‹ Illustrations de la noblesse européenneChapitre 27 sur 34 · AL · texte numérisé non relu

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sœur de Marie Casimir Delagrange d'Arquien, reine de Pologne, épouse de Jean Sobieski, dont il eut :

Louis, marquis de Béthune, gouverneur des ville et château de Roinorantin, capitaine de cavalerie dans le régiment de Montperoux, puis mestre de camp, à la suite du régiment de cavalerie du roi , à la tète duquel il fut tué à la bataille d'Hochtet, le 13 août 1704.

Louis de Béthune, comte, puis duc de Charost, pair de France, chevalier des ordres du roi, quatrième fils de Philippe de Béthune, né à Paris en 1605, eut pour parrain Louis XIII, qui n'était alors que dauphin, et pour marraine Elisabeth de France, depuis reine d'Espagne. Il fit ses premières armes en Hollande. De retour en France, il commanda, pendant sept ans, en qualité de mestre de camp, le régiment de Picardie. Au mois d'août 1636 , le roi Louis XIII le nomma lieutenant- général des ville et citadelle de Calais et du pays conquis , un des gouvernements les plus importants du royaume, ce qui était d'autant plus honorable, que Béthune n'était alors âgé que de trente ans. Peu d'années après, Louis XIV le décora du collier de ses ordres, et érigea en sa faveur le comté de Charost en duché-pairie, sous le nom de Béthune Charost. Il s'éteignit le 20 mars 1681 , laissant de sa femme Marie L'Escalopier, Louis Armand de Béthune, d'abord marquis, puis duc de Chavost, qui succéda au gouvernement de son père dans la Picardie. Le iîls qu'il avait eu de Marie Fouquet, vicomtesse de Melun, fut élevé à la dignité de pair, de président de la noblesse aux États de Bretagne et de gouverneur du roi Louis XV. A la mort du maréchal de Villeroy, il le remplaça dans sa place de chef de conseil royal des finances, mais il se démit bientôt de cette charge, et le roi la donna à son fils Paul-François de Béthune,

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duc de Béthune Charost. Ce seigneur, connu d'abord sous le nom de marquis d'Ancénis , fut fait mestre de camp du régiment de Bourgogne , puis successivement brigadier, maréchalde-camp et lieutenant -général des armées du roi; il avait épousé Julie-Christine d'Entraigues, dame du palais de la reine. Son fils, François de Béthune, se maria, à dix-neuf ans, à Marthe-Elisabeth de Larochefoucault de Boy, et mourut deux ans après, ne laissant qu'un fils.

Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost, mousquetaire, puis lieutenant-général pour sa majesté dans les provinces de Picardie et Boulonnais, gouverneur des villes et citadelle de Calais, etc., colonel dans le corps des grenadiers de France, puis mestre de camp d'un régiment de cavalerie de son nom, à l'âge de vingt-quatre ans prit pour modèle son aïeul Sully dont il eut la bravoure et le dévouement.

Les besoins de l'État augmentant chaque jour, il ordonna, en 1758, à son intendant de porter toute son argenterie à la monnaie. Son intendant lui fit remarquer l'importance d'un pareil don. « Je sacrifie bien ma vie pour l'État, répondit-il, je puis bien sacrifier aussi mon argenterie. »

Dès que la paix de 1763 lui eut permis de vivre dans le calme, il consacra ses jours à l'exercice de la bienfaisance. Ce fut lui qui abolit vingt ans avant la révolution les corvées seigneuriales dans ses domaines. Il fit exécuter de nombreuses routes dans le Berry, tant pour rendre service au pays que pour assurer des moyens d'existence à un grand nombre d'individus. Plusieurs établissements de charité furent fondés par ses soins en Bretagne. Le nombre des enfants abandonnés qu'il recueillit, des médecins -chirurgiens qu'il pensionna, des ruines qu'il releva, est incalculable; il

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encouragea la culture du coton dans la Picardie, et fit faire des recherches sur les moyens d'arrêter les épizooties.

Louis XV se plaignait de ce qu'il ne lui faisait pas souvent sa cour; il dit un jour en le montrant à quelques seigneurs : «Regardez cet homme, il n'a pas beaucoup d'apparence, mais il vivifie trois de mes provinces.

Quoiqu'il eût fait don en 93 de cent mille francs à l'État, il fut arrêté et jeté à la Force. Ce fut un hasard incroyable qui le sauva : il fut oublié à la force pendant les proscriptions révolutionnaires, et dut sa liberté au 9 thermidor.

Une petite vérole qui sévissait alors dans l'institution des sourds-muets dont M. de Béthune était administrateur, l'enleva le 28 octobre 1800.

Il avait épousé Louise-Edinée Martel, dont il eut François de Béthune, duc de Charost, qui lors des troubles du Brabant, en 1789, à l'occasion des ordonnances de l'empereur Joseph II, éleva des prétentions sur la souveraineté du pays. Quelque peu fondées que fussent ces prétentions , il parvint à réunir dans quelques villes frontières de la France un parti assez considérable. Béthune fut condamné à mort par contumace par la justice criminelle du Brabant. Obligé de chercher un asile en France, il vint, quelque temps après, livrer sa tête au billot révolutionnaire.

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JJes documents revêtus du caractère de l'authenticité font remonter l'origine de la maison Du Bosc au commencement du neuvième siècle. Helenius Silenius, savant généalogiste allemand, rapporte qu'en l'an 806, l'empereur Charlemagne donna pour armes aux Du Bosc quatre lions d'or rampant sur champs de gueules, soutenus par deux autres lions, avec heaumes, panaches, bourrelets, un demi-lion au haut du timbre , tenant une branche de laurier, et pour devise : « Victoria. » Cette assertion , qui contredit l'opinion généralement accréditée que l'usage des armoiries ne commence qu'aux croisades , indique du moins que l'illustration de cette famille date des époques les plus reculées de notre histoire. Plusieurs chartes , ordonnances et transactions font mention de membres de la famille Du Bosc , au dixième et au onzième siècle. En 1101, Odo Du Bosc, seigneur de Chatenay, fonda un obit dans l'église de la ville de ce nom. En 1064, Jean Du Bosc occupe l'évêché de Strasbourg; un Du Bosc suit, en 1066, le bâtard de Normandie à la conquête de l'Angleterre ; enfin ,

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vers le milieu du onzième siècle, Tristan Du Bosc, épouse Marie de Gueldres, de la famille des comtes de Flandres, dont sortent Antoine et Joachim Du Bosc, et avec eux une filiation suivie et incontestable de cette maison jusqu'à nos jours.

C'était l'époque où quelques génies supérieurs , quelques esprits prévoyants et hardis, s'emparant habilement de l'exaltation des sentiments religieux, déterminèrent ce grand mouvement de l'Occident chrétien contre l'Orient musulman, dont la haute portée et les immenses résultats ne furent compris que bien des siècles plus tard. La noblesse s'associa à cette lutte gigantesque, comme elle s'associait à toutes les pensées fécondes. Chacune des provinces de la France fournit à la Palestine des vengeurs et des martyrs ; Antoine Du Bosc fit partie de cette glorieuse phalange. Il vendit ses terres de Bourgogne et du Berry, prit la croix, avec ses cinq fils, et se joignant à Hugues, frère du roi Philippe Ier, à Robert, duc de Normandie, Raimond, comte de Toulouse, Baudoin, Godefroy de Bouillon, il partit avec eux pour la Terre-Sainte. Quoique grièvement blessé devant Nicée, il se couvrit de gloire au siège de Jérusalem. Depuis plusieurs jours les bannières des croisés flottaient sur les hauteurs dont cette ville est couronnée. Une immense tour roulante, rapprochée des murailles, venait d'abattre son pont-levis sur les créneaux. Antoine Du Bosc, ses fils et plusieurs chevaliers de renom, s'élancent sur ce pont improvisé; ils vont le franchir, lorsqu'un gros de Musulmans les arrête et engage avec eux, sur cet étroit espace, un combat dont les détails semblent appartenir plutôt à l'épopée qu'à l'histoire. On se bat sans calculer le nombre ; on donne la mort et on la reçoit sans reculer d'un pas. Enfin, l'ascendant occidental l'emporte; les remparts sont enlevés; le croissant s'abaisse devant la croix triomphante;

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mais Antoine Du Bosc ne jouit pas de la victoire à laquelle il a si puissamment contribué. On retrouve, après la bataille, parmi les morts, son corps couvert de blessures, ainsi que ceux de trois de ses fils. Devenu roi , Godefroy de Bouillon fait donner à leurs restes une sépulture honorable , et pour perpétuer le souvenir de leur héroïsme, il ajoute à leurs armes cette fière devise : « Plus qu'un lion. »

Thierry, le fils aîné d'Antoine , avait fait , comme tous ses frères, ses preuves de courage pendant le siège. Lorsque les sages dispositions de Godefroy de Bouillon eurent assuré l'établissement des chrétiens en Palestine , il retourna avec le duc Bobert de Normandie dans sa patrie , où il épousa Marie de Beaufîremont, fille de Guy deBeauffremont, chevalier de marque (1103). Ce mariage fut fécond en rejetons. De l'aîné descendit après divers degrés , Antoine Du Bosc , évêque de Béziers , député , par le roi Louis XII , au concile de Pise , cité avec éloge dans le Gallia Chrisliana ; du second , Thierry, sortit une branche qui se fixa en Dauphiné; enfin, du troisième sont issus les marquis de Bomagnan, établis dans le Piémont.

Beaudoin Du Bosc, quatrième fils d'Antoine, s'était croisé avec son père et ses frères. Attaché à la personne du duc de Normandie, il revint en France à sa suite. Une faveur marquée et l'adjonction à ses possessions patrimoniales des seigneuries de Tendos et de La Chapelle furent la récompense de ses services. Il accompagna ce prince dans ses luttes contre son frère Henri Ier et fut fait prisonnier à ses côtés à la bataille de Tinchebray, où quatre cents chevaliers et dix mille hommes d'armes tombèrent au pouvoir du roi d'Angleterre. Il partagea la captivité de son suzerain et mourut à Londres en 1140, laissant de Barbe de Mortaing, fille de Bobert, comte de Mortaing, oncle du roi d'Angleterre et du duc de Normandie:

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1° Beaudry Du Bosc, marié à Mathikle de Mowbray, d'une des premières maisons d'Angleterre. — On lit dans l'histoire de Normandie que Beaudry Du Bosc assista, en 1 120 , avec le roi Louis-le-Gros, au combat de Brenneville. Ce prince, après s'y être signalé par des prodiges de valeur, séparé des siens pendant l'action , se vit contraint dé chercher un refuge dans les bois. Il y erra toute la nuit, suivi du seul Beaudry. Ce ne fut que le lendemain au point du jour qu'il arriva aux Andelys, exténué de fatigue, couvert de sang et tellement méconnaissable qu'on refusa longtemps de lui en ouvrir les portes.

2° Benaud Du Bosc; ce seigneur est cité dans la même histoire comme un des gentilshommes les plus renommés de la province. DeH19àH20, durant les guerres entre Louis-le- Gros, roi de France, et Henri, roi d'Angleterre, il exerça avec distinction le commandement du pays d'Auge, devint cheval ier-banneret sous Philippe- Auguste , et tomba glorieusement à Bovines, auprès de l'étendard royal dont la garde lui avait été confiée.

Un de ses neveux , Guillaume , fils de Beaudoin , quatrième fds d'Antoine, se rendit célèbre par des qualités d'un autre ordre , mais non moins éminentes. S'étant retiré en Ecosse , ses vertus et ses lumières attirèrent sur lui l'attention de ses supérieurs ecclésiastiques et la protection éclairée du roi Alexandre. Il fut nommé évêque de Domblain, et plus tard appelé au poste éminent de chancelier du royaume d'Ecosse.

Du mariage de Beaudry Du Bosc et de Mathilde de Mowbray, naquirent Jean et Charles Du Bosc. Une vieille chronique rapporte qu'ils furent faits prisonniers par Henri Ier et détenus en Angleterre sous la prévention d'avoir voulu reprendre la terre de la Lyre que les Anglais avaient conquise sur leur père. On confisqua leurs terres, leurs manoirs, leurs

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DU DOSC RADEPONT. 267

revenus. Appelés à répondre de leur conduite devant une cour de justice, ils le firent avec une noblesse qui confondit leurs accusateurs et désarma leurs ennemis. L'arrêt de confiscation fut cassé , et, au commencement du treizième siècle, tous deux rentrèrent en possession de leurs domaines.

Jean Du Bosc mourut en 1233. II eut quatre enfants d'Alix de Braques, issue d'une maison alliée aux Montgommery et aux meilleures familles de Normandie. Charles, l'aîné, marié à Jeanne de Corneille, mourut en 1297, et laissa pour fils et pour héritier, Geoffroy qui épousa en premières noces Marie d'Orléans, de la famille de Jean d'Orléans, chevalier, maire de la ville de Rouen, trésorier de France, et en secondes noces, Elisabeth d'Orbec, dont il eut Martin Du Bosc, seigneur de Tendos , de la Chapelle , Ermandreville , Coqueremont , dont le passage a laissé une trace profonde dans les annales de la province. La fortune de l'Angleterre avait prévalu. Abattue à Poitiers , l'épée de la France attendait pour se relever l'avènement de la Pucelle. Le 8 mai 1360, fut conclu à Brétigny un traité de paix qui ,' en rendant son roi à la France, lui enlevait une de ses plus belles provinces; quarante seigneurs, princes, ducs, comtes, barons et chevaliers des premières maisons de France, au nombre desquels se trouvait Martin Du Bosc, s'offrirent pour servir d'otages à ce traité. La France, livrée à l'anarchie , oublia ses nobles enfants. Ni la guerre , ni la politique ne vinrent les délivrer. Martin Du Bosc mourut dans cet exil volontaire, l'an 1360. Il avait épousé en premières noces Marie Mustel, fille de Roger Mustel , chevalier, qui lui donna trois fils et quatre filles, et en secondes noces, Alix de Sylviller , dont naquit Nicolas Du Bosc , savant théologien et homme d'État distingué, seigneur du-Boisd'Ennebont, chanoine de Rouen et évêque de Bayeux. On voit

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dans le Catalogue des conseillers au parlement de Blanchart, que Nicolas Du Bosc était inscrit au rôle des conseillers, envoyés, le 11 mars 1344, à la chambre des comptes. Nommé commissaire du roi Charles VI en 1381, pour traiter de la paix avec les Anglais, il assista, en 1392, à la translation du corps du roi Saint-Louis. Des lettres-patentes du 15 janvier 1397, signées du roi, du duc de Berry , du patriarche d'Alexandrie et de plusieurs autres seigneurs, ainsi que les anciens registres de la cour des comptes , prouvent qu'il était premier président de la cour des comptes, alors qu'on n'y recevait que des gens de la plus haute qualité. Au mois de novembre de la même année, une ordonnance royale l 'éleva à la dignité de chancelier de France, vacante par la mort d'Arnaud de Corbie. Il mourut, en 1443, avec une grande réputation de talent et de probité. Porté dans son évêché de Bayeux , son corps fut enterré dans le chœur de la cathédrale, sous une tombe de cuivre.

Le fils aîné de Martin Du Bosc et de Marie Mustel , Jean , premier du nom, tour à tour chevalier de l'ordre de l'Étoile , grand-maître des eaux et forêts de Normandie et conseiller du roi Charles VI, donna un des plus nobles exemples de piété filiale dont l'histoire fasse mention. La dépouille de son père était restée en Angleterre. Jean Du Bosc résolut de la racheter au prix de sa liberté. Il renonça , dans ce but , à ses titres, à ses biens, à ses dignités, à la faveur dont il jouissait «à la cour, aux douceurs de la famille, aux joies de la patrie. Le vaisseau qui porta le fils en Angleterre ramena les restes du père en France. Son sacrifice fut celui de toute sa vie. Il mourut à Londres, oublié de tous, mais l'histoire recueillit un trait qui l'honore et nous le transmit pieusement.

Du mariage de Jean Du Bosc avec Marie de Mustel, sorti-

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rent trois filles et un fils, Guillaume Du Bosc, chevalier de la Cosse-de-Genêt , dont il ne pouvait y avoir à cette époque que six chevaliers , lieutenant-général de toute la province et maître des arbalétriers de France , qui se signala dans la plupart des guerres auxquelles donnèrent lieu les ambitions , les rivalités, les trahisons de cette sombre époque de nos annales, particulièrement à la bataille de Rosebecque, où il poussa la valeur jusqu'à la témérité. Charles VI ne fut point ingrat envers un sujet si fidèle. Pour reconnaître ses services et conserver le souvenir de la belle conduite de son père et de son grand-père , il lui permit d'ajouter aux armes de sa maison la manche fleurdelisée avec la main tenant les fers et la devise : « Pro liberando rege. » Il lui octroya en outre , le 6 octobre 1406, les lettres suivantes que la famille a conservées : « Charles , par la grâce de Dieu roi de France , à tous ceux qui ces présentes verront, salut, oye avons la supplication de Guillaume Du Bosc, escuyer, seigneur de Tendos, Épynay, Coqueremont, contenant que jacait ce que ledit suppliant soit noble et demeurant deprésent à son fieu de Tendos, auquel il a seigneurie, telle comme ce fieu appartient, en basse justice, à la coutume de Normandie, et se vit et gouverne en son état de ses dits fiefs et aux héritages et des revenus d'iceulx sans foi entremettre aucunement du fait des marchandises et nous aye servi au temps passé en nos guerres , et par espeeial au pays de Flandres en deux voyages où nous avons été , et soit prêt de nous servir toutes et quantes fois , que besoing en sera, comme les autres nobles de notre royaume, et par ce dôye le suppliant joyr et user des immunités, franchises et privilèges dont ont accoustumés joyr et user les autres nobles de notre dit royaulme , de la condition dudit suppliant, sans ce qu'il soit ou puisse être contraint

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par force ou autrement à contribuer aux tailles, impôts et autres subventions qui seraient ou pourraient être mises en notre dit royaulme, laquelle chose si faite estait, serait à son très-grand préjudice et dommaige, si comme il est dit, scavoir faisons, que nous ces choses considérées, les bons et j agréables services que ledit suppliant nous a faict le temps || passé, au fait de nos guerres et autrement, et espérons, que §1 encore faire au temps advenir , et aussi que layeul dudit sup- M pliant, fit à notre feu très-seigneur et ayeul le roi Jehan, à ifS qui Dieu pardonne , pour lequel il fust otage en Angleterre , où il alla de vye à trespassement , et pour certaines autres grandes causes et considérations, à ce nous mouvans au dit suppliant, avons octroyé et octroyons de grâce especial, par ces présentes, que en usant des faits et droits de noble, il joysse et use paisiblement des immunités, franchises, libertés et privilèges que ont accoutumé joyr et user les autres nobles de sa condition , sans que ce oses, ne pour le temps advenir, il soit ou puisse être contrainct assis et imposé à contribuer ou payer aucunes tailles, impôts ou autres subventions, fais ou à faire pour quelconque cause, ou evaleur que ce soit ou puisse estre , et s'aucunement avait esté fait le contraire , nous voulons et nous plaist qu'il en soit et demeure franc, quitte et exempt, par la teneur de ces présentes lettres. »

Avant de passer à Guillaume, deuxième du nom, fils et successeur de Guillaume Ier, nous devons nous arrêter un ||i instant devant la figure austère de Simon, dernier fils de | Mathieu Du Bosc. Simon Du Bosc fit profession à l'abbaye de Saint-Ouen à Rouen, puis fut envoyé à Paris pour y étudier le droit canon. La supériorité de ses talents ne tarda pas à lui faire obtenir une chaire de théologie. En 1391, il fut nommé abbé de Jumièges. Plus tard, le roi Charles VI l'envoya en

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ambassade à Rome pour engager les anti-papes Grégoire XII et Benoît XIII à renoncer à la tiare. On sait qu'après bien des difficultés , le concile de Pise les déposa tous deux et proclama Alexandre V. L'abbé Simon a beaucoup écrit sur ce grand schisme , et ses notes furent publiées par D. Martenne dans son Thésaurus novus, etc. Alexandre V, reconnaissant des services que l'abbé Simon avait rendus à l'église dans ces difficiles circonstances, accorda aux religieux de son abbaye différents privilèges, entre autres le droit par l'abbé et ses successeurs de porter la mitre, l'anneau et les autres ornements pontificaux. L'abbé Du Bosc appliqua avec une persévérance et un désintéressement admirables ses soins et ses revenus à la propagation des sciences parmi les religieux; malheureusement la peste qui vint désoler Jumièges et le pillage de l'abbaye par les Anglais à la suite de la fatale journée d'Azincourt, dispersèrent ses membres. L'abbé Du Bosc mourut à Paris le 14 septembre 1418. Son corps transporté à Jumièges y fut inhumé dans la chapelle de la Vierge, sous un magnifique tombeau, où il était représenté couché, vêtu des ornements pontificaux. Cette statue, remarquable par la beauté de l'exécution, était en pierre de liais, avec la tête et les 'mains couvertes de gants brodés, les pieds en marbre blanc. Elle avait échappé aux dévastations de l'abbaye Jumièges et subsista jusqu'aux premières années de la restauration; M. Langlois, conservateur du musée de Rouen et savant antiquaire , instruit de son existence , arriva trop tard pour la sauver. Il ne put recueillir que la tète et les mains. A la vente de son cabinet en 1838, M. le comte de Radepont acquit ces précieux fragments dont il est encore possesseur.

Guillaume, deuxième du nom, ne démentit point son origine. Il se fit remarquer par sa bravoure à une cour où bril-

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laient les Dunois, les Lahire, les Xaintrailles, les La Trcmouille. Le 3 janvier 1410, il épousa Perrette le Tourneur, fille de Geoffrey , seigneur du Mesnil , chancelier de 1 échiquier de Normandie; il passa ensuite en Angleterre en qualité d'otage, et y mourut comme y était mort son grand père (1er décembre 1433). Ses restes, rapportés en France par les soins de sa famille , furent inhumés dans les galeries du cloître de Saint-Ouen de Rouen , à côté de ceux de sa femme , et un ciseau habile grava sur leur tombe les armes écartelées des Du bosc et des le Tourneur.

Robin ou Robert Du Bosc, son cinquième fils, marié à Jeanne de Corneille; Louis, premier du nom, fils de ce dernier, seigneur d'Ermandreville , Franqueville-le-Mesnil , échanson ordinaire du roi Louis XI , marié à Jacquette Legoupil ; Louis , deuxième , marié à Marie des Planches , dont le courage brilla d'un vif éclat à Marignan, cette grande victoire, et à Pavie, cette grande défaite; enfin Louis Du Bosc, troisième du nom, seigneur de Radepont, Fleury, Mesnil, mort en 1574, laissant plusieurs enfants de sa femme Jeanne Surreau, dame Mallaunay, Bourdeville et Martainville , portèrent jusqu'à la fin du seizième siècle, la descendance de ce nom justement considéré.

Robert Du Bosc était l'aîné des fils de Louis, troisième du nom. Issu d'une de nos plus vieilles souches, possesseur d une fortune considérable pour le temps, ayant jeté personnellement quelque éclat dans la carrière des armes qu'il avait embrassée fort jeune , il trouva facilement à contracter une brillante alliance; le 9 octobre 1576, il s'unit à Marie de Briqueville , fille aînée de François de Briqueville et de dame Gabrielle, de la maison de la Luzerne, un des meilleurs partis de France. Léonor Du Bosc, baron de Radepont, naquit

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de ce mariage; il épousa Marie de Gonnelieu qui lui donna trois enfants; François, connu sous le nom de chevalier de Fleury, qui embrassa la profession des armes, se distingua dans le régiment des gardes françaises, et fut tué , tout bouillant d'espérance et de jeunesse, au siège d'Aire en Artois, le 27 juillet 1641; Marguerite Du Bosc, dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche, mariée à Jean de Beaulieu, baron de Bec-Thomas; et Nicolas Du Bosc, seigneur de Badepont, premier président du parlement de Bouen, décoré en 1660, c'està-dire à l'époque de la plus grande splendeur de cet ordre , du collier de Saint-Michel.

La descendance des Du Bosc Badepont se continua dans la personne de Léonor, deuxième du nom, fils de Nicolas Du Bosc et de Marguerite Boque de Varenville, marié à Marie- Madeleine de Norvins, baronne d'Aubigny, femme d'un esprit aussi distingué par son élévation que par ses charmes, mais que son zèle ardent pour les doctrines du Jansénisme tint toujours éloigné de la cour. Jean-Léonor Du Bosc, l'aîné de ses fils, marquis de Badepont et seigneur de Fleury, recueillit son héritage. 11 commença sa carrière, à quatorze ans, en qualité d'enseigne des gardes françaises. Il fit ses premières armes à la trop fameuse affaire qui valut à ce corps le surnom de Canards du Mein. Son jeune courage s'indignant d'une si honteuse retraite , il était resté presque seul sur la plage , résolu d'y périr , lorsqu'un vieux sous-officier auquel il avait été confié, parvint à grand'peine à lui faire comprendre qu'il ne devait pas laisser tomber aux mains des Autrichiens l'étendard de son régiment. Il se retira alors , mais à la manière des lions , la face tournée à l'ennemi. Cette belle action, en attirant sur lui l'attention du maréchal de Saxe, lui valut le grade de premier enseigne des gardes françaises

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et, peu de temps après la croix de Saint-Louis. Son épée brilla encore à Eltinghen, à Richevaux, à Laufeldt, et à ce mémorable combat de Fontenoy où le courage de la maison du roi et une inspiration du duc de Richelieu, changèrent une défaite décisive en une éclatante victoire. Il existe aux archives de la guerre une commission de capitaine, délivrée par le roi Louis XV au marquis de Radepont, le 17 mai 1772, et conçue dans des termes si flatteurs que nous croyons devoir la citer comme un titre honorable pour cette famille.

« Louis par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à notre cher et bien amé le sieur Jean-Léonor Du Rose de Radepont, lieutenant, salut. La compagnie qu'avait dans le régiment de nos gardes françaises le sieur de Marsay, étant à présent vacante par sa retraite, et désirant de la remplir d'une personne qui s'en puisse bien acquitter, nous avons estimé que nous ne pouvions faire pour celte fin un meilleur choix que de vous, pour Tes services que vous nous avez rendus dans toutes les occasions qui s'en sont présentées , où vous avez donné des preuves de votre valeur, courage , expérience en la guerre, vigilance et bonne conduite, et de votre fidélité et affection à notre service ; à ces causes et autres à ce nous mouvans, nous vous avons commis, ordonné et établi , commettons , ordonnons et établissons par ces présentes signées de notre main , capitaine de la dite compagnie vacante comme dit est aye ci-dessus, laquelle vous commanderez , conduirez et exploiterez sous notre autorité , et sous celle de notre très-cher et bien amé cousin le maréchal duc de Riron, colonel dudit régiment. La part et ainsi qu'il vous sera par nous et nos lieutenants-généraux commandé, ordonné pour notre service, et nous vous ferons payer ensemble les officiers , sergens et soldats de ladite compagnie ,

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des États, appointemens et soldes qui vous seront et à eux d'eux , suivant les montres et revues qui en seront faites par les commissaires et contrôleurs des guerres à ce départis, tant et si longuement que la dite compagnie sera sur pied, pour notre service ; tenant la main à ce qu'elle vive en si bon ordre et police que nous n'en puissions recevoir de plaintes, de ce faire vous donnons pouvoir et commission , autorité et mandement spécial, mandons à notre dit cousin le maréchal de Biron, colonel de notre dit régiment, et en son absence à celui qui le commande, de vous recevoir et faire reconnaître en ladite charge, et à tous qu'il appartiendra qu'à vous, en ce faisant, soit obéi, car tel est notre plaisir. »

Nommé successivement chef de bataillon , lieutenant^colonel , puis colonel , le marquis de Radepont fut promu au grade de maréchal-de-camp, le 5 décembre 1781. Il avait épousé Aglaë- Louise d'Épinay- Saint -Luc, chanoinesse du chapitre de Saint-Louis de Metz, fille du marquis d'Épinay- Saint-Luc , baron de Mézières , descendant de l'illustre maison de ce nom, qui a donné à la France un grand-chambellan, un grand-maître de l'artillerie, un maréchal de France et plusieurs lieutenants-généraux, et d'Elisabeth de Moy dont la noblesse est si ancienne qu'une héritière de la branche aînée, ayant épousé un prince de la maison souveraine de Lorraine, le nom de Moy a été la marque distinctive sous laquelle les princes de cette branche se sont fait connaître.

Les premiers orages de la révolution trouvèrent le marquis de Radepont au château de ses ancêtres , mais sa réputation de vertu y était si bien établie, et la vénération qu'elle inspirait si générale, qu'ils passèrent d'abord près de lui sans l'atteindre. En 1791 , le duc de Penthièvre, insulté par la populace à Bisy et à Anet, vint lui demander un asile, qui lui fut

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accordé avec toutes sortes de joies, de respects et d'empressements. Il resta six mois à Radepont, et pour y perpétuer le souvenir de son séjour, il fit construire dans le parc un petit temple qui subsiste encore, et dans lequel Monsieur de Radepont a fait placer son buste. A la fin de 1792, de nouveaux dangers menaçant le duc de Penthièvre dans sa retraite de Bisy, Monsieur et Madame de Radepont n'hésitèrent pas à se rendre auprès de lui avec leur fille , décidés à partager son sort quel qu'il pût être. Arrêtés en même temps que le prince, ils furent conduits à la tour de Vernon , où ils demeurèrent prisonniers jusqu'à la chute de Robespierre. Le marquis de Radepont mourut, le 9 octobre 1806, dans son château, a l'âge de quatre-vingt-un ans , laissant :

1° Aglaè-Marie-Madeleine Du Bosc de Radepont, chanoinesse du chapitre royal, noble et régulier de l'abbaye de Vouziers, qui épousa le marquis de Montault Noveilles et mourut en donnant le jour à une fille , aujourd'hui marié au marquis de Dreux-Brezé.

2° Auguste-Léonor-Victqr Du Bosc , marquis de Radepont, gentilhomme de la chambre du roi Louis XVIII et Charles X, et pair de France, marié à Gabrielle-Julie de Clermont-Tonnerre, sœur du marquis de Clermont-Tonnerre, lieutenantgénéral et ministre de la guerre sous la restauration.

De ce mariage sont nés trois enfants : Louise Du Bosc de Radepont, mariée à Louis Lecornu de Bigard, marquis de la Loude; Cécile Du Bosc de Radepont, mariée au vicomte de la Tour-du-Pin-Chambly-de-la-Charce; Aimé-Louis- Victor Du Bosc comte de Radepont, officier d'état-major, marié le 11 février 1837 a Anne-Louise Collot, primitivement madame de Vaudreuil, fille de Jean-Pierre Collot , chevalier de la Légion d'Honneur et directeur de la monnaie de Paris.

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Une ancienneté de sept siècles, des alliances avec les meilleures maisons de la province du Limousin et l'avantage d'avoir donné à l'Église plusieurs prélats éminents, assurent à cette maison un rang distingué dans l'ordre de la noblesse du royaume. Elle a pris son nom de la terre de Cosnac, près de Brives, dans le Bas-Limousin. Son origine remonte au dixième siècle. En 924 , Immon de Cosnac et Itiburge , sa femme, firent donation au monastère de Tulle d'une vigne située à Donzenac et d'une ferme nommée Chazlada, dans la paroisse de Naves. Les cartulaires des différentes abbayes et les actes publics de la province du Limousin prouvent la filiation des seigneurs de ce nom depuis Israël de Cosnac, marié à dame Guinarde qui florissait au commencement du onzième siècle, jusqu'à Guillaume, premier du nom, qui vivait au commencement du treizième, et les titres de famille établissent une descendance suivie jusqu'à nos jours.

Pierre de Cosnac, marié à noble dame Bélieldis, et Gérald de Cosnac, son frère, héritèrent des biens d'Israël. Ils firent

dire dans l'abbaye d'Uzerche de grandes prières pour le repos de l'âme de ce seigneur, et abandonnèrent, dans ce but pieux, à la communauté leurs droits sur la terre de Solvanac. Baluze croit que Gérald fut père de Jean et de Barthélémy de Cosnac, chevalier, cité avec son fils Engalvin, dans une transaction sans date, mais qu'on suppose remonter au commencement du dixième siècle. De cet Engalvin sortit Guillaume premier, marié à noble dame de Malafayde, de lillustre maison de ce nom , de laquelle était issu Aimeric de Malafayde, patriarche d'Antioche. Pierre de Cosnac II, marié à Marguerite de Jauffre ou Jouffre , continua la descendance. Il ne laissa qu'un fils naturel, Girard de Cosnac, et légua, par son testament , en date de l'année 1270, tous ses biens à son frère Hugues. Devenu chef de la maison de Cosnac , ce seigneur épousa Pétronille d'Ornhac , dame de Serilhac qui lui apporta en dot 5,000 sols, somme considérable pour l'époque. De ce mariage naquit :

1° Guillaume, deuxième du nom, qui suit :

2° Gilbert, qui entra dans les ordres, devint archidiacre de Meaux et chanoine de Tours.

3° Hugues et Aymeric , prêtres comme le précédent.

4° Dauphine de Cosnac, dont le sort n'est pas bien connu, mais qu'on suppose être la même que Dauphine de Cosnac , abbesse des minoresses de Sainte-Claire de Brives, en 1341.

Guillaume de Cosnac se distingua sous le règne de Philippe de Valois, commanda le château et le vicomte de Turenne, à la mort de Jean , vicomte de Turenne, et fit plusieurs pèlerinages à Borne; il s'éteignit vers 1343, après avoir rédigé deux testaments, le premier, daté de 1300, sur lequel on voit encore un de ses sceaux, en cire verte, avec un lion, des étoiles, et la légende de la maison de Cosnac, en partie

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rompue; le second, daté du 12 juin ou juillet 1341, par lequel il demande à être enterré dans l'église de Cosnac, au caveau de ses ancêtres, et charge de l'exécution de ces dispositions Bertrand de Cosnac , prieur de Brives , le plus célèbre des sept enfants qu'il avait eus d'Almodie de Malaguise de Malemort.

Bertrand de Cosnac entra de bonne heure à l'institut des chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin. Il en sortit pour aller à Toulouse achever son éducation. De fortes études le firent recevoir, en 1327, docteur en droit; la même année, il fut appelé au prieuré de Brives , ainsi que le constate un vieil acte imprimé dans les preuves de la maison de Turenne. Bertrand de Cosnac eut, pendant quinze ans, la suprême direction de cette abbaye. Il y introduisit une discipline et un ordre admirables. Le pape Urbain V comprit toute la portée de cet éminent esprit ; pressentant les services que l'Église pouvait en attendre, il l'appela, en 1252, à l'évêché de Comminges. La même année , Bertrand de Cosnac partit pour l'Espagne, en qualité de nonce apostolique. Des différends graves s'étaient élevés entre les rois de Castille, d'Arragon, de Portugal et de Navarre. Chargé de s'interposer entre ces puissances, de servir d'arbitre à leurs prétentions et de pacifier leurs querelles, l'évêque de Comminges en vint à bout à force d'habileté et de zèle. De retour de cette légation, il fut nommé , le 26 mai 1364, l'exécuteur testamentaire de Hugues Roger , cardinal de Tulle. Peu de temps après , il assista au concile de Lavaux , dont les actes ont été publiés par Baluze, dans son Recueil des notes de la Gaule narbonnaise. On lit dans le septième volume du Spicilége de D. Luc, que le pape Grégoire XI, après une seconde mission de ce prélat, en Espagne, mission dont les difficultés n'étaient pas

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moins grandes , et dont le succès ne fut pas moins complet , l'éleva en 1372, au cardinalat, sous le titre de Saint-Marcel, vacant par la mort de Jean Fabry. L'usage suivi de temps immémorial en cour de Rome, obligeait les prélats, nommés cardinaux, d'aller prendre le chapeau des mains du pape. N'ayant pu remplir ces conditions, Bertrand de Cosnac reçut le chapeau par Arnaud- André , sous -diacre de l'église de Bordeaux, mais sans recevoir le titre qui ne se donnait qu'aux prélats présents , d'où vient qu'il fut longtemps appelé cardinal-prêtre.

Le cardinal de Comminges avait le génie de la pacification. \W Après avoir décidé les rois de Castille et d'Arragon , à sou- I mettre leurs différents à l'arbitrage du pape, il parvint à apaiser la grande querelle que la question des immunités ecclésiastiques avait soulevée entre Pierre d'Arragon et l'ar- g|| chevêque de Tarragone. Par ses soins, un concordat qui fut m

inséré dans le catalogue des lois particulières de la Catalogne, et qui y faisait encore autorité au dix-huitième siècle, fut conclu à Barcelonne, avec la reine Éléonore. Ayant ter- ||| miné celte importante négociation , le cardinal revint à Avignon. Il y mourut le 17 juin 1374 et fut inhumé dans le couvent des Dominicains.

Son frère aîné, Hugues , deuxième du nom , héritier de leur père Guillaume, quoique un peu effacé par la grande figure du cardinal, ne laissa pas que de fournir une carrière brillante. Dans une transaction passée, en 1361 et 1362, avec le vicomte de Turenne, co-seigneur de Brives, il est qualifié noble et puissant homme. Dans un autre acte, daté de 1368, et imprimé dans le manuscrit de Gaignières, il prend les ti- ||| très de seigneur de Cosnac et co-seigneur du château et ||-| châtelenie de Malemort. Il contracta trois mariages : le prc

mier avec Alix de Molléau, fille de Bertrand, seigneur du château de Bar; le second avec Guigne de Faydit, fille de Pierre Damoiseau de Jugeai, dans le vicomte de Turenne; le troisième avec Marguerite de Palisses, dont il ne paraît point avoir eu de postérité.

Du premier lit sortirent neuf enfants, parmi lesquels deux se firent particulièrement remarquer ; — Jean , d'abord destiné à l'état ecclésiastique , qui fut chanoine de Bayeux et de Lombez, avant d'avoir reçu les ordres, et qui, voyant ses aînés, engagés comme lui dans la roule de l'épiscopat, renonça à l'habit religieux pour se marier et faire revivre le nom de ses ancêtres, menacé de s'éteindre; — et Pierre, évêque de Tulle et prieur de Brives, décédé à un âge avancé, après avoir fait briller aux yeux des hommes les vertus qui honorent le plus le ministère évangélique.

Jean de Cosnac laissa de Marthe de Born , fille d'Alix de Calvignac et de Bertrand, seigneur de Hautefort, Raimond, présent , en 1 398 , comme procureur de l'évêque de Tulle , à l'assemblée de l'église gallicane , tenue à Paris pour l'extinction du schisme. — Hélie de Cosnac, son fils et son héritier, marié à Louise de Gimel de la maison des anciens vicomtes de ce nom; — Pierre, seigneur de Cosnac et de Creisse, marié à Louise de Noailles; — et Guillaume de Cosnac, troisième du nom, institué légataire universel par le testament de sa mère, — ne sont connus que par quelques actes de la vie privée sans importance et sans intérêt. Louis de Cosnac, fils de Guillaume III et de Marguerite de Lastours, épousa Claude de Reynac, fille de Geoffroy de Reynac, baron de Reynac et Comargue. Il figura avec distinction à la cour de François Ier en qualité de gentilhomme de la chambre et de premier écuyer tranchant de la reine. Lorsque le vicomte de

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282 ILLUSTllATIONS DE LA NOBLESSE EUKOPÉENINE.

Turenne partit pour l'Autriche, avec mission d'épouser, au nom du roi de France, la reine Éléonore d'Autriche, sœur aînée de l'empereur Charles-Quint, il accompagna ce seigneur dans son ambassade. On a conservé son testament daté du 22 juillet 1532. Dans cet acte, il constitue Galiot de Cosnac son héritier, demande à être enterré dans le caveau de ses ancêtres et ordonne de faire dire neuf cents messes le jour de son enterrement , au trentain et au bout de l'an. Clément de Cosnac, un des fils de Galiot et de Claude de Reynac, sa femme, gentilhomme ordinaire de la chambre et lieutenant au gouvernement de Soissons, acquit, par son duel à outrance avec Montreval , une célébrité qu'il paya de la vie. Ce combat eut lieu sur la place royale; Clément de Cosnac y fut blessé à mort et expira le surlendemain. Ses restes, portés aux Grands-Cordeliers de Paris, furent inhumés dans la chapelle. On voyait encore avant la révolution, dans le cloître de ces religieux , les armes de la maison de Cosnac, qu'ils avaient fait graver sur la tombe, en souvenir des dons qu'il avait fait à leur ordre avant de mourir. Clément de Cosnac s'était marié deux fois; en premières noces avec Philippe du Prat, dame d'Assy, fille de François, baron de Thierset d'Anne Séguier; en secondes noces, avec Blanche de Molinari, fille de Pierre, chevalier de l'ordre du roi et gouverneur de la chapelle. Il eut de ces deux mariages un fils, Josias de Cosnac, seigneur et baron d'Assy, et neuf filles, dont cinq se marièrent , trois moururent sans alliance , et la dernière, Marguerite de Cosnac, devint abbesse de Coiroux, en 1570.

Annet ou Agnet de Cosnac, écuyer, frère de Clément et fils aîné de Galiot de Cosnac , avait hérité des biens et des titres paternels. Le 18 octobre 1582, il épousa Jeanne de

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Juyé, fille unique de Sébastien de.Juyé, seigneur de Pénacors et ambassadeur en Espagne, et de Jeanne de Selve, fille de Jean de Selve, premier président du Parlement de Paris. De ce mariage naquit François , premier du nom , marié à Éléonore de Talleyrand Chalais, fille de Daniel de Talleyrand, prince de Chalais, dont il eut :

1 ° Armand qui suit :

2° Clément, enseigne de la compagnie des gens d'armes du prince de Conti, mort en 1694.

3° Daniel, évèque de Valence et de Die, archevêque d'Aix et commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Cadet de famille, né sans biens, n'ayant reçu qu'une éducation incomplète, Daniel de Cosnac, que sa jeune ambition poussait vers les hautes fonctions du ministère ecclésiastique, quitta de bonne heure la maison paternelle , dans l'intention de se créer par ses propres forces, l'avenir qu'il avait rêvé et que sa famille ne paraissait pas disposée à lui faire. Recommandé au prince de Conti, destiné lui-même, à cette époque, à l'épiscopat, il obtint ses entrées familières et sa confiance dont il se montra digne par des services importants. A vingtdeux ans, il conclut la paix de Bordeaux, paix désirée de la cour et nécessaire à l'État, qui lui fit le plus grand honneur auprès des princes et du cardinal Mazarin ; mais la cour du prince de Conti était un théâtre trop étroit pour un esprit aussi vaste. Quoique gentilhomme de sa chambre et en quelque sorte son favori , il entretenait un commerce suivi avec le cardinal Mazarin dont l'esprit fin, délié, pratique, ambitieux , avait avec le sien des analogies frappantes. Ce fut dans ces conférences que l'abbé de Cosnac jeta les fondements du mariage conclu , quelques années plus tard , entre le prince de Conti et Anne-Marie Martinozzi, nièce du cardinal. Ce

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dernier l'en récompensa par le don d'un évêché. Un jour, après avoir prononcé devant toute la cour, un sermon éloquent dont la vive péripétie avait remué tous les cœurs, l'abbé de Cosnac descendait de la chaire, au milieu des murmures flatteurs de l'auditoire, lorsque le cardinal s'avança vers lui et lui dit : « Monsieur, être nommé évêque de Valence au sortir d'un si beau sermon , cela s'appelle recevoir le bâton de maréchal sur la brèche; remerciez le roi de cet important bénéfice. » Cette élévation rapide et cette faveur croissante excitèrent parmi les courtisans, sorte de gens que tout mérite offusque et que toute supériorité blesse , une sourde jalousie; ils s'unirent pour perdre 1 évêque de Valence. Le prince était faible , indécis , la calomnie avait prise sur lui de tous côtés. Il prêta l'oreille aux insinuations perfides de l'abbé de La Roquette ; de Cosnac ne fut pas le dernier à s'apercevoir de ce changement, il offrit sa démission; elle fut acceptée; et le même jour il quitta l'hôtel de Conli pour aller remplir, à la prière de la reine , la charge d'aumônier près de Monsieur, frère du roi.

En 1660, Monsieur avait épousé Henriette d'Angleterre, une des plus belles princesses et des plus aimables femmes de l'Europe. Sous le titre des Amours du Palais-Royal , un libelle avait paru en Hollande, où Madame était traitée avec la dernière ignominie, et où sa prétendue passion pour Louis XIV, se trouvait exposée avec un art perfide et une méchanceté cruelle. Louvois en avait reçu un exemplaire. Il le montra à Louis XIV et Louis XIV à Madame. Atterrée par cette communication et épouvantée de l'effet que le libelle pouvait produire sur l'esprit de son mari, cette princesse fit appeler l'évêque de Valence et lui confia toutes ses craintes, L'évêque s'efforça de la calmer, et sortit, après l'avoir ras-

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surée sur la fausseté des circonstances. Le lendemain Madame envoya chercher Monsieur de Valence, mais on ne le trouva ni à Versailles, ni à Paris. Les recherches ne furent pas plus heureuses les jours suivants. Ce ne fut que le onzième jour, après sa disparition , que l'évêque se présenta chez la princesse. «Pourquoi, » lui dit Madame d'un ton de reproche, « m'avez-vous abandonnée lorsque j'avais le plus besoin de consolations?»

« Pour anéantir les objets de l'inquiétude de Votre Altesse,» répondit l'évêque.

Et tirant de ses poches et de dessous sa soutane trois cents exemplaires du libelle en feuilles.

«Tenez, Madame, ajouta-t-il, il n'en sera plus parlé. Brûlez-les vous-même?»

Il lui raconta ensuite qu'en sortant du Palais-Royal , il était parti en poste pour la Hollande, qu'il avait acheté jusqu'au dernier exemplaire du libelle , et payé deux mille pistoles le silence du libraire. Madame pleura de joie, et une confiance sans bornes récompensa l'évêque de Valence de l'ardeur généreuse de son dévouement ; mais cette confiance même devint la cause de sa ruine. Monsieur vit d'un œil soupçonneux une faveur dont le mot lui échappait , et les calomnies intéressées des courtisans achevèrent de compromettre, dans son esprit, l'évêque de Valence. En vain Madame usa de tout son crédit pour retenir auprès d'elle un confident sûr, un conseiller éclairé, un ami plein de zèle, de Cosnac reçut l'ordre de quitter la cour et de se retirer à l'Isle-en-Jourcfain. Il y resta quatorze ans, exclusivement occupé des soins de son diocèse et de la pratique des devoirs que l'épiscopat enseigne à ses ministres. Ce ne fut qu'en 1687 qu'il reparut à la cour. Il y trouva tous les soupçons détruits , toutes les

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