OT
et qu'il continua depuis sous Charles X. Il fut nommé chevalier des ordres le 30 septembre 1820, grand-officier de la Légion d'Honneur le 3 septembre 1823, lieutenant-général au mois de décembre suivant et alla reprendre à la chambre des pairs le rang que ses ancêtres y occupaient héréditairement. A l'époque du couronnement de Georges IV, il fut choisi pour représenter la France en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Le duc de Gramont est mort à Paris, le 28 août 1836, à l'âge de quatre-vingt-et-un ans, et son corps a été inhumé dans la chapelle de la principauté de Bidache, où les chefs de sa maison avaient été souverains jusqu'en
De son mariage avec Louise-Françoise-Gabrielle-Aglaé de Polignac, fille du duc de Polignac, morte dans l'exil au château d'Holyrood, le 30 mars 1803, sont nés :
1° Armandine de Gramont , qui épousa Charles Bennet lord Ossulton, fils du comte de Tanckerville , aujourd'hui chef de sa famille.
2° Aglaé de Gramont, mariée en premières noces au général Davidoff, et en secondes noces au maréchal comte de Sébastiani , ancien ministre de la marine et des affaires étrangères, ambassadeur du Boi en Angleterre, etc.
3° Antoine-Geneviève-Héraclius-Agénor de Gramont. Agénor de Gramont était à peine âgé de trois semaines, lorsqu'il fut emporté dans l'émigration par sa famille. Incorporé le 31 décembre 1798 dans le régiment deTorride, faisant partie du corps d'armée de Souvarow, il reçut peu de temps après le brevet de sous-lieutenant ; délicate pensée de Paul Ier, qui , en brevetant ainsi l'enfance, trouvait moyen de secourir sans les humilier les familles nobles réduites à chercher un asile dans ses États.
A la fin de 1799, le comte Agénor de Gramont alla rejoindre son père à Mittau, en Courlande. Il fit en qualité de lieutenant des hussards britanniques les campagnes de 1808 et 1809 en Portugal et en Espagne, et se distingua à la bataille de la Corogne. Il assista les années suivantes aux batailles de Fuentes , d'Albufeira , au combat de cavalerie de Morales en 1813, aux batailles de Burgos, de Vittoria. Après les affaires d'Orthez et de Vie en France , il entra en communication avec les familles royalistes , bien que le gouvernement eût fait mettre sa tête à prix pour la somme de 60,000 francs, et parcourut ouvertement les provinces méridionales, sans dissimuler ni son nom , ni le but de ses démarches.
A la suite de plusieurs conférences avec les émissaires de Bordeaux, il fut député auprès de Louis XVIII, afin de réclamer au nom des partisans de l'ancienne dynastie, un prince de sa famille pour diriger le mouvement qu'on organisait. Le Boi témoigna au comte le regret que ses infirmités ne lui permissent pas d'y aller lui-même , et lui montrant le Dauphin: «Je vous confie, lui dit-il, mon neveu le duc d'Angoulême que j'aime comme un fils et qui a toute ma confiance.»
Le gouvernement anglais traitait en ce moment de la paix avec l'Empereur à Chatillon et paraissait disposé à s'opposer au départ du prince. Pour détourner son attention , le comte de Gramont s'embarqua à Plymouth , tandis que le Dauphin se dirigeait , sous un déguisement, surFalmouth, d'où il devait gagner le port du Passage , et de là la France par les Pyrénées. Lord Keith , commandant les forces navales de la Manche, n'ayant pas de vaisseaux dans le port, mit à la disposition du comte de Gramont son propre cutter , pour le conduire au quartier général du duc de Wellington à Saint-
Jean de Luz , mais l'embarcalion battue par les vents et contrariée par les courants rapides du golfe de Gascogne , alla s'e'chouer à la côte entre l'embouchure de l'Adour et Saint- Jean-de-Luz. Le comte de Gramont qui attachait une grande importance à précéder le duc d'Angoulême au quartiergénéral des alliés, se jeta à la mer, muni de ses dépêches, atteignit la côte, traversa les postes français à la faveur de l'obscurité, et arriva, sans avoir été reconnu, auprès du duc de Wellington.
M. de Gramont avait porté jusque-là le titre de comte; Louis XVI11 lui ordonna de prendre celui de duc de Lesparre ou de Guiche, appartenant à sa maison. Le comte de Gramont choisit le dernier que son père avait porté et par lequel les fils aînés étaient généralement désignés dans la famille.
A la fin de février 1814, il se rendit à Bordeaux, pour y préparer les esprits au mouvement royaliste organisé pour le commencement de mars; le 12 du même mois, il arbora sur les tours de Notre-Dame le premier drapeau blanc qui ait flotté en France à cette époque.
Nommé premier aide-de-camp et premier écuyer du Dauphin, il fit sous les ordres de ce prince la campagne de 1815 et celle de 1823. Le titre d'officier de la Légion d'Honneur et le grade de lieutenant-général, furent la récompense de tant de services.
Le duc de Guiche n'eut connaissance des ordonnances de juillet que par les journaux. Il se rendit aussitôt à Saint- Cloud, accompagna la famille royale jusqu'à Cherbourg, revint ensuite à Paris pour y régler les affaires personnelles du Dauphin , puis alla rejoindre le prince dans son exil à Edimbourg, emmenant avec lui sa femme et ses enfants. Mais en 1832, Charles X ayant paru s'inquiéter de la présence
m/m^m&mmmm® §@>^ê I "iyet
ïWi
Bggfggggggggl
auprès de son fils d'un serviteur qui avait hautement désapprouvé la mesure par laquelle il avait perdu sa couronne, le duc de Guiche , se vit contraint de se séparer du prince dont il était venu spontanément adoucir le triste exil. Mis en demeure , à son arrivée en France , de prêter serment à la nouvelle dynastie, il fut, sur son refus, rayé des contrôles de l'armée. En 1836 , à la mort de son père , le duc de Guiche hérita du nom et du titre de duc de Gramont. Il est aujourd'hui le chef de sa famille.
De son mariage avec Anna - Quintana - Albertine - Ida d'Orsay, fille du lieutenant- général comte de ce nom et d'Éléonore baronne de Franquemont, sont nés:
1° Antoine'- Alfred - Agénor de Gramont, duc de Guiche, né le 14 août 1819, officier d'artillerie.
2° Antoine-Philibert-Léon- Auguste , comte de Gramont, né le 1er juillet 1820, officier au 8e hussards.
3° Antonia-Albertine-Corisandre-Ida de Gramont, morte à l'âge de cinq ans, le 5 octobre 1826.
4° Antoine - Alfred - Théophile de Gramont, né le 2 juin
5° Antonia - Armandine - Aglaé - Ida de Gramont, née le 5 octobre 1826,
6° Antonine-Gabrielle-Léontine de Gramont , née le 2 mars
'mmmiîi-mmittm$mm¥iïm^mîmïèmm¥è(È£^
i 'opinion la plus accréditée et la mieux appuyée de preuves fait descendre cette maison des anciens Comtes d'Anjou, qui ont fourni à la France une longue succession de sénéchaux , et donné des rois à l'Angleterre et à Jérusalem. Cette haute origine est attestée par la nature de l'hommage que rendit, en 1025, au comte d'Anjou, Raoul de Beauvau, le premier membre de cette famille dont fassent mention les chroniques. En effet , tandis que les seigneurs de tout rang et de toute fortune s'acquittaient de ce devoir à genoux , tête nue et désarmés, Raoul le fit debout, couvert et l'épée au côté, propter parentagium. Ce fait est consigné dans un titre de l'abbaye de Saint-Serge d'Angers, où l'on fait remarquer, en outre, que la gentilhommerie de cette province marchait toujours sous la bannière des Beauvau. Or, comment admettre, s'ils n'eussent point été parents des comtes d'Anjou, que ces derniers auraient permis qu'une bannière étrangère ralliât et conduisît la noblesse de leurs États?
Mais lors même que cette famille ne serait point , ainsi que
®^$&>im*mm*t
WW*««fWî m4*£ïfrm£mf£4fWs
cela résulte des témoignages historiques les moins contestables, une branche cadette de la première maison d'Anjou, ses parentés n'en seraient pas moins illustres, grâce à l'alliance contractée en 1454, entre Isabeau de Beauvau et Jean de Bourbon, comte de Vendôme, trisaïeul paternel d'Henri IV ; alliance qui fit des seigneurs de Beauvau la souche de presque toutes les maisons royales d'Europe.
Le recouvrement de la Terre-Sainte inspira à ces seigneurs d'aventureux hauts faits, d'énergiques dévouements, de grands sacrifices; mais indomptable contre l'étranger, leur épée ne brilla que rarement dans nos guerres civiles où ils se montrèrent plus pacificateurs que guerriers; les églises d'Angers conservent encore de splendides témoignages de leur dévotion ; le nom de cette puissante famille a été invoqué par les peuples de l'Anjou dans leurs processions ; les habitants de la Provence ont révéré à l'égal de lois, les règlements , rendus par ceux de ses membres qui l'ont gouvernée, et les Bois de France ont compté jusqu'à dix-huit seigneurs de Beauvau portant à la fois les armes pour leur service.
Malheureusement la vie des premiers représentants de cette maison est restée presque ignorée : l'histoire générale se montre muette à leur égard, et les chroniques n'ont enregistré dans leurs pages confuses que le souvenir de leurs vives croyances religieuses et des bienfaits dont ils ont enrichi l'Église.
C'est ainsi que Geoffroy de Beauvau, qui vivait en 1060, n'est plus connu que par les dons qu'il fit à l'abbaye de Saint-Serge : son fils Jean, seigneur de Beauvau et de Jarzé, ne l'est, à son tour, que par son mariage avec Barthe de Mayenne, duquel est issu Geoffroy II, qui épousa Euphrosine
A A A A A A -A ÎA'iAtÀ. vV'^C --A X A Jk A A vV A A A ^ >V
de Lude, et qui, commençant l'illustration militaire de sa famille , seconda puissamment le duc d'Anjou dans les guerres que ce Prince eut à soutenir avec les barons ligués contre son autorité.
Allié à Jeanne de Boissei-le-Châtel , son fils , Foulques Ier, fut inhumé à Angers dans la même chapelle que son père.
La lignée se continua honorablement dans Foulques , deuxième du nom. Ce seigneur s'associa avec un noble zèle au mouvement religieux, qui, à la voix de saint Bernard , poussa une seconde fois contre les infidèles les armées de l'Occident et les barons de la Chrétienté. Il fut tué en 1188 à la bataille de Thibériade, en poussant le cri de guerre des croisés : « diex el volt ! » qui n'était déjà plus un cri de victoire.
Sa femme Claudine de Landries, devenue veuve presqu'aussitôt qu'épouse , le pleura longtemps et donna aux frères de la pénitence une maison qu'elle avait près de leur couvent, à la charge de dire à perpétuité une messe pour le repos de son âme.
Quant à leur fils et petit-fils, Robert et Beaudoin, ils n'ont pris place dans l'histoire que dans l'ordre chronologique. On sait seulement que le premier épousa Judith d'Acigné, et que le second, allié à Jeanne de la Jaille, vit ses biens confisqués en 1259, par arrêt du parlement, pour avoir refusé de rendre hommage au Roi des cent livres de fonds qu'il avait aliénés à l'occasion du mariage de son fils René. Ces sortes de résistances à l'autorité royale étaient, au reste, très-fréquentes à ces époques. En effet, bien que Louis-Ie-Gros, par l'établissement des communes, et, plus tard, Philippe-Auguste, par la réunion des principales provinces de France à la couronne, se fussent efforcés de donner à la puissance
féodale de plus étroites limites, ils n'avaient obtenu que peu de fruits de leurs efforts : chaque seigneur était encore un petit souverain, chaque château fort une ville , chaque ville seigneuriale un royaume, et la France entière une vaste agrégation de fiefs bien plutôt qu'une monarchie.
René, fils et successeur de Beaudoin, fut honoré des marques d'estime et d'attachement de Charles d'Anjou, frère de Saint-Louis. Déclaré Roi de Naples et de Sicile par le Pape Urbain IV, ce Prince partit accompagné de René de Beauvau et d'une nombreuse suite de braves gentilshommes, pour conquérir un royaume que lui disputait l'usurpateur Mainfroi. Leurs armées se joignirent à Bénévent. Victorieux, Charles d'Anjou voulant reconnaître d'une manière éclatante l'intrépidité et les talents supérieurs dont René de Beauvau avait fait preuve en cette occasion, lui conféra le titre de Connétable des Deux-Siciles : mais René ne put jouir longtemps de cette distinction; des blessures qu'il croyait guéries se rouvrirent; il languit pendant quelques mois et mourut en 1266, laissant de son union avec Jeanne de Preuilly, deux fils , Mathieu et Jean Ier. Ce dernier s'établit dans les Calabres, d'où sa postérité se répandit en Espagne et y subsista pendant deux siècles.
Pieux et brave comme ses ancêtres , Mathieu de Beauvau déploya une valeur brillante dans les tristes guerres qui désolèrent la France sous Philippe-le-Hardi. Nommé sénéchal d'Anjou , marié à Jeanne de Rohan , comblé de gloire et d'années , il consacra une partie de ses grands biens à des donations religieuses et fit rebâtir à Angers le couvent des Cordeliers, dans lequel il fut inhumé en 1281.
Jamet, son second fils, s'éteignit sans postérité, et Mathieu , le troisième , fut la tige de la branche cadette de la
vAA^AAAAAAvlAAAAA Jk Jk W vV W A A A ••>
Bessière et du Rivau. Quant à l'aîné , Jean II , il épousa Jeanne de Coulaine, dont il eut deux fils et une fdle, nommée Marie, qui s'allia à Louis Gilbert , seigneur de Fontaines , et du mariage de laquelle sont sortis les seigneurs de Chateauneuf en Poitou.
Jean III , qui continua la descendance tandis que son frère Jamet s'établissait en Italie, rendit d'importants services aux Rois de Naples , Louis Ier, Louis II et Louis III , appartenant à la seconde branche d'Anjou de France, et reçut d'eux l'investiture du gouvernement de Tarente.
Pierre Ier, issu, ainsi que son frère puîné Bertrand, chef de la branche de Precigny, du mariage de Jean III avec Jeanne de Tigny, avait activement secondé son père en défendant la cause des Rois de Naples : ses talents influèrent puissamment sur la destinée de ces Princes, et pleine justice fut rendue à soji habile dévouement lorsqu'en 1429 il fut choisi pour exécuteur testamentaire du roi de Sicile, Louis II, et chargé plus tard de négocier le mariage de Louis III avec Marguerite de Savoie.
Sa femme, Jeanne deCraon, veuve d'Ingelger d'Amboise, lui donna deux fds, Louis et Jean.
Seigneur de Champigny et de la Roche- su r-Yon, Louis de Beauvau fut successivement gouverneur et capitaine de la Tour de Marseille, grand-sénéchal de Provence, premier chambellan de René Ier, roi de Sicile, puis placé par ce Prince auprès de son fils Jean , duc de Lorraine et de Calabre.
Cette circonstance détermina la transplantation de la branche aînée des Beauvau d'Anjou en Lorraine.
Le Pape Pie II accueillit Louis de Beauvau avec les marques de la plus grande considération en 1472, lors de son ambassade à Rome , où il mourut la même année.
Wi
!@rfASM*S
Ce seigneur fut considéré comme un grand guerrier, comme un homme d'État de premier ordre, à une époque et à une cour où l'art militaire revendiquait les noms de Talbot, de Dunois , de Saintrailles ; la politique , ceux de la Trimouille , et d'Alain Charlier, doublement célèbre par son immense savoir et par le baiser de Marguerite d'Ecosse.
Dans un siècle à demi-barbare, Louis de Beauvau aima et protégea les lettres : telles étaient sa haute position et son influence, qu'il assista au jugement du duc d'Alençon, condamné par les pairs du royaume pour avoir fomenté les rébellions du Dauphin, depuis Louis XI, contre son royal père Charles Vil ; enfin sa réputation était si grande , son mérite si généralement reconnu, qu'il fut nommé premier chevalier de l'ordre du Croissant, solennellement institué en 1448 : le second était Monseigneur de Lorraine: le bon Roi René, aussi modeste que brave, ne s'y inscrivit qu'à la cinquième place.
Malgré ses trois mariages avec Marguerite de Chamblai- Lorraine , Jeanne de Baudricourt et Jeanne de Beaujeu , Louis de Beauvau ne laissa point de postérité mâle. Si l'on en croit, Messieurs de Sainte-Marthe, Isabeau aurait été l'unique fruit de cette triple union ; mais , selon des biographes qui paraîtraient mieux informés, une seconde fille du nom d'Alix serait issue du troisième lit.
Nous avons déjà dit à quelle auguste parenté donna naissance l'alliance d'Isabeau de Beauvau avec Jean de Bourbon, comte de Vendôme. La dot de cette dame, fixée à 30,000 écus d'or nonobstant ses autres biens, indique assez la richesse de sa maison. Cette somme était énorme pour le temps. En effet, Marie de Bourgogne, fille de Robert II et d'Agnès de France, n'avait apporté, en 1306, que 20,000 livres de petits tournois à Edouard Ier, comte de Bar. Marguerite
de Lorraine, alliée en 1488 à René, duc d'Alençon, n'eut en dot que 50,000 livres tournois, et celle de sa sœur, qui épousa Charles d'Anjou, comte du Maine, ne s'éleva qua 20,000 écus d'or et 3000 livres de rentes.
La représentation de la famille dut passer alors, faute d'hoirs mâles, à Jean IV, second fds de Pierre de Beauvau et de Jeanne de Craon. Le sénéchalat d'Anjou, le gouvernement du château d'Angers , le titre de chambellan de Louis XI et de René , roi de Sicile , qu'il obtint en récompense de ses services, prouvent suffisamment qu'il fut un digne continuateur de ses devanciers.
Jean IV écartela les armes de la Maison de Beauvau avec celles de Craon , et eut de son mariage avec Jeanne de Manouville-Lorraine :
1° Pierre II, qui lui succéda;
2° Jacques, auquel le temps manqua pour devenir célèbre ;
3° Claudine, qui épousa le duc de Mont-Saint- Ange, à Naples;
4° Hélène , unie à Charles d'Estouteville , seigneur de Villebon.
Les historiens mentionnent encore un fils naturel de Jean IV, Achille de Beauveau, gouverneur de Neufchâteau et grand-maître de l'hôtel de Lorraine, qui s'illustra par la témérité de son courage.
Quant à Pierre II, qui fut baron de Manonville et de Rorté , sénéchal de Lorraine et chambellan du roi de Sicile , il s'unit d'abord à Marguerite de Montberon et plus tard à Agnès de Bichoël. Du premier lit naquit Alof de Beauvau , mort sans descendance en 1547, et qui transmit par là même les honneurs de la maison à son frère René II, lequel obtint de la reconnaissance et de l'estime du duc de Lorraine les titres
AAAAA A^^^ A^V^V^VVy A A <V<5-A^>^> -v>^>^>^>^>:
tnnni twvtsyvtttv
as
^^MMBMMM'^^^m^W^M^^^^S9
de chambellan , de gouverneur de Barneï et de sénéchal du Barrois.
Du second lit sortit Claude de Beauvau, qui fut, en 1541, chargé de négocier le mariage du duc François de Lorraine avec Christine de Danemark.
C'est ainsi que cette puissante famille étendait chaque jour, par le bénéfice de ses alliances, l'importance de ses charges, l'éclat de ses services et sa nombreuse postérité , une célébrité qui rivalisait avec les plus illustres, une fortune qui allait de pair avec les plus hautes.
René II eut de son mariage avec Claude de Baudoche de Panges, cinq héritiers; savoir : Claude , Alof, Pierre, Jean et Louis.
L'aîné Claude, baron de Beauvau et seigneur de Manonville , succède à son père , et devient tour à tour bailli d'Halton-Chatel , gouverneur d'Henri, duc de Bar et grand-maître de la garde-robe d'Antoine de Bourbon , Roi de Navarre.
Alof forme la branche de Rorté.
Pierre cumule les dignités de premier gentilhomme de la chambre de François de Lorraine et de grand-prieur de France.
Jean, seigneur de Panges, est le chef de la branche de ce nom.
Seul, le dernier, Louis, n'accomplit pas ses destinées; il meurt obscurément avant l'âge , en Italie , sur le chemin de Naples, et loin du tombeau de ses pères.
Claude de Beauvau laissa de Nicolle de Lutzelberg, Charles et Claudine, alliée au seigneur de Pierrefort, et d'un second mariage avec Jeanne de Saint-Baussant , Louis et Jean de Beauvau , qui tous deux parcoururent une brillante carrière.
En effet, tandis que ce dernier, marquis de Novian, séné-
■Wï
OYl'
chai de Barrois et bailli de Bassigni, devenait, grâce à son alliance avec Antoinette d'Urre , père d'Anne-François , l'un des plus vertueux apôtres dont s'honore l'Église , et participait, avec le duc François de Guise et toute la haute noblesse de France à la glorieuse défense de Metz en 1553, son frère, Louis de Beauvau s'inscrivait plus profondément encore dans l'histoire.
De grands talents, joints à une bravoure de race, cette ambition des armes qui fait les héros sur le champ de bataille, ce coup d'œil clairvoyant et hardi qui distingue partout les hommes supérieurs, se trouvaient réunis en Louis de Beauvau au plus éminent degré. Instruit à une bonne école , il fit ses premières armes sous Alexandre Farnèse , prince de Parme, servit d'abord en qualité de colonel de ses troupes, commanda ensuite six mille hommes de pied et huit cents chevaux de Lorraine à la solde de ce Prince , et fut cité comme l'un des meilleurs généraux de son temps, pour la part qu'il prit aux luttes sanglantes qui remplirent la dernière moitié du seizième siècle. Sa vie toute occupée de batailles, lui laissa ignorer les joies du monde, les douceurs du mariage, et il mourut en 1596 sans laisser de postérité.
Son frère aîné, Charles, baron de Beauvau, fut premier gentilhomme de la chambre de Henri, duc de Bar, et s'allia en 1577 à Philipperte de Sault, dont il eut Henri Ier, auquel passèrent les honneurs de la lignée.
Passionné pour la guerre, les négociations, les cours, les tournois, les voyages et les sciences, ce seigneur, après être resté quelque temps au service de l'Empereur Rodolphe II , passa à celui de l'Électeur de Bavière, concourut à la victoire et à la reprise de Strigonie sur les infidèles en 1595, et alla remplir à la cour du duc de Lorraine la double charge
?w??r»^ni^;-ii" wH
; i®mimmmmm&mu&i ■
wmmmmmmïmwmmmmmmm^m f
de conseiller d'État et de gentilhomme de la chambre : plus tard, il se rendit au Vatican pour y négocier le mariage du duc de Bar avec Catherine de Bourbon , sœur de Henri IV, dont il avait l'honneur d'être cousin.
Le désir de s'instruire, le besoin des émotions, une curiosité téméraire en firent l'un des plus hardis voyageurs de l'époque : il parcourut les différentes contrées de l'Europe, coucha sous la case du nègre et sous la hutte de l'Indien; puis revenu en France, il se délassa, à l'ombre de ses tourelles, des fatigues de ses pérégrinations, en écrivant la narration de ses voyages, qui fut publiée à Nancy en 1609, et obtint le plus grand succès. Mais cette vie retirée et studieuse ne pouvait convenir longtemps à une âme aussi active, à une imagination qu'attirait irrésistiblement le danger. A la tète de deux mille fantassins et de mille chevaux levés à ses frais, il court rejoindre l'armée du comte de Mansfeld, alors opposée à l'armée turque, et surprend les plus intrépides par les prodiges d'une valeur qui rappelle les exploits fabuleux des héros de l'Arioste.
L'histoire circonstanciée d'Henri de Beauvau serait un roman invraisemblable.
Nommé peu de temps après, Grand-Forestier de Lorraine, il épouse en 1607 Catherine de Harancourt, et consacre les derniers loisirs de sa vieillesse à l'éducation de son fils unique Henri IL
La vaste instruction que reçut ce Seigneur, ses talents précoces et ses hautes qualités morales l'appelèrent à devenir gouverneur du jeune Charles V, duc de Lorraine. Ce fut là pour Henri de Beauvau mi illustre élève. Charles V, réduit d'abord par la Fiance, à n'être que duc titulaire de Lorraine, eut la gloire de délivrer Vienne avec Sobieski; il mérita que
ae
Léopold l'appelât le plus grand de ses généraux comme le plus fidèle de ses alliés, et qu'en apprenant sa mort, Louis XIV dît de lui : « J'ai perdu le plus sage et le plus généreux de mes ennemis. »
Cette célébrité et cette gloire, Henri de Beauvau en avait développé les germes par de vertueux enseignements, par de nobles exemples. Un goût héréditaire, une aptitude remarquable l'ayant entraîné vers les études littéraires, il composa des mémoires , portant son nom, et qui sont placés parmi les meilleures productions historiques des premières années du dix-septième siècle.
A partir de Louis Ier, fils d'Henri II, jusqu'à Marc, prince de Craon, les Seigneurs de Beauvau, à en juger par le silence de l'histoire, occupèrent une moins large place dans les événements. Louis de Beauvau, seigneur de Fléville et de Faims, fut conseiller dÉtat et capitaine des gardes du corps du duc de Lorraine. Marié à Charlotte de Florainville , et plus tard à Anne de Ligny, il eut du premier lit Louis II et Paul; du second , naquit Marc de Beauvau et de Craon , père du célèbre maréchal de Beauvau.
Louis II fut conseiller d'État comme son père, et de plus, bailli d'Allemagne et maréchal de Lorraine. Marie-Madeleine de Ludre, à laquelle il s'unit, lui donna deux fils, dont l'aîné, Louis-Charles, mourut sans postérité, et dont le second, Louis- Antoine, laissa, comme on le verra plus bas, pour exemple à ses descendants, une noble vie, de grands talents et une belle mort.
Quant à Paul de Beauvau, second fils de Louis Ier et de Charlotte de Floranville, il occupait le rang de capitaine des gardes du corps du duc de Bavière, lorsqu'il fut tué
h la désastreuse bataille d'Hochstet le 13 août 1704, après
r. i. so.
mrant'. ; : TsrsTififi'itsi rttrti
■ïïrcrtîîîîî??? ?>;• ■ ■ ! . "
mtï-y-
avoir donné à toute l'armée d'éclatantes marques de sa valeur.
Pendant que les Beauvau perpétuaient dans les armes une célébrité dont chaque bataille augmentait l'éclat, l'Église les comptait parmi ses prélats les plus vénérés. Sorti d'une branche cadette établie dans le Poitou, Réné-François prit en 1696 le bonnet de docteur. Possesseur d'une vaste instruction, animé d'une piété douce et d'une intelligence supérieure , il atteignit promptement aux premières dignités du sacerdoce. Nommé en 1700 à l'évêché de Bayonne, il fut appelé, sept ans plus tard, à celui de Tournay. Menacée en 1709 par l'armée des alliés que commandait le prince Eugène, ce transfuge que n'a pas absous son génie, cette ville fut livrée à toutes les horreurs d'un siège. Alors, on vit René de Beauvau, comme on avait vu Fénélon à Cambray, échanger contre du pain et des vivres destinés à la garnison, ses objets précieux, sa vaisselle d'argent et jusqu'aux pierreries de ses mitres, jusqu'à l'or de ses étoles. Ses salons furent*transformés en ambulance, son palais en maison de charité, et lorsqu'après vingt et un jours de tranchée ouverte, le marquis de Surville rendit la ville aux assiégeants, le digne évêque, sourd aux prières du prince Eugène et dédaigneux devant ses menaces, refusa de chanter le « Te Deum» d'une victoire qui ouvrait à l'étranger l'une des portes de la France.
Tant d'abnégation pendant la lutte, tant de fierté devant les vainqueurs excitèrent l'admiration générale, et les habitants de Tournay se désolèrent, comme d'un nouveau désastre public quand René de Beauvau fut promu à l'archevêché de Narbonne. Devenu dès lors président des États du Languedoc , il appliqua ses puissantes capacités au gouvernement de cette grande province, dont il fit composer l'his-