Ile : les Samiens vendent leurs raisins secs , et font des vins muscats très-estimés , oui s'importent surtout en Angleterre et aans toute l'Allemagne (4). Si à ces productions on ajoute les melons et <rexoellentes pastèques, des concombres, des châtaigniers, si nombreux qu^un village en a pris le nom de Castany , des pins qui produiraient une térébenthine trèsestimée et seraient une ressource précieuse, si les habitants ne craignaient de se créer avec une nouvelle source de revenus un nouvel impôt, des mûriers, des cotonniers, des chênes, de superbes platanes , toutes sortes de fleurs , de la cire , le miel le plus délicat et quelques riantes médicinales, telles que le julep et la scammonée , on verra que la nature fait moins défaut à Samos qu'une culture soignée et une administration bien entendue.

Outre ces pr^uctions , il faut men-

{i\ Apaî., Florldes, XV.

(2) Jacobs, Antliolo^e Gr,, t. I, p. 70, V. 14.

(3^ Pline, Hlsù Nnt., XlII, 43.

(4) Panofka , He* Samiorum, p. -7.

tionner des richesses d'un autre geme:

à une époque où le mélinum , avec lequel les anciens faisaient la couloir blanche, jouait dans la peinture on rôte important , celui de Samos , sans étn très-estimé, parce qu'il était trop gras, était assez abondant (i). Il y avait dem sortes de terre de Samos, 1 une appdée collyre, l'autre (uter, qui entraient das la composition de remèdes opbthaliBiques, et servaient surtout à la fabrication d'une espèce de poterie fbrt estime chez les anciens (2). On trouve cdcqr à Samos quelques mines d'ocre et de fff. l'émeri , la pierre d'aimant et un bea marbre blanc (3).

Les animaux de 111e sont des cberaux et des mulets, qui, sans être beaux, sort bons marcheurs ; les montagnes caebest quelques loups et quelques chacals, des sangliers, des chèvres sauvages, dis ^ ches et beaucoup de lièvres. Le plus cé> lèbre des oiseaux de Samos est le paoo.

Sue les anciens Samiens avaient ji^ igné d'être consacré à la première des déesses, comme le plus beau de tous ks oiseaux , et que le poète Antiplmn disait originaire de Samos (4). Les perdrix s'y rencontrent en quantité prodigieuse; des francolins s'y sont eantoonés entre le marais de Mégalè-Chora et \a mer ; les pigeons sauvages , les toaIt^ relies, les bécasses, les héc^s^nes^ les grives y abondent, sans parier de J'hi* rondelle blanche, grosse comme une per drix, qui se voyait autrefois à Samos, m rapport du géographe Meletius. Les rivières, ainsi qu'un petit étang au sommet du Kerki, sont peuplées d'une sortt d'anguilles, précieuse ressource pour ks pauvres pendant la saison de pêche. Par* ibis aussi on rencontre quelques béKs venimeuses ; et Tournefort parle de b crainte où sont les voyageurs en lewÉ^ les pierres des ruines de mettre la maii sur un scorpion ou sur un serpent.

Descbiption de la ville de Sa- Hos. — Si on remonte aux temps »

ciens, la richesse et la puissance de S»mos éclatent surtout dans les nma-

(i) Pline, Hist. Nat., XXXV, hX (a) Id., Ibid,

(3) Tournefort, t. I, p, 4i3; TbévcMl, dorage au Levant, premièa^ paru, p. ao;.

(4) Athénée, XIY ; Yarro, />« Re MMtàea,

ILE DE SAMOS

ments cîtiIs et religieux ; Diane, Vénas, Minerre, Cérès, Apollon, Neptune, Bacchus, Mercure y avaient des temples fameux, mais de tous le plus célèbre était FHerŒum consacré à Junon. « C'est, dit Hérodote, un temple di^ne de renom, le plus^nd que j*aie jamais vu (1). » Et eette opinion est confirmée par Strabon, Apulée, Cicéron, Pausanias (2), qui Tont vanté à Tenvi. Les ruines de Taucienne Samos courrent une vaste étendue de terrain dans la partie sud-est de File, au pied d'une montagne , où cette ville s'étendait en amphithéâtre, vers la rive droite de llmbrasos, qui coule du nord au sud (S). C'est à vingt stades de ces ruines (environ S kil. 780 mètres), à égale dis> tance du fleuve et de la mer, que s'élevait le temple de Junon , bâti selon les proportions de l'ordre dorique (4). La superstition attribuait à cet édifice une origine divine. Ménodote, cité par Athénée (5), dit qu'il était l'ouvrage de Caricus et des njrrophes; Pausanias rapporte que, selon qnelques-uns, il avait été élevé par les Argonautes (6); Hérodote attribue sa construction à l'architecte Rbaecus, environ 700 ans avant J.-C. Incendié et détruit par les Perses , il avait été rebâti plus magnifique après la guerre de Cyrus contre les Samiens ; et jamais il ne cessa de s'enrichir, jusqu^ux jours où il fut pillé, d'abord par Verres, puis par Antoine, qui le dépouilla de ses plus précieux ornements, au profit de Cléopâtre. Indépendamment de la grandeur et de la beauté du temple de Junon , on y admirait encore la profusion avec laquelle l'or et l'argent avaient été mis en œuvre pour orner l'autel de trépieds, de vases, de miroirs et de tous les objets nécessaires au culte. Il s'^ trouvait une collection de tableaux précieux et de nombreuses statues d'airain, entre autres celle d'un joueur de cithare, qui passait pour Timage de Py-

S Hérodote, XI, 148; III, 60.

Sirabon , XIV ; Apulée, Florid., XV ; Cicér., in yerrem, I ; Pausan., VII, 5.

(3) Joseph Georgirène, Mrtrait dans les Nouv. jànnaies des Voyages, première série, t. XXV.

(4) Vitruve, Vn,Pr«f.

(5) Athénée, XTV, 655, a

(6) Pausan., Vil, chap. 4>

thagore. Void la description qu'en fait Apulée : « Elle représente, dit-il, un adolescent d'une admirable beauté ; ses cheveux , partagés sur le front, descendent sur les tempes, par derrière ils flottent en longues boucles, le cou est plein de noollesse ; les tempes sont gracieuses, les joues arrondies , une petite fossette creuse son menton ; il a la pose d'un mosicien, et regarde la déesse; sa tunique^ parsemée de broderies et attadiée par une ceinture grecque, tombe sur ses pieds, la chlamyde recouvre ses bras ; il ouvre la bouche , et la voix semble en sortir, on dirait qu'il va moduler un chant, tandis que la main approche l'archet prêt à frapper les cordes de la cithare. » La beauté de Py thagore , son talent pour la musii^ue ont luit penser que cette statue pouvait bien le représen* ter; mais il est plus vraisemblable qu'elle était l'image du citharède Bathylle ou de quelque autre favori de Polycrate (1). On y voyait aussi trois statues colossales , ouvrages du célèbre Myron ; elles représentaient Minerve, Hercule, et Jupiter; Antoine les avait enlevé<^. Auguste restitua les deux premières, réservant la troisième pour le Capitole (2). Il y avait aussi de superbes cratères ; Tun , a'airain , du prix de six talents et travaillé avec un art infini , avait été consacré à Junon par le navigateur Colseus, qui y avait employé la dîme de son profit (3). L'autre, primitivement destiné par les Lacédémoniens au Lydien Cré- 8US , pouvait contenir trois cents amphores; il était orné à l'extérieur des plus belles dselures. Les droits du temple de Samos à la possession de ce chefd'œuvre n'étaient pas bien établis ; les Samiens disaient que des Lacédémoniens chargés de le porter à Sardes le leur avaient vendu; mais les Lacédémoniens prétendaient qu'il leur avait été ravi (4). On voyait encore au temps d'Hérodote deux statues égyptiennes de bois envoyées par Amasis à son allié Poly crate (5) , et la statue de Junon , d'abord simple soliveau, ensuite oeuvre de Smilis,

(i) Apul., Florid. ^ XV.

(a) Strabon , XIV , 9.

(3) Hérodole,IV, i5a.

(4) Id., I. 70.

(5)Id., n, iSa,

L'UNIVERS

contemporain et émule de Dédale (1).

Tel ^it ee temple fameux , la première des trois merreilles de Samos; voici quels vestiges en ont trouvé les voyageurs.

En 1703 le célèbre Toumefort descendit dans rile, et reconnut à l'emplacement marqué par Apulée, entre la mer et Tlmbrasus, les débris de THérœum ; il en restait deux colonnes : Tune en morceaux; l'autre, à peu près complète , n'avait perdu que sa partie supé* rieure; les Turcs l'avaient bnsée à coups de canon, parce qu'ils comptaient y trouver un trésor. Ces deux colonnes sont du plus beau marbre ; mais Toumefort se méprend en croyant, contre le témoignage formel de Vitruve, y reconnaître Te genre ionique dans sa naissance. 11 est vrai que l'unique chapiteau qu'il ait vu a , dans une hauteur de un pied sept pouces, sur son tympan, haut d'un pied , des ornements en oves encadrés dans une bordure qui laisse échapper de ses entre-deux des espèces ae petites flammes ; en dessous, le rouleau est terminé par un petit cordon ou astragale (3). Poeocke compte dix -sept tambours à la même colonne, et observe que les bases qui restent sont d'une structure particulière; il s'étend en assez longs aétails sur la description de ces débris (3). « Mais à peine, dit Choiseul- Gouffier, trouve-t-on dans l'île de Samos quelques traces de son ancienne splendeur. » Nul monument , aucun de ces firasroents précieux dont tant d'autres endroits de la Grèce sont couverts, tout a disparu ; quelques monceaux de

Sierres sont les seuls indices qui conrment la situation de la ville ; enfin de ce temple de Junon , si célèbre dans l'antiquité, à peine reste-t-il aujoiurd'hui une seule colonne, à demi détruite (4). » 11 y a vingt ans cette colonne était encore debout, et deux voyageurs contemporains ont contemplé ce vieux débris

(r) Pausanias , YII , 4.

(a) Toumefort, Voyage au Levant, t I, p. 404 et suiv.

(3) Poeocke, i>e/crî/»r. de t Orient, t. lY, p. 406-409.

(4) Choiseul GoufBer, Forage pittor, dans Vempire Ottoman, t. I, cnap. vii. — On peut aussi consulter sur ces ruines DaUavay , Constantînoole anc. et mod., t. U , cfaap. u.

qui s'élevait solitaire à rextrémité du op Cora (1).

Le temple de Junon n'a pas biaé d'autres traces ; il ^ est à peu près de même des autres édifices qu'on adminÉ encore à Samos. Il ne reste que dlnfirmes débris de cet aqueduc dont Bartké' lemy fait, d'après les reoseigneoiati des anciens , la description suivante :

« Non loin des remparts, v^rs le nmi^ est une grotte , taillée à main dlioauDe, dans une montagne qu'on a percée de pirt en part. La longueur de cette grotte est de sept stades ; sa hauteur ainsi que a largeur, de huit pieds. Dans toute sm étendue était creusé un canal large ^ trois pieds, profond de vingt coudées. Des tuyaux placés au fond du canal amènent à Samos les eaux d'une sooret abondante qui coulait derrière h oontagne (2). • Hérodote mentionDeeneue, comme une des merveilles de Samos, œ môle haut de cent vingt pieds, Um de plus de deux stades, (}ui protégeai l'entrée du port de cette TiUe contre la violence de la mer (8). Il ne dit pas à qm était due cette grande constructiflo.

Quant à l'aqueduc, il ^ait Fceuvre d'Eapaiinus de Mégare. La ville de Samos avait été ceinte de murailles épaisses de dix, douze et quinze piedsetbâties^gros quartiers de marbreblane ; des tours Ga^ rées, également de marbre, proîégmssA le mur de soixante en soixante pas.

partout où la montagne n'toit pas asso escarpée (4) ; enfin des fossés larges et

Erofonds avaient été creusés pàt des Lesiens que Polycrate avait udta priseeniers après une bataille navale. Au |àed des hauteurs , Tournefort et Pooodt ont reconnu l'emplacement du th^treâ de l'amphithéâtre dont parle Plutarqoe danslavied'Antoine(5). « Ila« dîtlevo^ geur anglais , deux cent quarante piéit de diamètre et Tespaoe (fes sièges dixhuit ; il est bâti de marbre blanc, et Fos j entre par une porte de dix pieds d'oe-

(i) MM. Michaut et Poajoulat, C^nf< pond, décrient, t. IH, p. 454.

(a) Barlhélemy , F(^. du Jeanm jiamk,, t. VI, p. 339; Hérod.y m, 60; Toumefiirt, 1 1, p. 409.

(3) Hérod., in,6o.

(4) Id., III, 54.

fS^nial. FUd:jnt.,S^.

ILE DE SAMOS

▼erture. L'architecture en est mstique ; les pierres en sont arrondies de manière qu'elles forment presqu'un quart de cercle ; et il y a au bas de cbaqae assise, de distance en distance, des espèces de tenons , qni serraient probablement à les placer (1). » Quant à VAsty' palcda, citadeJle de Polycrate (2), au JLctura, ruelJe où le t3rran avait r^ni les femmes les plus belles (3), à la colonne qui s'éleFait dans Y Agira portant inscrits les noms des Samiens libérateurs de leur patrie opprimée par les Perses (4), au Pàietés , lieu où étaient déposées les cbatnes des Mé^riens (5) , et aux temples de Jupiter Sauveur, de Diane, d'Apollon, à celui de Vénus, bâti par les courtisanes oui avaient suivi Périclès dans son expédition contre Samos (6), à celui de Bacchus, élevé par le navigateur Elpîs , tous ces édifices ont entièrement disparu -, on a commence à les démolir pour la construction des monuments de Constantinople. Plus tard les Vénitiens en ont déplacé et enlevé des fragments entiers , et le reste des débris a servi à bâtir Mégalè-Chora et quelques chétives bourgades.

Megalè^ora (7), autrefois habitée par Tagaet le cadi, est encore, dit Tour nefort, la résidence de l'archevêque et du petit nombre de familles turques qui restent dans rae. Elle est située sur un rocher, à une demi-iieue à Fouest de ^ancienne Samos; W s^ trouve un assez grand nombre d'émises (8i) et deux cent cinquante maisons pauvres et mal bâties. A une petite lieue vers Test s'étend la baie de Gora, appelée aussi Tigani (en grec vulgaire gâteau rond) à cause de sa forme; c'était le port de l'ancienne Samos et

(x) Poeocke , DescrîpU de t Orient, t IV, p.4o3.

(s) Hérod., m, i44 ; Suéton., Fie de Ca-

(5} Athénée, Xn, 54o, f.

(4; Hérod., IV , 14.

(b) Platarq., Quest, Grec, 5;.

(6) Athénée, UU, 57a, f.

(7) Samos n*a pas été visitée ni décrite de Bot jours. Noos prenons les renseignements Qoe nous donnent les voyageurs des deox derniers siècles.

(8) Poeocke. IV, 400; Joseph Georgirène, Extrait et traauction franc, dans Us Noup, ^naal, des rojages, première série, t. XXV,

celui que la nouvelle ville a conservé ; il est petit et ouvert aux vents du midi; la mer y est si haute en hiver que, malgré l'abri d'une langue de terre, les navires ne sauraient y demeurer en sûreté. Poeocke y a observé les débris d'une construction qui, partant de terre et s'avacant vers la langue opposée pour resserrer rentrée de la baie, pourrait bien être, pense-t-il , le reste de la jetée dont parle Hérodote. Au midi de M^alè- Chora s'étend ce vaste marais . souvent empesté, qui n'existait pas jadis; derrière ce marais coule l'Imbrasus , à travers des champs fertiles, qui dépendent des couvents de Ttle de Patmos. Son cours fait tourner les nombreux moulins du petit village de Myles ou Myli; dans \e& environs abondent les orangers, les citronniers et les autres arbres fruitiers de l'île, et les prairies se couvrent de cachrys et de la germandrée, dont la floraison a lieu au commencement de février (1). Un peu à l'ouest de Myli s'allonge une colline, toute ombragée de pins et de chênes verts , sur laquelle s*elève le village le plus sain de l'tle. C'est Pagontas, dont les habitants, répartis dans trois cents maisons, au milieu desquelles s'élevaient deux églises, étaient assez industrieux à l'époque où écrivait Geor- Rirène (2) et s'adonnaient à la fabrication des étoffes de soie. A une lieue de Pagontas,Spathareî avait cinquante maisons et une église ; c'est en face de ce village que se trouvait en mer l'île de Samo-Poulo (petit Samos), d'une demi-lieue de tour; entre cet ilôt et Samos, le détroit, large d'un quart de lieue, est à l'abri de tous les vents. Samo-Poulo produit une fleur particulière, appelée musculia à cause de son odeur de muscade. Expédiée à Constantinople, elle y était Fobjet d'une culture très-soignée, et acquérait un grand prix de ce que le sultan la portait dans 3on aigrette; on disait qu'avec le temps son odeur s'augmentait au lieu de s'affaiblir. A une lieue et demie de Spathare! est Pyrgos , avec cent maisons et deux églises ; dans les environs on recueille un miej très-délicat. Sur le chemin qui mène de ce village a Myles , Toumefort

(i) Toamef., I, p. 426.

(a) Archevêque de Samos au milieu du dix-septième siècle.

L'UNIVERS

a retrouvé Quelques arcades d'un aqueduc , dont les canaux avaient été taits avec cette terre de Bavonda qui servait aux poteries de l'antiquité.

Au-dessus de Pyrgos il y avait une petite colonie d'Amautes ou Albanais , de la communion grecque , parlant un idiome particulier, assez semblable à TiU lyrien. A deux lieues au sud , le village de Platanes tirait son nom du grand nombre de platanes qui croissent dans les environs. C'est l'endroit le plus salubre de l'tle, et ses habitants ont une certaine réputation de longévité. A deux lieues vers l'ouest, Maratho-Campos tire son nom du fenouil, nommé marathon par les Grecs , qui y crott en abondance. Ce village a deux cents maisons et deux églises; il est situé vers Patmos. Non loin de là, quelques religieux habitent Termitage de Saint-Georges, et à peu de distance , sur le sommet abrupte de la montagne, est une caverne, où la tradition raconte que Pythagore chercha un refuge. Plus tard, la sainte Vierge s'y montra , et une petite église consacra le souvenir de cette apparition miraculeuse. D'effroyables rochers , des arbres vénérables par leur vieillesse, une solitude imposante ajoutent au caractère religieux de ce petit édifice , aumiel on ne parvient que par une rampe étroite.

Là l'intérieur de 1 tie cesse d'être connu ; les guides refusent pour quelque prix que ce soit de marcher plus avant aans la montagne ; un froid âpre s'y fait sentir, les bétes de somme n'y trouvent plus rien qui puisse les nourrir (1). Cette église de h Panagia s'appelle Notre-Dame de V Apparition (uavoYCa çaivojjiyr)). En avançant encore vers l'est, on voit la chapelle du prophète Elle , sur les hauteurs de l'ancien Cercétus. C'est là que toutes les nuits apparaissait une lumière céleste, que l'on voyait de tous les environs et de la haute mer. Les incrédules disaient qu'elle était allumée par des pâtres ou par les religieux ; mais les matelots et les habitants de l'Ile affirmaient qu'elle s'évanouissait si on en voulait approcher, et qu'elle était la marque certaine de l'existence de quelque sainte relique. Un

(i) Dapper, Description des Iles de tÂrctd' pel, p. 19a ;T

voyageur prétend aussi avoir m el temple attentivement cette flamme mystérieuse (1). Près de cette chapdle dn Rerki s'élève une autre église à la Paaa-

ia ; elle est située dans une affireose to-

itude. Les montagnes par lesquellci oa

arrive sont couvertes de pins, de

ruyères et d'arbousiers ; le sentier, lœç de trois cents pas, qui y conduit, borie d'une part par des rochers et à peine large d'un pied, n'a de l'autre que d^af&ein précipices. C'est l'église appelée Notre- Dame (lu mauvais âiemin , ou nanarffis xoxoTDff axa. Viennent ensuite les TlUaçes de Castany et de Leca , de chacun cah

Toarnefort , Voyagt au Levant ^

considérable de Itle après M^alèdm.

Cette petite ville a cinq cents mâsoDS et cinq églises; le commerce DiaritîBK qu'elle foit avec Scio, Smyrne et quel^ autres places, et l'exportation dœ raisaf secs et du muscat a beaucoup profilé à ses habitants. Son port, toujours oovet aux vents du nord , est très-mauvais; les navires de petite dimension peuycat seuls y pénétrer, et pour qu'ils oe sotest pas brisés il faut les mettre à sec sur le rivage.

Il en est de même du port Satan, port du Diable , où la tramontane fût échouer la plupart des bâtiments (2).

Près de Carlovassi , au pied d'une montagne, on voit la chapelle de Koitre-Dame de la Rivière , qui semble presque abandonnée. Tournefort y a trouvé quatre belles colonnes de marbre grisâtre, dont les chapiteaux sont à double rang de feuilles d*acanthe ; des marbres épars soi environs font soupçonner des débris de vieux temple, peut-être celui de Mercure, l'un des dieux les plus booons par les Samiens.

En s'avançant vers l'est, à une dislaïKe de plus d^une lieue de Carlovassi, ontfrive à la petite ville de Fourni , cdèlse par ses vases et ustensiles de poterie, trèsestimés des Romains. « Elle a deuxcots maisons et une église ; son nom lui tint des fours où l'on cuit sa poterie. Lbs

(x) Thévenot, Voyage en t655, preaBcrt partie , p. 207.

(a) Tournefort, Voyage au LevaM, L.I, f). 4 14.

IL£ DE SAMOS

moDtajgnes qui s^élèvent non loin de Fourni, et qui se continuent sur une Ionsueur de SIX lieues , sont couvertes de forêts dont on tire toute sorte de bois pour les constructions navales et civiles ; tes châtaigniers y sont surtout si nombreux, que leurs fruits sont abandonnés à ceux des habitants qui veulent les recueillir. De la ville de Vourla , voisine de Smyme sur le continent, une colonie est venue fonder une petite ville sur ces hauteurs dans Tendroit le plus froid de nie; ces Vourliotes de Sanios sont pour la plupart bûcherons et font du eoudron. A un quart de lieue est l'église de Notre- Dame du Tonnerre (1), et un couvent où rivent une douzaine de moines. On dit que dans les champs environnants Therbe est pernicieuse à tous les animaux qui ne sont pas de Tendroit même.

A trois lieues à Test de ce monastère se trouve la petite ville de Vathi ou Vassi. Elle a quatre cents maisons, mal construites (2) ; son port regarde le nord-ouest. Il est le meilleur de Tîle, quand le vent du nord, auauelil est exposé, comme tous les points de cette côte , n'est pas trop violent. On y donne fond, à droite, dans une sorte d'anse formée par une colline qui s'avance dans la mer (8). C'est à Carlovassi et à Vathi que se faisait presque tout le commerce de l'Ile. Sa situation, assez favorable pour le commerce, et Le^ avantages de son port l'ont rendue dès l'antiquité l'une des premières positions de Samos ; elle portait alors le nom d'Honusia. L'occupation principale de ses habitants consiste dans la pêche des éponges , que l'on trouve en

frand nombre dans les rochers qui borent Samos. Le régime de ceux qui se livrent à cette pèche est tout à fait particulier : dès l'enfance on les maigrit par une diète sévère pour les rendre propres à ce genre de travail, ils plongent dans l'eau tenant à la bouche uneéponge imbibée d'huile , et les plus maigres s'habituent, à force d'exercice, à y rester toute une demi-heure ; c'est le terme exigé

(i) Tournefort, Voyage au Levant, 1. 1, p. 429.

(2) Tournefort estime qu'il j a à Tathi quatre cents maisons, et Pococke cinq cents.

{Z)Pococke,Descript, de r Orient, t. IV, p. 397.

pour un pécheur accompli, et nul ne peut se marier qu'il n'ait acquis ce degré d'habileté (1).

Du haut de la montagne sur les flancs de laquelle s'étendent les maisons de Vathi et ses six ^lises , les points de ▼ue sont variés à l'innni et les sites très- pittoresques. D'un seul coup d'oeil on embrasse toute l'étendue du golfe de Scala-Nova, ancien ^olfe d'Êph&e, qui forme un vaste demi-cercle terminé au sud par le cap Tro^le (auj. Sainte- Marie) et le mont Mycâle (auj. Samsum)^ et au nord sur les promontoires Myonnèse et Corycéion et la presqu'île de Clazomène. Dans le lointam, sur le dernier plan , on voit se dresser, comme un mur continu , les chaînes de montagnes qui entourent la plaine du Caystre.

Après Vathi , on arrive vers l'ouest à Palaoo-Castro, qui comprend cent maisons et une église. Le port de Boucaria est à une lieue de ce village. La nature avait disposé ce lieu de manière à le rendre très-commode pour l'établissement de salines naturelles; mais la crainte où étaient les habitants des impôts excessifs des Turcs en empêchait l'exploitation , et ils faisaient venir de Milo et de Pïaxos tout le sel qui se consommait dans Itle. Dans la grande plaine de Piso-Campos , qui commence à trois quarts de lieue de là , coule un ruisseau, qui fait tourner plusieurs moulins. On y cultive du bon froment , du coton et du mais. On y a consacré ime petite église à l'apôtre saint Jean, qui , selon la tradition , visita nie de Samos avec saint Paul. A une lieue au nord de cette église est situé le village de Métélinous. C est une colonie venue de Lesbos, ainsi que son nom l'indique; la fontaine qui s y trouve est , dit Tournefort, la plus belle de l'Ile. Auprès de cette source, et contre l'église, on a enchâssé, à hauteur d'appui, un ancien bas-relief de très-beau marbre, qu'un papas découvrit en labou-

(x) Dallaway, Constantinople ancienne et moderne, etc,^ t. II, chap. II , p. 47. Il cite le témoignage de Blunt, Voyageur au Levant. Ces détails sur l'éducation des plongeurs sont exacts ; mais le terme d'une demi-heure est une exagération ridicule : la durée de leur séjour sous l'eau ne dépasse jamais , pour les plus vigoureux, sept ou huit minutes.

LUWIVERS.

rant sa terre; il a deux pieds quatre pouces de loDg, sur une hauteur de quinze a seize pouces , et trois pouces d'épaisseur; il contient sept figures, et représente une invocation à Esculape pour la guérison d'un personnage considérable. Pococke dit y avoir lu le nom d* Apollonius , et Tune des figures tient à la main la feuille d'une plante purgative qui croît parmi les rochers, et qu'on nomme pascali/a (1). Métélinous n'est qu'à une demi-lieue de Mégalè-Chora ; et c'est le village par lequel on revient à la capitale, après avoir foit le tour de 111e. La population répartie dans ces petites villes et dans ces villages était évaluée |)ar Toumefort à 12,000 âmes. Georgirène l'avait portée à 14 ou 16,000. Au commencement de la guerre de l'Indépendance ce ehiffire était plus que doublé, par suite de l'augmentation du commerce et d'un certain retour k l'industrie. Pendant cette ffuerre et après sa conclusion, l'Ile de Samos reçut des émigrations assez nombreuses , et dans une récente histoire de l'empire turc (2), la population de Samos était évaluée à 55,000 habitants.

HISTOIBB DE L'ÎLS DB SAMOS DÂIfS

les temps anciens.

Colonisation de l'Ile de Samos.

— Les premières traditions relatives à Samos remontent aux temps antéhistoriques , à l'époque où la nature achevait de consolider cette lie et de la disposer pour recevoir des habitants. Autrefois , dit un vieux mythe conservé par Héradide de Pont, Samos était déserte; et il ne s'y trouvait que des monstres, appelés Néades, dont les mugissements disaient trembler et brisaient le sol (8). Sans doute des commotions volcaniques auront agité l'île et donné prétexte à ces fables. Les premiers habitants de Hle durent être des Pélasges. Eustathe dit positivement que Samos avait été habitée par des Pélasges, et que Junon était ré-

(z) Toumefort, t. I, p. 433; Pococke, t. rv,p. 4ift.

(a) Jucherault de Saint-Denis, Histoire de V Empire Ottoman » 1 1 » p. 194.

(3) Yoir Panolka,ilei Samiorum, p. zo.

vérée dans cette tle sous le nom de Pé lasgia (1). Toutefois^ Samos parait avob été assez tardivement peuplée, eomparativement aux îles voisines , et sortoiâ à Lesbos, d'où elle reçut la colonie àosâ l'arrivée commence ses temps historiques.

Macarée, l'un des Héliades, diassépov le meurtre de son frère de la ville dX)lénum en lonie (plus tard Achale), das le Péloponnèse, se fixa sans obstadfi Lesbos ; une colonie , venue de Théssalie, le rejoignit, et permit à son fils, Gydrolaûs, de prendre possession dé Ssmos. Cette tle tut partagée entre les eoe-

3uérants , et , comme toutes celles oè omina la famille de Macarée , porta Ir nom dfle des Bienheureux (2). A la ntee époque, ou peu de temps après, ronel^ d^Apollon lui envoya son second et «m véritable fondateur. De Périmède, fils d'Oînée , Phénix eut deux filles , Astr* palée et Europe; la première devint Fè* pouse de Neptune, et lui donna on fils, Ancée, oui fut roi des Lélèses ; à sootov Anoée épousa Samia, la fille du flein« Méandre, et il en eut Enudus, Ssam et Halitherse (3). Ce roi des Lélé^cs.

peuple uni par le sang aux Pélasges ainsi que les Cariens , et qui portai même ses émigrations dans FAsie Mineure, avait fondé un établissement dans Hle de Céphallénie, et lui avait donné le nom de Samos, lorsque le del lui envoya cet ordre : « Ancée, je veux qu'au lien de Samos tu ailles habiter une tle qui po^ tera le même nom ; aujourd'hui on rappelle Phyllé (4). » Il partit avec des Cé^ phalléniens, auxquels se joignirent ds Arcadiens, des Ihessaliens et des Ioniens, se fiixa dans le séjour que lui a^ indioué l'oracle , donna à nie le oon qui lui est resté, fonda la ville d'Astjnalée en mémoire de sa mère, défdoppi la culture de la vigne et Tamicdtine.

et ne quitta l'tle, qui était devenue si patrie, que pour se joindre aux béns conquérants de la Toison d'Or. Apràil" régna son fils , soit qu'a fût ce datfle

(i) Raoul Rochette» Colomes Grecqoot l p. 293.

(a) Diod., T, 8& ; Pompooins Mêla , Ht 7-

(3) Le poète Asius ciié par ?msÊ^

(4) Jambliqne, Fie de Pythag., 1, c >< i

ILE DE SAMOS

Kiys , soit qu'il y fût venu avec une conje de Céphalléniens et d'habitants d'Itbatjue (1). C'est à cette époque . dont Fhistoire est bien incertaine , qu'il faut rapporter la domination des Cariens dans nie ; la plupart des auteurs n>entionnent ce fait ; ils disent même que la domination cariennefdt la plus ancienne à Samos , mais sans nous apprendre s'il y eut irruption violente ou accord et partage amical entre les Ioniens de Cyarolaûs et les Lélèges d'Ancée. Nous icnoroDS de même le rôle que Samos joua dans la guerre de Troie , si toutefois elle y prit part.

^ l'on veut arriver aux faits bien positifii de son histoire, il faut descendre jusqu'au temps du grand établissement des Ioniens en Asie Mineure. Vers l'an 1188 avant J.-C, les Ioniens chassés de l'E^jalée avaient cherché un refuge dans l'Attique. A la mort du roi Godrus , cinquante ans environ après leur établissement dans ce pays , Médon , l'un des fils du dernier roi, cavorisé parla Pythie, avant été nommé archonte, ses frères allèrent fonder diverses colonies. L'un d'eux, Nélée, se rendit d'abord à Naxos, puis dians l'Asie Mineure, et, après avoir triomphé de la résistance des Cariens, fonda la ville de Milet et les autres cités de la confédération Ionienne (3). Tembrion et un descendant de Xuthus, Prodès, fils de Pityrée, se détachèrent du corps principal, que conduisait Nélée, et descendirent dans Itle de Samos. Les Cariens qui l'habitaient paraissent leur avoir opposé moins de résistance que ceux du continent. Bientôt un accord fut eondu, en vertu duquel l'île et même la ville principale étaient partagées entre les anaens habitants et les nouveaux venus. Une partie de la ville prit du fleuve Cbésias le nom de Chésie , l'autre conserva la dénomination antique d'As- ^|>alée (3). Les Ioniens fondèrent en Asie HinJBure et dans les lies de Chios et de Samos leurs dou2e ou , selon Yitruve, leurs treize villes , en souvennr de leur s^our dans le Péloponnèse (4) ; puis ils

i) Strabon, XIV, c. i.

a) Élien, VIII, 5; PauMm., VII, x

(3) Pansan., VU, 4; Strab^ X, (; XIV, a.

(4) Héredote, I, c z4a, compte douse viUei.

s'unirent par le lien fédératif du Panionium(l).

Relations de Samos àtec Éphàse ET Pbiène. — Cette institution n'empêcha pas les villes nouvelles de devenir rivales , la mésintelligence ne tarda pas à éclater entre elles; Ëphèse et Samos en donnèrent le premier exemple.

Les Cariens du continent, massacrés pendant la conquête , réduits en esclavage, voyant leurs femmes et leurs filles devenues la proie des vainqueurs, nourrissaient contre ceux-ci une haine profonde, et cherchaient l'occasion de se soulever. A Samos, au contraire, ils avaient conservé une portion du territoire , et jouissaient des mêmes droits Sue les nouveaux venus. Ce fut pour Anroclès, chef des Ëphésiens, le prétexte d'attaquer Léogoras, qui avait succédé à son père Proclès dans la royauté de Samos ; il l'accusa de favoriser les Giriens et de méditer une alliance avec eux contre la cause ionienne. Les Samiens furent vaincus ; une partie de cette population ,

aue les vicissitudes de la guerre avaient éjà chassée du Péloponnèse et de l'Attique, s'exila encore une fois ^ et alla porter à une tle située en face des rivages de la Thrace le nom de sa dernière patrie. Mais avec le reste de ses sujets Léogoras résista courageusement a cette fatalité qui semblait avoir condamné sa race à une destinée errante. Forcé de quitter Samos , il se réAigia sur le continent , se fortifia dans la ville d'Anœa, demandant au pillage des movens de subsistance, inquiétant Androciès et les Éphésiens.

Enfin , après dix années de cette existence, son courage persévérant fut récompensé; à son tour il expulsa les usurpateurs, et put rentrer en possession de la conquête de son père (3). Ce triomphe des Ioniens de Samos semble avoir res-

Vitmve , rv , c. x, en admet une treizième , Mélite, qui, igoute-t-il, détestée pour sob orgueil , ne lubtisU pu longtemps.

(i) Panioniam élait le nom dun temple construit en commun par les douie atés ioniennes, et où tous les ans chacune d'el* les envoyait des députés pour régler les intérêts généraux ; il s'élevait sur le mont Mycale , et était consacré à Neptune Héliconien. Hérodote, I, t43etx48.

(a) Pausan., Vn, 4 ; Suidas,*Avata ; Plut., Quest, Grec, SS ; Athén., Vm, p. 36 1.

LTJNIVERS.

serré les liens d*amitié qui les unissaieiit aux Cariens. Priène, Tune des dix villes du contioent , attaquée par ces derniers, demanda du secours aux habitants de Samos , au nom de leur commune origine ; par dérision, au lieu des vaisseaux et de 1 armée attendue, Léo^oras envoya une petite barque. Néanmoins, les Priéniens furent vainqueurs; mais une haine implacable s'établit entre eux et les Samiens, et dès ce moment commencèrent des guerres sans Gn au sujet des limites du territoire que ceux-ci prétendaient s'attribuer sur le continent.

Rbnyeesbmbnt de la royauté a Samos. — Après Léogoras , Samos dut continuer à être gouvernée par des rois

Ïms dans la même maison ; mais nous es perdons de vue, dans un intervalle de trois à quatre siècles, jusqu'à Ampbicrate. Cette période , si elle n'est pas célèbre dans Fhistoire samienne, ne fut cependant pas perdue pour l'accroissemeut des forces de Tile. C'est ainsi que 704 ans avant J.-C. le Corinthien Aminoclès, qui le premier avait donné aux vaisseaux la forme qu'ils conservaient encoreau temps de Thucydide, fut chargé par les Samiens de leur construire quatre trirèmes (1). Adonnés à la navigation, héritiers des goûts de piraterie de la nation carienne, les maîtres de Samos apportaient tout leur soin à l'entretien de leur flotte, et ce fut un des premiers peuples qui chez les Grecs se rendirent redoutables sur mer. Am* phiorate dès son arrivée au pouvoir (680 ans av. J.-C.) porta la guerre à l'extrémité de la mer Egée, dans l'île d'Égine ; et les succès et les revers furent égaux des deux côtés (2). £n même temps que les Samiens recherchaient au dehors à fonder une puissance maritime, au dedans ils étaient agités par des dictions; le peuple et les grands menaçaient la royauté. Nous ne savons pas si entre les fao*;ions rivales il y eut une lutte de longue durée ; mais la royauté y succomba , et Amphicrate fut le dernier roi de Samos. Cette île, s'étant déclarée libre, se donna des magistrats appelés Géomares, et il est à présumer que cette révolution ne s'accomplit pas sans vio-

(i)Thucyd.,l,c. i3.

(2) Hérodote, III, 59.

lence, puisqu'un grand soalèvenoeotdei esclaves répond à ce changeaient. MiDc esclaves se retirent sur l'Ampâos , et j vivent de bri^ndages. Après six annéa d'efforts inutiles pour les réduire , km anciens maîtres sont engage par Voadt à traiter avec eux, et pour s'en détirrer, ils leur abandonnent des vaisseaux, ^ les conduisent à Éphèse (1). Peift^ cette révolte de leurs propres eadaio engagea-t-elle les Samiens a secourir U cédémone durant la seconde gaem et Messénie (2). Dans le même tefou ii guerre éclata avec les Êoliens ëlaoiis i Lesbos : les Samiens commeneèreot ki hostilités ; mais leur gouveraeoieat,& core mal affermi, soimrit de cette addition : un de leurs généraux , que iafi* veur du peuple avait portéà cette diçiite. Syloson , fils de Callitélès , s'empara et la tyrannie. Peu après ils intermeit dans un différend entre Ciiaids et É^^ trie en Eubée, où ils prirent parti lofir les Chalcidiens , et Miiet pour lei £r^ triens (3). Plus tard, nous les troontf arbitres d'un différend entre Chaldseï Andros au sujet d'Acanthe, ooe ks Asdriens obtinrent (4). Démotâès, qui ré-

tnait en 620 , périt violemment, et I0 amiens revinrent augouvememeDiiks géomores.

RÉVOLUTIONS iNTSSTZirss. — Mas| il semble que Tadmintstration de en magistrats fut tyrannique; car une r^ volution liée à une guerre extérieure k tarda pas à les renverser. Les Mégarioi avaient attaqué Périnthe, colonie it Samos, et avant leur expédition sttalent munis de chaînes pour leurs p sonniers. Les géomores envoyèreot * leur colonie un secours de trente naviRf sous les ordres de neuf génénftuL Des des navire^ périrent à l'entrés du pot frappés de la foudre ; mais les aatm, imis aux Périnthiens, furent victtHîec, et les Mégariens perdirent sût ceati (tisonniers. Les Samiens de Vexpè^tm armèrent les vaincus , et, rerenaatiSa* mos avec oe renfort, massacrèiMt ks géomores , et leur substituèrent Faoto-

(i) Athén., VI, p. 267; (1) Hérodote, IXI, 47-

(4) Plut., Quesl, gr., 3o; Eusèb., C&rvw.i roiywp. XX.XII.

ILE DE SAMOS

MS

rite populaire. Quelques-uns des Mésaliens obtinrent le droit de dté , et les chaînes (ju'on avait prises sur eux et qui leur avaient servi , turent à cette occasion consacrées dans un édifice particulier, qu'on appela Pédétès (1). Le gouvernement du peuple n*eut pas une lonffue durée. Les guerres qu'il entreprit ne nirent pas toujours heureuses : depuis déjà longtemps les hostilités étaient engagées sur la terre ferme avec Priène ; les Samiens éprouvèrent un grand revers , et perdirent mille hommes dans un combat.

£lfTB£PBISSS DBS SlMISNS. — PeU

après cependant ils eurent leur revanche. Les plus nobles et les premiers de Priène succombèrent en un lieu appelé le Chêne, et cette calamité laissa de longs souvenirs dans l'esprit des Priéniens ; le sage lAas parvint seul à rétablir la paix entre les villes rivales (2). Au milieu de toiles ces guerres, la vie des Samiens était redevenue une vie de pirates, et dans leurs relations extérieures, comme sur la place publique . leur seule rècle de conduite semblait être la force et le ca-

f)rice. ns s'emparèrent d'un présent que e roi d'Egypte Amasis destinait aux Lacédémoniens. « C'était un magnifique « corselet de lin , orné de figures d'ani- « maux tissues d'or et de coton ; chacun « des fils de cet ouvrage était à lui seul « un chef-d'œuvre de patience et de dé- « licatesse (3) ». Ils rarirent ensuite le cratère que les Laoédémoniens offiraient à Crésus en retour d'un riche présent qu'ils avaient reçu de ce prince. Périandre, le célèbre et puissant tyran de Corinthe, n'avait pas été moins outragé. Voulant se venger des Corcyréens, qui avaient fait périr son fils Lycophron , il avait envoyé au roi de Lydie, Alyatte, trois cents enfants des principaux citoyens de Itle pour en faire des eunuques. Le navire qui les conduisait ayant relâché à Samos, les Samiens , instruits du dessein de Périandre, entraînèrent les jeunes garçons au temple de Diane, leur firent embrasser l'autel en suppliants ; et comme les Corinthiens du navire s'opposaient à ce qu'on leur portât à manger,

ji) Plul., Quest. Gr., 57.

(a) Id., Ibid.» ao.

(3) Hérodole,ni,47.

15* Livraison. (Ile db Somos.)

ils Instituèrent pour eux une fifite sacrée, où les gâteaux du sacrifice leur servirent de nourriture; puis quand les Corinthiens se furent rembarques, ils reconduisirent les enfants dans leur patrie (t).

HlSTOIBB DU TTBÀN POLYCBÂTB. —

La liberté sans limite dans laquelle rivaient les Samiens offrait trop de prise à la tyrannie pour subsister longtemps; l'un des hommes les plus fameux de l'antiquité la renversa : ce fut Polycrate, qui, autant par son génie'que par sa fortune singulière, fut , après Pytnagore, la plus grande illustration de Samos dans les temps anciens.

Il étaitfilsd'Éacès, et avait deux firères, Pantagnote et Syloson. Les trois jeunes

{;ens, avides de puissance et fiers de eur fortune et de leur crédit, résolurent de satisfaire leur ambition aux dépens de la liberté publique. Ils s'adjoignirent un petit nombre de complices, et choisirent pour l'accomplissement de leur projet la fête de Junon. Profitant de l'mstant où les principaux citoyens , prêts à accomplir le sacrince, avaient déposé leurs armes à l'autel, ils les égorgent, puis s'emparent des lieux fortinés, se retranchent dans la citadelle , et avec le secours des soldats de Lygdamis , tyran de Naxos, restent maîtres du pouvoir (2). Cette usurpation s'accomplit la quatrième année de la cinquante-neuvième Olympiade (541 av. J.-C), ou, selon Bentley (3), la troisième année de la cinquante-neurième (566). Les trois frères se partagèrent d'abord le pouvoir : Po- Ivcrate prit le gouvernement de la tribu a* Astypalée , et donna à ses frères celle de Chèse et celle d'Aschrion. Mais leur bonne intelligence ne dura pas longtemps ; Pantagnote fut mis à nH)rt , Syloson exilé, et le plus habile des trois fils d'Éaoès resta mattre de toute l'tle.

Les sages mesures que prit Polycrate pour augmenter les forces et le bonheur de toutes ses entreprises étendirent sa

(i) Hérodote, m, 4S; Diog. Laert, I, ch. vci, 3.

(1) Polyan. Strat,^ I, a 3.

(3) Théod. Panofka, JRes Samior,; Berol. , zSaa, p. a9*3a. M. Panofka admet et confirme par de nouveaux raisonnements Topinion de Bentley.

L'UNIVERS

réputation dans Tlonie, chez tous les Grecs et même dans les pays lointains.

l.e roi Amasis lui accorda une amitié i\ue des présents mutuels cimentèrent (1) . Avant ae rien entreprendre , Polycrate avait eu soin de se créer une marine redoutable. Il fit construire des vaisseaux plus larges et plus profonds, et changer la forme de la proue (2) de manière à les rendre plus légers; les navires construits sur ce modèle retinrent le nom de Samènes (Sa(ia{va). Bientôt le tyran eut à sa disposition cent galères à cin- <]uante rames: ses archers étaient au nombre de mille. A la tête de ces forces, il crovait n'avoir personne à ménager ;, Il pillait indistinctement amis et enne-* mis : un ami , disait-il, me saurait plus de gré si je lui restitue quelque chose, que si je ne lui enlève rien du tout (8). Les lies voisines de Samos et plusieurs villes du continent furent conquises.

Milet semblait alors puissante, Polycrate songea à faire alliance avec elle ; mais Toracle consulté à ce sujet lui répondit : « les Milésiens étaient forts autrefois. » Le tyran comprit que pour la ville ^ionienne les temps de prospérité étaient finis. Espérant mettre à profit le changement qu'annonçait l'oracle , il attaqua les Milésiens , fut vainqueur, et s'empara d'un corps de Lesbiens venus à leur secours. Ses prisonniers furent employés à creuser les fossés de la ville. Ce succès fut suivi de beaucoup d'autres, dans un grand nombre d'entreprises.

Le roi Amasis, surpris d'un bonheur tiue rien n'altérait, et songeant à combien de retours et à quelles vicissitudes €St suiette la vie humaine, fit part à son allié des craintes que sa trop grande prospérité lui donnait pour l'avenir.

11 lui écrivit en ces termes : a J*aime à apprendre les succès d'un ami et d'un allié , mais la constance de votre bonheur m'effraye; car je sais combien les dieux sont jaloux. Pour moi et pour ceux que j'aime je préfère des avantages mêlés de revers a une félicité que n'altère aucune vicissitude; car jamais je n'ai entendu parler d'un homme qui ayant

(x) Hérod., m , Sg.

(a) Plutarque , PéricL, 86 ; Hésychius , la-

(3) Hérodote, VU, 39.

été toujours heureux n'ait mal fini. S vous voulez m'en croire, vous suivrez mon conseil contre votre fortune : voyez ce que vous aimez le mieux , et ce drat la perte vous serait le plus sensible , poê déraites-vous-en à jamais. Si la fortune persiste à vous entourer de ses fiveurs sans y mêler de disgrâce , u»z ée mon remède (1). »

L'avis parut sensé à Polycrate. Panoi ses bijoux les plus précieux, il avait qk émeraude enchâssée d'or qui lui serait de cachet; ciselée par le cél^n'e Théodore, fils de Téléclès, cette émeraofe était un chef-d'ceuvre du plus aad prix. Polycrate résolut de s'en û^m; un navire fut équipé, les matelots le 000duisirent en pleine mer, et là , k ftran étant sa bague, la jeta dans les fl^s. Mais la fortune n'accepta pas ce sacnfioe volontaire ; quelques jours après, on pê^ cheur apporta au palais un gros poissos dans le ventre duquel on retrouva F»

neau de Polycrate. Effrayé d'une fi^dîé si opiniâtre, le Samien recourut de nouveau aux avis de son allié , le roi d'Egypte. Mais Amasis crut sans doute eue nui effort n'arrêterait plus la destinée; car il se borna à rompre son aUianoe , parce qu'il craignait, ajoute Hérodote, ^ue si quelque grand malheiur survcDait à Polycrate , il ne fdt contraint à Je putageren qualité d'ami et d'allié (3). Inodore attribue cette rupture à une cause plus vraisemblable : il dit que Pojycr&te, averti de se montrer moins cru^'enven ses sujets et de mettre un terme à ses pirateries, méprisa l'avis du roi d'Egypte, et perdit son alliance (3).

Polycrate était alors au comble deb puissance : parmi tous les Ioniens, eon de Chios et de Samos avaient seids résisté aux armes de Cy r us, qui, n'ayant pv encore soumis la Pnénicie, ne (mt eotz^ prendre aucime expédition maritime (4;.

Polycrate osa s'attaquer au vainqoev de l'Asie. Les détails de cette goerte, consignés dans un livre qui a péri , se nous sont pas parvenus (5) ; mais «He fut longue, et il paraît que, daailes

(z) Hérodote, m, 40.

(a) Id., m, 41-43.

(3) Diod. Sic, I, 95.

(4) Hérod., I, u3.

(5) Cf. Panofka , J(es Sàmiorum, 34.

ILE DE SAMOS

hostilités, le temple de Junon fut détruit. Toutefois, comme les Perses manquaient de marine , les principaux combats durent avoir lieu sur le territoire continental des Samiens.

Les ^erres extérieures ne firent rien oubliera Polycrate de ce qui pouvait contribuer àremDellissementdenleet àrornement de sa cour. U est vrai que son contemporain le plus illustre, qull avait inutilement tâche de s^attacber (i), E^thagore, quitta Samos. Bfais les artistes de tout genre et les poètes accouraient en foule autour d*un prince qui savait encourager et récompenser le mérite.

Anacréon le poète vécut avec lui, dit Strabon , et ses vers sont pleins de son souvenir (2). Suidas nous apprend que le poète lyrique Ibyéus , de Rhégiuro, passa à sa cour plusieurs années (3). Le Crotoniale Démoeède, le plus habile médecin de cette époque, reçut deux talents pour une saile année de ses services à Samos. Les peintres, les musiciens, tous ceux qui pouvaient contribuer à Fembellissement des temples ou des palais du tyran, étaient retenus à grands frais.

Afin de vaincre plus facilement la haine des Samiens pour sa domination, il s'efibrça d*amollir leurs mœurs ; il les baltttua à la vie dissolue des Lydiens ; eotre autres institutions singulières , il réunit dans une ruelle de la ville, appelée Laura, des femmes renommées pour leur galanterie et pour leur beauté (4).

Au faite de sa grandeur et de sa fortune, Polycrate, se souvenant q^u'il avait dû son élévation à Fintervention heureuse d'un tyran , s'était fait le protecteur de ceux qu'avait renversés du trône quelque révolution populaire. C'est ainsi qu'Arcésilas III , roi de Cyrène , chassé par les réformes du législateur Démo- Dax , trouva à Samos un accueil hospitalier, et leva une armée dans Ttle pour reconquérir ses États (5). Les dieux n'é-

(i) Diogène de Laerte nous apprend qu'il Teuvoya à Amans avec des lettres de recommandation pour qu'il pût s'instruire dans les sciences et dans la langue égyptienne. Fie dePfthag.f TIII,3.

(a) Strabon, XIT , ch. i, $ lo.

(3) Suidas, 16uxoc.

(4) Alhén., XH , p. 54o.

(5) Hérodote, lY , i6a-x64.

talent pas non plus oubliés dans les largesses de Polycrate : ses soldats allèrent s'emparer au milieu de la mer Egée de nie de Rhénée, et, sur son ordre, la consacrer à Apollon Délien, après l'avoir jointe par une chaîne à Déios dont elle était voisine (1). ly^ jeux magniOques furent institua a Délos même. Mais, aans sa gloire et sa splendeur, Polycrate ne se rappelait pas sans effroi Tavertissement de son ancien allié, le roi d'Egypte, et déjà de sinistres présages venaient confirmer ses craintes : au sujet des jeux de Délos, il envoya consulter l'oracle pour savoir s'il fallait les appeler Pythiens ou Déliens, et il lui fut répondu : ils sont pour toi Fythieas et Déliens (2). L'oracle lui faisait entendre par là, dit Suidas , que sa fin était prochaine.

Néanmoins , il ne perdait rien de sa puissance. Les efforts de quelques Samiens aidés par Lacédémone pour secouer le jougfurentinfructueux. Cambyse levait une armée pour porter la guerre en Egypte, Polycrate le pria de lui envoyer demander des troupes « et , choisissant ceux des Samiens qu'il savait le Elus portés à la rébellion , il les fit emarquer sur quarante trirèmes , recommandant au roi de Perse de ne jamais les renvoyer à Samos. Ceux-ci allèrent jusqu'en Egypte, et s'en échappèrent aussitôt, ayant appris lesort qui leur était destiné; ou même, car il y a doute sur ce point , arrivés dans la mer de Carpathos, ils révisèrent d'aller plus loin.

Toujours est-il qu'ils revinrent vers Samos, rencontrèrent les vaisseaux que Polycrate envoyait contre eux , combattirent, et furent vainqueurs; mais battus sur terre, ils se rembarquèrent et firent voile vers Lacédémone. Les longs discotnrs deces Ioniens furent mal accueillis des Spartiates ; cependant on se décida à les secourir, moins par égard pour eux que pour punir les odieuses pirateries d<Bs Samiens. Une flotte nombreuse se dirigea versifie, assiégea la capitale, et la pressa vivement. Mais Polycrate.', dans une sortie vigoureuse , secondé par les auxiliaires qui gardaient une tour à l'en-

(x^ Thucyd.j^I, x3; m, 104.

(a) Suid., TauTà aoixoi nOOia xal A^Xeia ; allusion au sens de 5T)Xio(&ou , détruire ou être funeste.

L'UNIVERS

Irée du |>ort , repoussa les ennemis, les poursuivit, et en Gt un grand carnage.

Généreux dans cette occasion, il fit faire des funérailles somptueuses à deux Spartiates , Archias et Lycopas , qqi avaient trouvé dans le combat une mort ^orieuse.

Après quarante jours de siège, les Lacedémoniens n'avaient fait aucun progrès ; Polycrate leur distribua une grande quantité de monnaie de plomb doré.

Séduits par ce présent, ils se retirèrent vers le Péloponnèse; leurs alliés, restés seuls, s'exilèrent, et après des courses aventureuses à Sipbnos, qu'ils mirent à contribution, et à l'île d'Hydrée près du Péloponnèse, ils allèrent fonder en Crète la ville de Çydonie (1).

Rien ne semblait pouvoir porter atteinte à la prospérité de Polycrate ; ses ressources s'augmentaient cbague jour, et il méditait la conquête des îles et de toute rionie. Mais le moment fatal approchait où la fortune allait lui faire expier cruellement son bonheur passé.

Orétès, satrape de Lvdie, résolut de s'emparer de Samos; il était excité par les railleries de Mitrobate, gouverneur de Dascylium, qui lui reprochait de n'avoir pas le courage d'attaquer une tle dont Polycrate s'était empare avec quelques conjurés; de plus, il était irrité de ce que le tyran, recevant un jour un de ses ambassadeurs, n'avait pas daigné lui répondre ni même se tourner vers lui. Orétès savait combien Polycrate était avide de richesses; il lui fît tenir un message ainsi conçu : a J*ai appris vos vastes desseins , et je sais que vos ressources n'y répondent pas ; suivez un conseil favorable à nous deux : Cambyse veut me faire mourir, donnez-moi une retraite, je viendrai avec mes trésors, que nous partagerons, et vous aurez de quoi conquérir toute la Grèce. Si vous avez quelque doute au sujet de mes richesses, envoyez quelqu'un de confiance, à q^i je les montrerai. »

Polycrateenvôya son secrétaire Méandrius. Orétès, pour le tromper, fit emplir huit grands coffres de pierres, que I on recouvrit de pièces d'or. Sur le rapport de Méandrius, Polycrate voulut partir; vainement ses amis et les devins tâchè-

(i) Hérodote, HI, 44.

rentde le retenir. Sa fille, tout en plem, lui dit qu'elle l'avait vu dans un songe sinistre suspendu dans les airs , baigné par les eaux du ciel et exposé aox rayons du soleil. Il persista dans sa résolutioiL Arrivé à Magnésie, 11 fut saisi par ks affidès d'Orétès , mis à mort et exposé en croix ( 1*^" année de la 64^ olympiade, 624 ansav. J.-C.(l)).

C'est ainsi que périt cet homme r^ marjiuable, auquel Samos dut en grande partie sa gloire et sa puissance; on |k>bvait lui reprocher la plupart des viee» habituels aux tjnrans, mais il j avait joint d'éminentes qualités, ThabUeté, l'amour des grandes choses , le goût éa luxe et des arts; si tyranniqae que fikt son gouvernement, il développa la pros-

Sérité publique comme celui de Pisistnte ans Athènes. Plus tard, abandonnéeaox agitations de la démocratie, en proie aax factions de la place publique, Samos dat plus d'une fois r^etter le tyran, qui en échange de sa liberté douteuse lui avait donné quarante années de calme et de splendeur.

MÉANDRIUS. — Ceux des Samieos qui avaient accompagné Polycrate furent renvoyés par Orétès. Méandrius, eha^ du gouvernement de Tile en l'absoiee du tjran, réunit aussitôt rassemJ>lée publique, et, après avoir élevé uoaotei à Jupiter Libérateur, il déclare gu'ii n'abusera pas de l'autorité qu'il a dans les mains , qu'il a toujours d^pprouvé la puissance que Polycrate s'est arrogée sur ses ^ux; il ne demande que six talents des biens du Wrao et la charge sacerdotale dans sa famille. Mais l'un des principaux Samiens se lève,'.ui reproche d'être indigne d'aucune fon^oa, et lui demande de rendre compte de son administration. Averti des dangers qu'il courait en rentrant dans la vie pnvée, Méandrius r^olut de garder le pouvoir; il se retira dans la citadelle , fit venir les principaux citoyens comme pour leur rendre des comptes , les fit saisir et eachaîner. Puis, comme U était tombé

régner.

Syloson. — Syloson, fi^e de Poty-

^i) Hérodote, III, iao-ya6.

(a)Id.,ni, 14a, 143.

ILE DE SàMOS.

erate, avait accompagné Cambyse dans son expjédition d'ï^pte; il s'y était lié d'amitié avec Darius, fils d'Hystaspe, alors simple compagnon du roi , et lui avait fait présent d une riche chlamydede pourpre qui avait attiré ses regards (1). Quand Darius fut devenu roi , il charflea Otanès, un de ses généraux, de eon* duire Syloson à Samos et de Vy établir. Les troupes perses n'éprouvèrent pas de résistance; Méandrius et ses partisans avaient s^ement demandé la permission de se retirer avec la vie sauve. Mais tandis que les Perses étaient assis paisiblement sur la place publique , Méandrius , excité par les discours de l'un de ses frères, Cbarllée, fait prendre les annes aux troupes enfermées dans la citadelle, ouvre les portes, et tue un grand nombre des Perses les plus considérables. Ce|>endant, les soldats d'Otanès, une fois remis de leur surprise , repoussent facilement les aggresseurs.

Méandrius, se voyant perdu , s'enfuit par un souterrain qu'il avait fait pratiquer sous là forteresse, s'embarque avec tous ses trésors, et navigue vers Laeédémone. Ceux qui ne l'accompagnèrent pas furent passés au fil de l'épée ; Pfle entière fut ravagée et remise presque dépeupla entre les mains de Syloson.

Les cruautés de ce nouveau tyran firent encore périr ou forcèrent à Texil un grand nombre dé Samiens, et c*est alors que naquit ce proverbe : a Syloson nous a mis au large (2) ». Les esclaves furent admis à repeupler 111e, et inscrits moyennant cinq statères dans la classe des hommes libres (3). Otanès lui-même, averti par un songe et tourmenté par une maladie , lui envoya de nouveaux habitants de Itle de Lemnos et d^Antandros, de Chalcédoine et de Byzance. Syloson , avancé en âge , ne dut pas gouverner longtemps; on n'a aucun détidl sur sa fin « qui arriva vers 520.

É Acis. — Il eut pour successeur son fils Éaeès. Celui-ci se trouva du nombre des Grecs auxquels fut confiée la sarde du pont de lister, lors de l'expédition des Perses en Scythie, et il mérita la

(i) Sttidat, y(ya\f.iç; Éliea, lY, 5.

(a) Hérodote, III, ch. 148-149; SUtJ>., XJV, ch. j, § xo; Héraclid. Pont., icoXtT., X. (3) Suidas , V. la\^. 6 ^\loç.

faveur de Darius en prenant parti pour Bistiée de Milet contre Mlltiade, qui voulait que le pont fût détruit. Il savait bien que si Danus périssait, Tlonie pourrait recouvrer sa liberté, mais que les ty« rans, n'ayant plus d'appui, seraient renversés. Il ne put cependant pas empêcher ses sujets de se déclarer pour les Ioniens révoltés. Àristagoras, peu satisfait du secours qu'il teur portait à regret , le renversa , et l'obligea à fiiir auprès de Darius.

Sàmos pendant la nivoLTB d'Io- N1B. — Dès ce moment Samos, reconstituée en démocratie, prit une part active à la rébellion de 1 lonie, et se distingua particulièrement dans le combat naval qui se livra auprès de l'île de Cypre , et où les Ioniens restèrent vainqueurs dé la flotte phénicienne. Lorsque rionie fut menacée directement, les Samiens fournirent .soixante vaisseaux à la flotte qui devait défendre Milet assiégée. Après les cent voiles de Chios et les soixante-dix de Lesbos, c'était le plus fort contingent de la flotte , qui tout entière se montait à trois cent cinquantetrois trirèmes. Mais cette fois, au lieu de s'illustrer comme dans le précédent combat, ils trahirent la cause commune.

Leur ancien tyran était venu, à l'instigation des généraux perses, les provoquer à abandonner leurs alliés. Fatigués de la discipline rigoureuse que leur imposait le Phocéen Denys, commandant de la flotte,* ils écoutèrent les propositions d'Ëacès , et dans l'engagement général tous les capitaines de vaisseau, à l'exception de onze, quittèrent la ligne de bataille et s'enfuirent vers Samos (1). Leurs compatriotes accueillirent mal cette lâcheté : contenus par les Perses, ils ne la punirent pas, mais ils gravèrent sur une colonne les noms glorieiu de ceux qui avaient courageusement combattu. Plusieurs des habitants de l'tle, dans la prévision du retour d*Éacès et de ses vengeances, s'exilèrent ; ils acceptèrent la proposition que les habitants de Zancle en Sicile avaient faite aux Ioniens de bâtir une ville sur le territoire qui leur appartenait (2). Ceux qui

i) Pausan., YII , 10.

[a) Hérodote, y, ixa; VI 8, i3, aa, a 3. On verra à Tartide des colonies de Samos ce

no

LnmwvERS.

demeurèrent subirent de nouveau le joug d*Éaoès, ramené par les Phéniciens ; au reste, ils durent à leur trahison d'être les seuls des Ioniens dont les temples et les monuments fussent épargnés. Le tyran rétabli par les Perses fut renversé par eux : Mardonius en passant par FIonie, lorsqu'il porta la guerre en Grèce, abolit toutes les tyrannies (l).

Sàmos pbndâiit lïs oubrbbs Mb- DiQUBS. — Dans les ^pierres Médiques, on voit Samos se diviser en deux partis : les citovens riches et puissants tiennent pour les Perses , le peuple tend à fevoriser la cause de la Grèce. Les Samiens , avec les autres Ioniens , furent contraints de fournir aux Perses Téqui* page de cent vaisseaux (3). La veille de la bataille de Salamine , ils envoyèrent un messager à Thémistocle pour l'avertir des plans de l'ennemi , et lui |)romettre de laire défection Je lendemain ; mais deux de leurs chefs, Théomestor et Phylacus, combattirent oour les Perses avec une ardeur qui les fit distinguer. Théomestor obtint la tyrannie de sa patrie en échange de ses services (3). Il n*en jouit pas longtemps. Après la victoire de Salamine les Samiens témoignèrent de plus en plus de leur sympathie pour les Grecs. L'armée navale des Perses, forte de deux cents navires, s'était retirée dans leurs ports; ils rachetèrent de leur argent cing cents Athéniens qu'elle amenait prisonniers, les retirèrent et leur fournirent les moyens de retourner chez eux. Puis, à l'insu des Perses et de Théomestor, ils députèrent vers la flotte grecque, qui se tenait à Délos sans oser s'aventurer plus loin; leur ambassadeur Hégésistrate détermina par ses instances le commandant Léot^cnide à s'avancer jusqu'à Mvcale, où, bien que désarmés, ils secondèrent leurs alliés de tout leur pouvoir (4). La victoire que les Grecs remportèrent délivra les Samiens de letir tyran. Les confédérés , reconnaissant la dififtculté de protéger d'une ma-

Î[iie devinrent ces Samiens , oui ^ au lieu de onder une rille nouvelle, s emparèrent de Zancle.

(0 Hérodote, YI, 43.

(a) Diod.de Sic, XI, 3.

(3) Hérodote, Vm, 85.

(4) Id., Yin et IX, passim.

nière efficace les Ioniens, eurent la pensée de les transporter en Grèce pour les y établir, à la place des peuples qm avaient soutenu l'invasion des Perses; mais les Athéniens s'onposèrent à ee qu'on déplaçât leurs colonies ; les habitants de Samos conservèrent leur fle, et après avoir prêté le serment entrèrent dans Talliance grecque (I). Paosanias, que les Spartiates avaient mis à la tête de la flotte confédérée, se ren£t odieux aux Insulaires, qm recouniraità la protection des Athéniens , et leur déférèrent le commandement. Arêtide conduisit les Samiens contre Byzanee ; en même temps ils prirent part va succès par lesquels Cimon aastirait leur indépendance. Le traité de 449 leor prantit la jouissance de leur liberté et k faculté de se gouverner selon leur dfeâr.

SA.MOS sous LÀ DOMIlf ATIOlf B'À-

THÈNES. — Les faits qui suivirent dnnent à penser qu'ils se constitiièreDt ci oligarchie. Dès ce moment dans llustoire] intérieure de Samos nous retroo* vous une lutte continuelle entre les deux éléments aristocrattqae et populaire; dans rhistoire exténeure, le J^ nouvellement de la guerre avec les m* très Ioniens, puis avec la métroprie. Le commerce et l'industrie prirent a ce moment chez les Samiens tm développement considérable ; leurs ricbessa^ saecrurent, leur puissance maritime devint telle que peu s'en fallut, de Faven de Thucvdide , qu'Athènes ne perdit Tenipire de la mer (2). Tant de prospérité n-

3uiéta les fies voisines, moins favorisées e la fortune, et surtout Athènes, d*ath tant plus jalouse que Samos éttit 9 colonie; elle résolut de s'o(>poser à eet^ extension de forces , et l'oceasion de k faire ne tarda pas à s'offrir.

Le différend étemel de Samos ai sujet des terres qu'elle tenait auprès de Priène se renouvela avec les MilésieDS^ qui furent vaincus. Us reconnireBl i Athènes; celle-ci, au nom de ses draib de métropole , intervint avec emprtge ment ; mais les Samiens refosèreol de cesser les hostilités et de soumettre le différend à l'arbitrage des Athéme».

Cette désobéissance et d'autres naoùft,

(i) Hérodote, IX, io5.

(a) Thucydide^ym, 76.

ILE DE SAMOS

auxquels doos trooYons mâé le nom de la célèbre Aspasie, firent éclater la guerre. Voici qnelgues lignes du rédt de Plutarque à ce sujet : « Péridès fit dé- « cerner la guerre contre ceux de Saraos • en faveur de ceux de Milet, à la re- « aueste d'Aspasia (1), à cause que ces « deux citez avoient guerre ensemble « pour la Tille de Priéne, et estoient les « Samiens les plus forts : mais les Atbé- « niens leur commandèrent qu'ils eus- « sent à laisser la Toye des armes et à a venir plaider leur dinérent devant eulx « pour leur en estre ait droit : ce qu'ils « ne voulurent faire. Par quoy Périclès « y alla, et y abolit le gouvernement du « petit nombre de la noblesse, prenant « pour ostages cinauante des prineipaulx a oersonnages de la ville et autant d'en- « tiants , lesquels il meit en dépost en « Tisk de l^sronos (2). > Ces otages et le Perse Pissutkmès, qui leur était attaché, voulurent sédube l'Athénien à prix d'argent; mais il se montra incorruptible. Cependant les Samiens recouvrèrent leurs otages, pâce à Pissuthnès, et se révoltèrent Pénclès retourna vers eux; ils firent eourageusement tête au péril, et il y eut une bataille navale près de l'île de Tragia. Périclès avec quarante voiles fut vainqueur des ennemis , qui en avaient soixante-db[,et, poursuivant sa victoire, il assiégea les Samiens dans leur ville. Ceux-ci résistèrent , et firent des sorties fréquentes. T3n renfort survint à Périclès ; il quitta le âége, et fit voile vers la haute mo', à la rencontre de plusieurs navires pbém'cieosqui venaient au secours de Samos. Mais peiKlant son absence Mélissus, général des Samiens, fit une sortie contre les navires restés au siège de la ville ; les Athéniens furent battus , perdirent plusieurs vaisseaux , et les assiégés purent s'approvisionner. Dans leurs précédentes victoires les Athéiyens avaiait tmrimé une samène sur le ftt>nt de leurs prisonniers; en représailles, les Samiens marquèrent d'une chouette ceux des Aâiéniens qu'ils avaient pria (3}»

il) Aspatie était de Milet iSviut., Pér,, c. a5.

(3) Suidât, i. T. £d|i.T), dit qne ce furent les AÙiément tjsà marquèrent leurs prisonniers d*uDe chouette, et les Samiens d*uue samène, empreinte de leur monnaie.

A la nouvelle de la dâ&ite de ses lieutenants, Périclès accourut. Mélissus s'avança à sa rencontre, et fut repoussé ; rAtnénlen le suivit, et convertit le siège en blocus. Mais l'impatience de ses soldats ne put s'accommoder de tant de lenteur, et on livra à la ville des assauts fréquents, dans lesquels les machines de guerre nouvellement inventées (441) et mises en usage par un ingénieur du nom d'Artémon, au service de Périclès, rendirent de grands services. Après neuf mois de résistance opiniâtre, les assiégés cédèrent; leurs murailles furent rasiées, tous leurs vaisseaux leur furent re* tirés, et une rançon considérable , paya* ble en partie comptant, leur fut imposée ; en garantie du second payement , ils livrèrent des otages (1). Le Samien Duris accuse le général athénien d'avoir usé de la dernière cruauté envers se^ prisonniers , d'avoir traîné à Milet, sur la place publique, et fait mourir de faim et achever sous le bâton les capitaines et les soldats des galères; mais les dénégations de Plutarque , le silence d'Aristote, d'Éphore, de Thucydide et le caractère de Péridès repoussent cette accusation. De retour à Athènes , le général victorieux prononça l'éloge ftinèbre des citoyens morts dans cette guerre. Il • fut comme d'honneurs; on le plaça audessus d'Agamemnon, pour avoir sub-^ jugué en neuf mois la cité la plus puissante de l'ionie, tandis que le vainqueur de Troie était resté dix ans sous les murs d'une ville barbare. Cependant, l'orgueil et la haine une fois assouvis , il y eut parmi les Athéniens mêmes quelques sentiments de compassion pour la malheureuse cité que Périclès avait sacrifiée aux intérêts politiques de sa patrie. Au milieu de la foule qui félicitait le vain-

2ueur, ou raconte qu'Elpinice , sœur de imon , lui reprocha amèrement d'avoir triomphé non des Perses, des Phéniciens et des barbares, mais d'une ville sœur, et alliée.

En effet, cette entreprise , nécessaire pour le maintien de l'empire d'Athènes^ était comme le prélude des ffuerres intestines où toute la Grèce allait s'engager. Toutefois, elle eut pour résultat im-

(i) Plut., Péricl,, 48 et suiv.; Thucyd., 1. 1». I x5 et suiv.

L'UNIVERS

Médiat d*épouTaDter les alliés d'Athènes tt de les maintenir sous sa domination.

Samos pendant la gubabb du PiLOPONNBSE. — Péhciès ayant relevé k parti populaire, les partisans de Toigarchie se réfugièrent a Anœa, etserrilent de toutes leurs forces les Laoédémoniens. La quatrièmeannée de la guerre eu Péloponnèse, les Lesbiens s'étant ouvertement séparés d'Athènes , la jetèrent dans un grand embarras. Les Sa- ■liens d'Anaea s'unirent aux Cariens ; et quand Lysidès, général athénien, arriva avec dfouze vaisseaux pour nrélever le tribut chez les alliés , ils rattafuèrent, détruisirent en partie son armée, et le firent périr (1). Puis ils adressèrent au général de la flotte péloponnésienne, Alcidas, des représentations sur la manière dont il traitait les Ioniens qu'il avait lait prisonniers : « les maltraiter était , dîsaient-ils , un mauvais moyen pour donner la liberté à la Grèce, et ces insulaires n'étaient que par nécessité dans l'allianoe d'Athènes ». Cette petite ville d'Anasa, très-fortifîée, ne cessa d'inquiéter les^ Athéniens tant qu'ils maintinrent rioniê dans leur obéissance ; tous les mécontents et les exilés , tous ceux qui ne pouvaient souffrir leur domination s'y réfugiaient, et de là favorisaient la navigation des Péioponnésiens en leur envoyant des pilotes (2). Lorsque les Athéniens entreprirent la guerre de Sicile , les Samiens les y accompagnèrent eooune sujets et tributaires (3).

Après la funeste issue de cette expédition ( 4 1 3 ), les luttes intestines entre le peuple et les grands , c'est-à-dire entre le parti d'Athènes et celui de Sparte, se renouvelèrent. Chios s'était soulevée, et sa défection avait jeté les Athéniens dans un extrême embarras. Ceux-ci se résignèrent aux plus grands sacrifices, et firent partir, sous les ordres de Strombichide, un de leurs généraux, huit vaisseaux pour Samos ; une galère samienne se joignit à la flottille, et il se dirigea vers Téos. Mais Chalcidée, commandant de la flotte lacédémonienne, forte de vingt-trois voiles, navigua de Chios à Téos. Strombichide regagna prudemment Samos, d'où il ne

;i) Thucydide, m, 19.

a) Id^ IV, 74.

3) Id., VII, 57.

put empêcher Aleibiade, uni slon an Lacédémoniens , de soulever Milet; Samos futleoentredesopérationsde la flotta athénienne pendant toute la deniiài partie de la guerre du PélopoDDèse. La Athéuiens, intéressés à ce qu'eUeleor àtmeurât entièrement attaâiée, y virat avec plaisir et y favorisèrent une tMttion du peuple contre les grands; tn»

vaisseaux, venus d'Athènes, aidèreo^H soulèvement du pnetit peuple, etdeoxeett des plus riches citoyens furent égoifé.

quatre cents envoyés en exil. La£i^ victorieuse se partagea les maisons et la terres des proscrits, et reçut d'Athènes, par un décret, le titre d'altiée fidèle, ane la permission de vivre désomuis »s ses propres lois. Elle prit en maisfa^ ministration de la républi^e, et s'eut aucun commerce avec les ricbé fa habitaient la campagne (1). Depuis eeiDOment, les Athéniens n'eurent pas de|la constant soutien que Samos. La vingtett année delà guerre du Péloponnèse (412i« trois mille cinq cents hoplites, Athôes et alliés d'Athènes, s'y réunirent ponr^ 1er assiéger MUet. Phrynichus, leorehef, remporta une victoire sous les murs de cette ville , et se refusa à courir les hasards d'une bataille contre les forces on Péloponnèse qui venaient à sa reDCODtre. il se retira à Samos, j réunit sa flotte , et se borna à des coarses sot les ennemis. Les Samiens firent de leur côté quelques excursions (1), ^ çnwnt un certain nombre d'Érythfé«tt> aw*

auels ils donnèrent la hberté à lae^ ition de soulever leur patrie contre ks Péioponnésiens. Des expédiliODS noobreuses continuèrent à inquiéter les eir nemis d* Athènes, et Itle fut le théâtre dd intrigues d'Alcibiade et de Pbryoidntfj Ce dernier, en haine d'Aldbiadef p alors s'efforçait de rentrer à Atbènesi proposa au général Spartiate, Astj»

chus , de lui livrer l'armée atbéiùeB^ Il était facile de la surprendre dans S» mos, où elle se tenait et qui n'était pU fortifiée. Mais Astyochus , s'étant a^ proche d'Alcibiade, dénonça cette trh bison (3); Phrynichus, pour donne* change aux Athéniens, se montra lésûll

(i) Thucydide, VIII , i6-»i.

(a)Id.,Vin,a7.

(3) Id., Vin, 48.

ILE DE SAMOS

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