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2i0 ILLUSTRATIONS DE LA NOBLESSE EUROPÉENNE.
conférée à son père, et fut privé par la révolution de juillet d'en exercer les fonctions. En 1832, il épousa Louise d'Hervilly, fille de M. le comte Louis d [lervilly et de mademoiselle d'Hervilly, née d'une autre branche de la même famille.
2° Pierre-Ernest- Alain comte de Kergorlay, marié, en 1840, à mademoiselle Octavie de Mérona, fille de M. Albert de Mérona, ancien chargé d'affaires de France auprès de plusieurs cours de l'Europe, et de mademoiselle Henriette Nompère de Champagny.
Du mariage du comte Alain avec mademoiselle de Mérona est né en 1841 :
Florian-Henri-Marie-Raymond de Kergorlay.
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Oi, fouillant les annales de l'histoire, nous remontons jusqu'au neuvième siècle , nous trouvons l'origine de l'illustre famille de Béthune; l'Artois fut son berceau, et Robert Ier devint la souche de cette grande descendance qui poussa de si glorieux rameaux.
A cette époque, les nobles ne portaient pas de surnoms héréditaires, et ceux qui possédaient d'importantes seigneuries n'en prenaient pas le titre dans leurs charges. Cette circonstance a rendu les preuves d'origine fort difficiles; aussi les historiographes ont-ils été partagés dans leurs opinions. Les uns voulaient que le sang des Béthune fût celui des Othon, empereurs d'Allemagne; d'autres assuraient, s'appuyant sur une conformité d'armes , que leur origine devait être confondue avec celle de la maison d'Autriche. D'autres, enfin, les disaient issus d'un des anciens princes français qui , chassant les Romains , occupèrent l'empire des Gaules.
L'origine la mieux établie par preuves authentiques est celle que nous avons d'abord rapportée.
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Dès le règne de Hugues Capet, les plus nobles familles tournaient leurs regards jaloux vers Robert, dit Faisseux, seigneur de la ville de Béthune et advoué de Saint-Waast d'Arras.
La charge d'advoué devint héréditaire dans cette famille. Pour bien comprendre l'importance de cette dignité, il importe de rappeler que ce titre était donné depuis le consulat de Stilicon à ceux que l'on chargeait de maintenir les droits et les biens temporels des ecclésiastiques et des serviteurs de Dieu contre les entreprises et les oppressions des puissances séculières. Elle fut d'autant plus glorieuse pour les seigneurs de Béthune qu'ils avaient la garde et la défense de l'un des plus nobles monastères du royaume.
Les alliances les plus hautes furent contractées par la maison de Béthune. La plus ancienne, dont les preuves se soient conservées, est celle de Clémence d'Oisy, femme de Guillaume, premier du nom, seigneur de Béthune qui vivait en 1440. Par Ade de Hainaut, son aïeule, cette noble dame apporta aux enfants de Robert de Béthune, dit le Roux, son fils, l'honneur d'avoir pour parents: Baudouin, comte de Hainaut et de Flandres , empereur de Constantinople , et ses frères ; Louis VIII, roi de France, comme fils de la reine Elisabeth de Hainaut; Pierre de Courtenay, comte d'Auxerre, puis empereur de Constantinople, à cause d'Yolande de Hainaut, sa femme; Humbert, quatrième du nom, seigneur de Beauieu. Guichard de Beauieu, seigneur de Montpensier, en Auvergne, marié avec Catherine deClermont, sœur de Guillaume, comte de Clermont et de Mont-Ferrand, et Agnès de Beauieu, seconde femme de Thibaut, quatrième du nom, comte de Champagne et de Brie, depuis roi de Navarre, comme étant tous enfants de Sibylle de Hainaut et de Guichard III, seigneur de
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Beauieu: de plus, par deux lettres écrites en 1214 et 1215, Frédéric II , roi des Romains et de Sicile , depuis empereur , donne le titre de cousin à Jean de Béthune , évêque et comte de Cambray, qui était l'un des petits-fils de Clémence d'Oisy.
Robert, quatrième du nom, surnommé le Gros, seigneur de Béthune et de Richebourg , marié à Adelise de Péronne , fonda trois chapelles qu'il dota d'immenses revenus. Il eut pour fils Robert, cinquième du nom, surnommé le Roux, qui fit avec ses deux fils le voyage de la Terre-Sainte. L'un des enfants puînés de ce Robert fut Baudoin de Béthune, seigneur de Choque et de Rosebecque, qui épousa Haumole, comtesse d'Aumole. Son père vivait encore quand ce jeune seigneur entra au service de Richard Ier, duc d'Aquitaine, puis roi d'Angleterre , qui l'attacha à sa personne. Lors de son voyage en Palestine, en 1191 , il l'emmena avec Philippe- Auguste , roi de France , sur ce sol où la noblesse française donna un si bel exemple à toute la chrétienté. A leur retour, Richard craignant d'être arrêté, tandis qu'ils traversaient l'Allemagne, confia sa famille entière à Baudouin, s'en remettant à lui du soin de l'arracher au péril qui la menaçait. Après avoir déjoué longtemps la vigilance de ceux qui les poursuivaient, Richard, Baudouin de Béthune et leur suite furent faits prisonniers et conduits en présence du duc d'Autriche.
Conon de Béthune, seigneur de Bergues, de Ruilly, de Chamecy et d 'Andrinople , gouverneur de la ville de Constantinople, se croisa avec son frère Guillaume , Girard de Moncécourt , son cousin , Jean de Neelle, châtelain de Bruges, et Jacques, seigneur d'Avesnes. Arrivés devant Constantinople avec la résolution de rétablir sur le trône le fils de l'empereur Isaac, que son oncle avait déshérité , ils se répandirent dans la
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campagne. Alexis, usurpateur de ce bel empire, envoya un ambassadeur «à la noblesse de France pour la prier de se retirer du pays, offrant en échange de grandes sommes d'argent; mais Conon de Bélhune fit cette mémorable réponse : « Beau sire , reportez à celui qui vous a envoyé que nous ne sommes entrés sur la terre ni sur chose qui lui appartienne, mais sur la terre de son neveu que vous voyez ici avec nous, auquel il l'a ôtée contre droit et raison et la lui retient par force et violence. S'il veut lui restituer sa couronne et son empire, nous le supplierons qu'il pardonne à votre maître, qu'il le reçoive en sa bonne grâce et lui assigne des revenus dont il puisse vivre honorablement. S'il ne veut se ranger à ce devoir, ne soyez pas si hardis, ni vous ni autres, de retourner par devers nous. »
Un an après, les barons croisés et les Vénitiens réunis s'étaient emparés de Constantinople, et avaient rétabli le jeune Alexis sur son trône impérial. Conon de Béthune fut encore une fois choisi avec Geoffroy de Ville Hardouin, Miles de Braibant et trois autres, pour le sommer d'accomplir les conventions faites ensemble , et qu'Alexis semblait avoir traîtreusement oubliées. Conon s'acquitta de cette ambassade avec une adresse, un sang-froid, une intrépidité merveilleuse. Étant arrivé en présence d'Alexis, il l'apostropha ainsi : « Sire, nous sommes envoyés vers vous de la part des barons français et de celle du duc de Venise, pour vous faire souvenir des services qu'ils vous ont rendus et que vous ne pouvez nier. Vous leur avez juré, vous et votre père, de leur accomplir les convenances dont ils ont votre propre charte, scellée de votre grand sceau. A quoi vous n'avez encore satisfait selon que vous êtes tenu ; ils vous ont sommé plusieurs fois, et nous vous sommons ici derechef, en la
présence de nos barons , que vous exécutiez les articles arrêtés entre vous et eux. Si vous le faites , ils auront occasion de se contenter; sinon, sachez que dorénavant ils ne vous tiendront plus pour ami, ni considéré, et feront tout ce qui leur sera possible pour avoir leurs droits. Et vous mandant par nous, qu'ils ne voudraient pas vous assaillir, non plus que d'autres , sans vous avoir défié. Car jamais trahison n'entra dedans leurs âmes , ni en le propre du pays où ils sont nés , d'en user de la sorte. Vous avez bien ouï ce que nous vous avons dit ; vous adviserez et vous en conseillerez comme il vous plaira. »
Ces menaces furent bientôt suivies de l'attaque de Constantinople, qui tomba au pouvoir des barons français. Conon de Béthune fut nommé gouverneur de la ville conquise, tandis que l'empereur, nouvellement élu, conduisait son armée victorieuse à travers les sables du désert. Plus tard il fut choisi comme arbitre pour apaiser la querelle survenue entre l'empereur etBoniface de Montserrat, roi de Thessalonique. C'est encore lui qui alla à la recherche de l'empereur Baudouin, après sa défaite, sous les murs d'Andrinople, en 1205. Le commandement de la deuxième armée qui marcha sur Andrinople, assiégée par le roi des Bulgares, lui fut confié. Il attaqua d'une façon si imprévue les assiégeants qu'ils se dispersèrent aussitôt, malgré la supériorité de leur nombre. Il répara la ville toute démantelée par les Bulgares et s'en déclara seigneur et propriétaire.
Daniel de Béthune, seigneur de Richebourg, de Warneston et de Rosebecque se fit remarquer à l'occasion de l'expédition que le comte Louis entreprit contre l'Angleterre ; il partit accompagné de quinze chevaliers; ils entrèrent en merle lendemain de l'Ascension, l'an 1216; après s'être emparé de
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quelques châteaux et de plusieurs villes, ils allèrent mettre le siège devant Douvres. L'auteur de la vieille chronique de Flandres rapporte que le premier qui monta sur la barbacane de la porte du côté de Canlorbéry était un écuyer qui portait la bannière-lance de Béthune. Ce Daniel, seigneur de Béthune, se maria avec Eustache de Chatillon qui appartenait de lignage aux empereurs d'Allemagne et de Conslantinople , aux rois de France , aux princes de la Pouille , aux comtes de Hainaut, de Hollande, de Gueldres, de Louvain, de Namur, de Luxembourg, de Savoie, de Bourgogne, de Saint-Pol, de Saresbery en Angleterre. Robert VII envoyé auprès du roi d'Angleterre , par Ferrant, comte de Flandres, pour solliciter une alliance avec lui , afin de pouvoir attaquer Philippe-Auguste qui avait rompu la paix signée, obtint ce traité. En revenant, il rencontra la flotte du roi, qui était demeurée à l'ancre; il l'assaillit à l'improviste, en coula la majeure partie et s'empara de quatre cents voiles. — Le même Robert de Béthune fut fait prisonnier à la bataille de Bouvine, après une magnifique défense; il avait épousé Ysabeau de Mauromès. Alpin, chevalier de Béthune, baron de Baye et de Mareuil, seigneur des hauts bois de Harrincourt, de Cougy, de Tholon, de Basil, Nonion, Caumartin, Chaltray et Châtillon-sur-Fiens , épousa, en 1508, Jeanne Juvenal des Ursins. François Ier étant en guerre avec l'Espagne, Alpin de Béthune y prit une part très-active.
Fait prisonnier à la bataille de Pavie et conduit à Madrid, le roi de France ne fut rendu à la liberté que sur sa promesse de payer à l'Espagne une rançon de deux millions déçus. A son retour, il dut faire un appel au dévouement de la noblesse. Alpin abandonna les hauts bois de Harrincourt, estimés 451 écus, deux tiers d'écu, deux sous, six deniers
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