‹ Îles TaïtiChapitre 6 sur 33 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

|UÊFLEXK>NS SDR h'OlÇCmkrïOîl m piTKOîT DE vm^u^kn Pàh tk RÉPUBLIQUE BU CHILI, r— CONSÉQUENCES DB G^TTE OfCGUPATIQN POUR LES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAI^ DANS l'OCÉANIP.

P^ïwJ^Qt que iious écrivions eet ouvrage dont la preiqière pallie était imprimée depuis prèa d'une anpéi^, il |$'(^t passé un événement important et qui peut , suivant nous , compromettra en grande partie les avantages que la France devait attendre de ses établisj^ift^ntis auic îles Marquises et h Taïti.

A l'époque où l'escadre placée sous les ordres du çoBtre-* amiral du Petit-Thouars prenait possession du groupe peu important des tles Marquises, et couvrait du pavillon national la riche Taîti, le gouvememeirt semblait avoir un système parfaitement défini de colonisation, capable de donner à la France, daps les mers de l'Inde et dans l'océan Pacifique, la prépondérgupe due à une des grandes puissances maritimes du globe. Une tentative malheureusement trop tardive^ avait été feite pour former un établissement français «ur la Nouvelle-Zélande ; l'île Mayotte et le port de Nossi-Bé étaient occupés par nos soldats. Dans l'Amérique méridionale il restait encore de vastes terrains susceptibles de recevoir des colons ; et, dans le grand archipel d'Asie, combien d'îles ne sont-elles pas encore inoccupées au milieu fù^me

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des possessions hollandaises, anglaises et espagnoles! « Sans doute, disions-nous (i), la prise de possession » des îles Marquises, qui a suivi de si près les navires » qui portaient nos premiers colons à la Nouvelie- » Zélande, n'est que le commencement d'un projet » plus vaste et digne de la grandeur du nom français. •• » On sait que les colonies sont comme des forts, qui, » souvent sans importance par eux-mêmes, enpren- » nent une immense en croisant leurs feux avec ceux » de leur voisin. Notre colonie des Marquises ne doit » pas rester seule, isolée au milieu de l'Océan, à cinq » mille lieues de la patrie. »

Nous savions , en effet , à cette époque quei de nombreux projets d'établissement sur Madagascar, et principalement à Diego -Souarez, avaient été adressés au gouvernement. Une escadre française imposante allait parcourir les mers de Chine dans toutes les directions, et d'un jour à l'autre on pouvait s'attendre à ce que le pavillon français flotterait quelque part sur de nouveaux rivages. Enfin le détroit de Magellan avait été signalé comme un des points les plus propres à recevoir une colonie susceptible d'un rapide accroissement.

« J'ai souvent pensé, écrivait M. du Bouzet, qu'il » conviendrait à la France d'entreprendre une pa- « reille colonisation ( celle du détroit de Magellan ) ; » et je répondrai à ceux qui pourraient m'objecter » que la rigueur du climat serait faite pour en dé-

(!) Iles Marquises^ etc., page 353.

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» goûter les colons, qu'on a vu sous le même climat, » au milieu dn dernier siècle, nos populations mari- » times du Nord surmonter toutes les difficultés d'un » pays beaucoup plus ingrat , car les Malouines n'a-

• vaîent pas même de bois, et réussir à fonder un I établissement qui aurait prospéré et serait aujour- »d'hui le siège d'une colonie florissante^ sans les » ridicules exigences de l'Espagne qui fit valoir ses » droits de souveraineté sur ces îles, droits aux- » quels, autant par politique que par respect pour *le droit des gens, le gouvernement d'alors céda, » en abandonnant ce pays.

» Je ne pense pas qu'aujourd'hui, aucun État soit

* en droit d'établij des prétentions souveraines sur » cette partie de la Patagonie. Dans un temps où » l'ABgleterre s'est emparée de toutes les îles si- » tuées dans la zone tempérée, où on peut établir » des colonies agricoles , ce pays est le seul où la » France puisse fonder un établissement de ce genre, » et certes il n'est pas à dédaigner. Il serait hono- » norable pour elle et à la fois très-utile de trans- » porter sur ces plages sauvages, et pour ainsi dire » désertes, ses mœurs et sa civilisation (i). »

« L«a France, dit le célèbre géographe Adrien > Balbi , dont les vaisseaux avaient tant de fois » sillonné les mers du monde maritime au profit des » sciences, vient de hisser son pavillon sur l'archi-

(1) Dumont-d'Urville, Foyage au pôle sud et dam VOcéanie, tome 1, page 237.

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