MAISON DE SAXE. — HENRI II , DIX LE SAINT
La mort prématurée d'Ottou III , qui ne laissait point d'enfants , occasionna des-mouvements convulsifs , qui menacèrent de ruiner l' édifice élevé avec tant de peine par son aïeul. L'Italie essaya de secouer le joug" de l'étranger en se donnant un roi , tandis que le sceptre d Allemagne était disputé par plusieurs compétiteurs. Henri , duc de Bavière, arrière petit-fils de Henri TOiseleur, l'emporta sur sesrivaux. La sévérité de ses mœurs, sa piété fervente , son zèle pour la religion , lui méritèrent le nom de saint. Un lui a reproché de trop grandes libéralités pour le clergé , qui abusa par fois de son ascendant sur son esprit , pour en obtenir des dons exagéré, et qui ruinaient le trésor impérial.
A peine son élection était-elle terminée, que Henri fut obligé de venir en Italie pour combattre Ardouin , marquis d'Ivrée , qui s'était fait déclarer roi après la mort d'Otton III. Il le mit facile-
ment ea fuite , et Ardouin alla s'enfermer dans une forteresse , tandis que Henri se faisait couronner à Pavie , avec la couronne de fer des rois Lombards. Il n'était entré dans la ville qu'avec une petite escorte , et le reste de ses troupes était campé au-dehors. Tout-à-coup une révolte terrible éclata; les Paversans se précipitèrent sur le palais pour tuer l'empereur. Henri n'eut que le temps de sauter par une fenêtre ; il se blessa en tombant et resta boiteuxde cet accident. Cependant ses gardes, quoique en petit nombre , résistèrent courageusement à la multitude des assaillants , jusqu'à ce que le bruit de ce tumulte étant parvenu jusqu'au camp placé hors de la ville , les soldats accoururent pour défendre et sauver leur souverain. Lorsque Henri fut en sûreté, rien ne put arrêter la fureur des soldats allemands , qui pillèrent Pavie et la livrèrent aux flammes. Cet incident lui causa un tel dégoût , qu'il se bâta de revenir en Allemagne , et d'abandonner l'Italie à son soit.
Sa présence était nécessaire dans ce pays pour réprimer les entreprises sans cesse renaissantes des peuples Slaves , contre l'empire ou ses alliés.
Il eut surtout une longue guerre à soutenir contre les Polonais , qui, sous la conduite de Boleslas, prince ambitieux et inquiet , firent la conquête de la Silésie et de la Bohême. Boleslas , il est vrai , reconnut pour ces possessions la* souveraineté de l'empire ; mais il se rendit indépendant pour le reste , et partout redoutable » aussi
bien aux Russes qu'aux empereurs d'Allemagne (1)..
. Immédiatement après le départ de Henri II ,
Ardouin s'était fait de nouveau proclamer roi dltalie. Les affidres d'Allemagne qui Toccupèrent pendant douze ans , semblaient avoir fait perdre de vue à Henri , un pays que la révolte de Pavie loi avait rendu odieux. Cependant , cédant aux sollicitations de larclievêque de Milan , persécuté par Hardouin, et du pape Benoit Vlli » également tourmenté par le patrice Jean , fils de Crescentius , il se décida à passer une seconde fois les Alpes avec mie forte armée. Ardouin s'enfuit à son approche , et se retira dans une de ses forteresses. Henri continua sa route sur Rome , où il fut couronné par le pape avec son épouse Cunégonde (14 février 1014). Ensuite il rendit publiquement la justice d'après les lois romaines , pour montrer qu'il était le souverain réel.
A son retour d'Italie , Henri fit une acquisition
importante pour l'empire; son oncle Rodolphe» ou Raoul II , roi de Bourgogne , n*ay ant pas d'enfants , déféra la couronne de Bourgogne à l'empereur, par un traité solennel, ratifié par les états de l'empire. Henri ne jouit pas de son acquisition , parce que son oncle lui survécut ; cette jouissance était réservée à Conrad son successeur.
Il passa les dernières années de sa vie , occupé de la fondation de l'évêché de Bamberg , sa ville de prédilection. Il moumt le 13 juillet 1024, âgé
(J) Koblr«uscb, bisl. (TAUemagne^ irad. d« Guioefolle.
de 52 ans. En lui s'éteignit la maison de Saxe, qui avait donné à l'Alleinagne cinq souverains , dont les quatre derniers portèrent le titre d'empereur.
aiAISON DE FRANCONIE.- CONRAD U, DIT LE SALIQUE.
La mort de Henri II sans enfants ^ rendait aux
peuples la liberté de choisir un nouvel empereur dans une autre maison. Les évêques, craignant lambition des princes etTanarchie, étaient surtout impatients de procéder à une nouvelle élection. La huitième semaine après la mort de Tempereur Henri ( 13 juillet 1024) , les princes partirent des huit duchés , pour se rendre sur les bords du Rhin , entre May ence et Worms , à O ppeinheim , lieu fixé pour la réunion. Sur la rive droite du fleuve campaient les Saxons , les Bohèmes et les autres Slaves , les Francs orientaux , les Souabes, les Bavarois et les Corinthins ; sur la rive gauche , les ducs de la Haute et de la Basse-Lorraine , avec leur suite. Jamais on n'avait vu d'assemblée plus magnifique , depuis les champs des premiers empereurs Carlovingiens (1).
Les suffrages se réunirent d'abord sur deux
concurrents, Conrad l'aîné, dit le Salique, et Conrad le jeune , tous les deux ducs de Franconie, et descendants de Conrad-le-Sage, gendre d'Ottonle-Grand; mais on fut indécis sur le choix de l'un ou de l'autre de ces princes , également dignes du
(i) Pnstfr,bislolre d'Allemagne.
trône. A la prière du peuple , Aribon, archevêque
de Mayence fixa enfin l'élection, en nommant Conrad-le-Saiique , dont le nom fut accueilli par des accicimations universelles.
Ce nouveau roi fut aussitôt conduit a Mayence,
pour y être sacré et couronné. Tandis que le cortège s'avançait vers l'égUse » sa marche fut long temps arrêtée par un grand nombre de solhciteurs qui demandaient justice au roi. Conrad les écouta ayec bonté, et dit aux personnes de sa suite qui paraissaient mécontentes : Le premier de mes .» devoirs n est-il pas de rendre la justice ? Je dois ** Je remplir, quelque pénible qu'en soit la tâche, n Ces paroles furent accueillies avec plaisir, et ceux qui les entendirent fondèrent de grandes espérances sur le nouveau roi, espérances qu'il justifia dans la suite (1).
Son premier soin, après les cérémonies du couronnement, fut de parcourir toutes les contrées de l'Allemagne , afin d'acquérir une plus ample connaissance de la situation et des besoins des provinces. Ses manières conciliantes, son noble mainiien et son amour de la justice lui gagnèrent promptement la confiance du peuple. Tout le monde disait de lui , qu'aucun roi depuis Cbarlemagne n'avait si bien mérité de s'asseoir sur son troue. Enfin Conrad obtint en six mois , par des moyens tout pacifiques , ce que ses prédécesseurs n avaient pu conquérir qu'à force de combats , et
(1; Kobirausch, histoire d'AlUmugin .
après plusieurs années , la tranquillité de TAllemagne.
Après avoir assuré la paix au-dedans, il s occupa d achever au-dehors , ce que Henri II n'avait pu l'aire, c*est-à-dire la réunion réelle de la Bourgogne à TAllemagne , raffermissement du trône impérial et royal , la soumission de l'Italie et des Slaves , pour donner au gouvernement plus de force et plus d'étendue.
A la mort de Henri II , les Italiens , toujours disposés à changer de maître , dans Tidée de par- . venir à l'indépendance , offrirent l'empire et la couronne de la Lombardie à Robert, roi de France, et à Hugues son fils , qui refusèrent ; et enfin à Guillaume , duc d'Aquitaine , qui accepta. Pavie était râme de cette intrigue, Milan sa rivale, formait une faction favorable à l'Allemagne. Hébert , archevêque de cette dernière ville , vint avec d'autres seigneurs , trouver Conrad à Constance, lui rendit hommage, et l'exhorta à passer promptement en Italie ; mais la succession de la Bourgogne retenait le monarque.
Conrad voulait faire revivre en sa faveur le traité passé entré Rodolphe et Henri II ; il prétendait avoir les mêmes droits que son prédécesseur, quoique la mort de Henri les eût rendus douteux. Ode , ou Eudes comte de Champagne , et après lui , Ërnest , duc de Souabe , élevaient des prétentions qui paraissaient peut4tre mieux fondées que celles de Conrad. Il fallut recourir aux armes ; l'empereur s'était emparé de Bâle ; mais sa femme Gisèle , nièce de Rodolphe roi de Bourgo-
gne , détermina son oncle à conclure une trêve , qui se termina quelques années plus tard , par la ratification du traité fait avec Henri.
Cette affaire régléô , quelques mouvemens apaisés en Allemagne, après avoir désigné son fils Henri pour son successeur , Conrad passa les Alpes (1026). Guillaume d'Aquitaine n'attendit pas le monarque allemand ; cependant celui- ci éprouva une vive résistance , tant de la part des villes que de celles des princes : Pavie lui ayant fermé ses portes , il se fit couronner à Milan. Enfin , après im an de séjour dans la Haute-Italie il obtint la soumission de tout ce qui lui avait jusque-là résisté , puis , il se rendit à Rome où il fit une entrée triomphale. Le pape Jean XIX , successeur de Benoit VIII , lui donna la couronne impériale 9 ainsi qu'àsa femme Gisèle (26 mars 1027). La présence de deux rôis , Rodolphe de Bourgogne, et Canut-le-Grand , roi de Danemarck et d'Angleterre , ajouta beaucoup de splendeur à la fete. Conrad lia avec ce dernier, récemment converti à la religion catholique , une étroite amitié , qui se perpétua long-temps entre leurs descendants. Il maria son fils Henri avec la fille de Canut , et fixa avec lui les limites de l'Allemagne et du Danemarck. Par cet arrangement, le fleuve Eider qui coule entre le Holstein et le âleswig , sépara désormais les deux royaumes.
Après avoir tenu un concile à Rome , l'empereur s'avança dans la Basse-Italie , pour soutenir les princes lombards contre les Grecs. Tout se souDÛt sans r^tance , et il confirma aux Nor-
mands qui s'étaient établis dans cette contrée , la possession des terres qu'ils avaient prises , à condition qu'ils s'engageraient à défendre 1 enapire contre les Grecs. C'est à partir de cette époque que les Normands jetk^t les fondements de leur domination sur la Basse-Italie.
Tandis que ces travaux retenaient l'empereur en Italie , des troubles éclataient dans Tintérieur de ses états. Ernest II , duc de Souabe , âls de rimpératrice Gisèle , mais d'un autre lit , mécontent da traité qui cédait à son beau-père Conrad, la Bourgogne, sur laquelle il avait des droits, excita une révolte ; mais il ne trouva qu'un petit nombre de partisans disposés à partager son res^ sentiment et sa vengeance. Ses propres vassaux l'abandonnèrent , refusant d'obéir à leur duc quand il voulut les faire marcher contre l'empereur, bientôt il se vit forcé de se rendre à discrétion. Conrad le tint trois ans enfermé dans un château de Tburinge » et sur les instances de Gisëe , il lui rendit la liberté. Mais il n'en profita que pour préparer une nouvelle rébellion avec son ami Wemer , comte de Kîbourg. Son beau-père se vit alors forcé de le mettre au ban de l'empire avec tous ses partisans. Il se réfugia d'abord en Champagne , puis il vint chercher un asile dans les cavernes de la Forêt-Noire I espérant augmenter peu à peu le nombre de ses partisans. Sfois l'évêque de Constance, gouverneur du pays , envoya contre lui Nangdd, comte de Véringen; il y eut entre eux une lutte acharnée , qui se termina par la mort d'fimest , de Wemer et même du comte
Mangold. Les aventures du duc Ernest ont excité plus d'une fois la verve des poètes et des romanciers' allemands , et il existe encore un chant national qui célèbre son destin , celui du' comte Wemer, ainsi que Tamitié qui les unissait.
Tandis que le fils de Gisèle succombait si misérablement , Conrad triomphait des Hongrois et forçait leur roi Etienne à conclure une paix avantageuse à Tempire, Un triomphe plus glorieux encore , et qui mérite d'être rapporté , c'est la grandeur d'âme et la générosité qu'il montra envers mi ennemi. Miéceslas , duc de Pologne, avait attaque les frontières de l'empire, et quelques succès avaient enflé son orgueil ; mais le triomphe ne fut pas long. L'empereur parut , et MiécesTas ne pouvant résister seul , se rendit à la cour d'Udalric , duc de Bohême, son allié , pour l'engager à unir leurs forces contre lennemi commun. Udalrie , qui craignait également le courroux de l'empereur dont il avait aussi osé attaquer les frontières , était peu rjassuré par l'oflFre de Miéceslas. Il imagina alors im moyen qu'il crut plus propre à écarter Vorage prêt à fondre sur sa tête. 11 offrit à l'empereur de lui livrer Miéceslas , lui demandant la |mix pour prix de cette trahison. Conrad indigné , fit avertir Miéceslas de ce que son allié tramait contre lui » et il répondit à Udabic qu'il n'était pas dans l'usage d'acheter un ennemi d'un autre ennemi. Tant de générosité fit une si vive impression sur l'esprit du prince polonais, qu'étant remonté sur le trône , il se rendit à Mersebourg , se jeta aux pieds de l'empereur» et lui fit hommage
de la couronne qu'il tenait de sa bonté. Le duc
de Bohême , rougissant de sa lâche perfidie , ne montra pas moins d'empre^ment à se soumettre; et la grandeur d'âme de Conrad triompha de ses ennemis, triomphe glorieux , plus digne de l'ambition du héros que Téclat des plus brillantes victoires (1).
Après la mort de Rodolphe , roi de Bourgogne, arrivée en 1032 , Conrad voulut prendre posses** sion de ce royaume , en vertu du traité dont nous avons parlé. La mort d'Ernest lui faisait espérer qu'il ne rencontrerait aucune opposition ; mais ce fui alors qu'£udes , comte de Champagne , jugea à propos de se présenter oomtne héritier. Il gagna un grand nombre de seigneurs Bourguignons , et il espérait prévenir Conrad, qui précisément était alors occupé de ses guerres contre lesSlaves et les Polonais. Mais l'empereur quitta aussitôt le théâtre de la guerre , et accourut en Bourgogne ; là •il fut reconnu par un grand nombre de seigneurs bourguignons , et il reçut la couronne à PeterUn^ gen. Eudes fit la paix , la viola , perdit une ba^ taille sur les bords du Rhône , et avec elle le désir de renouveler aucune tentative sur la Bourgogne. Ce royaume fut alors incorporé à l'empire de l'Allemagne , après seize ans de négociations et de guerres. La Bourgogne comprenait alors les belles provinces du sud-est de la France , qu'on appella depuis la Provence, le Dauphiné, la franche- Comté , le duché de Bourgogne , le
(1 Ëlémeiiis de rbistoire d'Allemagne . atlribaé» à Tabbé Miil
Lyonnnais , la Savoie et une partie de la Suisse. Ainsi Tempire sous Conrad s'étendait des bords de la Méditerranée jusqu'à la tner du Nord.
En 1037 iempereur passa encore une fois les Alpes , d'abord pour apaiser les troubles survenus
dans rarchevêché de Milan , puis pour arranger d'autres aâaires à Rome et dans la Basse-Italie. Nous ne le suivrons point dans cette expédition qui appartient à l'histoire d'Italie. Du reste elle n'eut rien de bien remarquable , sinon que la contagion lui enleva une portie do son armée , son gendre Hermann de Souabe , et la jeune épouse de son fils Henri , la fille du roi de Danemarck ; lui-même en rapporta le germe de la maladie qui le conduisit au tombeau Tannée suivante. Il mourut à Utrecht , le 4 juin 1039.
MAISON DE FRANCONIE. — HENRI III, DIT LE NOJfi.
Henri ÎII prit les rênes du gouvernement immédiatement après la mort de son père , sans que
nul trouble , nulle opposition se manifestât. Aucun des rois précédents n'était arrivé au trône sous des auspices plus favorables , aucun ne possédait de plus brillantes qualités. Jeune (il avait 22 ans) , plein de force, doué d'un esprit juste, pénétrant et vaste , il commença avec calme la pénible tâche de régner, à laquelle il s'était préparé depuis onze ans , date de son élection (1). Son règne offre le même tableau que celui de son père. Animé des
(1; Pfi<tcr, biftoire d^Allenagie.
mêmes vues politiques , il fut également heureux dans les guerres qu'il eut à soutenir. Il était élor quent et avait pour cette époque , une instruction remarquable qu'il devait à la sage Giselle, sa mère. Depuis Charlemagne, aucun empereur n'a maintenu plus rigoureusement que lui l'Italie et l'Allemagne dans Tordre et dans le devoir; et aucun n acommandé avec plus d'autorité sur toutes les frontières de son vaste empire.
Le duc de Bohême , qui voulut aâpirer à Tindépendance , fut le premier réduit à l'hommage. Des mouvements élevés en Bourgogne furent encore plus aisément apaisés. Le mariage d'Henri avec Agnès de Poitiers, fille de Guillaume, duc d'Aquitaine , princesse alliée aux premières maisons de Bourgogne , contribua à pacifier ce royaume.
Les troubles de la Hongrie occupèrent plus long-temps le jeune monarque. Après plusieurs batailles sanglantes , il replaça sur le trône de Hongrie , Pierre , que ses sujets en avaient chassé; en remontant sur le trône il renouvela Thommage àTempereur. Mais en 1051 , André que les Hongrois avaient choisi pour leur roi, après avoir détrôné Pierre une seconde fois , parvint à afTran» chir la couronne de la dépendance de Tempire.
La Lorraine donna aussi beaucoup d occupation à Henri III. Depuis long-temps cette province était divisée en deux duchés ; Godefroy , fils ainé de Gozelon , duc de la Basse-Lorraine , prétendit les réunir comme autrefois en un seul. Henri s'y opposa t et Godefroy ne craignit pas de s*armer
contre l'empereur. Il fut facilement vaincu , et fait prisonnier. La Basse-Lorraine fut donnée à son frère Gozelon , et la Haute , à Gérald d'Alsace , * duquel descend l'illustre maison de Lorraine , qui posséda cette province jusqu'à la paix de Vienne, en 1738 , et qui est encore aujourd'hui assise sur le trône impérial de l'Autriche.
En 1046 , Henri se rendit en Italie pour rémédier aux désordres et aux sébiles qui désolai^t ce pays et affligeaient la chrétienté. Les factions , maîtresses de Rome, s'étaient tour- à-tour empaparées du trône pontifical, après la mort de Jean XIX. 11 y avait à la fois trois papes , ou plutôt trois anti-papes , Benoit IX , Sylvestre 111» et Grégoire VI. Henri , pour ne pas se prononcer contre aucun d'eux , convoqua un concile à Sutri. Ils furent tous trois déposés comme illégalement nommés. Après cet acte important, Henri III se rendît à Rome , avec les pères du concile de Sutri , pour y procéder à l'élection d'un nouveau pontife. Son choix se fixa sur Tévêque de Bamberg , Suid* ger, qui prit le nom de Clément II , et qui dès le lendemain , jour de Noël , donna à Henri et à son épouse Agnès, la couronne impériale. Les Romains lui renouvelèrent le serment fait à Otton I*^»*, de ne jamais élire de pape sans son consentement . et celui de ses successeurs au trône de Tempire. Henri eut trois fois occasion d'exercer ce droit, ■ et trois fois il nomma encore des évêques d'Allemagne , mais les plus dignes et les plus distingués, ce sont Damase II , Léon IX et Victor IL
H^nri mourut en 1056 , à l'âge de trente-neu ^
«lis : mort prématurée qui fut la source des convulsions de l'empire et des malheurs de son fils. La politique de Henri III , qui ne faisait en cela que suivre le système de son père , tendit à augmenter la puissance royale , en affaiblissant celle des ducs et des grands vassaux. 11 voulait réunir tous les duchés à la couronne , et ramener les ducs " à leur ancienne condition par rapport à lempire , c'est-àrdire à celle des grands fonctionnaires révocables , ou dont remploi du moins serait viager. Cette marche fut suivie avec succès par les Capétiens , et il n'est pas douteux que si elle avait pu être continuée par les successeurs de Conrad II et Henri III , TAliemagne eût été de bonne heure » ce qu'a été plus tard la France , un seul et puissant royaume ; la couronne au lieu de rester élective , . serait devenue héréditaire , seul mode de gouvernement capable de maintenir Tordre et la sécurité dans un grand empire*