XX PRÉFACE
mettaient d'amples succès aux agriculteurs. Les Patagonset les Pécherais qui les habitent, eussent fourni des bras pour la culture du sol et l'éducation des bestiaux. Le détroit de Magellan devenait alors la route de tous les navires de commerce qui fréquentent la mer Pacifique, et notre établissement un lieu de relâche obligé pour renouveler leurs approvisionnements; il devenait en outre , comme Singapour, un dépôt des marchandises qui s'échangent entre les deux mers qui le baignent. Il ouvrait une nouvelle industrie à la France, celle de la pelleterie; il pouvait, en un mot i concentrer tout le commerce qui se fait aujourd'hui à Montevideo et à Buénos- Ayres, et qui a attiré sur ces derniers points quinze mille Français ; ceux-ci , menacés aujourd'hui par les armées de Buénos-Ayres, auraient pu facilement se transporter dans la Patagonie.
Un établissement au détroit de Magellan aurait donné un nouveau développement à nos pêches de la baleine, de la moruQ, de la sardine, du hareng et des phoques; il eût fourni à la France un certain nombre d'excellents marins , dont les services nécessaires pour le pilotage et le i^emorquage des bâtiments dans le détroit auraient assuré des revenus importants à la colonie. Enfin , les dernières discussions qui ont eu lieu à la chambre élective, à l'occasion de la loi sur le régime des prisons , sont venues corroborer une des considérations que nous avions présentées en faveur d'un essai de colonisation au détroit de Magellan. Car, par son isolement des nations