MM
J. Eyre —
Idem.
J. Jefferson —
Idem.
F. Lewis —
Idem.
H. BickneU -—
Charpentier.
D. Bowell —
Boutiquier.
B. Broomhall —
Fabricant de harnais.
J. Buchanan —
Tailleur.
J. Gooper —
Cordonnier.
J. Cock —
Charpentier.
Duffi pour accomplir une tâche héri;^ de p«vils inévitables, subissaient imiquemeat l'impulsion 4v
Suite de la, liste des missipnn(fix'es.
MM. W.Crook,
âgé de 21 ans. Domestique et Cerblantier*
S. Glode
Jardinier,
J. A. GiUham
Chirurgien.
P. Hodges
Forgeron et et chaudronnier.
W. Henry
Charpentier et menuisier.
J. Harris
IJonnelijçr.
Hudden
Boucher.
L, Harper
Ouvrier de coton.
R. Hassel
Tisserand.
S. Kelso
Idem.
Ë.Main
i;ailleur ( du régîfa^^ de Vjftillerie royaljs ;.*
J. Nobbs
Chapelier.
H. Mott
Maçon*
Francis Oake«
Cordonnier.
J. Puckey
Charpentier.
W. Puckey
Idem.
W. Smith
Linger, marchand de toiles,.
W. Shelly
Tourneur, ébéniste.
G. Weeson
Haçon.
G. Wilkinson
Charpentier et ébéniste.
Femmes.
iresd. M. Gover, âgée de 37
Épouse de J. F. Cover.
E. Eyre
— de J. Eyre. -
E. Hassel
— de R. Hassel.
S. Henry
— de W. Henry.
M. Hodges
— de P. Hodges.
Hudden
— de Hudden.
Miifant^.
J. Gover , âgé de 12 ans. Fils de I. F« Gover. T. Hassel --^. 8 ans. Eils de R. Hassel*
S.-O. Hassel ^ 16 semaines , Idem.
âtsTotiiQUfi. 427
dévouement de la foi, qui seul produit chez les hommes une pareille abnégation.
Le 1 mars 1797, dix-huit missionnaires (1) dé- Arrivée deg
' ^ ^ missionnaires
barquèrent à Matavaî, après avoir reçu un accueil *Taïtifavorable de la part des indigènes. Us demandèrent ' """* "*^* à Pomaré la concession d'un terrain pour y établir leurs demeures et défricher un jardin. Celui-ci leur accorda sur-len^hamp, une grande case qu'il avait fait construire dans le temps pour le capitaine Bligh, et qui, depuis lors, portait le nom de Ware no Prekme^ maison des Anglais* En même temps, le grand prêtre Mani-Mani les engagea à venir ^'établir i Eiméo sous sa protection; il fit tous ses efforts pour les persuader que jamais Pomaré n'avait agi honorablement à l'égard des Anglais, auxquels il devait ses succès à la guerre et raccroissement de^ sa puissance (2). Cependant, la conduite de ï^)maré vis-à-vis des missionnaires était loin de justifier les accusations du grand prêtre. A la première manifestation de leur intention de demeurer dans rtle , il témoigna une vive satisfaction , et à leur demande d'une concession de terrain , nonseulement il leur it don de la case de Btigh , mais
(1) J. F« GoYer, sa femme et son fils , Jofan Ejrre et sa femme, John Jefferson , T. Lewis, ministres du saint Évangile. Ch. Bicknell, ^ B. Broomhall , J. Cock , S. Glode , J. A. Gillham (ce missionnaire renonça à sa vocation le 4 août 1797, et retoama en Angleterre arec le Di$ff) , W. ficxnpy et sa femiçe , P. Sodges et sa femme ,
R. Bassel, sa femme et ses deux enfants, £. Main, H. Nott, F. Cakes, J. Puckey^AY. Puckey,W. Smith, missionnaires.
(2) Wilson , A ntis^<mary voyuge , etc. , page 61 •
428 ESQtJlS&E
encore il leur fit l'offre de tout le district de Matavâî , après avoir échangé quelques mots avec Idia, son conseiller habituel. Cette offre fut d'abord prise au sérieux; cependant, on s'aperçut bientôt qu'elle n'avait d'autre valeur que celle d'une formule de politesse , employée souvent par les Taïtiens envers les chefs ou les personnages importants qui les visitaient. Des démonstrations de cette nature n'étaient pas rares, dit le missionnaire EUis; elles étaient réglées d'après le rang et la fortune des individus. Des maisons, des plantations, des districts et même des îles entières, étaient offerts de cette façon. Cependant, ceux à qui ces dons étaient présentés , ne pensaient jamais à les accepter en réalité ; c'était un usage analogue à celui pratiqué en Espagne, où l'on emploie la formule à la disposicion de ustedy pour chaque objet qui attire l'attention des étrangers , sans pour cela leur accorder d'autre droit que celui de refuser.
Il est possible, cependant, que les chefs, pleins de l'idée des avantages qui résulteraient pour eux de la résidence des missionnaires dans leur ile , eussent conçu le projet sincère de leur céder la jouissance du territoire de Maiavaî , de leur accorder de remplir l'office de chefs, d'étendre leurs cultures comme ils l'entendraient, et même de percevoir un tribut des indigènes qui en occuperaient les portions non cultivées par eux, mais sans avoir, en aucune façon, l'intention d'aliéner à perpétuité ce domaine de ceux du chef suprême, auquel il appartenait ori-
ginairement (i). De sorte que la mention faite par Wilson, de la concession du district de Matavaï, ne doit être considérée que comme une assertion sans fondement. Plus tard , les missionnaires ont pu s'en convaincre ; non-seulement ils n'ont pas fait acte de propriété , mais encore ils ont reconnu et signalé cette erreur, et n'ont jamais élevé de prétentions à cet égard.
Dès leur arrivée les missionnaires se trouvèrent État politique en rapport avec les principaux personnages de File. Quoique Pomaré continuât à exercer, au nom de son fils, les fonctions de régent sur les deux péninsules , son influence avait néanmoins considérablement décru depuis l'avènement du nouvel arii-rahi , qui allait atteindre Tâge où il pourrait se charger seul de la direction du gouvernement. Pomaré II était , ainsi
(1) EUis, Polynesian researches, t.I, p. 66. Le même auteur dit à ce sujet : Lorsque le navire BoytU Jâmiral arriva en 1 801 avec un renfort de missionnaires, on demanda à Pomaré s'ils pouvaient encore se considérer comme propriétaires du district de Matavaï. 11 répondit affirmativement et demanda même si on voulait que les habitants s'éloignassent. Mais il paraît cependant, que les indigènes ne les considéraient que comme des tenanciers révocables à volonté. Ce que les missionnaires désiraient était Poccupation permanente du terrain sur lequel leurs demeures étaient situées , et ils ne paraissaient pas avoir cette certitude , car ils écrivaient à ce sujet à la Société des missions à Londres, en 1804 , que les habitants ne considéraient pas le district , ni aucune de ses parties comme appartenant à rétablissement des missionnaires, excepté la petite portion sablonneuse quHls occupaient , et même divers indigènes réclamaient la propriété dn terrain occupé par leurs cases et leurs jardins.
que sa femme, âgé d'environ dix-sept ans* Tous deux ne dépassèrent pas le seuil de la demeure des missionnaires, et ne mirent pas non plus le pied sur lèDuffj à cause du caractère sacré dont ils étaient revêtus. Us venaient cependant rôder ensemble dans utie petite pirogue autour du navire; Pomaré II dirigeait Tembarcation , tandis qu'Idia en vidait Feau avec une écale de coco ; ce manège, dit Wilson, peut donner une idée de la dignité d'une reine à Taïti.
MortiTOripaït. Taïrabou continuait à être gouverné par le frère de Pomaré II» mais son oncle et tuteur, Oripaîa, était mort vers le commencement de Tannée 1797 (1). Ce chef, nommé régent de Taïrabou en 1792 y était très-attaché aux Européens; sa veuve, désignée sous le nom d7nna Madoua par Wilson, et sous celui d'Oueni'MoyeripdLV Bligh, se mit à pleurer en voyant les missionnaires , qui lui rappelaient que son époux était Tami des Anglais.
Le récit des missionnaires ne mentionne pas le nom du nouveau régent de Taïrabou; peut-être Pomaré P' s'étaît-il réservé ces fonctions, quoique rien ne le prouve. Dans une de leurs excursions , les missionnaires furent visiter le jeune arii-nâvao*roa
(1) Les missionnaires anglais virent , peu de temps après leur arrivée dans le district d'Attahourou , le toupapaou on maison mortuaire de ce chef. Le corps était encore dans un état de conservation parfaite ; il était vêtu de rouge et recevait jonrnellement des offrandes d'aliments des mains d'un serviteur préposé à ce service. Le toupapûou était placé non loin du maraï d'Attahourou. Wilson , jà misHonary voyage in the Duff^ page 208.
HISTORIQUE. 43i
dans ses domaines; il demeurait dans le district de Matavei) le mieux cultivé de Taîrabou. Quelque temps après, en juillet 1797 , Wilson y tit aussi Pemaré I" sous un hangar, où il préparait des protisidhs d'étoffés et de comestibtes pour les distribuer 9Lui chefs et aux arreoys^ dans une grande fête qui détait atbir lieu à Pàparâ;
Té-maré , revêtu du titre de iaata no te Àtoùa , chefs prineipaux rhbmmè des dieux , remplissait des fonctions saccr- ^-^ dotales ; il était le premier chef de Ttle après Pomaré, auquel les derniers événements l'avaient assujetti. Ces deux anciens rivaux paraissaient vivre en bonne intelligence et même ^ s'il faut en croire Wilson , le fils d'Amo avait adopté Pomaré II pour héritier de ses biens. Si ce fait est vrai , il expliquerait le retour de Tè-maré au gouvernement du district de Papara après la défaite qu'il avait éprouvée. Toutefois ^ Wilson ayant eu l'occasion de voir ce chef dans un moment où il était ivre d'ava , il l'entendit manifester des sentiments de jalousie et de crainte envers PomHH (i). Il |)aséâit prou^ ètte inèpîré pdit la divinité; à Tàbr i de ce baractèrè sacré , il piàraissait méditer de verïger là ftîort de son père et de prendre un jour sa revanche sur ses puissants adversaires. En mètnè ;^
temps 9 le district d'Attahourou divisé entre deux ou trois chefs, était soumis à sa direction , de sorte que son influence était encore fort grande.
Weïdoua , le plus jeune frère de Pomaré , gouver-
(1) Wilson , j4 mUsionary voyage y etc., page 206.
nait toujours le dislrict important de Wapaïano. Il avait épousé une jeune femme , sortie probablement des dernières classes de la population; il était arreoy premier rang, et comme tel très-licencieux dans sa conduite. Sa réputation était toujours celle d'un grand guerrier; son regard était dur et ses traits repoussants. Il résidait à Fextrémité occidentale du district de Wapaïano.
Le grand prêtre Mani - Mani , un des chefs les plus influents de File , était à cette époque très-actif et très-vigoureux, quoique fort âgé et presque aveugle. Il s'adonnait sans retenue à tous les vices de son pays, les hautes fonctions sacerdotales qu'il remplissait ne lui imposant d'ailleurs aucune obligation de conduite régulière. Il possédait cinq femmes, et se livrait à toutes sortes de débordements et d'intrigues pour assouvir son ambition ; c'est sans doute, dans un but politique qu'il fit un excellent accueil aux missionnaires.
Le récit de Wilson mentionne un certain nombre d'autres chefs qui exerçaient quelque pouvoir sur l'ile, parmi lesquels on remarque Païtia, chef de Matavaï, nommé Poîto par Bligh (1).
Division du Le tableau suivant indique les noms des chefs qui
territoire. ^ , .
présidaient sur les différents districts de l'Ile à la même époque.
(1) Bligh , Foyageà la mer du Sud , page 92.