‹ Îles Taïti (volume 2)Chapitre 10 sur 15 · B8QUIS8B · texte numérisé non relu

B8QUIS8B

matie sur tout TArchipel , dii moins les droits i l'autorité suprême sur Taiti ; peut-être aussi quelques-uns d'entre eux y étaient-ils conduits unique*ment par esprit de conquête ou le désir de prendre part au pillage; dans oe oas, c'est parmi ces derniers qu'il faut comprendre le chef Tapoa. M. Lesson se trompe sanfc doute 5 lorsqu'il dit que ce chef, après aToir envahi les lies de Ràïatea et d'Otiahine^ aveuglé par la prospérité 1 opéra un débarquement sur la côte de Taîti à Papéiti, vers Tannée 1789; mais Finconstânce de la fortuné lui fit payer ce premier succès par une défaite. Tapoa se hâta alors de faire demander des secours à Bortfiora ; comme il restait dans Tinactioûen attendant ces renforts , Pomaré lui proposa la paix , que la nécessité lui fît accepter (1). Ces indications de M« Lèsson ne sont confirmées par aucune autre narration ; elles se trouvent même en contradiction avec quelques-iinesdés notions qui nous sont parvenues; il est probable que les personnes qui ont fourni les renseignements consignés par M. Lesson , ont confondu le conbours donné par Tapoa à Pomaré II 9 avec une expédition hostile.

Combat de Boia, M. Lessoft Indiqué éncoW , à là daté Àe iSiO , ûtië

sur uora-Dora. * '

bataille mémorable livrée su^ Bora-Bora par Tâpda à Mai, chef des insurgés, près du grand mara! dé PDuni, sur les bdt'ds de la baie de Bola. Tapoa, vain-

(1) p. Lésion, Foyage tut la eorvetU la CoquiUe , tome I , page 450.

IIISTORIQCJB. 663

queur,pard(fDtlaà soit rival dline illustre naissance et l'associa à son pouvoir. Ce fait notis paraît douteux , car il ne parait pas qu'à cette époque Tapoa eût la tnoîndre influence sur Bora-Bora» mab dans rinoertitudequi accompagne les événements de cette histoire, nous avons dû le mentionner.

Quoi qu'il en soit, Tapoa , après la part qu'il avait Mon de^Tapo«. prise aux guerres de Taîti, ne devait pas revoir ses '^^^ ^ i<^<5domaines : il mourut entre les années 4813 et i8i5. Ce chef, dit le missionnaire Williams, était un grand guerrier, le Napoléon de ces lies; ayant conquis toutes les lies du groupe de la Société, il était vena à Taîti ostensiblement pour porter assistance à Pomaré, mais dans le but réel de conquérir cette lie pour lai»mème. H manifesta la plus grande aversion pour un changement de religion » et quoique malade, il n'héàita pas à descendre avec Pomaré sur Taîti où il mourut. Tout porte à croire que si Tapoa eût vécu, le christianisme n*aurait pu s'introduire dans le peuple (i).

Soit que Tenania ne fût pas le chef principal ^^**";^;J*J^^*/S d'Ooahine , soit qu'il eût cédé la souveraineté de cette ^^^ lie à Mahine^ fîlsdeMato, qui avait dirigé l'invasion deRaiatea dans la guerre mentionnée plus haut, on trouire dans l'ouvrage de M. Ellis, Mahine désigné, en 4815, sotis le titre de chef d'Ouahine et d'Ëiméo ; ce dernier apanage lui avait sans doute été acoondé par Pomaré. A la même époque, Taraatoa paraissait

( 1 ) WilHamt , A iiarralto« of m<i«iofior y «m^rpHf m , page 60 .

être le principal chef de Raiatea. Mai et Tefooara gouvernaient à Bora-Bora , et Taaorii sur les lies Toubouaï-manou.

introdactioiK Tous CCS chcfs ioibus dcs principes du christia-

do christianisme . , ,. . • ■ *■

à ouataine. nisuic portèrent leur religion dans leurs lies au retour de TexpéditiondeTaîti. Un messager envoyé par Mahine suffit pour amener la conversion d'Ouabine, qui cependant paraissait attachée à l'ancien culte plus qu'aucune autre lie (i). En moins d'un an, les idoles furent brûlées, et les mar^s détruits.

introdaction Tamatoa fut moins heureux, l'introduction du

du chrislianisme ...

à Kaïatoa. christiauisme à Raïatea ne se fit pas sans résistance. Ce chef conduisit, à son retour de Taiti, ses pirogues à Opoa ; la population rassemblée sur la grève le saluait de ses acclamations, et les prêtres le félicitaient au nom des dieux , en exprimant l'espérance qu'il revenait chargé de victimes et de cadavres, selon l'usage; mais au moment où le chef allait toucher au rivage, un homme se leva par son ordre et s'écria : c II n'y a point de victimes » parmi nous; nous sommes tous des hommes de » paix, les serviteurs du vrai Dieu. » Cette procla^ mation provoqua la curiosité et le mécontentement de la foule. Peu de temps après, une assemblée publique fut convoquée ; Tamatoa fit part à ses sujets des événements survenus à Taiti, et de la conversion de cette île au christianisme, en les engageant à imiter cet exemple; un tiers environ des indi-

(I) EUui , Polynuian r^iearehiif tome I, page 268*

gènes obéit à sa demande, mais sur ces entrefaites Tamatoa devint malade et le zèle des religionnaircs se ralentit. Bientôt ses jours furent en danger; tous les moyens de guérison ayant été employés en ▼ain, un Boureatoua proposa de détruire la statue d'Oro» dans la crainte que cette maladie ne fût infligée par Jehova, en punition du délai apporté à imiter l'exemple des Taîtiens. Ce conseil fut mis à exécution ; une troupe des serviteurs de Tamatoa se rendit à Opoa, où elle saisit l'image du dieu et la livra aux flammes , après l'avoir accablée d'outrages.

Le parti des idol&tres , déjà mécontent, fut exas- ^ owne péré par cet acte , il manifesta aussitôt la résolution défaire la guerre pourvengorl'outragefaità leur dieu. Le chef de Taha prit la direction de ce mouvement , et voulant rendre aux chrétiens le supplice qu'ils avaient fait endurer à Oro , il fit élever une grande case entourée de troncs d'arbres coupés, dans laquelle il voulait enfermer les chrétiens et les brûler vivants. Tamatoa, eflTrayé par cette levée de boucliers, envoya à différentes reprises des propositions de paix ; mais elles furent toujours repoussées par ces mots : < Il n'y a point de paix possible avec » les destructeurs des dieux, jusqu'à ce qu'ils aient i éprouvé les effets du feu qui a brûlé Oro. > Pour apiser le ressentiment des séditieux, Tamatoa envoya sa propre fille dans leur camp, afin de les engager à renoncer à leur projet; mais, à son arrivée, une prêtresse de la déesse Toimata , fille d'Oro, se mit à

^66 ESQII1S$£

chanter les parpjes suivantas : « lA pluie tombe , 9 tombe descieux, car TQÎmal^ pleure «on seigneur, d ^n entendant cette allusion , les guerriers s'écrièrent simultanément : Point de paix». point de paix, ef. désignèrent le lendemain pour marcher à Tatlaque. Dans les deux camps la nuit fut sans repos : les Boure-atoua priaient et se confiaient dans la bonté de leur cause ; ils élevaient en m^me temps des retranchements en pierres pour se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Les ennemi^ se préparaient de leur côté au combat en écoutant les vociférations des prêtres qui leur promettaient la victoire , et se livraient à des festins et à des réjouissances anticipées sur leur prochain succès.

Au point du jour, le chef de Taha vint débarquer avec ses guerriers à un demi-mille du camp chrétien ; mais au moment où il prenait pied sur le rivage, les guerriers de Tamatoa, placés en embuscade derrière des broussailles, fondirent inopinément sur eux , et après une faible résistanoe^ les mirent en fuite. Les vaincus se sauvèrent d'abord avec frayeur, craignant d'être traités avec la barbarie qu'ils au* raient employée s'ils avaient triomphé; cependant lorsqu'ils virent que les chrétiens s'abstenaient de toute vengeance , ils sortirent de leur retraite et se rendirent ens'écriant ; « Nous void, épargnez -nous » au nom de votre nouveau Dieu. » A mesure que les prisonniers étaient amenés devant le chef Tamatoa, un orateur placé à ses côtés s'écriait : c Soyez t les bienvenus, vous êtes sauvés par Jésus -Christ

HISTOaiQUE. 567

9 dont mm^ avons einbrd^é I4 religion miséricor* » dieuse. » Lorsque le chef de J^hsx fui ^pieaé à soq touri il était pâle et tremblant \ il demanda : «Sui^-je 9 destiné à la mort? — Non, répondit Tamatoa, » cessez de trembler, vous êtes sauvé, t Aussitôt une fête deréconciliatioit fqt préparée; plqs de cent cochons fureot cuits ; les prisonniers conviés à ce repas, surpris par les événements de la journée, éprouvaient des émotions qui leur étaient inconnues. Un d*eux se leva et s'exprima ainsi : c Voici mon » petit discours. Que chacun suive son inclination. » Pour ma part je n'adorerai plus les dieux qui ne

> nous ont pas protégés au moment dudanger. Nous » étions quatre fois plus nombreux que les chré- » tiens , et cependant ils nous ont vaincus avec la

> plus grande facilité. Jehova est le vrai Dieu. Si • nous avions vaincu , nos adversaires brûleraient » maintenant dans la maison que nous avons con-

> slruite dans ce but; tandis qu'eux, au lieu de

> nous faire du mal ainsi qu'à nos femmes et à

> nos enfants, nous ont admis à partager une 9 Ate somptueuse. Leur religion est une religion » de miséricorde , et je m'unis à leur culte. » Toute l'assemblée entraînée par ce discours exprima la même détermination ; le soir même elle s'associa aux prières des chrétiens. Le lendemain matin on commença la destruction de tous les marais de Taha et de Raïatea; trois jours après la bataille il ne restait plus aucun vestige de Tancicn culte. Il est à remarquer, ajoute le narrateur, que cotte résîJulion

fut prise par les indigènes lorsqu'il n'y airait encore aucun missionnaire anglais sur Tlle (i).

introducuon Les chcfs de Bora-Bora déployèrent aussi un grand

du christianisme ,,,,,, . •'•i •■

à Bora-Bora. zèlc à detacher leurs sujets de leurs croyances ; us réussirent à la longue à faire accepter la nouvelle religion et à élever un temple pour le service divin.

Introduction La dcmière île qui renonça au culte d'Oro fut **àMaourouî"* Maouroua; le chef Tefouara (2) de Bora-Bora, et quelques autres chefs de Baïatea , visitèrent ces habitants et amenèrent leur conversion ; peu de temps après, le christianisme s'étendit jusque dans les îles Pomotou.

Conversion Daus le couraut de Tannée 1816, tout l'Archipel

générale ' '

de l'Arciiipci. était couverti. Dès lors l'état du peuple changea *"•• brusquement, une révolution complète s'opéra dans ses mœurs ; il entra dans un autre ordre d'idées , et les missionnaires se préoccupèrent en même temps de la direction à donner à leur œuvre religieuse et des moyens d'opérer une rapide transition de l'état social ancien à une organisation plus avancée : dès lors ils devinrent à la fois prêlres et l^islateurs, leurs rôles se compliquèrent, et c'est ici le lieu de remarquer que les hommes qui, par leur ferveur et leur dévouement , étaient aptes à remplir les fonctions de missionnaires , n'étaient plus au niveau du nouveau caractère qu'ils allaient revêtir. Avant de passer outre, il nous parait utile de résu-

(1) Williams , A narrative ofmisïionary enlerprises , page 83.

(2) Missionary register for the y car 1819^ pajrc o33.

mer les observations d'un membre des missions anglaises sur Tintervention des missionnaires daus les afifaires civiles. Ce passage nous semble intéressant à connaître avant d'aborder cette question , et quand même on le considérerait comme un plaidoyer , on doit reconnaître que l'auteur a été mu par des intentions auxquelles il faut rendre justice : « Quelques personnes, dit-il, peuvent objec- B ter qu'il n'appartient pas aux missionnaires de se

• mêler aux affaires politiques d'un pays; il est im-

> possible d'entrer ici dans une longue discussion » pour savoir à quelles limites les missionnaires » doivent s'arrêter, et jusqu'à quel point ils doivent » s'occuper des institutions civiles d'un peuple; mais » on doit observer qu'il serait criminel , pendant

> qu'on cherche à changer le caractère moral d*unc

> communauté, et qu'on s' efforce d'y introduire les » mœurs et les usages du monde civilisé , de refu- » ser des conseils ou un aide qui peuvent conduire à » ce résultat. Presque toujours, l'état politique et la » législation rudimèntaire des idolâtres , comme du » reste tous leurs usages, puisaient leur origine » dans les superstitions du culte des idoles, et i)ar-

• ticipaient au caractère sanguinaire du système

> religieux avec lequel il faisait corps et par lequel » il était sanctionné. Cette liaison intime créait des » obstacles insurmontables contre le bien-être de la

> Société. Lorsque les missionnaires , guidés parmi

• ces peuples par leur vocation , parvinrent à les » délivrer du joug du culte fatal qu'ils subissaient

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» depuis des siècles , et à leur faire embrasser le » christianisme, après leur avoir appris à lire, et » avoir mis TÉvangile traduit entre leurs mains , ils » reconnurent que les anciens usages , qui subsis- » taient encore, étaient incompatibles avec les pré* » ceptes de la religion , et que leur échafaudage ne » saurait rester sur des fondations chrétiennes. A qui » ces peuples auraient-ils pu avoir recours dans cet Il embarras , si ce n'est à ceux qui leur avaient ap- » portéde nouvelles connaissances? Un missionnaire » peut-il refuser de donner librement et sincèrement » son avis?.. .Je ne voudrais pas cependant qu'on me • crût partisan de Taulorité politique des missionnai- » res; car au contraire je suis convaincu qu'ils ne » doivent y participer que le moins possible, et que, » sous quelque rapport qu'on envisage les affaires » publiques, ils ne doivent s'en mêler qu'en donnant » leur avis et leurs conseils. Mais il est des circon- » stances , surtout dans les missions nouvellement » formées, où les missionnaires doivent sortir du » cours ordinaire de leur vocation , et paraître » plus en évidence qu'ils ne voudraient, car il ar- I» rive fréquemment qu'un seul mot dit à temps inopportun par eux, fait plus pour arrêter une » discussion , consolider laccomplissement d'un » devoir, faire cesser une animosité, que toute une » année de débats entre les indigènes (i). » Nous avons enregistré cette déclaration, car nous

(1) Williams, ji narrative ofmisiionary enterprUei, page 120.

eniroDS dans une ^[K>que où ratienlion commence à se porter sur les actes des missionnaires anglais à Taîti. Ce qui précède indique la nécessité où ils se trouvaient , de diriger et de coopérer aux changeneots de la constitution sociale de ces Iles à la suite du changement de religion. Celte nécessité est incontestable; elle était un devoir pour les missionnaires; mais nous aurons à indiquer, dans les pages soitantes» les erreurs et les défauts de l'impulsion donnée par les missionnaires. Au moment où TArehipel entier s*était soumis à la religion chrétienne, Tœuvre purement d'abnégation des missionnaires omit plus la même valeur ; leur but était atteint, et ils avaient obtenu la récompense de leurs longs et dangereux efforts. Le cours de ce récit a pu donner «ne idée approximative des changements apportés par eux. Pour compléter cet aperçu , nous transcrirons la liste des innovations introduites dans les habitudes de la population , telle qu'elle a été donnée fèt les jnissionnaires anglais eux-mêmes :

i* Le renversement complet de T idolâtrie et rabandoo complet de ses rites cruels et de ses usages pernicieux;

T L'abolition de la pratique de l'infanticide et de b société des arréoys ;

V L^extinclion de l'usage de massacrer les prisonniers , et peut-être la cessation de toute guerre dans l'avenir;

4* La suppression des amusements vains et per

b"" L'élablissement des relations domestiques plus douces et plus affectueuses entre les familles; relations qui n'existaient pas auparavant , car les femmes étaient assujetties à des usages qui consacraient leur infériorité envers les hommes; elles ne pouvaient pas manger avec eux , etc« ;

Ô"" Une réformation complète des sentiments moraux et des habitudes de la population ;

7^ La profession de la religion chrétienne faite par les habitants de Tîle en général , et le témoignage sincère en apparence, qui en avait été fait par un grand nombre d'entre eux;

S"" L'érection de nombreux édifices destinés au culte chrétien et l'établissement d'écoles publiques , particulièrement à Taîti et à Eiméo;

9"* Une observation générale du jour du sabbat et une fréquentation assidue du service divin, non-seulement le dimanche, mais aussi les autres jours de la semaine ;

lO"" L'habitude contractée par les indigènes de se réunir pour se livrer à des prières en commun ou ù des exercices de piété en famille, et l'observation d'une dévotion particulière.

A cette nomenclature, les directeurs de la Société des missions à Londres, ajoutèrent qu'avant peu on verrait la constitution d'une église chrétienne composée de Taïtiens , auxquels , après l'instruction nécessaire, on conférerait par une consécration solennelle le droit d'exercer le saint ministère. L'institution du mariage, l'aptitude de quelques indigènes à

devenir des maîtres d'école ei à seconder les efforts des missionnaires. L'introduction des arts utiles, du bien-être de la vie civilisée, et rétablissement prochain dans ces lies, d'industries nouvelles et productives (i).

Comme on le voit, les missionnaires suivaient la route unirormément suivie par les hommes exclusifs chez un peuple à peine converti , et chez qui les notions du christianisme flottaient plutôt à la surface qu'elles n'étaient descendues au fond delà conscience; ils imposaient dés le début des règles d'une sévérité extrême. Ils proscrivaient les jeux et les amusements qui étaient dans les mœurs de la population , au même degré que les usages barbares qu'ils avaient réformés; ils ne songeaient pas, sans doute, dans l'exccs de leur zèle, qu'on ne change pas les hommes do jour au lendemain , et qu'en renfermant leurs élèves dans un cercle étroit de rigidité religieuse , ils les exposaient ou à secouer cette tyrannie, s'ils en avaient le pouvoir , ou bien à contracter le funeste vice de la dissimulation.

Déjà , à l'époque dont nous parlons , au moment ^^n^ttïT''* ou les missionnaires anglais étaient parvenus a 1 apogée de leurs succès, des attaques violentes furent dirigées contre eux par leurs compatriotes; une lettre de M. de Marsden, insérée dans le Mmimiary regi$ier,en fidt mention, et M. Ellis lui-môme croit devoir repousser ces attaques en disant : < Que les

(i) àUêtUmwrff regiêter for îk$ yior 1819, page M$.

1» missionnaires ont été dépeints par leurs ennemis » comme des fanatiques ignorants et dogmatiques, » plus propres à inculquer les particularités de leurs > sectes, que d'accroître le bien-être de ce peuple, et )» en outre, comme ne lui donnant pas l'exemple ou 9 les préceptes des habitudes industrieuses néces- » saires aux progrès de la civilisation, etc. t c Mais, » ajoute-t-il , t l'état actuel des îles dans lesquelles ils » ont passé tant d'années, comparé à celui qui existait » à l'époque de leur arrivée, est une réfutation à » chacune de ces accusations (I). »

Cette comparaison est à l'avantage des missionnaires, il est vrai; l'amélioration est réelle, mats est-elle arrivée au point qu'elle aurait atteint, si elle avait été dirigée dans des voies moins exclusives, plus éclairées et même plus libérales? C'est ce dont il est permis de douter, et Ton acquiert bientôt la certitude que les missionnaires anglais, pas plus que les missionnaires des autres nations , n'ont sttteint les résultats les plus féconds qu'ils auraient pu obtenir en exerçant convenablement leur influence sur l'organisation civile et politique de ces peuples. Sans anticiper sur les détails qui vont suivre, on peut, en consultant la composition des premiers mission* naires, assurer, â priori ^ que des hommes, pleins de foi et de bonne volonté, sans doute, mais sortis des rangs inférieurs de la société, ne suffisaient pas à la tâche de réformer, de constituer un peuple, et

(I) Ellis , Polynesian re$earehe$ , tome I , page 376.

de lui donner les înslituiions les mieux adaptées à son élai et à son avenir. Pour terminer ces considérations préliminaires , qui précédent les événements où Tinfluence des missionnaires doit se montrer dans tout son développement, nous transcrirons un nouveau passage du missionnaire Ellis, qui ré« sume ce que nous avons déjà écrit, au sujet de Tentreprise des missionnaires, dans le cours de cette histoire.

« Plusieurs des missionnaires, comme la suite l'a » prouvé, s'embarquèrent pour accomplir leurosu*

> vrd avec des idées inexactes ou des vues erronées • sar les conditions nécessaires au succès de leur i entreprise... La position sociale de ces hommes f n'était pas des plus élevées; ils n'avaient pas non » plus joui des avantages d'une éducation très-rele- » vée, et ne possédaient pas une grande connaissance I du monde. Ce n'est que dans des temps comparatif » vement modernes que des personnes initiées à daa » études plus approfondies, sont entrées dansl'œavro

> difficile et pénible de propager le christianisme » parmi les païens, et ont monlté quelques nobles » eieroples de dévouement chrétien. Plusieurs des

> premiers missionnaires dans les mers du sud i » étaient versés dans la connaissance des arts rnéca- » niques, qui devaient les aidera produire un effet » favorable sur l'esprit des indigènes ; mais la » plupart n'avaient reçu qu'une éducation anglaise

> rudimentaire; ils étaient surtout versés dans la » connaissance des écritures sainte. Cependant

» quelques-uns d'entre eux joignaient à une grande » fermeté de caractère un degré non moins élevé de » culture intellectuelle (1). »

Tels ont été les premiers ouvriers de la civilisation à Taîti ; c'est à eux que revient Thonneur d'avoir aboli f après de longs et pénibles efforts , les mœurs et les coutumes sanguinaires de la population ; mais ils doivent subir en même temps, ainsi que leurs successeurs, le blâme qu'on doit jeter sur les fausses mesures qu'ils ont prises plus tard, lorsqu'ils se sont immiscés à la direction des affaires publiques. Leurs intentions étaient sans doute bonnes, mais les résultats n'ont pas répondu à leurs intentions. Fenear Après la convcrsiou de 4816 , dit M. Moerenhout ,

des DéopbyM. ^ naesurc que les églises s'éleyaient elles étaient remplies, même plusieurs fois par jour, par des néop|iytes empressés d'assister aux offices. Des écoles furent aussi ouvertes, et là, jeunes et vieux, célibataires ou mariés accouraient en foule; ils étaient tellement avides de s'instruire, que les missionnaires ne suffisaient plus pour répondre au vœu des indigènes ; tous à la fois voulaient acquérir les premières connaissances de la lecture et de l'écriture, de tout temps si fort admirées par eux et que déjà plusieurs d'entre eux possédaient.

Ce qui leur plaisait surtout, c'était le chant des hymnes; ils avaient toujours eu du goût pour la musique et pour les vers avec quelque idée de Tharmo-

(1) EUùi , Poly9ie$ian researehu , tome I , page ?78.

nie, ils Ghantaient en accord ; aussi apprirenl*ils à chaoler et même à chanter juste, circonstance qui a contribué à induire [en erreur les voyageurs des premiers temps, sans en excepter les missionnaires, qui prirent Tardeur de s'instruire dans un peuple désœuvré et avide de nouveautés , pour du zèle religieux, et son instinct musical pour des œuvres do dévotion et de piété. On n'entendait à toute heure du jour dans toutes les maisons que le chant des hymnes» auquel les jeunes femmes surtout s'exerçaient conti- Dueliement ; les indigènes se livraient aussi beaucoup à la prière; plusieurs mêmes poussaient la chose à rextrème; dans l'excès d'un zèle soit sincère, soit afliBcté, on en voyait s'écarter dans les bois pour tire leurs prières, et its passaient de longues heures dans cette pieuse occupation (1).

On portait déji à trois mille le nombre des indi- ^ T«!!la'toa. gèaes qui avaient appris à lire par les soins des huit missioanaires anglais provenant du Dij^et du Royalàimmi (2) qui se trouvaient en 1816 sur Taiti et Einéo. Ces missionnaires ne pouvaient plus suffire i leur tâche , ils réclamèrent des collaborateurs et les moyens de répandre un plus grand nombre d'imprimés 9 non-seulement pour ces deux lies, mais aossi pour les Iles du groupe nord*ouest , où les Ittbilants réclamaient leur présence; le chef de

(i) Hocranboat , f^a^age aux iU$ eu grand Océan , tome n , M« 471 et 47?.

(3) Wl. BîcluieU, Crook, Henry NoCt, Davîes, Hayward, P. Teetîer

Raïatea , Tamatoa, qui prit à cette époque le nom de Tapa, leur écrivait à ce sujet : «Que lésus-Christ » n'avait pas limité les efforts de ses apôtres à un » seul pays, mais qu'il avait prescrit de porter sa » parole dans tous les lieux (i). » La conversion des indigènes était tellement avancée dans l'esprit des missionnaires, qu'une lettre de leur correspond dant, le révérend Marsden , à la date du 3i octobre 1816 , porte qu'il ne manquait plus rien aux naturels que des moyens de travail, pour éviter que l'oisiveté ne les flt tomber dans les tentations dont elle est la source.

EDToi Les directeurs de la Société des missions de Lon^

demiMioDntires. dfcs prirent cu cousidératiou ces différentes de« mandas , et dès l'année 1816 ils pourvurent k un accroissement du nombre des missionnaires , et en outre ils acceptèrent les services d'un cultivateur, M. Gyles,qui avait longtemps dirigé lés travaux d'une plantation de cannes à sucre à la Jamaïque, et qui contracta l'engagement de se vouer pendant quatre ans à initier les habitants de Taiti aux procédés de la fabrication du sucre.

Voyage; Pomsré continuait toujours à être l'auxiliaire le

^/'d?Tam!'^^' plus fervent des missiodnaires ; dans une lettre qu'il

isTe. leur écrivait, le 19 février 1816 , de MotoiHmta^ llol

qui était devenu sa résidence favorite, il disait qu'il

allait entreprendre un voyage autour de Taiti, pour

engager les Raatiras à donner un bon exemple et à

(1) MmUmary regitier far tke year 1818 , page eê.

construire des temples pour le nouveau culte. Il leur annonçait en même temps l'envoi d'un certain nombre d'idoles , qui avaient échappé à la destruction, dont il faisait don à la Société des missions de Londres (1).

Déjà, le 13 août 18i6, les missionnaires écrivaient que sur Ttie Eiméo, il existait , dans chaque district , une maison destinée au service divin, dans laquelle le peuple s'assemblait trois fois chaque dimanche et tous les jeudis soir (2). Quelques mois plus tard , on comptait soixante-sept bâtiments destinés au culte sur Taîti et vingt sur Eiméo. Le nombre des indigènes sachant lire en laïtien atteignit le chiffre de dnq mille individus, et Pomaréll aida puissamment à la propagation de ces connaissances en donnant Tordre d'élever dans chaque district une maison destinée à servir d*écoIe, sous la direction des meilleurs élèves des missionnaires. Les progrès des indigènes furent rapides; doués d'un esprit docile et d'une heureuse mémoire , ils acquirent promptement les premiers éléments de la lecture,. de l'écritureet du calcul; déjà même ils éprouvaient le besoin de posséder un plus grand nombre d'imprimés que ceux qui leur avaient été fournis par la Société des missions. Ils se plaisaient à leurs nouvelh^s études et accouraient en foule dans les lieux destinés à l'enseignement.

(4) JlfiMtoiMnrif regitter for the year 1818, page 70. (2) Miiikmmry rêgiiUr for ihe ytwr 1816 , page 967.

de U popvIâtioB.

fenreor.

DéerofaMoee Cependant, si Ton en croit M. Moerenhoul , le zèle des Taïiiens pour le christianisme commença à s'affaiblir dès l'année 18i7; les écoles et les églises étaient beaucoup moins fréquentées ; beaucoup de néophytes murmuraient et revenaient à leurs anciennes habitudes. Il en donne pour raison Textrème rigidité des missionnaires, qui auraient dû montrer quelque indulgence pour certains abus répréhensibles sans doute, et qui méritaient d'être signalés du haut de la chaire, mais qui néanmoins ne pouvant compromettre le bonheur du peuple , nç devaient pas être confondus avec des crimes. Tant qu'il ne fut question que de fréquenter les églises, de chanter des hymnes, de réciter des prières , tout alla bien : car les indigènes ne voyaient en cela qu'un changement de divinité et un mode différent d'adoration ; mais quand ils reconnurent que la nouvelle doctrine prescrivait une pureté de mœurs dont ils n'avaient aucune idée , une régularité de conduite dont, ils ne pouvaient concevoir la convenance ; quand les missionnaires, non contents de leur interdire les excès, leur défendirent indistinctement tous les délassements; quand ils aperçurent qu'ils n'étaient plus libres dans leur intérieur, et qu'avec l'amour disparaissaient à jamais peureux les danses, les représentations, les fêtes , les réjouissances, les jeux , les exercices dont ils avalent l'habitude , ils se reployèrent en quelque sorte sur euxmêmes; ils commencèrentà murmurer, et, pour la première fois, ils osèrent réclamer contre cet autre Tabou

auquel ils ne s'étaient soumis que momentanément , ne croyant pas qu'il dût être perpétuel. Une fois le premier enthousiasme passé, on s'aperçut que si le ' peuple avait changé de culte, ses mœurs étaient restées les mêmes. Les missionnaires et la nouvelle doctrine se maintinrent pourtant par l'influence du principal chef : Pomaré croyant leur être redevable de son rétablissement au pouvoir, les soutenait autant qu'il était en lui y et punissait rigoureusement la moindre transgression à leurs préceptes (1).

Pour répondre au besoin que les Taitiens éprou- Ëubiiisement valent de posséder un plus grand nombre de livres, ""à is^inér^"^ la Société des missions de Londres remit au mis- nn. sionnaire Ellis tous les matériaux d'une imprimerie, dont il avait appris à connaître le mécanisme. Ce missionnaire, accompagné de sa femme*, arriva â Taïli le 16 février 1817 , et le 10 juin suivant, on avait déjà fait tous les préparatifs nécessaires pour commencer à imprimer des syllabaires et des exemplaires du Nouveau Testament. Pomaré II avait été enchanté d'apprendre l'arrivée de Ja première presse qui dût fonctionner dans ses domaines; il employa tout son pouvoir pour hAter l'érection à Afareîtou, de l'édifice destiné à rimprimerie, et il arriva bientôt à Eiméo pour assister au commencement des travaux d'impression. Il regarda avec étonnement les caractères neufs et bril-

n)lfoereiiliout, Foyage aux Ues du grand Océan, tome II, page 474.

lants qui devaient reproduire leur empreinte sar le papier; il composa lui-même la première page du syllabaire, et il attendit impatiemment le moment du tirage. Le 30 juin, il vint accompagné de deux ou trois chefs qui étaient ses favoris; la foule, sachant ce qui devait se passer, se rassembla aussi tout autour de la maison. Pomaré, guidé par H. EUis, imprima la première feuille; lorsqu'elle sortit de la presse, tous les assistants exprimèrent simultanément leur étonnement et leur plaisir. Tous les jours suivants Pomaré visita Timprimeriei et tous les chefs priaient avec instance, qu on les admit dans l'intérieur, tandis que le peuple garnissait toutes les fenêtres, toutes les fentes par lesquelles on pouvait voir l'opération , et s'écriait souvent involontairement : Beriiani fenoua poart, < Bretagne, pays delà sagesse. » La presse devint bientôt un sujet de conversation générale : les indigènes accoururent en foule de cha q uedislrict d' Eiméo et des autres Iles , pour obtenir des livres et pour voir l'étonnante machine qui les produisait. L'affluence des étrangers était si grande à Eiméo , que, plusieurs semaines avant qœ la première portion de l'impression du Nouyeau-Tes* tament fût terminée, le district d'Afaréitou avail l'aspect d'une foire ; le rivage de la baie était rempli d'embarcations venues de tous les points de l'Archipel ; les cases des habitants étaient pleines de visiteurs, et plusieurs d'entre eux avaient formé de petits campements dans toutes les directions. L'école et la chapelle , quoique pouvant contenir six cents per-

sonnes, ne pouvaient plus suffire à admettre tous ceux qui voulaient assister au service divin ou aux instructions des missionnaires (i).

Pour défrayer autant que possible les dépensesde rimpression des évangiles traduits par les soins des missionnaires, qui restaient à leur charge ou plutA à celle de la Société des missions de Londres, et aussi dans le but de pourvoir aux frais des nouvelles impressions, ils demandèrent sinon pour les premières émissions, du moins pour les émissions subséquentes, une certaine quantité d*huile de coco pour chaque exemplaire. Le peuple tnit leplus grand empressement à faire ces acquisitions; plus d'un incident témoigna de Tardeur des indigènes à obtenir Tévangile selon saint Luc, premier livre imprimé dans TArchipel, sous le titre de Te evanelia na Luka iritiUa ei paroùu Tahifi; littéralement : Tévangile de Luc dans la langue de Taiti; ouvrage qui, faute de papier, ne fut complété que dans Tannée i818. Trois imUe exemplaires furent cédés au taux de trois gallons (le gallon équivaut à 4"^,54l) d'huile de coco, et on évalua à dix mille , ceux qui furent vendus en quelques jours (2).

Le 47 novembre 4817 , un nouveau renfort de missionnaires arriva à Taîti (3). Ils furent destinés à occuper les stations des difTérenles ties de l'Archi-

Vente des exenplaires

l'ÉTangile.

Arrivée Id'iin renfort

de .

missieiuiafres.

(1) EUii , Polymmaim tÊuarehêi , tome I , ptges 392 à 398. {2) Miâêianary register for îke year 1819, pages 316 et (3) m. Bonnie , Darling, Platt, Willtamt , Trdkeld et B«rff,

pel , auxquelles les anciens missionnaires n'avaient pu suppléer encore. Ceux-ci continuèrent à résider à Taîtiy auprès de Pomaré. Cependant, quelques-uns d'entre eux accompagnèrent leurs collègues dan§ leurs résidences, afin de les initier aux usages des localités et à la connaissance de l'idiome du pays (1). Acte lègisiaiir Quoiquo le gouvernement anglais n'accordftt «as , anglais. oflicieliement sa protection aux missionnaires , il

accompagaësdelelinfeinmes. Ellis, Polyneiian reêeareheê,iamel^ page 409. D'après M. Moerenhout, ces nouveaux missionnaires, qui n'arrivaient qu'après l'adoption de la religion chrétienne , qui n'avaient d'autre mérite que celui d'être venuâ d'Europe , n'auraient dû continuer que ce que leurs confrères avaient si admirablement commencé ; tandis qu'au contraire ils vécurent en mésintelligence avec les premiers missionnaires qui leur avaient ouvert la route et qui avaient seul^ opéré le changement de religion de ces peuples ; r^ltat dû uniquement à leur zèle , à leur constance , à leur conduite si louable et si prudente sous tous les rapports et qu'ils n'avaient obtenu d'ailleurs qu'an prix de sacrifices et de souffrances dont les détûls les feraient plamdre autant qu'admirer ; les derniers missionnaires furent reçus avec respect et égards ; ils furent logés dans des maisons superbes , et on leur fit de grandes concessions de terres, etc.... Moerenhottt , Voyage aux îles du grand Océan , tome II, page 485. Sans pouvoir affirmer l'exactitude de Tassertion de H. Moerenhout au sujet de la mésintelligence des missionnaires , ou doit remarquer que dans les numéros du MisHonary regUter , postérieurs à l'année 1819, deux titres distincts, celui des îles Géorgiennes et des îles de la Société , séparent le compte rendu des opérations des missionnaires. Les nouveaux missionnaires s'étaient presque tons fixés dans ce dernier groupe, et peut-être voulaient-ils établir par ce moyen une ligne de démarcation entre leurs oeuvres et celles de leurs prédécesseurs.- Cette division n'est pas sans importance ; car on la voit plus tard se reproduire dans les débats politiques. [{)MiêHonary register pour l'année 1819, indique les nom-

n'avait pas perdu de vue l'œuvre qu'ils avaient entr^rise. H en facilitait raccomplissement dans ses instructions aux fonctionnaires des colonies, et sur un mémoire adressé par la Société des missions , il transforma en acte législatif les arrêtés du gouvernement des Nouvelles-Galles du Sud, que nous avons déjà mentionnés. Cet acte du parlement anglais porte la date du mois de juin 1817; il est intitulé : Un acte du cinquanie-^nquième roi , pour la punition plus efficace des meurtres et des attentats commis dans les lieux placés hors des domaines de S. M. ; il porte spécialement que : des meurtres ayant été commis dans l'océan Pacifique, aux îles de la Nouvelle-Zélande et de Taîti et dans d'autres tles , pays ou lieux hors des domaines de S. M. , par les capitaines et les équipages des bâtiments anglais ou par d'autres personnes qui

gobants des missiaimaires fixés sur Taïti depuis diffàrentes

épo<|iies :

IDLBîckneU. \

Crook. [ Partis d'Angleterre en 1 796 snr.le navire le Dufff Henry. ( capitaine J. Wilson.

i«ott. ;

J. Havies. \

i.Hajrward. (Partis en 1800 sur le Boyal J^niral , capitaine

i. Tessier. ( W. Wilson.

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