‹ Illustrations de l'histoire d'AllemagneChapitre 18 sur 39 · HENRI VII, DE LUXEMBOURG, EMPEREUR · texte numérisé non relu

HENRI VII, DE LUXEMBOURG, EMPEREUR

Sept mois s'écoulèrent , après la mort d'Albert , avant que les électeurs pussent s'entendre pour un nouveau choix. Plusieurs princes prétendaient à la couronne, et Je roi de France lui-même voulait la faire obtenir à son frère , Charles de Valois, Déjà même deux électeurs avaient été gagnés par le pape Clément V qui ' était dévoué à Philippe-le-Bel ; mais les autres électeurs , redoutant l'influence française , hâtèrent Télection, et Pierre, archevêque de Mayence, proposa Henri , comte de Luxembourg. C'était un prince qui jouissait d'une grande réputation de 'bravourfe et d'expérience militaire. Il réunit tous les suffrages et fut proclamé le 27 novembre 130S. Après son couronnement , ( 6 janvier 1309) , il remonta le Rhin jusqu'à Constance, renouvela la paix publique , et confirma les privilèges des grands et des petits états. Il profita de cette circonstance. pour prendre de nouveau sous la protection immédiate de l'empire les

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cantons de Schwitz , Uri , Underwald , et les soustraire à la domination de l'Autriche.

Henri VII obtint ensuite du pape Clément V la confirmatioD de son élection , et la promesse de lui donner la couronne impériale aussitôt que les circonstances seraient devenues favorables . c'est-à-dire aussitôt que les a&ires d'Allemagne lui permettraient de se rendre à Rome.

Dans la diète de Spire, convoquée en septembre 1309 , le roi s'occupa de terminer la guerre occasionée par la succession au trône de Bohême vacant par la mort de Wenceslas II. Il maria son fils Jean à Elisabeth , héritière de Bohême , et cet arrangement qui donnait un trône à sa famille , termina toutes les contestations. Il donna satisfaction aux ducs d'Autriche Frédéric et Léopold, qui demandaient, vengeance contre les meurtriers de leur père , le roi Albert , en prononçant la condamnation des assassins. 11 termina encore quelques affaires moins importantes , et se prépara à partir pour l'Italie.

Depuis soixante ans aucun empereur n'était parvenu à faire reconnmtre son pouvoir dans ce pays , toujours déchiré par les dissensions. 11 fit son entrée solennelle à Milan , ou il fut reçu avec enthousiasme par tous les partis, (décemJbre 1310 ). Henri fit aussitôt proclamer la paix générale , déclarant qu'il ne connaissait ni Guelfes ni Gibelins ; car ces dénominations » depuis longtemps oubliées en Allemagne » servaient encore à désigner les factions qui déchiraient l'Italie. Il reçut ensuite la couronne des rois lombards^

et toutes les villes lui prêtèrent serment de fidélité.

Jusque là , tout allait bien ; mais il s aperçut bientôt que la réconciliation des partis n'était . qu'apparente , et que les Italiens n'étaient pas plus qu'autrefois disposés à se soumettre au joug des Allemands. Des soulëvemens éclatèrent de toutes parts, et» comme toujours, Milan se mit à la tête du mouvement Le roi Robert de Naples, qui avait vu avec peine l'arrivée de Henri en Italie , encourageait , excitait la révolte. Il fallut combattre , attaquer des villes. Le siège de Breseia seul » dura quatre mois , et coûta à Henri les trois quarts de son armée. Il n'en persista pas moins dans la résolution d'aller à Rome. Mais il trouva la moitié de cette ville occupée par l'armée du roi Robert et par le parti des Guelfes , de Rome et de la Toscane. Il s'empara du Ca-^ pitole , mais il ne put enlever aux Napolitains , ni le Vatican , ni l'église St. -Pierre , où le couronnement devait avoir lieu , suivant l'usage. Le cardinal légat fut force de le couronner dans l'église, de Latran, le 29 juin 1312.

Henri Vil avait bien obtenu le couronnement, mais quant à la soumission de l'Italie, quant à . l 'autorité impériale, il était moins avancé qu'avant d'avoir passé les Alpes. Sa situation à Rome , était d'autant plus dangereuse, que les princes Allemands , après s'être acquittés de leurs devoirs au sujet de l'expédition , étaient retournés cbesc eux. Mais le courage et la sagesse de Henri surent le tirer de cet embarras. 11 conclut une alHance avec le roi Frédéric de Sicile^ déclara la

gnerre aux Guelfes , vint mettre le sîége devant Florence , et chargea son fils , le roi Jean de Bohême de lui amener une nouvelle armée d'Allemagne. En peu de temps il réunit le contingent des vassaux de l'empire , et de nombreuses troupes auxiliaires que lui avaient fourni les Gibelins, les renforts d'Allemagne étaient en route; il s'apprêtait à marcher contre Naples, quand il mourut tou^à-coup le 24 août 1313.

Cette mort a été attribuée au poison par les historiens allemands, et à une maladie ordinaire par les Italiens. Bien ne peut donner un démenti à Tune ou à l'autre de ces assertions. Quoiqu'il en soit , cet événement donna une nouvelle force à la lutte des factions en Italjie » et ne fit qu'accélérer le morcellement de ce pays.

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