‹ Îles Marquises, ou Nouka-HivaChapitre 9 sur 27 · tô Iles marquises · texte numérisé non relu

tô Iles marquises

d'un individu ; on l'entoure ensuite d'un sac tressé de nœuds compliqués, et on enterre le tout en accomplissant certabs rites. La personne ainsi maléficiée dépérit graduellement , sous l'empire d'une maladie de langueur qui dure vingt jours. Le seul remède qu'on puisse apporter à ce mal, est de chercher le lieu où la feuille est enterrée, et de retirer

le dépôt confiée la terre; le charme cesse alors.

La moindre indisposition, la phthisie qui existe dans ce groupe , toutes les maladies de langueur, la cécité même, sont attribués au Kaha, et l'on voit des individus chercher sans relâche l'endroit où est caché le fatal charme qui doit les tuer.

Les Noukahiviens encore exempts des nombreuses maladies enfantées par la civiUsation , sont cependant exposés à d'aflreuses infirmités, suite inévitable de leur genre de vie. Couchés sur le sol dont ils sont à peine séparés par une natte, ils contractent des inflammations des organes respiratoires, et des aflections.du foie; ils sont sujets à des rhumatismes douloureux qui contractent leurs membres, à l'hydropisie qu'ils attribuent à l'usage des fruits taboues. Indépendamment des inflammations causées par le tatouage et des phlegmons qui en résultent quelquefois, ils sont en proie à plusieurs maladies cutanées, à l'éléphantiasis et à une espèce de lèpre qui prend peut-être sa source dans l'abus du Kava dont l'efiet est de couvrir la peau d'écaillés blanches! Les scrofules abondent aussi ; il n'est pas rare de rencontrer des malheureux atteints d'uIcéres dégoû-

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tants; les enfants, surtout, sont généralement couverts de pustules et d'éruptions. Les maux d'yeux sont fréquents, et conduisent quelquefois à une complète cécité.

Les maladies contractées par le libertinage viennent encore compliquer et aggraver celles-là ; cependant, quoi qu'on ait dit à cet égard, elles sont peu répandues ; c'est à peine si deux ou trois cas se sont manifestés parmi les marins de l* Astrolabe et de la Zélée, au nombre de cent cinquante environ, après un libre contact avec la population pendant une relâche de plusieurs jours.

On doit ajouter aussi que dans aucune île de l'Océanie, la population n'a l'apparence aussi saine qu'à Nouka-Hiva; partout ailleurs, les maux physiques atteignent une proportion bien plus élevée, relativement au chiffre des habitants.

Le massage pratiqué par les Taouas, paraît être considéré, indépendamment de son but religieux , comme un moyen thérapeutique. Lorsqu'un individu est gravement malade , il se couche et montre une apparente tranquillité; ses parents pourvoient à ses besoins, et quand le mal augmente, ils s'occupent ouvertement des dernières dispositions. Le malade voit préparer l'espèce de cercueil qui doit le renfermer, et ce soin qui doit lui ôter tout espoir, ne paraît pas l'affecter sensiblement; il considère ces préparatifs comme un témoignage de l'affection des siens, qui veulent lui rendre tous les honneurs possibles. Km approches de la mort, 'de$ femmes en-

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vahisaeiit la ease, pendant que les Taouas ment tout leur savoir pour éloigner le fatal moment. Les fem-« messont vêtues de pièces de Tapa blanche, et pe se barbouillent pas, dans ces circonstances, d'huile de eoca et du suc du papa, comme elles le font d'habitude. Des décharges de mousquelerie retentissent, des ûris perçants se font entendre, les lamentations bmyantâa» communes à tauteTOcéanie, ne cessât plus; un oer» tain accord régne dans ces manifestations de dûuleury toutes les pleureuses n'emploient pas les même» expressions; mais elles terminent les versets qui suivent leurs récitatifs par des cris et des gémissements cadencés qui étouffent leurs voix. Ouelquafois elles sautent autour du moribond dans un état presque frénétique, et se frappent avec des morceaux de pierres pointues ou des dents de requins. Ce rôle pénible a ses intervalles de repos, de nouvelles ac^ trices remplacent celles qui sont fatiguées; eelles-rci rentrent alors dans la foule des spectateurs, qui paraissent d'ailleurs fort peu affectés de c^t événi»* ment.

Lorsque la mort a accompli son e9uvre , te caduvi^ est lavé avec soin, on Tétend sur une plate-forme formée par une réunion de lanoes et de oasse-tètes recouverts par une natte, dans une petite case qu'on construit incontinent, à côté de la demeure du mort. On recouvre le corps d'une pièce de tiipa qui n'a jamais servi, et, pendant plusieurs jours » les prêtres continuent leurs chants funèbres, tandU que les parmts et les wms du défunt feillept mv

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son corps, qu'ils ne cessent de frotter avec dd l'huile de coco ; dans cet intervalle on prépare une fête et des festins proportionnés à la richesse de la famille. Pendant que les provisions s'apprêtent, plu-* sieurs individus en costume de cérémonie , c'est-àdire revêtus d'une étoffe blanche, le front ceint d'un turban de la même couleur et la tête couva^^te par une feuille de bananier pliée en forme de mitre, et portant en outre un éventail et une longue perche, à laquelle pendent sept banderoUes terminées par un nœud, font l'office de messagers ; ils passent de case en case, pour engager les chefs et les individus des classes supérieures à assister à cette fête; ils leur adressent ces mots : toou ki, qui paraissent signifier vous êtes invité.

Les hommes ainsi conviés se rassemblent dans quelque case voisine réservée à ces cérémonies; tandis que les femmes exclues restent au dehors dans leurs plus beaux atours. Depuis l'instant qui a suivi celui de la mort, jusqu'à celui qui voit terminer lei chants des prêtres, toute cette assemblée jeûne et aucun feu n'est allumé dans les alentours. Les cérémonies religieuses une fois achevées, la nourriture est apportée , le repas commence, et les cochons sont retirés du four où on les fait cuire, pour être livrés à l'appétit des convives. Le chef de la famille du défunt sépare les membres de ces animaux avec un morceau de bois pointu; la tête revient de droit au prêtre principal, les autres morceaux sont distribués aux chefs, qui, à leur tour, peuvent on faire part à

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leurs amis. Des plats de pâte de fruits à pain, des bananes, des cocos, abondent aussi dans ces repas funèbres , qui durent autant que les provisions , ordinairement jusqu'à la fin du troisième jour; alors les alentours du lieu du festin sont jonchés de débris , Tair est empesté des miasmes qu'ils exhalent et de ceux que jettent les offrandes faites aux morts et aux atouas; ces offrandes sont indispensables, car les dieux participent aux dîners des hommes; chaque fois qu'un homme prend son repas, il a soin de jeter un morceau de chaque met, sur le chaume de sa case ou dans les environs, en guise de don propitiatoire à la divinité.

Toutes ces cérémonies ne s'accomplissent que pour les chefs de la tribu , car les individus des classes inférieures ne possèdent ni assez de vivres pour donner une fête , ni assez de considération pour y prétendre. Us sont tout simplement enterrés , tandis que les chefs jouissent de la prérogative d'être mis dans une espèce de bière qui contient le corps entier, à l'exception des deux cornes de la chevelure, soigneusement serrées dans des bandelettes blanches. Le corps reste ainsi exposé dans une case particulière, qui reçoit à Taïti le nom de tout papao.

Au bout d'un temps plus ou moins long ( ordinainairement une année ) , une seconde fête a lieu : les os des morts sont empaquetés avec soin ; le temps en a détruit les chairs, et la boîte qui les enveloppe ne contient plus qu'un squelette entièrement dénudé.

Pendant le passage de l'Astrolabe:, une de ces der-

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nières fêtes avait lieu à Taïohae. Les naturels, rassemblés autour d'un échafaudage et revêtus de tous . leurs ornements, chantaient en s'accompagnant du son des tambours. Quelquefois la véhémence de leurs gestes était extrême, et leurs cris trèsviolents. Ils frappaient avec force sur le coude de leur bras gauche, replié sur la poitrine, et parfois de longs cris, mate, maie te TcapiSy mort aux Taîpis! retentissaient spontanément. Était-ce des victimes qu'on demandait pour les mânes du chef décédé, ou bien ces cris étaient-ils Texpression d'une haine invétérée qui se réveillait au souvenir de la mort de ce chef, tué par les Taîpis î C'est ce que nous n'avons pas pu savoir. Tout ce que nous avons cru comprendre , c'est que les hostilités ne tarderaient pas à être reprises, et qu'on nous engageait à y prendre part.

Les Mordis, monuments funèbres où les corps sont déposés, sont établis sur une plate-forme de pierre , base de toutes les constructions noukahiviennes. On les rencontre épars dans toute l'étendue des vallées ; aucune condition particulière ne parait être exigée dans le choix de l'emplacement. Près durivagede Taïohae , se trouve le moraï , qui contient les restes d'un frère àeVatepéiou Paiinij un oncle de Moana, mort depuis quelques années, à ce qu'on nous.a assuré.

Sous un hangar soutenu par des poutres, recouvert par un toit , mais dépourvu de parvis, à un mètre et demi au-dessus du sol, en voyait le coffre contenant les restes du mort^ Une enveloppe de tapa blanche le

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couvrait de ses plis^ mais du côté de k tète iifi<e ouverture assez large laissait apercevoir les deOx cornes Êicticesdont nous avons déjà parlé , et ensuite le squelette en entier. Tout autour de ^t ajoupa, des perches longues et flexibles lai^aient flotter d'étroites banderolles blanches d'un eflfet pittoresque, et au milieu d'elles une grossière colonne de pierre, haute d'environ deux mètres, portait une etiveloppe de tapa» Un trou était perforé au milieu de ce bloc, qui avait dû exiger beaucoup de travail aux indigènes ptmr le polir et le façonner ainsi, ©es matièi^es animales en décomposition, des dâ)ris de fruits et de fleurs , une mâchoire de cochon , indiquaient que ie mort avait reçu de nombreuses <rffrandes ; mais elles étaient déjà vieilles , et il est probable qu'dles ne sont pMs renouvelées au bout d'un temps assez court. Grâce à leur frc*e construction ces monuments ne tardent pas à se détériorer ; ite disparaissent en peu d'aïinées, sans laisser d'antre vestige que ïes grosses pierres qui les ont supportés.

D'après les renseignements les plus précis, à chaque mort de chef important, des victimes humaines sont nécessaires ; les sacrifiés prennent le nom de Heana, et c'est dans les tribus voisines que les sujets sont choisis. Le jour même de la mort du chef , les guerriers se mettent en campagne. Malheur alors à la pirogue solitaire qui ne peut fuir à temps , malheur à la famille endormie dans une douce sécurité; malheur surtout à l'homme isolé dans les champs ; saisi, garrotté, tl est enlevé et transporté auxHeift du

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sacrifiée^ il est tué impîtoyabiement) et 8(Ml corps se dessèche à côté de œlui à qui il est offert.

Le caûnibalisibe, cette afireuse dépravation commune à tant de peuples est aussi pratiquée à Noukafeâva. Aujourd'hui Tantropophagie paratt avoir diminué ôonsidérablanent dans ces Mes ; cependant il n'y a pas bien longtemps encore, oH voyait à Taiohae, les débris d*un homme, ^'««e femme et d'un enfant, qui tivaient servi de pâture à dm ifuerriers Tais. Il est probable que ces repas monstrueux n'ont lieu qifê lorsque les dieux ne réclament pas de victimes, et qtie, dans ce cas, les guerriers mangent leiirs prisonniers. Quoi qu'il en soit, les fem*ies sont exclues de ces repas^ le vieux >dief Nia-*itôu , témoigna devant nous de la manière la plus expressive le f^isir qu'il avait eu de manger im jeune en^t. La fewime qui faisait partre des victimes citées plus harnt, avait subi la mort à la suite de son dévouement maternel. EHe s'aperçut que son enfant avait été enlevé, et elle suivit les traces ^es ravisseurs qui regorgèrent , sans pitié, avec sa progéniture.

CependfHit quoiqu'on ne puisse justi^fer ces cruautés, il faut ajouter que, sans doule, la vengeance est le principal mobile de ces festins contre nature ; chaque famille a un membre qui a péri sous «les coups de Tennemi^ c'est la peine 4u talion qu'efHe a|>plique.

C'est à ces enlèvements de Victimes que les guerres de tribu à tribu doivent letir origine. A la mort d'un^hef, des baiiâesfontirruptionx^iiek^toipeAptatt^

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voisine, la surprennent , et y sèment la désolation; des représailles suivent ces attentats, et les hostilités commencent pour ne plus finir. La possession de certains terrains , l'esprit conquérant de certaines tribus sont autant de causes nouvelles qui réagissent et qui constituent un état de guerre permanent.

Une déclaration de guerre précède la rupture de la paix. Un chef est presque toujours député pour annoncer les projets belliqueux de sa tribu ; il passe la nuit dans le village ennemi où son caractère d'ambassadeur paraît être respecté; il revient le lendemain répéter aux siens lesdiscours qu'il a tenus, ou qu'il est censé avoir tenus. Les guerriers se ras^ semblent alors , les conques de guerre résonnent, les tambours battent, et, dès qu'on le peut , des sacrifices humains, nommés cette {ois N(Hmtou, sont offerts aux divinités pour les rendres profRces.

Avant l'introduction des armes à feu, le mode de combattre différait ; il consistait dans des escarmouches prolongées. Les deux partis opposés se plaçaient sur des hauteurs ayant une vallée entre eux; alors un ou deux des plus braves, ornés de leur costume le plus splendide, s'avançaient en dansant vers l'ennemi;, et le défiaient par des grimaces et des gestes outrageants, de venir engager un combat singulier. Aussitôt, un nombre supérieur d'ennemis se détachait pour les poursuivre; à leur tour ils étaient forcés de se retirer devant des forces plus considérables, et^insi de suite. Gette^iartiede barres s'exécutait au milieu d'une grêlé 4e pierrûs et de laaoes^

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que les indigèoes évitaient avec une merveilleuse prestesse , mais si par hasard ces projectiles venaient à abattre quelques hommes, ils étaiait sur-le-champ assommés sans miséricorde , et emmenés en trk>n> phe par l'ennemi. Toutefois, Tenlèvement des corps devenait le signal de la plus vive résistance, l'hon^ neur exige de ne pas abandonner le corps des tués à l'ennemi, qui les offrirait à ses dieux, ou qui les mangerait en réservant leurs tètes et leurs cheveux pour en faire des trophées. Ces crânes tapissent les cases de tous les guerriers renommés, qui, par dérision, leur appliquent des yeux de nacre, un nez de bois et des dents de cochon. Us insultent ainsi à leurs ennemis , et s'enorgueillissent de la prouesse de leur bras, qui a brisé les os de ces crânes. Ces blessures sont horribles à voir; sur des tôtes recueillies par M. Dumontier , on pourrait presque passer le poing dans les lésions qui ont donné la mort.

Aujourd'hui ces combats ont perdu leur caractère primitif ; des coups de fusil à l'improviste atteignait plus sûrement un ennemi, quoique, dans les grandes batailles, les sauvages encore inhabiles, tirent de fort loin redoutant leur arme , avec laquelle ils ne sont pas familiarisés, autant que celles de leurs adwrsaires.

> Lorsqu'une balle a atteint un homme, la dé^ bandade est générale dans son parti; ce mode de ewnbattre est infiniment plus meurtrier que l'ancien; ir prête plus à l'assassinat^ et ses résultats plus certains sont une des causes ^maîeures du

liéeHtiHemcuit de la pspidatiôn qui îrkppè eet Itasg.

Lai prîsonflieni né fmA pM teujduif tuéi) uii éhd) un tebottoa^ peux^itt leur aîiiiver la via) daaa MS eaa I1& les adoptant^ et ka jiriaonoiari darieii^ MAÏ iBOffitoea (ie la tribtt. oïl da la famille qui k» teçoH dan» $tiâ sein. On en a ta un eieippte dans Moe^ rilfiulaire qui aceotta Pinrafcrfe, d^nsle dé^ frdit de Tamata et de Hit^*oa. Gel homme «mit été aaUVé par tin ebef de Hiva^ia qu'il élait vânu eam«r hsruve* Dèa l0ra^ il atait adopté aa ^ule et le suivait ft là ga^re ëetm^e ion ançieiine irîbu de Taens^ta.

Vtie di«paaitien gpéeiale périne laua individus qui ettt ^^0uaé ée& ùmAkéê ém Iribua tolaines^ de cir* eeler Hbren^Bt entre le» deux t^éea kraqu'dM aànt M guerre^ Leur perse&iie est respeetée» aw« ^i l'ils fiemnent am cbefe par des Uena étrattaL IH portent les propoeitions dé paix^ ou eelpopteut kb ifoiliNAi^ delé ^6ei¥e. C^eMâu meye» de cèahoinaoïes pfM)é|(îé6 qM Porter: eiltfH dea pégMiàtiena deiaf

AîûSi qa^ea» àpu\é wify tei NmkaUvi^aa U\Mi failli de f^iné âSf^Miée de gcwiépimlieaii. Gk» ein^ llMfloaiito dea èbef^n^ déiîh»eiqiie delewB^^ la classe tabouée possède seule les terres, qu'elle ae ttansiaei MrédkdiienMai^et le teita de là pepulaifaitlifesaF aufciâ«iis|niae dèseli iaidustrie e«dé k pèâ ehe. ^griaaîè»ll»tfâdHkd$,^ kwaiHtedeaiiicivtam iaalAikuni$ som k» fkate iuparliits êê «eC étai aèa ekl fiaHaiMitake^ m»Ï9smiàsAkmé&mêimmBff»ài

oë NoufcA-Bivâ. 259

HÈfé^ëâddike de nttfditidii est e^hfifyfètè^ elle né se plié qu*â la hécesàîtê dé i^eprelusser re^riemi cômmHûy le âaiigèt* seul naît toii^ les hnê ; hors de là , cbacuii est Hbre dé ses aetie^ns. Vh6vttitié a rarëmetit rëcetH^s U ^sofi ëeMblabley ësit il péni sàti^àîre luilÉème à toU^ se^ bé^ As ; daiis l'état de gdéri^ tùéttie, il agit souvent isolément; il combat soir etihefibi lo^s- <ju'illé renediïtrè,' <ni letue ti^afferènseftièirt s'il peut. Afictine M èivîfe ne *égfo<rt saèondéîte, àtfcurfe peiné (tttètrniÉrée né j)iHttssant une offensé, R èh fêôultè ^'H se laisse ^rde^ par seé passîoiifs bbnne^ ou madvàises, è< né recôniiatt d'autre» deroîA îfti^dsfe par lé Ê€ft\ëté ^ife èéiit de la parenté, ftàifs cet état qui asofi bei* et éori manfàis cdté, tnè àetflétègle relî- ^ix^i fS^ pdi^fttè et effiéèfèe, pb^ dbS borné» atrsetéës tfu*sibleér, a^^ê*éle* déprédaHoh*', et relie eittré (àri iôiiÈ tésr éftfënté \iS>fêi â*iittè gràifadé fa-

Le jFcée!*! , ë*r e*èst de IM (|ué notre rouloni parler, MiMi^ë a^rné *éà éffé<s; Vafîé dàn^ sies applrcatîons, re|^ totfte éfi fbrèe du csTràctère divin (ju'il' i^evêt, caÉ- il è^f f cxpréé^o^ àtoitéè dé la tofonté tfesr Âeus, eipk>éissièë fèrélêè aofi pl-êtréiï q[d la itianiféâtent â le*r tfrur.

Saf preffiîîère^ àiSSsîèrf à été ; sarfs aifcùfl donCe , de cMl^Irtuer la pfiGrpffêté, Base dé toute ^ocîété. Les Tsrcmas ééstiiàés k dterenfr des âteixx à fenr nîorf , les I^MMuaé ^i p^^teipént stdi firoiitiétfrà dfé cette cfcfetee', le« Aka*fe ,-dfeséetîcferft rfés fiotfrtwcs cHvîriisês cpA Vtit feU^ ce» te^rèé, le» 'JPdî^, iflW^i^éi plà)^ teùf

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courage et favorisés par la divinité, les hommes enfin pourvus par la nature de dons plus exquis que le reste de leurs compagnons, ont, sous la sauvegarde du Tabou, formé une grande catégorie de propriétaires qui, aux yeux du vulgair^^ jouissent d'une position plus riche, plus heureuse, en vertu d'uae espèce de droit divin.

Le tabou a seul produit leur sécurité, seul il les défend contre l'empiétement de leurs voisins plus pauvres et naturellement envieux d'un bien-être dont ils voient les efiets. Toutefois, cette loi n'est pas toujours une garantie suffisante ; la propriété des terres n'est pas entièrement assurée à ceux qui en jouissent. Il arrive quelquefois que le fort s'empare des biens du faible, un parent puissant de ceux d'un héritier en bas âge. Mais alors c'est la force qui décide de la légalité, le plus puissant l'emporte et rentre dans la catégorie tabouée, à laquelle il appartient déjà presque toujours. Roquefeuille a assisté à un différend soulevé par les prétentions injustes d'un oncle sur une portion des terres de son neveu. Une espèce de conseil de famille s'était assemblé , mais n'avait rien décidé ; outre les parents et les amis des deux parties , les habitants de la vallée s'étaient réunis en divers groupes; presque tous étaient armés pour assister aux débats des deux parties. De temps en temps la querelle s'échauffait jusqu'à faire croire qu'onallait en venir aux mains^ mais tout se passa sans effusion de sang. Les seuls coups portés le furent par u^e tante de l'enfant à l'un de ses çpu«

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sins, celui-ci eut le dessous; ce fut Taffaire d'un moment. Cette femme, encore jeune et d'une grande taille, soutenait ainsi que sa sœur les intérêts de leur neveu ; toutes deux remplissaient un rôle très-actif au milieu du vacarme de la dispute, et n'y paraissaient pas déplacées. Lorsque la discussion s'animait le plus , on voyait plusieurs des compétiteurs abattre les buissons avec leurs bâtons, comme pour essayer la force de leurs bras ou pour dégager le champ de bataille. Quelques hommes et beaucoup de femmes étaient simples spectateurs et se tenaient pour la plupart un peu à l'écart, mais aucun d'eux cependant ne témoignait de crainte pour le cas où on en serait venu aux mains. Les protecteurs de l'enfant étant les plus nombreux, son adversaire parut se relâcher d'une partie de ses prét^tions. Quelques jours après, ayant pris des mesures dont il espérait plus de succès , le même individu revint sur les terres de son neveu; mais, dans la nuit, à l'insu de l'usurpateur, les partisans de l'enfant se réunirent , et l'oncle n'osa tenter le sort des armes. Il fut chassé du terrain dont il ne réclamait plus qu'une partie. Ses projets injustes ayant complètement échoué de ce côté, il se tourna contre un de ses frères plus âgé que lui et aveugle, qui, ne se trouvant pas aussi bien appuyé, fut obligé de se retirer dans un coin de ses terres, et d'abandonner le reste de sa propriété à son cadet.

On remarque que, dans ces cas de rixes particulières entre les habitants d'une même vallée, les

3e2 ttES Màne^stê

morts »• sont pas marges, lès mlbiits smi Msp^otés; on les voit pas§.6r ssns omiale devant le 4^uU des maisons des ennemis de leats patents.

Pour en revenfr au tabou, il est imposé par les prêtres, qui se concertent prdiablement avee les ehefe; il change de fornie de vs^lléeà vallée, de tribu à tribu ; à chaque grande solennité, à la mort d'an cèef, un nouveau tabou est imposé, et les restrictions quHl impose sont souvent aussi rigides que singulières. Ainsi, l'enceinte des lieu]( sacrés,'la loaison des ehefe, 1^ cas^ destinées à des fiestins particuliers, les morais eu mopuipents ftipéraines, les dDjets appartenant aux classes supérieures sont taboues pour les classes ii^rérieures.

LatétedeThommeest tabouée, rien ne doitpasser au-dessus, on ne doit pas la toucher; pn a i^u des femmes refuser de monter sur }a dynette d'un navire pour ne pas passer au-<lepsus dci la tète des chefe placés au-dessous.

Les nattes, les e£^ts, les ustensiles d'un chef sont taboues pour les autres individus; ils ne peuvent y toucher; si un homme taboue se couche sur la natte d'un individu pon taboue, elle nepéut plus servir à ce dernier pour dormir, il l-emploie à un autre usage.

Les rigueurs du ta))oupésentprincipalementsuv les femmes ; elles ne peuvent pas entrer dans les pirogues. C'est pour cela qu'on les voit toujours arriver à la nage à bord des navires. EUps ne mangent pas de tous les aliments permis aux hom^ies; elles ne prennent pas leurs repas avec eux, tandis queeeux^i ont

on iKHiMAwnrAi 9S8

MOM IfliiMé dlMliotl lAssi^à^vb é&à fiNpittitt. Ha en* tMpt dan» leuff mb^, mangent leun promoÉti s'entpalmil dâldun uttenëUM wuu k mcîiuii^ tciu^

4 fiété ëè ces tabous partiouliprs) on ntAi ê6à tar bous ^t&raox qui ômpèefaefit de tnangav peodaot mi eertam temps de ta qû tel aliment i lûm(}iiâ laa coéhons defienaent rares ^ un tabou défoid do les tuer ou de les vendra, et U dsi fidèlemanl exécuté.

Un ekemple delà rigidité du tabou sons Ait offiar| i bord de h 3éléà>. Mate^i^opiQ, le loyo dli lieulenaat Dubeuiet , était qonvié à (liner ; U maagea et but sans scrupule jusqû^au moment où il vitswfir des volailles rôties^ aussitôt il sb leva et qe i^épondît aux question! qu'on lui adressait que par le$ mots sacramentels t Tabou, tabou. U nq voulut reprendre sa place à tabl<^ que lorsque le plat tià% eqle^.

fi^nsnoa ooUréesdans la vallée, nw» remarquions

aussi les regards méoontents que les indigènes nouf

^jetaient lorsque^ en oaressant leurs eniktits , nous ve^

nions à toueher leurs têtes; le^ euAuits eux-ni6tiiea

nous regardaient d'un air eouniodoé dans ecu mo^

h% mariag0 des oh#& est h cause fréquente de tabous bi^ftitsants qui lamentent la pêix entre deux tribus. Une fille de b tribu des Talpid ayant êp^mè un chef de Taîobâo, tout l'est>aee de lùet qu^elle avait pafCQuru à la renoontre de mn mari , avait été ta-<^ boue. Aucun eoinbatne poutait plus se livrer dana eette étendue, le tabou le défendit. Gette défense

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ne se Kmitait.pas à la durée de la vie de cette femme, mais encore survivait à sa mort; car on supposait que son esprit devait ^rrer sur les lieux où elle avait véea, et qu'il tirerait une terrible vengeance de toute in* fraction offensante pour sa mémoire. Un seul cas avait le p^nivoir de rompre ce tabou ^ c'était cdui oik le chef aurait renvoyé sa femme chez ses parents : alors l'effet des restrictions imposées devenait nul.

La couleur blanche est celle du Tabou : on a tu que les lieux sacrés étaient entourés de banderolles de cette couleur. A l'époque des funérailles, les ha* bitants se revêtent de blanc, et lorsque des collision& avaient eu lieu avec les navires européens, l'envoyé qui venait réclamer la paix, se faisait reconnaître par un morceau de tapa blanc, et la plante du Kava, symbole certain d'un désir pacifique.

Cependant on remarque, dans les enclos où sont cultivés les végétaux fruitiers , sur le tronc de quelques arbres, et dans les monuments funéraires, un autre signe du Tabou; c'est une poignée d'heiiies sèches, dont nous ignorons le nom. On remarque ces signes dans plusieurs endroits; leur disposition fait conjecturer qu'ils sont destinés à indiquer la prohibition des objets alimentaires, d'un usage habituel. Dans les Moraîs^ ils serviraient à défendre l'emploi des vivres offerts aux morts.

Un des plus puissants e£fets de l'efficacité du Tabou se révèle à certaines époques de l'année, qui amènent de grandes réjouissances dont la cause est inconnue. Cesfôtes, nommées IKoito, sont-elles cé«

ou ifOUKvimrA. 368

lâbrées eu oomméHioratioii de quelque événemeni important, ou bieu n'ont^elles lieu qu'au gré des caprices de la population? Reviennent-eUes périodiquement ou à des époques indéterminées? c'est ce qu'il est impossible de déterminer aujourd'hui; mais un Élit certain, c'est qu'elles sont fréquentes; chaque rallée a la sienne, et pendant sa durée, un tabou solennel défend de faire le moindre mal aux étrangers qui viennent y participer. Les habitants des Iles voisines affluent à ces époques; à Taicf-Hae, le lieutenant Gamble vit arriver une pirogue double de Vite Boua-Poou, conduisant plus de quarante naturels à ces réjouissances. Une trêve générale règne pendant cetemps^ les tribus ennemies viennent sans crainte participer aux plaisirs de ceux qu'ils combattaient la veille, et qu'ils combattront encore dans peu de jours. Ils prennent part aux repas et aux divertissements, péle«mèle avec les hommes de la tribu qui en fait les frais , mais ils partent ordinairement la nuit du troisième jour, temps que parait limiter leur sauf-conduit. D'après Steiivart, ces fêtes, à l'une desquelles il a assisté , ont lieu à l'époque .de la récolte des fruits à pain , et à la ratification de la paix entre deux tribus. Voici, du reste, la substance du tableau qu'il a tracé de ces réunions. .

Le Tahaua ou théâtre représentait un parallélogramme, d'environ vingt mètres de long sur une largeur de treize. D'immenses pierres , des quartiers de roch^«, d'un mètre d'é'évation et de deux

mètres dé lôAgtiéUV , AkdéMbtéê àWi UAe i^lillitA et un doiii remarquables, eU é^aMl Au« môyêtm «ë»« treitits de 1- industrie des indigèiièil , fermait Tata^ phithéàtre œeupé par leH s|>edtâteut*s, bssissui'ufi espace pavé c{Ui se défeloppatt tout ttuiêui^ de tB mur.

En dedans du tnur , oU voyait d^Autt^el f^eri^és sUI^ un niveau plus bas; elles servaient de slégës aux indi* vidus ehargés de ftiire résonner les tàmbbUrs , tt'étalt la plaôe d^une partie de Torchestre ; Tsutre portion composée de chanteurs , au nombre de eetit eiU'* quante environ, était placée ëur la plate^lbrme destinée aux eheft. Dans le centre de ëet etnplace> ment se trouvait un terrain uni et battu , nettoyé et sans pierres 9 ayant sept mètres de longueur sut* quatre de large ; cet espace était destiné aUï acteurs de cette représentation J

Chaque village possède Ub êttiplaceÉieht pareil ^ c^est Un diminutif des elrques l^otuâifeis, H eèt uni^ quêment destiné aux plaisibs de la seètie«

Les acteurs mentionnée par Stei^art éttiletit ftU nombre de trois , un jeune hotnme de vingt ans et deux enfants de dix à doude auë. T^us. tik>ls étaient bizarrement aceaut^és de longues touSte de ébeveui blancs, qui recouvraient leur tdtë i Mtouraieât leurë poignets ou pendaient au bout de Tét^fe MaMdbé qui leur servait de vêtement) comme dans les eérémonies religieuses, te blaiie paraissait la eouleuf adoptée. Les deux euA^ts se trottvaieBl i TexltéHiti du carré) et l'autre aeteui^ au boM éppo«k Leuiv

Buiifaient la mesuve Aw Umbourd) «oals ils 6*ânimè- ' rent bientôt; la mesure ées ebants s'aocMéMi, el eè fut au milieu des mouvements les jrfus rapides que ht daiise se termina.

Des ebants succédèreat à cette seène ; las femmas joignirent leurs voix sur un ton lent et monotone) les battements de leurîB mains indiquaient la mesuré de ces accords sauvages i qui n'étaient pas dépourvus d'harmonie.

Personne encore n^a reeueilM les paroles de ces chants; souvent on y a remarqué le nom de divers individus ) et celui dé certains ol^et»; on a pu aussi se convaincre que les expressions de*» vaient être très'-libres , à en juger par les gestes ) mais toutes les observations recueillies se bor-* nent là.

On eut aussi l^occasion d^assister, à bord de fAê^ irolabe , aux chants des femmes noukahiviennes. Assises d-abord sur deux files se faisant face, elles avaient entrelacé leurs jambes et accompagnaient un chant en chœur par des mouvements de leurs mains et des doigts , qu'elles portaient à droite , & gauche, en avant, avec une rapidité qui semblait indiquer le vol des oiseaux. Une d'elles paraissait guider Torehestre ; elle donnait fréquemment à sa voix une in-^ toiiation interrogative , h laquelle ses compagnes paraissaient répondre. Plus tard, elles frappèrent dans le creux de leur main avec un ensemble remar-^ quable> et ce bruit, si peu harmonieux par lui-mémei

2d8 tLES MAROUISES

ajoutait cependant une certaine énei^ie aux accords monotones et lents de la troupe. Quelques mots revenaient trés-souyent ; ceux qui suivent ont été sur* tout remarqués. Une femme criait à pleine voix : Ariri, ariri^ les autres répétaient en chœur orfrî, le mot était répété encore une fois , puis toutes ensemble prononçaient, sur un ton très-élevé, Parakio. Une espèce de récitatif à trois temps suivait d'or« dinaire ces grands cris, qui revenaient à chaque instant.

Après ce concert vocal, les beautés noukahiviennes donnèrent un échantillon de leurs talents chorégraphiques, si toutefois on peut donner ce nom à des gestes hardis, exprimant des images li* cencieuses. Une des figures les plus compliquées de cette danse consistait à former un grand rond ; une femme se plaçait au centre et exécutait sur place une pantomime expressive, en suivant la mesure des chants du reste de la troupe; ses compagnes répétaient les mêmes mouvements en les imitant parfaitement, puis elles sautaient lourdement, à pieds joints, à la file les unes des autres. Les chants contenaient sans doute la signification de ces évolutions qui restèrent un mystère pour nous.

Malgré la nudité presque complète des indigènes, le nombrede leurs ornements est encore considérable ; mais, contrairement à ce qui a lieu chez les nations civilisées, ce sont les hommes qui en possèdent le plus. Outre le tatouage, armoiries ineflaçables dont la complication indique la richesse et la puissance tout aussi

ou N0IIKA»H1VA« %Q9

bien que nos habits à la mode ou nos unifwmes, les Noukahiviens ont plusieurs otyets de toilette fort curieux. Une étroite ceinture, de l'étoffe du mûp rier, forme leur unique vêtement dans les temps ordinaires ; quelques-uns même s'en dispensent, prétextant, probablement, que sous un climat aussi chaud, on souffre si peu que l'on soit habillé; mais dans les jours d'apparat, les guerriers ornent leur front d'un panache circulaire de plumes ondoyantes ; une visière ronde , couverte de petits pois rouges d'Amérique, entoure leur front; un collier de bois , divisé en rayons , recouvert aussi d'incrustations de pois rouges, entoure leur cou; des plaques de bois minces, larges et peintes en blanc, cachent les oreilles , ou bien des dents de cochons curieusement travaillées, dont l'aitrémité est ter-, minée par une coquille polie (le cône drap d'or), remplissent la fente dulobe de Toreille ; un colKer d'os humains , coupés en petits fragments , et présentant en relief la figure de l'atoua des batailles , atoua difforme, dont l'énorme bouche semble menacer les chairs des vaincus, vient pendre sur la poitrine ; des bracelets formés avec des touffes de cheveux, trophées sanglants conquis «ur Tennemi, couvrent les join-^ tures du poignet et du pied , et souvent entourent la taille. De courts manteaux blancs, laissant la poitrine découverte, flottent soulevés par la brise, tandisquele guerrier marche à. pas précipités, en portant sur l'épaule son lourd casse-tête; de temps en temps> il ft'arrêtopour tirer de la coquille d'un grand

ifiifm^ pcreé à $^ foini» ^xtfêAie^ dot mqs iiMiq«« et prolongés^ signal d'alarttie qwii^iâ {Mir tooie i»

tribM4

ddQft toute 9a tn9^€^é } $0» «leml^fes robusiesi $« tuille sigraudie par sa nudité 1 lui ddnaeol u» as«> peot bim supérieur à Qelui dlvm EurOpéw^ Cq n'e^l plus le sauvage indolent et dégradé de la veîHe^ il est là dans toute sa fcfree^ dane toiito soa énergie) sipn m\ brille d'un éelat romarquabte ) sa détsiarobe élastique donne la hi^ijm^ d^ sa vigueur tensfeu^ laire ] il . devient imposant M reèou^le, 4ana la noble attitude dé Fhomoie qui va afifronter <l^ pé« rils du Qombat*

Souvent en. voyant tant d'élégadtie réuniei à ée» proporlions de corps admirables^ m Qontie«ifte»i e^popt bardi^ T^pressioni terrible du visage ^ las pari* tioiMbeweuses de^ meipbres libi'e^ de to<ite colraw^ on regrette de ne poutoir re|>rodtiire wadeiaeiil rîmpre^sÂ^n que! œtte vue f^it naître. C'est de nos^ joora le plw iMnu modèle de l'hontnte prhnittf ii ée Vh^mvHi guerrier^ qu'on puisse vokr« ; Lé» nètementst des femmes: sent idoms eomi^ quéa î Im tf^ifiesi da^ cbeve^iK ^ ééprwîttes sangfanfe»^ itVmnÉ paaleurst bras^ le paisaKhe wl^ioèfohi pbsr soir leur tète; le«r)d oreîHea amt viites; flcbis^ eut re* vanehë^ ettes lisant kurs IhevevK* aveè Thuifo qu'elles retirent de la nôisK: de oac&4 ettcs. kè- retèvent sur le derrière de la lète», mi Usa bâssèoS fldttev sw léAiis: oain. U* étretlbiiikleM ,? 0» up tèrfaM nqvpié

#1) NWftA-ItlY^. 971

ywM mliit gnMiQWiimeAt hw frçsu } un ^\m de Uraia eotQmre leur wd ^ petit 0( Oe^ble. Upe courte pagœ de«eend juiqu'^u g6iK>u e(leur awi de robe) ç'^a^hohfMkii &ii A'iskm étoffe pAiifi £^rte que le inU) doftt la finesM ndmîfnb^ )uî ^i>A# Vaspe^t d« h^iie.

Un manteau complète le costuiQe. C'e^t tout $im^ plemea* une pièce d'étoge ei^rrée jetée uégUgemmmBi sirf une q^ule ou «ur l« t^te^ otebi^ut sous s^e^ wefih tout te oorp»^ à VeJ^ieeptiop d'unbFa» toi^our^ et^otté à ràÎTi Maîa e^tte detiûère pièce de VbabiU^ HieiilMlfarwdeiit portée; oUeue ^rt qU0 pour at-» téftuer learajFOMdu ealeil ou poUr abriter des frai^ f bëons d« soîr^ Au {^ramier id>Ofd; la nudité de c4 peuple étume Iceil de» But^péeuft) maïs <m ^y ac^ «BAttuBBiebiea YÎte i et Fou Hakh pér reeaaiialtfe qu« l'haUtode ioftoei hdaûèauii âor l'idée (]u'ob te £nt do la décence.

Lm ^dwiea «kniftenl k leu^ peau dest soiiii fi^é- %M&té^ Mids ^iri'eQes partasiAt airec kis boiumes d# ki liasse dea MokmomëMm^i ^ul^ r^AoâçaM. à la Ivoire des faorriefOn août lee yéritabies dandy» do h popwhlaottt Ilno pondte j/mm^ eèl^wuo delà pfeute^ Bouuptiéè: ^Mfo i <^t oUptoyéo avoo. Vltuil^ dci eoco pour asampter répid^ffiao<( Qette! eowifao^ qui blanchit considérablement le teiut^ a vue odeur oaueésiboude) il favtt uo lo9^^ eoutael po«tr s'jr liiakitftor . Ceèto préparatioo ost la prlocip^ cuuae ih bf oufio«lté sowito«l io4«sorète que; Ws loflaflaesr to» WMgfteatft^ eiiKOjWftt la kt»itÀ«iUt 4a. h fmu fleo

373 tLSS MAROVISES

Européens; elles la flairent de près, pour y chercher la trace de Tenduit qu'elles lui supposent. Souvent, leurs recherches ne s'arrêtent pas &ux mains et aa visage; elles demandent à voir les bras et la poitrine^ pour s'assurer que la peau a partout la môme couleur. Leur étonnement donne lieu parfois aux scènes les plus comiques.

Hommes et femm^ se baignent fréquemment; c'est dans les flots d'écume soulevés par le ressac qu'ils cherchent un soulagement à la température élevée de l'atmosphère. Vers trois heures de l'après-midi, le rivage est couvert de groupes assis à l'abri des Pandauss, quittant, de temps à autre^ leur repos, pour se plonger dans une mer tiède; c'est dans cette lutte avec l'eau que ces naturels déploient une agilité , une souplesse, une vigueur peii communes, et qui excitent l'admiration de leurs spectateurs.

Les ruisseaux de la vallée offrent aussi, prés de leurs cases, des baignoires artificielles, dont ils font un usage habituel. Les navhres ont à souffrir quelquefois de ces penchants aquatiques, car l'aiguade est souvent envahie par une foule de baigneurs des deux sexes, qui troublent la limpidité de l'eau, dans laquelle ils plongent, sans la moindre retenue, leurs membres malades.

La coiffure des hommes est des plus singulières; ils portent leurs cheveux presque toujours divisés sur le sommet de la tète, en deux petites touffes enveloppées d'une bande d'étoffe, ce qui leur donne

ou NOUKA-HIVA. 273

exactement la forme de deux petites cornes blanches ; ces deux proéminences, jointes à la teinte noire du tatouage, rendent l'ensemble on ne peut plus diabolique. Une portion considérable de la tète est rasée. Autrefois les coquilles remplissaient l'office des rasoirs, mais aujourd'hui des instruments plus perfectionnés les ont remplacées. L'usage des coquilles s'est conservé cependant pour la barbe. Les naturels s'épilent une portion du visage et du corps, et laissent croître capricieusement des bouquets de poils sur le menton, en forme de barbe de bouc.

L'industrie ne se développe chez les peuplesqu'en raison de leurs besoins : sous ce point de vue, les habitants de Nôukahiva ne devraient occuper qu'une plaôe bien minime dans TécheHe industrielle ; cependant un examen attentif découvre chez eux de véri* tables prodiges d'art, lorsqu'on considère les instruments qui les ont accomplis.

Ces instruments en petit nombre sont grossiers comme les matériaux dont ils sont faits; une pierre dure usée par le frottement, emmanchée sûr un morceau de bois coudé, sert de hache et de marteau; avant l'introduction du fer, on coupait le bois, on le débitait en planches pour les pirogues, ou on le façonnait pour édifier la charpente de certaines habitations, avec cet outil défectueux. Des instruments pointus, faits avec la nacre deshultres perlières, servaient à perforer le bois, tandis que d'autres coquilles tranchantes, des dents de requin disposées en scie, étaient employées pour graver les armes, pour les sculpter et les polir.

2T4 Iles makquises

Ces moyens restreints ont suffi longtemps à 00 peuple pour yaincre lesdifficultés de la construction des cases^ et celles bien plus grandes de la confection des pirogues* Aujourd'hui , le fer apporté par les na** vigateurs a amoindri lès obstacles ; chaque Noukahivien possède au moins une hache, et le grand nom» bre de ces instruments les rend déjà presque sans valeur aux yeux des indigènes.

Le plus souvent les cases sont placées sur une terrasse carrée , formée par de grosses pierres superposées avec symétrie* Cette plate**forme, haute de un mètre à un mètre cinquante centimètres , semble avoir un double but s celui de garantir de T humidité du sol I et de T invasion des torrents impétueux qui descendent des montagnes dans la saison pluvieuse , et ensuite , celui de fortifier ces demeures contre une attaque inopinée desennemis. C'est un faible obstacle, il est vrai, aux entreprises nocturnes des maraudeurs en quête de victimes humaines; mais c'est déjà une difficulté à vaincre, et le moindre bruit peut donner Falarmeà la famille endormie. Une poutre mobile ^ entaillée de coches profondes , sert d'échelle i)our arriver du sol dans la maison , dont Paccès est défendu par une porte étroite, basse et incommode. Il faut s'accroupir pour la franchir.

Toutes ces cases varient de grandeur, mais leur forme ne change pas. On en voit dont les dimensions dépassent vingt-cinq mètres de longueur, sur une largeur dé deux mètres, d'autres n'ont que sept mètres de longueur , trois mètres de largeur et deux

ou NOUK^rHIVA, 375

mètf e« et émm d6 bmiteur ; l^r çK^n^tvnction iv'oflre pas de graades diffîcqUés à vainqre; ç)le e$i çef^m^ émt iiigàtiimis^ » ^t donne un ^p parËiit ppmr 1$ climat

De» poleaux plantés dani le ^1 forment d'abord ka quatre coins de la charpanto; à l^ur oi:trén)it4 supériôufo une entaille «art à recevoir de^ troncs d# Qûcotiera lisses et minces qui fornieqt la carcasse 4e rédifice. Le derrière de la maison est plus élev^ que la partie antérieure , à cause de Tinclinaison de b toiture, qui n'a qu'un versant, ce qi^i donne à ces habitations Taspeet d'une maison qu'on aurait par^ tagééen d^x, dans le sens de la langueur du toit^

Sur les poteaux et sur les troncs des ^ocotieri^^ d'autres pièces de bois léger sont posées transversale^ Hient } elles sont Uées à leurs extrémité p»r de# amar^ rages réguti^s faits avec des tresses de fibres de cocos» et le vide qui les sépare est rempli par des roseau)( sarrés, qui laissent cependant circuler librement l'air, dont l'action est si indispeni^Jide dans les oba* leurs du milieu du jour.

Pour àehevar la toiture, les constructeurs en* veloppent des perches avec les longues feuilles du cocotier et du Chmnœrùps kmnilUy qu'ils plient en deux , et les posent sur les cadres formés par les poutres et les lattes déjà Baentionnées. Les fwilles de la première perche reeouvrentcelies 4e la seconde, et ainsi de suite; le toit déborde un peu les parois de rectifiée, et les préserve parÊàiteaienl de la pluie»

279 ^LE9 HARQUISES

T7n ou deux trous carrés ménagés dans lacloison^ servent à la fois d'entrée et de fenêtres ; une porte de roseaux sert aies clore hermétiquement, et le peu de jour qui entre par ces ouvertures, laisse régner dans r intérieur une demi-obscurité favorable aux mœurs indolentes des indigènes, et qui éloigne les mouches, fléau insupportable des climats chauds.

Un tronc d'arbre bien sec, bien poli et bien net* toyé, est posé à terre contre la paroi la plus élevée ; un autre tronc semblable est disposé de la même manière^ à un mètre cinquante cetitimétres enviroa du premier ; à peu près au milieu de la case. Dans Tintervalle qui les sépare, une couche d'herbes sèches et odoriférantes, forme un matelas sur lequel dés nattes grossièrement faites complètent le luxe et la mollesse du lit commun de la famille; la première poutre remplace Foreiller, la seconde sert d'appui aux pieds. C'est sur cette couche grossière que les hommes, les femmes et les enfants se livrent pèle-mèle au sommeih

Dans les coins, des Cocos secs dont on extrait l'huile, des calebasses, de petites auges en bois où se conserve la pâte aigre du fruit à pain ^ et quelques autres ustensiles , sont les seuls meubles du ménage. Les armes sont suspendues de manière à les avoir €ous la main. Il n'y a pas d'habitant aujourd'hui qui n'ait un fusil ^ bon ou mauvais j placé près de son lit.

Les Nôukahiviens ont le soinde ne pas allumai 8e feû dans la case oà ils séjournent ; un petit ajoupa.

ou N.9IIXA-mtA. Wn

fkaicé i quelques pas de distance, est consacré à cet usage; près de celte cuisine rustique on voit aussi de grands trous creusés dans le sol , qui servent à con<* server la pâte du fruit à ps^in cuit ; de grosses pierres recourent ce réservoir alimentaire , et le font reconnaître.

Les végétaux sont la base principale de Falimentation des Noukahiviens. Les cochons et les poules sont rés^*vés pour les festins des jours de fête, ou pour la table des chefe opulents. Le poisson n'est pas d'un usage constant, à cause des moyens défec-* tueux employés par les pêcheurs. Le fruit à pain satisfait presque à lui tout seul aux besoins de la popu^ lation, qui le mange à Tétat frais ou conservé, en forme de pâte qu'elle nomme invariablement popoï. Ce m^ a l'apparence d'une bouillie jaunâtre et épaisse; son goût est douceâtre lorsqu'il est fait avec des fruits à pain à l'état frais , msûs il devient aigrelet et , légèrement 'piquant , lorsqu'il provient d'une préparation déjà ancienne des mêmes fruits* . La conservation du fruit à pain demande quelques manipulations, à l'époque delà maturité. Il est alors posé sur un feu constamment alimenté ; une épaisse fumée s'exhale des fruits qu'on grille, et dont la peau noircit au contact de la flamme. L'écorce et le cœur, trop durs pour être mangés, sont enlevés, à l'aide d'un instrument tranchant fait avec des coquilles, et le reste présente une substance tendre^ spongieuse, mall^le, et assez fade au goût. Cette substance, pkicée dans une auge, subit une trituration complète,

Û19 tLËSi MARQUISES

ati moyen d'un pîlori de bois ou dé jMétte, ôjfrés ïjttoî on renferme dans des trous circulaires, ttêii^ dans le sol à tinè profondeur d'un mètre et plm $ et doi)t les bords sont soigneusement tâpisséil pftr èê larges feuilles de bananiers, destinées à préserter la pâte du contact du sol. Lorsque le ttm est plein, on lé recouvre dé terré et dé pierres^ et à chaque repas où en retiré la quantité de pâte néééS** saire pour faire la popoi. Elle est dé nouveau trituré» aveé des bananes , des noix dé cocos râpée*, des patates douces ou d'autres racines, avant d'être mangée.

Les bananes Sont bussi enfouies dans te sol pour bâter leur maturité ; en effet, peu de Jours suffisent alors pour jaunir un régime tout entier, et pour le rendre excellent. Ce fruit précieux joue aussi un^rai^rôl^ dans les repas des indigènes , délit il est e6 quelque sorte Tunique dessert. Le taro, rigviamé) topaMlë douce, etc., subissent radlk>n dtl féu avant de M mélanger à )a popdï, mais lé poissM sé mange €ra< Lés l^kahiviens se contentent dé lé trèiôpe» tdàns la poprt, et Tavalént ensuite.

La <niissôn dés viandes a lieu d'àptès 11 ïû^eàB èoiïimun à toute TOcéanie, et décrit par ii^iis les Tôyageurs ; en fait lîhauflfer des pierres à un le» ar^ dent, en les place ensuite dans un trou crtfosé dBos la terre, on y met te cochon qu'on ve«lcttm, e»* iréloppé de feuilles , et on eniervé le tout pendMt lé téiî^ps nécessaire à ta éoi(^ti<m> Les viandes «q^ pré^ tlé ûem fbçen ont mê «ft^iur fMêÊiÊ^

ou NMKA-fiiVA. i19

h&» corps fattmaiiis iotit ouiM (te la m^e nière.

Les oasefi.dea chefs i^nt naturellement les plus belles, mais dn en remarque d'autres plus grandes encore et d'une construction plus soignée t ce sont celles qui sont destinées à certaines réunions dont le but n'est pas encore bien connu* Elles sont réservées à la classe supérieure^ €^ leur outrée est uHfou pour les individus qui n'ont pas un droit acquis de s'y rassembler^ Les ftmmea ne jouissent pas non plus du privilège d'en dépasser l'enceinte, excepté dans certaines époques, où une ou deux d entre elles participent aux festins de cette société, qui detienitent alors très4icancieux.

Un de ces édifices se trouve dans le haut dek vallée des Tats ; il ne ditfère pas des autres cases, sous beaucoup dé rapports* Les colonnes de la chaf^prate sotlt scul^ées ( elles représentent l'image commune à tous tes Al6uas V c'est sans doute un sig«ie de om* séoratiôn.

Péut-étre estnee aussi dans ces enceintes que s'accomplissent les repas de chair humaine, avec une pdmpe et avec des cérémonies qui n'ont encore été décrite par personne. Tout ce qu'on sait , c'est que le Këva se bbit avec une certaine solennité dans ce lieu. Cette liqueur, dont les qualités enivrantes sont hautement appréciées par les chefe^ est obtenue de la manière suivante :

Des pa'sonnes des classes inférieures mâchent la «aoine du KAva ( Viper mèOêticmn )^ et la cmchetit

ftSO I1.BS lURQUISBS

ensuite dans un vase en bois. On verse ensuite de l'eau dans ce vase, et lorsque le mélange est à point, on le sert dans des noix de cocos , qi][i passent de main en main. Cette liqueur est blanchâtre, son goût est piquant , ses effets sont prompts. Elle produit une ivresse qui rend presque stupide et qui a horreur du moindre bruit. Elle détruit Tappétit , et conduit à un état de torpeur presque constant. La peau des buveurs se couvre d'écailles blanches, leurs nerfs s'affaiblissent, et sans doute ce breuvage hâte la fin de leur existence. Joseph Cabri et Roberts faisaient partie de ces réunions; ce dernier exprimait de vifs regrets d'y avoir été admis, quoique ce fût un gt*and honneur aux yeux des Noukahi^ viens.

La construction la plus difficile pour des sauvages est incontestablement celle des pirogues. Cette industrie n'est pas très-avancée à Noukiahiva, ou plutôt elle a subi la décadence qu'on remarque dans toute l'Océanie. Il semble que la vue des perfections des navires européens a dégoûté ces peuples de continuer leur ancien mode de trayail.

Les pirogues ordinaires, qui servent pour la pêche, sont petites, et leur largeur ne dépasse pas soixantequinze centiqdètres; leqr profondeur est un peu plus considérable. Mais les dimensions des pirogues de guerre sont un peu plus grandes, et leur construction présente quelques différences.

Ces dernières sont étroites, longues et profondes ; les mesures de ces pirogues varient depuis six mètres

ou nouka-hivà. 281

jusqu'à quinze au plus pour la longueur, et cinquante à soixante centimètres pour la largeur, quelquefois plus, et environ un mètre de profondeur. Un balancer, formé par une grosse pièce de bois assujettie par des liens à trois ou quatre traverses , leur donne la stabilité nécessaire; le fond de la pirogue est ordinairement composé d'un seul tronc d'arbre creusé avec soin, mais les plats4)ords, les bancs des pagaieurs, sont formés par des planches étroites et minces, attachées les unes aux autres par des fibres de coco. La bourre de ces fruits sert aussi à boucher les fentes des bordages , mais très-imparfaitement ; l'eau s'introduit dans ces embarcations , de manière à nécessiter constammentremploi d'un homme pour la vider.

La proue est basse ; elle projette sa pointe à petite distance de la mer et présente ordinairement à son extrémité une tète sculptée; son contour est aussi orné de divers dessins. Un siège carré la surmonte : il est sans doute réservé au chef ou au guerrier qui conduit l'attaque; sur l'arrière, un siège semblable indique la position de l'homme qui gouverne la pirogue. Dans les occasions d'apparat, ces deux sièges sont ornés de palmes vertes, arrachées aux cocotiers du rivage, et les hommes qui s'y placent revêtent leurs plus riches ornements.

Les diverses parties de la pirogue ont di£férents propriétaires : le balancier, les bancs, les pagaies, chaque fraction de ce tout, appartient à oelui qui l'a (xmfectionnée. Il arrive souvent de retrouver éparses

282 llËS MARQUISES

dans les Cdbatiès, les ditefses {rièoeis cpï*on 4 vues pf^ cédefriment sur Teau.

Lés pagaies ont ordihaknefment de un mètre vingtcinq à un mètre trente centimètres de hauteur; elles sont terminées en pelle vers rextrémîté destinée à frapper Peau. Les Noukahiviens les ti^inent à deux mains, et les plongent perpendicuteirenMiiit dans la mer. Cette manière de s'en servir demaiidedeseilbrts continus, qui donnent une grande célérité à ta marche. Une belle pirogue, conduite par une dîtakie de naturels unissant leursmbuyements dans un ensemble parfait, sur la mer paisible d'une baie pittwesque, est un des plus jolis spectacles qu'On puisse tmr dans les scènes de la vie satrVâge.

Des crânes enlevés aux ennemis^ décorent quelquefois l'avant de ces embarcalions. Ces oss^nents, blanchis par le temps, sont bizarrement wnés t l'orbite de l'œil est rempli par Un moreeau de Haere, sur lequel ui> point noir simule la prunelle; lacâvîté du nez est bourrée avec du bois, de maniée à produire un nez factice ; et, aundessousda rdn^oade zygomatique , de chaque côté deë màehoires , de longues dents de cochons avancent leurs pointes recourbées. Des touffes de cheveux, noires ou grises, sont suspendues à ces débris, qui témoignent de la valeur de celui qui les possède. Les cheveux gris swtout paraissent très-estimés.

Les armes des Noukahiviens comprennent deux espèces de casse-tètes t l'un, haut <le un mètre soixante çentiipètres^ est terminé par ni^ renflement

011 NOUftà^HlVl^t^ tttt

wné èè àm% %Qres scolptéed eti n^df ) e'Mt uûé ftrioé pédante qui demande une grande vigueur peur k ffiMier. Le second oasse^ète «si de forme plate ^ et il è^ iBèÎM knird» Le premier est destiné sans deute à ééraser d'uâ seul coup la tète qu'il frappe^ tatidis que le second est plus apte à Messer par non tranchant.

Une lofigue lance , dont la pointe est unie ou barbelée, est destinée àatleîndre Tenneini dansles corn* bats corps à corps, tandis qu'une iSàgaie plus légère se lancé de lein et ta brïser son eitréolité dentelée dans une plaie qu'elle enveninse.

Les frondes sont faites avec les fibres du êocetier j elti» se terminent par une tresse plate qui sert de sac à la pierre, qu'elles {wroji^teDt à une grande distance.

Nous avons parlé dès omepuents d'os humains, es« pèees d'amulettes doM les guerriers entourent leur cou ; la sculpture uniforfne qui lea reeouvreserepre^ duit sur lés manches des éventails eft sot de petites statuettes^ rares aujoord'bui, qui paraissent être la représentation des dieux hu»es ^ protecteurs 4e ta â^ mille.

Les éventails sont un des plus ^b futéâniu de llndnstriedece p^ple, plats, de ferme semiKSlrculaire , souples et légers, blanchis par une eouehe dé chaux, ce sont des instrom^ts grtciecrK dsfus les mains des vieillards* Les vieux chefs en sent toigotirs pourvus, atn^ <qM d*un long bàtmx en bois dur et neîr, euirmonté p»r une touffis de ehweux soigneuse^ iMQl «eirés dm» wi ^rdûix; A veir i'îaa|m«HMe ^

284 IlBS MAROUISfiS

la gravité de ces hommes dans cet attirail, on dirait que, pour eux, 1- éventail est leur sceptre, et le bâton qui soutient leurs pas, un bâton de commandement. . Nous avons vu deux statuettes en bois^ représen^ tant un homme endormi et un oiseau de mer; mais elles étaient si bien sculptées, «i joliment faîtes, qu'on doit douter de leur origine; elles soRt probablement dues à rindustrie de quelque matelot déserteur , dont l'adresse est façonnée de bomie heure à tous les métiers.

Le véritable chef-d'œuvre de la sculpture indigène se trouve dans les écbasses , composées de deux pièces distinctes, d'un bâton et d'un marche-pied ; c'est dans la structure de ce dernier qu'on observe une perfection et un fini remarquables. Us sont formés par une figurine supportant un mwœau dei)ois recourbé de la largeur du pied qui s'y appuie; ces instruments ont bngtemps étonné les voyageurs; on les attribuait d'abord à un simple but d'amusé* ment; mais il parait aujourd'hui certain qu'ils sont nécessités par les inondations des torrents qui, dans les saisons pluvieuses, courent à la mer en débordant de leurs lits.

La fabrication des étofifes nommées tapa demande peu de travail; elle a lieu au moyen d'un battoir cannelé, de forme quadrangulaire. L'écorce du mûrier à papier est mise dans l'eau pendant un certain temps, puis elle est battue sana relâche jusqu'à ce<iu'dle devienne assez mince et assez grande pour former un vètemeftt* L'épaisiseur de ces étoffé» varie; on supers

ou ifw&AfmiVA. 286:

pose plusieurs éeoroes pour m augmenter TépaiV semty ou bien on frappe jusqu'à ce qu'elles aient atteint la lénuité désirée. La tapa qui est destinée à enyelopper la tète est la plus difficile à c(mfection« ner , en raison de son extrême finaase.

Les vieilles femmes sont chargées ordinairement de ce travail ; on les voit sur les bords des ruisseaux accomplir leur tâche bruyante» Dans un jour y elles peuvent facilement produire trois grandes pièces d'étoffe.

Les instruments de pèche çont les seuls qui nous restent à examiner. Us se composent d'une lance dont l'extrémité est garnie de plusieurs p(Mnles bar* belées , et de lignes de pèche en tresses de cocos, garnies d'un hameçon en nacre de perle.

Cet hameçon est ovale ; sa pmnte est très-grossière et elle varie de grosseur selon le poisson auquel il est destiné; on en voit de grands comme la main pour les requins , et de tout petits ; quelquefois la substance de ces instruments imparfaits est retirée dun os humain; ils sont alors plus pointus^ leur forn^ n'est plus ovale, elle est anguleuse; mais ces derniers sont rares, et en général ils paraissent peu usités; les naturels préfèrent l'emploi d'un moyen de pèche plus sûr; ils plongent sous l'eau et répandent au fond une substance végétale (Imphyllum Qdl^^lbm) qui enivre le poisson , et rejette à la surface une proie facile à saisir*

Ce qui précède résume les notions qu'on possède jusqu'à ce jour sur les inoeurs et. l'industrie deS/

2M 1lA9 UMMimmEê

Nookahiiriénd; leur erganisatioa sm^iala éat èpcar« dans un Ôtat rudîmantaire , fificune toi né règle les limitaft de la \ôionté de l'individu ; une seule oou* tume, qui tire sa puissance delà superstition, pro« hibe ou tolère rexevoice de certains droits» l'emploi de certains objets; c'est à cette règ^e puissante que les ehefs doivent la conservation des propriétés héré«i ditak^s^, qui sont leur unique moyen d'influenise sur leurs si^etS) peu Reposés à lai^set entraver I^uf li« berté d'action.

La guerre est là imite d'utnç gtave injure ) la querelle de rfaomme devient celle de la tribu, et o^eet dans eetleaptmoffité qu'il ftiut olii^clier l'origine de rantbropophagîe. C'est le désir de satisfaire une vengeance jusqu'au bout, qui a amené ces vepài^ monstrueux, non moins peut-être que les moments de Aimine dans lesquels le plus fort attaque le plus ftdbte, et satisfait ses besoins mi le mangeant; dans certains naufrages , on a vula méine cause pi*oduire un effet anak^ue cbeai des hommes civilisée. La feim est uq puissant moteur, lorjïque aucun autre obstacle que le sens moral ne s'oppose au meurtre. Cependant, nous croyons qu^ Krusenstern , si mal disposé envers les Noukahiviens, a exagéré beaucoup la férocité de leur caractère, en les représenl$mt comme des êtres essentiellement mauvais y qui dans les temps dé disette, massacrent leurs fommes et leurs enfants pour s'en repaître. Non, le sauvage noukahivien peut bien, dans ses mauvais jours, tuer un ennemi et le dévwer f «mie ckes hii les aCPectione de

ou ifOi7&À*Hiiifik. 387

famifle Bùùt réetteS) et si jamais de pareils attentats ont été comiiïis ^ ili» forment sans auoun doute une exception dans leurs mœurs.

A eété dé e#tlè organisation aodafe) on voit une constitutiôfi de (bmille non moins défectuaise« La femme est libre; elle oboisil en quelque sorte de son plein gré celui qui sera son époux ^ pendant iMi temps plus ou moins limité ; et| k Toppefté ées peuples de l'Orient^ Thomme n'a plus de harma, c'est la femme qui jouit de ce privilège. Gomme cbea les aneiens l^etonS) on voit des ménages oA les miÉ'is liabitent ensemble dans une harmonie eomplète, karmoiiie bien rare partout ailleurs dans des^ cas sMibiaUes. On ne doit pas en inférer que les enfants sont dé* laissés; au contraire^ rinfontioide, sieommonaux îles Sandwich et à TaSti , ne parait pas avoir été ja* mais pratiqué à Noukahiva.

L'afibotion mutuelle des memlNres d*une même fa-* mille ne saurait non plue être révoquée en doute. On voit des larmes couler dos yeux d^s hommes qui s'éloignent pour quelque temps, ou qui se revoient après une longue absence. Us se pressent les mains et les iH'as, se saluent en frottant leur ne» Tun contre Tautre, et s*attendrissent au souvenir de leur séparation; Stewai't a vu une uianifestalion irrécusable de la force de cette aifeotion. Dans une ease de la tribu de Houmi, on lui montra les parents d'un homme enlevé pat un baleinier américain. A son aspect, des larmes ooutèrent : la vue du missionnaire rappelait le rapt commis par ses eompattielia.

288 tm9 MARQUISES

C'est ki le lieu de mentioniier là conduite infôme de certainsi navigateurs ; ils ont soulevé dans toutes lesiles deTOcéanie un besoin de vengeance bien légitimC) dontleurs successeurs ont quelquefois été victimes. On cite l'exemple d'un capitaine qui s'empara d'un chef^ le fit attacher par les poignets à un mat, et le laissa dans cette position douloureuse , jusqu'à ce qu'on lui eût s^porté un certain nombre de cochons. Qu'en résulta-t-il? une embarcation de son navire eut deux hommes tués par une décharge d0 coups de fusils. Après de pareils iaits, on s'étonne de ne pas avoir à énumérer un plus grand nojaabre d'actes de représailles sanglantes; à notre connaissance, le massacre de ces deux Européens sur NoukanHiva, celui de l'équipage d'une embarca.tion américaine sur Hiva-Oa, mentionné par Roquefeuille, et la catastrophe mentionnée dans le récit de Porter, spnt les seuls meurtres commis par les, habitants de cet archipel, avant le funeste événement ^quia privé notre marine de deux officiers distingués.

. Les enfants noukahiviens sont soignés pendant leur bas âge avec une. tepdre sollicitude, mais dés qu'ils ont grandi, ils errent en liberté, concourent aux travaux de la pèche ou à la récolte des fruits , jusqu'à ce qu'enfin ils aient atteint Fâge où ils se marient.

Aucune cérémonie particulière ne signale cet engagement, si ce n'est quelquefois un repas où les membres des deux familles se réunissent. L'homme

ou NOUKA*HIVA. 289

et la femme se sont pin, ils s'unissent et tout est dit. Leur ménage est prêt aussitôt que leur union a eu lieu. Cependant le refus des parents a empèdié quelquefois la conclusion des mariages ; des enlèyements ont été suivis de guerres criielles de tribu à tribu , mais ces cas sont rares, car les jeunes filles jouissent d'une liberté illimitée; aucune entrave ne gêne leurs penchants^ peut*étre même ne sont-' elles pas assujetties à une règle plus sévère quand' diles sont mariées, comme on nous l'a assuré. Dans la baie Taïo-Hae, toute retenue à cet égard avait disparu, si jamais elle a existé ; le contact des marins qui fréquentent ce port, a eu une grande influence sur les mœurs déjà dévergondées de la p4:^tati<Hi; le langage même s'en est ressenti, bien des mots anglais ont pris place dans le dialecte parlé dans la baie.

En définitive, la population noukahivienne marche à une décroissance rapide ; ce fait est déjà constaté d^uis plusieurs années. Les armes à feu ont eu dés résultats funestes. Lecontactdes Européens a produit des effets nuisibles ; mais on doit espérer que, sous une administration régulière » ces maux cesseront d'avoir leur cours, et que l'habitant primitif ne disparaîtra que pour faire place à une population de métis richement constituée.

Les Noukahiviens font de bons matelots ; plusieurs d'entre eux ont déjà fait de longs voyages; un jour, peut-être, ils pourront présenter un supplément de marins à nos armements.

900 iLf;f» ii4«Q|]|#fi<»

Le langage des Noukahiviens est dom ; leurs inots, presque entièrement composés de venelles, o'em^ pioieat que quelques cousonues. Les lettres P, T, M, N) revieuoeat fréquemment, ainsi que des sops que notre alphabet ne peut rendre» et qui forment des aspirations gutturales, mais assez douces. Nous noqs proposions de joindre à notre oeuvre un voca*^ b^laire des mots les plus usuels ; mais ayant appris que M. Lesson, chirurgîenrn)£gor du Pifk(U$ allait publier celui qu'il tient des missionnaires établis i Nouka^Hiva, »9U» avons reconnu qu'il était préférable de renvoyer A ce travail plus complet que n'eât été le Qôtre.

Le mode de compter le temps à NouMilva est ce» lui 4u jour et de la nuit ; le jour se divîpe en matin, ptipihQtêi^ en milieu du jour, mui^, et en soir, uh^ ahi. Les retours des pleines lunes forment des périodes de temps qui ont les n^n^a partîeuUers qui suivent : OjMMMii Qwmçhfsm^ Qpol^^ Om^^f ^ataki, Towma^ meatakeo, Talmm, Q0 baim , UOrnâlm, Avmmnimf OumeOi Oehom^ Aveo^ Ces treize mois lunaires for^ ment à peu près Tépoque qui sépare le eomoience* ment de la saison des pluies de cbaqua année i c'est sana doute à ce phénomène périodique , ou a la pre^ mière floraison de quelques plantas, que le CM>m^ mencement de Tannée a été &(é cheii les sauvages* £n 1836, le premier mois lunaire Oiiow «correspondait à peu près à celui de janvier de notre calendrier.

Chacun des noms des jours des mois lunaires a une désignation spéciale, que nons dopnonaiçi ;

ou NOUtA-nVà.

1 Timotti.

2 Toa*b«U.

3 Hoata.

4 Mahama-talii.

B M a]iam«*Taena. '

6 IfahaiOA-liapaoïi.

7 Kokoe-tahi.

8 Kokoe-Taena.

9 Kokoe-hapaou.

11 Obouna*

12 Onehaou.

13 Ohoua.

14 Oâtoua.

a Obotoitt0i|i«

16 COMïtoaaiia.

17 Otouoa.

18 Oamoa.

19 Ometohi.

tO Oekaon.

îl

24 Ohotonaïra.

35 Tamoii^ltbit

26 Taiiaoïi-Taena.

27 Tanaoa-hapaou.

28 Notani.

2% ûnoiuioiiû 30 OtuoMtiu

Pendant le dernier voyage des corvettes l* Astrolabe et la Zélée y une mission spéciale a été confiée à M. Dumoutier, chirurgien à bord de l'Astrolabe, Elle avait pour but d'appliquer la phrénologie à Tétude de l'histoire naturelle de Thomme, dans les divers pays devant être visités par l'expédition*

L'intérêt qui semble s'être attaché aux résultats, non publiés encore» de ces recherches toutes nonv^es (i), nous a fait penser que quelques«unsde no^ lecteurs verraient, avec intérêt, la note suivante qui résume les observations de ce genre foîtes sur les naturels de l'archipel de Nouka*Hiva.

(t ) Voir le n* 1 3 des Comptes rendus hebdomadaires des séances de V Académie des sciences ^ t. ^U, 1141, ra|i|xnrt àê M. âerres et odui di M « Mcvotl^y 4« ^amvttlâ.

Bien que nous ne partagions pas les opinions émises dans cette notice , pour l'appréciation de laquelle nous déclarons notre incompétence, nous la donnons sans réflexion aucune , telle qu'elle nous a été communiquée par son auteur , en lui en laissant toute la responsabilité.

Notàce phrénologique et ethnologique $ur les naturels de l'archipel Nouka-Hiva^ par M. Dumoutier.

La forme de la [tête des Noukahiviens est généralementoblongued'avant en arrière, et légèrement comprimée sur les côtés ; les sutures frontales et interpariétales sont, chez la plupart, saillantes , et donnent au sommet de la tète l'apparence d'un toit de cabane. Le front est bordé inférieurement par des saillies sourciliéres très-prononcées, et en dehors par des crêtes osseuses temporales aussi très-accentuées. Ce front est peu élevé; sa distance à une ligne qui passe par les deux orifices auditifs, est plus courte que celle qui sépare cette ligne des parties occipitales ou postérieures. De cette disposition , on peut en toute certitude inférer que le plus grand développement du cerveau a lieu dans les parties postérieures, et qu'ici l'intelligence est asservie aux instincts. Ce n'est pas que je prétende que ces insulaires ont peu d'intelligence ; je m'expliquerai bientôt sur ce point : je dis seulement que l'activité intellectuelle est chez eux inférieure à leur activité instinctive.

Chez la plupart des hommes et des femmes, on

ou NOUKA-HIVA. 203

peut remarquer la saillie cl la largeur de la nuque, indices du grand développement du cervelet, et de la grande influence de cet organe dans toutes leurs coutumes erotiques.

Le grand volume de la région occipitale supérieure, où siègent tous les organes des penchants qui unissent les individus et les familles dans les liens d'une étroite amitié, témoignent aussi en faveur de la grande activité de ces impulsions instinctives chez les hommes, et plus particulièrement chez les femmes de Nouka-Hîva. Bien que chez les personnes des deux sexes non casées, ou libres d'engagements conjugaux, le caprice le plus frivole puisse motiver les intimités amoureuses, et que Tinconstance en amour n'ait pas la moindre importance, cependant l'attachement amical, l'amour filial, l'a^ mour fraternel sont portés jusqu'au dévouement- Toutes les relations intimes de la famille, toutes les relations établies entre elle ou quelqu'un de ses membres et un étranger , sont remarquables par une prodigalité de soins, d'égards, de caresses, qui rend l'hospitalité de ce peuple douce et attj^ayante.

Que celui qui ne saurait pas lire sur une tête humaine les indices phrénologiques de ces belles qualités, se pénètre de la forme de la tète d'une femme aimante, affectueuse et dévouée, et il comprendra la forme de la tète des femmes de Nouka-Hiva.

Bien que la distance qui sépare la base de la voûte du crâne soit médiocre, et que cette disposition soit

l'indice d'un faible développement des organes des sentiments de vénérationi cependant les Noukabiviens sont généralement révérencieux pour 1^ vieillards; ils ont beaucoup d'égards pour leurs femmes et ils honorant la mémoire des morts i en rendant un véritable culte au Moraï.

Considérée sous le r£4[>por( du développement des organes des facultés intellectuelles, la tête de ces insulaires i^t encore remarquable par la proéminenoe des organes dos facultés perceptives sur oeux des facultés réflectivesi disposition qui donne à leur front, vu de proQl, un aspect presque fuyant g bien que^ vu de facej il paraisse élevé à cause de sa nudité. C'est à la calvitie factice des Noukahivi^ns ( ils se rasent les cheveux du devant de la tôte); c'est k cette apparence trompeuse qu'il faut attribuer une erreur oommune à quelques vpyageurs qui ont dit en parlant des naturels : Leur front est haut. Non s ohez la plupart des naturels de ces îles ^ le front n^ présente que peu d'élévation et que peu de pr(^Qndeur( disposition qui est due chez eux au faible développement des organes des facultés réOectivç^^ ainsi qu'au trèsmédiocre volume des organes de la bonté, de la oompassion ^ de la douceur.

Il est incontestable pour moi que 06s dertiiwft organes sont beaucoup plus grands^ plus apparents chez les femmes que chez les hommes de ces contrées, et cette particularité est parfaitement en rapport avec la même différence de caractère daim les dm\ sexes.

ov ^QVKk'^iiA. 295

Quant k rifticlligence des Noukahhiens , elle est, avons-nous dit, assujettie à la prépondérance des instincts, et elle s'applique plutôt aux idées ttiatérielles qa*aux idées abstraites. En effet, elle est, et né peut être qu*en rapport avec leurs besoins habituels. 6f , ces besoins sont tous suscités pour la satisfaction des impulsions de la vie matérielle; ils lie s^exerceut que sur les objets du monde extérieur, et, pour le Noukahîvien, l'abstraction ou Pîdée abstraite n'est que très-secondaîrè, sans portée pour lui qui n'en connaît pas encore les avantages, et qui n'en éprouve pas le besoin. C'est que ces avantages et ces besoins appartiennent à uh mode d'existence auquel il n'est pas encore parvenu. Aussi, les organes intellectuels les plus exercés chet lui sont-ils ceux dés perceptions; et, il faut le dire en passant > chez lui comme chez tous les peuples non civilisés, ces perceptions sont incomparablement plus vlveset plus nettes que chez l'homme civilisé. Chez cederniérelles sont plus nombreuses et plus variées, mais aussi plus confuses et plus passagères. L'écriture, qui lui devient indispensable pour fixer, transmettre ou reproduire les innombrables perceptions dont il a enrichi son Intelligence, cet immense bagage de signes conventionnels est inutile et inconnu à l'homme non civilisé; Ses diverses mêmùires suffisent à ses besoins : aussi , n'est-ce que très-exceptionnellement et très-rarement que Ton voit apparaître dans les nations naissantes quelques organisations cérébrales transcendantes , sortes de sentinelles

avancées de rintelligence humaine, Téritables flambeaux providentiels qui réclairenl.

La lête des Noukahiviens adultes, est généralement forte, bien proportionnée à leur stature, et parfaitement significative de leur constitution robuste , et de Tâpreté de leur caractère. J'ai sous les yeux plusieurs de ces têtes ; elles sont remarquables par la similitude qu'elles présentent entre elles, sous plusieurs rapports, et particulièrement dans leur structure osseuse. Le tissu de leurs os est serré, pesant, compact, presque éburné. Toutes les saillies musculaires, toutes les empreintes sont fortement accentuées ; une seule de ces têtes est un peu moins pesante que les autres ; les parois du crâne y sontun peu plus minces. Sur toutes, les dents sont fortes , très-blanches , et très-régulièrement disposées. Ces têtes sont encore remarquables par le travail que leur premier possesseur a pris soin d'y ajouter, pour les rendre plus hideuses, ou plutôt pour exagérer la bravoure du vainqueur , en tâchant, après la mort, de donner à la tête du chef ennemi qu'il a tué^ une apparence formidable ou terrifiante qu'elle n'avait pas pendant la vie.

Une courte description, et l'imagination du lecteur suppléeront au défaut d'une figure, qui ne trouverait pas place dans cette notice.

Qu'on se représente une tête osseuse, dont la mâchoire inférieure est maintenue fortement à sa place par des petites tresses très-fines, et très-bien disposées autour de l'articulation. Celles-ci sont consolidées

ou NOUKA-HIYA. 297

par une âUtre tresse plus forte et plus large, se prolongeant au devant des dents incisives des deux mâchoires, puis ^ous le menton et se terminant par des nœuds derrière la voûte du palais.

De chaque côté de Tarcade dentaire, une grande et forte dent de cochon sauvage est fixée par des tresses à Tes de la pommette, et semble sortir delà bouche de l'individu, comme elle sortait du grouin de l'animal auquel elle avait appartenu.

Un morceau de bois dur, grossièrement sculpté, remplit l'ouverture antérieure des fosses nasales , et figure tant bien que mal un nez monstrueux. Les yeux sont simulés par de grands morceaux de nacre, ajustés dans les orbites : une petite pièce ronde en écaille tient lieu de prunelle , et quelques cheveux placés entre le morceau de nacre et l'orbite, représentent les cils de cet œil chatoyant.

Enfin , et pour compléter ce hideux assemblage , quelques mèches des cheveux du vaincu ont été adaptées , en gûise de barbé, à l'os maxillaire et sont pendantes au-dessous du menton^

Sur une de ces tètes, on vœt les traces de mutilations faites après la mori^ et qui sont les témoignages d'une horrible coutume que l'on a constatée chez plusieurs peuples anthropophages : d'après certains renseignements^ il est vrai, très-douteux, il paraîtrait que cette coutume n'est pas fondée sur tine prédilection bien marquée pour le

298 tLÊS IIAt(QÙlSË&

cerveau , qui ^mi pour eut plu» déikttt tt pliis savoureux! c|U6 les autres pio^tids âeldum Vtotitfies. Elle serait fondée sur l'idée générale ^ui loiotfiie Tusage des repâS de chair humaine* Les eontii^eede ees bidéuii repas eroietit qu'en msingeatit Ift ehiit de leurs ennemis > ils s'approprient les qualités qu'ils leur reconnaissent) et cdmme ils ptadent le siège de oes diverses qualités dans les diverses partiee du corps; et que ees qualités sont plus ôu lUolns mért*tantes à leurs yeux^ de là le choit des moreeftttx et leur distribution ) selon le rang du la dignité des eonvives : aux premiers elieâ la tète ^ pàree qu'elle est le liège des prinéfpaum é^ê et de l'inUdà- {fentiej et^ si plusieurs ohc^ ont droit au moreeâtt, chacun veut avoir sa part du neâi, des yeut^ de la langue ) des oreilles et surtout de la ^rt^lte» Pour des motiik analogues^ ils réclament quelquefois une main et un pied , si le héros vaincu s'était fait remarquer par sa force ôu son adresse manueliey par son agilité à la course, etc.

Sur un des crânes noukâhiiiMB qui sont en ma possession , la portion antérieure ott basifaure de Tes occipital 9 a été brisée et enlevée. Cette ablation ^ qui s'étend JuSqu'un peu en arrière du trou oeeipitali et qui est limitée en avant par le ^bééoïde^ et latéralement par les apophyses mastoidieBiMS ^ ressemble tellement par sa forme à eèlle qu'on observe sur les tètes conservées par les naturels de la Nouvelle-Zélande, que Ton est tenté de eroire qu'elle a été pra-

ou NotjfcA-âiVA. 299

tiquée par îe tnême procédé. On sait (]u'une pîéi*re aiguë leur sert à ouvrir les noix de coco dont ils veulent obtenir le lait ; le même moyen leur sert à ouvrir un crâne humain.

Une autre remarque, peut-être plus intéressante, ni*a frappé dès la première vue de ces têtes. Sur Tuné d'elles, utt morceau enlevé, lajsse un grand trou triangulaire, dont les côtés mesurent cinq à six centimètres. Ce troU existe à gauche, sur les lltnîtes du front et de la tempe, près du sommet de la tête. Ses bords lîsses, taillés en biseau, sont couverts d'une couche de tissu compacte bien éburné. Quelques petites végétations osseuses de la table interne du crâne, plusieurs petits sillons Vasculeux attestent îrréfragablemettt que cette ouverture a été plus grande pendant la vie, puisqu'un travail de cicatrisation en a poli les bords en comblant les mailles dd diploé. Cette perte de substance est la suite d^une blessure horrible, produite probablement par un coup de casse-tête, quî a détermihé Une fracturé du crâne en cet endroit. Ensuite les fragments se sont exfoliés , ou ils ont étéejttraits du vivant de l'individu, une cicatrice les a remplacés, et le malheureux a longtemps survécu â cette mutilation.

Que de réflexions à ftiire sur de telles guérlsons abandonnées presque aux seuls efforts de la nature, chez des peuples hon civilisés ! et fcomblen ne serait on pas en droit de s'étonner d&vantage de la régénéra-

tion de la peau de presque toute la voûte du crâne , ainsi qu'on Ta souvent observée chez les peuples américains qui ont l'usage de scalper leurs ennemis!. .

Parmi les têtes de Noukahiviens qui m'appartiennent y il en est une à laquelle j'attache plus d'intérêt qu'aux antres, c'est la tête de Teï-Eïto. Je la dois à l'un de nos compagnons de voyage, M. Lafond, enseigne de vaî^eau , qui me la donna pour en faire mention dans mes publications.

Teï-Eïto, frère du roi Keatanoui et parent de Patini, était un des principaux chefs de la grande tribu desTaïs. Il s'était fait remarquer par sa valeur et son intrépidité dans plusieurs combats contre les; Taïpis. Doué d'une intelligence supérieure, et devenu redoutable, il avait acquis une grande influence sur les tribus des Happas ; peu s'en fallut qu'il n'usurpât le trône de son frère, et plusieurs fois son ambition suscita des dissensions qui faillirent être funestes à Ja puissance et à la sécurité delà tribu.

Cet homme, d'une stature élevée et d'une constitution très-robuste, semblait défier la fortune de lui être jamais défavorable, et en effet elle ne lui fit défaut qu'une seule fois.

Vers sa quarantième année, victime d'une insigne trahison, il fut atteint d'un coup de lance qui lui transperça la poitrine; ramené mourant chez les siens, il expira en peu d'heures, et son corps fut déposé, selon l'usage^ dans un moral

ou N0UKA*HIVA. 301

orné de tous les insignes du plus haut rang.

Bien que par la structure , par la résistance et le poids de ses os, par toutes les apparences d'une con-stitution athlétique, par tous les indices phrénologiques d'un caractère très^nergique et très^indépendant^ la tête de Teï-£ïto ressemble à celles dont j'ai déjà parlé ^ cependant ^Ue en diffère par le développement remarquable de toute la région qui est le siège des organes des sentiments moraux et des sentiments religieux; sQn front, plus large et plus élevé, indique une capacité intellectuelle bien supérieure à celle des autres. Enfin, et pour tout dire en deux mots, elle présente l'orga** nisation phrénologique de tout homme appelé par la nature à conduire et gouverner ses semblables.

Relativement à l'origine des Noukahiviens, les. caractères anatomiques et phrénologiques de leur tête s'accorderaient assez avec les opinions des linguistes et des ethnographes ; et, bien que 20 degrés de latitudeséparent au nord les naturels des iles Sandwich des Noukahiviens, et que ceux-ci soient s^arés par plus de 40 degrés de latitude sud des insulaires de la Nouvelle-Zélande, cependant ces peuples paraissent avoir une origine ou une souche commune. Le type qui les caractérise se retrouve sur beaucoup d'autres terres plus rapprochées de l'archipel Noukahivien, telles que les iles Gambier, Taïti, les Pomotou , les îles Tonga et Samoa , etc. , etc.

303 iLf;$ ||AH(H11S£$

Des différences tout aussi sensibles existe&t entfê le type nonkahivien et celui des populations malaiseSy ou bien encore entre le type noukahivien et celui des hommes de la rtce noire océanienne, et ne permettent pas de les confondre dans un seul et mAroe b^raeau. L'espace me manque pour indiquer les analogies et les caraetèfres différentiels de ces peuples. Contrairement à Topinion de plusieurs savants distingués, et bien que la position géographique des Noukabi^iens les rapproche beaucoup plus du continent américain que du continent d'Asie, cependant tout porte à leur reconnaître une origine asi^ique.

Pour résumer en quelques mots les inductions qui ressorteni de la comparaison des divers peuples de rOcéanie, avec les insulaires de Nouka-Hiva , je rappellerai les qualités essentiellement attrayantes que je leur ai reconnues.

Us sont généralement hosfHtatiers, tràs-affectueui, trés4endres et très-caressants pour leurs enfents f ils révèrent la vieillesse; ils ont beaucoup de déférence pour les femmes ; ils sont industrieux, et leur* eq[»*it est vif^ léger, pénétrant et enjoué. Les femmes ont incomparablement plus de d^oueeur, de tendresse , d'attacbement et de dévouement que les hommes, et par-dessus tout^ elles sont voluptueuses. Aueun peuple de i'Océanie n^ m'a paru mériter autant quecelui«ci, la qualifleaticm si nfâve qui les caractérise le mieux i « Ce sont de grands mfanto. »

oy NpUK^-iiivA. 303

AuisuM autre population ne m'a paru posséder au mâmo dagré toutes le« qualîtéa que je viens d'^OM** cer, et qui rendent ine(&çable le souvenir dM trop courts instants que j'ai passés chez les Noukahiviens.

Enfin y pour être vrai , je dois faire connaître leurs défauts et leurs vices. On doit supposer que l'organisation du cerveau est la même chez tous les hommes, mais que le développement des divers organes cérébraux, et que leur activité sont en raison de Tétat social où l'homme est placé. Or, l'état social des Noukahivîens est celui de l'enfance des sociétés. A ce point de vue , les vices de ce peuple peuvent être attribués en partie à son état social : ne pourrait-on pas les attribuer aussi aux rapports qu'il eut fréquemment depuis plus de deux siècles avec des étrangers qui , loin de lui apporter les bienfaits de la civilisation, ne lui en ont fait connaître que les vices, et n'ont fait qu'ajouter à sa barbarie et à sa corruption.

Composé en grande partie de métis de toutes nations , le peuple noukahivien n'a plus les vertus sauvages et l'héroïsme de ses pères. Depuis quelques années il est envieux, rusé , periide , méfiant, vindicatif et vaniteux. Son manque de générosité, d'équité , sa corruption y en feront , pour longtemps encore, un peuple turbulent et indisciplinable; longtemps il produira des voleurs incorrigibles, des traîtres, des meurtriers; c'est dire combien il est éloigné d'éprouver le besoin du

30i Iles marquises

travail^ et de désirer les perfectionnements qui pourraient le conduire aux jouissances de la^ vie honorable des hcmimes civilisés.

ou NOU&A-HIVA. 305

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