MAXIMILIEN II
L'empereur Ferdinand avait fait reconnaître de
son vivantppur son successeur son fils aînéMaximilien, Tavait fait couronner roi de Bohême en , et roi de Hongrie en 1563. La diète de Francfort l'avait en même temps élu roi des Romains.
Le règne de Maximilien II , quoique plus long que celui de son père , fut encore trop court pour le bonheur de ses sujets. D'un caractère pacifique et essentiellement bon , il poursuivit avec ardeur, et par les mêmes moyens , le plan de son père. Sa tolérance pour les hérétiques Ta fait accuser , par quelques écrivains , de pencher en faveur du luthérianisme ; cependant lorsqu'il fut appelé à lempire , il. fit hautement et publiquement profession de foi catholique ; seulement il répondit à ceux qui l'engageaient à employer le fer et le feu pour réduire les protestans : Qu'il ne croyait pas que la religion voulut être traitée avec Tépée, qu'il croyait plus sûr d*avoir recours aux conférences publiques et à l'autorité des conciles pour les obliger, par la persuasion, à quitter leurs erreurs.
Dans la première diète qu'il tint à Augsbourg
(1566), l'assemblée fut extrêmement nombreuse, et les deux partis qui divisaient T Allemagne y vinrent -très-animés Tun contre l'autre. L'empereur demanda d'abord qu'on votât des subsides pour agir contre les Turcs , qui occupaient plus
de la moitié de la Hongrie. La confiance qu on avait en lui était si grande , que catholiques et protestans lui accordèrent pour lroi$ ans consécutifs des contingens en hommes et en argent bien plus considérables que toûs ceux qu'on avait fournis auparavant. Ce point important obtenu, Maximilien laissa s*ouvrir la discussion , s'y borna au rôle de médiateur , et prévint une rupture. Le pape fut si content de sa conduite , qu'il lui fit remettre 50,000 ducats pour la guerre contre les Turcs.
Cette guerre des Turcs fut révéneiiienl le plui» important de ce règne. Elle fut ten;ninée par une trêve conclue en 1568, dans laquelle on convint que chaque partie belligérante conserverait ce dont elle était en possession. Voulant assurér la suc- . cession de ses états à son fils aîné Rodolphe , il fit ce que son père avait fait pour lui-même. La diète de Presbourg, sur la demande de Maximilien, couronna Rodolphe roi de Hongrie, en 1572; celle de Prague en fit lautant pour la Bohème en 1Ô7Ô; enfin, dans la même année, l'empereur fit nommer Rodolphe roi des Romains à Tunanimité. . Maxiuulien aurait voulu placer sur la tête du second de ses fils , Ernest , la couronne de Pologne ; mais un prince français , le duc d'Anjou , l'emporta. Quand ce dernier quitta la Pologne pour venir occuper le trône de France , laissé vacant par la mort de son frère Charles IX , l'empereur proposa de nouveau son fils aux Polonais ; mais , à sa grande surprise , ur. parti nombreux le choisit lui-même. Un autre parti , soutenu par les Turcs ,
élut Etienne Battori , vaivode de Transylvanie. Celui-ci s'empressa de se rendre en Pelogoe et de ' le faire couronner* De son côté Maximilien voulait soutenir son élection , et une guerre était sur le point d'éclater. Déjà il avait convoqué une diète à Ratisbonne pour demander les secours de Tempire , lorsqu'il tomba malade et mourut le 12 octobre 1576. Les qualités de Maximilien , que Ton représente comme un modèle d'équité et de sagesse , le rendirent cher à toute l'Allemagne et lui valurent, de la part de son peuple, le doux surnom de Titus.