‹ Images de la grandeurChapitre 84 sur 126 · ZEUS AU FRONTON · texte numérisé non relu

ZEUS AU FRONTON

I. Sar la prairie toyeuse du ciel, déjà les Dienx el les D^tet, pareils aux étoiles qui descendent les degrés de la sphère, à l'heure somptueuse du couchant, regagnaient la parfaite demeure.

Ils cheminaient vers l'Oljmpe, par la route émailléc de l'air, que le soleil oblique inonde de pourpre et d'or.

Et leurs pieds bienheureux volent sur les prés azarés de Te»pace, tandis qu'i la façon d'un fleuve suspendu et d'une écharpe, le* voilet blonds de la lumière, puis les flots du soir rouge baignent leurs corps diaphanes.

Mais, dans le lointain, retentit la voix terrible.

Une voix, qui jamais ne se perd, même quand elle s'éloigve, — une voix qui domine et qui raille.

II. Cependant, ils glissent en silence ; et le rire immortel a déserté leurs lèvres : comme la neige, quand les feux du jour ont cessé d'ca faire étinceler la crête, ils sont tristes, et leurs traits soucieux ;

Même Hébé semble avoir perdu de sa jrv""** -'*• te fleurit plus de grice les fleurs mêlées à ses cheveux.

Et les Dieux paraissent misérables comme des hontact, q«i prévoient et qui regrettent : telle une flétrissure, le souci dégrade les Dieux : il passe sur leur visage, avec l'air bas el morose d'une ombre froide sur la face de l'avare.

C'est que, dans le lointain, a retenti la voix terrible.

Une voix qui jamais ne se perd, même quand elle s'éioigac, — une voix qui raille et qui domine.

III. Descendue la pelouse des astres, ils montent maiotenaai le <lo«i «calier des cimes. El, sur le seuil de l'Oljmpe,

Cet! Zius l« Pire, qui • connu leur chtgrin, et qui, peut lire, t'en offense ;

C'est ZitJS l'Ineffable, le Créateur, le tout puittant qui les attend.

IV. • O père, c'est moi, Apollon lumineux, le tils de ta prédilection, qui le parle. .

Je suis triste, comme tous ceux ci, les Dieux aii de toi.

Pardonne & l'injure, que notre souci te fait, peut être : 6 puissant, pardonne.

Mais n'entends tu pas la voix terrible, dans le lointain, la voix qui jamais ne te perd, même quand elle s'éloigne ?

Prométhée, sur le roc, nous poursuit de son invective, par toutes nos routes, et jusqu'ici. Poséidon l'entend au fond de l'Océan, où règne le parfait silence, comme une mousse éternelle. Je l'entends sur mes chars qui roulent, «t qui dévorent l'infini; et même de souci en hennit l'éiincelani Pégase. Et loi même, A notre père, il ne se peut que tu n'entendes pas la clameur de ce rebelle, ton ennemi. Comme nous éternels, elle semble éternelle ; et nous en sommes avilis, ô Roi.

Prométhée ne l'injurie pas, mon père. Plein de mépris, il n'insulte que nous. Mais loi, il te menace : Il annonce ta mon, et la fin de loD règne.

Il ne se plaint pas. Le vautour lui miche le foie; et il rit, le Titan, sous le bec qui lui fouille le flanc, comme la pioche du paysan remue la glèbe molle.

Il ne cric même pas; mais il proclame Jt haute voix, — comme moi même, quand je mène le Choeur des Muses sur le Parnasse, et que je chante.

Et il répèle : « Vous périrez. Zeûs, la mort est sur toi. *

V. Zel's impassible, d'un regard plus peunt, & cause dg dédain, que toutes les menaces, fit baisser les yeux i l'assemblée.

• Cessez ! > , dii il avec dégoill. Mais, dans le silence, la grande voix qui jamais ne se perd, retentit et remplit l'espace : cO Zeùs, la mort est sur toi. La nuit vient, 6 Tyran, l'ombre de tous tes crimes. . •

El Zit;s, le front rayonnant d une sereine joie, 6i entendre les

parolet méridiennes du monde, comme M parUot i tout et à Proséiliéc, il ne parlait qu'k toi.

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