PRÉFACE. XXIII
Aujourd'hui la question est tranchée , le pavillon du Chili flotte sur tous les points du détroit. Ces colonies naissantes , tentées par une petite république qui manque d'hommes et d'argent, sont-elles susceptibles d'un grand développement? C'est peu probable. Le Chili a déjà bien de la peine à couvrir le territoire qu'il a enveloppé dans ses limites; ses plaines sont encore à peu près incultes et dépourvues d'habitants. Il est loin de pouvoir fournir à des émigrations suffisantes pour peupler la Patagonie ; l'industrie y est encore dans l'enfance, et les capitaux trouvent leur placement à des taux fort élevés. Peut-on espérer de voir s'établir des compagnies riches et puissantes pour exploiter les plaines de la Patagonie ? Ce ne serait pas raisonnable de le supposer. Il est plus rationnel d'admettre que le Chili, en colonisant le détroit de Magellan, n'a fait qu'obéir à des influences étrangères. ,Une position aussi im^ portante ne serait peut-être pas devenue le domaine d'une des grandes puissances du globe ^ sans exiter l'envie des autres nations, tandis que^ ni l'Angleterre, ni la France, ni les États-Unis ne se sont inquiétés de voir les empiétements du Chili ; et lorsque par une possession de quelques années , cette petite république aura acquis définitivement la Patagonie, on la verra probablement abandonner sa couquéte pour un prix peu élevé, à la puissance qui l'a poussée à s'en saisir.
Eh bien! disons-le franchement, nous avons toujours considéré la colonisation des îles Marquises