XXVIII PRÉFACE
les mers, pour recevoir ses vaisseaux en temps de guerre, leur rendre les hommes et les agrès qu'ils ont pu perdre dans leurs combats, et enfin les remettre en état de reprendre la mer pour détruire Tennemi? Et bien alors, un poste purement militaire, sans aucune population derrière lui , est-il suffisant pour atteindre ce but ? Nous ne le pensons pas. Nos guerres dans les mers de l'Inde se terminèrent d'une manière désastreuse, lorsque les Anglais nous eurent enlevé l'île de France, tandis que nos vaisseaux purent soutenir la lutte malgré les forces bien supérieures de l'ennemi, tant qu'ils trouvèf ent dans cette colonie une population héroïque , capable de défendre son territoire, et en même temps de réparer les pertes faites à nos croiseurs par les boulets de l'ennemi.
C'est à tort, suivant nous, que l'on cherche à établir une différence bien tranchée entre les colonies purement militaires et les colonies comportant non-seulement une garnison, mais encore une population toute française exploitant le sol et son industrie.
En créant un poste militaire , on s'assurera toujours une colonie plus ou moins prospère, suivant que le point sur lequel flottera le pavillon aura été choisi avec plus ou moins de discernement. Si en effet , le lieu occupé par nos troupes est tellement placé, qu'il offre à nos agriculteurs un climat sain , un territoire fécond à exploiter, et s'il présente par sa position des chances heureuses pour les com-