RODOLPHE D£ SOUABE ÉLU £MP£B£UA
Tandis que Henri trouvait en Italie des sujets
dévoués, les princes, d'Allemagne qui étaient contre lui , se réunirent en diète à Forscheim , et élurent un nouveau roi , c'était Rodolphe duc de Souabe. Alors l'Allemagne se divisa de nouveau en deux camps bien tranchés ; car Henri y avait encore un puissant parti , surtout dans les ville» et dans la* partie du clergé , qui était mécontente
des ordonnances- du pape Grégoire. Henri, qui dans cet intervalle avait toutàrfait gagné 1^ Lombards, déclara publiquement qu'il combattrait jusqu'à la mort pour reconquérir sa couronne. 11 confia son fils et l'administration de l'Italie aux évêques de Milan et de Plaisance , et se rendit aussitôt en Allemagne , où il réunit une armée nombreuse aux environs de Ratisbonne. Alors commença une guerre acharnée qui désola si long-temps les plus belles provinces de TAllemagne. Au milieu.de succès et de revers alternatifs, Rodolphe fut forcé d'abandonner son duché de Souabe , et de se retirer en Saxe ; car les Saxons étaient ses meilleurs appuis. Henri donna le duché de Souabe à Frédéric de Buren, qui avait bâti le château de Hohenstaufen , à l'extrémité des Alpes Souabes. Il lui en assura l'hérédité et lui accorda en mariage sa fille Agnès (1079). Ce fut là l'origine de la grandeur de cette maison de Hohenstaufen qui devait plus tard occuper le trône impérial.
Cependant le pape paraissait attendre les évènemens de la guerre pour prendre un parti décisif entre les deux compétiteurs. Enfin , en 1080, après un avantage remporté par Rodolphe , auprès de Mulhausen, Grégoire convoqua un synode , y prononça de nouveau la déchéance de Henri, et reconnut Rodolphe, à qui même il envoya une couronne. Mais Henri , loin de se laisser abattre par cette nouvelle sentence du nape, y répondit en assemblant lui-même un synode des évêques allemands, à Mayence , et
un autre des évêques italiens à Brixen , et en foi- • sant prononcer dans l'une et l'autre assemblée la déposition de Grégoire et Télection d'un nouveau pape. Guibert , archevêque de Ravenne , excommunié par Grégoire » fut élu , et prit le nom de Clément 111. Ainsi il y eut deux empereurs et deux papes.
-Peu de temps après, Henri retourna en Allemagne et livra une bataille à Rodolphe , sur les bords de TËlster » en Saxe » le 16 octobre 1060. La victoire paraissait se décider pour Rodolphe, quand il fut atteint d'une blessure mortelle , et succomba le lendemain. Cètte mort de Rodolphe fut considérée par le peuple comme un jugement de Dieu , et le parti de Henri s'en accrut de plus en plus. Profitant alors de l'avantage que lui donnait la mort de son redoutable adversaire , le vainqueur passa les Alpes avec une armée et s'avança sur Rome. Mais il fallut combattre auparavant les obstacles que lui. opposait la comtesse Mathilde. Après avoir mis le siège devant Rome , il fut forcé de le lever , le reprit, l'interrompit encore ; et enfin , dans une troisième tentative , moitié par force , moitié par argent , il s'empara de la ville. Le pape était retiré dans te château Saint- Ange. Henri lui fit dire qu'il consentait à recevoir une seconde fois de sa main, la couronne impériale. Grégoire refusa toutes ses propositions avec une fermeté inébranlable , déclarant qu'il ne pourrait faire d'accommodement avec lui, qu'autant qu'il aurait auparavant fait une [réparation i Dieu et à l'Eglise. Alors les
ilomains , gagnés par les largesses de Henri , reçurent dans leurs murs Tanti-pape Clément III, et le reconnurent comme légitime. Le premier acte du nouveau pontife , fut le couronnement de Henri et de son épouse , (Pâques 1084). L'empereur quitta ensuite l'Italie ; cependant le pape continuait d'être assiégé dans le château Saint- Ange , lorsqu'il fut délivré par Robert Guiscard, chef des normands établis dans la Fouille. Ce prince s'empara de la ville , la pilla , la brûla , et emmena avec lui le vieux pontife que le malheur n'avait pu abattre. Grégoire mourut à Saleme l'année suivante.
L'Allemagne était en feu à rarrivée de Henri. Les Saxons et les princes qui lui étaient contraires , avaient élu un nouveau roi • Uermann de Luxembourg. Après une guerre opiniâtre, Hermann ne put se soutenir et se démit lui-même
de sa dignité. Les Saxons , las d une guerre si longue et si crueQe, se soumirent d'eux-mêmes à l'empereur, que d'ailleurs ses nombreux ni^hèurs avaient adouci. Il crut pouvoir alors compter sur des jours de bonheur et de calme ; mais le sort lui réservait encore de plus rudes épreun ves. Victor 111 , et Urbain II , successeurs de Grégoire VII , poursuivirent l'œuvre de leur prédécesseur. Henri voulant leur ôter l'appui de la comtesse Mathilde, passa en Italie, ravagea les domaines de la comtesse , rétablit dans Rome l'antipape Clément III que les Romains avaient chassé, et croyant avoir assuré son triomphe , il retourna en Allemagne , après avoir^ laissé le commande-
ihent des troupes à son fils Cionrad. — Mais après
le départ de son père, Conrad se laissa gagner par les agens de Matihlde et du pape Urbain II , et il leva l'étendard de la révolte. L archevêque de Milan le couronna roi dltalie à Monsa. (1094).
Cet événement blessa l'empereur plus profondément que tous ses désastres précédens : un retour en sa faveur parut s'opérer dans les années suivantes ; étant enfin parvenu à gagner à sa cause tous les ducs d'Allemagne , il convoqua une diète à Cologne, (1096), y fit mettre au ban de lempire le rebelle Conrad , et désigna pour son successeur au trône impérial , son second fils Henri. Il le fit couronner à Aix-la-Chapello le 6 janvier 1099 , après toutefois lui avoir fait jurer de ne point s'arroger du vivant de son père , ni l'administration de l'empire , ni ses biens particuliers. Peu de temps après, Conrad abandonné par ses courtisans les plus puissans mourut en Italie..
Ce fut alors que le jeune Henri , malgré les sermens qu'il avait fctits à son couronnement , songea à se révolter contre son père. Il trouva bientôt de nombreux partisans, et le malheureux Henri IV fut obligé de s'enfuir à Cologne. Il lui restait encore un grand nombre de sujets fidèles i l'aide desquels il eût. pu tenter le sort des armes;, mais les partisans du jeune roi » ne voulant pas courir les chances d'une bataille , lui proposèrent d'avoir une entrevue avec son père. Elle eut lieu sur la Moselle. L'empereur, accablé de douleur, se mit à genoux devant son fils et le supplia de
ne point se conduire d'une manière indigne de tous denx. Celui-ci , se prosternant à son tour , implora son pardon et promit sous serment de conduire son père à Mayence , de négocier fidèlement sa réconciliation avec le pape , et de lui remettre alors la direction des afifaires. L empereur , confiant dans les promesses de son fils ,
congédia de nouveau son armée. Mais ce fils ne craignit pas de commettre un nouveau parjure, et tandis que son père le suivait plein de sécurité , il le fit arrêter et enfermer dans le château de Bekelheim. Là prisonnier , traité plus durement encore qu'à Canosse , menacé même d'être assassiné» le malheureux monarque se vit forcé de livrer les insignes de la royauté aux envoyés de son fils. Transporté ensuite dans l'assemblée des princes à Ingelheim , il fut obligé d'abdiquer publiquement. Alors son fils se hâta de se rendre à Mayence pour y être couronné de nouveau ; puis il envoya une députation d'évêques au pape, et l'invita à se rendre en Allemagne (1).
Durant les fêtes du couronnement de son fils, le malheureux empereur s'évada dlngelheim , et se sauva à Liège , chez l'évêque Olbert , qui lui avait toujours témoigné un sincère attachement* Là il essaya encore de réunir ses partisans et de recouvrer la couronne ; Henri de Limbourg, duc de la basse Lorraine, fut le seul qui pritles armes. Il remporta d'abord quelques avantages; mais avant de pouvoir poursuivre ces premiers succès, Henri rV mourut, le 16 août 1106.
( 1) Fi^ler, hibt. d'AUemagoe.
L'ëvêque de Liège rendit ù l'empereur les honneurs de la sépulture ^ mais la haine des partis allajusqu'àfairedéterrer son cadavre, et àle laisser exposé pendant cinq ans à Spire , dans une chapeUe écartée et non consacrée. Ce ne fut qu'en l'année 1111 que le pape Pascal II , ayant levé l'excommunication lancée contre lui , on lui fit des obsèques convenables à son rang.
HENSI V. — (1106-1125).
Henri V avait été soutenu dans sa révolte
contre son père, par le pape Pa&cal 11, alors souveridn pontife , à qui il avak promis de rendre la paix à l'église en se soumettant aux décrets sur les investitures. Il renouvela sa promesse après la mort de son père , et envoya une députation au pape pour lui jurer une obéissance filiale. Elle ressembla à celle qu'il avait jurée à son père à Coblentz; c'était le voile de la trahison. Malgré ses promesses , il continua de donner les investitures, prétendant que ce droit appartenait aux empereurs depuis Charlemagne.
Après avoir terminé quelques guerres avec la Hongrie et la Pologne , il se rendit en Italie avec une armée immense. Toutes les villes lui ouvrirent leurs portes, à l'exception de No vare qui fut réduite en cendres. Il reçut la couronne de Loinbardie à Milan , puis il marcba à Rome dans la résolution de se faire couronner et de défendre ses droits. Il envoya d*Arezzo à Rome son chancelier Adalbert et plusieurs autres seigneurs , pour convenir avec Pascal II , des conditions du cou-
ronnement impérial. Le pape proposa un traité par lequel 1 empereur renoncerait aux investitures , et les évêques rebtilueraient tous les liens royaux qu'ils avaient reçus depuis Charlemagne, îie contentant des dîmes et des biens particuliers. L'empereur consentit à ce traité , si toutefois il était approuvé par les évêques. H fit alors son entrée triomphale dans Rome , à la lête de l'armée et des princes. Il se rendit immédiatement à l'église Saint- Pierre , où le traité devait Atre soUenaeUement juré, et où devait se célébrer immédiatement après , la cérémonie du couronnement. Mais quand on eut donné lecture des conditions, il s'éleva, de la part des évêques d'Allemagne et d'Italie , la plus forte opposition et une longue dispute. Au milieu du désordre, un des chevaliers allemands s'écria: •« A quoi bon tant de fracas ? Il vous, suilit de savoir que n rempmtur notre maître veut être couronné « comme l'ont été avant lui , Charlemagne et tant d'autres. » Le pape refusa; alors Henri le fit arrêter avec les cardinaux et ordonna de les emmener. Cet acte mit toute la ville en émoi. Les Romains furieux , attaquteent pendant la nuit l'armée impériale. L'empereur lui-même courut le plus grand danger ; un combat meurtrier s'engagea ; les allemands firent un horrible carnage des Romains , et ils se retirèrent emmenant prisonniers le pape et les cardinaux. Après 61 jours de captivité, le pape consentit enfin à un accommodement. L'empereur conserva le droit d'investiture et Pascal promit de ne lancer aucune excommu-
nication au sujet de ce qui s était passé. Ce traité arraché par la violence , fut solennellement juré, et Henri fut couronné empereur, dans l'église dv Saint-Pierre, le 13 avril 1111. Il reçut ensuite des Romains la dignité patricienne, et retourna en Allemagne , enchanté d'avoir obtenu un traité qui lui confirmait les droits que Grégoire VU s'était si opiniâtrement efforcé d'arracher à son père.
Henri était à peine sorti d'Italie , que tout le clergé de Rome se souleva contre Pascal. On l'accùsait d'avoir trahi , sacrifié Téglise ; on le força de convoquer un concile dans le palais de Latran: cette assemblée annula les traités faits entre Pascal et Henri , comme ayant été extorqués par la violence I et elle prononça l'anathème contre 1 empereur et les investitures. Ainsi tout était remis de nouveau en question ; la querelle que Henri croyait avoir terminée , se ranima plus vive , plus acharnée , et dura encore plus de dix ans , sous les papes Gélate II et Calixte II , suc- , cesseurs de Pascal. Une grande partie des princes de l'empire refusa l'obéissance à l'empereur. Ce fut le règne \le l'arbitraire , des brigandages, du pillage et du meurtre. Henri V, en 11 17, s empara de la succession de la comtesse Mathilde I quoiqu'elle en eut fait donation au saint siège. Excommunié de nouveau pour ce fait, Henri , à l'exemple de son père , créa un antipape sous le nom de Grégoire VIII , et se fit couronner une seconde fois par ce pontife intrus,
reconnaissant ainsi rirrégularité du couronne- • ment qu'il avait reçu de Pascal IL
Pour mettre un terme aux d^rdres dont l'Allemagne était le théâtre , les seigneurs et les évêques convoquèrent une diète à Wurtzbourg et sommèrent l'empereur d y comparaître, sous peine d'être déposé. Henri , comprenant enfin toute la difficulté de sa position , s'occupa sérieusement de faire sa paix avec l'église. Le pape Calixte II, qui occupait alors la chaire .de Saint Pierre , accepta les propositions d'arrangement qui lui furent présentées delà part de l'empereur. Enfin» apiè» un long pourparler , de longues négociatioDS , on conclut , dans me diète tenue à Worm»^ un traité solennel qui terminait toutes les difficultés. L'empereur renonçait aux investitures par l'anneau et la crosse ; il consentait au libre choix des évêques et des abbés par le clergé ; mais ce choix ne pouvait se faire qu'en présence du roi ou de son plénipotentiaire ; et , enfin , i( devait , au sujet des biens temporels , donner l'investiture du fief avec le sceptre.
Ce traité, accepté solennellement par Teropereur , le fut également dans un grand concile tenu à Latran , et la paix fut rendue à l'église^ après tant de troubles et d'agitations.
L'empereur ne régna que peu d'années aprèële traité de Worms. H mourut à Utrecht à 1 âge de 44 ans , des suites d'un ulcère cancéreux , le . 2B mai 1126; il ne laissait point d'héritiers directs. La plus grande partie de ses biens héréditaires passèrent à ses neveux les ducs Frédéric
-Blet Conrad de Hohenstaufcn. — Henri ne sut point se concilier l'affection de ses sujets , ni l'estime de ses ooDtemporains. Il était dominateur, sévère, souvent même cruel. On reconnidt cependant qu'il était doué de quelques gran- * des qualités : on remarque en lui de l'activité , de l'audace , de l'adresse , qui va quelquefois jusqu'à la fourberie , et une constance inébranlable dans . le malheur. En lui s'éteignait la maison de Franconie , ou Salique , qui pendant un siècle entier, (101 ans) , avait donné quatre empereurs à l'Allemagne , Conrad II, Henri III, Henri lY et Henri V.
LÔTHAIRE , FAMILLE 8AX0NNB. — (1125-1137).
Commencement de la guerre dee Guelfes ei
des Gibelins.
Après la mort de Henri V , les divers peuples d'Ailemagqe se réunirent sur les bords du Rhin pour procéder à l'élection d'un empereur. On fait monter à soixante mille le nombre des personnes ayant droit de port d'armes et de suffrages , qui se trouvèrent à cette assemblée. Mais pour éviter les longueurs et les difficultés qu'eut entraîné la part directe et immédiate que * chacun aurait prise à l'élection , on imagina de choisir, dans les quatre nations principales Saxons , Francs, Bavarois et Souabes, dix princes chargés de procéder à une élection préliminaire à laquelle les autres donneraient ensuite leurs suffrages. Ce comité d'électeurs désigna alors trois princes comme les plus dignes du trône
par leur puissance et leur bravoure , le duc Frédéric de Saxe , le margrave Léopold d'Autriche et le dac Lothaire de Saxe. En sa qualité d'aîné et d'héritier de la maison impériale de Franconie , Frédéric se regardait comme le seul qui eut des droits réels à la couronne , et il laissait facilement apercevoir ses prétentions. Les deux autres cadidats au contraire , soit par une feinte modestie, soit sérieusement, prièrent les électeurs de leur épargner un si lourd fardeau. Frédéric se crut alors assuré du triomphe ; mais une partie' des élficteurs ne voulait pas le nommer , parce que c'eût été en quelque sorte consacrer le droit d'hérédité dans une même famille; d'un autre côté le clergé , et à sa tête Tarchevêque de Mayence Adalbert , était peu porté pour les Hohenstaufen , qui avaient été les plus fermes soutiens des deux derniers empereurs dans leurs querelles avec lespapes;illuipréférait Lothaire de Saxe, qui s'était toujours rangé du côté des pontiies« Alors Adalbert fit demander aux trois candidats si chacun d'eux était prêt à se soumettre de bon gré à celui qu'on aurait choisi. Léopold et Lotaire consentirent , mais Frédéric hé»sita et sortit de l'assemblée , sous prétexte d'aller demander conseil à ses amis. Cette conduite déplut aux princes, on procéda aussitôt à l'élection, et Lothaire fut choisi contre sa propre volonté.
Le lendemain de l'élection , tous les princes ecclésiastiques et laïques vinrent prêter serment au nouveau roi. Frédéric de Hohenstaufen seul • ne se présenta pas. Cependant , sur les instances
de révêque de Ratisboime, et des autres princes, il vint le troisième jour dans rassemblée des princes,
reconnut Lothaire comme roi et se réconcilia avec avec. lui.
Dans une diète tenue à Ratisbonne , Lothaire avait fait admettre » ou plutôt renouveler la loi de Tempire , ordonnant que les fieft vacants ou qui feraient retour à l'empire faute d'héritier, ne seraient pas réunis aux possessions de la maison royale , mais à la chambre impériale ; en conséquence , il réclama des princes de la maison des Hohenstaufen , les biens de l'empire , que la dernière dynastie impériale avait réunis à ses domaines particuliers. Ces réclamations étaient fondées ; mais comme on n'avait jamais exigé strictement l'exécution de la loi que Lothaire venait de faire revivre , il était évident qu'il n!avait ici d'autre but que l'affaiblissement delà puissante maison de Hohenstaufen. Frédéric refusa de se soumettre aux prétentions de Lothaire; celui-ci, dans un conseil tenu à Strasbourg, le fit dédmrer ennemi de rempiré» et le condamna malgré sou absence (décembre 1125 ). Dans une nouvelle assemblée tenue à Goslar, il fit décréter une expédition contre lui pour le printemps suivant.
Mais il était plus facile de menacer Frédéric que de le réduire. Lothaire reconnut bientôt que son rival, qui s'était attendu à être attaqué, avait pris des mesures pour une résistance dont risBue pouvait paraître douteuse. 11 résolut alors de fortifier son parti par une alliance puissante.
11 maria sa fille Gertrude , son unique héritière à Henri-le-Superbe , duc de Bavière , prince de la maison des Welf; il lui donna en outre le duché de ^ Saxe, et de plus il lui fit obtenir du pape , à titre de lief , le riche héritage de la princesse Marie , de sorte que la domination de Henri s'étendait de l'Elbe jusqu'au de-là des Alpes et qu'elle était plus grande que celle de l'empereur même. Ajoutons que Lothaire lui promit de le désigner pour son successeur. Tel était l'antagoniste redoutable que Lothaire opposait à Frédéric de Souabe ; telle iîit l'origine de la rivalité des Welf et des Hohenstaufen ou des 'Guelfes et des Gibelins, noms sous lesquels ils sont plus connus dans Tliistoire. Pendant un siècle» ces mots de Guelfes et de Gibelins retentirent de l'Etna et du Vésuve jusqu'aux côtes de la mer Baltique et de la mer du Nord. Le règne même de Lothaire fut tellement troublé par ses luttes avec les Hohenstaufen et par ses expéditions en Italie , que de toutes les belles es* péranoes que l'on avait conçues de son caractère chevaleresque, prudent et preux, il n'y en eut aucune qui se réalisa .
Dans sa dernière expédition d'Italie , qui fut la plus glorieuse de son règne, Lothaire soumit toute la péninsule, replaça sur son siège le pape Innocent II , qui en avait été chassé par l'anti-pape Anaclet , et força Roger roi de Sicile, qui s était emparé d^mie partie de la Basse-Italie , à retourner dans son île- A son retour , il tomba malade à Trente , et mourui le 3 déc. 1138.