DES MERS DU SUD
Les richesses d'un état consistent principalement dans son indépendance pour tous les objets de nécessité, et dans la dépendance où il tient les autres nations relativement aux besoins dont il peut leur procurer la jouissance.
Les ressources d'un état proviennent l"" de la nature du sol 9 de la qualité de ses productions; 2"* de l'industrie de ses habitants; 3*" de sa situation locale, qui facilite l'exportation de ses denrées; A"" du commerce , qui dépend de l'activité des citoyens , de la prévoyance du gouvernement, et de la protection qu'il accorde aux individus.
La mesure des richesses d'un état consiste dans
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l'aisance publique, dans le bien-être des masses, bien plus que dans la quantité du numéraire répandu et dont la valeur reste proportionnelle à sa plus ou moins grande rareté. L*abôence du paupérisme, l'aisance publique, doivent être constamment le but du gouvernement.
. L|.€|3. relations commerciales établies entre toutes le^Taâtfôh'&du monde les ont rendues toutes tributaires |feS*4heS des autres. Il n'est peut-être aucun peuple qui ' puisse vivre sur son sol et fournir à tous ses besoins par Tiodustrie seule de ses habitants. Le commerce est une nécessité pour tous, et son plus ou moins grand développement doit rapidement faire pencher la balance entre les peuples rivaux, également partagés pour la fertilité du sol, la nature de ses productions, Tactivité et Tintelligence de ses habitants.
Pour quelques-uns de nos économistes i la plus gi'ande faute que puisse faire la France, consiste à fonder des colonies nouvelles, pendant qu'elle possède encore des terres incultes dans son s6in» Ils ne manquent pas d'objecter que la septième partie de la France reste encore à cultiver , et que c'est folie que de chercher à s'agraadir au delà des mers, au lieu de reporter vers l'agriculture nationale les? bras que lui enlèvent les émigrations f et puis ils supputent les sacrifices pécuniaires que coûtent à la métropole ses comptoirs coloniaux, et établissant la balance avec les recettes , ils regardent avec dédain ces établissements lointains , dont le coût peut
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s'estimer immédliatement , tandis que les avantages sont longs à récolter, et souvent même contestés.
La position de la France, dont les rives sont bai^ gnées par deux mers , la grandeur de son territoire, le nombre de ses habitants doivent lui assjurer un rang élevé parmi les puissances maritimes qui se disputent l'empire des mers.
Dans l'ordre social actuel l'on ne peut citer aucun peuple entièrement formé de cultivateurs qui soit devenu riche et puissant, il est dope permis de supposer que la France livrée à la seule industrie de l'agriculture ne conserverait pas longtemps son influence dans le continent; elle serait pauvre et languissante; elle n'aurait bientôt plus qu'un gouvernement faible et timide, et elle n'aurait à opposer que des légions sans nerfs à des natioDs riches et actives, ses rivales, dont elle subirait bientôt la loi.
Toute entreprise du gouvernement qui tend à agrandir le, commerce est une entreprise utile et nécessaire*, et parmi celles-ci doit se ranger en première ligne, la fondation des colonies nouvelles, lorsque par le choix de leur position , le commerce national doit espérer d'y rencontrer des spéculations nouvelles dépendantes du nouveau sol à exploiter ; ou bien même lorsqu'un établissement nouveau n'a d'autre but que celui de protéger le commerce déjà actif des citoyens; le commerce extérieur ne saurait exister sans une action directe et immédiate du gouvernement; non-seulement celui-ci doit faire
naître lescirconstances favorables propres à le développer, mais encore il doit le protéger de tout son pouvoir, il doit déployer sa puissance partout où l'industrie de ses nationaux rivalise avec celle de ses rivaux.
D'un autre côté , aucune nation ne saurait prétendre à une grande puissance maritime si le commerce extérieur ne venait assurer à l'état les éléments de tQute force navale ; des marins ployés depuis longtemps aux rudes épreuves de la mer. Si la véritable destination de la marine militaire est de protéger le commerce et les colonies, aucun état ne saurait entretenir une marine puissante, si le commerce ne forme et ne nourrit ses matelots pendant la paix.
Le nombre des vaisseaux, leur force, la célérité que l'on peut apporter dans leur armement, le nombre des matelots et des officiers, tels sont les véritables éléments de toute puissance maritime.
Dans toutes les guerres sur mer que la France a soutenues, ce ne furent jamais les vaisseaux qui lui manquèrent pour réparer ses pertes et disputer la souveraineté d^s mers. Avec un gouvernement assez prévoyant pour faire ses provisions de bois de construction pendant la paix ; avec les ressources financières dont dispose la France, ses arsenaux seront toujours assez riches pour soutenir une guerre maritime avec une puissance quelconque; mais si elle ne prend soin d'augmenter le personnel de son armée navale; si, au moment de la lutte, elle ne peut
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pas disposer d'un grand nombre d'officiers et de matelots ; quels que soient les premiers succès de ses escadres» si elle ne peut réparer les pertes qu'elle fera^ le courage de ses marins ne pourra jamais suppléer au nombre. Ainsi, augmenter le nombre de ses matelots, se créer des officiers de tous grades consommés dans l'art de diriger ses escadres, telle doit être la pensée incessante. du gouternement de la France, s'il prévoit que, plus tard, elle aura à défendre son indépendance et son influence sur Iqs mers. Parmi les moyens qui peuvent conduire à un résultat pareil, la possession de nombreuses colonies est certainement pour un état la plus forte base de sa puissance maritime ; et sous ce point de vue, une colonie sera pour la France d'autant plus importante, que, par les ressources de son commerce, par sa position, et surtout par la nature des relations qu'elle est susceptible d'entretenir avec ses voisins, elle pourra former des matelots et se fonder avec économie.
Ces considérations générales, extraites en grande partie d'un excellent ouvrage publié par un de nos plus célèbres administrateurs , semblent être aussi celles qui ont dirigé le gouvernement français dans le choix de ses nouvelles possessions dans l'Océanie.
Les îles de la Société, dont Taïti est la plus riche et la plus grande, forment le premier groupe important de cette longue chaîne d'îles qui, semées au milieu de l'océan Pacifique, semblent vouloir relier l'Amérique aux vastes continents de l'Australie et de
l'Asie. Les îles Marquises, les îles Gambier et celles de la Société forment un vaste triangle, dont les côtés enveloppent dans son intérieur un nombre immense de petites îles basses et boisées, et pour la plupart habitées. Les possessions françaises dans TOcéanie, doivent comprendre en entier ces trois archipels : les Marquises , les Pomotou et les îles de Tcnti. L'importance du groupe des Pomotou est due à sa position par rapport aux autres archipels, bien que ces îles, par elles-mêmes, semblent ne pouvoir offrir que fort peu de ressources, soit par leurs productions l soit même pour l'approvisionnement des navires qui fréquentent ces parage». Pour la plupart, en effet, ces îles sont privées d'eau dans les temps de sécheresse; à peine élevées de quelques mètres audessus du niveau de la mer, leur sol est uniforme ; entièrement créées par les polypiers dont le travail infatigable marque chaque jour de nouvelles conquêtes sur les eaux, la plupart d'entre elles n'offrent encore que de vastes récifs qui attendent les débris calcaires contenus par les eaux de la mer, pour grandir. Rien n'est admirable comme ce travail incessant de la nature, dans ces mers tièdes des Tropiques; d'abord , ce sont de faibles animaux qui malgré leur faiblesse, élèvent des murailles inébranlables au milieu des eaux constamment agitées ; leur œuvre n*est terminée, pour ainsi dire, que lorsqu'il n'y a plus d'obstacles à vaincre, lorsque, sur un pied solidement établi^ ils ont élevé les bases de leur édifice Jusqu'au ïiiveaa de la mer* Bientôt la vague qui s'y brise
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impuissante recouvre ces récifs dangereux des sables qu'elle entraîne avec elle; ensuite, un coco ou une graine quelconque, enlevée par les eaux sur la rive voisine, vient y trouver la vie; un arbre surgit, et rOcéan compte une lie de plus, qui, quelques si^ clés plus tard, sera riche en terre végétale et en productions de toute espèce.
Une grande partie des lies Pomotou sont couvertes de cocotiers et possédées par de nombreux habitants. Sans trop spéculer d'avance sur ce que pourront devenir oes tles, par les soins de l'agriculture livrée à des mains plus habiles, il est facile de pré« voir qu'avant fort peu de temps, un commerce de cabotage très -animé s'établira entre ces nombreuses lies au moyen des petites embarcations du pays. Déjà, pour ainsi dire, chaque . groupe a marqué sa spécialité de productions; si les lies de la Société semblent réunir tout ce que peuvent fournir en très-petite quantité les groupes des Marquises et des Pomotou, la pêche des perles, de la nacre et des holothuries est surtout productive dans les îles basses; jusqu'ici, cependant, les Marquises semblent être les terres du Grand Océan où le bois de sandal s'est trouvé en plus grande quantité. Il est difficile de prévoir exactement' quelle impulsion nouvelle vont donner à toutes ces terres la possession française et la civilisation avec ses arts et ses prodiges d'industrie; mais ce que Ton peut prévoir à coup sûr, c'est que, avant peu, toutes ces tles alimenteront entre elles un com-
iii^rce d'échange irès-actîf, qui ne peut manquer de créer un grand nombre de matelots.
Quand on parcourt les ile$ de TOcéame, on est bien vite frappé de l'aptitude de presque tous les peuples qui les habitent pour la navigation. Les Iles Yiti, Tonga et Samoa sont depuis longtemps en communications assez suivies; les Iles Yiti sont les ateliers des pirogues de guerre de ces archipels , les Tonga et les Samoa ont de nombreuses communications , et souvent des escadrilles chargées de guerriers à peau jaune sont allées porter la guerre au milieu des races noires qui habitent les tles Yiti. Cette tendance de ces peuples pour les voyages sur mer , leur agilité , et je dirai presque leur goût pour les aventures, leur esprit guerrier, semblent promettre d'avance qu'ils seront faciles à ployer à la discipline des marins, et qu'un jour ils pourront rendre des services réels à la navigation. Déjà un grand nombre de ces malheureux enrôlés de gré ou de force dans les équipages des baleiniers ont fait de longs voyages comme matelots; l'utilité que les capitaines marchands en ont retirée a engagé fréquemment nos pécheurs à recourir à eux pour augmenter leurs équipages, et los dégoûts dont ils ont été généralement abreuvés \ bord de certains navires où tout sentiment de philanthropie disparait devant l'intérêt des spéculateurs, ces dégoûts, dis-je, n'ont que bien rarement arrêté ces pauvres sauvages.
L'archipel Taïti est placé presque au centre du vaste
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océan Pacifique; une distance considérable ( 1,200 à i,400 lieues) le sépare du continent américain, et les quelques îles intermédiaires qui semblent jalonner cette route, telles que Ducie, Pitcairn, Pâques, paraissent peu importantes : pour la .plupart elles sont privées de ports qui puissent donner asile même à des embarcations. Ce ne sera que dans un avenir trop éloigné peut-être pour le prévoir d'avance, que de fréquentes communications s'établiront entre le continent américain et nos possessions au moyen d'une marine d'indigènes; ce ne sera que lorsque les fertiles plaines de Taïti auront été remuées par des mains plus propres à l'agriculture, que nos possessions riches de leurs produits sentiront le besoin de les verser au dehors sur le continent. Dans tous les cas, il n'est pas douteux que la civi* lisation qui, aujourd'hui, doit totalement hanger la face de cas peuples» amènera aussi de grands progrès dans leurs constructions maritimes; l'abondance du fer, celle des toiles , en leur procurant des liens plus sûrs pour lier les membres de leurs embarcations, et des voiles plus légères et plus solides, lejir procurera les moyens de tenter des voyages plus longs avec leurs grandes pirogues. Si la longueur du voyage à l'est pour aborder le continent américain est aujourd'hui au-dessus des forces des indigènes, il leur reste à l'ouest un champ ouvert pour leurs petites spéculations. Dans la partie occidentale, le Grand Océan présente une foule d'iles éparses et d'archipels importants qui semblent offrir à Taïti
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les moyens de lier son commerce avec celui des continents de l'Asie et de l'Australie par une navigation de caboteurs.
Sans doute ces archipels, habités aujourd'hui par des peuples sauvages encore, et dont le commerce est à peu près nul , puisqu'il est subordonné à leurs besoins , offrent peu de ressources à des spéculateurs, mais déjà la civilisation y fait des pas de géant , des missionnaires prêchent FÉvangile sur les Viti et dans les fertiles Samoa ; les îles Tonga ont une constitution ; la civilisation s'y est établie sur un pied solide, et chaque jour elle s'y étend davantage.
L'Angleterre , avec son esprit envahisseur, a déjà jeté les yeux sur la Papouasîe ou Nouvelle-Guinée ; et la France, établie aux îles delà Société, ne peut manquer de foire rapidement sentir rinfluence de son industrie sur les Samoa, les Tonga, les Viti , les Salomon, la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Guinée. Encore quelques années et tous ces pépies auront besoin de nos vêtements pour se couvrir, de nos outils pour se créer des demeures, de nos meubles, et enfin de ces mille objets de l'industrie que le confortable bien plus que le luxe a créés parmi noms. Dès lors , Taïti , placé pour ainsi dire entre l'Europe et ces archipels, deviendra l'entrepôt de toute l'Océanie , et nos marchandises se répandront au milieu de tout l'Océan par les soins de nos colons.
Pour arriver à ce but, l'œuvre du gouvernement français ne doit point se borner à un simple protectorat, sans autre garantie que cell« de voir son pavillon
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flotter à côté de éelui de la reine de Taïti ; une missioh plus glorieuse lui est résenrée. L'autorité de la reine Pomarè est constituée , sa suprématie est reconnue par toutes les peuplades disséminées sur les archipels voisins ; mais souvent elle n^a d'autre marque de respect et de déférence que le vain titre qu'on lui accorde. Aucune société d^hommes ne saurait exister sans des lois égales pour tous, mais aussi également respectées par tous les citoyens. La France vient de couvHr de son pavillon une société naissante dont le principe seul est reconnu ; c'est sous son influence que les habitants des îlefi^ de la Société doivent se constituer et se créer des lois en harmonie avec les progrès de la civilisation.
' Tandis que dans la plupart des archipels de TOcéanie , l'autorité se trouve disséminée entre plusieurs chefs presque toujours ennemis les uns des autres; tandis que des guerres incessantes déchirent ces malhmireux sauvages et arrêtent tout essor de l'intelligence, les Mes Taïti et même celles de Tonga, ont immense avantage d'obéir à un même chef. Si dans ces dernières la paix n'est point continuelle, si souvent l'ambition de quelques hommes feit verser le sang dans des guerres civiles, du moins elle y est possible ;. elley sera toujours la conséquence d'un pouvoir ferme et solidement établi, et dès lors le règne de l'intelligence et de l'industrie peut y être assuré. Les îles Taïti et peut-être celles de Tonga sont appelées à devenir le foyer d'où la civilisation fera peu à peu parvenir tous ses rayons sur les nombreuses lies
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océaniennes. La présence des Français , sa position , la nature de son sol donnent à Taïti des avantages incontestables, qui lui assureront, pendant des siècles encore, une influence prépondérante sur tous les archipels , si toutefois ses habitants savent profiter de ces avantages , ou plutôt si le gouvernement ie la France, confié à des mains habiles, sait les diriger et veiller sur les intérêts des indigènes, qui , dès aujourd'hui , sont inséparables de ceux de leurs protec* teurs. La population répandue sur c#s îles innom^i^ brables aura trop besoin de communications pour ne pas devenir une population entièrement maritime. Avant peu FOcéanie comptera peut-être à elle seule plus de matelots que les continents voisins. Il appartient à la France , qui vient de s'asseoir au milieu de ces iles, de ne pas perdre de vue qu'elle peut retirer de ses comptoirs océaniens des avantages immenses pour sa puissance maritime.
Pour cela, non-seulement elle doit constituer le gouvernement taïtien , mais elle doit encore le faire respecter et s'en faire aimer. La voie de progrès, dans laquelle ne tarderont pas à s'engager les peuples de la Société, aura pour résultat, sur les autres archipels, une influence immense donj; la France ne peut manquer de profiter.
Dès le début, une question me préoccupe, question importante à débattre au milieu de peuples encore enfants, et que Ton s'étonne de voir réveiller des haines aujourd'hui au milieu des progrès de la civilisation : je veux parler de la question religieuse.
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Deux religions rivales , dont les guerres intestines ensanglantèrent longtemps l'Europe , semblent devoir se disputer aujourd'hui les pauvres peuplades de rOcéanie. D'un côté', les protestants, implantés dans la plupart des archipels , où , par leur influence , ils gouvernent en maîtres, ne reculent pas devant les mauvais traitements pour éloigner de leur empire les prêtres catholiques. Ceux-ci, à leur tour, loin d'aller chercher à conquérir des terres nouvelles et à gagner à la civilisation des peuples encore barbares, où l'anthropophagie et la prostitution sont en honneur, semblent, au contraire, vouloir constamment rivaliser avec les ministres protestants et leur disputer leurs prosélytes.
Mais, avant d'exposer les torts réels qui pèsent également sur les missionnaires de communions dif* férentes qui sont allés prêcher dans les mers du sud, qu'il nous soit permis de déclarer ici qu'il n'entre nullement dans notre pensée de discuter sur la valeur des clroyances religieuses qui sont professées au milieu de ces peuples ; pour nous l'œuvre des missions dans l'Océanie ne doit nous apparaître que comme un commencement de colonisation, comme le premier pas de la civilisation ; c'est sous ce point de vue que nous chercherons à asseoir notre jugement sur les hommes qui se sont voués à cette entreprise, et sur les résultats qu'ils ont obtenus.
Il ne sera, je pense, contesté par personne que les principes de morale professés par la religion du Christ ne soient les mieux appropriés àla civilisation ,
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à l'état d'une société parfaite. Sous ce point de vue, le triomphe des principes religieux dans ies îles de rOcéanie mérite l'approbation de tous les hommes de bien > du philanthrope comme du chrétien. La religion protestante ne diffère de celle des catholiques que sur certains points de dogme entièrement étrangers à la morale du Christ, dont les principes restent les mêmes pour tous les chrétiens ; ainsi, de quelque part que vienne la lumière aux peuples océaniens^ les principes civilisateurs restent les mêmes. Si la religion catholique est plus imposante, si elle déve-* loppe plus de luxe et d'ostentation dans ses cérémonies} si enfin elle frappe plus les yeux et flatte davantage la faiblesse du cœjur humain, celle. des protestants ne professe pas à un moindre degré les principes de charité et de probité qui seuls peuvent former la base d'une société bien constituée.
Il est peu de points où la colonisation ait été tentée par desmissionnairesseuls : il fautautre chose aux sauvages pour les amener à la civilisation que les dogmes religieux qu'ils sont encore incapables de comprendre, et auxquels ils veulent bien croire sur la parole de leurs missionnaires» lorsque ceux-ci sont parvenus à capter leur confiance. Or , tant que les missions se borneront, comme cela a lieu, non-seuîement dans les tles protestantes, mais encore aux: Gambier^ à la Nouvelle-Zélande et à Wallis, à prêcher l'Évangile, sans exercer l'industrie des indigènes autrement qu'à créer des églises et des presbytères, .dont l'élégance et la grandeur font ressortir la mi-
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sère des croyants, je ne crois pas qu'elles puissent fonder rien de durable; mais pour commencer l'œuvre de la civilisation au milieu des peuplades barbares y il est nécessaire d'y introduire des croyances religieuses en harmonie avec elle. L'homme , constamment effrayé de sa faiblesse, a besoin de > croire à une autre vie pour supporter l'idée de la mort; aussi chez presque tous les peuples sauvages on retrouve la croyance, je ne dirai pas de l'immortalité de l'âme, mais bien d'une vie nouvelle, mêlée souvent à un culte sanguinaire et qui peint toute l'ignorance de ces malheureux êtres. Une religion comme celle du Christ, qui promet des récompenses éternelles, qui nivelle tous les rangs, et qui rend à la femme la' position qui lui est due dans la vie sociale , en protégeant pour ainsi dire sa faiblesse , ne peut manquer de réunir immédiatement de nombreux prosélytes chez les peuples sauvages, et de les amener par suite à un état bien meilleur; c'est le premier pas de la civilisation.
L'industrie est sans contredit) agent qui peut conquérir à la civilisation les peuples barbares d'une manière prompte et sûre; mais que pourrait-elle dans le principe si elle avait à lutter contre les mauvais penchantsd' un peuple qui, sansbesoins, neconnait aucun de ses bienfaits? Et puis quels seraient les moyens qu'elle pourrait employer pour étendre son empire? Elle a besoin de transactions; la probité et l'honneur seraient-il& suffisants pour tracer la ligne de conduite des spéculateurs qui n'auraient rien à redouter des
lois qui punissent les fripons chez les nations civilisées? Jusqu'ici toutes les colonies furent commencées par le missionnaire ou le soldat; Tun e| ^ l'autre sont insuffisants pour coloniser , mais pour préparer les voies du colonisateur , je préfère le premier.
Si , jusqu'ici , les missionnaires ont fait de nombreuses conversions dans l'Océanie ; si parmi les peuples on remarque tous les signes extérieurs qui témoignent de la ferveur des nouveaux néophytes ; il n'a échappé à aucun voyageur , que ces démonstrations n'étaient point le résultat de convictions profondes. Et comment en eflFet pourrait-il en être autrement; que pourraient les intelligences de ces pauvres sauvages pour comprendre ce que c'est que le péché originel , .quelle est la grandeur du sacrifice qui se passe dans la messe , et enfin tant d'autres points qui ont élé le sujet des discussions des plus célèbres théologiens? Ces pauvres peuplades ne saisissent bien de ce que leur prêchent leurs missionnaires que ce qui tombe sous leurs sens ; parmi eux, les cérémonies, enfin tous les signes extérieurs par lesquels s'exprime le culte, constituent toute la religion qu'ils ont embrassée. Ils n'ont d'autre opinion que celle que leur ont transmise leurs prêtres; ils savent que telle chose est bien parce qu'on le leur a dit. Pour se convaincre de cette vérité , il suffit d'ouvrir les annales des missions, et de lire ce qu'écrivait l'évêque de Maronnée. « Vous ne sauriez » croire l'effet que produit sur nos insulaires la vue
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» des images de vdévotiop. On eslt venu 4e pl\is de » cinquante lieuQs pour admirer un tableau de ceu- » leurs graw^res représentant la nativité et lîadora- »tion des bergers^ Tous les naturels qui le voyaient » en étaient émerveillés/ La. chambre où est l'autel » de la missionest ornée de plusieurs grandes images, » devant chacune desquelles il ti'est pa6 rare de trou- » ver nos sauvages dans une sorte de contemplation »qui rend souvent Jour visite un peu longue, mais » qui tourne assurém^t au bien de leurs âmes. Dans » toutes les chapelles qui s'élèveront, s'il plaît ati » Seigneur, nous ne manquerons pas de placer des » images et des tableaux. » Voici encore le R. P. Servant qui écrit de la Nouvelle-Zélande : « La » décoration de la chapelle charme beaucoup les » naturels du pays, la beauté des cérémonies les » enchante, leurs yeux ne se lassent pas de consi- »dérer. Les chants de l'église leur plaisent aussi » beaucoup, et paraissent faire sur eux une vive » impression. » £h ! sans doute, les ornements des chapelles, le luxe des cérémonies religieuses, en offrt^taux naturels un spectacle nouveau, ne peuvent manquer de produire beaucoup d'eflFet sur eux, et même de réaliser de nombreuses conversions ; mais ppur cela y aura-t-il des convictions profondes? chaque néophyte aura-lril pu discuter tous les points de théologie et se faire catholique ou protestant suivant ses croyances? serait-il raisonnable d'espérer ches ces peuplades, brutes encore, assez de^disoernement pour comprendre seulement quelle est la diffi&rence qui
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existe entré le protestant et le catholique? Mais non, nos bons pères se contentent de moins : queiqiws gouttes <i*eau répandues en cachette sur<la4ète d'un pauvre enrant , sdnt considérées comme un triomphe pour nos missionnaires* Aussi le révérend M. Bar taillon, qui paraît avoir inventé un procédé trèssimple, pour àrt'iver' à ce but, s'empresse-t-il de le communiquera ses confrères ; citons ses paroles.
« J'ai toujours avec moi un flacon d'eau de senteur et un autre d'eau natureHe ; je verse d'abord quelques gouttes du premier sur la tète de l'enfant, sous prétexte de le soulager; et pendant que sa mère 99 plaît à l'étendre doucement avec la main, je change tle flacon, et je reprends de l'eau qui régénère^ sans qu'on soupçonne ce que je fais. »
Une seule distinction bien tranchée existe aujourd'hui, pour les peuples sauvages, entre tous les missionnaires de rOcéanie, mais elle tient, non point aux dogmes qui forment la base de ch3cune de ces îeTigions, mais uniquement aux hommes chargés de les leur enseigner, et dont la conduite parait devoir être bien différente, suivant Içs sociétés démissions auxqudles ils appartiennent. Les méthodistes, dans leur rigidité, semblent ne pas oublier leûi^ intérêt personnel j c'est en prêchant aux sauvages la charité, l'oubli de soi, le mépris des biens de la terre, l'humilité, etc., qu'ils se sont implantés chez les peuples océaniens. Mais là, ils possèdent des troupeaux et de grandes terres ; ils sont les plus riches propriétaires de l'endroit; leur presbytère est un vaste maga-
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sin où lesauvage trouvera dei; vêtements avec lesquels on lui ordonnera de se vêtir, mais qu'il n'obtiendra qu'en les payant fort cher; abusant de l'autorité qu'ils se sont créée par leur intellig^ce, les mi^' sionnaires protestants intimident et compriment ces malheureux, faibles et ignorants ; ils appellent à leur aide le pouvoir temporel, pour punir les offenses à Dieu dont les lois ne s'occupent pas dans les autres pays. « On cite des exemples rigourem. de l'appli*^ cation de ce Gode,4it M. Dubouzet (1). Les mission* naires ont trouvé, à Yavao, dans le. rot Georges Tahafeo, rigide observateur du culte, un. instrument puissant pour seconder leurs vues ; et tout commerce entre les ienx sexes, em dehors du mariago, s'il vient à être découvert^ et toute infraction aux lois de chasteté, sont punis impitoyablement du fouet; tous les Européens, tous les habitants du pays, si on les Consulte là-dessus, en conviennent, et ne laissent pa^ de s'en plaindre. En effet, si la moralité qu'on rem^arque n'est due qu'à ces moyens, elle est dépourvue de son principal mérite, et T hypocrisie doit s'ensuivre à la longue. » Du reste, la prostitu* tion n'est point le seul crime puni par le fouet ; le travail du dimanche, l'absence du service divin, rivresse, la danse, etc., étaient encore des crimes prévus par le Code protestant, et punis par des peines corporelles, variables suivant les pays; en certains lieux, le coupable rachetait sa faute par
(i) jÊnntaei marUimfê , janvier 1843.
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quelques travaux ., d'utilité publique; Taïti doit presque toutes ses voies de communication aux dé-, lits amoureux; mais à peu près partout, toute peine corporelle pouvait se racheter par une amende pécuniaire. A YavaOy Ta^tion de fumer Mt, pendant longtemps, pumedu foHet, comme offense à la morale!... GejEi'est quepar un gouvernement dàr, que les mé- Aodisjtes ont pu maintenir leur empire ; aussi qu^st- r il arrivé? ÉQ0utons ce que dit M. Barro.^, consul général des Philippines : « La criaii^ des châtiments, »et ndn ik conviction, empêche les insulaire de » se livrer à toutes leurs anciennes habitudes ; et » chaqufe fois que l'occasion se présente de secouer » le joug qui leur est impoté, ils la saisissent avte ' »ardeqr. Qu'ont fait les missionnaires? Ils croient » avoir corrigé' les mœurs, et la démoralisation est » à son comble; ils croient avoir fait des chrétiens, »et Ils n'ont Jfàit que des hypocrites; ils leur ont » fait coaMitre la misère qu'ils ne connaissaient »pa«. Cette population, que les premiers naviga- » teurs nous représentent comme si heureuse dans » sa nudité, nous a semblé misérable sous les hail- » Ions dont la civilisation l'a couverte. » Tels sont donc'tes résultats des missions protests^ntes; la Bible a été traduite et répanéue par milliers d'exemplaires '; ^ des églises ont été construites ; Jes naturels ont été ibccés de suivre ""des exercices sans comprendre la p(»rtée de leurs actes; les missionnaires se sont enrichis, en aggravant le» privations et les souffrances des indigènes. En prê(^ntlesdogipesderÉvangtte,
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qae tous ne suivent pas , et en créant des besoibs, sans appeler l'industrie qui pourrait fournir les , moyens de les satisfaire, les prêtres sont tombés peu à pou dan^ la déconsidération et se sont, acquis la haine 'dç9 naturels. Enûtk, ces peuples, -après avoir feit lé premier pas vers la civilisation, sont menapés d'une réaction violente partout où les mis*^ sionnait*es ont exercé feur empire.
Cependant hâton%-nous de direncombien fiit qoble et glorieuse pour ceux qui la cqm^urent, tOke première idée d'aller civiliser des peuples barbares par la puissaqce seule de •]» parole et de la morale. Les premiers' hommes choisis pour cette œuvre de courage et de dévouement furent cTes artis^ins des*tinés à faire prospér^J' industrie chez I^ sauvages, après les avoir soumis parleurs exempleset leurs vertus. Le but des missîoi^."protestantë^ fut grand et louable; mais les hobmesWstinés à l'accomplir furent souvent incapables de suivre cetté^ impulsion. Après avoir dompté pow ainsi dire les hordes sauvages, ils ne tardèrent pas^^'coifnpromettre le succès de leur mission par leur ^oïsme, leur fanatisme religieux, et leur insouciance à révéler à ces peuples l'aisance et le bi^n-être que procure le travail par suite du déve- Ic^peiAent de l'industrie. Telle est l'œuvré des protestants; celle des catholiques promet-elle des résultats bien nleSleurs?
Le principal reproche que l'qn puisse adresser aux ministres protestants, tient au caractère des hommes et non à celui de la mission à laquelle ils se sont
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voués.. Les missions catholiques , qui , du centre de la France, .ojit entrepris la conquête des Iles océa-* niennes, ont été mieux inspirées* dans le choix de leurs mandataires. Entièrement voués à une œuvre * toute*d'abnégation , c'est «en donnant l'exemple de la charité et du dévouement que fios missionnaires «ont allés prêcher la morale du Christ; leurs bienfaits pour ces pauvres sauvages sont presque toujours'sans arrièrd-pensêe; ils n^ désirent avoir que pour faire l'aumône^ leur nourriture, ils Tattêndent de la charité de leurs ouailles. L&^ aucun délit moral n est puni paur le fouet; les peines corporelles sont interdites pour toute faute de la conscience, et cependant il ne s'y éomm,&t pas d'action contre la dé* cence.
Le premier reproche que nous ayons à adresser à nos missionnaires est Texcès de leur zéle(l); cet •sprît exclusif, qui tend à rejeter tout ce qui pour^ rait aider la civilisation sâbs servir la cause religieuse. ..Les naturels, aujourd'hui convertis à* la religion du Christ, ont des besoins à satisfaire. Leurs lits sont encore de misérables nattes étendues sur le sol , sur lesquelles s'engendrent les maladies affreuses qui les dévorent. La population , grâce à la r^ularite des mariages, croit rapidement dans certains
(1) On lit en effet dans une lettre insérée dangles Jnndîes de la Propagation de la Foi , cette phrase : t Mais l'eufiuit que nous avons baptisée avec tant dé bâte , puisqu'elle nous paraissait à sa dernière heure, mourut le soir même, à no^re grande joie , parce que sa mort lui a assuré son bonheur.
archipels. La culture dçs terres a-t-elle fait quelques , -progrès? Non; en fait d'industrie, la seule chose qu'on^iapprise ces nouveaux chrétiens, c'est à tailler des pierres, à construire ^s églfses monumentales , où le luxe religieux se déploie devant ^l^s haillons qui couvrent à peine ces fervents néophytes, ^s missioi^naires, loin de suivre l'exemple que leur ont donné leurs ccmfrères en Californie, ont dédaigné de développe? l'industrie chez les indigènes^ : aux yeux du colqnisateur c'est une faute grave, déjà signaléi|,(Mns les réflexions utiles que nous trouvons insérées par un journal {la Phalaftfie)^ qxti mérite d'être souvent consulté lorsqu'il s'agit d'en^ treprises agricoles, et que nous citerons textuellement : —
* « Le véjritable élément de civilisation, le vrai moyeB de salut pour les peuples sauvages et barbares, c'est l'industrie, c'est le luxe. C'est ce que ne comprennent pas la plupart de nos imissionnaires. Savez-vous ce que l'évoque de-Marônée, vid^e apostolique de "TOcéanie, demande à ses supérieurs : « Envoyeznous des prêtreiS , des<fon(]s.^ un imprimeur et une presse à caractères<(l). » C'est toujours le salqt par la prédication et par les livaes. Les, catholiques sèment l'Évangile dans râaéanie occidentale; les protestants, aux^ndwich et à Taïii, font Chasser et maltraiter les papistes et opposent la Bible au
(1) Annales de la Propagation de la F(H*, janTier 1S39.
24 DE Lf COLONISATION
Nouveau-Testaraent, qu'ils, brûleraient volontiers; Faut-il avoir du bon sen$ pour aller parler de rimîQortalité de Tâme et du péché ^originel à (left êtres bruts ? Fait-on de la métaphysique aux nouveaunés qui s'^itent dans leurs berceaux? Eh non! on leSt entourer de soins prévoyants pour &ciliter l'action des organes » et on leur présente une mamelle saine et abondante, d'où jaillit la vie à flots. Le sauvage, c'est l'enfant. Yètez-le, i]iOurrissez-le à larges mains ; faites briller à ses yeux charmés les hochets brillants; raffinez ses sens à mesura que la yigueur vient à ses membres : puis, lorsque le développement; physique sera avancé, vous pourrez parler au cœur et enseigner à l'esprit.
» Pour peu qu'on voulût réfléchir, quelle intelligence droite méconnaîtrait ces tendances , ces exigences de là natur-e humaine?. Majs non, les
bonnes gens que là Société des Missious envoie sur les terres lointaines, ne manqueront pas. de croire à quelque vague miracle de la Grâce, et ils s'imagineront que c'est l'idée chrétient»e et le dogme et le mystère qui saisissent l'âme sauvage et la pénétrent. Heureux encore, lorsque les missionnaires appartiennent à la communion catholique; car le bien se fait, le salut s'accomplit, à l'insu même des bons pères. Ce qui n'est qu'accessoire à leurs yeux devient le principal en effet dans l'œuvre (i% h civilisation, et le raffinement du corps et de l'âme s'opère par les images , par la musique et par l'encens.
» Quant aux protestants, aux rigides méthodistes,
DANS l'oGÉANIE. 25
leur action y il faut le dire » est funeste «ur les terres nouvelles. Us ne s'y maintiennent que par un gouvernement dur, par l'autorité de Hntelligenee intimidant et comprimant l'ignorance et la faiblesse
» Sans doute, les missionnaires chrétiens ont fait de grandes choses sur le globe; mais, qu'on ne l'oublie pas, s'ils ont réussi, cela a toujours été lorsqu'ils ont agi par rindustrie sur les contrées brutes, quand ils^ont prêché le salut par le luxe et par la liberté. Au Paraguay, les jésuites rjispectaient certaines attractions^ et facilitaient ^ëe légitimes jouissances. Ils avaient divisé leurs travailleurs en groupes, en tribus, où chacun s'enrôlait suivsMt son goût. Ils avaient un système de cérémonies luxueuses , où tous les cens étaient saisis par le spectacle , les parfums^ la musique. Ils utilisaient jusque dans les batailles les passions de** leurs ouailles , qu'ils menaient ^ux-mèi^es au feu Vav^c des hymnes sacrés. Toute œuvre productive ou guerrière avait sa récompense^ él>^rémulation était entretienue par une forte organiisalidn^ Ajoutez à ces éléments précieux, heureùiement féconds, une autorité bien constituée, et ['adjutorium du fouet , pour suppléer là où Tattraction manquait, et vous concevrez la prospérité des établissements du Paraguay.
» Une œuvre magnifique s'est ordonnée également en Californie, sous la direction des Jésuites, et nous devons à M. Duflot de Mofras de curieux renseignements sur ces coIonioB. Nous citons l'intelligent voyageur:
26 DE XiW CÔMNISATION
« Sous le régime espagnol, une savante combinai- » son de missions et de presidios arrêtait lesdépréda- » tiens des Indiens y et répandait parmi leurs tribus » sauvages les bienfaits du catholicisme et 4es lumiè- » resde la civilisation ; la ligne stratégique, qui com- » prenait une étendue de plus de douze cents lieuea, » commençait à Monte-Rey,dans la Haute-Californie, » et descendait du nord au sud jusqu'à San-Diégo. De » là , elle envoyait un double embranchement pour » ceindre les deux côtés de la Basse-Californie , puis » traversant le RitSr Colorado, elle longeait le Rio Gila, » passait la Sierra Madré , et après avoir protégé .le » Nouveau-Mfttique et le Texas, elle venait finir à » l'extrémité des Florides, coupant ainsi PAmérique » dans toute sa largeur, et mettant en communication » les bords de l'Atlantique avec ceux de la mer du » Sud. En dedans de celte ligne les infatigables » missionnaires àpp^aiënt lés codons, fondaient » des puebhsj villages composés d'Indiens convertis, » enseignaient la culture des terres , l'exploitation dm » mines et les arts mécaniques. Cgs divers^points étaient » reliés entre eux, et formaient un système^complet » de colonisa tiw et de défense.
» Ces missions sont toutes construites sur un
» plan analogue. L'une des plus vastes , celle placée » sous l'invocation de saint Louis, roi de France, » s'élève à quelques lieues de la mer, dans une vallée » délicieuse , au bord d'une petite rivière, dont le i» coufâ fertilise des jardins , des vignobles, des ver- » gers ;1e bâtiment quadrilatère présente une façade
DANS l'ogéanii:. 27
» avec galerie couverte^ de près de cinq cents pieds. » L'église, qui peut contenir plus de trois mille pei^ » sonnes , occupe un des côtés ; let^entre de l'édifice » est formé par une cour carirée entourée d'arcades » comme'un cloître , plantée d'arbres et ornée ^e t fontaines jaillissantes. Ces bâtiments, d'une arc];ii- V lecture simple, sont construits avec une grande so- » lidité; ils renferment les cellules des moines, les » ateliers. des charpentiers^^ forgerons, tonneliers, » tailleurs, les métiers à tisser, et les filatures de laine » et de coton^, où se .^briquent les étoffes destinées » à habillerHes Indiens convertis , e$ attirer ceux des » tribus idolâtres. Les infirmeries et les écotes sont si-
* tuées dans les parties les plus paisibles de l'établis- » sèment. L enseignement s'y exercé d'upe manière » patriarcale; les enfants des indigènes, mêlés à ceux » de race blanche , y viennent recavoir les premiers » éléments de l'éducation, du chant et de la musique. » Les Indiens ont pour cet art une aptitude naturelle » si extraordinaire, que dans les fêtdsrreligieuses qui » se célèbrent avec la plus graidé pompip, au son des » cloches et au bmiit de l'artijlèrie , ils touchent de » l'orgue, jouent de tous les instrumentset entonnent > le plain-cbant, avec une justesse qu'on tirouve rare- » mentidans les villages d'Europe. Lés Frandsccnns te- » noient à honneur de posséder ddhs chaque mission une » bonne troupe de musiciens : ils apportaient le plus grand » sain à sa composition , et avaient donné aux exécutants
* une sorte d'uniforme. Quel ne fut pas notre étonne- » meidr d'entendre à la mission de Santa-Gruz , pen-
28 hE LA COLONISATION
» daïit lQ(féfilé d'une procession,!^ troupe des musi- » ciéns indiens jouer les deux airs populaires en » France de la Marseillaise et de Vive Henri IV?
y «....Le nombre de^ bestiaux appartenant à ces )i^ établissements étaitimmen^e. En 1835, la mission » de SaiiA-Louh . possédait 80,000 bètes à cornes , y 10,000 chevaux et plus de 100,000 moutons ; elle ^''récoltait 12,000 fanègues de céréales; celle^de , » Saint-Gabrîel avait 10^,000 bœufs, et jMivoyait à » Lima des chargements entiers composés^de suif et » de cuir, valant plus de 200; ÇOt) piaaitres fortes. La » plus équitable répartition des produits Se la mission » avait lieu sous te régime des moines J Les Indiens sa- » vaient que leur bien-être s'accroîtrait en raison deleur^ f travaux; ils comprenaient parfoftemerit qu'ils étaient
^ toute la famille du missionnaire »
,» Les liEidiensJbaptisés étaient divisés en esi^ouades » de travailleurs, commandées par leurs caciquéis ou » alcades. Chaque dimanche après la messe, le moine • » distribuait lé» travaux de la sëiùaine,"^ et le samedi » suivant, les- alcades. venaient lui rendre compte <le * leur exécution. Cétait en ne recu^int devant aucune » fatigue^ et en prêchant partout d* exempte^ que les rel't-^ » gieux stimulaient les Indiens au travail; il y a quelques ^ » mois à peine, teR, P. Cavaltero^ président desDami- » niçainSy es$ mort au milieu de ses néophytes la charrue » à lamain. *>
» M. Duflot de Mofras termine ainsi en parlant de la Nouvel le-Califoriiie ;
« Mais pour que cette colonisation ne soH point
DANS l'océanie. 29
)».ièphémère, c'est moins à des àoldats qu'à des mis«- » sionnaires querJa tâche doit être <}oiifiée; le sabre » sans le catholicisme est iç^ulssant à rian fonder » de durable. En Amérique et dans les Indes la croix » de bois de quelques pauvres i'eligieux avait conguis » plus éb provinces à la France et J' l'Espagne que » Tépée dei^irs meilleurs capitain.e§ ! » ^^
» Certes , nous croyons que^e sabrMout seul est impui^^t à foitder^rieii de durable, et c'est là u|) moyen maudit de Dieu. Mais nous ferons otjserver à M. Duflot que 9 dans le catholicisme, ce qui a se" duit les sauvages , ce n'est pas te dogme , ce ne sont pas les mystères; ce ^nt les déments humains que les corporations religieuses exploitaient, ce sont les passions auxquelles «}les î^nnaient contentement. La croix de bois toute nue ne conquerrait pas plus que l'épée ; et le missionnaire serait impq^ssant comme le soldat , s'il n'employait que la prédication, s'il n'en9eignait que la morale et k' foi chrétienne* Il faut que cette croix de bois se pkmte sur le sol à côté de la charrue ; qu'à ses hra^ flot|Èaat les étoffes brillantes et tes fruits dorés , et qu'elte^e dresse , au milieudesflbtsd'eûcensyjiu concert harmonieux ies instruments et des voiji. Conâéz^ ce symbole ainsi transfiguré, bienfaisant et glorieux ^ ^ vos missionnaijres, et désormais leur zèle pieux et leur sublime dévouement ne seront, plus perdus.
» Tel est le signe de la rédemption qu'il faut tout d'abord présenter aux sauvages : le dévouement fraternel des peuples CHropéens appoptant le travail
fécond y les jouissances des sens par la liberté et Je luxe. PJns t^rd yiendront bs soinfr de Tordre supérieur, Vépurement du. coeur et' le développement religieux de T intelligence. En toute chose» commen** çonsparle commencement; et, nous j^'avons déjà dit| il faut débarbouiller le corps avant de parler à l'âme de son îmiportalité. 9
. Un autre reproche , bienautrment jjrave , péife sur les mis^onnalres catholiques; mais il s'aresse bien plus à la direction supérieure des missions qu'aux hommes qui vont consacrer leur vie à convertir les sauvages, et qui ne sont que les instrumenter d'une action plus élevée. Il y avait déjà de longues années que les missionnaires protestants avaient assis leur empire dans les mers du Sud, en faisant partager leurs croyances aux habitants des lies de la Société, d'une partie des Pomotou > des lies Tonga et de la Nouvelle-Zélande, lorsqu'à leur tour les catholiques sont venus prêcher leur oulta et chercher des pro^lytes. Le petit archipel Gambier ou Hanga-Reva, >placé à l'extrémité orientale des îles basses, avait échappera ls( propagande des prêtes* tants , mais l'influcuoe de la civilisation s'y faisait déjà senth*. Pl\is d'un ferouche Manga-Revien désirait l'arrivée dans ces lies des Européens qui éta^nt venus doter celles dé la Société d'une morale inconnue jusqu'alors. Le^gaoment était opportun, nos missionnaires surent en profiter, et bientôt solide^ment établis sur ce .petit groupe, ib voulurent s'en
DANS l'oCÉANIE. 31
servir comme d'un point d'appui d'où ils pouraient convoiter la conquête de TOcéanie. Le champ de bataille était beau en effet; il restait encore les plus beaux archipels, les lies Samoa, celles des Yiti, les Salomon, la Papouasie , la Nouvelle-Calédonie : tous les habitants de ces t^res étaient encore idolâtres, et promettaient les plus belles conquêtes pour la religion et pour la civilisation. Quels sont les points où nos missionnaires ont en premier lieu cherché à convertir les indigènes ? Deux évêques ont été envoyés dans TOcéanie : le premier à la Nouvelle-Zélande^ le second aux îles Gambier. Au lieu d'aller prêcher aux peuples encore idolâtres , c'est sur les lies Taîti et Havaï, déjà converties depuis longues années par les missions anglaises et américaines, que^itos missionnaires d^s lies Gambier jcherchent à s^ét^lir au risque de voir éclater des guerres religieui^s. De la Nouvelle* ZéJande, les missionnaires français essayent de convertir les indigènes, déjà tous protestants , des Ufs Tonga, tandis que les habitants des ilei^ Viti, leurs voisins, SQut encore anthropophages , et que chaque jour des massacre» épouvantables sign^ent le passage 4^s navires européens sur ces côtes inhospitalières. A Dieu ne plaise qu^ je doute jamais du courage de ces hpmmes, pour qui les privs^tions et les souffrances sur cette terre sont considérées comme un bienfait, et pour qui le martyre semble devoh* être la plus belle récompense à laquelle ils. puissent aspirer» Afstis ne àiHil-^on pas
que les haines religieuses de notre monde civilisé ont choisi les mers du Sud pour champ de bataille? Nos missionnaires eux-mêmes n'en font pas mystère ; il suffit d'ouvrir leurs publications pour s'en convainc cre. « Il faudrait se hâter, écrit M. Garret, d'envoyer » d'autres missionnaires , nous pourrions les distri* » buer dans plusieurs îles, les protestants n'auraieitf » pas la possibilité de les chasser de toutes à la fois, . » et cellesoù ils demeureraient, serviraient de piéd-à- » terre pour ceux que les méthodistes parviendraient » à faire renvoyer des autres îles. » Voici encore le R. P. Bataillon qui écrit de Wallis : « Le dessein de » notre évêque était d'abord de se rendre dans l'ar- » çhipel des Garolines; mais les progrès de Ferreur » à Tonga et à Fedgii (Yiti) lui firent prendre la » résolution.de planter la croiji^dans le voisinage de » ces îles, qui sont les principales delà mis^on(pro- » testante)- Wallis, située à peu près au centre, lui » parut propre à devenir le poste avancé qu'il cher- » chait à étoblir contre Thérésie. Alorç monseigneur » me fit part de spn choix, et m'apprit qu'il avait le » dessein dç me laisser^ seul, avec le frère Joseph ^ » daps ce centre de l'hérésie et de l'infidélité. » Qu'en est-il résulté? Les missionnaires protes|ai^ts se sont alarmés desefforts dfi leurs rivaux ; ils ont consalsré plus de trente années dejeur existence pour asseoir leur puissance, et c'est lorsqu'ils remieillent les fruits de leur persévérance, qu'ils verraient avec indifférence leur œuvre s'écrouier? ^ns doute» le z^e des catholiques , pi?échant l'Évangile avec dévoue-
DANS l'océame. 33
ment et abnégation, est trèsrlouable. Mais aussi, ^ n'est-il pas dans Korcfre des choses Immaines, n'estil pas juste même, que les protestants réunissent leurs efforts pour repousser une influence qui menace de leur faire perdre en peip de temps tout le fruit de longues années de veilles?
« ^près de mûres réflexions y nous pensâmes qu'il 9 fallait aller directement à Tàiti^ centre de la Poly" > nésie australe. 9 C'est ainsi que s'exprime M. Caret au moment d'aller, avec M. Laval , envahir ces îles protestantes, où les attendaient les mauvais traitements qui exigèrent la réparation éclatante réclamée plus tard par des vaisseaux français, et le 12 avril 1837, après avoir \u échouer sa première tentative , dont les conséquences ont failli être si funestes à ce peuple, voici M. Caret qui écrit : « Nous nous occupons à retourner à Tàiti malgré toute » la rage de t hérésie; nous avions dédié cette nouvelle » mission à Notre-Dame de Foi : il ne sera pas dit que » l'erreur triomphera.contre la vérité. L'auguste Marie y » q^e lÊglise apvelle la 4fistructrice de toutes les héré- » sies^ saura bientôt l'anéantir à Taiti. JT espère vous » écrire de Tàiti , car nous y rentrerons.
» Rien ne peut pallier les mauvais traitements qui, sous l'inspiration des protestants, ont marqué le passage de nos prêtres sur leurs lies ; mais notre impartialité nous force aussi à déclarer, que les catholiques ont eu une pensée funeste et même coupable aux yeux de la sodété , lorsqu'ils sont
* allés sur les traces des protestants avec l'inteation de leur enlever leurs prosélytes.
Quel effet de pareilles rivalités peuvent- elles produire sur les sauvages? Parmi ceux deces peuples chez qui le . temps n'a pas encore calmé Tenthousiasme religieux j il se formera deuiL partis qui^ embrassant les haines des hommes qui les régissent, chercheront peut-être , avant peu , à imposer par la force leurs croyances jppligieuses. Taïti a déjà eu ses guerres civiles; déjà une partie de sa populajtion, rangée sous les bannières du Christ, a dû combattre les infidèles qui sacrifiaient encore aux idoles; devons-nous voir se renouvelensur les îles de TOcéanie des guerres de religion , par l'imprudence des missionnaires ?
Déjà la plupart de ces malheureux ne conservent plus pour la religion qu'ils ont embrassée que le respect commandé par les lois. Eh J)ien ! quel effet peuvent produire chez eux les rivalités des ministres de cultes différents, il est vrai, mais prêchant la même morale au nom du même Dieuî Déjà la foi des sauvages est suffisamment ébranlée par l'exemple que leur donnent les Européens qui s'établissent sur ces îles, et qui, le plus souvent sortis de la lie de la société, mènent une conduite bien peu en harmonie avec les préceptes de TÉvangile , bien qu'ils se disent chrétiens. A quoi s'arrê*tera Tintelligence si bornée de ces pauvres sauvages, lorsqu'ils sauront que cette religion qu^on leur a dit être universelle, est contestée par un grand
DANS l'0CÉAN1£. . 35
nombre d'Européens; lorsquils verront les ministres qui prêchent au nom de Dieu la charité et le pardon des offenses , nourrir des haines entre eux? Peut-an espérer que ces pauvres êtres bruts sauront faire la part des hommes et de leurs passions î Non, sans doutp ; s'ils sont libres d'abandonner leur culte î pour peu que les devoirs de chrétien leur imposent des privations, ils renonceront à la religion du Christ, ils necroirontà rien, ils douteront des bienfaits de la civilisation et se replongeront dans la barbarie.
Tellesdoiventêtre les conséquences de cette rivalité malheureuse dont les prêtres catholiques aussi bien que les protestants donnent le funeste exemple, et tjui feit que desJiommes courageux et dévoués épuisent leurs efforts dans une oeuvre inutile et même nuisible à la civilisation. Mais ne reste-t-il plus de points où la présence des missionnaires, de quelque part qu'ils viennent, serait un bienfait? Les terres les plus grandes et les plus importantes qui forment l'Océanie sont encore idolâtres et anthropophages; ne suffira-t-il pas de signaler au «èle de nos missionnaires la Nouvellô-Guinée, les Iles Salomon, la nouvelle Galédonie, etc., «te, pour ne plus avoir. bientôt que des éloges à donner à leur zèle et à leurs succès?
Je respecte trop les convictions religieuses, quelles qu'elles soient, pour qu'il puisse entrer dans ma pensée de jeter un blâme inutile sur les efforts ten* tés par nos missionnaires pour s'établir dans les iles de la mer du Sud et convertir les protestants; maiS| je le répète 5 je me place au point de vue du colonî-
sateur qui , s'emparantde toutes les ites océaniennes, n'a qu'un but , celui de voir tous c^ peuples sauvages participer aux bienfaits de la civilisation. Dès Jk>rs y nous devons déplorer amèirement ces rivalités religieuses, qui, sans amener aucun bon résultat pour l9 civilisation, menacent d'envahir toutes les lies de rOcéanie où les protestants comptent déjà de némbt'etises conversions.
Voici, en effet , le programme officiel des missions françaises que je trouve dans une circulaire émanée d'elles et dans laquelle on lit : « L'Océanie centrale, f dans laquelle deux nouveaux évèques français » vont exercer leur apostolat , se compose de cinq » archipds principaux, qui sont : la nouvelle Calé- 9 donie, les nouvelles Hébrides, les Iles Fidji ou » Yiti, Samoa et Tonga. Il faut y joindre un nom* » bre considérable d'autres îles plus petites, parmi
V lesquelles on distingue Yanikoro.... Considérée » sous le quadruple rapport àé sa population , de
V son étendue , de ses productions et de son avenir, » cette partie de l'Océanie est assurément une des » plus importantes, etc. » Eh bien! les^les Tonga sont depuis de longues années protestantes ; les îles Samoa, cet archipel un des plus riches de l'Océanie, sous tous les rapports ; les nouvelles Hébrides et les îles Yiti , encore idolâtres au moment où nos missionnaires arrivèrent dans les mers du Sud , sont aujourd'hui couvertes par les templesdes méthodistes ; tandis que, considérées sous le quadruple rapport de la population, de rétendue, de leurs produits ef de leur
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avenir, les lies Sal9mon , la NouwUe-Bretagne , la Nouvelle-Irlande et la Papouasie sont plus importantes ({ue toutes les autres lies de l'Océanie à la fois^ et sont encore vierges des pas des missionnaires.
Les missionnaii^es qui iraient prêcher Tévangile dans la Nouvelle-Calédonie, les Salomon et la Nouvelle-Guinée, et feire faite le premier pas vers la civffisation à ces peuples encore anthiropopliages, auraient des titres nombreux, non-seulemeni à la reconnaissance des hommes pi^ux, mais encore à celle des j^bilantropeset de tous les hommes de bien ; tandis qu'il nous sera permis de douter que la rivalité de religion qui menace d'envahir les îles Tonga, Samoa et Yiti puisse avoir lieu sans nuire aux intérêts de ces peuples.
Au point de vue de la civilisation et de la philantropie, les missions, dans TOcéanie, quelle que soit la religion à laquelle elles appartiennent, apparaissent partout impuis'santes à fonder chez ces peuples une société durable, avec une organisation en harmonie avec la civilisation. Sans contredit, chez ces homtnes barbares où tout est à faire, la religion du Christ à qui l'Europe doit les progrès de son état social, doit être le premier bienfait à leur apporter. Les missionnaires, avec leur mandat de paix , avec toutes les vertus religieuses que je serais toujours heureux <ie proclamer, sont les agents de la civilisation les plus puissants et les mieux appropriés aux vues de la société dans laquelle nous vi-
38 DE hk COtONISATION
Yops; mm 9 lorsque le premier pas est fait ^ lorsque, soumis pair la parole éloquente de nos prêtres et éclairé^ par leur conduite, les naturels sont con^ vertis; lorsque, discernant les actions que la mo- Taie condamne, de celles qu'elle peut approuver; ils sàtent faire la distinction du bien avec le mal, Tœuvre des missions est terihinée pour le coloni* sateur; les voies sont préparées pour introduire chez ces peuples l'industrie, cet agent, le plus puissant de la civilisation, qui donne les moyens de satisfaire aux besoins des peuples, et, qui en créant r^ des intérêts parmi les hommes, les forcera se constituer en une société dont chaque membre est lié par les services qu'il peut rendre et recevoir. Tel est l'état où se trouvent les îles Gambier , la plus grande partie des iles Pomotou et toutes les îles de la Société.
Les abus de zèle que nous avons signalés chez nos prêtres catholiques > la conduite privée des mission* naires méthodistes, les protestations peu mesurées de ces derniers à l'occasion du protectorat demandé à la France par les chefs de Taïti, indiquent assez que là se trouve upe question délicate pour le gouvernement nouveau qui va s'établir dans ces iles. Concilier tous les intérêts, apaiser les haines, améliorer les lois qui régissent ces iles sans ébranler leur action, est une œuvre difScile qui demande autant de fermeté que de prudence de la part du gouverneur des possessions françaises. Le libre exercice de tous les cultes, une entière liberté religieuse, doivent nécessairement être
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la piremière garantie offerte par le pav^Ibn français. L^ rivalités religieuses seront sans nul doute la première conséquence de notre occupation; car nos prêtres catholiques ne manqueront pas de se hâter d'aller s'établir sur ces lies dont ilsconv^ûtentla conquête et dont ils ont été éloignés depuis si longtemps, mais la protection du pavillon devra être égale pour les deux missions; et, sous peine devoir bientôt des partis ennemis s'organiser, le gouvernement ne doit voir<lans les missionnaires que des prêtres desservantles églises deleur culte , et jamais des hommes destinés à s'enlever des prosélytes à quelque prix que oesoit. En un mot, il devra exiger des deux communions qu'elles se conforment à ce beau pré.-*cepte de la morale, une tolérance réciproque.
Il ne faut pas perdre de vue que lei^ prêtres protestants ont des titres réels à .la reconnais^ sance du colonisateur , que c'est à eqx qu'est due la civilisation commencée aux iles de la Société ; il ne faut pas oublier que c'est sous l'inspiration des méthodistes que le Gode taïtien a été créé , et que vouloir changer la religion de ces peuples, c'est vouloir opérer dans le pays une révolution qui peut tourner à sa perte en le replongeant dans la barbarie, si elle s'opère d'une manière trop rapide et sans l'y avoir préparé. Sans aucun *doute^ les abus créés par les méthodistes doivent disparaître, mais lentement et sans secousse; le commerce doit être encouragé. Les lois monstrueuses où les délits de conscience sont punis par des peines corporelles, doi-
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vont être anéanties; mais il faut craindre aussi que dès te début la religion protestante , la plus généra-, lement professée par les habitants , ne tombe dans le mépris et rindiOérence; car les lois qui ont constitué h société naissante de ces peuples perdraient de leur force par cela seul qu'elles ont été la conséquence de son établissement , et les naturels, qui ne seraient plus retenus par aucun frein , retomberaient dans leur état sauvage.
Que nos églises catholiques déploient à Ti^térieur tout le luxe de leurs cérémonies , que les missions françaises envoient toujours des hommes tolàrants et modérés qui commandent le respect par leurs vertus, qui gagnent les cœurs par leur bienveillance, et, suivant toute probabilité, la trans-' formatioA» ne sera pas longue à s'opérer. Les naturels, toujours avides de spectacles, seront bien vite gagnés par les pompes du culte, dans les temples où leur curiosité les aura amenés. Les lois actuelles seront bientôt insuffisantes pour régler les besoins de cette société; elles ne seront ylus en harmonie avec les idées nouvelles que l'on aura créées; la révision du Gode taïtien sera une nécessité, alors le pas difficile sera franchi, et le peuple taïtien sera entré dans la voie du progrés sans secousse ; l'établissement de T^utorité française sera un bienikit que ces peuples n'auront payé par aucun sacrifice.
Tandis que, aux îles Marquises, l'œuvre des missions est à son début; tandis que l'autorité
iMiNS l'ogéanie. ' 41
française Ao\$ y aider de tout son pouvoir les cfTorts de n#s prêtres catholiques, afiix de pouvoir, à la suite des conversions opérées par eux, établir un gouvernement régulier, elle dbit, à Taîti, régulariser le culte prolestant, lui accorder protection contre les envahissements de ses rivaux , ti)ut eu Ini enlevant peu à peu le pouvoir temporel qu'il s'est adjugé; elle doit aussi surveiller le culte catholique; et, en lui donnant les mêmes garanties qu'à celui des protestants, elle doit se tenir en garde contre le zèle ie ses apôtres ; il faut, à |put prix, arrêter ces espèces de croisades qui, en remuant les passions, ne sauraient créer que des haines de parti , sans même tourner au profit de la religion.Que la sollicitude du gouvernement se porte surtout vers les autres missions françaises .qui sont établies ou qui vont s'établir sur les îles peuplées par des peiiples encore sauvages. EHessont appelées peutêtre à assurer à la France une grande influence dans les archipels qui sont encore indépendants. Le gouvernement doit accorder une protection efficace à ses missionnaires, et surtout les diriger de manière à ce qu'ils aillent répandre ses bienfaits au milieu des peuples idolâtres^ sans s'inquiéter des progrès des méthodistes. Avec le temps, les naturels, attirés par le luxe des cérémonies de l'église catholique, ne peuvent manq,u9r d'appeler au milieu d'eux nos missionnaires dont la conduite toute bienveillante et pleine d'abnégation ainènera bien vite leur triomphe. Dans les considérations qui précèdent, nous n'a-
«»^'Vi ■ "^'^
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vons*}ama|s voulu séparer la possession des ties P6motou de celle demies de la Société ; ce rfest point que nous considérions cet archipel comme très-i(p portant par la nature de son sol et de ses productions, mais bien par le commerce qui p^ut s'établir entre toutes ces petites îles et créer à la France une école de marins. Mais cet avantage disparaîtrait bien vite devant les frais que pourrait occasionner la prise de possession de chacune de ces îles , si Ton devait s'établir solidement sur chacune d'elles. Telle n'a point été notre pensée ; le protectorat aCcordépar la France à la reine de Taïti doit s'étendre aussi sur les îles Pomotou, qui dépendent de sa juridiction, sans que la France ait à y dépenser ses deniers.
Quand on étudie l'histoire des colonies que les Français ont fondées sur le continent d'Amérique, l'on reconnaît à chaque pas, comme cause de leur décadence, la tendance du gouvernement à vouloir trop s'étendre.
S'il s'agissait de coloniser une lie d'une grande étendue et dont l'autorité supérieure serait divisée entre plusieurs mains, répartie entre plusieurs chefs, je verrais de grands obstacles à surmonter, et peutêtre l'impossibilité momentanée d'y fonder des établissements sans de grandes dépenses. C'est là le jugement que nous avons porté sur les îles Marquises ; notre pensée eût été d'occuper d'abord l'île de Nouka-Hiva , la principale du groupe et d'attendre du temps que la civilisation , par les progrès de son industrie ou par le zèle des missionnaires, ait acquis
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à la France la possession des autres Hes de Farchipel. Mais'^ à 'Taîti, il existe ilh gouvernement, déjà reconnu par toutes les tles qui entourent la grande terre; seulement ce gouvernement , parfois feible et timide, est souvent incapable de gouverner son peuple; il manque d'énergie, et n'a pas la force de se faire obéir.
Le peuple qui occupe les lies Pomotou ne diffère des habitants des îles de la Société , ni par ie langage, ni par les caractères physiques. Sui«vaut toute probabilité, tous ces hommes pro* viennent 4^ I^ même souche et les lies Pomotou ne sont que les colonies dé Taïti. De fréquentes communications ont toujours existé entre toutes ces terres; et, depuis un temps immémorial , la ma* jeure partie des tles basses a reconnu la 60uve«raineté de la famille régnante de Taïti. Il est vrai que, le plus souvent, les princes taitiens ne retirèrent de leur royaume corailleux qu'un titre pompeux et quelques tributs; mais enfin leur souveraineté ne fut jamais déclinée, et leurs droits à la royauté sont toujours restés incontestés. Affermir l'empire de la reine sur toutes ces petites terres, faire respecter son autorité, et soumettre leurs habitants aux lois qui régissent les tles de* la So* ciété, telles doivent être les conséquences du protectorat de la France.
La conduite de l'autorité française semble toute tracée d'avance; elle doit organiser le gouvernement de Taiti , et , en même temps , le placer sous sa dépen-
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daiice de telle manière y qu'il ne puisse lui échapper.
Pour organiser^e gouvernement , la première condition sera de lui fournir la base de toute autorité : la force nécessaire pour se faire obéir. La reine de Taïti commandera à toutes les îles de la Société, et au groupe entier des îles Pomotdu en y comprenant les Gambier, Chaque île un peu considérable'^béira à un chef dépendant de la reine; celle-ci disposera d'une armée régulièred'indigènes et d'uqe flotte de guerre; l'administration intérieure appartiendra exclusivement à la reine chargée de faire exécuter les lois , qui devront être uniformes dans tout, son petit royaume, sauf les exceptions qui pourraient être nécessitées par les localités ; les troupes entretenues par .la France, pour exercer sin protectorat, devant rester concentrées et prêtes à agir seulement comme auxiliaires de la reine, si son intérêt s'y trouvait engagé. Du reste , un seul but doit les diriger : c'est celui de surveiller l'autorité iupérieure, dans rintérêt du pavillon, de manière à ce que la France soit toujours maîtresse de diriger à son gré le prince indigène chargé de tenir les rênes de l'état.
Dans nos sociétés civilisées, les finances sont la base de tout gouvernement. Avec de l'argent on se crée désarmées, on équipe des flottes, on organise la justice 9 enûn la iorce du pouvoir semble, pour ainsi dire se mesurer à l'état de son trésor. A, Taïti tout est à créer ; Pomare, avec son titre pompeux de reine , n'a point de caisse dont elle puisse disposer ; c'est à peine si quelques tarifs de droits, souvent
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contestés, lui fournissent de quoi subvenir aux frais de sa maison*.
Avant que l'impôt soit organisé et que le gouvernement naissant de Taïti puisse disposer d^un budget qui subvienne à son entretien , des besoins auront été créés pour la population indigène par l'effet de la civilisation. La France aurft besoin de venir au secours de la bourse de la reine pour lui donner les moyens de soutenir le rang auquel elle se trouve appelée. Quelques milliers de francs bien placés, peuvent assurer à la France une des belles colonies et des alliés utiles dans |;e cas où elle aurait à soutenir une guerre dans les mers du sud.
Gomme chez presque tous les peuples sauvages où se trouve établi un gouvernement régulier, Taîti est régi par un gouvernement féodal ; à côté de la reine se trouvent les différerits chefs qui relèvent d'elle et qui commandent à leurs provinces. Avant Farrivée des missionnaires, leur autorité était absolue; dans tous les cas, ils ont conservé encore une grande influence, et tel est le respect que les indigènes conservent encore aujourd'hui pour cette haute aristocratie, que^ jamais dans les troubles et les guerres civiles qui ont ensanglanté ces- ilea^ on ne vit le peuple s'armer contre ses^chefe; toujours les partis furent dirigés par un membre des grandes et anciennes familles; Tobéissance dU peuple fut toujours aveugle et commandée par ces espèces de seigneurs révoltés. L'intérêt du pays, comme celui de la France, exige que le pouvoir suprême se raffer-
misse y et que tous ces hauts dignitaires soient réunis en une espèce de chambre haute constituant le pou* voir. Tous ces hommes , placés dans une position élevée, auront besoin d'argent pour soutenir leur rang) l'intérêt du pays exige que leurs revenus ^ient fixés pour ne pas voir la tribu qu'ils régissent soumiseà leurs exactions. La France pourra donc facilement , par des mesures habiles, s'assurer à jamais du pouvoir ea rendant la teine et les principaux.chefs ses pension* naires aux conditions qu'elle voudra bien imposer* Tel est le résultai auquel les Hollandais sont arrivés dans les Moluques , où , avec un poste de trois cents hommes et une somme de cent mille francs par an au plus 5 ils commandent en maîtres à des populations beaucoup plus nombreuses, plus entreprenantes que celles de Taiti , et qui occupent uh terrain dix fois plus grand.
Quelle que soit la société au milieu de laquelle vivent les hommes , le mobile de leur conduite est dans un intérêt personnel ; c'est une vérité triste à dire^ mçis il faut la reconnattre. Chez les peuples barbares , où les penchants sont encore moins que chex.. nous combattus par des vues élevées, l'intérêt per* sonnel est , à peu de chose près , la seule règle de conduite des hommes. Aussi , tant que la reine et les chefs seront intéressés à voir le pavillon français flotter sur leui^ île, ils nous seront dévoués et soumis. Si nous accordons des pensions à la reine et aux chefs , ils auront intérêt à voir se consolider notre gouv^nement^ qui sera la cause première de
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leur bieD-<être, et» en compensaiion de ces sacrifices, la France pourra conclure avec la nation taïtienne un traité d'alliance qui lui assure tous les avantages de la colonie. «
Ainsi » tout en laissant à la reine le droit de nommer les chefs membres de la chambre haute , les nominations y pour être valables, devront être acceptées par le gouvernement français qui se réserverait aussi le droif d'exiger de la reine leur destitution dalis le cas où il le croirait convenable. L'autorité royale elle-même, bi« que devant se transmettre 4ans la famille régnante par droit d'héritage , âçpendrait de la France dans ce sws que, comme chez les Hollandais^ le prince. héréditaire devrait, pour jouir des droits de la couronne, obtenir préalablement l'agrément de la France. De cett^ manière il serait facile de s^assurer d'avance que toutes les autorités régeittaut le royaume seront dévouées à la France de qui elles ti^dront, par le fait, non-seulement unepartie de leurs subsides, mais encore leur rang et leur autorité. Avec les moyens que donneraient'des lois pareilles, avec une police bien organisée et un faible poste , gardien du pavillon flottant sur un fort solide à côté du pouvoir qu'ils sont chargés de surveiller^ Taïti serait sans retour une terre française, et deviendrait une colonie puissante et d'autant plus importante qu elle ne coûterait que peu à la métropole comparativement aux services qu'elle serait peut-être appelée à lui rendre.
La puissance d'une nation implantée au milieu
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d'un peuple conquis, dépend moins encore de la terreur qu'elle a su lui inspirer ou des forces sur lesquelles elle s'appuye que de l'estime et de Tattament qu'elle parvient à faire naître parmi ses sujets. La France, posée à Taïti comme protectrice , occupe la position la plus convenable pour se conserver l'amitié des habitants; pour cela il lui suflSra de se poser comme médiateur officieux entre l'autorité indigène et le peuple, et de faire, par*une politique adroite, que tous les actes du pouvoir, favorablement accueillis par l'opinion populaire, soient rapportés à l'influence française. »
Les citoyens fonçais déjà établis ou qui voudraient aller s'établir sur ces îles, seront sans aucun doute appelés à jouir de tous les privilèges accordés aux habitHntsi primitifs ; des pouvoirs très-étendus seront accordés au représentant de la France, car il doit constammeat se tenir en garde contre les envahissements de ces industriels de VOqs les pays, qui sont constamment *prêts à s'abattre partout où il y a de l'agiotage à faire et des dupes à exploiter. L'avenir de nos nouvelles colonies dépend plus qu'on ne le pense du choix des hommes que Fémigr^ion y apportera. Nous devons présenter à ces peuples toutes les vertus des nations civilisées et leur en cacher les vices. L'exemple de nos mœurs civilisées, que nous allons donner à ces hommes eifcore enfants, doit nous attirer leur mépris et leur haine ou nous mériter leur respect et leur affection.
Dans* les colonies anglaises on exige, pour ac-
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corder une periQission de séjour, que les citoyens qui s'expatrient justifient de leurs moyens d'exis-tence ; tous ceux qui ne veulent pas travailler de leurs mains doivent faire preuve d'une fortune suffisante pour subsister en faisant valoir les capitaux qu'ils apportent dans un but de spéculation. Les ouvriers n'ont d'autre garantie à donner que celle de leur moralité; ils doivent justifier d'une conduite sans reproche et de la connaissance de. Tétat qu'ils exer-^ cent. Nous croyons que ces mesures, qui ne sauraient empêcher aucun hommp de bien de s'expatrier s'il y trouve son intérêt, ne peuvent être que très-favorables à la colonisation, et qu'elles doivent être appliquées aux citoyens qui veulent aller habiter ces nouvelles colonies.
Enfin, la France, tout en laissant à la reine l'adr ministration pleine et entière de l'intérieur de son royaume , aura à se ménager une part pour ses représentants dans le haut conseil du pays; elle devra conserver son veto absolu sur tous les actes , et se réserver en entier tout ce qui concerne la politique extérieure , le séjour et le passage des ^ étrangers. Ceux-ci auraient, il est vrai, à obtenir le consentement de la reine pour se fixer dans ces iles^ mais seulement après qu'ils auraient obtenu l'autorisation française.
Tels sont à peu près les règlements que les Hollandais ont imposés aux sultans de Ternate et de Tidor dans les Moluques par la force de leurs armes, et que nous proposons d'imiter en tout point dans
les lies de la Société. Les haines que les vaincus devaient nourrir contre les vainqueurs se sont peu à peu effacées, et aujourd'hui, malgré les conditioiis commerciales dures et barbares que les maîtres des épices ont imposées à ces peuples conquis , et que nous sommes loin de vouloir appliquer aux îles de rOcéanie, les Hollandais sont solidement établie dans toutes les Moluques, et leurs établissements» qui rapportent de grands avantages, ne coûtent que fort peu au gouvernement de Java.
A ce sujet , il ne sera peut-être pas inutile de pla^ cer ici le tableau que nous avons fait de la puissanct néerlandaise dans les Moluques^ dans la relatioa du voyage au pôle sud et dans TOeéanie , commandé par le contre-amiral Dumont d'Urville^ SeulemeiU^ il faut se rappeler que les Hollandais occupent les Mon luques, non pour exploiter leur sol, mais bien plutôt afin que ces belles terres ne puissent pas devenir te partage de quelque puissance européenne, qui, parla concurrence de ses comptoirs, porterait un coup fu-^ neste au commerce si florissant deTileJava. Le but du gouvernement de Hollande dans les Moluques a donc été, pour ainsidire, d'y étouffer tout développa* ment, de détruire plutôt que de créer; et si le but que nous devons d'atteindre dans les îles Taïti est entièrement opposé à celui des Hollandais dans les Moluques, les moyens pour y parvenir peuvent être lés mêmes, et sous ce point de vue le gouver-^ nement des Hollandais nous offre un exemple, précieux dont nous devons faire notre profit.
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C'est rtld dô T^nàte que les Hollandais ont choisie pour établir leur principal établissement dans les Moluques proprement dites. De tout temps ce poste a été regardé par la Hollande comme irèsH important^ et.oq peut avancer que ^ d'après ce que nous avons vu , cette position est en effet admirable*» ment choisie. Placé entre les deux puissances riva* les du groupe, Tidor et Ternate^ le pavillon hol-» landais peut également surveiller et dominer les sultans de ces deux îles, dont il parai être à lafois le médiateur et le protecteur. Sans aucun doute ^ le sol des Moluques , par ses richesses et la variété de ses productions, pourrait devenir le siège de cOf* lonies riches et florissantes^ dont les produits iraient enrichir la métropole* Entre les mains d'un autre peuple^ on verrait probablement les Moluques sa couvrir rapidement de riches comptoirs européens qui 9 par leur commerce, porteraient un coup fu«» tiieste à la puissance hollandaise dans les mers de llnde; tous les éléments de réussite pour la coloni** sation se trouvent dans les Moluques; le sol produit tout ce que Ton recherche sur i'iie Java; c'est le même peuple malais qui les habite, peuple dont le travail et Tindustrie font la richesse des colonies hollandaises d^ns l'archipel d'Asie.
Dans l'état actuel, , Ternate n'est qu'un poste militaire qui assure à la Hollande la possession ex** clusive de toutes les Moluques « et rien de plus; deux peuples rivaux ci^uvrent de leurs pavillons les immenses royaumes de l'Inde et de l'archipel d Asié^.
Déjà r Angleterre , dont la puissance tend à envahir le monde entier , si on n'y prend garde , a planté son pavillon sur la presqu'île de Malaca; c'est de là que, planant sur les riches possessions hollandaises qu'elle convoite depuis longtemps , elle surveille ce vaste archipel d'Asie où flotte encore sans partage le pavillon néerlandais. Les Moluques, si elles étaient abandonnées , ne tarderaient pas à être envahies par les maîtres de l'Inde et de l'Australie , et dès lors tomberait par la concurrence, ce monopole du commerce, si avantageux au peuple batave , et qui lui assure pendant longtemps encore des richesses immenses et faciles à recueillir.
La faiblesse des fortifications hollandaises, le peu de troupes que le gouvernement entretient à Ter*nate, indique combien les attaques des sultans sont peu redoutables, ou plutôt, combien la domination hollandaise est établie solidement au milieu de ces lies. Non-seulement , en effet , les sultans paraissent être des sujets soumis et fidèles du gouvernement paternel de Java, mais encore ce sont des alliés puissants et dévoués, lorsque la Hollande, ou plutôt la compagnie, a des attaques à repousser. « Le résident et tous les Européens établis à Ternate, dit M. Dubouzet, accordent les éloges les plus pompeux au sultan de cette !le ; il est considéré pai^eux comme* un de leurs alliés les plus sûrs , et il leur a donné des preuves de la plus grande fidélité pendant la guerre de Java. Pour eux il a versé son sang avec owrage en défendant Tile contre les Anglais qui la
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prirent en 4812. » 11 a fallu toute la persévérance et la ténacité que montre la Hollande dans ses entreprises, pour arriver. à un pareil résultat. Il a fallu , après avoir vaincu ces peuples demi-sauvages , fiers de leur puissance et de leur liberté , se les attacher par un régime paternel : les Hollandais ont trouvé dans ces lies un gouvernement despotique établi sur des bases solides qu'il ne fallait pas détruire; la différence de religion devait leur opposer des obstacles sans nombre 9 et il ne sufiSsait point de laisser subsister la liberté des cultes , il fallait encore que le musulman ployât la tête et obétt à un peuple chrétien : aussi, loin de se poser en maître, le gouvernement hollandais s'est donné comme allié et protecteur, puis exploitant avec adresse la convoitise des sultans, maîtres souverains des destinées populaires, après les avoir vaincus, il les a couverts de chaînes d'or ; puis ils ont intronisé au milieu de ces peuples sauvages la civilisation avec ses besoins; ils les ont rendus tributaires de leur. industrie, et bientôt ce sont les sultans eux-mêmes qui sont allés au devant de leurs désirs, en imposant à leurs sujets les volontés de ceux qui les stipendiaient. € Les sultans de Ternate et de Tidor^ continue M. Dubouzet , sont pensionnés par le gouvernement des Indes. Leur salaire , qui forme la plus forte partie de leurs revenus, s'élève à 12,000 florins par an. A ce prix, lessultans sont engagés par leurs traités à fournir au gouvernement des contingents de troupe et à l'aider dans toutes ses guerres. On leur garantit leurs états,
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et Pexerciee de leur souveraineté sur toutes les Moluques , qui les reconnaissent comme souverains et leur payent un léger tribut. Aucun des sultans ne peut entreprendre une guerre sans le consentement de ses alliés. Ceux-ci se sont réservé, par une politique habile , le soin de garder leurs états et le droit de choisir dans la famille des sultans Thé-^ ritier du trône. Par suite ils conservèrent toujours sous leur dépendance , et ils ont dans leurs mains l'instrument nécessaire pour gouverner le pays sous un autre nom. Ces conditions furent imposées à tous les princes vaincus, ou qui recherchèrent l'alliance des Hollandais du temps de la fameuse compagnie des Indes. Le gouvernement qui lui a succédé en a trop senti les avantages pour négliger de les stipuler dans tous ses traités avec les premiers Malais. »
« En échange de tant de sacrifices, que l'on pourrait regarder comme un abandon de la souveraineté, les Hollandais rendent aux alliés des honneurs et leur accordent de belles pensions qui servent à dorer leurs chaînes, et ceux-ci parviennent avec le temps à s'identifier tellement avec leur position, qu'ils n'en volent plus que les avantages financiers et leur douce tranquillité ; ils deviennent alors par intérêt les alliés les plus fidèles du gouvernement de Batavia. Tel paraît être aujourd'hui le sultan de Ternate, descendant des premiers rois mahométans qui régnèrent dans les Moluques et qui étaient déjà trèspuissants à l'arrivée des premiers navigateurs por-
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tugais et espagnols , et dont le nom , quelle que soit aujourd'hui sa grandeur, exerce encore une grande influence dans toutes les tles voisines. Il a fallu plus de deui siècles d'habileté et de persévérance aux Hollandais pour exploiter celle-ci à leur profit ; ils ont aujourd'hui complètement atteint leur but. La rivalité entre les sultans de Ternate et de Tidor les sert merveilleusement dans cette tâche. Aujourd'hui, chacun deoes princes, chez lequel une haine héréditaire a succédé à Fimpuissance de se nuire, est au môme titre l'allié de la Hollande. Sa médiatîon, longtemps employée avec succès pour les affisiiblir l'un et l'autre, s'est changée en un protectorat qui les réduit tous les deux à Tétat de vassaux, malgré les dehors de l'indépendance qu'ils conservent.'»
C'est dans le seul but de conserver cette alliance des princes malais , de faire exécuter les traités , en uii mot, de gouverner à leur gré, que les Hollandais ont établi un résident à Ternate. Ses fonctions sont toutes diplomatiques, et sous les dehors de l'étiquette et de la bienveillance envers les alliés de son gouvernement , il doit surveiller tous leurs mouvements. La police est le principal ressort de la puissance européenne ; près de chaque sultan veille » une garde européenne, masquée sous le titre pompeux de garde d'honneur; en effet, elle n'est point assez forte pouf tenter même un coup de maîn contre la personne du sultan ; mais elle est plus que suffisante pour épier tous ses mouvements et
prévenir à temps le goinerneraent, si son allié était dans l'intention de se soustraire i sa protection impérieuse. Le résident, choisi généralement parmi les officiers civils, exerce l'autorité préfectorialé dans la ville de Ternale, et représente le gouvernement hollandais auprès des sultans ; là est vrai« ment l'importance de ses fonctions. Il dispose en temps de paix de toutes les forces de l'ile. La garni- 3on est commandée par un capitaine qui , en temps de guerre, prend le gouvernement suprême de la colonie. En outre, la garnison peut s'augmenter de la lAilice , dont le commandement appartient au chef de la justice, qui cumule les fonctions de grand justicier et de commandant de la garde civique. Dans l'état actuel, Ternate est à charge au gouvernement de Batavia; l'entretien de la colonie et le payement des employés dépassent de beaucoup les retenus de la petite colonie, dont le commerce est à peu près nul« Nous avons déjà dit que le terrain des Moluques était riche et fécond : de tout temps ces îles ont vu leur réputation justement acquise, comme jardin des épices , s'étendre dans tout le monde. « Lx'habitant de Ternate, comblé des dons de la nature, dit M. Roquemaurel, peut trouver dans son enclos d^ quoi nourrir*Jui et sa famille , sans se donner la mpindre peinef; aussi paraît-il peu porté au travail, dont le produit tournerait au profit de ses dominateurs. La culture des arbres à épices offrait jadis aux naturels un moyen de se procurer le petit nombre d'objets qui pouvaient leur manquer; mais, par suite des
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vues de monopole qui ont toujours guidé les Hoirandais dans leurs établissements aux îles Moluques, on extirpa^ de Ternaie tous les muscadiers et géroflîers dont.on voulait concentrer la culture sur d'au* très îles. Cette guerre impie, faite & deux arbres bien innocents, désola tour à tour les ileade Ternate et de Tidor, se propagea même sur quelques parties de Guilolo, Géram, et une foule d'autres lieux où les Hollandais purent dicter des lois. Pour justifier cette mesure vandale et spoliatrice, les Hollandais allèguent la conservation de leur commerce et de leurs colonies, qui ne peuvent exister qu'à ce prix. La consommation des épices en Europe n'a jamais dépassé une certaine limite, par conséquent, si l'on veut conserver le monopole des épices , il faut en limiter la production à la quantité strictement nécessaire, s'em* parer de tous les lieux de production, et ruiner ceux dont le produit excède les besoins. Pour imposerson système aux princes malais, la Hollande eut à soutenir des guerres longues et ruineuses dont la dépense excéda de beaucoup les bénéfices sur la vente des épices. Les autres nations de l'Europe, peu disposées à payer ces épices au poids de l'or, parvinrent aussi à s'en procurer soit par le commerce interlope, soit même en faisant dans leurs colonies quelques essais de culture qui ne furent pas toujours infructueux. Le monopole était débordé , et la compagnie hollandaise, au lieu d'exploiter une veine de richesse, se trouva plus d'une fois en dessous de ses affaires. La compagnie fut supprimée, mais la Hollande, loin de
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86 lAiflëer àUér au déeourâgeiiient, n'en a pas moins persévéré avec une constance admirable dans son système de colonisation. On a cessé de feire la guerfe aux girofliers de Teniate , et Ton parait même en encourager la culture *, mais on n'en a pas moins persisté dans les conventions onéreuses passées avec les princes malais pour Textirpation des arbres ft épicesdans leurs possessions. L'anoienne compagnie jouissait des privilèges les plus étendus et exploitait les Moluques à son propre compte ; elle avait pour la garde de ses colonies des escadres et des armées ; elle seule fixait le prix d'achat et de vente des épices, qui ne pouvaient passer en Europe que sur ses vaisseaux, ni être versées dans d'autres magasins que les siens. Aucune marchandise d'Europe ne pouvait être imporlée dans ces colonies que par la mêtne voie* Le commerce des Moluques était rigoureusement interdit à toutes les nations, même aux marchands hollandais qui n'appartenaient pas à la société privilégiée. Cet état de choses, tout absurde qu'il paraisse aux économistes de nos jours , n'en existe pas moins en ce moment , malgré les modifications introduites dans les statuts de la nouvelle compagnie ; le monopole est déguisé sous de nouvelles formes , moins rigoureuses pour le commerce hollatidaîs , mais il pèse encore de tout son poids sur les îles Moluques.
> La nouvelle société à pris le titre de Compagnie royale; elle niérîle d'autant mieux cette dénomination que le roi Guillaume est regardé comme 1q
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principal actionnaire. Je croîs même que les troupes et les vaisseaux employés i la défense de ces cdo* nies, sont à la charge de letat, qui doit prélever en retour uneœrtaine part sur les bénéfices. La compagnie est obligée de fréter, pour son commerce, les navires des particuliers^ ce qui du moins admet une certaine concurrence. Les indigènes n'ont pas été tout à feit exclus du commerce de Tlndedans Tlnde. Leurs bateaux peuvent, sous pavillon hollandais et sous certaines conditions, servir au transport des marchandises d'une tle à l'autre.
» Mais les indigènes ne peuverft pas plus que par le passé vendre leurs épices à d'autres qu'aux agents de la compagnie et aux prix fixés par elle. Tout commerce étranger est interdit, et aucune marchandise d'Europe ne peut èti^e introduite dans les Moluques que par des mains hollandaises. Il est dou<* teux que la compagnie puisse se maintenir longtemps sous un pareil régime. Elle n'a , comme l'an** cienne, d'autres profits que ceux de la vente des épices en Europe, et des marchandises d'Europe dans les Moluques. Elle a toujours à payer les frais d'occupation, qui tendent sans cesse à s'accroître, et les subsides aux sultans dépossédés. Elle manque même de ce puissant secours que l'ancienne cotnpagnie tirait de son commerce exclusif ave6 le Japon, de ses relations avec la Chine, et des profits qu'elle réalisait sur la vente des toiles et de Topium importés du Bengale. Il nous semble donc peu probable
que la compagnie royale se soutienne longtemps dans les Moluques, quoiqu'elle jouisse d'une prospérité apparente , sous la protection immédiate du chef de TÉtat , et à l'ombre du crédit public. »
Ternate n'est qu'une dépendance du gouvernement général des Moluques , dont le siège est Âmboine. Ternate, Manado, Macassar, Banda, sont les points principaux de ce département, qui emr brasse, sous le nom de gouvernement des Moluques, les grandes terres de Gélèbes, celles de Géram, de Banda, et les Moluques proprement dites.
Dans les questions qui vont actuellement nous occuper, nous supposerons notre puissance affermie sur ces lies, et nous considérerons les trois archi* pels des Marquises, de la Société et des îles basses ou Pomotou comme composant les possessions françaises dans rOcéanie. Nous rechercherons quelle peut ètrerulililé de ces établissements : l"" en temps de paix ; 2'' en temps de guerre ; S"" et enfin quel peut être leur développement par la jsuite et leur prospérité, en nous basant sur la nature du sol, le climat, et leur position sur le globe.
Dans l'élat actuel, le commerce qui se fait dans les mers du Sud se porte presque exclusivement sur la côte occidentale d'Amérique ; les navires qui vont chercher leur cargaison dans l'océan Pacifique sont des pêcheurs de baleines et de cachalots , les trafiquants de perles, de nacre et d'holothuries. Cette dernière pêche, dont les produits se portent sur les marchés de la Chine , se fait presque exclusivement dans
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l'archipel d'Asie et dans les parages de la Nouvelle- Guinée et dé la Nouvelle-Hollande, sur les récifs coralligènes de la mer des Moluques. Cette industrie appartient presque exclusivement aux Malais, qui l'exploitent au moyen d'un grand nombre de praos qu'ils envoient, chaque année, dans ces mers tranquilles. La récolte de la nacre et des perles se fait principalement dans les îles Solo et Ârrou. Une dizaine de navires espagnols exploitent presque exclusivement les premières de ces tles, tandis que les Hollandais vont exercer leur industrie dans les dernières. Les îles Gambier et Pomotou sont autant de lieux où l'huttre perlière se trouve en très-grande abondance ; mais, jusqu'ici, elles n'ont été exploitées qu'avec des moyens insuffisants. Les Voyages que M. Moerenhout a publiés et qu'il a dirigés au milieu de ces tles basses, semblent promettre de bons résultats pour les pêcheurs de nacre et de perles, lorsque, par la suite, on pourra s'y procurer des plongeurs indigènes. Du reste, il est probable qu'avant peu cette industrie sera exploitée dir<ectement par les naturels des îles basses , et Taïti pourra devenir un entrepôt de ces denrées, d'où s'expédieraient directement les envois de nacre, d'écaille de tortue, de perles et d'holothuries. Déjà quelques navires de toutes nations parcourent tous ' les archipels de FOcéanie, pour y exploiter cette industrie.
Le bois de sandal, qui jadis donnait lieu à quelques chargements, disparait rapidement des tles où on
menait Vy chercher. Cependant, il y aura encore de belles spéculatioQS à réaliser dans ces nombreuses ileS) lorsque, parla suite, on pourra pénétrer dans rintérieur de ^s terres vierges eqcore, où il^est probable qu'on trouvera à faire de riches récoltes de ee bois précieux; Taïti peut devenir un dépôt de toutes ces marchandises qui, il est vrai, se débitent en petite quantité, mai« qui, aujourd'hui 5 exigent encore de grands frais d'armement pour les obtenir» Il sera facile aux habitants d'exploiter ce commeroe av^c peu defrais^ au moyen de quelques petits na*vires qui^ partant de leurs côtes, iront se livrer au cabotage dans les archipels de TOcéanie. Du reste ^ un autre avantage lui est réservé par cette navigation; tout!3s ces Iles ) habitées aujourd'hui par des peuples encore sauvages, ne peuvent tarder d'ar* river rapidement à la civilisation , et dès lors de nombreux besoins se feront sentir chez ces peuples qui viendront demander aux européens les ohefsd'œuvre de leur industrie en échange des produits de lour soL L^ archipel de Taïti, par sa position, est destiné à devenir un Entrepôt européen , où pourra se faire un commerce de détail limité, il est vrai, mais qui promet de grands avantages. Placé à égale dis- , tance de la côte occidentale d'Amérique, de la Nouvelli^Zélande, de l'Australie et de la côte orientale d'Asie; il est même permiis d'espérer que, lorsquo, plus tard, la colonie aura pris un grand développement , lorsque les armements de ses ports seront nombreux^ Taïti i>ourr4à devonir un entrepôt d'où
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nos marchandises preadront leur écoulement sur ces divers points*
Un établissement français qui se trouverait plus rapproché de la côte américaine, jouirait, dès aujour^ d'hui, d'immenses avantages. On sait que notre com«« merceentretient à pou près une centaine de navires qui vont porter leurs cargaisons sur les côtes améri^ eaines» Ces navires, faute de lieuK d'entrepôt , sont obligés de faire échelle sur la côte, pour se débar^r rasser de leurs marchandises, et, par suite, de con* server à grands frais tout leur armement pendsmt longtemps. La durée du vayage est de deux ans f et, en général, le retour s'opère sur lest. Il n'^st pas douteux que les armateurs trouveraient de grands avantages à avoir un entrepôt prêt à recevoir leurs marchandises ; ils éviteraient alors les dépenses énormes d'un navire avec son équipage pendant près d'ui)^ année.
Malheureusement Talti est trop éloignée du conti^ nent d'Amérique^ pour espérer qu'elle puisse satis^ iaire à ces conditions; mais si cette colonie prend du développement, il est permis d'espérer que plus tard son grand cabotage pourra raf^rocher les distances, et servir avantageusement le commerce. Dans tous les cas , les ttes Taiti et Marquises sont assez avantageusement placées pour pouvoir servir de lieu d'en* trepôt, dans le cas d'un commerce plus étendu avec la ^te nord-ouest d'Amérique et toutes les possession!^ russes du nord de l'océan Pacifique. Notre commerce avec la Nouvelle-Zélande^ T Australie,. en un mot avec
toute la côte orientale d'Asie, est à peu près nul ; dans le cas où de nouvelles transactions commerciales s'ouvriraient avec la Chine, Taïti serait i^ans doute appelée à en prendre sa bonne part, mais elle serait exposée à trop de rivalités pour espérer de voir ses marchés fréquentés exclusivement par nos navi* res, comme intermédiaires dans notre commercefutur avec les Chinois. Il est probable que le$ cargaisons s'exporteront directement,* ou , dans tous les cs^ , si nos négociants avaient besoin d'un lieu d'entrepôt, ils le choisiraient dans une position plus rapprochée des côtes orientales de l'Asie.
Dans l'état actuel, les plus grands avantages que notre commerce puisse retirer de Taki , dépendent de sa position au milieu de Tocéan Pacifique , et de toutes les ressources que semblent promettre la fertilité du sol et r^xcellenca^des ports de cette île, lorsqu'elle sera régie par des mains habiles et laborieuses. En parlant des îles Maï'quises(l) , nous avons fait remarquer combien leur position était heureuse , par rapport aux routes diverses^ que peuvent suivre les nombreux navires qui sillonnent r Océan. La petite quantité de terres cultivables des îles Marquises, nous avait fait craindre dans l'avenir la rivalité des iles voisines; mais aujourd'hui Taïti n'a rien à ambitionner aux îles océaniennes, et elle peut s'assurer pour de longues années encore le monopole des fournitures à faire
(f) Iles Marquises, etc., page 349'
ai^i; nombreux navires maFft^hand» qui fréqMfenteot Q^ piff^gf s> TqI i^t un 4ç^ principaux a^ant^g^s. de-, nos colonies 4w& TOoéama : jodépeiidadMliei^ dda UffiXf» les eirooi^taaces probables* dams ua arettir pbp. m : moins éloigné y Bttqrn peQye&t. un jour doii-* a^:à Xa|û:un^ gi^Qde importaoep ocRome, point ]del cfiMU^he^ |e veu^ parler du perc^eittt^t de l'ittluBie dei Panajoa.
,,San^. doute, loi^sque le problème iaiporta»t delà. ïà^fdfH^ des deux plus yaste» ooéaos dumoiide ssera, ^solU:, tointes les i^s de< Tf ïsmv, du Sud i^^ymnt: mpe^ lïouyelle iinppptapçe ; le w^m^r^» i^ TaïU.&'ap: gflLei^ -sur qqe p)us fortç base et p^âr0L,\mdévei*. iQppf mçjort bepiUqoup plus grand ; mptts. ja position i^jfftufk^jci^le, de nos colonies, .par. rapporli aux grands cootiineats.,^ me saurait chai^ger^ Panama sera <k» g]^4 §mr^j&|i de. tousjies: cpiitmfirGçis <hi xnonde^ dt l^ti le lieu de pas^^ge. des convoi^ aoi^breu&iqui^ se^;|Mr;^ss^ entre les rive^ rupprocjbées. de cette Yoie ouverte p^ la main des bp^^m^es, Iront enw s\}ite porter les produits de rindu^^rie européenne dans tous les lieux baignés par les es^ux du gvaadi Océan. Dès le^rs^i^os posassions dans rOoéaniei feront/ susceptibles 4 une pro^rjité inespérée^ I)|çm4itre même^ourçont-îelles exporter en Europa g]]|^qq^s«:^ns des, produite ^e leur sol, qui» dilfon^ $wpa^]K^ ^n qualité tqut xse que produistni lefe^ ^i^tres;pa}rs^ tropicaux j mais, dws tous les caa, de tput.ce cpmmeircey. qui s'établirait rapidra^ept tbftp^ Uoç^9j?ac,ittqu(5^ Xaïti .a>urait ^ i^tendre
66» ' DE Lii^«(»iOfilSiLtlèN
4ibiiiJ»fiMivdiiaii«kle6.app»«vi^dniiettieitt(». ' ' > ""* nVaraaiiiou«M!'l6S'khdii8ti;ie8 <yui ««t> «hoisS -pèWf> théifereiv^ lMiri«icplottàtion le msAe OoéAii dK'Sadij! laipêdieieslxiéHe q«ii^ëetiible diev<Ar te ]^1M èoatYti' bileMa«Jiièteibpl|»eiiiefit e| àlaipi*o«f»di»ité d« Q«é é«âH blissements. Déjà nous avons appelé l'attentiiMl' Mit' lel tIvaMiages «te l&< pdèitiôntie l^tl« taM 'pèKïvTécpknlalJiMi <du< ttois< deSatMkd/, p&w lit 'éétKAl&Û'è'V^' cttiUe',>iiei l9ii-i«a<iiiê, >d«K {iet4«»'«i' deè »<>lbl)urâëé';f6<
Bserds fMnlèB pr«|d<itts q<^'il«nV«tiH, «t'a l'âtât' pail le<nt)ailreide^1ii&iâh8'iMrép{deS^'ëll«léIëVéj'ti«iyi -févar. dansi *o» i tHSiTO|le« pbwèsstoù* ' ûé l'Ociébtiii» dès .«robtager Aott eofitfestéè; La bâfèine él'lè'yia-' «faajot w> «ottt imtle -pan ' plds 'àbbictdâtiti» ;c(tlë 'diaioitf, l£8'pnav«>dtt 6«d'<!'l6me h «dte'Matttérï(iàiiie y^ îUS'SaBéwfel») la màwllè'Zéttndè iét FAttSïrtilie î< tefe stmtles li«Ut'dti tiirs pê«fheâirs tûtot , ào MiFlfetf ée t»M|s «ôujKW^ lettiiiêttlfeàseè et iouleot' glàicéeà jiléwol^p: Thaite si iedièrch^ p^r fios ma'iufëtiiifrèS^ teiBttdié^tn&pièalés, leiî *ôtete de* îlès^alottori Sûlâ tptttà«|iiblènt>èCi% ileslIeuX'prëféPë* pat* !é<Jàfchàl6f 8f reçfcerahé'pOWi' soh îvolk iet !Sdfi Spèfrttià^cëtf ."Taftî Q«oiij»ë>doiia,î<polii"bittSi dî'i^è!, W ctetitré dericëiMWte &éâlM-«ùl ebanjttiélànïiée'aei - éetftaitieé'de "MftittïeiW* \<mt poèrwiMre-'Oéë' redôtttïWéS ^côtâîdés/. éCrf 'd'«f mpfotteqlijs'dépbilitteS StfVîoAifta^be'iéiirbi^éyft:' •'' "Ce-.ij«i précédée i*di^tiè dêjJJ <jae ïio«
8«iAt'»pla«éMH(iM8 4'Océrin de tfiU»tio||te>l<]ii'iellM pMveirti <éev0ttir:«Hi^ !«a84t!atiaIier,,|Uift!i{idbe dé0^ oâ'ii^s'>^ê6bëiit« plouiiront' alten fépMtar^emsiiavftT ri«è ,'< '' refile- 'ileKlrs- flpimn^iisiiBèifaeMs, p/^.! \ tû\A
(MmiMoer l«ur<pè«b«;'MAi3 '«nie )voie' ^laBiil9i^e(««i QittV(Wéi& .««iiQiiÉiiwstné'; tmf d'est dè6itosiide4fa>8ofi cilSté f^m >4éWènt"«loiréna>vaii« partir -lès iKUttMs.idaii» tkÉ€»ei'l%X{>l6iiets$ eHëê koM leipomtroeQtral d'oâlfiMli|[ p^Iïêtti^ ^ot!irt>otir*â%^iuttw«t)^fk>i4e|vran^ ili't>d&v'6dt«ëpé»et'ttâe'rithe'iiéeoH0.<:kliilièu')d^eD9 i^ët"â69(nâtiiiès à ^ândé'fVal»,' 4«i «épeotëiitoè^
d«tix»ijihi<(t«s' tàlihfeÉ ià' lia '^iiê , ^<!(d^ix' «rmurfe^*:
éh« &AH la téèôfte- fiâîté', «t'je sfûi •pbimt^vpe>liLisa ttttù Ver6nv de bcflleâ sj^écurlèidiid à véàliser, âe gcaq^s fNtië iéPafrtiifëiti^tâ êvlliéf ,<tdui^éii td4Mtffi»iU)èb «ème» rgéiflt8t^yëfi£!ii^,«éë\irHé à i^éoàt^pdtiP lieteetçUbé
Ctf'^ë^èrabë'^COi^ëttréià po^Sesàidi4 âôé»ti«»i deiU S(i»6îéte.' lai'FVaûae';aii^i' y p*feep«l «a-lpbrtKde» bêtiéflèie* :iâ 'J)è<jAé. aa ' «thalof, «hiëgH^ au* jdàircrMi , idëvîèodfà ■Aiaé- 'ù&Tiyé\ë tlrâHcfië-d'idda* MéSiatioti^,- et Sofafiiik'à't^ÉM d'e^i^éHeintsiiùH
68 ' DE LA.COIiONIiATION
mivant le qfmn hardi de leiurs lentireprî^es , ne njle*., taient corafiter que sur^d^rai^s aecoiirs pour, réfair^ rer leurs portes et rafiermir la dûeiplMie de. \mvs^ équipages , exaltés et .poussés à la révolte par Je$i fttiigues de <%s longues campagnes etles pri^jtious de la navigation. Les stations de nos navires de guerre) dans 1^ mers du Sud durent S!9 ipvjltipli^^ ^ttandÎ8; queiecrâtre de nos forées navales était6x.éà Vah-^ Iftraiso^ le gouvetnqmei^t dut songer, à en^^te^juç^ oonstamnieQl; à la NouveU^Zétende 4^ iia^vj[^:d9j guerre, dont la présence pût faire revoter «le. par, Villon, français et prêter a^sM^nce à n^s pè^heurs^. En 1837, ces secours étaient .encore jugés îpsnffî-. sauts, puisque deux, frégates furent chargées s^écia- , lenieiitde montrer nos céuleurs dans toute FOcéa^ie, , et de venger des incultes faites à notr^ pavillçn. Âd-^! ÎQui)d'Jiui nos intérêts exigent encore plus que , sfur tous les points de ce vaste océan , notre coinmerçe soi t appuyé, et protégé par des forces militaire)». Tropt «MiuviHltrt'éloignement des navires de guerre a eu une influence défavorable sur les intérêts français, nonseulement dans rOcéanie, mais encore sur la câte Ainériiaine^ à te NouxeUe-riélandCj etc,;. Les npM^ veaux (lébouc|(é& ^e semblent prçmpt^r^ au çon>* merce les dernières résultats de la g^e^re entre les Anglais etles^C^incds, ajoutent encore à la nécessité ow.se trouvera désormais la France d'ej^ljpetenir dans cet hémisphère des forces imposantes. t)àB lor^^ un point central, un point frjmçaU où p«isi^jQt se concentrer toutes les.opérdïions. e^ néc<^ajyre^.
et t'àiU'îibtis semble' assez Sien^oisi pour armer à bebutl
Lorsqple 66us avons parlé des tlès Marquises, daES aiie pféèédenté pablieati6n , nous nous sommesSUh^ dus àurT importance de cette position ctfniffne po^ùb militaire; placées en effet au eentrede l'Océan nos escadres pourront veiller, en quelque sorte, sur f6ùs 1|^ points où noire commerce a où aura d^ intiéréfifé à déb^tre; Taiti est un oèntre d'où vS^ frégatëé peuvent rayonner dans tous les sens pour appuyer nos nationaux et d^badrë rhonneur^du psKvilIon. Tout ce que nous avoni ^t sur la posi*tion dés liés Marquises peut à plus foite raisoa s^ppliquer'aàx ties de la Société et pous n'y ^vimdrons fiàs^^itiais nous noqs occuperons des ressou^oea €fd^ pnisëillènt'ces iles^par leurs ports, et la r^is*^ tance qu'elles pourraient opposer à l'ennemi dans le cas d'une guei^re Mtre la France et une puissaneê marltiMe. *
% Ng^s avons dé|à dit combira un poiiitmiliiai|;e dans Pbcjj^nie , un poste pour nos '^rmeinents de ga^re sera ntlàe et uvantageur à )a Franooe tdans le cas d' c^^ie gUért^ ^pc utvef des pelitei répsbiiques américaines^ ou aveie une petite pùiBsanoe quekonque , oblifâiQ te rëthmohev les moyens <dese d&fendre bien phi» qae c^x d'attaquer. ,
Nous ne noi^ occiiperons plus de ce sujet ; le but de tout établissement colonial doit être d'aider h métropole dans une guerre maritime engagée avec les nalicms lea plus puissantes du gl^e. Il
*6 DE iii(^/ €<l*Wïft4JA0N
' aux navires de commerce surpris dSns le Qçjijif s^flg
Iifc^'possestioQS/lraafaisç»! ^9m : ^Q^mj^oîl^kf^f,
HwrtôiVétéhfluè Jesi mew: dUfïSujJ^ ,, ... , -.jI .uij.n < l 'Lar Mmiet uoi; géologiq^oi dB$ Jde», d^ U Société 4iCn fet^ dBBeiiideildmentidafOdlIe;:d^ lUes^MarKjiii^e^!^ ^d'^iquç Aes>cA»raux! madi^poriqiM^s, q)i]à> 1^ pèia^dà'os cietsdevnièreb, fiDirm6Qt4Q$ir«é€^£^cQq^nmi q^i eniowentiles pneibières et f>iH§s4r(VAnt<Wiuça .<f0^^ d^>'furèuT8<^déi9' ^ossesimerSi Pai^. 9mip,,)fi9:Sie^ d^'^la' SoiQÎété «^t rrîohef ;6a portwbien ^ité^^i Popteyc çii les^ polypes oatifl^terrQnspM: ]fim fWy i^iiléV 'ks^nairiressont presquc^a^âuré» d^ tron^efi wh passage qui . doni^ô accès, àsdea Ji^vreg bi^n fiarpiéS|.> Bien iqfuey MUS de point dp vue, d'woienaesJfravi^ui^ hydrographiques rostent àlfaifo^pouit JUis^riPPPP^Tv cier toutes les ressources de cescôtes pourl3,JWlrigan t«M, Q|y'^dnndttî'd^jà}u»i^aDd laboii^re d^/polts^qf la'ciàlô^dé'Tailff^etiil 'B'y<apad<ttpe>fi6u|Q!des U/9ft daki Saoiété^qai'beig^tf^atéttpottvâQ&^tMiÂâje^iMm ^
i%outfl»gir^;j Ainsjl'i^bopsi poufvio^>taMureyr(vq!M ina^ p^Si^ékions j océabiepnesi sont ' jcapedblps ^ de ireefiVQir. tEi>ify trè^baml''Uombpe 4e naytires^ die lOittUfiiéfo^ €( de guerre, de toutes les dimiensîopsj fi^â sWgisaa^t A<)A<^!d'ètil4ip >dit)S'^q£^Hes> (le^ vastea^ataiiers^/un afè^ûsll , d'èt p^dârraiieDt'âurgiriencAsidfti^uerr^id^ll ayjtii^)^nt«i^âpa)iles^decç^baltre't(}ute''apmé6 n^ Wie,< Wi^, rfiftources marfitiii!ié{i qWe pmentealla idé«?
,.D4^ l'océane^h ai
<mifW^ : 4^ ^9^ sol si^ai^ol enoQi^06uiSsaDteaf tanaîs
«9mp^qe>rq$^f>i(imAvOiit ^iin/én^u^àiOidiiîidesiiuîik ^^^nf^B^^Aqêw^^ ,d«;>^tQMi¥)^iti»a; i»]^0^i#niielk(j;
ïh»h\Wt^^n.&(^tt^9^^ k biir^iefift^ âLlûloéléritéidd^ «imveiai^ata II !^ pd tsur, teyrM; la^uvM ktâUMls à oéim)
<»mbat 6Ui^»i»er4 i}l!6fiit<pQS^Uô»de «itjptd^ aniioiaM brânpar d6»;^D09U;tfie»4>liiâ>dii'ipoutt éÊ^léB^iÊr suocè» âé^ttd >^ presque fottjdurs 4a la iqttaiiiâié|< eti dui^^litMreidlft-^lèeâ^ièieh fikis qbe ideiài bte^rMi^lsK QtbdUiâatebUi&UaiFfûncft asm^ nnp guerre tàriiôu^' tenir contra 4' Ahgleteri^e^; 6a<^Dival8;la fbàm pHts^nté^^ (»»t)«(«eiDai^milt{>aPlldes»ic^nld^ t|u'élle
d^io^aU^dboiieboi' àiabdttiei^pniienti^ munbrai
t6»^j^d4iUid)j^ ptntonbelé0 6à^arvi[0'i3^ :h»}pep^^ QiQtbnttl^paa de 4iépër«y/aesf;^ërtesi<d64oilgieiiip9^i»
JrS DE LA CÛlÔNÎSA'rtON
4tindi& (jUfe sa msflé ^>ôurràit éricbre o^ipbîser 'dé ilombrëUsés flette^ matgré des échecs réiiérés: une ^ti&tvé itôiraie eiftrte k France et rAngleterre devrait dIPe ittié guerre finaneiërer, une guerre de itésot i frésoi^. Pôrcêr slèû enneùrië à entretenir une armée innombr^Iej afin de couvrir toutes ses cobnies; * écràsek" stfn ^diiimevce, éléineht essentiel de soh'exis^ ^ce , rmnei^ les compagnies d'assurances dé là "cité^l oii {ioiissèr son gouverneihent à la banqueroute afin de détruire son crédit, tel devrait être le but "de làf Frbn^eicrcas de guerre, et dès tbrs elle doit compter^ sui^'HDisuceès d'autant (dus assuré que 1 •Angleterre' présenter uiiphis grsaid nombre décotes Vulnérables/ GlefetsiMs 4]iepoîntde vué^ue nous croyons les îtesdé la Société ^ les Marquises bien choisies comme pûstésf ijftilitQife^ t non^séul^neiît , th'eSkt, nos eiâôadres poùrriontîde 14' surveiller la cô*:è améHcairie, ety êche-' kifDhér èes navSres^én iatatiôh; màfe; é^^Acè aux ièaU^ adiséstiqiiii. soufflent ^lesdeftri tiers de Tànnéë d'une* manière régàlî(«^e dans ces parages; nos' croisêtrrs* aek*0Bt>dbaiB yne positiotr avnnfageusé pour tottibé^' inopinément sur tous les poinjts des- colonies an^ glaises dé l'AustraHe » d^ la iMouvelle-Z^laneie , xles> établissements qui Vani' se créer dans la inerdè' Chine, 6t mèmjedaris les^mersMe Tlnde. ' > - Il eft vrai que, ^jusqu'ici ,' nos cc^onies dans lest mers -de l'Inde offrent peu de pesisources*à nos^ crois^uirsi; Bourbon , si riche d'ailleurs /ne présente ^ que peu de seciourâ à la navigation , et ne peul étré^ d'aucune utilité en cas de guerre; Madagjiscàr^ qui*
ml ii rfehènrém dotée sbustbùs leè t*apj)W«; ei qui poarrtfft, 4)dr h position ôt la' qualité icte iïés' ports, deVétiii^ ttn (Jes poîilts îiDportaits du môhdei Madagascar, dis-jé, présente partout utici têie défendue contre tout envahissetilétit eliropéén; par lé ftëàù des maladies inhêt^ntës à Fair qu'on y respire; mais enfin, le gouyernenient françai^r fait dès 'efforts pour s'y créér-des . reèsourees , é& IHen que uoiis trouvions inéaffikanis les moyens «ivee» lesqùelsi il a vdulu procéder , Ton tte saurait; ne pasi approtivèr te' ha^te directitin qtxi semble: présider à la ieréation simnltakiée de tseft établissemfent^' lointains. ' • . • • î
Dani toushis cas^ ty, eu cas rde ga0rre,1'^YH. gleterre voulait * coutrir itiMités W ' «olon^îei» *ei* jivéserfer son comtnêrce d(^ tfattâqiie inopinée de> Qbfr corsaires., elle devrait entretenir dans lé& mersdu Si^ des' forces' imposantes (iour arrêter nosfré^^i gales emtxbsquées -dans l$s ar^ipei& de TOcéanie , > et, parilài, sWpoèer^à dès dépendes con6tdérablë§J
Dans le cas du percenienll de l'iisthme de Panama, ^ la \)o$itién tl'Un^ point milrtaire dans Iqs. îW de la Seeiété sepa;it des pl«3 âvantagciuses c'car nos cor-" saires, à- Pàffiftft (}ans ces lies; iseraieot à pôi'léé' dèl tAmber sur les na tirés du commerce qui prendraient ' oette route 'et qui né seraient pas convoyés par dés^ forces saflQsanies. Il^tfeicife de comprendre quelfer] immense tiiilrké nous retirerions de nos colonies' ocëauiennesen ctrs dé guerre , soit à« cause des torts ' graves qu'elles pourrafent porter au commerce tte »
94 D« (iw^ «Mt:9N|ftAT>0N
r^paamiy ^U 6 ainse des dépendra :aaM ii4Hil»>e
irius »téo«88|Eiimi d^^retc|iûr!>dppr: flo^tab ipuiMaotM
rout^ ftéquenjté(»;pa<^.les, i»viiv(^,.1l:faat fl» «és^r
ifrâ>de«(ipoiAta dépendue doQUra les, agr^aidqs idea
itottQs>«nnaaii«s^ .bU}Ma,c9i$awe^ piii»aeiit,uouiMl
un^ asile ^ik^ ^ 6^ du iMutidas^crK^bavs Jeiira fri^lûei*
taups^. gM6Ueff .tfioeiStapuildDt)^l^ur! {kraidi pDili» fil
saibip ail pabtâga^. Vi^ guarpa'de où ipatneieM/bb gaule
cfveM^ua^jrtegaiHliMscabiineipoteibla atiàvftkitageluse
pour la France. Au premier coup de canooiidiuàd
guafrte. BDaniliiDâ^ de nQn))|re|iMs ^titea] frégetes
etd*aiitirat( siavirls d'uAimûiodiraitobitaga auboré^
o€tinman<J|és par |de$iJllonlin«siinteépidea^ pourrôiMi
auMorabër ;le^ uQs-apmalo^iaufctesv îmaia.tikâaaYau
ilS' âtupon 1 1 laili im tari cent fais; filua oairiÈ^ëràUa ail»
coûittônce ; eun^ibi » et pouil ae igftratttip de kors Vlr
tehiiéa ^ila aurooi forcfè :no(^eiriifale<|i/dasMis^d;a]>>
TSi&anmksk diffîoildsip(lll^ l'étaévda afa)fiiiaiiQds«^ii ^
f . >QUelq4ûe» pbintside*rèlàibe oui <»çs< aotaaîM» < puts«^i
semraiQenôr]£iirapp8tt&/dép0i^rJ6brsrppiaoiiûkra^'
reparlai ^irjs)pecte&^ ra^itaiUer. «tfroaMftHeVei; leurs
équi|iagas))< qui|» leur <|)«ffnfatl6Rt id'attantlfe' aQ;'3û«M
raté la m&mpùt iBvofahle ponc £iîrû Je plui. »da niai»
paHsîb|le ;^t ida^tprofitôr d4attiri9Q(e'tanoea quUwoa^i
rofiit;r)^nonii à>ft6 déc^uvftîr^uiïiyn pc^tip^Hin sdlavi
l'y aua<}t»6r,$ dd par ëiUQMtatipiuls dis-ja^ ne petpent >
être qua; irjèfiravMtasawi^s ^<€ftf iddf uatt^ i i{\ àasur^^
que renonçant sur mer à lutter constamment >d*
éfi' dëtaii; «tf'bfiktil l€«=ve8iGfort« quÎBoqt i9i béàé
'*Nuu0^fiPottimës^Mln éiiebi»ei'^ipMiéct6rHd«iiooio*> ii^^iëi ël^ ^llséër grand ^^mfcpQ /ai >a68ex;i«féntaij^eut> sëMtinff t>t^<îéèid 'l^ ha{!eel«pi^efiliil3«ii ^rtOHt'OÉ' if j^ttrl^a He "i^^seDtèi^i Dansr tes ^méri^ de rindè ^' danftl c«ile!d't(|er'€hkiê , nos crbi»eiir6 liéitrobvebt f^nmm^ àti«d* pè*t de 8é<îOÙrè>;^d.afifsie Vastes atHj^hip^t I«^ dlôn ôtt tant d'îfltérêtS^^nl'él^gagés, 1^^^»^ ttè' paisèdé (jag lin seuFilfeti de riepôs j)ou^»è^ ila^ilie«V lès Anglais , déjà riiàttrèd dé la ra^uièâëlVfhâ&èré^ rétttVéfe du ^rand Qôéari, »e vlèùiientUls pas' ili' /imposer de ïiouteati aux tertres incultes des;.'Ma^ Icniitiés ; côlfnniè i'M VbtilaSetottoipj^rirhëH f«ot^ léS- Arcfeé àia?î(jliîès dé' r!Eur6t)é liâtt*r^AltoiMl4l«e»stti.î loniië pai^ 4éurè flfottès'î'Tttdt^^^ PétaWWsiiil^tti fôhrié? â'6x ileâ MarqfUîééS'éï'dete «Wî«léV"^taf 'de? Cottililet cette ïâbuhèf dariii lës'ttiérS'dil «ttd' • à 'tm^. ièf^ !é9ifc[tiëlles te' pet^ôëmeH t dé' Fisthltié 4é f^VnÉfi i ptméi dâhs/ VinvéÀitxïtïë frtliïé ùoiivelèë «pout lèS MM tî'rés-d^ tiîniïhèricie dSé tdu'tèigites natitiris; ^' '- " Si 1a"Prân<ie véùr riélàbHi^ èa pulsisartbêr îsui^ ttttai,* ei' s'ésstir^t^ des bKaHces dë'istfciiès dah^ tinë' g^ï¥èf maritiïrië,' êl& hè' i^if'^tiiÀt'à'sirm voiedé ' î^Hgrk , ' elle ' ne M¥ j)às perdre' dfe Vùë ^ue 'lé^ êtabïisàerrMsnts dkbsl'Oëëànîe 'hb'fiéùvëht festiar ' isolés ëi sëpaï'ës de nous par une trbvel*sèé de
?6 DE Uft/ftOftMlBAilON
emql lablfi} <sipe'>aue<m>ip0int é^r^ék^ÀwMtméz diaîMw'- • •■<•»••'■!.: I . ■ *•..!.., > Dabs lebas d'une' gu6^re^iSuiYa|lt toute prolMibi-t litèj lefc jfvafhières^ attaques; de rednemî daoB lea mers du Sud^ seront dirigées 4X>titre nos po9$e»sionft océanienlnes ;*ik>iis aillons d&oto ckEelreher à examiner quelle réfflstaneet elle^ poorraieut^opposer, et quelles. SM^aient le^ iforlîfieàtionb ^u'Il lau^raît élever, pour ha .tar\eiti«. èniétat de^e défea^rei Lorsque nous airons. parié des ties Marquises^ nous avons fiait remarqfuer que ees tles étaient défendues contre toute: ÎAYasioa étï*angère par la nature même de. leurs cô*, t^s^quàne peipcnettentl^ débapqU(&Qûient que sur un nooibre de ipoint^ fort limité. N^^is ayons signalé: ' qjiiéls S(onl Jes lieux qui auront besoin d'être protégéâ{>air d^s tmv^Mtx d>rt.et de l^riUjterie, nous avons inslist^ surtput 3ur le peu d'utilité qu'il y a\aità met-i tre.éga)0me0t. toutes les îles de Cjpi|^ archij^l en état^ de défera r. lai possession de fa grande* lie Nouka*^ 9i^'^{d$yant nécessadmment av^ç le temps, laous as^i surer pre8i((Qe â^us etfprts cel(|i$ des , autres îles. Lors-^ q^e.ndUs t^itii^ns cçttç question , nous ne pcàu\ion;s préivoir }a syite des événement, qui ont rangé sous^ notre d#mii«tioi^ iesijmp9rtan|je& îlçs de laSo^été» eVjRftU<5 .^voo^ jffême. exprimé . à P^ sujet un regret qi^.]jiou;i,ni'^ypps pjuslieu d'éprouye<^ aujouri^'hui,^ Les, lies Marquises dont nou$ signalions alors Tim- Pftçtaupe.flQipHpe colQjaie militaire, tant à cause dq Lejur.pofitipn^dans les^ mers du^Sud, que par les f?lieili^,é^.,,qj^'eA\çs préseptent pour . leur défense ,,
dlTr" ,^
n^offiril^Hil pins que peu de ressources éoui» Je point de vi(e de l'industrie et même souscefuiée^ ta ina^gation. En effet les ports n'y sont ptas^néW^ breux et' leur^ ^m^nsion est restreinte ; le lH:^ts ly e⣠rare et ne saurait être employé pour les' construo^ lions ; les pktines* n'ont ique peu d'étendue ; et entin^ to poimUtiôn rqui leshabite ^et qui^e^l! sofimi^ A» un grafnd no«(ibre de ohe& > ne peut oflGriF (|4e>des^ adrerspiresé lu ei\Uk»atioikv: pBÔtaàiS>'op^oser'et'àt nôire.'à'SèsefbrtSK M. - » .',..-/.. r.. ....k ' ^ l
Lesllesdé i^ Sqciétééchàppeiit.à^tbu» cesiinopèvé^^ iiients i Iles: ports y booft tasiés. et nombreux v; ses» fti^ rets peùvént^ourniir «des. maiérîaox de couptruotion) d'une oertaînoiimpottance y ses pls^^nes sont, vastes bV féebndesjet sa populatton déjàployée à^ robéÎB-<'> saMO d'un pouimr» reeoaaii ,, n'attend plus -qu'une, sage idJrection pour entrer dans . la wie de la mlUsa^^ tioft et pe«|r tfendDe des services utiles à s^sprôgrèsi; Aussi lés avanlages qpie promettent à> la Franoe «e» He^ ricfaes^ sous tous les rapports, sôntâncontestebteë Goniparativement surtoutà o&qu'elieppuvaîtattenâre de ses étafalislements. su^4es Manquîsesi fixais d'un autre côté,; leç/.iles àt» ^W Socdét^^ abordable^ presiiué' sui» tous les points* de leur oôte^j udq fois que l'on a doéblâ les récifs qui les entourent,» seront plus diffîcifes.ii conserver, et à défendre contre une agression* puropéeriQe^ • * • • -
Oâi la F4^iioe devait songer^» s'^étaUir soflifefneHt sur chacune de^ lies 'de< la Société qt des tlés Pomo'^ touy lës>dépén$e8»néceésaires pour ^mwgn4 eQ, but/
W i>E M çQh(m\»Anofi
gran/d dévelt>ppQii(^at 4â.aôt6$tMfKigep»itdQS/frai9r é«Qr,ine$,p<wr gtiraptir «9» teccitoif^-de tQUïa t^n-n l^tiNQ dedékorqtidmda^. £^a(dtHiie avite 16| tfimp^
wfa ^ppisiltfDe ii»kporiai)Gô âuf&iaîite pair' don comn lûefce «k.^>)ftoinbfâMd^SHaftm*gês dàok À^tp^Hr^ les habitants eux-mêmes sentirpai te JbisàmMdcr s4^ 4éi^iÊiàn^ M de/;garaiif in teiute pK)pk*iâtéft l icanlre uiM ooup /de iihain^ ;)maiâ idaM^i'^alNaftodl^-^nousi Qrogtons iqii^ iaft mocè ^iti oûèct otrei^bMlato^ atnn \m jseal /points slj-^^tablir âûlié8ipûbt<(d«ti imQÎàrë> k.A^ pou Moin eo â|tré [ ehaiaée / Taqil€|mieDta ^ ^t'Obnfi^r i .a:déi^aQ.dpâ aatfies<poâ»ÉS'è la gatdii df^âiiiàlui^*^ G'«idt de ItuteôiicoilrAtdb eSftf )qu6>c|eaiilBStd«ÎYf^i Urer tefiil priÉiei^àla résista^eel) sk&iUi qmrilM hàk bîtantav itttéiresaéaiàiifoio r^stof ch^;€iift/lâ4(>itttimA tkiii fnuiQaiae, t réaatsyeqt; >lettris --cifoiiaauS) tMvpeit françaÎBeapour p^poiii^er T ennemi en €aa4!atta{[uar. , ifTiaUi^^iar^SASidiîmàûsiotis^ la pitthsas^dôbdù soi, Ik beaiili «de ses. |>onta «t sa p^^lation^^ «est à iellle saute: plus pQiteûnCat[U6:tô«t^ Jet autres lins dtf .T^up*^ çhipâly o'<e6t ta qpe doit êlrë le fatégerda^uv^Rse^ lûfint^ français. Papeitl offre le tmetileûrlport jOOBftU'. sur tout le pourtour de TUc^rla yiUe^qui 4i'^al jâlev^ft i^UB «Miftardâ<:!Dliio)6?par enehaniettie^^^^ et :qi«i O^à aujpuisdJbui x^mpte près de 40O Mrûp^eoâi aat lauaai leiaiég^dungoiiv^^liii^ieatdela rôiiMaîafdflia«£ttpw&î
. DAM» 1. MÉANII. :<^ W
(;ci6»deil»doHMiier la pavillûnide Là FrjiMd fNrôt iaip^ piiysr 3i» pourrpic! indigène^ à te idirigerlQuA 6» fe oowmat desod) protedAraU.
Un^ 'fak^t rapable darôsiâter èfUno UxMip«* «veno^ pâftérye et sans piàc^s destége, <kKÎt>iD6Urela.gar^ niiMmet le gouvernement français à l'abri de toulë attaquei M nide'Bdraiaoile à défendi^^ quelques bftUèriee4)iên:éuMi68 sur lllot qui gande la paB^e, su^te ffén^îf qui en limite les oivreirtbrès^0t (jui |Arô« aëûtë'uifiê bbfte selidb» to! niteàu de la. met')i^eoka^ mmémma im Biviréis ikk> fort iMdfe q«e» les pièoeq du fevt , (|uelq«teâ canmdiAM^mamdeftibatii»^ k^^ mi^ mt ik plage ^ déibndM^ni te< mouillage. Là* forme dé lllè'iiè p^tmetti»âitietifaft8par« de Tat^ tlilerie ft des>tMiupeâ déiiarqiiééa'que; le lotigdô lu plage; eteutîore, de distancé eik dlât^atice , il ettstd déd ésbàfpemettu ^^ tt^yèn de^uel^ àteo qoel^ôjîli ifWtkWL d'âil il »«rdii focile de batrer le pas(dâfg«; '
DMis l«ïi gderres ^«i d^jà «nt démêlé Ifidti^ le* habliftttttf otft -toujôiiw feit pwu¥e ^^si'n^' dl«dji^ibe t«màtq[«i^bl6, ë<IHMit tth4^ UH pe«|)le9âil^ nigÈi\ i'<*éiisanee aveugle qtfas oht t)oui5'leui* chef, leùri dé^aemëHtAfième'&^'Iar eiiu^e. ^'il§ défendaient, sont une garantie deletff fUcilitÔ i'Séf l>loye^âux eiereîèes et à 4«^ diseipHne militaire: X)\jAk Famée indigène fiui^, ttttuft le tttpùsi d*Vfàît eirStei^ tat dés ^11^ daitis rîiitéfét'tfu pay^ et d«ins^ «eliir ttitfkéAémwe goiiVëriiement/ H (M 6i<gAt^àit fà ^alti Une espèi^e ;^dè gat^é nttiôHâHi Mnkitiitiddéfe jjptftf dM Ëtifiti^tts'/bién que\«6umid
90 DE. Ll^ CCl^ONISAVfON.
à ricnpulsiûfiLi^ che£ indigène qiie noAis 4)0iiifi*att(er ebevioBs^ on pourrdt, en cas d'attaque, retirer de, grands avantages pour .h. défieiise^^de ced.hoffiiHM» qvu "cei^katsBaat; parfaitement Ie$ lieux y har^lepaieni eonstainmènt ji^'énnèknî, sllpnepafvensâonl.^. te jrepoQssieir» et qui rendraient ljrè8*'hasard^tite4oute'. tentative d'attaqué par terre après un débarquement. , Une foiis que Ie;gouvôrnem6at T^ïti^n isera hi^fiti é(aUi.> ^t <|U6 la France aura^s^uré soi^. wtiiimc^sw:. la femille régnante et sUr lea chefs çQp^vnw^nl\fi^. proviAcea e» soû nom, »otre gottverneqr dainf c«Si étBblïtàm^mi^ pourra W*jj(»ur^,. en eas dlhos^iXité^; <jii$po$erdetirquppaiaipof^aniesj pour .çi'einpaçer 4iÇi. C4?8lle«! owpôury délru^re notre autprité, ilfau^wp. qtiel'ennqnvi pût aussi disposer danscesi qf^erst ^, forcpç CQnsifJép^ble^ et d'une armée nombrei^se de, dél)^rquenie»t, <5^ qui pera touJQyrs, difficile et ^rèsf. coûteux à c^M^e du gr^nd élpignenieat de c^s j^rre^.j Çn9làji a\^x aiitr^S: Iles qui dépendent de Ts^ïtî, Tavepir s^ql ijjidjlquera, quelles serpntcellei^ qui auronf; be^ o^f d'éjtre protégées d'une manière, plus efficace» Ç^ela» 4pp^dra tout à fait de rimporlancfi qu'eileis ^reur/ dro,n|; par \d^ S|Uitg, et q^*il n'est guèr^ pps^ible ^e prévoir aiVJaurd'buL
APJPMni'bui , l^Fçanqe dpit^e borner à ejatreteniiT. dan^ m Mes quelques agents chargés d'y eKercgr i^Lue s^urv^illapce: active etçl^ disposer les esprit^ ^. potre faY^ur. l«'.île jEinkeç que qu,çlflues..UeMes sç^l^:, mept garent de Papeïti^ doit attirer' cq^is^n^çi^li Vati|eRjlipn.4u..gopyeffne^ept5 Jeç a^trc^ilp|..4fi^,m.
DANS l'oGÉANIE. 81
Société, telles que Raiatea, Wahine, etc., donneront naissance avant peu à des établissements importants, mais il est peu probableque les îles Pomotou, qui promettent cependant de grands avantages à la colonie^ à cause de leur nombre et de leur navigation , néces*siteqt jamais sur leurs côtes des travaux importants. Généralement privéesde sources d'eau douce, ces lies ne possèdent que fort peu de puits, et si les navires qui fréquenteront cet archipel doivent prendre terre quelque part avant d'arriver à Taïti , il est bien plus probable que les tles Gambier seront leur lieu de relâche. Un petit poste dans cet archipel à peu près français , grâce à nos missionnaires, limiterait notre autorité dans Test , assurerait notre domination sur les lies Pomotou , et enfin garantirait ce point de relâche pour nos petits navires coloniaux, qui à l'avenir fréquenteront ces parages. Ce poste avancé nécessiterait du reste peu de frais, et n'aurait qu'une faible importance , en harmonie avec^le peu d'étendue de l'archipel qu'il serait chargé de surveiller et de défendre. Ainsi la France devrait, suivant nous, s'assurer de ses possessions par trois stations militaires, la première et la plus importante serait à Papeïti(île Taïti), résidence du gouverneur, dont la présence est justifiée par l'influence qu'il doit exercer sur le gouvernement de la reine , de qui dépendent les plus grandes et les plus riches terres. Les Marquises conserveraient encore un poste important dont le siège serait à Nouka-Niva dans la baie Anoa-Maria ; il serait.chargé de la conservatiot
de l'archipel , et enfin il y aurait aux îles Gambier un simple poste d'observation,.
Jusqu'ici nous nous sommes occupés des a van* tages que nos colonies pouvaient offrir à la mé« tropole, sous le point de vue industriel et militaire, nous allons rechercher maintenant quel peut être le développement probable de ces lies considérées sous le point de vue agricole. Depuis longtemps l'amélioration du sort des criminels renfermés dans nos bagnes et nos maisons de correction préoc* cupe nos philanthropes. En voyant la France coloniser de nouvelles terres, et s'étendre au delà des mers, l'idée d'un établissement pénitentiaire a été souvent émise.
Il n'entré nullement dans notre pensée dQ discuter les avantages que peut offrir le système pénitentiaire employé par l'Angleterre dans ses colonies austra^ liennes; nous dirons même plus , c'est que nous croyons que des établissements de ce genre sont un bienfait pour la civilisation et qu'ils préparent dans l'avenir des colonies puissantes aux nations qui les ont fondées; mais au non|i de la philanthropie, au nom de3 intérêts de nos colonies océaniennes , inséparables de ceux de la métropole, nous repoussons tout établissement de ce genre dans les îles Taïti. Au sujet des Marquises, nous nous sommes occupés de cette question , et nous ne nous répéterons pas ; mais s'il est vrai que dans les lies de la Société, on pourrait utiliser, au profit de l'agriculteur , et même pour des travaux entrepris par le gouvernement ,
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les efforts de nos forçdts, il ne faut pas oublier que le peuple qui habite ces ites est encore un peuple enfant; que ce sera surtout par l'exemple d'une conduite régulière, et du travail^ que l'on pourra amener les indigènes à des moeurs meilleures ; et qu'enfin , en portant la civilisation chez eux nous devons leur montrer les qualités qu'elle engendre chez les hommes policés^ et non point les vices qui la souillent. Nous n'approuverons jamais la création d'établissements de ce genre qu^autant qu'ils seront fondés sur des terres à peu près inhabitées, où Tin-" dustrie, le travail et une conduite régulière pourraient aider les condaùinés à obtenir le pardon de leurs crimes, et permettraient de leur rendre la liberté que la société, dans l'intéfèt de sa conservation, avait dû temporairement leur enlever. La présence des forçats au milieu des indigènes si im* pressionnables et si faciles à égarer, ne pourrait manquer de porter la démoralisation à son comble, et de produire les plus funestes résultats.
Sans doute, l'agriculture aura besoin de bras pour se développer dans les Iles de la Société et pour ex^ ploiter ce sol fécond, mais c'est parmi les naturels et les colons libres qu'il faut chercher les cultivateurs; c'est en honorant les indigènes qui se livreront aux travaux des champs, A'esten imposant aux Européens qui auront acquis des terres, le devoir de les cultiver ou de les faire cultiver, que le gouvernement doit aider le développement de cette industrie sur laquelle repose la base de la puissance et de la vàri-
table richesse de la colonie. Sans doute pour arriver à ce but il y a des obstacles à vaincre,* il sera même probablement impossible d'obtenir ce résultat immédiatement, mais n'oublions pas que la patience et la persévérance furent toujours les qualités essentielles du colonisateur; et que les HoUandiais qui possèdent les plus belles colonies du monde , ne sont parvenus à les fonder que parce qu'ils se montrèrent toujours opiniâtres et prudents. Les naturels sont aujourd'hui, il est vrai, peu portés vers les travaux des champs; la chaleur du climat, leur sobriété, le petit nombre de leurs besoins servent à entretenir là nonchalance qui forme le fond de léUr caractère, et cette nonchalance leur fait envisager avec dégoût tout travail pénible; là cul ture des terres n.e peut avoir pour eux que fort peu d'attraits. Ajoutons à cela, que, comme presque chez tous les peuples sauvages, les vertus guerrières sont les premières que doit posséder celui qui veut s'élever au-dessus des autres; les Taïtiens possèdent une aristocratie puissante et ancienne, mais aucun chef ne. saurait prétendre au respect et à la considération de ses sujets, si déjà il ne s'est fait remarquer ou s'il ne descend d'une famille remarquable par ses exploits militaires. L'agriculture fut toujours l'objet des soins des esclaves et du bas peuple ; il faudra du temps pour détruire ces préjugés, mais il sera donné à ^a civilisation de leur faire perdre de leur force dès le début et de les détruire complètement avec le temps.
L'amour du travail est le résultat d'une habitude
DANS l'océanie. 85
dépendante de l'éducation , et tout à fait incompatible avec le genre de vie que ces peuples ont mené jusqu'ici. S'il s'agissait d'amener aujourd'hui la population de Taîti à subir volontairement les rudes épreuves de la vie de l'agriculteur, la chose nous paraîtrait difficile et peut-être même impossible; mais si par une politique sage, l'on sait créer des écoles agricoles pour les enfants, en ménageant à ceux-ci d«s avantages réels dans l'avenir, si on sait diriger leur éducation de manière à les pousser de bonne heure au travail , si enfin on parvient à le leur faire aimer en accordant aux travailleurs des faveurs et une sollicitude constante, en leur faisant voir un bien-être assuré dans l'avenir sans cantrarier leurs goûts, nous ne conservons aucun doute que l'on ne puisse avec de la patience amener facilement ces hommes au travail.
Les îles Java, Sumatra, etc. , aujourd'hui exploitées par les Malais sujets de la Hollande, n'étaient pas mieux cultivées que Taïti au temps dé leur conquête par les Européens. U faudra peut-être attendre la succession de plusieurs |[énérations pour arriver aux mêmes résultats à Taîti, mais il y a tout lieu d'espérer de les obtenir; il est nécessaire surtout d'éviter que la population actuelle , qui est entièrement incapable d'un travail soutenu, tombe dans l'abjection et la misère , *par suite du mépris que les Européens pourraient lui témoigner; car ceux-ci, guidés par l'intérêt et conseillés par l'égoïsme, repousseraient les malheureux indigènes comme inu-
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XïIqu sans ^'inquiéter peut-être des ressources qu'ils pourraient fournir à la colonie dans l'avenir , par «uite d'une éducation mieux dirigée dans le sens de la civilisation. C'est là l'œuvre du gouvernement , et nous ne doutons pas que dans peu de temps peut-être » Taïii sera couverte de riches plantations dont la culture, sera confiée en partie aux soins Sies naturels. Déjà, la population taïtienne est éminemment propre à former des, soldats et surtout des matelots ; il ne dépendra que du gouvernement de s'en servir fructueusement , tout en satisfaisant aux devoirs de philanthropie que nous impose le protectorat que la France vient de garantir à ces Iles en les couvrant de son pavillon.
Depuis que toutes les nations civilisées de l'Eu*rope ont prononcé l'abolition de l'esclavage, on s'est vivement préoccupé du sort de nos colonies, lors^ qu'elles seront privées du travail des noirs. Sous les zones tropicales , où un ciel de feu ramollit pour ainsi dire les fibres nerveuses des Européens, et les rend impropres à des travaux pénibles , la culture de la terre fut toujours \ç partage des esclaves ; ceuxci, indolents par caractère et paresseux par goût, ne se sont jamais livrés au travail que par contrainte, et tout doit faire prévoir le moment où chacun étant libre entièrement de travailler suivant ses penchants , les planteurs colons seront peut-être dans l'impossibilité de trouver des ouvriers qui moyennant salaire voudront bien cultiver leurs plantations. Quand on étudie le caractère des noirs, on reconnaît bien vite
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laur pea d'aptitude pour la vie sociale, où chaque individu excité par les besoins qu'il éprouve, et inquiet sur ses moyens d'existence pour l'époque où la vieillesse détruira les forces qui pourvoient à sa nourriture, (oit des efforts pour augmebter «son bien-être, et s'utilisa par lés services qu'il rend à la société, en seirvant ses propres intérêts. On ne retrouve'cfaex les nègres presque aucune de ces quali**tés de rame , qui fojit mouvoir le corps , et devien-^ Dent les principaux ressorts de l'activité des hommes dvilisés. Leur sobriété les met presque sans efforts i l'abri des besoins journaliers ; les seuls plaisirs qu'ils recherchent sont ceux des sens; ils n'aiment de no* tre civilisation que le luxe des habits; et encore pour satisfaire leur goût à cet égard , ils auraient be* soin d'une prévoyance qu'ils n'ont pas. Tout ce qu'ils ont pu se procurer dans la journée est dépensé, sans jamais songer au lendemain. Il suffirait de consulter le code de Haïti , pour se convaincre que la liberté des esclaves une fois prononcée , les plan*teurs colons devront compter bien plus Sipr le travail des ouvriers européens pour cultiver leur sol , que sur celui des noirs pour qui \è farniente est le premier bonheur qu'ils rêvent.
La questi(»ide savoir si nos colonies peuvent être exploitées par des cultivateurs européens, est loin encore d'être décidée; les derniers projets du gouver^ nement sur la Guyane française, ont donné le jour à plusieurs ouvrages remarquables où cette qpestion se trouve traitée ; mais quelle que soit l'opinion que Ton
se soit faite à cet égard , Taili , par la tem]>érature et les vents réguliers qtii viennent renouveler Fair de ses côtes, échappe à tous les inconv^ientsqueTon a reprochés au climat de la Guyane. Là, en effet , la chaleur de la journée, qiii dépasse rarement du reste celle que nous éprouvons en France pendant les fortes journées d'été , est tempérée par une hrise fraîche et agréable qui renouvelle Fair constamment, au moins sur toute la côte orientale exposée aux souffles des vents alises. On ne respire point de cet air méphitique qui sous la plupart des zones tropicales^ est vicié par le contact avec les détritus des végétaux dont la putré£siction est prompte et facile, grâce à Thumidité jointe à une grande chaleur. Le climat de*taitièt des lies de la Société , passe avec raison pour être d'une salubrité remarquable, et dé tous les points couverts par notre pavillon dans rOcéanie,1e$ lies Marquises seront probablement celles dont le séjour sera le moins favorable. Les hautes chaînes qui garantissent les petites plaines du souffle si favorable des vents, y concentrent la chaleur, et sans doute la dyssenterie viendra éprouver le tempérammit des Européens non acclimatés. Enfin, dans les lies de la Société, nous sommes convaincu que les Eurepéens seront aptes à la culture des terres; la chaleur y est très-supportable, et le sol fécond promet de riches récoltes en retour de travaux en général peu fatigants.
Nous n'espérons point, pour cela, voirde sitôt les tùvèis qui couvrent encore ces îles, s'abattre sous
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la hache de l'Européen, pour ensuite se couvrir de cultures ;.non : les émigrations des cultivateurs sont rares et difficiles en France; Thomme laborieux qui a voué sa vie à cultiver les champs^ est assuré de conserver pendant longtemps encore une existence tranquille , en exeï*çant son industrie sur le sol français qui manque dé bras pour produire tout ce que sa nature et son étendue comportent. S'il a de l'économie et de la conduite, il préférera toujours arriver à Faisance sur le sol de sa patrie, bien plutôt que d'aller subir les épreuves d'un long voyage sur mer, qu'il redoute sans la connaître, afin d'aller tenter uneentreprisequi ne lui offre quede rincertkude. L'Algérie, qui est à notre porte, rt'attend-elle pas en-f core des cultivateurs pour imprimera ses vastes plaines le sillon de la charrue? Sans doute, le gouvernement recevra de nombreuses demandes de passage de la part d'une foule d'individus se disant cultivateurs et désireux de se fixer sur ces Jles nouvelles pour exploiter leur industrie.JMiais bien peu parmi ces hommes aventureux, une fois arrivés à Taïti , voudront cultiver tes champs de leurs propres mains; les uns manqueront des outils nécessaires pour cela, ou des prepiiers fonds indispensables pour un établissement agricole. Aucun ne se sera expatrié pour commencer une entreprise agricole avec ses propres forces , chacun aura compté pouvoir se procurer des ouvriers dont le travail doitbientôt les conduire à la fortune; d'autres n'auront vu dans l'industrie agricole qu' un prétexte à l'agiotage ;.des spéculations commer-
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ciales à réaliser sur l'achat et la revente des terrains; et^ comme dans toute colonie naissante, les bras manqueront pour exploiter le sol, car chacun aura fui sa patrie pour devepir maître sur la terre étrangère^ et non pour y rester ouvrier. Mais peu à peu, cette foule d'émigrants disparaîtra de nos colonies en y laissant des enfants qui nés sur le sol, s'y attache* ront, et qui plies dé bonne heure au travail , iront demander à la terre une fortune et une aisance que leurs pères n'auront pas su se procurer. Une nouvelle population entièrement européenne ou mélangée avec le peuple primitif, prendra possession du sol de ces îles» et alors, grâce à leur climat, ffràce à la richesse de leur solv nos colonies prendront un dé-* veloppement important.
Déjà, en effet, Taiti s'est fait connaître par la bonté de ses produits, malgré la nonchalance de ses habitants et leur inhabiliic pour les travaux de l'agriculture. La canne, à sucre des îles de la Société est reconnue comme étant d'une qualité supérieure ; déjà même la réputation du sucre de Taîti est tellement établie que, sur certains marchés i où en Ure parti pour débiter sous le nom de sucre de Taïti une quantité de cette denrée dix fois plus forte que celle produite réellement. Le tabac et l'indigo y viennent facilement, et ils méritent encore d'être cités pour leur exceUente qualité ; enfin , le coton , le riz de Java, le curcuma, le café, les épices^ le cacao/ l'huile de cocos, dont l'usage se répand en France dans les fabriques de savon sous le nom d'huile de
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palme, etc. , promettent aux cultivateurs des produits considérables. Les bètes à cornes et tous les bestiaux y proq)èrentadmirablen]ifcQt; leur écoulement y est presque assuré par le grand nombre de navires de passage qui viennent se ravitailler à Taïti, et un commercp plus étendu ne saurait manquer par la suite d'étendre considérablement cette res* source de l'industrie agricole.
Le grand éloignement de ces colonies ne permet pas de supposer que leurs produits puissent jamais se présenter et s'écouler avec avantage sur nos marchés, concurremment avec ceux des ^n^ tilles ; mais Taïti est trop à portée des colonies anglaises de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande^ des possessions russes dans le nord , et enfin de la côte orientale d'Amérique, pour ne pas avoir beaucoup à en profiter. L'écoulement de ses produits, lui fera toujours assuré si , par des mesures sages , le gouvernement sait aider l'industrie agricole, sans arrêter ses progrès par des prohibitions funestes. C'est id le Iieu.de dire un mot du commerce actuel de Taïti ; et^ à oe sujet , nous citerons textuellement le tableau tracé par M. le contre-amiral Dupetit-ThouarSi dans son voyage sur la frégate la Vénus.
€ Les ressources commerciales de ces lies sont encore très-bornéçs ; cependant environ quatre-vingts bâtiments baleiniers ou de commerce visitent Taïti chaque année , et il peut en venir vingt de -plus dans les autries îles de ce groupe. Cela peut donc faire ensemble cent bâtiments, dont chacun, l'un dans Tau-
tre^ dépense 500 piastres (1), ce qui donne un revenu total de 50,000 piastres. Mais ces dépenses sont acquittées dans une proportfon trè^-grande, qui varie du tiers à ta moitié , en étoffes ou autres objets d'échange, de sorte qu'il n'est pas probable que plus de 25 000 piastres en numéraire soient mises annuellement en circulation dans ces iles. Les autres revenus de cet archip^ ^ composent de produits agricoles et de ceux de la pêche des perles; ces ressources seraient immenses, s'il* y avait de l'industrie : malheureusement , dans l'état de démoralisation où est tombé ce peuple, cela se réduit à bien peu de chose , et il n'y a pas dç progrès à attendre sous le double rapport de l'agriculture et de l'industrie, d'ici à longtemps.
» La fabrication du sucre cependant semble augmenter sensiblement, mais ce produit deviendrait un article d'exportation bien autrement important , si l'on encourageait les blancs à se fixer dans ces îles. Toutefois, jusqu'à présent, cette fabrication n'est point considérable : voici à peu près ce que l'on a exporté par an, et cela seulement depuis trois ou quatre années.
(1) La valeur intrinsèque de la piastre est de 5 fr. 37 c.
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