‹ Illustrations de la noblesse européenneChapitre 24 sur 34 · CY · texte numérisé non relu

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KERGOULAY. 237

des lettres , qui s'était reflété sur le grand siècle, avaient fait germer de nobles idées au fond des esprits, de nobles penchants au fond des cœurs. La bataille de Denain n'était pas bien loin encore ; celle de Fontenoy allait arriver. Alain-Marie de Kergorlay possédait toutes les conditions nécessaires pour se créer, à l'aide de son épée, une belle place parmi les gloires de cette époque. Reçu en 1733, gentilhomme à drapeau dans le régiment des gardes françaises , le comte Alain de Kergorlay fut nommé successivement chevalier de Saint- Louis, capitaine des gardes françaises, brigadier, maréchalde-camp et, en 1784, lieutenant-général des armées du roi. Blessé grièvement à Fontenoy (1745), il tomba sur le champ de bataille, pêle-mêle avec les morts et les mourants qui encombraient cette sanglante arène. Il allait y trouver le trépas, lorsqu'un homme de courage et de dévouement, un digne serviteur,, se mit à sa recherche dans l'espoir de faire rendre les derniers devoirs à ses dépouilles. Dieu conduisit ses pas; il découvrit son maître, le tira de la mêlée, et chargeant sur ses épaules ce précieux fardeau , le transporta à l'ambulance, où des soins intelligents le rappelèrent à la vie. Le comte Alain épousa au commencement de l'année 1766, Marie-Josèphe de Boisgelin, qui lui donna deux fils appelés tous deux à d'éminentes fonctions, à de grands malheurs et à une honorable renommée.

Le cadet Louis-Florian-Paul de Kergorlay, dit comte Florian de Kergorlay, ancien officier de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, fut reçu, en 1779, chevalier de justice de l'ordre de Malte, par bref de minorité. La révolution le compta naturellement au nombre de ses adversaires. Sorti de France en 1789 pour voyager avec son frère, il fit avec lui en 1792, sous les ordres des princes, frères de Louis XVI, la campagne de

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Champagne. Revenu en France, en 1802, il attendit la ruine du gouvernement impérial avec une confiance que les événements se chargèrent de justifier, et prit, en 1814-, une part active aux manifestations royalistes du 31 mars; plus tard, pendant les cent jours , il motiva par une déclaration publique , en date du 28 avril 1815, son refus d'adhérer à l'acte additionnel qui prononçait l'exclusion des Bourbons du trône de France, et publia, le 23 mai suivant, un écrit intitulé: Des lois existantes et du décret du 9 mai 1815, par lequel il exprima sa conviction que les lois existantes n'avaient pas cessé d'être celles qui étaient conformes à la Charte de Louis XVIII.

En 1815, le collège électoral du département de l'Oise le choisit pour député; réélu en 1820 et en 1822, il fut en 1823, nommé pair de France par Louis XVIII. On sait quelle fut sa conduite lors de la révolution de 1830, et les éloges n'ajouteraient rien au noble refus qu'il fit de prêter, à un gouvernement qu'il ne considérait pas comme légitime, le serment imposé alors comme condition de la continuation de l'exercice du droit de siéger à la chambre des pairs. Un procès fut la conséquence de la lettre qu'il écrivit à cette occasion. Chacun se rappelle comment il s'est terminé, et ce que devint aussi l'accusation par laquelle il était impliqué en 1832-1833 dans l'affaire du Carlo-Alberto.

Il épousa, en 1803, Blanche-Césarine-Marie, fille du comte de la Luzerne, ministre de la marine sous Louis XVI, nièce par son père de Malesherbes, et petite-fille par sa mère du vénérable Angran d'Alleray.

De cette alliance naquirent trois enfants :

1° Louis-Gabriel-César de Kergorlay, dit le comte Louis de Kergorlay, né en 1804; il prit, comme lieutenant d'artillerie, une honorable part à la conquête d'Alger, et fut proposé par

ses chefs pour la décoration de la Légion d'Honneur. Il refusa , après la révolution de juillet 1830, le serment imposé à l'armée, le jugeant contraire à celui qu'il avait précédemment prêté. Impliqué ensuite , conjointement avec son père , dans le procès du Carlo-Alberto , il partagea sa captivité dans les prisons de Marseille, d'Aix et de Montbrison , et fut rendu, ainsi que lui et tous leurs coaccusés, à la liberté; par l'acquittement général que prononça, le 15 mars 1833, le jury de Montbrison.

2° Cécile-Justine-Blanche de Kergorlay, mariée, en 1836, au comte Robert de Sesmaisons, second fils de M. le comte Rogatien de Sesmaisons, lieutenant des gardes du corps pendant la restauration , et de Mademoiselle de Lancôme.

3° Marie-Gabrielle-Alexandrine de Kergorlay.

Le comte Gabriel-Louis-Marie de Kergorlay, ancien officier de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, était frère aîné du comte Florian, et devint, à la mort de leur père, le chef de la famille. Né le 1 1 décembre 1766 , il épousa, en 1787, Marie- Élisabeth-Justine de Faudoas, dont la maison comptait le célèbre guerrier Barbazan au nombre de ses ancêtres , et qui dut à cette illustration le droit de porter dans ses armes mipartie de France. Elle fut nommée, en 1788, dame pour accompagner Madame, comtesse de Provence. Les deux frères Gabriel et Florian de Kergorlay étaient montés dans les carrosses du roi, l'un le 7 novembre 1785, et l'autre le 21 avril 1787.

Nommé député du département de la Manche en 1 820 , et réélu en 1823, le comte Gabriel de Kergorlay fut promu en 1827 à la pairie, et mourut le 24 mars 1830, laissant deux enfants.

1° Jean-Florian-Hervé, comte deKergorlay,qui,néenl803, hérita le 24 mars 1830 de la pairie que le roi Charles X avait

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