‹ Îles TaïtiChapitre 4 sur 33 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

9 « et e et les lettres correspondantes sont par consé- » quent inutiles; les autres consonnes employées f dans la méthode des missionnaires retiennent leur » prononciation anglaise. — Il n'en est pas de même » des voyelles que les indigènes articulent très-dis- » tinctement. A possède le son de a dans father » (comme notre a français) ; ^, le son de a dans fate » (comme notre é fermé); i, celui de i dans marine 1^ ou de ^ dans me (comme notre t); o, celui de o n dans no (comme notre o); et ii conserve le son de » 00 dans root (le son de notre diphthongue ou). La 1» diphthongue ai se prononce comme dans nine » (c'est-à-dire comme un a suivi d'un i avec tréma : im)(i). »

De sorte que, d'après les régies inventées et adoptées par les missionnaires anglais dès le 6 mars 1805, les noms suivants, Moorea, Tdiarabu, Ututnaoro^Atutty doivent se prononcer Moorea, TaiaraboUf Outoumaoro , Atoua.

On conçoit , en effet, que les Anglais, dont l'alphabet est dépourvu de la plupart de nos voyelles , aient créé un mode particuliei^ d'orthographe pour rendre la consonnance des langues océaniennes; mais pour nous, il nous a semblé qu'il était plus naturel, plus simple et plus rationnel de conserver aux idiomes polynésiens, à l'aide des moyens euphoniques propres à notre alphabet, leurs sons tels qu'ils sont articulés par la bouche des indigènes. C'est là

(1) Polynesian researcheSy tome I, pages 73, 78 et 127.

PRÉFACE* %t

liiie basé essentielle qui, nous le craignons, ne manquera pas d'être altérée en France, par l'orthographe employée par les missionnaires catholiques, partout ailleurs que dans le cercle restreint dés personnes initiées à son mécanisme.

Nous ne nous arrêterons pas aux phrases irritantes échappée^ à la plume du même auteur. Il n'est pas dans nos^ goûts de nous donner Fe plaisir d'une polémique au moins inutile. Nous avons entrepris la fâche de retracer des faits , en suivant une méthode scrupuleuse; et si on peut reprocher aui navigateurs que nous avons consultés, d'avoir peu séjourné dans les lieux oit îh ont passé, du moins on doit reconnaître qu'ik ont tour à tour mis un grand zèle à apporter leur contingent à la masse générale des connaissances dont notre époque se glorifie, apports successifs qui ont fini par constituer une œuvre immense; tandis que, nous regrettons de le dire pour plus d'un motif, des personnes qui ont demeuré Uen plus longtemps sur les mêmes lieux^ n'ont pas toujours suivi cet exemple.

Quant stu second reproche, il a été adressé par un écrivain fécond, dont le style plein de charmes a fait souvent l'objet de notre juste admiration, aux évaluations statistiques faites sur les tles Marquises. Kans un volume contenant une série d'articles précédemment insérés dans la Revue des deux Mondes (1) , ii s'élève contre la hardiesse avec laquelle on a

(I) La Polyné$ie et les iles Marquises, etc., par h. Reybaud.

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