‹ Illustrations de l'histoire d'AllemagneChapitre 38 sur 39 · MI · texte numérisé non relu

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pour le démembrement de la Pologne » concerté

entre les trois cours de Pétersbourg , de Berlin et • de Vienne. On a attribué Tidée de ce partage à Frédéric ; il paraît cependant que la première proposition vint de la cour de Russie , et que Marie- Thérèse 'hésita beaucoup avant d'y acquiescer. Quand le démembrement de la Pologne fut rendu pubUo par des prises de possessions et des manifestes , une clameur générale s'éleva en Europe contre une si injuste spoliation . Frédéric se contenta de dire : <« Quant à moi je m'attendais à tout " ce bruit ; mais que va-t-on dire de ma cousine » la dévoie \ »

L'impératrice Marie-Thérèse étant morte, le 29 novembre 1780 , c'est de ce jour que Joseph II se vit maître absolu delà monarchie autrichienne. Il commença alors sans contrainte les réformes qu'il avait intention d'introduire dans ses États. Il supprima un grand nombre de .couvens , défendit le recours à Rome , fit cesser les ordinations et fatigua le clergé par des réglemens multipliés sur les ietes , les processions , les cérémonies , sur toutes les choses enfin qui sont le moins du ressort de l autorité civile. Frédéric , tout imbu qu'il était des prindpès de la philosophie du dix-huitième siècle, avait, sur les innovations tentées par Joseph , des opinions bien différentes. «« L'empe- " reur , écrivait-il à d'Alembert , continue ses » sécularisations sans interruption ; chez nous »♦ chacun reste comme il est , et je respecte le » droit de possession sur lequel la société est foni> dée. » En parlant des ordonnances minutieuses

rendues sur ces objets par Tempereur , Frédéric rappelait plaisamment mon frère ie sacristain. Au milieu des troubles qu'excitaient les innovations de Joseph II , de nouveaux embarras lui furent suscités par rinsurrection des Valaques et par la rupture de la paix avec la Hollande. Son beau-Frère Louis XVI se rendit médiateur et obtint sa paix avec la Hollande. Une guerre malheureuse contre les Turcs , une insurrection dans , les Pays-Bas , et enfin la révolution de France qui avait éclaté par d'horribles attentats contre sa sœur chérie , la reine Marie- Antoinette , le jetèrent , sur la fin de sa vie , dans une mélancolie profonde. II chercha alors à se réconcilier avec lê pape Pie VI , et le vénérable pontife s'empressa d'accueillir le monarque repentant. U adressa un bref touchant aux évêques des Pays-Bas pour chercher à apaiser la rébelUon , mais il était trop tard. Joseph II , accablé de chagrins domestiques j de regrets et d'inquiétude , mourut le 20 février 1790. « Ce prince, dit l'auteur d une notice, fut un mélange singulier de bonnes et de mauvaises qualités. Actif et laborieux il eût pu £ûre le bonheur de ses peuples , mais il fut trompé dans les moyens qu'il prit pour attemdre ce but. U asservit rÉglise , diminua le respect dii aux lois par la multiphcité et la bizarrerie des siennes^ s'aliéna le cœur de ses sujets , qu'il contrariait dans leurs . afi^ections , et dont il dédaignait les plaintes ; enfin il jeta dans ses états des semences de trouble et d'irréligion, »

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