‹ Îles TaïtiChapitre 25 sur 33 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

.Socro

Hailo de coco inow-root. .

fDe Taïti

es lies; droits et

IVEimeo

De Raiatea. ........

De Taïti

D'Eimeo

lyHuaheine

De Raiatea et Bora-Bora.

De tuâtes les lies

Dépen DrcM

ses de navires fréquentant ] risions fraîches

|vain

ji Les quantités portées au tableau ci-dessus représentent le revenu de ces îles dans les meilleures années ; ce revenu pourrait être augmenté de beaucoup, car elles produiraient facilement avec les habitants qu'elles ont actuellement :

Sacre 2,000 tonneaiiz éyalués à 160,000 piastrei.

Hnile de coco. 1,000 — — 75,000

ApTOw-root.. . 100 — — 8,000

Totaux.

» Tous ces articles seraient d'une vente facile , de même que le coton , le café et Tindigo qui y viennent très-bien , mais dont on ne s'est point encore occupé d'une manière spéciale. On ne peut toutefois attendre ces heureux développements de longtemps^ car les Indiens sont jaloux des étrangers, peu disposés à s'adonner à la culture, et au lieu d'encourager les

navires à fréquenter cet archipel , ils n'ont fait que mettre des entraves au développement du commerce en augmentant les prix à mesure qu'on leur demandait des denrées. C'est à un tel point , que l'on a été obligé de renoncer entièrement au commerce de l'huile de coco.

» Il en est de même à l'égard des étrangers qui veulehl se fixer dans ces îles ; les Indiens ne leur cèdent plus qu'avec une extrême difficulté la moindre portion de terrain , et encore n'est--ce qu'à des prix très-élevés qu'ils font ces concessions; ils suivent, en cela, les avis des missionnaires qui voudraienl tout garder pour eux et leurs enfants, et poussent, en conséquence, les Indiens à éloigner, autant que possible, tous les blancs. Un tel état de choses retardera indéfiniment la prospérité de cet archipel , car il est peu probable que les Indiens veuillent cultiver par eux-mêmes ; ils sont trop indolents pour entreprendre rien de ce qui demande un soin continuel, et oblige à des dépenses faites longtemps avant d'en recueillir les bénéfices (1). Ils n'ont point d'idéa de prévoyance , et sur les 140 tonneaux de sucre que l'on fabrique aujourd'hui 'dans ces îles, il n'y en a guère que de 12 ou 15 pour le compte des indigènes.

» La pêche de la nacre des perles a été, pendant quelques années, très-abondante et a produit des

(1) Chaque tonneau de nacre de perles doit donner comme produit moyen 4,000 piastres ; la valeur totale des perles a dû s'élerer à 32,000 piastres, ou en francs k la somme de 1 6S,840 fr. par an.

DANS L'octANIE. 95

valeurs très-considérables pour l'exportation. De 1832 à 1836 » on a péché plus de 800 tonneaux de nacre de perles dans Tarchipel sieul des îles basses Pomotou. Les deux tiers de cette nacre ont été exportés sur les marchés d'Europe où ce produit est entiè* rement déprécié; il n'y a plus à Taiti que M. Moerenhout qui s'occupe encore de cette industrie.

» Il résuite de la siftiation générale du commerce, qu'un bâtiment expédié avec une cargaison à destination de Taiti) ferait une opération bien aventureuse, car s'il arrivait après quelqu'autre navire, il ne placerait que difficilement sa cargaison , ne trouverait plus d'argent comptant sur la place , et il serait en outre exposé à ne pas rencontrer de produits indigènes pour retour, à moins, cependant, qu'il ne se fût entendu avec une personne déjà à résidence y et qu'il n'eût établi des communications régulières à des époques fixées d'avance.

» Une opération montée ainsi pourrait avoir de bons résultats, car beaucoup d'objets de manufac-* ture française obtiendraient promptement la préférence sur ce mai^ché, surtout si les assortiments sont composés sur de bonnes notes. »

En résumé, les groupes des îles de la Société, des îles Marquises et des îles Pomotou , nous semblent être très-importants pour la France comme position militaire; nos établissements sur ces îles peuvent aider considérablement la pêche de la blaleine,.des holothuHies, des perles, de la nacre et de l'écaillé de tortue; par la suite, ils peuvent étendre

le commerce de la France , et lui assurer une bonne position commerciale , en supposant que les archipels des mers du Sud prennent de Timportance , ou bien que des relations commerciales nouvelles s'ouvrent entre la Chine et TAmérique. Le passage des navires au milieu de ces archipels , assure à ces colonies des ressources précieuses; si jamais l'isthme de Panaifla vient à être canalisé, rimporlance de nos établissements • sera très-grande comme point militaire, et nos colons en retireront de grands avantages, bien queTaîti ne doive profiter qu'indirectement des nouvelles voies commerciales ouvertes. Comme colonies agri-coles, ces îles sont susceptibles d'un grand dé^loppement tant à cause de la fécondité de leur sol, que par les débouchés que leur position assure à leurs produits. Enfin, ces colonies, qui rentrent à peu près dans la catégorie de celles imposées par la conquête-, peuvent s'établir à peu de frais pourvu qu'on agisse avec prudence et discernement; et nous croyons qu'en admettant même que ces colonies ne puissent pas se suffire à elles-mêmes, les frais qu'elles occasionneront seront amplement compensés par les avantages que la France en retirera, en se créant des matelots dont elle a grand besoin pour augmenter sa force navale.

Nous venons d'exposer les avantages principaux que peuvent offrir à la France les îles qu'elle vient de couvrir de son pavillon. Nous terminerons ces considérations par un aperçu rapide des avantages

DANS L'0CÉA|<it£. 97

qiibe pré9Mt(»di, comcae colonies» Im auires arehî^ pels de r^OGéaàie encore indépendants, en les couif parant à ceux dont la France vient de s'as6urer la posMssioo. ^we ne no«s occuperons point, kidm caueeft qui peuvent déterminer une nation jà se créer des colonies nouvelles ; mais nous étaUitons qu6lle$ m>u$, les con^iératieniS qui peuvent fixer le choix (lu ^soloiiis^teurf lorsqu'il ^ décide a faire les frais d'établisse^iepts nouveaui:,.

En metUnt de côte les avantages qui nefisortei^ pour la inétrop^^le de toute c<^enie purefiaeat mûi^ taire et créée dams un biaA uaique de protectiM pour ftou cominercey epit mmé^àMfd, aoit da&§ Vavenir en fm de guerre, les «rvîees qu'eue naûon peut fe^ tÎMir de «es eolonias aeroBt toujours proporiîonnefe .au dIévekippeQaentqueaetteMî pourront prendre par l'Mi^roifisettenè ide l'agriculiwe, dti «commeroe, et dip J^Adostrîe. Le» sowcefi» de richesses d'une colonie lutiire d^ndfKmt : i"" de la nature du. aol, et de fet ^peuatilAdeises. pr^oduotionss ; 2''de rindttstite actuelle de 6és iiabilicits, etde^selie que l'en peut espénur après l'ifitooidbQtioii de àa let^UÂsatH» ; 3° de lafiilttatîen le- .onke, qui faeilite Teiqpûrtation des denrées , ou ieur coDsouMnalâon par le passage das navires ^ 4,* du cowtnœoe qui dépend non^seuleBWttt de l'activité des Àiikntante, de rîn^u|lrie^'que peut développer telle |É*odttctkMi pantiottlière au *sof , 6| % la prévoyance du •gaU^eraement., maif encore de ia pesilipn de lia ifiDluoil& cûoune entrepôt futuj* d'un coaunarce .étaang^ii^dQUteUeiaiottitecait Jes tcanaactîaBcu Edêh

la puissance fondatrice doit encore consulter la nature et la quotité des dépenses que doivent occasionner des établissements nouveaux , comparées aux avantages qu'elle peut en retirer soit sous le point de vue politique, soit sous celui du commerce et ée la navigation.

Malgré les^nombreuses recherches des navigateurs qui ont sillonné Focéan Pacifique dans tous les sens, beaucoup d*tles éparses restent encore à explorer, pour connaître les ressources dont chacune d'elles es\dotéepar son terr^n^Jadécoppure de ses côtes, le nombre de sa population et le caractère de ses habitants. Au$si , nous bornerons notre examen aux groupes principaui^.que nous avons visités, et qui, par la grandeur des terres qui les composent, pat le nombre^ des habitants» qu'ils nourrissent, sont destinés à 'devejiir les premières conquêtes de Ta civilisation. Ce «ont les groupes Havaï, Samoa, Tonga, Viti, la Nbuvelle-CalédonielBt les lies Loyalty, les archipels desNouvelles-Iiébrides, les lies Salomon, la Nouvelle-Bretagne, la NoUvelie-Irltnde, la* Papouasie ou Nouvelle-Guinée, les groupes des lies Gilbert, Marschal et l'archipel des Garolines, composés d'une infinité de terres très-petites.

Placées sous la zone tropicale , toutes ces terres sèni^ bleraient au premier abord, de^pif posséder les mêmes richesses végé^le^, variables seulement suivant la qUà^ lité du sol, et la quantité des eaux qui les arrosent. Cependant si tous 'les voyageurs s'accordefli à vanter . la végétation luxuriaqtedes lies Havaï/ Tongt^ Samoa,

DANS l'océanie. 99

Viti, Saloraon, Nouvelles - Hébrides ; la Nouvelle- Galéjdohie, dont le sol semble, se rapprocher de celui de la Mouv^lle-Hollande, ne possède que des arbres rabougris et une végétation faible et stérile, dont le noir feuillage ressemble à celui qui ombrage le vaste continent de l'Australie. La Nouvelle -Guinée et les terres sœurs de laNouvelle-Bretagncet de la Nouvelle- Irlande offrent le spectacle de fa végétation la plus active dont la richesse et la splendeur forment contraste avec les ai^bres souffreteux qui couvrent le sol de la Nouvel te- Hollande 9 à peine séparée de la Papouasie par un canal de soixante lieues presque comblé par le travail des polypes.

Jusqu'ici, le sol des différentes îles de l'Océanie n'a offert que bien peu de produits nouveaux qui

.aient profilé à l'Europe; le bois de sandal Èeul a été exploité par les Européens qui sont allés le demander à ces Iles sauvages. Les produits du sol de ces différents archipels sur lesquels doivent se baser les spéculations du colonisateur, dépendraient bien plus des végétaux dont la culture ne tarderait pas à s'introduire à la suite de fa civilisation , que des e^èces déjà existantes sur ces lies et jusqu'ici fort peu connues.

La ligtftur de la végétation actuelle, l'étendue des plaines , les eaux qui les arrosent et y répandent la fertilité, telles sont les seules considéra-

* tions qui peuvent diriger notice jugement actuel, sur l'avenir probable et la ^prospérité des produits agricoles dans ces lies k>rsqîie la civilisation y péné-

iOO • DE LA COLONISATION

trera. Sous ce point de Tue la Papouasieou NouveUe- Guioée occupe le premier rang. Comme (oOlc^ les grandes tetprOyceUe Ile, la plus longue de Routes celles connues , est arrosée par de grands fleuves qui traverfientdes plaines d'une fertilité admirable et, pour la plupart, d'unegrandeétendue. U est douteuiquecetle grande terre soit, pour ainsi dire tiomogène i déjà les dernières reconnaissances qui ont divisé cette terre en deuï îles principales, séparées par un détroit tréaresserré , nous ont dépeint la Papouasie occidentale comme étant formée dt montagnes bâtîtes et rocailleuses, tandis que les plusJ>elle$. plaines que Fou puisse voir sem bien t s' étendre vers la eôle méridionale de la presqu'île qui la termine à ïorîent : la nouvelle Bretagne, la Nouvelle - Irlande , lesi Salomonet les Nouvelles-Hébrides qui sont les îles Ve plus rappro-. chées y semblent aussi partager une partie de ces lichesses agricoles^ mais^ cependant nulle part dans ofs Ues la nature n'a développé autant de vigueitr; les^ i%Jlée< sont moîias vastes et n^oins garnies d'apbfes &liitiLers. Sou& tous les règo^&di^ la nature, torPapoua»sie semble, plus que toutes lesi autres. terr& des tropiques, avoir été privilégiée. ^

Les lies Samoa disputent avec avantage le titst pompeux de Jardin de F Océan ie, auecor<Éé ||tr tous les voyageurs à Taïti -,. de belles cascades traneheot sur la, teinte des montagnes efi répandent leurs eaux dans, des» pWn^st^erdo)^ntes*, Les iles Eavâïi na sfML * paoi sous lepoinli dû vWagjricole, de& »ivales se>duulabies pour ïaiAi *, ks- voyageurs» coai. d^^^dtet la

DANS l'océan». 401

richeHC tégâtale des lies Tonga qui , divisées en un grand nombre d'îles, ne ifrésentent partout ^ue des terres peu élevées et upiformes , et de vastes plaines courer les d'arbres fimitier^ , mais l'é^u douce y est rare et difficile à fiiire pour les navires de passage ; et sous ce point de vue leur sol convient moins que cei|iî des autfes archipels. Enfin les Viti offrent peut* être sur leurs montagnes \ies forêts moins garnies et moins ^continues que le^ iles Taiti, mais eRe6:pp|;-^ sèdent aussi de grandes et vastes pleines v ^^ ^p travail incessant des polypiers , qui nulle part ne se montrent aussi nombreux que dans cet archipel , promet des conquêtes futures à la végétation, à mesure *que ^sur la base créée par ces faibles animaux, des dépôts de terres végétales pourront s'accumuler.

L'archîpel des Çaroiines se montre aussi partout très-fertile, mais les terres qui le*conlposent sont trop petites, et la. plupart des lies basses qu'il renferme n'ont pour 'arroser les arbres qui les couvrent, d'autres eaux jjue celles des pluies, généralement très*abondantes k une certaine époque de J'année. De toutes ce6 terres tropicales, la MoBvelle- Calédonle et lés ties Loyalty qui les aVoisinent sôat les seules terres remarquables par leur aridité, leurs rivages ^ont couverts d'arbres Maritimes ef'le prix que leurs habitants attachent aux fruits, indique assez la rareté des arbres qui les produisent.

Je ne conteste point qjue dans la suite, avec le secours de l'agriculture, ces terres ne puissent devenir

fertiles et produire en abondance les fruits que la civilisation y introduirait ;4a Tasmanie et l'Australie étaient aussi citées pour leur aridité avant que les Anglais y eusséht fondé Içurs établissements ; mais aujourd'hui où il nemous est guère permis déjuger que d'après ce qui existe , nous sommes forcés de nommer la Nouvelle-Calédonie comme étant lapojnt de tpytc cette partie de lar mer du Sud le moins .pso^ré.^ une colonie dgricol.e. ** ^

....MaiiHeù^t, toutes les lies qui s'élèvent au sein ^**h{m**du Sud sont habitées par des peuples encore sauvages et dont l'industrie n'offre au commerce presque aucun objet d'échange. Elles n'appellent que faiblement la navigation su/ leuv rivage^ La pêche de la nacre, des perles, de& holothuries, et de l'écaillé de tortue ne donne lieu en effet, qu'à un petit nombre d'armements, et ne saurait jamais promettre uiie branche importante de* commerce à calise de l'écoulement toujourjs limité de ces produits. Le bois de sandal a disparu rapidement dans les îles où ij a été détr,uit sans prévoyance , par les sauvages habitants qui nont pas compris l'intérêt qu'ils avaient à exploiter cette production partielle sans, l%,détruire. La Nouvelle-Guinée a seule conservé une industrie particulière, celle de c^ter le monde de ces ricbis parures qui viennent ori^er la tête de'^nos femmes; n'est-elle* pas en effet la patrie de cette belle espèce d'oiseaux appelés paradisiers et qui aujourd'hui encore, forment une branche d'industrie créée par le luxe du monde civilisé.

DANS l'océanie. 403

Les hommes (}ui ha)>iient les lies de la mer du Sud y se divisent en deux catégories différentes , déterminées par la différence de la couleur de , la peau. La race jaune ou cuivi^ée occupe TOcéa* nie orientale et septentrionale, et les naturels à peau noire peuplent les terres occidentales des mers du 9ud. Quand on parcourt ces lies intéressiaintes , on est bien vite frappé de l'état élevé dans Técheile sociale, occupé par les peuplades jaunes "^ comparées surtout aux peuplades noires leurs voisines. Ce n'est pas que dans celles-ci on ne rencontre aussi, des j^pulations actives et énergiques, car nous retrouvons chez les habitapts des lies Yiti Un peuple entreprenant, régi par un pouvoir despotique, mais avec un gouvernerbent presque régulier. L'industrie même semble y avoir fait des progrès remarquables chez un peuple sau- ' vage; c'est là en effet, que sont les plus habiles constructeurs de pirogues , et les véritables fabricants des poteries océaniennes. Mais à côté -d'eux, et comme pour^ faire contraste, se trouvent 4es Tonga, .dont les excursions belliqueuses avant TintlH)duction du christianisme , s'étepdaient jusque chez les Yiti leurs voisins, et chez lesquels ils ont toujours joui d'une grande influence. Les îles orientales mêmes dont Laguemba est la principale par son étendue et * par le siéce' du pouvoir, peuvent être considérées presque comme des colonies tônga.

Sans contredit, parmi les r^es océanienne^ les» habitants des îles Taïti, Havaï, Samoa, Tonjja, Ca-

104 DE L4 eMLfiR«fS4TlON

i^oHne», toutes appartendnl à M raee )SHiiie^ éont* bien supérieures âottg tous les rapports aux sâttTâges iiègres des afutree» parties dé FOcéauie* Parmi ces derniers , les Yiti» ont atteint le rang le plus éleyé « dans l'échelle dont les habitants de l'Australie occuperaient le dernier échelon.

Déjà chacun de ces peuples a marqua sa spécia* lité par une industrie particulière; ainëi^ tous les ^ voyagears ont vanté les sculptures, les constructions^ ainsi que les nattes en paille des Havaî et de Taiti ; les Samoa et les Tonga produisent des étoflfes fort belles faites corames des tapisb veloutés. Les Viti savent préparer la terre du feïencier ; et bien qu'ils ne savent 'point la tourner, ils font des poteries de toutes les formes et de toutes les dimensions, qui rivaliseraient peul-ôtre avec les créations de ce genre des peuples civilisés. Ce sont encore les plus habiles constructeurs d'embarcations de toute T'Océanie. Les Salo- * moniens découpent TécaîUe d'une manière admirable, et ils s'en font des ornements d'un effet remarqtîable ; leurs pirogues et leurs bonnets de plumes ont un cachet* particulier que ï'on ne rencontre nulle part, bu- reste , leur spécialité réelle çst celle deja musique; ce sont les véritables musiciens de . l'Océanie.

Les* Carolihs ont inventé le métier du tisserand ; leurs étoffes sont de la toile. faîte commfe la nôtre et d'uçe grande solidité. Ce sont encore les plus intrépides navigateurs décès zones sauvages. Les Papous sont chasseurs et forgerons. Avec le produit de leur

t ebaMe (les oiseftux àe paradas), ite l^e prMtirim de l'argent qu'il» se hâtent de battre^ et de mettre en lingot», pour s'en faire des ornements. Il est aassi probable que la vaste terre de la 'Nouvelle- Guinée possède deé mines métallurgiques. Que Ton ap* prenne à ces peuples barbares à extraire les knétauk du sein de la terre, et la Papouasie deviendra la patrie des forgerons de ro^céarw.

Tous les peuples à peau jaune, en général , excellent dans Tart d%se construire destnaisons commodes et agréables. Les plus belles, demeures sauvages de -^ rOcéanie sont édifiées aux lies Samoa , Tonga, Taiti; celles des lies Viti viennent ensuite. Les habitants de la Nouvell^Bretagne , de la Nouvelle-Irlande , dé lies Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie demandent , il est vrai, à être étudiés d'une manière plus suivie, mais il est probable qu'ils occuperont toujours la dernière place industrielle parmi les peuples qui habitent ces divers archipels.

"^ Aujourd'hui, l'industrie n'est assez avancée che» aucuti peuple océanien , j^ùr donner lieu à des transactions commerciales ^ mais il serqjt iftiprudent de déclarer d'avance , que par ' la suite , lorsqub-4a civilisation pénétrer^ au milieu de ces terres éloignées, ces peuples ne se livreront poin^au travail, et ng formercAit point , des foyers îndustlriels/dont les produits donneront lieu à uq commerce d'une certaine étendue. Le colonisateur ne doit point ^ perdre de *ue les efforts dont peu vent itre capables ^ les hommes au 'milieu dtsquels il vient former des

100 DE LA GOJLONlSAXiÔN

étal^îsseineats , et. s'il doit étayer son choix de la tenddBce que seAl^e marquer chaque peuple vers les travaux manuels par l'état actuel de soq industrie, on voit que, sous ce. rapport, Les habitants de la Nouvelle-Calédonie seront au nombre de ceux dont on doit attendre le moins.

^ Dans sa séapce du 15 janvier 1813, là Chambre (fes Pairs a ei^tendu un disccrurs de M. le comte Mathfèu de la Redorte , dans lequel on trouve le passage suivant : .^ rj

s « Voyons maintenant^ ^ Pon peut compter que les lies de la mef du Sud appelleront prochainement le commerce et la navigation sur leurs rivages.

» Comme les produits spontanés de leur sol n'ont pas d'importance, il faut qu'elles soient*cultivées'.

» Par quels bras pense-t-on qu'elles pourront Têtre ? Il y faut des travailleurs qui soutiennent la concurrence des travailleurs européens de la Nouvelle-Hollande et de la Noi^elle-Zélande pour les

4>roduits de la zone tempérée, des noirs africains dès Antilles et des serfs iiMifens de Java et' du Bengale pour les produits des tropiques. Qui pourra fournir tîç^tel travail dans lestles de la mer du Sud?

^ » L^s sauvages qui les habitent? Il n'y faut pas compter! L.es Anglais ont envoyé des missionnaires depuis quarante* cinq aiis dans toutesiioes iles. ^h se

. sont effor^îés de les civiliser en les formant atî travail. Presque partout ils les ont convertis. Nulle* part ils n'en ont obtenu un travail utile ; nulte part ils ne peuvent dïrrr au couiinerqf les prpd^jils de leur in-

DANS l'oGÉANIE. 107

dastrie. Les Anglais #nt renouveté u%e tentative qui avait été faite sous toutes les latitudes depuis trois cent cinquante ans. Lçs puritains de la Nouvelle- Angleterre ^ les jésuites français du Canada, les jésuites espagnols du Paraguay n'ont jamais pu faire que les sauvages parvinssent à soutenir, comme je le disais toutâ Theure, la concurrence du travail européen pour les produits de la t^ne tempérée, du travail des'noirs pour les produits des tropiques. Jamais on n'a obtenu ui^ travail util^ des sauvages qu'en les réduisant à l'état de servitud#^ et personne sans doute ne voulait aujourd'hui recourir à un pareil moyen. Il ne faut pas compter sur ia travail des indigènes.

» Peut-c^ compter davantage 4(ur le trarvâlS des Européens? Je ne le pense pas , et par une raison très-simple. Toutes les îles de l'océan Pacifique , à l'exceplion de la Nouvelle-Hollande et de la' Nouvelle" Zélande, dont i] n'est pas question ici, sont situées entre les tropiques. Or, on n'est jamais j)arvenu à fonder un établissement sur le travail européen entre les tropiq\ie6. On J'a esèayé sbuvenjt , on yt a toujours lâchoué. Les Européens émigi^Mt chaque année en très-grand dombre ; mais ils vont chercher du travail sur la zone tempérée, au Canad^,^dans l'Amérique du Nord, à .la Nouvelle-Hollande : ils^ cherchent un i^limat qui convienne à leur constitution et leur permette de déployer faq^lement^toutes leurs lorces. Les tentatives qu'on t>oiirrait faire pour établir des colonies de traiafilleurs européens

40i DE L4 CMMltâmON

dans les ties da la mer du Sud ne réwsiraient pas mieux qu'elles n'ont réussi * à Java M dans la Guyane. , \

> kinû Ton ne doit eompler, peur appeler ia navigation vers les îles de la mer du Sud ni sui» le travail des indigènes ni sur celui des Européens. Les noirs africains ont été jusqu'ici Ta nique moyen qui ait permis d| fonder des établissements entre les tropiques. C'est par le travail des noirs qu'ont été fondées toQtes les eoloaîes des Antilles, du Brè* sil , de l'île iikurbon , do Tile de France. Depuis que la traite des nègres est abolie, Qp ne peut coloniser nulle pact entre les. tropiques. »

Gomme l'honorable pair dont nQus venons de citer les p^ohes, nousitroyons qlie toute tentative d'établissements agricoles et industriels tentée par des missionnaires iseuls ne produirait que des résultats sans împortanee; l'introduction du christianisme peut préparerNles voies et rendrtf ces hommes meilleurs ^en leur inculquant des pcinoipes de moralité , mais non les poussif vers le travail q.ui ^st le domaine exclusif dp l'industrie. Mais^ parte que toute tentative de ce genre aéoliouér, est»on en droit de conclure que les indigènes des tles *des mer^dii Sird sont incapables de travailler et de soutenir 1^ concurrence des tiiavailleurs des zones tempérées. Les races malaises qui occupaient toutes les terres*qtii composent l'archipel inflieii, étaient-elles beaucoup plus civilisées que les naturels des îles Tonga,^Havaï, et "f a!ti au moment où les Européens

D4NS l'océanie. i09

sont vetfus s'établir sut leurs cotes ? et aujourd'huije peuple malaU qui habite Java, et toutes les iles hollandaisesD Vtpil pas coaaervé ses i&stitulîpns e^ toute . la liberté d(Hit jouissaient ses ancêtres; ces homtnes ne sont-ils pasd es cultivateurs ef dès industriels laborieux ^^dont le travail viçdt enrichir de ses nombreux produits les comptoirs florissants d'où la Hollande tire sa force et sa splendeur. La plupart des peuples océaniens sojat-ils de beaucoup inférieurs ^à la race malaise, ^ le soi qu ils babitent, le climat sous lequel ils vitent sont-ib moins riches ou moins bien approprié», pour ne pas espérer sur les iles des mers du Sud dès résultats semblables ^ ceux de la Malaisie? Noasans^ doute, kshabitan^ts des lies Tonga , Samoa, Bavai, Taiii,. sont même éminenwnent su^ pé|ieùis à ce que durent être l» lllalais avai|^ Tinftiraductiontde la civilisation, et tout tend à faire supposer que l'on pourra les amener aux mêmes vésdUals.

Quairt aAt secours que l'agsicolture tirera du tfavail déH ^Etiropéens, il est peu probable que dès le début îjs puissent devenir importants et suf* fisanls. Ce n'est j^oînt perce que le climat de ces Végionsfiae perinet pas te travail européen sur ees terres , car dans ces îles de petite dinfiension ,. %>mpar6tivemiefli»t auf- vastes étendues de r Océan , la t#pfpérature est douce sans être trop ehaude,«et£'lds bvises iavorables^ du large y entretk&niettt une faaicheur saliMaire et: iavorabie au traiKaiJJMfi» BÎaÎB , }%, le Répète , paetui 1^ colo4» que

iiO ' bK LA COLONISATION

l<^ émigrations Yolontaires conduisent dans les colonies , on ne rencontre que bien peu de ces hommes habitués ai^^ rudes épreuves de la vie tles champs, et qui , doués d'urf esprit d'ordre et d'économie , ite quittent 4eur patrie, que dans le but de réaliser del bénéfices plus considérables en dépensant la même quantité dé travail utile, et, par suite, arriver à une vie plus confortable. Presque toujours , les hommes qui s'expatrient redoutent lej^ fatigues du travail , ils comptent sur des spéculations peu pénibles, et sont peu propres aux travaux de l'agricul^ tui^. Les enfants européens, nés sur* le sol, se seraient sans doute adonnés bien ^davantage aux travaux agricoles, si,* précisément comme le dît M. le comte Mathieu de la Rédorte, ces sortes' de travaux n'avaiçnt pas été dévolus, sous les trdpiqites, aux noirs africains, condamnés à l'esétavage. PalP cette raison même, le salaire de l'ouvrier agriculteur a dû toujours se maintenir à un taux très-peu élevé et incapable de suffire aux besoins dés Ei^péens qui se sersfient destinés à ces rudes épreuves, quafid bien même l'amour-propre , (jui état^H encore une différence de couleur si tranchéi^ dans nos colonies, .n'aurait pas éloigné à jamais tout Edropéen ^ la culture de la terre, par ce seul fait que cette occ^upa- • tion est ordinairement dévolue aux ncirs esclaves. Aussi, comme l'honorable pair, je'prois que dans le principe , on doit peu compter sur ft ti^vail des Européens pour eultiver le sol des île^ dés mers du Sud /majis it nous est prouvé que les Européens se-

DANS L*OCÉANIE. îif

raient très-propres à ce genre de travail ; une gra^nde quantité de déserteurs, répandus sur les groupes océaniens, en donnent déjà l'exemple^ bien qtie jusqu'ici aucune exploitation agricole un peu importante n'ait été tentée par les habitants ou par les Européens. Quant au commerce possible que Ton peut espérer dans ces îles, il se réduit pour le moment, à peu de chose ; il dépendra entièrement de l'industrie qui par la^suite pourra s'y développer, et de la position que chacune de *ces terres occupera par rapport aux continents ou aux grands foyers industriels. En admettant le percement futur de l'isthme de Panama, il est certain que l'océan Pacifique deviendra une route parcourue par un grand nombre de navires se dirigeant vers la côte orientale d'Asie, vers l'Inde, le grand archipel d' Asie j et les Philippines. Il est vrai, comme le dit M. Mathieu de la Redorte dans le discours dont je n'ai citéfiqu'une parifle, qu'il y a 400 lieues marines de plus de Londres à Canton par l'isthme de Panama, que par le cap de Qcmne-Espérance; mais dans la navigation,* on ne consulte pas seulement la distance , mais bien le temps de la trsi versée ; les navires pourront , à travers l'isthme, ne plus quitter lesoirfSe si régulier de l'alise , et effectuer leur traversée sur des mers pKfisque toujours tranquilles comparativement aux eaux si agitées du <^p He Bonne-Espérafrce ; il est probable alors cyue Ja route du Gap sera souvent abandonnée pour celle de l'i^hipe de.S^naina>. J^es navires onl, il est vrai encore, déVès-gj^nds avantages à

4ti2 . ht LA COLONISATION

pat^iser par le Cap^ mats n' est-il pas probable que des intéa^êts aussi majeurs seront avant peu ménagés sur la rt>ute à travers ristbine; déjà même» sans «pé*euhdr sur ce qui pourra résulter de riatroduction de l'a civiUsatioa dans les îles da la mer du Sud , ne sait-'On pas que les navires qui commerceni; avec la eôtè oocidenlaJede la mer d'Amérique » ne tonU que port 4^ leurs chargements sans rien prendre en retour » tandis que ceux qui fréqueiiteni Tlade , vont sur lest pour revenir avec un cbafigement; et, lorsque r isthme uAe fois <)ii¥erty de vastes dépôts se form4?font «ur aes bodrds pour se i^é^^dre ^eMuite sur iboâte l'Àm^ique^ ne voît-oo pas d^ qu'en preniant oette route , les ovines de ôo<ameiH)e pidurront combmer leur <;alciul de manière, à jcâailiser danis un âoèm/t voya^^ les bénàSoes d'une de^blie spéculation sur ^la câleaBiérîcaine<et«daasles oeduptoirsîndîe&âii «

^dle part peuveut a^olr des étobUss^nciits enroi^éeiis sur ces d4fféreiBrtes okiB au mouveinfieflit commer- 'dal der<^€6»n3Paoif^iie<?LeuA*posîti6A'iMei«nédîai^ <entive les continents et ^ur les roules des j^a^ires , peuvent, 41 est vrai, y aipponter «quelque actinie ^i quelques ridiesses ; mais comme entrefiât commercial), leur utilité ne se- montre pas bien établie àu^ jpremier abord. Les' îles fiavaï sont sans eonli^itiles ipluis favorablement paFtagé^s.Isolées desautres terres, «t placées entre^eux grands cent]^«>d'actioti^ l'Asie orientale i^M^Améfique ^pl^ntpionale,<ell0S sont «n ^mtre admii^lcpent'placéesipour l'induuirie butei-

DANS l'océanie. 413

nière. Les Iles Taïti partagent presque tous aes avan-^ iages ; leur position est aussi centrale, et le percejtneni deTisthiDe de Panaina peut leur attribuer une certaine importance en rai^n des bénéfices q^i'elles y tromveraient, et auxquels leurs rivales auraient néces^ire^ ment une part bien moins grande.

LesHesSamoa et Tonga, et mêmeiesViti, pourront facileaient être appelées à participer aux a^ntaiges énumérés pour Taiti, et le éhoix des points d« relâche dans ces archipels povkt les navires qui parcourent ces routes, ne dépendra que des ressources que pourront offrir les comptoirs établis. Les Carolises sdnt^trop petites pour devenir jamais bien importantes, et les Mariannes, où les Espagnols ont conservé des corafptoirs, ne sont pas dans un état assez prospère pour faire bien augurer des établissements nouveaux qu'on formerait dans ces colonies. Les îles Salomon, laNouvelle-^etagne, etc. , et surtout la Nouvelle-Guinée, pourraient retirer quelques avantages de leur voisinage de la côte asiatique , si jamais on y ouvre des voies nouvelles pour le commerce. La grandeur de leurs terres donne lieu d'espérer des transactions nombreuses entre ces Iles et les peuples d'Asie; si jamais l'isthme de Panama est percé, il est probable que le détroit^leTorrès, d'un accès difficile, mais praticable , sera fréquenté par un grand nombre de navires ; dès Içvf la r^uvelle-Guinée pourra recevoir des établisseiwnts importants, et acquérir, en raison de son» voisinage de la Chine, des Plûlip^^ pines, et de sa position, une très-grand^ valeur, car

m DE LA COLONISATION

elle se trouve , en outre , sur la route des vaisseaux européens qui après avoir traversé risthme , aborderaient presque forcément sur ses côtes avant d'attérfr dans un des points des mers de Tlnde. Dans tousses cas, le commerce actuel de ces colonies n'esl pas assez considérable pour donner lieu aujourd'hui à des établissements qui ne pourraient se faiVe qu'à gramds-^frais. L'Angleterre seule est en position de s'établir sur la côte méridionale à cause du voisinage de l'Aostraire dont elle s'est emparée.

La Nouvelle-Calédonie ne saurait attirer la navigation sur ses côtes à moins que par les produits futurs de son so^ elle ne puisse alimentef un commerce assez étendu avec les autres terres. Ainsi, sous tous les points de vue, cette immense terre nous semble la moins propre pour y former des établissements. Peut-être la défense contre lennemi en serait-elle facile, et ce serait afors son principal avantage. Mais avant même d'émettre une opinion à cet égard, il faudrait des reconnaissances hydrographiques moins inconpplètes et qui sans aucun doute feraient connaître d'autres coupées dans les récifs qui défendent ces côtes, que les deux seules qui ont été {Signalées jusqu'à ce jour.

* Toutes les lies des mers du Sud* sont. habitées par des populations généralement entreprenantes et dont la guerre est une de»; principales occupations. Par conséquent tout établissement européen qui se formerait sur ces îles, aurait à se précautîonner nonseulement contre les attaques qui lui viendraient du

Page 1