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la ruine sous laquelle Louis XIV avait parlé d'enterrer ses cheveux blancs.
Le roi meurt, les courtisans s'éloignent, la gloire se voile le Iront. Qui donc acquittera envers le comte de Broglie la dette de la France? Sous le règne suivant, en i 724 , le bâton de maréchal vint le trouver dans sa retraite, et, comme s'il n'attendait pour mourir que cet acte de tardive réparation , il s'éteint au milieu de sa famille, laissant de sa femme Marie de Lamoignon trois fils, dont le dernier, François-Marie, l'ami, le compagnon d'armes deVillars, et l'un des héros de Denain , comme son père , recueillit le fruit de ses longues observations et de son génie de la science militaire. §1|
François -Marie de Kroglie entra dans la compagnie des -^y cadets de Besancon, en i685. Il se fit remarquer à l'affaire de il Valcourt, en 1689, à la bataille de Fleurus, en 1690, au j|jji combat de la Marsaille et à l'attaque du fort Sainte-Brigitte. Il |lfj 4&t quitta, l'année suivante, l'armée d'Allemagne pour celle de <v Flandre, où il servit en qualité de mestre-de-camp du régi- <^> ment du roi-cavalerie; en 1705, nous le trouvons à l'armée d'Italie, en qualité de maréchal-de-camp, puis, au commencement de 1706, à celle du Rhin, commandée par le maréchal de Villars. Le 10 juillet de cette année, l'officier qui dirigeait
HH l'attaque de l'île de Marquisat ayant été tué, le général de HI Broglie prit le commandement des troupes , ordonna l'atta-
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que et s'empara de l'île sans coup férir. Lieutenant-général, en juillet 171 1, il charge avec impétuosité l'armée ennemie, la disperse au loin , et, à l'occasion de ce fait d'armes, %jk\ obtient, le 25 février 1712, le gouvernement de Mont-Dau- <^ phin , qu'il échangea plus tard pour celui de Berghem.
Un fait peu connu et qui mérite d'être rapporté, c'est qu'il voulut servir en qualité de volontaire au siège de Fribourg. Au moment de l'assaut, il apprend que les troupes françaises , ayant vigoureusement attaqué le chemin couvert , avaient laissé
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DE BROGLIE
derrière elles une redoute défendue par quatre cents ennemis qui pouvaient compromettre le succès : il marche sans hésitatation à cette redoute avec tons les grenadiers qu'il peut réunir , s'en empare l'épée à la main , et décide par cette action la prise de la ville.
La guerre s'était rallumée en Italie (1733). Le roi Stanislas ayant été chassé pour la seconde fois , du trône de Pologne , par les armées réunies de la Russie et de l'Empire , le cardinal de Fleuri ne voulut pas laisser impuni l'affront fait au beau-père de Louis XV; il envoya une armée en Italie, sous les ordres du maréchal de Villars. Le bonheur du vainqueur de Denain ne se démentit point dans sa vieillesse; les villes s'ouvraient devant lui; mais les chaleurs dn climat altérèrent sa santé. S' étant retiré à Turin, il y mourut, le 17 juin 1734, dans la même chambre, dit-on, où il était né, ne regrettant que l'honneur de mourir les armes à la main. Le général de Broglie, nommé maréchal, par brevet dn 1 4 juin suivant, le remplaça dans le commandement conjointement avec le duc de Coigny. Il battit les Impériaux, à Parme, le 29 juin, et leur tua huit mille hommes; mais une imprudence faillit lui enlever tous les fruits de cette victoire. Quelques éclaireurs étaient venus le prévenir qu'un corps nombreux de troupes ennemies s'avançait sur la Secchia. Confiant dans ses dispositions, le maréchal ne tint mil compte de cet avis ; il se retira dans sa tente, et se livra au sommeil avec une parfaite sécurité. Toutà-conp le bruit des armes et les cris des combattans le réveillent en sursaut. Il se lève, et veut se mettre en état de courir où le danger l'appelle; mais il n'en a pas le temps. Après avoir forcé un faible détachement français , les impériaux ont passé la rivière, traversé son quartier; ils vont pénétrer jusqu'à sa tente. Pour sauver sa vie , le maréchal est obligé de s'enfuir en chemise et ses culottes à la main. Cette petite disgrâce fournit, pendant quelques jours, matière aux bons mots des sol-
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