CHAPITRE VIII
t'erdtoand 1er. — Maiimilien 11. — Guerre contre les Turcs. ~ Rodolphe 11.— Caractère faible et* irrésolu de ce prince.— Trou* bles occasionnés par les sectes rellgieoKes. — L^archiduc Ifaibias s^empare du gouvernemenl de rAnlriche et de la Hongrie. — Union de Hall. — Ligue catholique. — Succession de luliers. — Mathios empereur. — Origine de la guerre de trente ans. — Défénestration de Prague. — Ferdinand II empereur. — Suite de la guerre de trente ans. — L*é1ecteor palatin. — Frédéric est reconnu roi di» Bohème. — Il perd la bataille de Prague. — Le roi doDancniarck en Allemagne. — 11 est bollu cl obligé de fuir.
— Edit de reslilulion, — Nouvelle ligue contre rempcrcur. — Gustave-Adolphe en Allemagne. — Destruclion de Magdebourg.
— Bataille de Leipsick. — Ses suites. — Bataille de Lutzen. — Victoire el mort de Gusiave-Adolphe. — Bataille de Nor Jlirguc gagnée par Parcbiduc Ferdinand. — Ferdinand III. — Bataille de Bocroi grgnée par le grand Condé. — Fin de la guerre d» trente ans. — Paii de Wesipbalie. — Mort d« Ferdinand 111.— ( 15â8-J657 )r
MAISON D AUÎRICHE. — FERDINAND I*»" (1558-1564.)
|E 24 février 1558, Ferdinand assenir bla, à Francfort, le collège des électeurs pour lui Faire part dn l'acte d'abdication de son frère Charités b> en sa faveur. Les électeurs déclarèrent Âuèsîtôt Ferdinand légitime successeur , de Charles V , et le revêtirent des insH ^V^^gnes de la dignité impériale. Avant de recevoir la couronne impériale , Ferdinand avait
déjà obtenu deux royaumes par succession , comme si le sort de la maison d'Autriche fût alors d'hériter partout. Il avait épousé la sœur unique de Louis II , roi de Bohême et de Hongrie. Ce jeune prince /avide de gloire et de réputation , plein d'ardeur et de courage, avait été tué à la l»ataille de Mobarz , livrée contre les Turcs. Ferdinand recueillit ses états des droits de sa femme, et fit rentrer alors pour toujours dans sa maison la Hongrie et la Bohême , qui en étaient sorties depuis environ soixante ans. » En héritant de la Hongrie , dit M. de Las-Cases , Ferdinand avait hérité en même temps du voisinage terrible des Turcs et de la guerre cruelle -qu'ils faisaient aux Chrétiens : il eut à les combattre toute sa vie ; mais tel fut le bonheur de sa position , que ses revers même tournèrent à son profit. Les Allemands, effrayés pour eux-mêmes du succès de ses ennemis , épousèrent dès lors sa querelle et celle de ses successeurs ; on les verra pendant près d un siècle prodiguer souvent leur sang et leurs richesses pour assurer à la maison d'Autriche cette barrière si essentielle à leur repos et à leur sûreté. »
Le règne de Ferdinand , comme empereur , ne dura que six ans ; il se ûi remarquer dans ce court espace de temps par sa sagesse et sa modération , par ses efibrts constans pour apaiser les troubles et réunir les esprits. D'accord avec le pape Fie IV, il n*était peut-être pas bien éloigné d'obtenir cetheureux résultat , lorsque ce prince fut enlevé par une mort prématurée , le 25 juillet 1564 , à l'âge de 61 ans. Ferdinand était d'un caractère doux et
conciliant ; il aima ses sujets et chercha véritablement leur bonheur.