LIV. III, CHAP. LUI
Il faut donc écarter tout ce qui larrète, si TOUS desirez qu elle se répande en vous.
Aetirez-vous dans un lieu secret, aimez à demettrer seul avec vous-même, ne recherchez lentretien de personne ^ mais que votre ame s'épanche devant Dieu en de ferventes prières, afin de conserver la componction et une conscience pure.
Comptez pour rien le monde entier, et occupez-vous de Dieu plutôt que des œuvres extérieures. ^
Car votre cœur ne peut être à moi , et se plaire en même temps à ce qui passe.
H vous faut séparer de vos connoissances et de vos amis, et sevrer votre ame de toute consolation terrestre.
C'est ainsi que le bienheureux apôtre Pierre conjure les fidèles serviteurs de Jésus-Christ de se regarder ici^bas comme des étrangers et des voyageurs * .
2. Oh! quil aura de confiance à Theure de la mort, celui que nul attachement ne retient en ce monde !
■ I. PeL, II, II.
376 l'imitation de Jésus-christ.
Mais un esprit encore malade ne comprend ]>as que le cœur soit ainsi détaché de tout; et Thomme charnel ne connoît point la liberté de Thomme intérieur.
Cependant, pour devenir vraiment spirituel, il faut renoncer à ses proches comme aux étrangers, et ne se garder de personne plus que de soi-même.
Si vous parvenez à vous vaincre parfaitement, vous vaincrez aisément tout le reste.
La parfaite victoire est de triompher de soimême.
Celui qui se tient tellement assujetti, que les sens obéissent à la raison, et que la raison m'obéisse en tout, est véritablement vainqueur de
lui-même et maître du monde.
3, Si vous aspirez à cette haute perfection, il faut commencer avec courage et mettre la cognée à la racine de l'arbre , pour arracher et détruire jusqu'aux restes les plus cachés de l'amour déréglé de vous-même, et des biens sensibles et particuliers.
De cet amour désordonné que l'homnie a pour lui-même naissent presque tous les vices qu'il doit vaincre et déraciner; et dès qun