‹ Illustrations de l'histoire d'AllemagneChapitre 34 sur 39 · GUERRE POUR LA SUCCESSION D*<BSPAGNE · texte numérisé non relu

GUERRE POUR LA SUCCESSION D*<BSPAGNE

L'Europe paraissait pacifiée , du moins des traités semblaient lui promettre du repos , quand un événement, dont on aurait pu prévenir les suites , vint rallumer toutes les fureurs de la guerre. Charles II , roi d'Espagne , dernier rejeton mâle de Charles-Quint, mourut sans laisser d'héritier direct. 11 avait eu trois filles : l'aiiiée, Mane- Thérèse , avait épousé Louis XIV , mais elle avait renoncé à ses droits sur la couronne d Espagne . la seconde avait épousé l'empereur Léopold , mais sans faire de renonciation ; enfin la troisième avait été mariée à l'électeur de Bavière, mais elle avait, avant son mariage , renoncé à la succession d'Espagne.

Charles IL, prévoyant les discussions qu allait

faire naître le partage de sa succession , voulut les prévenir en désignant pour son successeur , par un testament public » le duc d'Anjou , fils du dau-

phin de France , et petit-fils de sa fille Marie- Thérèse , déclarant qup la renonciation faite par cette dernière lui était personnelle , mais ne pouvait nuire aux droits de ses descondans. L'empereur Léopold soutenait au contraire que cette renonciation était absolue, et que la succession devait appartenir à ses propres enfans , dont l«i mère n'avait abandonné aucun de ses droits. Il faisait valoir en outre des pactes faits entre Charlea-Quint et son frère lempereur Ferdinand 1^, pactes qui assuraient la succession réciproque aux deux branches de la maison d'Autriche.

Aussitôt après la mort de Charles II (l» novembre 1700 ) , le duc d'Anjou se rendit en Espagne où il fut couronné sous le nom de Philippe V , malgré les protestations de Léopold qui publiait des manifestes , contractait des alliances et suscitait des ennemis à lu maison de Bourbon. Il s'attacha Télecteur de Brandebourg , Frédéric , en le créant roi de Prusse malgré l'opposition du pape et de l'ordre teutonique ; il accorda la dignité électorale à la maison de Hanovre; il s allia à l'Angleterre et à la Hollande, qui toutes deux . s'engagèrent à mettre la couronne d'Espagne sur la tête de rarchiduc Charles second , fils de Léopold. L'empire se partagea entre les deux maisons rivales ; car tandis que Léopold engageait dans la triple alliance les cercles d'Autriche , de Souabe , de Franconie, du haut et du bas Rhin, Louis XIV entraînait dans son parti Télecteur de Bavière, son frère l'archevêque électeur de Cologne , le roi de Portugal , les ducs de Savoie et de Mantoue.

Ainsi I voilà les peuples d'Europe encore une fois armés et prêts à s'entr'ëgorger par suite de la ri- ^ valité de deux familles royales.

On a remarqué que de toutes les guerres entreprises par Louis XIV , celle-ci fut peut-être la plus juste , et cependant ce fut celle où il itxi le plus malheureux. La guerre commença en Italie, où le prince Eugène , général de l'empereur , battit le maréchal Catinat , Villeroi et le duc de Vendôme. En 1702 , Marlborough , général anglais , formé à Técole de Turenne^ pénétra dans les Pays-Bas à la tête de l'armée alliée , et s'empara des principales places fortes* Quelques avantages obtenus en 1703 par les généraux français , furent bien compensés par les pertes qu'ils essuyèrent en 1704 , à la bataille d'Hochstel ou de Bleinheim. La Bavière conquise, l'Alsace envahie, furent les fruits de cette victoire » due aux talens réunis des deux meilleurs généraux de l'époque , Eugène et Marlborough.

Au milieu de ces succès mourut l'empereur Léopold (1705), prince pieux, vertueux, mais faible , et peu propre à tenir les rênes de l'État dans des temps aussi difficiles. Il eut pour successeur son fils aîné , Joseph , qu'il avait déjà fait nommer roi des Romains.

JOSEPH — (1705-1711), — SUITB DE LA OnEBBB DE SUCCESSION.

Joseph avait plus de fermeté dans le caractère»

un génie plus entreprenant et plus actif que son père. Il déclara sa résolution de continuer la guerre

entreprise pour placer la couronne d'Espagne sur la tête de Tarchiduc Charles, son frère. Déjà celui* ci avait été transporté en Espagne par les Anglais et reconnu pour roi en Aragon , en Catalogne, et dans le royaume de Valence.

En 1706, Eugène remporta une grande victoire près de Turin , et Mariborough à Hamillies. En 1707 , le général autrichien , comte Daun , s'empara du royaume de Naples ; Eugène et Mari- . borough furent de nouveau* victorieux à Oudenarde , et entrèrent dans Lille , que Boufflers avait si glorieusement défendue. £n 1706, Joseph mit au ban de lempire le duc de Mantoue , qui mourut peu après , et il s empara de son <luché. Déjà il avait mis aussi au ban de Tempire les électeurs de-Bavière et de Cologne , qui avaient, comme nous l'avons dît , suivi le parti de la France. En 1709, Eugène et Mariborough défirent le maréchal de Villars à Malplaquet. Louis XIV, ce prince autrefois si puissant et si fier , maintenant accablé par l'âge , par les infirmités , par les calamités de toute espèce , se vit réduit à mendier humblement une paix qu'on lui refusa avec inso* lence , ou que l'on n'accorda qu'à des conditions impossibles. Ce défaut de modération des alliés , causé par leur bonne fortune , leur fit perdre une bonne partie des fruits de leurs victoires, Ds perdirent t en 1710 , le général Mariborough , qui fut rappelé parla reine Anne d'Angleterre. La mort de Joseph 1^^ , arrivée le 17 avril 1711 » vint changer la face des choses. Il ne laissait point d*enfans,

et son frère l'archiduc C^barles était appelé à lui* succéder.

Page 1