‹ Illustrations de l'histoire d'AllemagneChapitre 19 sur 39 · INTERRÈGNE. — LOUIS DE BAVIERE. — FREDERIC D AUTRICHE · texte numérisé non relu

INTERRÈGNE. — LOUIS DE BAVIERE. — FREDERIC D AUTRICHE

La mort de Henri VII fut suivie en Allemagne d'un interrègne de quatorze mois et de trente* cinq ans de troubles intérieurs et de guerres étrangères. C'était là reflet inévitable d'un gouvernement électif, surtout aussi vicieux qu'il l'était alors. Deux partis se formèrent parmi les électeurs , et comme jls ne purent jamais s'accorder ils nommèrent chacun un roi. Le parti Autrichien proclama roi des Romains, Frédéric d'Autriche, fils d'Albert , (20 novembre 1314), et le lendemam le parti de Luxembourg proclama Louis de Bavière ; tous deux se firent aussitôt couronner, Frédoiric à Bonne , par Tarchevêque de Cologne,

Louis à Aix-la* Chapelle ; ainsi celui-ci avait pour

lui le lieu désigné pour cette cérémonie , l'autre le prélat qui devait la célébrer.

L'Allemagne avait donc deux rois , et se trouvait divisée en deux partis qui soutenaient chacun la légalité de son choix. Les armes seules pouvaient en décider. Huit ans se passèrent en escarmouches , ou en tentatives de part et d'autre pour augmenter le nombre de ses partisans. ' Enfin le 28 septembre 1322 , une bataille décisive lut livrée auprès de Mulhdorf entre les deux compétiteurs. Frédéric la perdit , fut fait prisonnier et enfermé dans le château fort de Transnitz. Mais son parti n'était pas encore vaincu. Son frère., lè duc Léopold, refusa de déposer les armes et de rendre les insignes de la royauté.

Sans s'inquiéter de Léopold , Louis après sa victoire convoqua une diète à Nuremberg , pour s'y présenter comme seul roi légitime et arranger les affaires de Tempire. Tout se passa selon ses désirs , et il crut, alors le moment favorable pour faire reconnaître son pouvoir en Italie. Il reçut à cette époque une députation de Galéas Visconti , duc de Milan, qui lui demandait des secours contre le légat du pape dont Tarmée menaçait de soumettre Milan et les autres villes du parti Gibelin. Louis envoya 8U0 chevaliers et força le légat à lever le siège de Milan. Le pape Jean XXII , qui résidait à Avignon, irrité de ce qu'un roi des Romains , qui n'était pas encore reconnu par lui , avait osé prendre parti pour ses ennemis attaqua la légalité de son élection , et lui interdit

de régner pendant trois mois , jusqu'à ce que son élection et ses droits personnels eussent été examinés et approuvés par le saint-siège.

Louis protesta contre cet acte qui violait les droits de l'empire, et en appela à un concile général, auquel il assisterait en personne. Jean XXII . lança alors contre Louis et tous ses adhérens une sentence d'excommunication. Louis convoqua aussitôt une diète à Ratisbonne, et fit proclamer une nouvelle protestation et un nouvel appel à un futur concile général. £n attendant il demanda Tavis de plusieurs universités et des plus savans jurisconsultes canonistes. Un grand nombre se prononça pour lui, et les universités de Paris et de Bologne ne craignirent pas de déclarer la conduite du pape illégale. Fort de ces appuis, Louis ne perdit aucun de ses partisans , et il s'attacha même à en gagner de nouveaux. Il rendit la liberté à Frédéric d* Aunîche dont il avait été Tami intime dans sa jeunesse , avant que l'ambition les eut brouillés: 11 alla plus loin , ils convinrent de régner en commun comme deux frères , sans qu'aucun d'eux eut le pas sur l'autre» chacun devant tour- à- tour avoir son jour pour les signatures. Cet Haceord si extraordinaire ne dura pas longtemps ; mais du moins il n'y eut plus de guerres entre eux. Car après la mort de son frère Lëopold, Frédéric se retira dans son duché d'Autriche , où des discussions pour le partage avec ses autres frèreSy l'occupèrent sans relâche, et permirent à Louis de se livrer sans obstacle aux projets qu'il avait conçus.

Louis avait formé la résolution de s'assurer la possesaion de Tempire, malgré i*excommtinication dont il était frappé, et de braver le pape en Italie même. Le parti nombreux des Gibelins rappelait au«-delà des Alpes , et quoique cette expédition ne fut pas du goût de la plupart des princes Allemands , il était sur de trouver une nombreuse armée en Italie, sans compter les soldats mercenaires qu'il pourrait emmener d'Allemagne, qui depuis long-temps étaient habitués à passer les Alpes et à combattre pour les chefs de parti. Tout parut alors lui réussir à souhait ; il reçut à Milan la couronne de Lombardie , et s'avança sur Rome malgré les excommunications réitérées de Jean XXIL Les Romains, trèsmécontensdu séjour du pape en France , reçurent Louis avec acclamation comme leur seigneur et roi, et le proclamèrent empereur. Il fut ensuite solennellement couronné et sacré par les deux évêques excommuniés de Venise et d'Aléria*.

(17 janvier 1328).

Pour terminer ses dijSérends avec le saint-siége, Lom's, maintenant qu'il était revêtu du titre d'empereur, n'imagina pas d'autre moyen que de déposer Jean XXII et d'élire un nouveau pape. Ce fut un nommé Pierre Corvera , frère mineur , qui accepta cette dignité » et prit le nom de Nicolas y. Mais le jour même ou Louis présentait au peuple son nouveau pape , le gouverneur de Rome proclamait publiquement la déchéance de l'empereur prononcée par Jean XXIL Bientôt les Romains, dans leur mobilité, remplacèrent

Vamour qu'ils avaient montré à Louis par de la haine , et quand il sortit de Rome avec son escorte* on n'entendit qu'un cri : A bas les hérétiques et les excommuniés; vive la sainte église I et ils s'empressèrent de se réconcilier avec Jean XXII. Louis resta encore quelque temps en Italie , sans pouvoir y établir son autorité d'une manière solide, mais ayant appris la mort de Frédéric d'Autriche, il se hâta de retourner en Allemagne. (I390I.

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