‹ Îles TaïtiChapitre 29 sur 33 · TAITI-ITI OU TAIRABOU · texte numérisé non relu

TAITI-ITI OU TAIRABOU

de ilra^Mu ^^ premier di&trict de la presqu'île Tatrabou, noionié Tirawoou par Wilson, comprend la presque totalité de l'isthme qui la joint à sa sœur. On y entre du côté du district de Hidia, en faisant, sur les terres de Taïti, l'ascension d'une montagne modérément éle* vée, et on suit pendant un mille une belle étendue de terres inclinées en pentes douces, et qui partout sont recouvertes d'un solbrun et fécond, plus propice aux travaux de l'agriculture qu'aucune autre partie de l'île. Quelques arbres sont répandus sur ce point; mais on voit de grands espaces qui ne sont tapissés que d'herbes et de grandes fougères. Le reste de l'isthme parait recouvert d'arbres , et au delà de celte route boisée, la terre de Taîrabou paraît à trois ou quatre milles dedistarice exactement semblable à celle de Taïti-noui , qui lui est opposée. Ce district était inhabité du temps de Wilson, et tout porte à croire qu'il en est de même aujourd'hui.

Sur* le côté sud de l'isthme on remarque une anse d'environ -soixante métrés de largeur , et d'une profondeur suffisante pour admettre un navire.- Elle •est située auprès de la portion basse de l'isthme, et ce serait un excellent endroit pour abriter un bâtiment, si toutefois, ce qui est probable, un passage existe entre les larges pâtés de corail qui en défendent l'approche.

Outre cette anse il en existe deux autres plus au

District d'Owaheite.

sud , à la limite du premier district de la partie occidentale de Taïrabou , mais leurs eaux sont plus basses et par conséquent moins propres à r^evoir des navires. *»

Le district d'OtcioA^ile touche à celui de Tirawoou, et commence la série des districts situés sur la côte septentrionale de Taïrabou. Il court dans la direotion est et ouest la distance d'environ trois milles et demi. Deux cours d'eau le traversent ; le plus considé^ rable se trouve placé près delà limite orientale du district 9 près d'un point de I9 c6té désigné sous le nom de Wina^Hanolumo.

Un !lot nommé Teamaray entouré d'un récif, gît à environ un demi-mille du rivage, vers le milieu dii district.

Le district d'Àhnouiy encaissé entre deux cours d'eau, est séparé à l'ouest par la limite déjà indiquée du district précédent, et à l'est par un lieu nommé Otepataraua. La côte arrondie entre ces deux démarcations éloignées de deux milles et demi l'une de l'autre, s'infléchit vers la dernière, et forme un * enfoncement dont le côté opposé est bordé par les terres du district suivant. Les récifs tracés sur cette partie de la côte, laissent des espaces libres qui pa- ^ raissent accessibles aux navires, comme du reste dans le district précédent.

Le district d'Ahotd comprend la côte contenue District d'Aboui entre Otepataroua et la pointe Touaôu à l'est. Elle présente un développement d'un peu plus de deux milles. Elle se termine à l'entrée du port OwUapeha

District d'Ahnoui.

au Attapeha. Un ruisseau qui se jette au fond de celte baie complète la délimitation dû district. District La^^ortiondeiâ terres altrîbuées au district d'Owatiàî

semble faire partie intégwinte de celuî d'Attct^oa. Le capitaine Wilson le désigne cependant comme iine difision territoriale dîstincte^, dans sa narration et sur la carte. Il comprend la majeure partie du rivage de la baie Aïtapeha, et paraît être limité à M'est par la pointe Tontira. Son étendue en longueur peut être évaluée à deux milles.

Apres avoir échappé, en 1773, aux dangers d*un échouage sur les rochers de Waiouroa, à rextrémité orientale de Taïrabou , Cook conduisit ses deux navires au mouillage d' Aïtapeha (1). Quoique la ligne des récifs soit continue sur la carte de Wilson , elle offre néanmoins des passes accessibles aux navires. tJn îlot d'une dimension assez grande et petat-être t3xagérée, occupe le milieu de ce port, qui a tout au plus un mille de profondeur.

Portd'Aïtapeha; Le port à^AiUxpehaj dit Forster, est très-petit et n'aurait pas pu contenir beaucoup d'autres navires outre ceux de Cook. La mer y était unie comme un miroir, tandis que la houle brisait avec fureur sur le récif extérieur. La plaine aux pieds des monts quoique resserrée en cet endroit , faisait naître des idées d'abondance et de bonheur. En face du mouillage,^ on voyait une vallée étroite et profonde , couverte de plantations et de bouquets d'arbres. Les croupes des

tl)i)là6ifëpèha, Oaîti-pîha , Ûaitepeha , Owitopeha, etc.

montagnes revêtues de bois se croisaient des deur côtés, diversement coloriées suivant leur éloignement et derrière la vallée on apercevait les pics et les aiguilles qm lerminfiient lesmofttagnes de l'intérieur; parmi ceux**ci oli remarquait un sommet incliné d*utte manière effrayante et qui semblait à chaque instant sur le point de tomber. La sérénité de Tair, la douce chaleur de l'atmosphère, la beauté du paysage se réunissaient pour inspirer de douces sensations.

Un ruisseau coulant sur un lit de cailloux , formait un étang près de la grève sablonneuse du rivage. Ce cours d*eau peut supporter prés de so& Bûbouchure une légère {Hrogue , et ce moyen ^t em» ployé pour le traverser. Cependant Cook et ses compagnons le francl?tirent sur le dos des naturels pour atteindre là pointe est du mouillage (Pointe Toutira) qu'ils trouvèrent privée ée culture, mais couverte de plantes et de différentes espèces de végétaux , croissant dans une sauvage profusion. Sur cette pointe ils virent ufte bâtisse en piarres sous la forme d'un fragment de pyramide. La base pouvait mesurer environ ^x-huît mètres de front et le tout présentait une succession de terrasse et de degrés placés les uns au^essus des autres. Ces degrés tombaient en ruîneet ils étaient ensevelis sous une couche d'herbes et de buissons , surtout dans la partie qui regardait l'intérieur de Tlle. Les naturels indiquèrent ce monument soui$ le nom de Marat et ils donnaient le nom de Ti à une quinzaine de pièces de bois hautes

de cinq mètres environ , supportant diverses figures en bois. En 1777, Cook relâcha de nouveau dans ce port. li apprit par les insulaires que depuis son dernier passage en 1774 deux bâtiments venus de Lima, avaient abordé à deux reprises sur ce point de Tlle. Ces étrangers pendant leur première relâche avaient bâti une maison , et laissé deux prêtres avec un enfant et une certaine personne nommée MaUma; ils avaient emmené quatre insulaires ; dix mois après ils revinrent ne ramenant que deux de ces naturels; les deux autres étaient morts à Lima. Ils reprirent en s'en gllant leurs compatriotes, mais la maison qu'ils avaient bâtie subsistait encore. Elle était à peu de distance du rivage; les bois paraissaient avoir été apportés tout préparés, car chacun d'eux était numéroté. Elle était divisée en deux salles : dans l'une étaient un bois de lit, une table , un banc, de vieux chapeayx et quelques autres bagatelles que les insulaires gardaient avec le plus grand soin. Ils avaient même fait un hangar sur la maison pour la préserver de la pluie. Le pourtour était rempli de crénelures pour donner de l'air , ou peut-être pour tirer des coups de fusil en cas d'attaque. Près de la façade était une croix dont la branche transversale montrait ces mots : Christus vincU; sur la branche verticale on lisait : Carobis IH, imperat. , 1774. Pour conserver la mémoire des voyages antérieurs qu'il avait faits, le capitaine Cook fit graver de l'autre côté de la croix : Georgius UI^ rex^ amie 1767, 1769, 1773, 1774 et 1777.

CÉOGRÂPHIQUE. 269

Les. naturels lui montrèrent le tombeau du coni^ mBnd^L^t , qui mourut pendant la première relàehe et qu'ils appelaient Ortrfi. Quelles que fussent les intentions des Espagnols, en abordalit sur cette île, dit la relation , ils avaient eu les plus grands soins peur gagnef l'affection des habitants. Ceux^i ne parlaient d'eux qu'avec une sorte de vénération (1).

Le district d'Âttaroa, en adoptant la éélimitation ^^îJÎ^. du district d'Owahaï d« Wilson , s'étend de la pointe Toutira jusqu'à la rivière Atiioutou, qui coule à son extrémité orientale. Ce district comprend presque toute la partie nord-est de la presqu'île, et sa côte mesure plus de deux milles de longueur. Forster visita ce rivage en 1773, pendant la relâche des vaisseaux de Gook dans la baie Âitapeha. Le terrain plat , dit-il , grandit à mesure qu'on dépasse la pointe Toutira , et le sol devient naturellement plus riche en arbres friiîtiers. A deux milles environ de cette pointe, ce naturaliste s'enfonça dans l'intérieur en suivant le cours d'un joli ruisseau qui coulait avec impétuosité au fond d'un ravin creusé au milieu de deux montagnes rapprochées. Il atteignit bientôt un rocher perpendiculaire d'où jaillissait une jolie casfcade. Un bassin calme et limpide, tapissé d'herbes et de fleurs odoriférantes, recevait les franges éeumeuses de cette chute d'eau. Cet endroit, d'où la vue s'étend sur la plaine située au-dessous et sur l'horizon de larmer dans le lointain, est un des plus

(1) Ck)ok, Tririnèmevoyagey tomeV, page 238. Éd. 1811. Parit.

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beaux sites qu'oa. puisse voir; l'ombipe de» arbres dqut Jes branches penda^snt sur le ruisseau tempérait r^rA^ur du soleil V une d#uce brise agitait leurs sommets et rafraîchissait ratmospbère, tandis que le bruit majestueusement uniforme de Jia chute d'eau était à peine interrompu par les notes mélûr dieusesdes oiseaux (1). Dans le cour^de cette excursion Forsten.trouva des sentiers bien battus, dans la plaine au pied des montagnes^; ils ne présentaient aucun obstacle à la marche ; toute leur surface'était parfaitement de niveau et couverte presque partout de jolis gramens. On n'y rencontrait aucun ai^imal malfaisant; ni cousins, ni moustiques ne bourdonnaient aux oreilles des promeneurs , et ils n^avaient à craindre la piqûre d'aucun insecte. Les bocages d'arbres à pain interceptaient par leur épais feuillage les rayons du soleil à midi, et la brise du large en calmait d'ailleurs la chaleur.

Ici la carte de Wilson présente des contradictions Bxec rénumération des districts consignée dans son récit. Il est difficile de résoudre cette difficulté; mais il est fort probable que les noms de Hoou-boua, Aid" toutou et Oarahuyrou sont tout simplement ceux de divers points de la côte du district d'Âttarea, indiqués à tort comme des divisions territoriales, péjà deux de ces noms se retrouvent sur la cart^ de cette manière et contribuent à rendre cette suppositiqp plausible.Cependant » pour suivre exactement le récit

{1} Forster, A Foyage romd the warld^ tome I, ptge 229.

GÉoaRAPfiiQm;* 27i

de Wilaon i nom les avons laissés subsister mt notre H^, quoique n'ayant aucun autre renseigncHnent sur leur position.

Le district de TouLira paraît, d'après les me* d^iiSura. sures prises sur la carte de Wilson, comprendre une étendue de trois milles et demi de côte depuis Atti« toutou, jusqu'à la pointe Pohatouha-^oa^ la plus orientale de la presqu'île. Près de. cette pointe la côte forme un creux où vient déboucher un cours d'eau peu considérable ; ce district commence la série des districts situés sur la partie orientale de Taïrabou, qui, d'après Wilson, sont formés par de hauts monts , au fVont sourcilleux , qui descendent jusqu'au bord de la mer et qui s'y terminent en falaises difficiles à franchir. Ces précipices pi^sen* teni des chemins très^mauvais, praticables tout au plus aux indigènes habitués à affronter les dangers . de ces passées où les chutes sont mortelles. Le terrain plat y est très-étroit et distribué inégalement jusqu'à la baie Ailapeha; mais de ce pointa l'isthme il présente une largeur continue de cinquante à cent mètres, et là où les terres s'épanouissent en vallées, il acquiert naturellement des dimensions bien plus grandes.

Diveiîses portions du récit des excursions de Forster paraissent se rapporter aux terres de ce district, A quatre milles environ à Test du mouillage d'Aitapeha, il atteignit, une petite anse ( peut-être celle indiquée sur la carte près de la pointe Pouhatoua-moa ) ; il vit non loin de là, dans une clairière

environnée de plantations , Un premier maraï composé de «trois rangs de gradins superposés , ayant chacun trois pieds de hauteur; ils étaient enfouis sous une couche d'herbe et à quelques pas il remarqua un enclos palissade; au bout de sa promenade il rencontra un second mara!, semblable au premier.

Ce que Wilson nomme le district d'Eritniou serait composé d'après lui de deux portions de terres placées de chaque côté du district de Bobeouroua. Tous deux paraissent être compris dans l'étendue de la côte qui porte le nom de Wàioti, sur la carte, de sorte qu'on peut les considérer comme de petites fractions (le ce district. Celui d'Erimiou parait être placé à la limite sud du district de Toutira , sur les bords de l'anse formée par la pointe Pohatou-moa.

District Le petit district de Waïoti , le plus oriental de la

presqu'île, n'a guère plus d'un mille et demi de longueur de la pointe Pohatou-moa au ruisseau, qui le sépare, dans le sud, du district suivant. Les récifs laissent une ouverture sur ce rivage, qui porte le nom de ha\re de Langara, du nom du navigateur espagnol qui y mouilla vers le mois de mars 1773. Son passage a cela de remarquable qu'il laissa dans rile le premier Européen qui s'y fixa ; cette désertion eut lieu à la suite de l'exécution de quatre individus de l'équipage condamnés à mort. Un cinquième s'enfuit et parvint à échapper aux recherche^ du capitaine.

Ainsi que les districts d'Erimiou et de Bobeouroua^ceux de Popotito et de Tiroou^oua mentionnés dans la nomenclature de Wilson, paraissent être comprîrs dans les trois milles de côtes , qui portent sur la carte le nom de Tahapia. Ce district dont la partie septentrionale est limitée par un ruisseau qui se jette dans le havr^ de Langara , a pour confins , dans le sud , un autre cours d'eau situé prés de la pointe sud-est de-^Taïrabou et qui le sépare du district ^d'O/iotofroM. Le rivage de ce district, découpé capricieusement , possède à un quart de mille au large deux îlots éloignés d'un mille Tun de l'autre. Le plus grand est aussi le plus septentrional; il porte le nom de Otouar^ite. Le second est désigné sous celui de . Pin-pai-rouL De dangereux récifs l'avoisinent, et il paraît que c'est dans ces parages que Cook faillit perdre la Résolution sur Técueil WcA-roa ou Waiourotty lorsque le 16 août 1^73, le vent venant à manquer la houle le drossa vers les brisants.

Le district d'Ohotabw où Otouboun'^ pas de limites bien définies , il paraît embrasser une étendue de près de trois milles et demi de côtes à partir de la limite méridionale du district de Tahapia. La chaîne des récifs interrompue dans la partie orientale de ce district sur la carte de Wilson, renaît auprès d'un ruisseau qui court sur les terres au sud de la presqu'île. Ils laissent entre eux une première passe qui paraît conduire à un mouillage abrité des vents alises et de la houle qu'ils soulèvent. Ce mouillage est désigné sous le nom de Pàpearaoïuu

District de Tahapia.

District

d'Ohotabou oa

Otoubou.

deW«t-|oii%

District de Mataweï.

District de Wai-ourou.

District

de Toa-outoa on

Toa-houtoni.

274 BESCRIPTION

Preflq«« cQi^andv avap le district préoé4#nt à Test , le district de Wm-yioutia est aussi îihp?rfaîtemént limité à l'ouest^ Soft tgrritoir^ parait cep^dant se terminer sur les border d'juo ruisseau limitikphe. La ceinture des récifs se change» sur cette cote longue d^ trois milles , eq bancs de sablas , qui laissent entre eux deux passes pour atteindre un mouilkige placé à un mille et demi dans Touest de celui indiqué plus haut. Il parait être désigné sous le nom d'Ahoui et les deux bancs de sable sous les noms de Tierera pour le plus septentrional , ôt Matia ^our celui situé au sud.

Le district de Watawei^ dit Wilson, est de peu d'importance; quelques arbres espacés et quelques huttes destinées à abriter les pirogues étalent tout ce qu'on remarquait sur une côte de trois milles de long. Le banc d.e sable Tlerem borde uuq partie de ce district à un demi^^mille de terre environ et parait -abriter un mçuillagQ d'un accès ayssi facile que les précédents. ,.

I^'jétendue du district de Wai-ourou n'est pas non plus exactement déterminée. Elle comprend à peu près trois iniUes de rivage depuis les confins du district de Mat^wpy jusqu'au ruisseau qui le sépare du district de Toc^outou. Les récifs paraissent continus sur toute rétendue de ses rives; ils n'oflrent de passe qu'un peu ^u nord de l'embouchure du ruisseau-'lîmite , elle a reçu le nom de Oriiri.

Le district de Tooroutou mesure la distance qui répare le district précédent de l'isthme , eUeest d'en-

GÉOGRAraïQIIC. 2!75

Tiren quatre nulles. V^cs sa partie 9q>tentrioiialQ le tepc^iaestœaréeageux, mais plus au sud ^ et surtout vers le sud->e8t^- il devient plus feroie et plus dur. Au temps de ^tlsoa, peu d'habitations étaient éparses sur des bords , quoiqu'il fût abondamment pourvu 4'art)res nourriciers ci;oissmt ^vec toute la vigueur de ces i^égion^ au milieu d'épais buissons.

Les détails, contenus «dansées pages précédentes , bésbuè. quoique bien incomplets^ d.onnent cependant une id^e approximative de^.la \aleur relative des différentes portions du territoire de Taïti. Ainsi , on voit que les terres les plus £t!^tf1çs, les mieux exposées, les plùsriches m plaiïies et les mieux cultivées , sont sur la grande pf ésqu'ile celles qui comprennent les d&tricts de W4pa|n«i Waï-roupo et Matavai au nord , Pari ^ Tettaha au nord-ouest ^ Attahourou à r^uest, 4liahQina'^ jRapara au .sud. Les petit^ divisions dui nord;^e^t d^l'îl^ remplies de petites vallées, sont montreuses et ne possèdent qu'un territoire exigu et moins favorisé. Le grand district de Hidia, coupé par les sinuosités des montagnes, livré à toute l'action des vents constants de l'est et du sud-est , semble né cevètîr l'aspect luxuriant des parties occidentales de nie qu'à l'abri des vallées creusées dans les flancs des montagnes. Les trois districts qui comprennent l'espace situé entre l'isthme et le district de Papara, paraissent participer aux avantages des districts les plus favorisés, mais sur une moindre échelle. Il est

276 MSCRIPTION

peut^tre utile de râf^ler ici que les mesilfes esti* mées par Wilson , de la largeur du témoin plat des districts, ne s'appliquent qu'à la Hsîère purement maritime qu'il a suivie dans sa route, et ne se rapportent en aucune façon au terrain des vallées , ou à celui des pentes douces des montagnes. Noilis avons conservé l'expression de terrain plat pour nous écarter le moins possible des termes de cet auteur, mais ce serait commettre une erreur que de la concevoir comme indiquant le seul terrain de niveau égal et propre à la culture de l'île.

Le sol des districts placés stir là côte nord de Taïrabou à partir de l'isthme , parait être le mieux doté sur la petite presqu'île. Ceux du nord-est , remplis d'escarpements et d'iné^Blés, ne sont pas aussi propices aux travaux de l'agriculture , tandis que ceux du sud offrent des dispositions de terrai* plus favorables.

Les diverses mesures pri«es«ur Ja carte de M. Duperrey, donnent à la grande presqu'île (qui, comnte on Ta vu plus haut , affecte* une forme circulaire) vingt et un milles de diamètre du nord an sud, vingt milles de l'esté l'ouest, vingt-deux milles et demi du nord-est au sud^ouest, et vingt e); un milles et demi du nord- ouest au sud-est. Sa circonférence d'un côté de l'isthme à l'autre contient soixante-huit milles de côtes sans avoir égard aux contours du rivage, du reste peu apparents. La presqu'île de Taïarabou présente une étendue de quinze milles dans sa plus grande longueur du sud-est au nord-

ouett, de la pointe sud-est à Tisthme. Sa plus grande largeur du nord-est au sud-ouest est de onze milles , du nord au sud elle n'est que de dix milles. Sa circonférence est à peu près de quarante milles.

Si on réunit les dimensions de chacune de ces deux péninsules jointes par un isthme d'un mille de largeur, on obtient trente-six milleset demi pour sa plus grande longueur du nord-ouest au sud-est et cent huit milles de circonférence. L'évaluation de la superficie de la plus grande péninsule atteint le chiffre approximatif de onze cent trente-cinq kilomètres carrés, celle de la plus petite celui de trois cent soixante-cinq kilomètres carrés. Ces deux évaluations réunies donnent pour somme totale quinze cents kilomètres carrés.

Taiti possède un grand nombre de ports pour la Ports, plupart inexplorés encore ; presque chaque coupure des récifs conduit à un mouillage. Cette île, dit M. DupetitrThouars , est cernée par un récif de corail qui ne pousse que jusqu'à la surface de l'Océan dont il arrête l'impétuosilé. Il laisse entre lui et la terre, un canal dans lequel les eaux sont toujours calmes. Dans quelques endroits , ce récif s'étend jusqu'à toucher la côte ; dans d'autres, il s'en écarte à quelque distance et forme par son éloignement plusieurs beaux ports dans lesquels on pénètre par des brèches ou coupures naturelles faites dans cette ceinture. On compte jusqu'à vingt-quatre ports formés autour de llle Taîti. Très-peu sont connus ou

. 278 DEScmiPTioN

explorés^ quelques-uns soutirés-bons, d'autres très^ mauvais ou d'un accès dangereux (1).

Sans aucun doute , la reconnaissance' hydrographique de cet archîpef fera connaître un grand nombre de havres à peu près ignorés aujourd'hui, et qui* dépasseront le chiffre rapporté par AI. le contre-amiral Dupetit-Thouars. Dans la description des districts , nous en avons mentionné quatorze ^ neuf sur Taiti-noui, cinq sur Tairabou; Ld bande ocddentale de Ttle est celle qui offre les meilleurs abris, nonnseulement i cause de la conformation des terres, mais aussi en raison deTacdoii permanente des vents aliséA qui soufflent une grands partie de Tannée sur la côte opposée. Papeîâ est aujourd'hui le port le plus fréquenté , et son enceinte spacieuse peut admettre les navires du plus grand tonnage.

Population. Le chiffre approximatif de la population de Taïti, indiqué par les premiers navigateurs, est, à notre sens, un exemple des. variations extrêmes que d«s estimations à vue d'œil peuvent produire. La différence qui s'est manifestée entre Févalqation de Cook et celle de ses successeurs a été attribuée à différentes causes de mortalité plutôt qu'à une erreur de calcul. Les missionnaires anglais y ont vu le résultat

(1) Dupettt - Thouars , Voyage mktour é^ mande de la frégate in Vénm , tome H , paga 37S.

des maladies importées par les Européens , feffët des guerres qui ont désoié cette lie à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci ; la conséquence de là pratique 4)arbare de finfanticide , et plus tard la suite inévitable de Tabus des liqueurs sprritueuses. Les adversaires des missionnaires , se sont au contraire prévalus des rapports de Cook let de Ténorme décroissance, qu'ils impliquent pour attaquer le système qui avait changé les mœurs primitives et les anciennes coutumes des indigènes. Poumons, après avoir comparé les dates et les chiffires , nous avons cru reconnaître qAe la majeure partie de cette différence reposait sur des évaluations fautives; cette opinion nous paraît entièf ement justifiée en examinant attentivement l^s éléments suivants de notre travail.

En mai 1774 , Gook assista , à Matavaï , à la réunion de la flotte de Taïti destinée à opérer sous les ordres du chef Toouha une descente sur Ttle Ëiméo. Elle était composée de^deux cent dix pirof ues de guerre, outre plusieurs petites embarcations employées comme bâtiments de transport pour les vivres, les blessés, de. (1). Ejn admettant, d'après le navigateur anglais , le nombre de quarante hommes par pirogue de guerre, on atteint le chiffre de huit mille quatre cents guerriers, et neuf mille en portant à six cents hommes les équipages des pirogues de

(1) Cook, Deuxième voyage , tome U , p«ge 367. Paris , éd. de 1778, iû-K

•transport^ ce qui, au total, n'a rien d'extraordinaire; mais Gook ayant pris un peu au hasard le chiffre de quarante pirogues pour le contingent moyen que chacun ^^s districts de Taïli pouvait armer, et portant le nombre des districts à quarantetrois, il eonclut que File entière pouvait équiper mille sept cent vingt pirogues et soixante-huit mille combattants, à quar^te hommes par pirogue. De plus, considérant que les guerriers ne peuvent |)as constituer plus d'un tiers de la population entière de l'ile, il évalue qu'elle contenait au moins deux cent quafante mille habitants. « Nombre qui me parut » incroyable au premier moment, dit ce navigateur, » mais quand je réfléchis à ces essaims de Taitiens A qui frappaient nos regards partout où nous allions, » je fus convaincu que cette évaluation n'est pas » trop grande. Rien ne prouve mieux la fertilité et » la richesse de ce pays. » En efiet, ce nombre est peucroyable,.et quant à la foule répandue aux abords du mouillage des navires de Gook , elle composait évidemment la majeure partie de la population de File entière, accourue au devant des étrangers pour admirer les merveilles d'une industrie supérieure et pour obtenir quelques-uns de leurs précieux objets d'échange.

Déjà Forster , dans le même voyage , donne à ses calculs des proportions moins gigantesques. Sur une estimation modeste , dit-il, il ne pouvait y avoir moins de quinze cents guerriers et quatre mille pagaieurs sur tes cent soixante pirogues de guerre

GÉOGKAPfflQUe. 28^1

d'Attahourou qu'il vit à Pari. (Diaprés la base de Cook , de quarâfnle hommes par embarcation , elles auraient dû en contenir six mille quatre cents.) « Nous » apprîmes en même temps, à notre grande surprise , » continue Forster, que la flotte que nous avions » vue, était seulement la force navale du seul district » d'Âttahourou , et que tous les autres districts > pouvaient fournir une quantité d'embarcations en » proportion à leur étendue. Ce récit nous ouvrît » les yeux sur la population de Tilé et nous donna » la conviction en peu d'instants , cfu'elle était bien » plus considérable que nous ne l'avions supposé ; ••le résultat d'une cnumération très-modérée nous » àonna le chiffre de cent vingt mille personnes pour »la population des deux péninsules (i). »

Ce natufaliste arriva à ce résultat sur des données différentes de celles de Gook. Il supposa que chacun des quarante-trois districts de Taïti pouvait armer vingt pirogues de gi}erre , et que chacune d'elles fût montée par trentëA^inq hommes. Alors le nombre des combattants s'élève à trente nMle, et en admettant que les guerriers soient dans la proportion de la population totale de l'île, comme un est à quatre, on atteint la limite déjà marquée de cent vingt mille âmes. Il est nécessaire de dire que Forster ajoute dans une note -que cette évaluation lui parut plus tard bien au-dessous de la réalité ; mais on ne saurait adopter cette opinion , lorsqu'on compare les

(1) G. Forster, A Foyage round the JVorli^ tome II, page C6.

éléments incertains de cette hypothèse , et les documents plus récemment recueillis.

. Pendant le cours du premier voyage du capitaine Gook, son passager, le grand prêlre Toiipàia, un des plus intelligents indigènes de ces îles, déclara que loute Tile pouvait meltre sur pied six mille sept cent quatre-vingts combattants (1) , base qui donne , en adoptant la proportion de Cook d'un combattant sur trois indigènes des deux sexes , le nombre total de vingt-trois mille trois cent quarante individus , et en suivant la proportion d'un sur quatre employée par Forster , celui de vingt-sept mille cçnt vingt, évaluations bien inférieures à celles qui précèdent.

Er d797 , peu de temps après Tarrivée des premiers missionnaires anglais à Taïti , quelques-uns d'entre eux ayant fait le tour de l'île à pied , estimèrent sa population à vue d'œil, à ciîiquante mille individus seulement. Le capitaine Wilson voulant lever toute incertitude à ce sujet, entreprit de faire le tour de l'île en cherchant Une méthode plus sûre que celle d'une estimation vague, dé reconnaître le chiffre réel des habitants. Yoici le moyen qui lui fut suggéré par unnatùreldii district de Wairoupo.

A cette îépoque , les habitations contenues dans chaque district , étaient divisées souiS les noms de Maiteina et de Til. La première dénomination s'appliquait aux maisons qui étaient distihguées des au-

(1) Cook, Premier voyage. Paris , i81 1 , tome il , page 76.

CÉOGRAPHIQUE. 283

très demeures, soit par le rang de leurs propriétaires y soit à pause des terres qui en dépendaient, soit aussi en raison de leur position centrale. A chacune de ces matteinasj revenait le droit de déposer au Maraî le plus proche, un tii ou image sculptée qui assurait à leur possesseur la faculté d'y pratiquer les rites du culte. Le nom de fit se donnait aussi aux cases comprises dans la circonscription des matievàa$f et qui participaient aux privilèges religieux, d'où dérive leur nom. Au dire des naturels, quelques mafietna^ contenaient huit ou neuf personnes, d'autres, deux ou trois seulement, et il arrivait même très-fréquemment que les màttebiàs et les iiis étaient inhabités. Toutefois, après avoir vu combien la population était claii^-semée, Wilson alloua moyennement six habitants à chaque matteina et à chaque tiij ces derniers étant souvent plus peuplés que les premières demeures, et commeiesdeux termes s'appliquaient quelquefois à la même habitation , toutes les fois qu'il en fut ainsi, une erreur de six personnes . en excès eut lieu dans le calcul (1).

Le calcul de Wilson lui donna presque toujours un nombre plus grand d'habitants pour chaque district, que celui indiqué par les indigènes. Ceux-ci n'accusaient que deux cent cinquante â'mes au district de Waïroupo, Wilson en compta deux cent sbixante-^ quatre. Le tableau qui suit indique les résultats obtenus par ce système dans tous les districts de File.

(1) Wilson , a missiannaryy Foyagein theshipDuff^ page 184,

BESCRÏPTION

MftttelDM. TIR

Matfivaï. . 27 lïfl

Wairoupo 4 .40^

Wapftïano/ 1t% 2S&

Waroumi 1 9'

Hiouoh 2 11

HababouiÛR. ,,......,.. .1 8

HoQOUwalTa 3 28

Dfanoa-Nanou. ........ ^ 18

Otaïaïre 2 22

Waaheina. 4 53

Hidia. , 42 ■ • 1G7

Waiiri 32 42

Waïrîdi 13 161

Atimoni - 2 24 '

Paparà 17 157

Ahabeina^ ...••..,.. 8 105

Attahourou 25 243

Tettaha . 12 130

Pari ,. .... 16 . 199

.» isee

Tiraoou »

OwAfaeîte 16

Ahnoui^ • 4

Ahoui 2

Owahaï. ........... »

Attaroa 2

Attitoutou 1 n

Orrakaïrau !••••*••• * Toutira )

Frimiou. 7

Sobeouroun \ Waïote i

Popouta J. ...... . 7

Tiroou oua 1

Tahapia /

Otoubou y ■• ■ ' ic

Wayoutia J ....... . 15

Mataveï 6

"Waïourou 6

To.voutou ' 1

GÉOUHAPUIQUI::. ^ 285

Ces indications résument la population âe la grande péninsule au nombre de douze mille quarante-deux âmes, celle de la petite péninsule à quatre mille huit, et la population deTile entière, à la somme totale de seize mille cinquante individus de tout' âge et des deux sexes.

Cette conclusion des Mchercbes de Wilsi«i , nous parati reifêtir un caractère d'autbemicité iddiit les autres évaluatioifs sont dépourvues^; elle nous parait surtout propre à servh^ de point d« déport ,.dans la comparaison des difi^r^dls chiffres qui impliquent une décroissance de la population çendapt le cours^des années suivantes. On doit ajouter cependant que les guerres qui ensanglantèrent Taili dans l!intervalledu passage de Wallis, en 4767, à l'arrivée du capitaine Wilscm , en 1797 , et qui eurent pour principaux, motifs Taçcession delà famille Pomaré au pouvoir, ont été une cause réelle de dépopulation; s'il est difficile d'admettre le^hîfft^e évidemment exagéré de Cook et de Forsier , du moins celui qui résulte de l'assertion du grand prêtre Taupoia n'est pas dépourvu de vraisemblance.

Depuis répoque du recensement opéré par le capitaine ^ilson , les rapports des missionnaires an^ glais résidant sur Taitî, mentfOOAent une décroissance rapide de la population, qu'ils attribuent aux ravages des maladies importées par les Européens et aux désastres des guerres qui ensanglantèrent cette tie au commencement de ce siècle. Le chiffre des habitants leur parut avoir diminué de moitié; t^n

1802, les missionnaires Scott et Jefferson ne l'estimèrent qu'à sept mille âmes, et même une lettre adressée à la Société des missions de Lobdres, en 1803, ne l'évalua plus qu'à cinq mille indi\i4us.

Cette dernière évaluation nous parait très-€{ontestable. Lm missionnaires anglais n'avaient que peu d'occasions, dans èes temps de troubles, de sortir des limites du district de Matavaï , pourr dénombrer la population de l'ite. Hs n'étaient pas non plus assez fkmiliari^s aveic le langage det indigènes pour pou- YOir^puiser à cette source clés renseignements plus précis, et d'atlleurs, il est probable qu'un grand nombre d'habitants émigrèrent sur les lies voisines ou se' réfugièrent dans les montagnes pour échapper au fléau des dissensions politiques qui agitaient les chefs à cette époque. Lorsque dix ans plus tard les efforts infructueux, et presque inaperçus jusque-là, deâ missionnaires commencèrent à être plus efficaces, ils purent aussi baser leurs évaluations sur des données plus certaines. Au nombre des néophytes, ils pouvaient juger de celui de la population. Le dénombrement opéré en 4818 accusa un total de huit mille individus pour les deux péninsules (1).

Dès l'année 1820 , les renseignements contenus dans le Bulletin de la Société des missionnaires de

(I) Missionnary register , n» de février 1822 , p. 95.

Londres, indiquent une progression croissante dans le nombre des habitants. M. Ëllis, en 1829 , le porte à dix mille âmes et il ajoute qu'il ne pense pas que dans les trente années précédentes , la population ait pu être moindre de huit mille âmes (1). Ce dernier chiffre est aussi celui qui nous a été donné en d838 , pendant le séjour des corvettes (Astrolabe et la Zélée sur la rade de Matavaî.

Maintenant, si on compare entre elles ces différentes évaluations dans le but d'apprécier les fluctuations survenues dans le chiffre des habitants, depuis la découverte de cesiles jusqu'à nos jours, on est conduit à reconnaître la réalité de la décroissance. Le chiffre des habitants, à une époque reculée de leur histoire, dit le missionnaire Ellisdans son précieux ouvrage sur FOcéanie, est difficile à constater; mais il est impossible à tous ceux qui ont visité les rivages de Taîti , ou qui ont parcouru quelques-uns de ses districts, d'admettre que les habitants des îles du sud ne fussent pas autrefois beaucoup plus nombreux que maintenant. A nos yeux, cette décroissance est certaine, mais sur une échellebien moindre que celle qui est généralement admise; nous différons cependant d'avis avec M. Lesson , qui » en admettant la dépopulation de Taïti, et en l'attribuant aux guerres civiles qui désolèrent l'archipel de la Société , et surtout aux maladies que les Européens y intrpduisirent avec l'ivrognerie, ne suppose à cettQ

(1) EllîB , Polynesian researches , lome n , page 28.

ile qu'une population primitive de douze mille âmes(l).

En s'appuyant sur les données précédentes et sur l'ensemble des événements connus de Thistoire de Taîti , consignés plus loin , on peul classer les phases de cette décroissance de la manière suivante : depuis 4770 à 1797, dans une période de vingt-sept ans, la population a diminué de plus d'un tiers. De cette dernière date, à Tintroduction du christianisme, en d81i, dans l'espace de dix-sept ans, elle a encore diminué de moitié; mais à partir de ce moment, jusque verâ Tannée 1825, pendant une période d'environ quinze ans, elle est restée stationnaire ; peutêtre même a-t-elle augmenté d'un quart. L'etret du christianisme , , pendant les premières années de son introduction, a été d'arrêter les désordres des guerres qui divisaient les principaux chefs de rUe, de proscrire Tinfanticide et les sacrifices humains; son action bienfaisante a influé avantageusement sur le bien-être de la population. Mais, après la mort du dernier X^hef Pomaré, à la suite d'une direction mal combinée , fautive et infructueuse > une profonde démoralisation a succédé à la ferveur enthousiaste des premiers convertis. Si la guerre n'a plus exercé de ravages, d'autres désordres ont contribué à abâtardir la belle race d'homnies qui peuple nos nouvelles possessions. Il appartient à une

(1) p. Lesaon, Foya^e autour, ^u, tnandesur Im corvette la Coquille f tomel, page 263.

GÉOGRik^iflQUi:. 289

administration éclairée et bienveiMante d'arrêter les progrès d'un mal déplorable, mais qui peut être aisément combattu.

On s'étonne à juste titre, en compulsant les ma- suttitiqae. tériaux qui ont servi à cet aperçu géographique , du peu de précision des détails relatifs à un des premiers archipels découverts dans l'océan Pacifique. Toutes les relations de voyage expriment une vive admiration à l'aspect des terres de Taiti. Nous avons emprunté à tous les navigateurs leur part de description, et presque tous' ont uniformément manifesté de$ impressions favprables jusqu'à l'enthousiasme ; mais, en même temps^ c(^me si les beautés da sol avaient uniquement fhéleur' attention, ils semblent avoir oublié dé recueillir lés documents . précieux , utiles à connaître , nécessaires à consulter lorsqu'on se livre à l'étude de ces régions éloignées 4u globe.. §1 quelques-unes des indications contenues dans cette esquisse sont puisées à des sources irrécusables , il en est d'autres moins certaines » que nous avons dû adopter à défaut de meilleurs renseignements. Souvent le choix a été impossible, d'autres fois très-embarrassant 3 de sorte qu'il est fort difficile de reconnaître à quel degré un essai statistique de la superficie des îlesderarehipeiet de leur population , peut être exact sur lés basés déjà mentionnées. Nous n'hésitons pas cependant à faire ce rapprochement /quelque imparfait qu'il puisse être,

dans l'espérance qu'il aura Futilité d'un premier point de départ pour les observations futures.

La récapitulation de la superficie approximative des lies des deux groupés, dans Tordre inverse de leurs dimensions, donnera une idée générale de retendue de l'archipel Taïti. Aux chiffres déjà mentionnés , nous ajouterons ceux de la superficie estimée des ilots Tetouaroa et Maîtia , omis, dans les

pages précédentes^ en raison de leur insignifiance.

Maïtia 300 hectares.

Tetouaroa • • • ; 500

Maouroua ., • • . • 26Q0

Bora-Bora 3800

Toubouaï-Manou 4 100

Onahine 6000

Tal» , . , 8400

Raïatea 13600

Ëimeo 15200

Taïti 150000

Total 204500

La réunion des chiffres les moins élevés de la po-> pulation estimée de chaque île de l'archipel, donnera en même temps, dans la limite la plus infé^ Heure , une approximation générale du nombre des habitants répandus Sur cette superficie d'environ deux cent mille hectares.

Kaïtia 30 habitants.

Tetouaroa 300

Maouroua 300

A r^orter. ... 630

il^ort 630 habitants.

Toubouaï-Manou (chi^e inconnu) . »

Bora-Bora 800

Ouahine 1800

Taha fOOO

Raïatea . 1500

Eîmeo 1300

Taïtî 8000

Total 15030

Cette même nomenclature , en adoptant les chiffres les plus élevés que nous ayions indiqués dans le récit, pour obtenir la limite la plus haute de la population estimée, éprouve leâ modifications suivantes :

Maïtia 200 habitants.

Tetouaroa. 300

Maouroua • • . 300

Toubouaï-Manoa(chiffre inconnu). »

Bora*Bora 1050

Onahine» 1800

Taha 1000

Raïatea 2000

Eimeo. . • 1700

llaïti \ 10000

Total 18350

Cette (lumière somme concorcje avec le chiffre de dix-huit à vingt mil\ë habitants indiqué sur la carte qui accompagne l'ouvpage publié ^n 1839 , sous le nom du missionnaire Williams (1). I^a première se

(1) Williams, J Narrative of mUsianary enterprises in the South sea Is^landê.

292 DLSCIUPTION

rapproche au contraire du nombre de quatorze mille habitants , qui semble ressortir des termes employés par le missionnaire Ellis , en i829 (1). .

Ces deux résultats extrêmes donnent une évaluation moyenne de dix-^ept mille habitants pour tout l'archipel deTaîti*^ conclusion qui étonne lorsqu'on considéra l'étendue et la fertilité du sol de ces iles« On est frappé surtout de cette disproportion li^rsqu'on compare les rapprochements analogues de la population et de la superficie des îlesNouka-Hiva (2): La populatioft de ce dernier archipel, portée à vingt mille habitants , sur des bases tout aussi* incertaines, est répandue sur une superficie de cent vingt-$ept mille hectares de tejrre baibit^ble, mais sous tous les rapports bien inférieure au sol taîtien. Il en résulte que l'archipd Nouka-Hiva contiendrait une populatiop plus forte d'un sixième , sur une surface moindre de plus d'un tiers, et que pour atteindre la même proportion , l'archipel Taîti devrait contenir plus de tréhté-deùx mille habitants*

Nos chiffres ne sont- malheupeusement pas assée certains pour permettre de déduire deseonséquences concluantes de cette remarque. Nous nous bornerons à établir sur les évaluations qui précèdent, la proportion de huit à dix habitants par cent hectares de terre dans l'afchipel de Taïti , proportion bien faible, et qui , au premier abord, conduit à penser

(1) EUis , Polynesianresearches, tome U , page M. ,. ... .\

(2) Iles Marquises y etc., pages 194 et 195.

GÉOGRA^HIQDE. 293

que la population de Taïti a pu être au niveau de l'évaluation de Cook; cependant , lorsqu'on considère qu'elle a toujours été fixée, selon Tobservation de ramiral Dopetit-Tbouars, uniquement sur les odtes.et dans les anses qu'elles forment, où à Tou- ^wture dès vallées (1), dans la marge étroite du ri- >'age^ sa4:fô jamais s'étendre dans l'intérieur, on trouve un argument de plus à opposer à Testimation du navigateur anglais. On doit remarquer aussi que les Nouka-Hiviens ; retranchés dans leurs vallées dont les parois escarpées empêchent l'invasion de l'enneittîj, ont eu naturellement moins à souffrir à l'abri de ces remparts protecteurs, des. dévastations de la guerre, que les Taitiens répandus sur un sol découvert accessible à toutes les surprises , à toutes les attaques inopinées de leurs adversaires, et moins propice, ^oît à la défense, soit à la fuite. Les nombreux massacres consignés dans Thistoire de cet archipel comme la suite inévitable des moindres hostilités , étaient un fléau auquel les Nouka-Hiviens se trouvaient moins exposés , et dont les résultats devaient nécessairement tendre à diminuer bien plus le nombre des habitants à Taîti. D'ailleurs dans ces dernières lies, chaque conflit amenait des guerres générales inconnues aux habitants des Marquises, où les hostilités n'avaient lieu que de tribu à tribu. Ce que l'avenir réserve à ces terres est encore probléma-

(1) Dupetit-Thouara , Foyage autour du monde iur la frégate <« fffni»* /tome ïï i page 3Sa.

tique, mais nous ne pouvons tomber d'accord avec M. Lesson , lorsqu'il émet l'avis, que la portion vraiment habitable de l'île de Taiti est stricten^ent réduite à l'étroite bandelette de terre qui enveloppe le pied des montagnes et qui borde directement la mer. Cette bandelette , continue cet auteur, fraîche , bien arrosée^ dont le sol est gras et fertile, se couvre de végétaux nourrissants suffisants pour faire vivre sans travail une quantité donnée d'individus. Mais je ne crois pas que les ravins aient pu offrir autre chose qu'un séjour temporaire , et que jamais le sol argileux et ferrugineux des flancs des montagnes ait été apte à recevoir des habitants (1). Loin d'adopter cette opinion, nous pensons au contraire qu'une terre aussi heureusement placée par son climat^ et aussi riche en matières nutritives, comme il le dit lui-même ailleurs , est susceptible de rému<nérer amplement les efforts d'une culture active et intelligente , non-seulement sur les bords de la mer, mais aussi dans l'intérieur des îles et sur la pente des montagnes; déjà Id^ nature, livrée à elle-même , peuple les gorges les plus étroites , les déclivités les plus abruptes , de plantes et d'arbres nourriciers ; que ne doit-on pas espérer du travail des mains plus industrieuses. Si nous avons avancé que les îles de Nouka-Hiva peuvent nourrir une population dix fois plus considérable que leur population actuelle^ cette

(1) P. Lesson, Foyage autour ùm monde sur la earvetu la Coquille , tome I , page 360.

opinion s'applique avec bi^n plus de raison encore à l'archipel Taïti , bien mieux partagé sous tous les points de vue.

£n terminant cette esquisse, il n'est peut-être pas sans intérêt de donner la somme totale de l'étendue et de la population des deux archipels, couverts aujourd'hui par le pavillon français. Elle atteint le chiflre approximatif de trois cent trente-deux mille hectares habités par trente-cinq à quarante mille indigènes , soit dans la proportion de douze individus par cent hectares.

I1ITRO0UCTION. — PREMIÈRES NOTIONS DE l'hISTOIRE. DÉCHÉANCE

d'aMO. AVÈNEMENT DE POMÀRÉ I*'. — ACCROISSEMENT SUCCES- SIF DE SA PUISSANCE* — AVÈNEMENT DE POMARÉ II. — ARRIVÉE

DES MISSIONNAIRES ANGLAIS. CONVERSION AU CPRISTIANIStlE. —

LOIS ET INSTITUTIONS ÉTARLIES SOUS l'inFLUENCE DES MISSION- NAIRES ANGLAIS/ — AVÈNEMENT DE P0MARÈ III. — AVÈNEMENT

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