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ENTRE LA MONNAIE FIDUCIAIRE ET LE PAPIER-MONNAIE

Beaucoup d'écrivains attachent une grande importance à la distinction qu'ils veulent établir entre la monnaie fiduciaire et le papier-monnaie à cours forcé.

Sans doute le système du cours forcé était par trop franc et sincère, et ce fut assurément un coup d'adresse que de promettre le remboursement métallique à volonté. Cette promesse de remboursement peut bien diminuer le bénéfice de l'émission si, pour faire face au petit courant des remboursements, l'émetteur garde improductive dans ses caisses une certaine provision métallique à lui appartenant, mais la diminution du bénéfice est plus que rachetée par l'illusion qui se produit, et

qui pour un temps suffit à maintenir le pair entre la valeur du billet de banque et la valeur de l'or.

L'émetteur arrive ainsi à ses fins comme s'il disposait du cours forcé, il bat monnaie avec une matière qui ne coûte rien, avec du papier. Cours spontanés ou cours forcé, la méthode est changée, mais Teffet est le même:

c'est toujours le public qui, s'en doutant ou ne s'en doutant pas, enrichit à ses dépens les émetteurs.

J'appartiens à un pays célèbre entre tous pour le commerce des capitaux et de la monnaie, et qui a fourni longtemps des banquiers à toute l'Europe : la Lombardie.

Aujourd'hui encore, à Paris comme à Londres, Tanciome rue des banquiers s'appelle du nom des Lombards. Eh bien, la Lombardie n'a jamais cru à la monnaie fiduciaire. L'Autriche, toute puissante et oppressive qu'elle était, n'a jamais pu y faire pénétrer une seule banknote.

Turin a été plus heureuse après l'annexion :

les Lombards ont sacrifié leurs traditions monétaires aux dieux de l'unité.

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