‹ Illustrations de la noblesse européenneChapitre 13 sur 34 · UUUU · texte numérisé non relu

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la haute et basse Normandie; Georges, évêque d'Embrun , prince de l'empire , ambassadeur en Espagne , le même qui détermina le roi d'Espagne à envoyer en France un ambassadeur pour réparer l'offense faite au comte d'Estrade par le baron de Batteville, ambassadeur d'Espagne en Angleterre; enfin , François II d'Aubusson , maréchal-de-camp , conseiller et premier chambellan de Gaston , duc d'Orléans , tué au combat de Castelnaudary , en octobre i63a, nous conduisent, par une filiation non interrompue de nobles actions , à trois hommes fort remarquables, Léon, François et Louis d'Aubusson la Feuillade.

Léon , comte de la Feuillade , était fils de François II et d'Isabeau de Brachet de Montagu. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il fut tonsuré en 1624 ? mais sa vocation l'entraînant irrésistiblement vers la carrière des armes , il quitta la soutane et le rabat pour l'épaulette et le chapeau à plumet. Le 1 5 septembre i638 , il succéda à son père dans la charge de conseiller et de premier chambellan de Gaston d'Orléans. Doué d'un caractère entreprenant, d'un conp-d'œil sûr, d'une valeur brillante , il fut remarqué, et méritait de l'être Sa fortune militaire fut bientôt faite. Mestre-de-camp d'un régiment d'infanterie en 1640, maréchal-de-camp le 21 mars i643, il fut promu le 16 août ■ 64(3 , en récompense de ses importans services pendant les campagnes de Flandre , au grade de lieutenant-général et au gouvernement de la Basse-Auvergne. Le comte Léon d'Aubusson mourut , à la fin de septembre 1647 , des suites des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Lens, où il commandait le régiment des gardes-françaises. N'ayant point contracté d'alliance, il ne laissa point de postérité.

François d'Aubusson, duc de la Feuillade, dernier des enfans mâles de François II, est une des individualités supérieures qui immortalisèrent le siècle de Louis XIV. Nourri de l'étude des grands capitaines , versé dans la théorie stratégique, il fit

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ses premières armes au siège de Rethel, en i65i, sous l'immortel Turenne , et y fut blessé d'un coup de pistolet à la cuisse. Il donna des preuves de valeur au siège de Valenciennes, en 1677, sous Louis XIV; à ceux deLandrecies et d'Arras, et surtout à la bataille de Saint-Gothard , contre les Turcs. Attaqué par dix mille ennemis qui venaient de passer le Raal après avoir battu le corps d'armée autrichien qui leur était opposé, il reçoit la première attaque sans s'émouvoir, fond sur eux, porte le désordre dans leurs rangs, les presse de toutes parts, leur fait seize mille prisonniers, et ramène en France cinq pièces de canon et trente étendards pris sur l'ennemi. Présenté à Louis XIV, il en reçut les éloges les plus flatteurs. Il fut promu, le 18 octobre 1667, au grade de lieutenant-général, et prit le titre de ducdeRouanais, qu'il échangea plus tard contre celui de la Feuillade.

Il suffit de nommer Bergues, Furnes, Courtray, pour rappeler la part glorieuse que le duc de Rouanais eut à la campagne de Flandre, dirigée par le maréchal d'Aumont.

Après le traité d'Aix-la-Chapelle du 1 mai 1668, François d'Aubusson obtint la permission de conduire à ses frais cinq cents gentilshommes au secours des Vénitiens, assiégés dans Candie par Achmet Rioperli , le même que la Feuillade avait vaincu à Saint-Gothard. Quand le duc de Rouanais parut sur les murailles de Malte, parmi ces braves chevaliers tout remplis du nom et de la gloire de son illustre aïeul , on fut sur le point d'applaudir ce général qui, fidèle aux traditions héréditaires, accourait à la tète d'un corps, levé à ses dépens, pour protéger les chrétiens contre les envahissemens des antiques ennemis de sa race; et le grand-maître, voulant lui donner un témoignage de sa gratitude et de sa haute estime , l'autorisa à porter son étendard pendant toute la durée de cette guerre.

La Feuillade et ses compagnons d'armes versèrent leur sang avec plus d'héroïsme que d'utilité, et revinrent en France, ayant

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retardé de quelques mois la prise de Candie, et donné aux princes chrétiens un noble exemple qui ne trouva point d'imitateurs.

A la suite de la campagne de la Franche-Comté , le 3o juillet 1675, Louis XIV lui avait envoyé le bâton de maréchal de France; en 1677 et 1678 , il fut successivement appelé à la vice-royauté de Sicile avec des pouvoirs fort étendus , et au commandement en chef de l'armée navale stationnée sur les parages de cette île. Il obtint les grandes entrées chez le roi, par brevet du 20 avril 1678 , puis successivement le collier des Ordres et le gouvernement de la ville de Grenoble et du Dauphiné.

Peu de sujets , on l'a remarqué avec raison , ont obtenu plus de faveurs de leur souverain que le duc de la Feuillade , mais aucun n'a poussé plus loin la reconnaissance.

Le duc de la Feuillade acheta l'hôtel de Senneterre, une des plus belles maisons de la capitale , et le fit abattre pour former la place des Victoires , au milieu de laquelle on éleva à ses frais une statue pédestre de Louis XIV, en bronze doré , dominant quatre esclaves enchaînés , d'une proportion colossale, avec cette inscription : « Viro immortali . »

Le duc de la Feuillade mourut subitement le 19 septembre 1 69 1 , et laissa de Charlotte Gouffier, duchesse de Rouanais, Louis, vicomte d'Aubusson, duc de la Feuillade, pair et maréchal de France, l'un des hommes les plus brillans et les plus aimables de son siècle.

Le jeune vicomte d'Aubusson embrassa, comme son père, la noble profession des armes. Il servit comme volontaire aux sièges de Manheim , de Spire , de Worms , d'Oppeinheim , de Trêves et de Franckerdal. Chargé du commandement d'un régiment de cavalerie , il fit des prodiges à la prise de Mons et à la bataille de Fleurus. Le siège de Namur, le combat de Steinkerque, la reddition de Furnes, de Huy et la bataille de Nerwinde lui méritèrent, en 1702, le grade de brigadier de ca-

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valerie, et , en 1 703 , celui de maréchal-de-camp. San Vittoria et Lnzzara , le Dauphiné et la Savoie furent autant d'arènes où se distingua le duc de la Feuillade , sons les ordres du duc Vendôme, de Boufflers et de Villeroy. Depuis lors sa carrière ne fut plus qu'une suite non interrompue de hautes conceptions stratégiques et de brillans faits d'armes. Le il\ décembre , il s'empara d'Annecy , chassa le marquis de Salles des postes qu'il avait établis à l'entrée de la Maurienne et de la Tarentaise , occupa tous les états du duc de Savoie en-deçà des Alpes, et ne s'arrêta que devant les murs de Montmélian , dont il fit le siège. L'histoire ne doit pas oublier la magnifique résistance que le duc la Feuillade opposa avec une faible division au duc de Savoie, à qui il tua huit cents hommes et qu'il força de s'éloigner de Chambéry, non plus que sa marche hardie surSuze, dont le château tomba en son pouvoir, la prise des retranchemens que protégeaient la vallée d'Aoste, enfin, la reddition de la ville de ce nom , conquête importante qui fermait à l'ennemi toute communication entre le Piémont et la Suisse.

En 1705, le duc de la Feuillade fut choisi, parle duc de Vendôme, pour continuer le siège de Chivas. Cette mission exigeait à-la-fois du coup-d'œil, de la résolution, du sang froid , de la capacité et du courage. Campée sur la rive droite du Pô, l'infanterie du duc de Savoie conservait à la faveur d'un pont retranché un libre accès avec Chivas. Sa cavalerie postée au-delà de l'Oréo, communiquant avec l'infanterie , lui donnait une sécurité et une force morale capables de paralyser les opérations du général français. La Feuillade comprit qu'il était impossible de réduire la place tant que ces communications subsisteraient. Il passe secrètement l'Oréo par une nuit obscure , tombe à l'improviste sur la cavalerie piémontaise, la culbute, lui tue mille cavaliers et la poursuit l'épée dans les reins jusque dans les murs de Turin.

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Quinze jours après, Annone capitule. La garnison d'Asti est repoussée avec perte de quinze cents hommes; enfin, la capitulation de Montmélian et la fuite du duc de Savoie viennent couronner une campagne aussi profitable à la France que glorieuse pour le général qui l'a accomplie.

C'est à tort qu'on a reproché à la Feuillade d'avoir honteusement levé le siège de Turin : il est notoire qu'il soutint l'attaque de l'ennemi avec une résolution inébranlable, et que sans son énergique résistance la retraite des troupes françaises n'aurait pu s'effectuer qu'avec d'irréparables pertes. Enfin , s'il était vrai que la conduite du duc de la Feuillade eût motivé d'aussi graves imputations , Louis XIV l'aurait-il [honoré à son retour d'une si haute protection, d'une si complète faveur? Aurait-il récompensé la faiblesse et l'imprévoyance comme il récompensait le mérite et le dévoûment? Cela ne peut se supposer, et c'est là une nouvelle preuve à l'appui de cette éternelle vérité que les réputations les plus solidement établies , les gloires les mieux acquises, ne sont nulle part à l'abri de l'outrage et de la calomnie.

La dignité de pair de France et le bâton de maréchal témoignèrent que la monarchie avait apprécié les services du duc delà Feuillade, et fait justice des intrigues et des haines que son mérite lui avaient suscitées.

Le maréchal de la Feuillade institua peu de temps avant sa mort, arrivée le 29 janvier 1725, pour son légataire universel Hubert-François, vicomte d'Aubusson, comte de la Feuillade, fils de Jacques, marquis de Remiremont, et lui concéda, par testament, le duché de Rouanais, le marquisat de Boissy et ses châtellenies. Ce seigneur entra au service comme page de la grande écurie du roi, servit en qualité de mestre-de-camp dans le régiment Royal - Piémont cavalerie, et mourut près de Guastallale 10 juin 1735. Sa femme, Catherine-Scholastique Bazin de Bezons, fille du maréchal de

Fiance de ce nom , lui donna deux fils, Jean-François-Marie, né le 3o janvier 1728, mort jeune, et Louis-Gabriel, né le 3 août 1729.

La gloire militaire du nom d'Aubusson jeta encore de vives lueurs dans la personne de Joseph d'Aubusson , dit marquis d'Aubusson, fils de Godefroy de la branche de Castel-Nouvel et d'Anne de Chauveron de Dussac , qui fit , avec la plus grande distinction, les campagnes de 1695 et 1696 en Flandre, de la Moselle, en 1705, sous le maréchal de Villars, de l'armée du Rhin , de 1 709 à 1 7 1 3 , sous le maréchal d'Harcourt, et parvint successivement aux grades de brigadier, de maréchal-de-camp et de lieutenant-général.

Le marquis d'Aubusson mourut, le 3o juillet 1741? â l'âge de soixante-dix ans. Il avait épousé Jeanne de Vernon de Bonneuil; de ce mariage naquirent deux enfans mâles , le marquis Louis-Charles , qui a servi en qualité de capitaine dans le régiment Royal-Piémont cavalerie , et le chevalier d'Aubusson, mousquetaire, qui recueillit , en 1752 , la substitution établie par les ducs de la Feuillade, et laissa de Catherine l'Étoile de Graville, fille du comte et général de ce nom, Pierre-Raimond-Hector d'Aubusson , maréchal-de-camp , né en janvier 1765, marié à Agathe de Refuveille , et Pierre-Jacques- Alexandre d'Aubusson , vicomte d'Aubusson et marquis de la Feuillade, né en mars 1763, héritier substitué des ducs de la Feuillade, qui a eu l'honneur de présenter à S. M. Louis XVI la médaille d'or que l'aîné de la maison doit offrir, tous les cinq ans , à ses souverains en mémoire de l'érection du monument de la place des Victoires.

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COSSÉ BRISSAC

Lja puissante maison des Cossé Brissac a tiré son nom de la terre de Cossé dans le Maine et de celle de Brissac dans l'Anjou. Son origine connue remonte au delà du treizième siècle. On trouve dans les manuscrits contemporains que Fiacre de Cossé était, en 1280, premier homme de logement de Philippe-Auguste , et il est dit dans les lettres d'érection de la terre de Brissac en duché, que Boland de Cossé accompagna saint Louis en Terre-Sainte. Thibaut de Cossé, son descendant, servit dans la compagnie de Jean de Beuil pendant les guerres contre l'Angleterre et les querelles des Armagnacs et des Bourguignons, à la fin du quatorzième siècle. Il reçut en don du duc de Betford , tuteur de Henri VI , roi d'Angleterre et régent de France, la somme de vingt livres, en 1422; rendit hommage à ce monarque, en 1429, pour la terre de Cossé , et scella l'acte de son sceau à trois faces dentelées ou feuilles de scie. On le voit ensuite gouverner le château et le comté de Beaufort- en -Vallée pour Jeanne de Laval, veuve de Béné d'Anjou, roi de Jérusalem

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