‹ Illustrations de la noblesse européenneChapitre 31 sur 34 · VA · texte numérisé non relu

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Anne-Julie de Crevant d'Humières qui lui apporta ce litre, suivant les lettres d'érection du mois d'août 1790, obtenues par le maréchal duc de Crevant d'Humières, portant que le duché passerait à elle et à son mari, à la charge de porter le nom et les armes d'Humières.

De cette union , naquirent deux fils morts en bas âge et une fille, Louise de Gramont, mariée au prince de Lambesc et morte dans la fleur de la jeunesse, le 3 a\ril 1743.

2° Louis de Gramont, comte de Lesparre, duc et pair après son frère, fut investi du gouvernement du royaume de Navarre , de la principauté de Béarn , de la ville et de la citadelle de Bayonne et des pays en dépendant, à l'exception du commandement de la citadelle de Saint-Jean-Pied-de- Port. Le duc de Gramont était lieutenant-général , lors de la bataille de Fontenoy, où il fut tué d'un coup de canon en chargeant à la tête des gardes françaises.

Il laissa de sa femme Geneviève de Gontaut, fille du duc de Biron :

1° Marie-Chrétienne-Christine de Gramont, mariée en 1732 à Marie de Ligne de Boulogne de Lens , comte de Rupelmonde, colonel du régiment d'infanterie d'Angoumois, tué en Aile- ||-f magne , à la retraite du marquis de Ségur de l'électorat pala- || tin, en février 1734.

2° Antoine Antonin de Gramont, duc et pair, gouverneur de la Basse-Navarre et du Béarn, brigadier des armées du Roi, marié à Louise-Victoire de Gramont, sa cousine, dont il eut Louis-Antoine-Armand de Gramont, comte de Guiche, puis duc d'Esparre, marié à Philippine de Noailles, fille du duc de Cenon , et mort sans enfants à Toulouse en 1790.

3° Antoine -Adrien -Charles, frère cadet du précédent, d'abord appelé comte de Gramont d'Aster, pour le distinguer

de la branche aînée , maréchal de camp , mort à Bayonne où il commandait, le 22 septembre 1762, laissant de sa femme Marie-Louise-Sophie de Faoucq, vulgairement de Fau :

1° Geneviève de Gramont, mariée à Charles, comte d'Ossun, dame d'atours de la Reine Marie- Antoinette , qui périt en 1793 sur l'échafaud révolutionnaire, victime de sa tendre affection pour la Reine.

2° Le comte de Gramont., mort en bas âge.

3° Antoine-Louis-Marie de Gramont , continuateur de la branche aînée , qui suit :

4° Antoine-François, comte de Gramont d'Aster, colonel commandant le régiment du Roi dragons, mort dans l'émigration à Londres, en mars 1795. Sa veuve , Eugénie de Boisgelin, fit profession dans l'ordre du Sacré-Cœur de Jésus.

De ce mariage sont issus :

1° Antoinette- Sainte -Eugénie -Cornélie de Gramont, abbesse supérieure du couvent du Sacré-Cœur de Jésus, à Paris.

2° Antoinette-Jeanne de Gramont, abbesse supérieure du couvent du Sacré-Cœur de Jésus, au Mans.

3° Louis -Raimond- Geneviève -Antoine de Gramont, qui forme la tête de la branche cadette. Le comte de Gramont entra au service à l'âge de vingt-deux ans, et fut attaché à 1 etat-major du comte de Grouchy, auprès duquel il fit la campagne de Russie. Une blessure qu'il reçut à la prise de la redoute de la Moskowa l'ayant forcé de quitter l'armée, il fut choisi pour aller porter à Louis XVIII la nouvelle du rétablissement de sa maison sur le trône. En 1815, le collège électoral des Basses -Pyrénées le nomma presqu'à l'unanimité représentant de ce département. Il commanda successivement les légions des Basses -Pyrénées et des Bouches-du- Rhône, et fut élevé, le 6 mars 1819, à la dignité de pair de

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France. Le comte de Gramont d'Aster mourut de la fièvre jaune à la Martinique, où il commandait le 49e de ligne. Son éloge a été prononcé à la tribune de la Chambre des pairs par le duc de Gramont, son oncle, le 3 avril 1826.

Il laissa de sa femme Amable de Catelan, morte à Bagncres le 25 juillet 1840, Claire-Amélie -Gabrielle-Corisandre de Gramont, mariée au comte de Salmon; Thérèse, mariée au marquis d'Avisard, et un fils, Antoine- Eugène -Amable-Slanislas-Agénor de Gramont, pair de France en 1839.

Antoine-Louis-Marie de Gramont, fils d' Antoine-Adrien- Charles, comte de Gramont, naquit le 17 août 1755. Il fut connu d'abord sous le nom de comte de Louvigny, reçut le brevet de duc de Guiche le 16 avril 1780 et succéda à son cousin-germain, décédé sans postérité en 1799, sous les nom et titre de duc de Gramont. Antoine de Gramont commandait à Versailles la cornette des gardes pendant les horribles journées des 5 et 6 août 1789. Placé en 1791 à la tête de la maison du Roi réunie à Coblentz, il fit, en qualité de maréchal de camp, la campagne de 1796 , à l'armée de Condé. |§ Après le licenciement de la maison du Roi, il rejoignit || Louis XVIII , qu'il ne quitta plus. Il se trouvait auprès de ce ||| prince à Dittingen, lorsqu'un misérable attenta à ses jours, en lui tirant un coup de pistolet à la tête.

«Ah, Sire! s'écria le duc de Gramont, si le monstre eût tiré une ligne plus bas ?»

«Eh bien, mon ami, répondit Louis XVIII avec le plus grand sang-froid, une ligne plus bas, le Roi de France s'appelait Charles X.»

Le duc de Gramont partagea l'exil du Roi jusqu'en 1814, et, à sa rentrée en France, il reprit auprès de lui les fonctions de capitaine des gardes qu'il avait exercées sous Louis XVI,

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