FRÉDÉRIC II EMPEREUR , HENRI ROI DES ROMAINS
Après la mort d'Otton , Frédérit; convoqua
une diète à Francfort ou il fit élire son fils aîné Henri , roi des Romains ; puis il partit pour Rome où le pape 'Honorius III , successeur d'Innocent lui donna la couronne impériale , après toutefois lui avoir fait jurer de maintenir la donation faite au saint-siége par là comtesse Mathilde et de se rendre en personne , à la Terre-Sainte. Il partit ensuite pour Naples où il fixa son sqour et dont il fit la capitale de son royaume. Nous ne suivrons pas Frédéric II dans ses querelles avec les papes , ses expéditions outre-mer, et ses guerres avec les villes d'Italie ; nous ne parlerons de ces faits que quand ils auront une relation directe avec rbistoire d'Allemagne; le reste appartenant^ à rbistoire dltalie , et à la biographie particulière dè Frédéric.
Pendant un règne de 38 ans, Frédéric II, ne séjourna que neuf ans en Allemagne , pas même le quart de son règne. Il préférait Tltalie , dont il voulait faire le centre de soiî empire. Quant à ' l'Allemagne elle n'eut été qu'une province. Nous avons vu qu avant l'expédition de Rome , il avait faitélireson fils Henri pourson successeur; huîtans après il ;le fit couronner à Aix-la-Chapelle , puis il le fiança i Marguerite fille du duc Léopold d'Autriche; enfin il lui avait confié l'administra-
tion de TAUeinagne avec les pouvmrs les plus
étendus.
L'absence de Tempereur , la fitiblesse de son représentant^ donnèrent lieu anx guerres particulières de se renouveler dans toute rAUemagne et ce.fléaa la désola pendant quinze ans que Frédéric resta éloigné de ce pays. Cependant Henri grâce aux . sages conseils.de l'archevêque de Cologne, avait su, sinon arrêter le mal, du m'oins Tempêcher de s étendre. Mais quand la mort Teut privé de ce vertueux conseiller , il se montra enclin à l'arbitraire , et s'éloigna de son père. Bien qu'il eut été dès son en&nce , élevé par celui-ci à la dignité royale, il voulait se rendre tout-à* fait indépendant en arrivant à sa majorité. II voyait avec des yeux jaloux que l'empereur avait auprès de lui son jeune frère Conrad, et qu'iî le traitait avec beaucoup d'égards , ou plutôt ses mauvais conseillers cherchaient à lui persuader que Conrad était plus cher, à Frédéric. Plusieurs princes » surtout lesévêquea du Rhin cherchèrent à profiter de ces circonstances pour acquérir de plus grands privilèges , et Uenri , pour gagner des partisans, n'osa rien refuser.
L'empereur averti, Tinvitaà serendreàFriouI pour se justifier des plaintes portées contre lui. Henri 'demanda pardon et jura d'obéir en tout aux ordres de son père , mais de retour en Allemagne, il chercha de plus en plus à gagner des partisans , et enfin il conclut un traité avec les vicies lombardes liguées avec le pape contre l'empereur. Milan promit pour elle et les villes
alliées» de reconnaître Henri comme roi d'Italie, et de soutenir son parti. De son coté , Henri reconnut la ligue des villes lombardes, et déclara que leê ennemis de eeUe-ei , étaient les siens* C'était déclarer la guerre à son père.
Frédéric » en app^Moit la révolte de son fils , partit aussitôt avec une suite peu nombreuse , et arriva en Bavière où il comptait trouver un serviteur dévoué dans le duc Otton. 11 augmenta son attachement en demandant la main de sa fille pour son second fils Conrad. La nouvelle de son arrivée et Tautorité de sa personne , rassemblée rent bientôt à Ratisbonne près de soixante- dix princes et évêques , qui proclamèrent leur mécontentement de la conduite de Henri et leur dévouement à l'empereur. Après avoir exposé les grieis qu'il avait contre son fils , il le condamna à l'emprisonnement , et le confia à la garde du duc Otton de Bavière (1235). Il convoqua une diète à Mayence, où il fit prononcer la déchéance de Henri et proclamer une nouvelle loi sur la paix du pays. Cette loi avait pour but principal de réprimer les abus de pouvoir et les empiétemens sur les droits souverains que s'étaient permis un grand nombre de seigneurs depuis Henri VI.
Après *un an de séjour en Allemagne , Frédéric retourna en Italie pour punir les villes lombardes de leur alliance avec son fils ; mais il fut bientôt rappelé au-delà des Alpes , pour punir le duc d'Autriche qui s'était révolté et qui avait été mis au ban de l'empire. Le duc fut chassé , Vienne déclarée ville libre et impériale , et le duché fief
de l'empire. Ainsi Frédéric en peu de temps, avait non-seulement rétabli Tordre et les lois en Allemagne, mais encore conquis une puissance telle qu'on n'en avait pas vu desemblable depuis lesemperéurs Sâliques. Il réunissait sur sa tête sept couronnes : celles de l'Empire, d'Allemagne, de Bourgogne, de Lombardie , de Sieile » de Sardaigne et de Jérusalem.